Frontenay était au treizième siècle, une place forte défendue par une double muraille crénelée et de puissantes tours

Frontenay, dit Armand Maichain (1), est une petite ville située à six lieues de Saint-Jean-d'Angély et à deux lieues de Niort, dont la juridiction est de grande étendue, et qui a été érigée en duché-prairie par le Roi Louis XIV, à la charge néantmoins que les appellations ressortiroient au siège royal de Saint-Jean d'Angély, comme elles faisoient de tout temps et ancienneté.

Frontenay, qui dépendait des domaines des comtes de la Marche, au XIIIe siècle, était une forteresse féodale qui osa résister à Saint-Louis en 1242. Le roi de France ne l'enleva qu'après un vigoureux assaut et la démantela.

Dutillet rapporte qu'elle fut délaissée par Hugues Le Brun de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, au roi Saint-Louis, par traité du mois d'août 1242.

Louis IX la céda aussitôt après à son frère Alphonse, comte de Poitou et de Toulouse. Ce prince étant mort sans enfants, la baronnie échut par succession au roi Philippe III, et fut ainsi incorporée-aux domaines de la Couronne.

 

23 janvier 1325 (1324 V.S.) Lettres de Guillaumes Pouvrea, seigneur de SCIECQ et Bois-Pouvreau « chevalier le roi nostre seigneur, et son senechal en Xaintonge et en Angoleme, » qui ordonne au prevôt de Frontenay de laisser jouir paisiblement les abbé et religieux des Châtelliers de tous les droits de haute justice et autres, tels qu'ils leur avaient été accordés par Aymeri de Rochefort et Guy de Luzignan, seigneur de Cohec, et depuis par « le roi nostre sire (Charles IV le Bel)…. pour cause de sa chastellenie de Frontenay dont les choses contensées sont movens. »

Donné le mardi en la feste de S. Vincent, l'an de grâce M. CCC. XXIV.

Orig. Abbaye des Châtelliers.

 

Corlieu nous apprend que le roi Jean le Bon donna les châtellenies de Frontenay-l'Abattu et de Benon à Charles d'Espagne, connétable de France, son cousin, l'an 1350; mais ce dernier n'en jouit pas longtemps, car Charles le Mauvais, roi de Navarre, le fit assassiner dans son lit « en la ville de l’Aigle l’an 1353 » par un chevalier nommé Friquet.

Par suite, la ville de Frontenay revint à la Couronne.

 

Elle en fut distraite et séparée quelque temps après, par son entrée dans la famille des vicomtes de Thouars, ainsi que le fait est attesté par un dénombrement du 18 novembre 1400, rendu pour la seigneurie de Granzay, par Jean de Montalembert chevalier, à très puissante et haute dame Madame Marguerite de Thouars, dame de Talmont, de La Chaize-le-Vicomte et de Frontenay-l'Abattu.

De la maison de Thouars, la baronnie de Frontenay passa dans celle d'Amboise, par le mariage de Marguerite de Thouars avec le seigneur Louys d'Amboise, vicomte de Thouars, comte de Benon, seigneur de Talmont et de Frontenay-l’Abattu, (ainsi dénommé depuis son démantèlement par Saint-Louis) (2).

Et enfin, dès 1506, cette noble, belle terre et seigneurie était possédée par la famille des Rohan, ainsi qu'il appert d'un dénombrement rendu le 11 décembre de la dite année, à très haut et puissant seigneur messire Pierre de Rohan, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Giê, Baron de Frontenay et maréchal de France (3).

En 1569, l'es protestants qui marchaient au secours de Niort, assiégé par les cathotiques, livrèrent bataille à ces derniers, sur le territoire de Frontenay.

Louis XIV, voulant récompenser les nombreux services d'Hercule de Rohan, érigea pour lui en duché-prairie, en 1714 la baronnerie de Frontenay, qui prit dès lors le nom de Frontenay Rohan-Rohan (4)

La tour de Frontenay

– Le 25 juillet 1830, au moment du cadastre, à Frontenay sous l’administration du comte de Beaumon, prefet des Deux-Sèvres, et de M. Arnault, maire, il existait encore, à 60 mètres environ de l'église, sous le n° 1424 du plan, une très ancienne tour, qui, jusqu'à la Révolution, était demeurée comme le chef-mois, le chef-lieu, le château, la tour féodale et seigneuriale du grand fief et duché-pairie de Frontenay-Rohan-Rohan

Cette tour, de 12 mètres de diamètre environ, qui avait été réparée à la fin du XVIe siècle, en 1596, est actuellement détruite.

Avant la Révolution, les membres de la famille Gelé, de Frontenay, en étaient les châtelains, ou gardiens officiels, de père en fils.  C'est pourquoi elle fut désignée jusqu'à sa démolition, sous le nom de Tour des Gelés (5).

 

 

LES FORTIFICATIONS DE FRONTENAY-L'ABATTU relevées au XVe siècle

 

Un fait d'histoire locale, qui était complètement oublié, est relaté dans un parchemin que j'ai relevé aux Archives Nationales (6).

C'est la » Permission de fortiffier la ville de Frontenay » et le « Droit de Guet » accordés par Louis XI dans les premières années de son règne et confirmés le 26 avril 1466 en faveur de Hardouin de Maillé, seigneur de Frontenay-l'Abattu.

En échange de cette permission et de ce droit, le roi se fit donner Montils les Tours, qui devint peu après la célèbre résidence royale de Plessis les Tours.

Le mâchicoulis qui surmonte encore l'entrée sud de l'église de Frontenay-Rohan-Rohan est un souvenir de cet accord et, conjointement avec deux écussons armoriés des Rochechouart (7) placés à la même façade, il permet d'attribuer à la même époque la reconstruction de cette église qui avait été pillée et en partie démolie en 1346 par les troupes anglaises du comte de Derby.

 

Plusieurs passages des protocoles du XVIe siècle, ainsi que le récit de faits d'armes du même temps étaient comme des énigmes puisqu'il y est question de pont, de murailles, de clôture, de fossés, de portes de ville, alors que nulle part on ne trouvait trace de la restauration des anciennes fortifications abattues et rasées en 1242 (8).

Ces difficultés sont maintenant levées par le document que j'ai l'honneur de vous communiquer:

Gaston du Lion (9), vicomte d'Ysle et de Canet, seigneur de Besandun, conseiller et premier varlet tranchant du Roy, nostre sire, son senneschal de Xainctonge et commissaire dicellui seigneur en ceste partie, au premier sergent royal sur ce requis, salut. — Receu avons les lectres du Roy nostre dit seigneur, obtenues et à nous présentées et baillées de la partie de noble et puissant messire Ardouyn, Sr de Maillé et de Frontenay l'Abattu (10), impétrant nommé . esdites lettres, desquelles la teneur s'ensuit :

Loys, par la grâce de Dieu, Roy de France, aux seneschal de Xainctonge et gouverneur.de la Rochelle et à leurs lieuxtenant, salut. — De la partie de nostre amé et féal chevalier Ardouyn, seigneur de Maillé, nostre conseiller et chambellan, vous a esté exposé que nous désirons avoir le chastel, terre et seigneurie des Montils les Tours (11), lors appartenant audit exposant, pour y faire nostre demeure quant serions ou païs de Touraine, fismes traicté avec luy que dicelle terre et seigneurie il nous feist cession et transport et lequel expousant pour nous complaire en lut content et dacort et fist les dictes cession et transport moiennant certaine récompence, pactz, convenances et promesses par nous à luy faictes, entre lesquelles nous luy donnasmes congié de fortiffier et remparer la place de Frontenay l'Abbatu quon dict autrefois avoir esté démolye par auctorité de justice (12); luy octroiasmes qu'il jouyt doresenavant, luy et ses successeurs du droit et obéissance des guetz sur ses subgiez nuement et par ressort dudit Frontenay l'Abbatu, ainsi que en joyssaient ses prédécesseurs avant que la dicte place fust desmolye, et nonobstant que la dite desmolicion eust esté autresfoiz faicte par justice et que les subgiez de la dicte seigneurie de Frontenay eussent pendant le temps que la dicte place a esté desmolye, fait guect et garde autre part, et quilz en aient esté tenuz en pacience et suspens de non lui faire et quelconques prescription et laps de temps encouru depuis le temps de la dite démolicion dicelle place, et sur ce luy octroiasmes nos lettres, adroissans aux gens de noz comptes et trésoriers au bailly de Touraine, à vous, senneschal, et à tous nos autres justiciers ou a leurs lieux tenans et à chacun deulx comme à luy appartiendront par lesquels leur estait et est commis que des dis congiés et octroy ils fissent, souffrissent et laissassent lé dit expousant, ses successeurs et ayans cause, joyr et user paisiblement et à plain perpétuellement.

Lesquelles lettres furent leues et registrées et publiées en nostre dite chambre des comptes à Paris, en la présence et du consentement de nosdis trésoriers de France, aussi furent présentées à vous, senneschal de Xainctonge et à votre lieutenant, par ce que la dite terre et seigneurie de Frontenay labattu est en vostre senneschaussée (13) et eh y obtempérant consenties l'enterignement dicelle et que les dits exposant, ses hoirs et successeurs, joyssent perpétuellement desdis congie, grâce et octroy dessus declairez touchant lesdis remparement de place et guetz, jouxte et selon la teneur dicelles, et donnastes vostre exécutoire audit exposant, lequel a remparé et fortiffié sa dite place, et a fait faire commandement aux manans et habitans en sadite terre, ses subgiez nuement et par ressort, quilz fissent le guet en ladite place selon les ordonnances Royaulx et ledit octroy fait par nos dites lettres, auquel commandement, partie des dits habitans ont acquiescé et obéy audit guet, et les autres ont esté reffusans et délayant d'y obtempérer, et pour ce, ledit exposant les a voulu faire exécuter pour les deffaulx des dits guetz, mais plusieurs ont appelle desdits exécuteurs, soubz couleur duquel appel et pendant icellui ils se dient exemps de non faire le guet et ne voulant paier lesdits deffaulx, et par ce moien, soubz ombre des dites appellations qui sont en advanture de prendre .long traict en nostre court de Parlement, icellui expousant demeure empesché en ses ditz guetz en son très grand grief préjudice et dommaige, si comme il dit humblement requérant sur ce nostre provision.

Pourquoy, nous, ces chouses considérées, voulant nos dites lettres, audit expousant octroyées, avoir et sortir leur plain et entier effect, vous mandons et commectons par ces présentes et à chacun de vous sur ce requis, si comme à luy appartiendra, que s'il vous appert que audit lieu de Frontenay labattu ait de présent chastel, et plus soit aussi quil y ait droit de chastellenie, et de nosdites lettres, ou dit exposant octroyées, par lesquelles luy avons octroyé quil ait ledit guet sur ses dits hommes de la dite seigneurie de Frontenay en la manière que dit est et de l'enterignement et exécution dicelles tant en nostre dite chambre des comptes que par devant vous senneschal.

Vous en ce cas pendant et nonobstant les dites appellations et autre quelxconques, faictes ou à faire et sans préjudice dicelles faictes oudit exposant sur sesdits hommes et subgiez, telle provision desditz guetz et .gardes ou en ensuyvant et selon les ordonnances Royaulx et modifficacions dicelles que verrez estre à faire par raison, jusques à ce que par justice en soit autrement ordonné. Car ainsi nous plaist-il être fait, nonobstant quelxconques lectres subreptices, impétrées ou a impétrer à ce contraires.

Donné à Orléans le XXVIe jour dapvril, lan de grâce mil quatre cens soixante six et de nostre règne le cinquiesme, ainsi signé par le Roy la relacion du Conseil.

REYNAUT.

 

Par vertu et auctorité desquelles lettres royaulx, comme il nous soit deuement apparu que audit lieu de Frontenay l'abatu a de présent chastel et place fort, aussi quil y a droit de chastellenie, et des lettres du Roy, nostredit Seigneur, audit impétrant octroyées, par lesquelles ledit sieur luy a octroyé quil ait guet sur ses hommes de ladite seigneurie de Frontenay, en la manière que contenu est esdites lettres, et de l'entérinement et exécution dicelles tant en la chambre des comptes du Roy nostre dit seigneur que par devant nous ou nostre lieutenant, nous, nonobstant les appellations dont mencion est faicte esdi: tes lectres et quelxconques autres appellacions faites ou à faire, et sans préjudice dicelles, en ensuyvant les ordonnances du Roy, nostre dit seigneur, et modiffications sur ce faictes, avons et faisons par ces présentes provisions audit sieur de Frontenay labatu, dun guet par chacun moys sur ung chacun de ses ditz hommes et subgiez rousturiers de sa dite seigneurie et chastellenie de Frontenay, et dix deniers par chacun deffault dudit guet.

 Si vous mandons et commectons, par ces dites présentes, que de la dite provision de guet vous faictes seuffrez et laissez joyr et user le dit seigneur de Frontenay franchement et paisiblement. En contraignant adce sesdits hommes et subgiez et tous autres qui pour ce seront à contraindre par toutes voyes et manières deues et raisonnables nonobstant comme dessus.

 Et tout ainsi que par la forme et manière que le Roy, nostre dit seigneur, le veult et mande par ces dites lettres et quil est contenu en icelle. De ce faire vous donnons plain pouvoir, auctorité et mandement espécial, en nous faisant de voz exploix deux rellaçion. Mandons et commandons à tous les subgiez et soubzmis du Roy nostre dit seigneur que à vous, en ce faisant, obéissent et entendent diligemment.

Donné à Saint Jehan d'Angely, soubz le seel de la dite senneschaussée, le XIIII jour de may l'an mil CCCC soixante et six, ainsi signé : de Chasteaupers (14).

Par monseigneur le lieutenant F. Marchant. Donné par coppie, collacion à l'original par moy Hélies Regnault sergent du Roy nostre sire exécuteur desdites lettres le XXIe jour de juillet lan mil IIIIe soixantante IX.

 

H. REGNAULT.

 

 

Le prieuré de Frontenay-l'Abattu

Le prieuré de Frontenay-l'Abattu, dans lequel l'office divin se célébrait « honeste, sollempniter et assidue », a été fondé par la vicomtesse Adegarde ou llildegarde, épouse de Guillaume IV, duc d'Aquitaine en 1015.

Le pape Gelase II dans un bref donné à Marseille, le 10 des calendes de novembre de l'an 1119, parle longuement du prieuré de Frontenay-l'Abattu et,de ses dépendances.

Les comtes du Poitou en furent toujours les bienfaiteurs et Audebert Porret, abbé de Nouaillé, fit tous ses efforts pour faire unir au prieuré de Frontenay, les maisons moins importantes de Bossay et de Ferrières.

En 1262 et le 15 avril, Guillaume, abbé de Nouaillé, et frère Philippe, prieur de Frontenay, avouent devoir au comte de Poitiers, à la fête de saint Luc, pour le four, XIV sols et 6 autres pour la dime.

Le prieuré de Bossay, près de Frontenay, diocèse de Saintes, « diu fuerit in manu- saecularium et adeo debilitata et dilapidata bonis suis de reditibus et ob defectum detentorum domibus, œdificiis fere funditus dissipata, quod per unum simplicem monachum si ei contulerimus, non posset dicta domus a manibus saccularium extrahi, nec ipsius aedificia revelari, considerantesque quod ex reditibus dictae domus non poterant a modo monachi sustentari, cum valorem X librarum non excedat in reditibus dictae domus, et potissime cum ex causa et utilitate evidenti domus de Ferrariis quae dictae domui de Bossayo conjuncta erat et unita prioratui….. »

Ainsi les désirs de Audebert Porret furent exaucés et les prieurés de Bossays et de Ferrière furent unis à celui de Frontenay, sous le priorat de Guillaume de Mont-Jean.

En 1310, l'office divin était célébré solennellement au prieuré de Frontenay, il cessa vers 1370.

D'ailleurs, les guerres avec les Anglais avaient jeté une grande perturbation dans toute la région et les monastères avaient eu cruellement à souffrir (1359).

Le 7 décembre 1555, Me François Roy, presbtre aulmosnyer de Frontenay et y demeurant, achète « un certain nombre de livres », de François Favereau, religieux de l'ordre de Saint-Benoist, chambrier demeurant à Libourne.

L'aumônerie de Frontenay fut unie a l'hôpital de Saint-Jean d'Angely, par arrêt du Conseil du 2 septembre 1695 et lettres patentes registrées au Partement du Bordeaux 15 décembre 1696.

 ==> 1652 Lettres patentes portant érection de la terre de ROHAN  en Duché-Pairie en faveur de M. de CHABOT

 

Frontenay-Rohan-Rohan, à la fin du XVIIIe siècle.

D'un intéressant registre des délibérations de la municipalité de Rohan-Rohan, commençant à la date du 27 mars 1790, sous l'administration de M. Pierre-Joseph Bouthet de la Richardière, curé et maire, et finissant le 16 novembre 1818, sous l’administration de Mr Laidin de la Bouterie, maire de Frontenay, nous avons extrait quelques documents intéressants, dont voici la teneur, avec l'orthographe du temps (15) :

 

 

Arrêté relatif à l’armement de la milice nationale de Frontenay

 « Aujourd'hui quatre juin mil sept cent quatre-vingt dix, deux heures après-midy. Pardevant nous maire, et officiers municipaux de la ville et canton de Rohan-Rohan, assemblés en la maison commune, ont comparu : les commandant, officiers et soldats de la milisse nationnalle de cette ville lesquels nous ont représentés qu'étant sans armes pour faire leurs services, il leur estoit impossible de maintenir le bon ordre et de prêter main forte; ce quy fait qu'ils nous onts requis de voulloir y pourvoir. »

 « A ces causes, nous officiers susdits aprais avoir délibéré sur ces objets, et sur ce ouy le procureur de la commune, considérant : qu'il nous ay impossibles de seconder par nous mêmes la demande de la milice nationalle, n'ayant aucuns fonds pour faire cette dépance; et, considèrent que le bien public exige que cette troupe soit armée sans dellais, avons arrêté : que monsieur de la Richardière maire de cette municipalité, et MM. le chevalier de Saint-Hillaire (16), et Coudret, officiers de laditte milice yronts en députation pardevant monsieur le ducq de Maillé commandant en chef de cette province, à l'esfait de le prié de voulloir bien prendre en considération le présent arrêté, et d'accorder et faire dellivrer à la millice nationnalle de cette ville, les armes qui luy sont nécessaires, et consistant en cent fusils et cent bayonnettes et autres armements. »

« Fait et arrêté tes jour et heure susdits, et avons signés avecq le commandant de laclitte millice nationnalle. »

 

Signé : De la Richardière, curé et maire, Loyseau officier municipal, Chebroult, procureur de la commune, C. Bourolleau officier municipal, Ecarlat, officier municipal, P. L. Laurent, officier municipal, Coutocheau de Saint-Hilaire, commandant.

 

 

Exécution du susdit arrêté.

« Aujourd'hui 4 juillet l790, nous maire et officiers municipaux réunis en la maison commune une heure après-midi, Monsieur le commandant et MM. les officiers de la garde nationale étant réunis pour délibérer sur la manière dont on disposera des cinquante fusils et bayonnettes délivrés pour armer les soldats nationaux de notre commune, nous avons lessé à Monsieur le commandant, la pleine et entière disposition des dittes armes pour en disposer comme il jugera à propos, à quoi il a consenti et signé avec nous ainsi que les officiers présens. »

Signé : De la Richardière, maire, C. Bourolleau, officier municipal, Ecarlat, officier municipal, Loyseau, officier municipal, Chebroult, procureur de la commune. P. S. Laurent, officier municipal. J. de Saint-Hilaire, commandante Bastard, Coudret, major, le chevalier de Saint-Hilaire, Meunier lieutenant, Bouhault, capitaine en second, Meunier, secrétaire.

 

 

Protestation, et signification du curé de Frontenay, au sujet de sa privation de jouissance des biens curiaux.

 

« Aujourd'hui 28 décembre 1790, je soussigné Joseph Bouthet de la Richardière (17) curé de Rohan-Rohan, ci-devant Frontenay-l'Abattu, ayant eu connaissance d'une affiche mise au poteau des halles de ce lieu le 26 du présent, par ordre et de la part de MM. les maire et officiers municipaux, à la réquisition de M. le procureur de la commune, portant que les biens, domaines dépendant de laditte cure de Rohan-Rohan, à l'exception de la maison presbytéralle et des jardins en dépendants, seront criés en bail et affermés pardevant eux au plus offrant. et dernier enchérisseur les 2 et 3 janvier 1791, et adjuges selon les formes prescrites, et formant opposition et comme de fait je m'oppose à laditte adjudication, déclare auxdits maire et municipaux, vouloir en jouir comme par le passé, conformément à la proclamation du Roi et aux décrets de l'assemblée nationnalle pour la constitution civile du clergé, et la fixation de son traitement du 24 août 1790, et par les articles additionnels de la susdite proclamation en datte du 10 du présent mois, et que j'ai devant les yeux, où il est expressément dit, article 4, ce qui suit :

« Lors de la liquidation du traitement des curés, n'entreront point dans la masse de leur revenu ecclésiastique, les produits des biens apportés à l'acquit du service, maintenus provisoirement par l'art. 24 du titre 1er du décret du 12 juillet dernier concernant la contribution civille du clergé, les fondations des messes et autres services établis dans les églises paroissialles.

 « Conformément au dit article, les curés et les prêtres attachés aux églises paroissiales, continueront d'acquitter les dites fondations et autres services ils en recevront les émoluments les curés et les vicaires qui feront ces services les recevront outre leurs traitements.

« Les biens seront administrés comme .par le passé, le tout provisoirement et les dits biens ne seront pas vendus quant à présent ».

 

« D'après le présent décret, le sieur curé raisonne ainsi : Tous les domaines et rentes dont il jouit ne font point partie de la portion congrue, il n'en a jamais été question dans les conventions avec les prieurs, dont ils n'ont jamais entré dans la masse de ses revenus; les susdits domaines ont tous été donnés à telle ou telle charge, le curé les acquitte journellement, annuellement et à perpétuité ; donc il doit en jouir indépendamment de son traitement et il les a toujours requis; donc il doit les requérir comme par le passé et eu jouir ; donc ils ne doivent ni être vendus, ni affermés par la municipalité; donc MM. les municipaux ne sont point fondés à faire cette adjudication. »

« Le sieur curé est dans le cas de prouver tout ce qu'il avance; il a presque tous les titres et testaments faits en faveur de sa cure. On peut nomer un comissaire ad hoc pour le vérifier. Il a été et sera toujours le plus fidelle observateur, il en a fait déjà trois fois le serment et compte le faire une quatrième, lorsqu'il en sera requis. 1l peut dire qu'il est un des plus zélé partisan de la Révolution, et c'est pour cela qu'il veut jouir de toutes tes prérogatives et avantages de la nouvelle législation. En conséquence il proteste de rechef, et se rend opposant en ce que se propose de faire la municipalité de Rohan-Rohan à cet égard; les rend responsables de tous les préjudices, dommages et intérêts que leur conduite pourrait lui causer. »

« La présente signification faitte au greffe de la municipalité es mains du sieur Meunier greffier, avec injonctions d'en donner connaissance à MM. les maire et municipaux, et en a requis reconnoissance à Rohan-Rohan même jour et an que dessus, et à signé Boutet de la Richardière curé de Rohan-Rohan ou Frontenay. »

La présente est conforme à la copie qui m'a été donnée par M. le Procureur susdit, l'original ayant été porté au district du département des Deux-Sèvres par MM. les officiers municipaux à qui je l'ai remise pour satisfaire à la réquisition de M. le cure. »  (Sans signatures)

 

Le curé de Frontenay prête serment à la Constitution.

«Aujourd'hui 30 janvier 1791, a comparu au greffe de cette municipalité de Rohan-Rohan, le sieur Pierre Joseph Boutet de la Richardière curé de ce lieu, lequel nous a déclaré être dans l'intention de satisfaire à la loi relative au serment à prêter par les évêques, ci-devant archevêques et autres ecclésiastiques fonctionnaires publics, donné à Paris le 26 décembre 1790, et que pour se conformer à la ditte loi il déclarait que mercredi prochain deux du mois de février, il prêterait en présence du Conseil général de la commune et des fidelles assemblés le susdit serment et ce à l'issue de la messe paroissiale et à signé :

Boutet, curé de Rohan-Rohan.

 

Aujourd'hui 2 février 1791,,jour de purification, onze heures du matin, en l'église de la commune et parole de Saint-Pierre de Rohan-Rohan ci-devant Frontenay, à l'issue de la messe paroissiale et en présence du conseil général de la commune et des fidèles assemblés, Monsieur Pierre-Joseph Bouthet de la Richardière curé de la ditte paroisse s'est présenté, monté en chaire et à dit qu'en exécution du décret de l'assemblée nationalle du 27 novembre dernier sanctionné par le roi le 26 décembre et publié en cette municipalité le 30 janvier, il s'empressait de prêter le serment civique prescrit par ledit décret, quoiqu'il l'eut déjà prêté trois fois, scavoir comme procureur, comme maire ayant occupé ces deux places, et encore le 14 juillet jour de la fédération généralle.

 Et de fait, ledit sieur curé, après un discours clans lequel il exprima à la grande édification des assistans, ses sentiments d'attache à la nouvelle constitution, a prononcé de rechef à haute et intelligible voix et la main levée, le serment solennel de veiller avec soin comme il l'a toujours fait, sur les fidèles de la paroisse confiés à ses soins, d'être fidèle à la nation, à la loi et au Roi, de maintenir de tout son pouvoir la constitution décrétée par l'assemblée nationalle, et acceptée par le Roi.

–Il ne s'est présenté aucun autre ecclésiastique pour faire le susdit serment. En foi de quoi, nous maire et officiers municipaux, avons dressé le présent procès-verbal même jour et an que dessus, et avons signé avec notre greffier. »

Signé : Soreau maire, T. Junin, officier municipal, F. Bourolleau, officier municipal, P. Ecarlat, A. Bouige, Chebroutt, procureur, de la commune, Meunier, secrétaire.

 

 

Enlèvement, de l’église de Frontenay, de toutes les Marques de l'ancien régime.

« Aujourd'hui 19 nivose l'an 2 de la République française une et indivisible, nous Jacques-Louis Bouhault et Pierre Auguste Cailleteau.

 En vertu de la lettre écrite à la Société populaire de Frontenai par le Directoire du District de Niort le 13 de ce mois, et de la commission à nous donnée le 15 de ce dit mois par la dite Société, en conformité de la ditte lettre, à l'effet de faire enlever des Eglises du dit canton toutes les marques de l'ancien régime, et tous les ornements d'ycelles, nous nous sommes transportés en la maison commune de Frontenai où nous avons trouvé les officiers municipaux du dit lieu, et après leur avoir expliqué le sujet de nos démarches, ils nous ont répondu : que, considérant qu'on ne peut trop se hâter de faire enlever tous les objets d'hipocrisie et effet du culte et du fanatisme qui subsistent dans l'église de leur commune, ils étaient prêts de concourir avec nous à l'enlèvement de tous ces objets.

 En conséquence, nous commissaires susdits, nous nous sommes, avec les officiers municipaux sus només transportés à la dite église de Frontenai et nous avons trouvé les objets suivants : Primo, 1 lampe, 1 bénitier avec son goupillon, le tout en cuivre, grande boëte ronde avec sa couverture, boëte à huile, la coupe avec ses canettes, le tout en plomb ou étain, 2 petits bondieu en fonte, une pierre ardoise, idem en marbre, 37 morceaux linge, 86 pièces ornemens, 9 pièces devans d'hotel, un calice avec sa coupe. 1 ciboire et sa couverture, le tout de plomb et étain et attendu qu'il ne s'est plus trouvé d'effets de culte et de fanatisme à enlever, nous avons donné un double des présentes signé de nous.

Fait dans l’église de Frontenai les jours et an que dessus et avons soussigné avec ceux des dits officiers municipaux qui ont su le faire.

L'original est signé Cailleteau François, et Bouhault, Soreau maire, F. Bourolleau officier municipal, T. Junin, officier municipal. »

« Nota. L'original du susdit procès-verbal a été porté au directoire avec les effets qu'il contient, ce 24 nivose, l'an 2 de la République française une et indécisible.

J. L. Meunier, secrétaire. »

 

Destruction des titres féodaux de Frontenay.

« Aujourd'hui décadi, dix frimaire l’an 3 de la République française une et indivisible, Nous maire, officiers municipaux et membres du conseil général de la commune de Frontenai réunis en la chambre commune, il a été observé par le procureur de la ditte commune, qu'en conformité du décret du 17 juillet dernier, les citoyens Coutocheau-Saint-Hitaire, Jousselin-Préneuf, Jousselin notaire et receveur de la ditte terre de Frontenay (18), Arnaud, notaire, la veuve Bourdeau, Jean Chantignier (19), Laidin-Labouterie, Manceau, veuve Héliot-Desgrois (20), Giraudet, fermier de Faugerit, ont ci-devant déposé entre les mains du greffier de cette dite commune tous les titres féodaux et censuels, papiers terriers et autres dont ils étoient possesseurs ou gardiens, parmi lesquels il y avoit une petite partie de ceux de la citoyenne Daix, veuve Roulin, de la commune d'Epanes. » (21)

« Considérant qu'on ne peut trop se ater de détruire les vestiges de la féodalité, et qu'on ne peut choisir un jour plus agréable aux vrais républicains que le décadi pour opérer cette destruction, il a requis qu'il y soit procédé à l'instant au pied de l'arbre de la liberté. A quoi satisfaisant, nous nous y sommes de suite avec eux transporté, et y étant arrivés, le secrétaire greffier a déposé au pied du dit arbre de la liberté tous les dits titres, et après y avoir mis le feu au terme du susdit décret nous les avons vu consumer en présence du peuple assemblé qui a fait éclaté la joie la plus vive, chanté, avec nous limne Marseillaise et répétés les cris de vive la République. »

« Fait clos et arrêté au pieds de l'arbre de la liberté, les jours mois et an que dessus, et ont signé ceux qui ont su le faire. » Pas de signatures.

 

Décision  sujet des cloches et des ornements sacrés.

 « Aujourd'hui dix-huit frimaire l'an 2 de la République française une et indivisible, les maire, officiers municipaux et membres du conseil général de la commune de Frontenay réunis en la chambre commune, il a été observé par le procureur de la dite commune, que l'arrêté du département des Deux-Sèvres du 21 brumaire dernier ordonne que toutes les cloches seront transférées au chef-lieu du district, et qu'il ni aura de conservées que celles servant de timbre aux horloges après en avoir enlevé les batans, et invite les communes à substituer des vases de cristal ou autre matière, à ceux d'or ou d'argent qui servent au culte catholique ; en conséquence il a reqris l'exécution du susdit arrêté. »

« A quoi satisfaisant, et considérant qu'on ne peut trop se ater d'exécuter les dispositions du susdit arrêté, il a été à l'unanimité décidé : 1° que les vases d'or et d'argent qui servent au culte catholique, en cette commune, et consistant en deux calices, deux patènes, un ciboire, un soleil, un encensoir et sa navette, un petit plat d'argent, une custode, le tout d'argent, et une croix de cuivre lavé d'argent avec une petite clochette, serait transporté au district par la citoyene veuve Brunet. commise à cet effet : 2° que le battant de la cloche, servant de timbre à l'horloge sera enlevé dans le jour, par le citoyen Brouillac serrurier commis à cet effet ; 3e que la dite cloche sera dans le jour de demain descendue et transportée au district par la dite citoyenne veuve Brunet. »

« Fait clos et arrêté en la chambre commune les jours mois et an que dessus ».

Les quelques documents qui précèdent, ne sont que les échantillons en nombre restreint, d'une mine aussi riche qu'abondante. Avec la précieuse approbation et 1'encouragement de nos collègues, il nous sera permis, je l'espère, d'y puiser de nouveau, et plus largement, dans l'avenir.

Frontenay-Rohan-Rohan, 30 septembre 1908. (22)

C. DE SAINT-MARC.

 

 

Société historique et scientifique (Deux-Sèvres)

 Emile BOURDEAU, Curé doyen de Frontenay-Rohan-Rohan.

Société historique et scientifique (Deux-Sèvres)

 

 

 

==> Mars 1317 Erection du comté de la Marche en pairie, en faveur de Charles de France, et don à ce prince, en accroissement d'apanage, des châteaux, villes et châtellenies de Niort, Montmorillon, Frontenay, Benon et autres.

==> Guerre de Cent Ans - Les terres de Belleville et Frontenay (Fontenay labattu) attribuées au maréchal Boucicaut  

==> Péronnelle de Thouars, Les étaux de la halle de Frontenay-l'Abattu (Rohan-Rohan) 1396-1397

==> La fontaine d'Ayron de l'ancienne forteresse de Frontenay l'abattu (Voyage virtuel dans temps)

==> En 1712, Hercule-Mériadec de Rohan, Prince de Soubise réédifia l'église saint Pierre à ses frais.

 

 

 


 

 

(1) Hist. de Saintonge, Poitou, Aunis et Angoumois, par Armand Maichain, écuyer, seigneur de Maisonneuve, conseiller du Roy et lietitelialit particulier à la Sénéchaussée de Saintonge. A Saint-Jean d'Angély, chez Boissset, 1671

(2) V. Histoire de Saint Louis, par le Marquis de Villeneuve-Trans, T.1.Paris, Paulin éd. 1839 Petit Frontenaisien n° 1,2,3, (1908).

 Lancelot de Saint-Mard, maréchal de France (1267 à 1300), p. 23, Paris, 1907 (Revue des questions héraldiques). La famille et les seigneurs de Saint-Mard, canton de Dammartin (Seine et Marne), du XIe au XIVe siècles,Paris 1907 (Revue des questions héraldiques, pp. 27, 28). Les mythes et cultes payens, les légendes de Sainte Macrine en Bas Poitou, Niort, Clouzot, 1908, pp. 9, 15, 16, 21, 32, 33, 34.

(3) Dénombrement du décembre 1506. Demoiselle Jeanne Comtesse, veuve de Jean la Personne, écuyer, en son vivant seigneur d'Amure et de la cour de Faugery, (appelée la cour desdes Hélies), au nom et comme tutrice de François La Personne, son fils, avoue tenir un hébergement situé à Granzay qui fut à Aymar d'Angoisse, de très haut et puissant seigneur messire Pierre de Rohan, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Gié, baron de Frontenay et maréchal de France. V. Armand ibid. p. 164.

 (4) Hercule Mériadec de Rohan, duc de Rohan-Rohan, pair de France, prince de Soubise et de Maubuisson etc., fut gouverneur de Champagne et de Brie, et nommé lieutenant général le 26 octobre 1704. C'est par lettre du 20 octobre 1714, que la baronnie de Frontenay fut érigée en duché-pairie, en sa faveur. (Père Anselme, T. iv, p. 67).

(5)    Le 25 juillet 1596, par suite d’un marché passé entre M Jacques Gaultier, receveur de la baronnie de Frontenay, et Antoine Richard, maitre massou, demeurant à Champdeniers, ce dernier devait hausser la tour de Frontenay de deux étages, afin d’y établir deux chambres. Il devait aussi bâtir dans la chambre basse, ‘au-dessus de la basse-fosse) une petite tour ou cachot. Il devait refaire les cheminées, obvirer à la fumée et monter un escalier jusqu’au dernier étage. Le tout devait être terminer à la Toussaint, moyennant les prix et somme de cent écus sols (acte reçu par M Jean Jousselin, notaire juré)

(6) Ce parchemin, bien conservé, porte la cote K. 1222, n° 9. C'est une copie prise sur l'original le 21 juillet 1469. Au verso on lit : « Permission de fortiffier la ville de Frontenay – Droit de Guet »

(7) Les Rochechouart portent « onde d'argent et de gueule de 6 pièces. »

— A cette époque, on trouve Louis de Rochechouart, évêque de Saintes, de 1460 à 1492 ; — Foucaud de Rochechouart, baron de Mauzé et gouverneur de La Rochelle ; — Geoffroy de Rochechouart, seigneur du Bourdet, chatellenie dépendant de Frontenay l'Abattu, — H. du tems. Clergé de France II ; — L. Faye, Notice sur Mauzé; — Lépine, Généal. historique de la Maison de Cugnac, Paris-Auteuil, 1894.)

(8) nouvelles fortifications ne sauraient être toutefois comparées à celles du XIIIe siècle. La Popelinière parlant de l'irruption des armées protestantes, le 29 juin 1569, dit : « Frontenay est petite ville appartenant à la maison de Rohan mal murée, mal fossoyée, et encore plus mal pourvue d'autres défenses » — (La Popelinière Hist. de France, livre XVII, p. 103, édit. 1581.)

(9) Gaston du Lion fui nommé sénéchal de Saintonge le 12 août 1401. — (Archives Hist. du Poitou, XLI, 1" fascicule 1914, p. 238.)

(10) Louis d'Amboise, vicomte de Thouars et seigneur de Frontenay l'Abattu, étant tombé en disgrâce en 1431, la seigneurie de Frontenay fut donnée à sa soeur Jacqueline, épouse de Jean de la Trémoille, mais ces derniers étant morts sans enfants, Frontenay revint, vers 1450, à une autre soeur, Péronnelle d'Amboise, qui avait épousé Hardouyn VIII de Maillé.

C'est ainsi que Frontenay passa en peu de temps de la maison d'Amboise, dans celle de la Trémoille, puis dans celle de Maillé.

(11) Charles VII se plaisait beaucoup dans le beau manoir de Montils les Tours, qui appartenait à Hardouyn de Maillé ; il y publia, en 1453, sa célèbre ordonnance sur « la Réformation de la justice ». Louis XI n'affectionnait pas moins cette résidence.

Après se l'être fait adjuger, il y fit construire le château de Plessis du Parc ou Plessis les Tours, qui devint comme la capitale du royaume de France. 

(12) Frontenay pris par Saint-Louis à la fin de juin 1242, fut complètement démantelé, ce quï lui valut le nom de Frontenay l'Abattu.

(13) Frontenay séparé de l'Aunis en 1372 fut incorporé dans la Saintonge.

(14) Ce nom de Chateaupers est souvent cité dans les minutes et protocoles de Frontenay au XVI siècle, notamment en 1564, 1566. Le 28 avril 1567, il est parlé du « seigneur de Chateaupers et de Jeulles. » Plusieurs terres portent encore ce nom dans la section cadastrale de Patarine. — En 1626, Charles Adam, écuyer sgr de la Combe et de Chateaupers (Die. Beauchet-Filleau) — Registres paroissiaux de Frontenay « 15 mars 1658, noble Jean Chanson escuier sieur de Chasteaupaire » est pairain — « 21 mars 1689 inhumation à Frontenay de Jean Chanson-seigneur de Chasteaupaire âgé de 70 ans. » — D'après le P. Anselne le litre de seigneur de Chasteaupers était porté au XVIe et XVIIe siècle par la famille Hurault. Ce titre ne venait pas de la même terre.

(15) Dans un travail ultérieur, nous nous réservons de grouper un plus grand nombre de pièces dignes de figurer dans nos Mémoires, comme documents utiles à l'histoire de la Révolution dans nos contrées.

(16) Famille des Coutocheau de Saint Hilaire. - (Poitou. Niort, etc.)

 (17) Précédemment, maire de Frontenay.

(18). V. Notes généalogiques sur la famille Jousselin, dans les recherches sur la famille Lévêque de Saint-Maixent, par Ernest Lévêque. (Reversé, Saint-Maixent 1890.- Jousselin : «  D’argent, à 3 jumelles de sable. » Pour l’ancienneté de cette famille, qui exerça les charges de Sénéchal et de Procureur fiscal à Frontenay, pendant plusieurs siècles, voir Affiches du Poitou, n° du 11 mai 1775. Le roi Henri IV, témoigne son estime particulière à Messire Jehan Jousselin, procureur fiscal à Frontenay, (+ 11 sept. 1621), en l’appelant « mon bon amy », dans une de ses lettres. Il était chargé des intêrets du souverain dans la contrée.

 (19) Jean Jau, écuyer, seigneur de Chantigné.– C'M de St-Symphorien.

(20) Dame Jeanne Judith Hersant avait épousé à Frontenay, le 2 août 1745, M. René Helliot, seigneur des Grois. M. Jérôme Helliot des Grois, leur fils épousa demoiselle Catherine Manceau, fille de M. Jean Manceau, notaire et procureur, et de dame Charlotte Lussaud. Les Manceau, donnèrent trois maires à la ville de Niort.

(21) La seigneurie d'Epannes, appartenait à la famille noble des Roulin, au moment de la Révolution. Madame Roulin, née Daitz était la dernière de cette maison, des Seigneurs de Château-Daits.

(22) V. Mém. de la Société de Statistiques, Sciences, Lettres et Arts du Département des Deux-Sèvres, ler s., 25, Frontenay-Rohan-Rohan pris par Saint Louis, Revue litt., 1836-37.

Baronnie cédée en échange, à Tristan-Rouhault, vicomte de Thouars, et à Pernelle, sa femme, par Charles V en 1378.  Rev. Litt. 1836-37, ibid. 1er s., I, 105.