En 1471, François II, dernier duc de Bretagne, épouse Marguerite de Foix dans la chapelle Saint-Antoine, château de Clisson

François II, né en 1435 à Clisson, fils de Richard, comte d'Étampes, petit-fils de Jean V, fut le successeur d’Arthur III de Bretagne dit le « Connétable de Richemont ».

Marguerite de Foix, (née après 1458, morte le 15 mai 1486 à Nantes), fille de Gaston IV de Foix-Béarn, comte de Foix, et d'Éléonore de Navarre, reine de Navarre, fut duchesse de Bretagne et comtesse d’Étampes par son mariage avec François II, le 27 juin 1471, chapelle Saint-Antoine, château de Clisson

Il s'agissait pour François II d'un second mariage, sa première femme Marguerite de Bretagne étant morte en 1469.

 

SERVICES. François II DUC DE BRETAGNE.

 

Conquête de la Guyenne 1453

Prise de Cadillac 1453

Prise de Bordeaux 1453

Guerre du Bien public 1465

Siège de Paris 1465

Guerre contre Louis XI 1467

Prise d'Avranches 1467

Prise de Bayeux 1467

Prise de Caen 1467

Défense de Nantes 1487

Les rapports continuels qui, depuis plus d'un siècle, n'avaient cessé d'exister entre l'aristocratie bretonne et la chevalerie française, les usurpations continuelles des rois de France et surtout la faiblesse des ducs de Bretagne, dont la plupart des conseillers s'étaient laissé gagner par l'or des princes capétiens, toutes ces causes réunies menaçaient le duché d'une entière soumission, à la mort d'Arthur de Richemont.

A partir de cette époque, la Bretagne cesse exercer aucune influence sur la politique européenne; elle n'est plus appelée comme dans le passé, à faire pencher la balance du côté de ses alliés.

La rivalité de la France et de l'Angleterre, leurs luttes continuelles avaient été jusque-là la sauvegarde de l'indépendance armoricaine. Délivrés de la crainte des Anglais, grâce au courage et au dévouement des Bretons, les rois capétiens n'eurent d'autre pensée que de ravira la Bretagne son antique indépendance.

Les annales de ce duché n'offrent plus jusqu'à son annexion que le tableau d'une lutte d'un demi-siècle entre la puissante monarchie française et le petit royaume fondé par les Bretons, à l'extrémité de la Gaule, près de cent ans avant le baptême de Clovis.

François II, comte d'Etampes, neveu d'Arthur et fils de Richard de Bretagne, succéda à son oncle, dont il était l'héritier.

 Ce prince (comme si, prévoyant les malheurs de l'avenir, il eût désiré léguer à l'histoire un dernier exemple d'indépendance bretonne) ne voulut prêter au roi de France qu'un hommage simple, el il le rendit l'épée au côté, sans consentir à la quitter.

 « Pauvre prince estoit et disetteux, dit La Marche : du reste, beau, valeureux et de grande apparence. » Malheureusement, le fond ne répondait pas à la forme.

II eût fallu à François II une fermeté inébranlable, et tout son règne ne fut qu'une suite de témérités et de faiblesses. Cependant, toutes les fois qu'il fut bien conseillé, il prit et fit prendre par les Etats des mesures utiles. Sous lui, le pays étendit ses relations jusque dans le Levant; des traités de commerce furent conclus avec l'Angleterre, l'Espagne, le Portugal et les villes anséatiques ; Vitré et Rennes eurent une manufacture, l'une de soieries, l'autre de tapisseries; les côtes et les ports furent fortifiés contre les Anglais.

Un ennemi redoutable devait bientôt l'attaquer Charles VII était mort du chagrin que lui avait causé la révolte de son fils aîné, et celui-ci était monté sur le trône sous le nom de Louis XI

C'était un prince qui possédait ce qui constitue, à certaines époques, le talent du politique, et si la nature ne lui avait pas départi cette élévation de caractère, ce besoin des grandes choses qui font les Louis XIV et les Napoléon, la passion du pouvoir n'était pas moins profonde chez le compère d'Olivier-le-Daim que chez le grand roi ou chez le vainqueur des Pyramides et d'Austerlitz.

Dès les premiers jours de son avènement, Louis XI s'était proposé d'abattre toute seigneurie assez puissante pour resister à son autorité, et comme, parmi les petits Etats indépendants de l'ancienne Gaule, le plus considérable et le plus à craindre était la Bretagne, il résolut de réunira sa couronne un territoire qui formait un royaume dans un royaume, et dont les princes avaient plus d'une fois vaincu les rois de France.

Une circonstance favorisait ses plans.

Le connétable de Richemont, au milieu de la terreur que les Anglais avaient répandue dans la plupart des provinces, avait décidé Charles VII à établir des troupes permanentes, à l'exemple des ducs de Bretagne.

Maître de disposer à son gré d'une armée contre laquelle ne pouvait lutter la milice féodale, le roi était désormais en mesure d'écraser les grands vasseaux, à la première révolte.

 Louis XI était trop habile pour ne pas profiler de cette institution nouvelle.

Peu de temps après la mort de son père, Louis avait fait un voyage en Bretagne, cachant, sous le prétexte d'un pèlerinage à l'abbaye de Sant-Sauveur de Redon, un vif désir de s'assurer par lui-même de l'état des choses dans le duché.

Trouvant le pays presque complètement dégarni de troupes, il n'attendit plus qu'un motif plausible pour attaquer les Bretons.

 Des démêlés survenus entre le duc et l'évêque de Nantes lui fournirent bientôt l'occasion de faire marcher des troupes vers le Poitou; mais François sut gagner du temps et parvint à former contre le roi la Ligue du Bien public, dans laquelle entrèrent le duc de Berry, le duc de Bourbon et le comte de Charolais.

Louis se hâta de conclure une trêve avec le duc de Bourbon, et se retourna aussitôt contre son impétueux cousin, Charles-le-Téméraire.

 Les deux armées se rencontrèrent à Montlhéry.

La victoire resta indécise, toutefois, pendant la nuit, le roi battit en retraite sur Corbeil. Au lieu de marcher droit sur Paris, le comte de Charolais s'arrêta à Etampes, où les Bretons le joignirent deux jours après l'affaire.

Les traités de Conflans et de Saint-Maur donnèrent satisfaction aux princes coalisés. (1465.)

Louis était loin d'avoir abandonné ses projets sur la Bretagne.

Aussi François II s'efforça-t-il de rechercher l'appui de plusieurs puissances étrangères. Quand il crut pouvoir corrupter sur le duc de Bourgogne, ainsi que sur Edouard IV d'Angleterre et sur le Danemark, au lieu d'attendre son ennemi, il entra en Normandie.

 Louis XI le força à se retirer et envalit lui-même la Bretagne; mais, à l'approche de Charles-le-Téméraire, il signa la paix d'Ancenis, le 17 septembre 1468.

Un peu plus tard, Charles ayant été tué sous les murs da Nancy, François II chercha à négocier à la cour d'Angleterre un traité d'alliance offensive et défensive contre la France; mais le roi surprit la correspondance, et l'affaire ne réussit pas.

La mort de Louis XI prolongea de quelques années l'agonie du petit royaume qui, depuis deux siècles, défendait son indépendance contre les Français, les Normands et les Anglais.

A peine délivrée des dangers de la guerre étrangère, la Bretagne faillit retomber dans la guerre civile.

Le duc, depuis plusieurs années, s'était placé, en quelque sorte, sous la tutelle d'un de ses ministres. Fils d'un tailleur de Vitré, Pierre Landais était parvenu à capter si bien l'affection de son souverain, que François II l'avait élevé à la dignité de chancelier.

La noblesse, indignée d'un pareil choix, se plaignit, mais ce fut inutilement, et Landais ne craignit pas d'accuser le chancelier Chauvin, chez qui il rencontrait de la résistance, d'avoir pris part à la machination qui avait livré à Louis XI la correspondance du duc avec l'Angleterre.

François II fit arrêter le vertueux Chauvin, et laissa son ministre signer l'ordre de saisir ses biens. Le trésorier fui enfermé au château d'Hennebont, et, comme les Etats réunis à Vannes, par crainte de Landais, n'osèrent juger la cause, il en conçut une telle douleur, qu'il expira au bout de deux jours, en gémissant sur le sort de ses enfants.

Les seigneurs se révoltèrent aussitôt, et, ne pouvant réussir à renverser Landais, ils proposèrent au roi de France de le reconnaître comme souverain à la mort de leur duc, à la condition seule de les aider à se débarrasser du ministre qu'ils abhorraient.

François II conçut de vives inquiétudes, mais Landais le rassura en promettant un allié.

Voici quel était son plan :

Louis XI avait confié la régence du royaume à sa fille Anne de Beaujeu, au préjudice du duc d'Orléans; la main de la duchesse Anne, héritière du duché, serait le prix de l'appui accordé à François II par le duc d'Orléans.

 En attendant, il réussit à faire envahir la France par les Autrichiens, et il envoya l'armée du duc assiéger les seigneurs coalisés dans Ancenis.

Mais, des deux côtés, les soldats, eu apercevant l'hermine de leurs enseignes communes, sentirent leur haine s'évanouir, et tous ensemble s'avancèrent sur Nantes, pour châtier le ministre prévaricateur; peu de temps après, Landais fut pendu au milieu des cris d'enthousiasme du peuple

Sur ces entrefaites, le duc d'Orléans et les seigneurs et partisans s'étaient réfugiés en Bretagne. Sur leur refus de revenir à la cour, où les mandait la régente, une armée française fut dirigée contre l'Armorique. Beaucoup de villes furent prises; le roi et madame de Beaujeu vinrent eux-mêmes encourager les troupes par leur présence.

Toute la noblesse bretonne était sous les armes lorsque Louis II de La Trémouille, vicomte de Thouars qui, à vingt-sept ans, passait pour le premier capitaine de son siècle, arriva avec douze mille hommes, et se porta sur Saint-Aubin-du-Cormier.

Une bataille terrible fut livrée en cet endroit; les Bretons perdirent six mille hommes, et le duc d'Orléans fut fait prisonnier.

Le lendemain, une partie de l'armée française, tout enflée de ses succès, se présenta sous les murs de Rennes et somma les habitants de se rendre sans conditions, sous peine d'être passés au fil de l'épée.

Les Rennois furent admirables de courage. Réunis dans la cathédrale, les notables de la cité s'engagèrent à défendre jusqu'à la fin les droits de leur souverain et l'indépendance du pays.

Trois députés furent chargés de porter cette résolution au général français.

L'un d'eux, Jacques Bouchard, greffier du Parlement, excita l'admiration des Français par la mâle énergie de son langage eu lace de tant de calamités, et par celle noble fermeté de l'homme libre et du citoyen, qui, comme le fait observer Ml. de Courson, est le plus beau et le plus rare des héroïsmes.

« Ne pensez pas, dit le généreux Breton, que vous soyez déjà seigneur de la Bretagne et que vous ayez aussi facilement le surplus; vous devez premièrement considérer que votre roi n'a aucun droit sur ceste duché. Vous savez comment il en print du roi Philippe de Valois, à Crécy, en 1346 quand lui, qui accompagné estoit de cent mille hommes, fut défait par dix mille Anglois; et aussi du roi Jehan, près Poitiers, où les François, par leur fierté, perdirent leur roi.

Vous autres, François, ferez assez d'entreprises de guerres et de batailles, tant qu'il vous plaira; mais celui qui sans fin règne là sus donne les victoires. Ne vous en attribuez pas la gloire ; c'est à lui qu'elle appartient.

Le roi ne demandoit pour obtenir la paix que la ville de Fougères : or avez-vous maintenant Fougères, et demandez encore Rennes, seigneur; je vous fais assavoir que, en ceste bonne ville de Eennes, il y a quarante mille hommes dont les vingt mille sont de telle résistance que, moyennant la grâce de Dieu, si le seigneur de LaTrémouille et son armée viennent l'assiéger, autant y gagnerait que devant Vannes.

Nous ne craignons le roi de France ne toute puissance. Partant, retournez au seigneur de La Trémouille, et lui faites part de la joyeuse réponse quo nous avons faite, car de nous n'aurez autre chose pour le présent. »

Cette réponse si fière, et en même temps si simple, produisit une vivo impression sur La Trémouille, et il n'osa assiéger Rennes : Dinan et Saint-Malo lui ouvrirent leurs portes.

Charles VIII n'ayant plus, depuis la prise du duc d'Orléans, aucun prétexte pour guerroyer en Bretagne, délibéra, assure-t-on, s'il ne s'emparerait pas tout de suite de ce duché. Le chancelier de France, Guillaume de Rochefort, soutint que le roi très chrétien ne devait pas abuser des droits de la victoire pour saisir les Etats d'un voisin, et Charles VIII, convaincu par ces raisons, ou craignant peut-être de pousser à bout les sangliers de Bretagne, ainsi que le comte de Foix appelait alors les Bretons, se résolut enfin à retirer ses troupes.

«  Comme roi, dit-il orgueilleusement aux envoyés du duc, je puis faire justice ou grâce; mais, en prince chrétien, je me contente de vaincre. Je remets la vengeance à Dieu, et je pardonne au duc de Bretagne, mon vassal. »

La paix fut conclue au Verger, en Anjou, le 20 août 1468.

Le roi, qui en dictait les conditions, réserva tous ses droits sur le duché, si le duc mourait sans héritier mâle. Leduc s'engagea à renvoyer de la cour tous les ennemis du prince, à ne marier ses filles qu'à son gré, et à lui livrer, comme nantissement, les villes de Fougères, de Saint-Malo, de Dinan et de Saint-Aubin-du-Cormier.

Trois jours après avoir signé la déchéance de son pays, François II mourut de douleur à Coiron, près de Nantes, à l'âge de cinquante-trois ans.

 

ARMES : D'hermines. DEVISE : A ma vie.

 

Femmes : 1. MARGUERITE DE BRETAGNE, fille ainée de François Ier, morte en 1469; — 2. MARGUERITE, fille de Gaston IV, comte de Foix, morte en 1486.

 

Il eut de la première : N... DE BRETAGNE, morte enfant.

De la seconde : 1. ANNE, duchesse de Bretagne, reine de France, née en 1476, et qui mourut en 1514 ; — 2. ISABELLE, morte en 1490.

Enfants naturels : 1. FRANÇOIS, bâtard de Bretagne, comte de Vertus, fut la tige des comtes de Vertus ; —

2. ANTOINE, bâtard de Bretagne, mort jeune ; — 3 et 4. Deux filles dont on ne sait pas les noms.

 

Une terre de granit : la Bretagne et son histoire / par L. Le Saint,...

 

 

....==> Mars 1487 Charles VIII confisque tous les domaines du comte de Dunois et fit démanteler les fortifications de Parthenay

 

 ....==> Juillet 1488 La Guerre folle du siège de Fougères par l'armée du roi de France, commandée par Louis II de la Trémoille contre la coalition de duc François II, duc de Bretagne

... ==> 25 janvier 1477 : naissance d'Anne de Bretagne à Nantes au château des Ducs