Saint-Florent-le-Vieil Guerre de Vendée - Tombeau du saint d'Anjou, Jacques Cathelineau (1)

Jacques Cathelineau, né le 5 janvier 1759 au Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire) et mort le 14 juillet 1793 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), fut, au cours de la guerre de Vendée, pendant la Révolution française, le premier généralissime de l'Armée catholique et royale.

« Sa religion était si profonde, sa piété si sincère, son humilité si grande, que tout le monde l'appela plus tard le saint d'Anjou. »

Jacques Cathelineau travaillait pour vivre, il avait six enfants, il était « voiturier » de son état. D'ailleurs très intelligent, il avait reçu une instruction plus qu'ordinaire au presbytère de la Chapelle-du-Genêt, il avait une facilité de parole peu commune, une âme ardente, un caractère généreux, une indomptable énergie de volonté. Avec cela bon et complaisant envers tous, enjoué même et doux de caractère, ses qualités en firent de bonne heure l'homme le plus influent du Pin-en-Mauges. « On le choisissait comme arbitre des différends qui survenaient au sein des familles. Son coup d'œil vif et juste saisissait promptement le pour et le contre d'une question, et son avis était réputé sans appel. Dans tout le pays, il jouissait d'une véritable autorité. »

« Quels furent les motifs qui lui mirent les armes à la main?

Regardez. Quels furent ses insignes de guerre? Le Rosaire et le Sacré Coeur. Son premier étendard ? La Croix. Son cri de ralliement ? Vive la religion ! Ses chants de marche et de combat? Le Vexilla Regis et les litanies. »

C'est parce que les sentiments religieux de Cathelineau étaient ceux de la Vendée qu'elle s'est levée tout entière à sa voix.

C'est son attachement à la foi de ses ancêtres qui a fait la Vendée.

Ses adversaires eux-mêmes l'ont reconnu. Si on eût laissé ou rendu à la Vendée ses prêtres et son culte, elle n'eût point pris les armes, ou les eût aussitôt déposées. « Le grand moyen de les ramener à l'obéissance, dira le général Hoche, c'est de proclamer la liberté religieuse. » « La guerre de la Vendée fut une guerre de conscience et non pas d'opinion, a dit Lamartine, et, si l'émigration s'armait pour des motifs politiques, la Vendée s'arma pour Dieu. » Toute la Vendée est dans ce mot si émouvant : « Rends-moi tes armes, criait un gendarme à un soldat vendéen. Rends-moi mon Dieu, répond le paysan.

Ce fut le 13 mars 1793, alors que la Révolution avait déployé toute sa haine religieuse, que Cathelineau, exaspéré comme ses frères vendéens, résolut de s'opposer par la force à la tyrannie révolutionnaire. « Fanatisme ! » a-t-on dit. Le fanatisme était du côté où l'on osait dire : « Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer comme nous l'entendons ! » « Disposés par leur caractère naturel à l'amour de la paix, au sentiment de l'ordre, au respect de la loi, comme l'ont constaté les commissaires de la Convention, les Vendéens et Cathelineau, à leur tête, ne se sont soulevés, pendant la Terreur, que pour défendre ce que l'homme a de plus cher et de plus sacré, l'autel et le foyer. C'est à l'église que Cathelineau et ses vingt-huit premiers compagnons se rendent pour la guerre sainte. Ils en sortent après avoir fait le sacrifice de leur vie. Ils marchent ensuite en récitant le Rosaire et en chantant des cantiques. Ils soulèvent sous leurs pas tous les villages qu'ils traversent.

Le soir du premier jour, ils sont maîtres de Jallais et de Chemillé. C'est à Chemillé que Cathelineau reçoit sa première blessure. On connaît la suite de leurs victoires. Ils sont maîtres de Saumur. Stollet, d'Elbée, Lescure, Bonchamp, La Rochejaquelein, Charette, le prince de Talmont, Scepeaux, Sapinaud, Donnissan, Fleuriot se sont joints à eux et forment l'état-major de cette armée improvisée. Ils proclament, à Saumur, à l'unanimité, comme général en chef de l'armée catholique, Jacques Cathelineau.

Après avoir pris Angers sans difficulté le 23 juin, l'Armée catholique et royale est menée à l'attaque de Nantes, le 29 juin. Le nouveau généralissime se présente devant la ville de Nantes à la tête de 40 000 hommes, tandis que Charette doit le seconder avec 10 000 insurgés du Pays de Retz et du bas-Poitou.

Cathelineau pénètre dans la ville, au cri de vive la religion !

Cette expédition est mal combinée, elle vient échouer contre les efforts des habitants et d'une garnison de 12 000 hommes. Le 29, Jacques Cathelineau, qui attaque la porte de Rennes, pénètre jusqu'à la place Viarme où un coup de feu, tiré d'une fenêtre, le blesse. Voyant leur chef grièvement frappé, les Vendéens reculent et sont défaits. Cathelineau est transporté sur une civière en direction de Saint-Florent-le-Vieil. Ses proches accourent, bien que l’on juge son état sans gravité. Le 13 juillet, une fièvre violente empire son mal. Il meurt le 14 juillet 1793. Sa dépouille git en la chapelle Cathelineau à Saint-Florent-le-Vieil.

Saint-Florent-le-Vieil Guerre de Vendée - Tombeau du saint d'Anjou, Jacques Cathelineau (2)

Après avoir vécu en héros, il mourait comme un saint. »

Nous ne raconterons pas la guerre de la Vendée, guerre de géants a dit Napoléon, peuple de héros et de martyrs répète l'impartiale histoire. Ecrasés et vaincus, les Vendéens ont obtenu finalement ce qu'ils voulaient. Rendez-moi mon Dieu, criait la Vendée. Eh bien 1 son Dieu lui a été rendu. « Après six ans d'une lutte à mort qui avait dévoré de puissantes armées et couvert le pays de sang et de ruines, il a fallu reconnaître que « le seul moyen de désarmer l'indomptable Vendée, c'était de lui rendre la liberté de son culte », comme le disait Hoche.

Cette liberté fut l'objet du premier article du traité de la Jaunais ; elle fut si bien la conquête de la Vendée qu'avant même de l'accorder à la France entière, on dut en assurer le bienfait aux départements vendéens par des stipulations spéciales. » Mgr Freppel l'avait éloquemment constaté, lui aussi. « Infructueux en apparence, le sacrifice des Vendéens ne demeura pas stérile, car, s'il est vrai que le sang des martyrs est une semence féconde et que Dieu mesure son pardon à nos expiations, si quelques années après cette guerre de géants vous avez vu vos autels se relever, vos prêtres revenir de l'exil, et l'Eglise de France se redresser sur ses ruines, plus forte que jamais, c'est que le sang des justes avait mérité toutes ces restaurations, c'est qu'avant d'éclater au grand jour de l'histoire, la résurrection avait germé dans les tombes obscures où le dévouement s'était enseveli avec les fils de la Vendée. »

« C'est pour leur foi que Cathelineau et la Vendée se sont armés. C'est elle qui les a rendus forts dans les combats ; c'est d'elle qu'ils attendaient toute leur récompense. Soyons dignes de leurs exemples. Tout en étant de votre temps, soyez dignes de votre passé. Soyez aussi bons chrétiens que bons citoyens dans l'accomplissement de tous vos devoirs et dans l'exercice de tous vos droits. Et que d'âge en âge, quand on voudra définir un Vendéen, il soit toujours vrai de dire : un Vendéen, c'est un Français toujours fidèle à sa foi de chrétien et dévoué jusqu'à la mort à son Dieu et à son pays. »

Son fils, Jacques-Joseph de Cathelineau sera anobli à la Restauration. Son petit-fils, Henri de Cathelineau, sera un officier pendant la guerre franco-prussienne de 1870.

 

Depuis 1896, les dépouilles des trois hommes reposent au sein du même tombeau dans la Chapelle Saint-Charles à Saint-Florent-le-Vieil. Cette chapelle classée aux Monuments Historiques se situe à l'emplacement de l'ancien couvent des Cordelières. Ce dernier servit d'hôpital à l'armée catholique et royale vendéenne durant les Guerres de Vendée à la fin du XVIIIe.

Regards contemporains (Wiki)

    « Cathelineau commandait les gens du Pin-en-Mauges et des environs. C'était, comme je l'ai dit, un simple paysan qui avait fait quelque temps le métier de colporteur pour le commerce des laines. Jamais on a vu un homme plus doux, plus modeste et meilleur. On avait pour lui d'autant plus d'égards, qu'il se mettait toujours à la dernière place. Il avait une intelligence extraordinaire, une éloquence entraînante, des talents naturels pour faire la guerre et diriger les soldats : il était âgé de trente-quatre ans. Les paysans l'adoraient, et lui portaient le plus grand respect. Il avait depuis longtemps une grande réputation de piété et de régularité ; tellement que les soldats l'appelaient le « Saint de l'Anjou », et se plaçaient quand il le pouvaient auprès de lui dans les combats, pensant qu'on ne pouvait être blessé à côté d'un si saint homme. »

 

— Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.

 

    « Celui-ci [Jacques Cathelineau] avait reçu de la nature la première qualité d'un homme de guerre, l'inspiration de ne jamais laisser se reposer ni les vainqueurs ni les vaincus. »

 

— Mémoires de Napoléon.

 

 

La Semaine religieuse du diocèse de Rouen

 

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