John Chandos blessé mortellement à Lussac-les-châteaux lors d'une escarmouche, il meurt le 1er janvier 1370 au château de Morthemer

 Connu sous le nom Chandos Herald, a écrit un poème intitulé important, la vie du Prince Noir . Le poème détaille de nombreux exploits du prince dans la guerre de Cent Ans, y compris la guerre civile castillane, la bataille de Crecy , et la bataille de Poitiers.

En 1369, le Prince Noir le nomme sénéchal du Poitou. La guerre est alors en train de reprendre contre la France.

Au mois de décembre, le successeur de Jacques d'Audelée, Jean Chandos, capitaine anglais, séjournait à Chauvigny. Les français ont  lancés une contre-attaque réussie, regagnant beaucoup de territoire et forcer Edward à rappeler Chandos, qui a été nommé sénéchal du Poitou et se sont installés à Poitiers. Sir John a tenté de faire face aux tentatives françaises de reprendre pied dans la province. Le Breton John Kerlouët et Louis de Saint Julien Trimouille, seigneur de Lusignan, avaient occupé La Roche-Posay et Saint-Savin, à quelques miles de Poitiers.

Chandos a décidé de reprendre l'abbaye de Saint-Savin, avec une attaque surprise sous le couvert de la nuit.

L'attaque planifiée a échoué quand, pensant qu'ils avaient été détectés par l'ennemi, la force de Chandos retraite vers le pont sur la Vienne à Lussac-les-Châteaux, le long de la route de Poitiers par Chauvigny.

Les Français, pas au courant de leur présence, avait décidé de suivre la même route pour harceler les troupes anglaises. Les adversaires sont réunis au pont de Lussac. Dans la bataille Chandos fut blessé à mort  d’un coup de lance, perçant son visage sous l'œil. Jacques de Saint Martin de Bagnac qui lui porta le coup mortel eut lui-même les deux jambes traversées par un coup d'épée de l'écuyer de Jean Chandos. L'oncle de Chandos Edward Twyford, debout sur son neveu blessé, a repoussé les assaillants.  Saint-Martin est mort trois jours plus tard à Poitiers. John Chandos a été porté sur un grand bouclier à Morthemer, la forteresse anglaise le plus proche.

Il est mort dans la nuit, soit le 31 Décembre ou les premières heures du 1er Janvier 1370, après une journée et la nuit d'agonie, au d'environ 55 ans. Il fut enseveli au tombeau du pont de Lussac.

La Chronique de Bertrand Duguesclin, par le trouvère Cuvelier, dit tome 1er, que Chandos blessé au passage de la Vienne à Lussac fut transporté au château de chauvigny où il mourut et fut enterré à l'entrée de l'église Saint-Pierre. « Pui fut jehan Chando mené à Chauvegrips, « Et la moru libers si con dit li escrips ». Le chroniqueur Froissard au contraire dit que Chandos, au moment où il se rendit à Lussac, arrivait de Chauvigny. Le sénéchal avait séjourné dans la ville au retour d'une expédition infructueuse sur Saint-Savin. Après le combat, il fut porté blessé à Mortemer où il mourut.

Certains autres historiens le font mourir à Civaux et inhumer à Chauvigny. Regretté par Édouard III, il l'est aussi par Bertrand Du Guesclin, qui admirait son courage et son talent militaire.

 

Voici comment mourut sir John Chandos :

 

(John Chandos blessé mortellement à Lussac-les-châteaux  lors d'une escarmouche, il meurt le 1er janvier 1370 au château de Morthemer.

John Chandos aussi mentionné Jean Chandos en français, est considéré comme le plus grand capitaine anglais de la première phase de la guerre de Cent Ans.)

 

A l'issue de la campagne de 1369, sir John Chandos, créé depuis peu sénéchal de Poitou, à la mort de sir James Audley par le prince Noir, tout en conservant ses autres charges, revenait de Poitiers, après une tentative infructueuse sur la forteresse de Saint-Savin, quand il rencontra dans la matinée du 31 décembre, un corps considérable de gens d'armes et d'archers, composé de Français et de Bretons, au pont de Lussac sur la Vienne. Bien que ses forces fussent inférieures en nombre, il n'hésita pas à livrer bataille …….

A Poitiers s’y assemblèrent ; Guichard d’Angle, Louis de Harcourt, Le sire de Pons, le Sire de Parthenay, le sire de Puisances, le sire de Tonnai-Bouton, le sire de Poiane, messire Geoffroy d’Argenton, messire Maubruin de Linières, messire Thomas de Persy, messire Baudouin de Frainville, messire Richard de Pontchardon ……

 Sir John Chandos pouvait passer pour un chevalier modèle : il était de haute taille, doué de qualités et de talents supérieurs. Précédé de sa bannière, que portait ses hommes, ayant lui-même « un pied en avant et le glaive au poing », il fondit, sur l'ennemi...

Mais laissons parler Froissart ; il s'est surpassé dans le récit des événements qui entourèrent la mort de Chandos. Qu'on nous excuse seulement d'avoir un peu modernisé le style savoureux du célèbre historien :

« Rien ne pouvait, être plus pénible que la prise de Saint-Savin à messine Jean Chandos, alors sénéchal de Poitou. Aussi s'employait-il de toutes façons à la ravoir. Mais toutes ses tentatives échouaient, tant faisait bonne garde son défenseur, Louis de Saint-Julien, très renseigné sur les sentiments de Jean Chandos.

« Or il advint que la dernière nuit avant la nuit de l'an, messire Jean Chandos séjournant à Poitiers, convoqua les chevaliers du pays pour une expédition secrète. Comme il était très aimé, les chevaliers s'en vinrent, au nombre de trois cents environ, et partirent pour Saint-Savin...

 « Là, ayant trouvé la garnison alertée, ils se dirigèrent vers Chauvigny, puis regagnèrent Poitiers, congédiés par Jean Chandos, qui demeura avec un petit groupe de cavaliers, lui-même étant fort marri d'avoir manqué son coup de main.

« Après s'être longuement chauffé au feu de la cheminée, il se préparait à dormir, lorsqu'un homme se présenta, et lui dit :

« Monseigneur, je vous apporte des nouvelles. — Lesquelles ? — Les Français chevauchent... — Et comment le sais-tu ? — Monseigneur, je suis parti de Saint-Savin avec eux. — Où sont-ils ? — Je ne sais au juste, ce me semble sur le chemin de Poitiers. — Qui sont ces Français ? — Messires Louis de Saint-Julien, Carlouet le Breton, et leurs soldats. — Peu m'importe, conclut Chandos, je n'ai nulle envie de chevaucher. Ils trouveront bien à se battre sans moi... »

Cependant, après un moment de réflexion, bien que rompu de fatigue, il se ravisa : « Au contraire de ce que j'ai dit, il vaut mieux que je parte. Je vais retourner à Poitiers, avant le jour. » Ses chevaliers acquiescèrent, et tous sautèrent en selle pour prendre le chemin de Poitiers, en suivant la rivière (la Vienne).

Or, les Français les précédaient sur le même chemin, avec une avance de quelques kilomètres seulement. Les Anglais s'en aperçurent, aux traces laissées par le fer des chevaux.

Le jour parut. A cet instant, les Anglais de Thomas de Bercy (congédiés à Chauvigny par Chandos, alors qu'il croyait y dormir) les virent de l'autre rive et prirent le galop pour avoir l'avantage du pont, car ils étaient moins nombreux. Les Français agirent de même, mais ne purent les devancer sur le pont...

Quand ils l'atteignirent à leur tour, les Français mirent pied à terre, ce qu'avaient déjà fait les Anglais.

Ils allaient en venir aux mains, quand apparut Jean Chandos avec ses quarante cavaliers, portant sa bannière déployée, « qui était d'argent a un pel aiguisé de gueules ». Aussitôt Chandos harangua ses ennemis :

« Vous n'êtes guère bons chevaliers. Vous êtes toujours à cheval, nuit et jour ; vous prenez villes et forteresses en Poitou, dont je suis sénéchal. Vous rançonnez les pauvres gens, sans pitié. Il semblerait que le pays vous appartient, ce qui par Dieu, n'est pas. Messire Louis, et vous Carlouet, vous en prenez maintenant trop à votre aise. Il y a plus d'un an et demi que je vous cherche. Or Dieu merci, nous voici face à face, et nous allons voir qui est maître on ce pays. Plusieurs fois l'on m'a dit que vous désiriez me voir. Vous m'avez devant vous. Je suis John Chandos. Nous allons voir si vous savez vous servir de vos armes... »

Immobiles, les Français ne répondirent pas. Par ailleurs, les Anglais de Thomas de Percy n'entendaient, ni ne voyaient rien de cette scène, le pont étant très large et surélevé par le milieu.

Les Français commencèrent le combat, et l'un d'eux désarçonna. l'Anglais Simekins Dodale. Alors Chandos dit à ses compagnons : « Laisserez-vous tuer cet homme ? Pied à terre ! Pied à terre ! » Et il descendit de cheval, ainsi que ses gens pour secourir Simekins. Ce fut le commencement de la mêlée.

Jean Chandos., grand, fort et hardi, dur à la besogne, entouré des siens, s'avança le glaive au poing, portant sur son armure un grand vêtement, qui traînait sur le sol et dont l'étoffe était ornée de ses armes : un blanc samit à deux pels aiguisés de gueules, l'un devant et l'autre derrière...

Or, ce matin-là, il y avait de la rosée, et le sol était glissant.

S'étant empêtré dans son vêtement, Chandos trébucha. Jacques de Saint-Martin survint alors et le perça de sa lance sous l'oeil, entre le nez et le front, sans avoir été vu, car Chandos était borgne, ayant perdu un oeil cinq ans auparavant, alors qu'il chassait le cerf dans la région de Bordeaux ; et à cause de cela, il ne portait jamais de visière. Frappé à mort, Jean Chandos ne se releva pas.

Les Anglais étaient consternés. Les Français voulurent s'emparer du mourant. Mais son oncle Edouard Cliffors le défendit très vaillamment. Les Anglais firent des prodiges de valeur. L'un d'eux transperça de son glaive Jacques de Saint-Martin. Mais les Français, beaucoup plus nombreux, les tuèrent ou blessèrent presque tous, sauf Cliffors qui toujours défendait le corps de son neveu.

Alors survinrent les chevaliers poitevins de Thomas de Percy, dirigés par le sire d'Angle. Pour ne pas se rendre à eux, Louis de Saint-Julien et Carlouet se rendirent aux derniers survivants des Anglais...

Les survenants montrèrent un vif chagrin de l'état dans lequel se trouvait Chandos. « Gentil chevalier, fleur de tout honneur, messire Jean Chandos, maudit soit le glaive qui vous a mis en péril de mort... » Et tous pleuraient, se tordaient les mains, s'arrachaient les cheveux, avec des cris de douleur et des plaintes amères... Puis on enleva l'armure du blessé, avec mille précautions, et on retendit sur un brancard, pour le transporter à Mortemer, la plus proche forteresse, tandis qu'une partie de la troupe regagnait Poitiers, avec les prisonniers et parmi eux, Jacques de Saint Martin agonisant.

Froissart termine ainsi les pages consacrées à la fin du héros, pages qui comptent au nombre des plus belles de ses chroniques : « Le gentil chevalier dessus nommé ne survécut à sa blessure qu'un jour et une nuit. Que Dieu garde son âme remplie de bonté. Car jamais depuis cent ans personne parmi les Anglais se montra plus courtois plus gentil, plus plein de bonnes et nobles vertus. Quand le prince de Galles et la princesse, le comte de Cambridge, le comte de Pennbrock et les barons et chevaliers d'Angleterre se trouvant en Guyenne apprirent sa mort, ils en furent vivement courroucés et désolés, et ils dirent que c'était une perte irréparable.

Jean Chandos fut partout regretté, en France et outre-Manche, non moins de ses ennemis que de ses amis.

Telle fut sa destinée. Les Anglais l'aimaient pour ses glorieuses conquêtes... Les Français pensaient que c'était grand dommage, et qu'il eût mieux valu le voir pris que mort : car pris, il aurait trouvé le moyen d'amener la paix entre la France et l'Angleterre, tant était grand son crédit auprès du roi Edouard et de ses enfants... » (Froissard, Chroniq. 1 et 2, pag. 598)

 

Saint Savin, Le Vieux pont médiéval - Jean Chandos, Guichard d’Angle, Louis de Harcourt<==

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