Saint Savin, Le Vieux pont médiéval - Jean Chandos, Guichard d’Angle, Louis de Harcourt …

Le Vieux pont médiéval  a été construit à l’époque gothique, au 13ème siècle ou début 14ème siècle Ce pont permet depuis la fin du moyen–âge à la route Poitiers-Bourges de traverser la Gartempe et relie les communes de Saint-Savin et de Saint-Germain.

Classé Monument Historique depuis 1896. D’une longueur de 100 m environ, large de 3,5 m. Le pont comprend 5 arches en arc brisé et une arche marinière en plein cintre reposant sur des piles arrondies ou à bec, sur lesquelles sont aménagés des refuges

En 1671 et en 1726, les religieux furent appelés à participer à sa réparation suite à un arrêt du Parlement ordonnant en 1634 que le produit du péage fut affecté à l’entretien.

 

 

Comment messire Jean Chandos cuida prendre Saint Savin et comment lui et ceux de Saint Savin s'entretrouvèrent le 31 décembre 1369.

 

Le Vieux pont médiéval Saint Savin - Jean Chandos, Guichard d’Angle, Louis de Harcourt …

 

Sur l'ordre du Prince de Galles, les comtes de Cambridge et de Pembroke, Jean Chandos, James d'Audeley (1) et les barons poitevins l'ont rejoint à Angoulême.

A la tête de plus de trois mille lances dès le commencement de juillet 1369, ils quittent cette ville pour assiéger la Roche-sur-Yon, sur les marches d'Anjou. Jean Belon, qui commandait cette forteresse réputée imprenable, la livre dès les premiers jours d'août.

Le traître paya de la vie sa trahison et fut noyé à Angers, dans le Maine, par ordre du duc d'Anjou. L'armée anglaise regagna Angoulême que le Prince malade ne pouvait pas quitter.

Ce fut le dernier exploit de James d'Audeley, lieutenant du prince d'Aquitaine en Poitou et Limousin, le héros de la bataille de Poitiers, car, peu après, il mourut de maladie à Fontenay-le-Comte, amèrement regretté du Prince de Galles.

 On l'inhuma à Poitiers. Jean Chandos fut nommé sénéchal de Poitou, tout en restant connétable d'Aquitaine.

Son arrivée à Poitiers peut être fixée au milieu de 1369. Elle y raffermit le parti anglais.

 Arrêtons-nous un instant devant ce grand homme.

Il commande l'admiration de ses ennemis. Froissart le qualifie « l'un des meilleurs chevaliers de toute Engleterre; le moult vaillant homme d'armes et saige; le moult bon chevalier et des plus renommés de sens et de prouesse et d'heur et de fortune de toute Englelerre. » Toutes ces qualifications lui sont dues, l'histoire les enregistre et les ratifie.

Chandos ne pouvait rester inactif. Il se hâta de préparer une chevauchée en Anjou et Touraine; il veut agir de concert avec le comte de Pembroke qui est à Mortagne (2). Celui-ci refuse par jalousie, de peur que la gloire de Chandos n'éclipse la sienne.

A la tête de trois cents lances et de deux cents archers Chandos n'en envahit pas moins le Loudunais, possession du duc d'Anjou, et remonte la vallée de la Creuse il fait même une pointe dans la vicomté de Rochechouart, mais il échoue devant cette ville où commande Thibaut de Pont, avec ses Bretons il revient à Chauvigny et donne à Pembroke un second rendez-vous à Châtellerault pour unir leurs forces contre Louis de Sancerre, maréchal de France, qui occupe la Haye en Touraine.

Mais il subit un nouveau refus. Pembroke veut opérer seul. Mal lui en prend, car au retour d'une chevauchée à travers la vicomté de Rochechouart et le Loudunais, il se laisse surprendre à Purnon (3) par les Français. C'est que Louis de Sancerre, Jean de Beuil, Jean de Vienne, Guillaume des Bordes, Louis de Saint-Julien et Kerlouet sont sortis de la Roche-Posay de nuit et à l'improviste; ils assaillent les Anglais débandés et en train de se loger, en tuent plus de cent et acculent le reste dans un prieuré de Saint-Augustin, près de Purnon, qui n'est entouré que d'une chemise de pierre.

Ils livrent un assaut formidable. Vers minuit, Pembroke dépêche un écuyer à Chandos. Il s'égare. Le lendemain matin, nouvel assaut de l'aube à prime (6 heures du matin) nouveau message à Chandos de Pembroke aux abois. Un anneau d'or confirme la mission.

Le premier messager n'arrive près de Chandos que vers tierce (9 heures du matin). Le sénéchal allait à la messe mécontent de Pembroke et persuadé d'ailleurs qu'il était trop tard, il entend la messe.

Le second messager arrive quand Chandos se mettait à table. Il commence son repas, mais il est ébranlé. Tout à coup, il se décide à monter à cheval et court presque seul et à toute bride sur la route de Purnon, au secours du gendre d'Edouard III. Ses gens ne le suivent que de loin.

L'assaut continuait; il était près de midi. Les Anglais sont dans une situation critique, mais les Français sont épuisés.

Ceux-ci apprennent l'arrivée de Chandos avec deux cents lances fraîches. Louis de Sancerre ne veut pas compromettre son succès. Il se replie sur la Roche-Posay avec butin et prisonniers. Pembroke, débloqué, se porte au- devant de Chandos. L'entrevue du présomptueux vaincu de Purnon et de son sauveur dut être curieuse.

 L'un retourna à Mortagne, l'autre à Poitiers nous n'en savons pas plus. Pembroke voulait une revanche.

Dans les premiers jours de septembre 1369, il reprend l'offensive. Il est avec le célèbre Hugues Calverly et avec Louis de Harcourt, le bieil (beau) vicomte de Châtellerault.

Ils assiègent infructueusement Saumur défendu par Robert de Sancerre, mais parviennent à prendre les Ponts-de-Cé et l'abbaye de Saint-Maure-sur-Loire et à s'y maintenir.

Les Français de La Roche-Posay, Louis de Saint-Julien et Kerlouet réussissent dans un hardi coup de main sur l'abbaye de Saint-Savin (4) que livre un des moines bénédictins en haine de son abbé. Louis de Saint-Julien en reçoit la garde.

 Chandos est piqué au vif voir prendre une forteresse si voisine de Poitiers Il veut la ravoir à tout prix. Quelques tentatives d'embuscade sont déjouées par la vigilance de Louis de Saint-Julien.

Chandos en tente une nouvelle à laquelle il associe M. Guichard d'Angle, Louis de Harcourt, les sires de Pons, de Parthenay, de Tonnay-Boutonne, de Puyanne, de Puisance, M.  Geoffroi d'Argenton, Maubruni de Linières, Thomas Percy, sénéchal de La Rochelle, Baudoin de Freville et Richard de Pontchardon.

 C'était le 31 décembre 1369. La convocation était secrète. On avait bien trois cents lances. On s'était muni d'échelles. Nul ne savait le but de la chevauchée.

On arrive à Saint-Savin, on met pied à terre. Il est minuit. On descend sans bruit dans le fossé et on applique les échelles.

Tout à coup, la guette du fort se met à corner. Chandos est découvert ou trahi. L'ennemi est sur ses gardes.

Sans surprise, point de réussite possible. « Alons, alons, dit Chandos, nous avons pour celle nuit falli à nos fait. » Les barons remontent à cheval et s'éloignent. Or, le hasard avait voulu que Kerlouet, venant de La Roche-Posay avec quarante lances, arrivât cette nuit même à Saint-Savin pour chevaucher en Poitou avec Louis de Saint-Julien. C'était lui qui avait réveillé la guette et ceux du fort.

Chandos, mécontent, regagna Chauvigny et congédia ses compagnons et leurs deux cents lances. Il entra dans un hôtel et fit allumer du feu. Il était pensif. Thomas Percy était resté. Il prend congé à son tour et, suivi de trente lances, il passe la Vienne à Chauvigny et en remonte la rive gauche.

Chandos se chauffait à un feu de paille entretenu par son héraut et ses gens. Il était mélancolieux. La nuit s'avançait, il «s'ordonnoit pour un peu dormir.»

Un espion demande à lui parler.

« Monsigneur, je vous aporte nouvelles. Queles, dit Chandos ?- Li Franrais chevaucent.-Et comment le scès-tu ? Monsigneur, je me suis partis de Saint-Salvin avoecques yoûs. Et quel chemin tiennent-ils? Monsigneur, je ne sçai, de vérité, fors tant qu'ils tiroient, ce me samble vient Poitiers. Et liquel sont-ce des François? C'est mesures Loeis de Saint-Juliien et Keranloet li Bretons et leurs routes. – Ne m'en chaut, respondit messires Jehan de Chandos, je n'ai meshui (aujourd'hui) nulle volenté de chevaucier. Il poront bien trouver rencontre sans mi (5). »

 

Il réfléchit un instant, puis « Quoi que j'aie dit, c'est bon que je chevauce toutdis (toujours), me fault retourner vers Poitiers et tantost sera jours. C'est voirs (vrai), Sire, répondent ses chevaliers. »

Chandos se met en selle et prend le chemin de Poitiers par la rive droite, vers Lussac.

 

 

 

 

==> En 1369, le Prince Noir nomme le chevalier John Chandos sénéchal du Poitou, il meurt le 31 Décembre d’un coup de lance

 


 

(1) Lorsque l'ordre de la Jarretière a été fondé, il a été initié comme l'un de ses premiers membres et son échoppe à la chapelle St. George, Windsor était le onzième du côté d'Edward, le Prince Noir.

Il a servi en France en 1346, à Crecy, où, il a combattu dans l'arrière-garde sous Richard Fitzalan, comte d'Arundel. En août 1350, il participe à la bataille navale de Winchelsea.

Lorsque les hostilités ont repris entre l'Angleterre et la France en 1354, Sir James était constamment présent auprès du Prince noir et a acquis une grande réputation de valeur.

 

À la bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356, il prend position devant l'armée anglaise et, après avoir longtemps combattu, est gravement blessé et emporté par le combat.

Après la victoire, le prince s'enquit de Sir James, qui fut amené à la tente royale, où Edward lui dit qu'il avait été le chevalier le plus courageux de son côté, et lui accorda une rente de cinq cents marks. Sir James a fait ce cadeau aux quatre écuyers qui l'avaient accompagné pendant la bataille et a reçu du prince une nouvelle pension de six cents marks.

 

Une variation de cette histoire déclare qu'après avoir félicité fortement ses quatre écuyers et attribuer son succès principalement à leur esprit d'entreprise, leur a fait le don de cinq cents marks. Cet acte de générosité venant à l'oreille du prince Edward, et, approuvant ce qu'il avait fait, confirma l'octroi aux écuyers, attribuant à sir James un loyer annuel de six cents marks.

 

En 1359, il fut l'un des chefs d'une expédition en France.

En 1360, il prend la forteresse de Chaven en Bretagne, ainsi que le château de Ferté-sous-Jouarre, et est présent à Calais lors de la conclusion de la paix entre l'Angleterre et la France en octobre 1360.

Il est ensuite gouverneur d'Aquitaine et grand sénéchal de Poitou, et a participé à la prise de la ville de La Roche-sur-Yon par Edmund, comte de Cambridge.

Il est mort en 1369 à Fontenay-le-Comte, où il était allé résider, et a été enterré à Poitiers.

(2) Aujourd'hui Mortagne-sur-Sèvre (Vendée), arrondissement de la Roche-sur-Yon.

(3) Aujourd'hui hameau de la commune de Verrue (Vienne), arrondissement de Loudun. canton de Monts-sur-Guesnes.

(4) Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), arrondissement de Montmorillon, a environ 30 kilomètre, de la Roche-Posay et 41 kilomètres de Poitiers,

(5) Froissart, Siméon Luce, t. VII, p. 198-199.