le port de Niort Portus Niortensis

Au commencement du VIe siècle, la mer, en se retirant, mit à découvert tout le territoire des environs de Maillezais. L'on vit naître, pour ainsi dire, la rivière de la Sèvre, dont le cours se dessina parfaitement, avec cette particularité qui la distingue des autres rivières, que son lit est plus profond en remontant vers sa source, qu'en s'approchant de son embouchure.

Au IXe siècle, le commerce de Niort fut plus d'une fois inquiété, suspendu, par les Normands qui jetaient de fréquentes alarmes sur les côtes occidentales de la France. Leurs flottes, composées de barques légères, bravaient les tempêtes de l'Océan, et pénétraient partout dans l'intérieur des terres.

Pour renvoyer ces barbares, on les combla d'abord de présents ; mais acheter ainsi la paix de gens insatiables de rapines, c’était leur faire désirer de recommencer la guerre. Une plus sage politique indiqua des moyens plus surs de se garantir de ce fléau : on éleva des forts, soit à l'embouchure de la Sèvre, soit à Niort même, soit dans les environs, comme le château de Salbar, le château de Beaulieu près de Mairé.

La ville de Niort fut elle-même ceinte d'une forte muraille, qui la mit à l'abri d'un coup de main.

 Les Normands, dans leurs incursions fréquentes dans le Poitou, n'osèrent point s'attaquer à Niort; ils le jugeaient hors de leurs atteintes, et ils cherchaient des proies plus faciles.

la rivière de la Sèvre- Port de Niort

A la fin du XIIIe siècle le port est en pleine activité. Ses gabares descendent la Sèvre jusqu’à Marans, et leur chargement de vin ou de laine prend place sur les vaisseaux marchands qui l’emportent jusque dans les Flandres.

Alphonse de Poitiers, à qui Niort est échu en apanage avec son comté de Poitou, en 1241, a compris l’intérêt de cet arrière-port maritime. Non seulement il y a vu une source de prospérité pour une des villes les plus riches de ses domaines, mais il a trouvé un moyen commode de centraliser ses recettes de grains en se servant de la Sèvre, la seule voie, avec la Vendée, véritablement praticable dans le Bas-Poitou. (Fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille, il tient son prénom, inhabituel pour la dynastie capétienne, de son grand-père maternel Alphonse VIII de Castille. Il reçoit en 1225, par testament de son père, le comté de Poitiers, la Saintonge et une partie du comté d'Auvergne en apanage.)

Déjà, cependant, le lit du fleuve commence à s’ensabler, le port à nécessiter des réparations, car Alphonse ordonne une enquête ou l’évêque de Maillezais, aussi intéressé que son suzerain au bon entretien de navigation, est invité à  se faire représenter.

Mais cette information sur « l’ancienneté » du port de Niort, destinée probablement à établir les droits respectifs des deux seigneurs, et partant leur part contributive aux travaux semble rester sans résultat. Le mal ne fait qu’empirer.

Les efforts de Philippe le Hardi sont poussés plus loin. Des lettres du 5 mai 1285 établissent un péage de 100 ad valorem sur toutes les marchandises importées ou exportées de Niort à Marans par la Sèvre, et de 60 sols de « coutûme » sur chaque navire chargé. Les deux tiers de l’impôt entrent dans le trésor royal, le troisième tiers est abandonné au maire de la commune de Niort pour refaire le canal navigable est construire un port (2).

  • « De portu Niortensi ordinatum est ita quod duos inquiratur, quorum vos unum discretum et fidelem apponatis et abbas et Mallezai alium, qui inquirant utrum portus Niortensis fuerit ab antiquo, et hoc fiat infra Assumptionem Beate Virginis, et quid per inquestam inventum fuerit nobis infra dictum terminum rescribatis. » Arch. Nat., J. 1034, 22. Publ. Fac-simile de l’Ecole des Chartes, p.61
  • « Et de omnibus et singulis rebus supra dictis, volumus solvi domino regi duas partes et majori et communie de Niorto pro refectione alveorum dicti fluvii Separis et pro constructione dicti portus… tertiam partem. » Arch. Com. De Niort, n° 483. Publ. Goujet. Le Commerce à Niort, p.94.

Ce havre s’ouvre au pied même du Château, sans doute dans l’estuaire marécageux ou le Merdusson déverse les eaux Bouillounouse et des deux coteaux de Notre-Dame et de Saint-André. A mesure que l’apport des sources et des eaux pluviales diminue, le port s’envase et les immondices que charrie le Merdusson le comblent peu à peu. En 1377, lorsque le duc de Berry voudra rendre au port de Niort son antique prospérité, il abandonnera le vieux bassin, et fera creuser un nouveau havre sur l’autre rive de la Sèvre, derrière le fort Foucaud.

Niort_Vue_d'un_chateau_fort_[

« le hâvre de Niort était autrefois en cette ville proche le château en un lieu appelé Grenier, dans lequel entraient les bateaux par une porte qui est bouchée ; l’arceau parait encoire. » Mémoire des maires et échevins, 15 déc. 1729. Arch. Com. De Niort, n° 499. Publ. H Proust Dépenses et revenus, I, p. 196.

En creusant les fondations de l’ancien abattoir, rue Brisson actuelle, en 1803, on mit à jour un pavement, qui parut au préfet Dupin ressembler à celui d’un bassin. Dupin. Statistique des Deux-Sèvres, p. 206. Plus tard, en 1868, pendant la construction du marché couvert actuel, les ouvriers découvrirent au même endroit une hache en pierre polie brisée, qui fut acquise par feu Paul Frappier. L’objet, de grandes dimensions à la forme d’une doloire.

Quant au terme de grenier, on retrouve dans un aveu de 1663. Le palais de justice y est confronté du devant à la rue du Pont  « et par le derrière sur le grenier » du château. Arch. Nat., P 533. Le grenier était sans doute la partie du château ou le comte emmagasinait ses grains. Dans les Comtes d’Alphonse, il est constamment question du blé en dépôt dans le grenier de Niort, « in guernerio Niorti ».

En 1493, un comte de réparations au château fait encore mention de la porte par laquelle « l’on sault au port de Nyort ». Arch. Hist. Du Poitou, XX, p. 297.

 Origine du pagus niortensis ( Niort ) <==.... ....==> Niort l’ancien castellum incendié en 1104 et reconstruction du Donjon Poitevin Plantagenêt.

 

 

 


 

 

les Normands (Vikings) envahissent la Vendée, Pillent les églises et les monastères

Dès le milieu du IX e, leurs attaques se sont faites plus pressantes en raison de leur installation sur des îles proches du rivage, telles Noirmoutier, leur permettant de s'attaquer aux zones limitrophes et de faire pénétrer leurs navires à l'intérieur des terres par l'intermédiaire des rivières.

 

Fontenay le Comte - Terrasse du parc Baron - Panoramique du Temps - Alphonse de Poitiers maître du Poitou

Les efforts des seigneurs poitevins pour éviter la guerre ne peuvent l'empêcher d'éclater. Louis VIII le lion , qui ne cherchait qu'une occasion d'attaquer les Anglais, profite du refus de Henri III Plantagenêt d'assister à son couronnement, comme il le devait en qualité de duc de Guyenne et de pair de France, pour s'emparer des villes occupées encore sur le continent par le roi d'Angleterre.