1202-1203, Jean sans Terre aide financièrement Hugues Parthenay Larchevêque qui renforce le château et la ville de remparts

En 1202-1203, Jean sans Terre aide financièrement Hugues I  Parthenay-Larchevêque qui renforce le château de Parthenay et entoure la ville de remparts plus puissants avec en particulier la Porte Saint Jacques.

Il fait aussi construire le château du Coudray-Salbart.

La ville de Parthenay, autrefois siège d'une puissante seigneurie, dont les limites embrassaient la Gâtine tout entière, est située dans cette pittoresque contrée du Bocage, théâtre de la lutte généreuse qui illustra les populations de l'Ouest, à la fin du siècle dernier.

Bâti sur un coteau escarpé au pied duquel coule le Thouet, Parthenay occupait une position admirable pour la guerre avant l'invention de l'artillerie : aussi le moyen âge en avait-il fait une place forte complète, construite suivant toutes les règles de l'art militaire de l'époque.

Malgré les sièges nombreux qu'il a soutenus et les destructions continuelles opérées par le temps et la main des hommes, on peut apprécier encore son antique importance en contemplant les ruines de ses remparts.

La rivière trace son lit en demi-cercle autour de son enceinte, et lui sert ainsi de première défense, puis une muraille continue, dont on peut suivre partout les traces, l'environnait de toutes parts en se reliant au château.

Quatre portes étaient pratiquées dans cette enceinte et sont encore les seules issues pour sortir de la ville.

Plan des fortifications et remparts de Parthenay

La plus remarquable est la porte Saint-Jacques (1) qui s'ouvre au nord. En 1202, le baron de Parthenay apporte son soutien à Jean sans Terre dans sa lutte contre le roi de France, Philippe Auguste. Le roi d’Angleterre verse d’importantes aides à son allié pour qu’il renforce les fortifications de ses châteaux

 

La porte Saint Jacques  a été construite au XIIIème siècle grâce au financement accordé par le Roi d'Angleterre Jean sans Terre.

Cette construction encore intacte est un beau spécimen de l'architecture militaire du moyen âge. Elle est flanquée de deux tours elliptiques d'une légèreté très- rare dans ce genre de monuments ; une large plate-forme, bordée de créneaux soutenus par d'élégantes consoles, couronne son sommet ; la rivière baigne ses pieds.

 

Un pont de pierres (P1), qui a remplacé depuis longtemps le pont-levis, vient aboutir à la porte et sert de communication entre la ville et 1e faubourg Saint-Jacques. La coulisse de la herse est très reconnaissable encore.

La porte du Bourg-Belay (18) située à l'est est presque anéantie, et ne présente, comme seul reste de soit ancienne existence, qu'une arcade voûtée en ogive.

La porte du Marchioux (15) au sud-est a complètement disparu. Sa destruction date du commencement de la Restauration; mais des vieillards en ont gardé le souvenir et en parlent encore avec admiration.

 L'accès de la place était plus facile de ce côté, et pour la défendre les seigneurs eurent soin de construire en avant des ouvrages de guerre plus formidables et d'une plus grande étendue qui, sans doute à cause de leur élévation et de leur importance, reçurent le nom de donjon. L'esplanade qui les a remplacés a conservé le même nom.

La Tour d’Harcourt (3)

La Bastille de Richemont (5) 1422 Angle sud-est du château

Probablement réalisée sur l'ordre d'Arthur de Richemont, cette construction massive protégeait l'entrée principale du château. Son plan, rectangulaire, intègre la tour est du front sud de l'enceinte du château. La construction est ouverte et ne comporte qu'un niveau, surmonté d'un chemin de ronde sur mâchicoulis. Des archères canonnières sont aménagées dans des niches.

À la fin du XV' siècle, la famille Dunois renforce cette bastille par la construction d'une nouvelle tour à l'angle sud-ouest et qui intègre la tour est de l'ancienne porte d'entrée. La nouvelle tour fait partie du système de franchissement, elle conserve, en effet, une feuillure du pont-levis. Elle comporte plusieurs niveaux de canonnières à la française et une cheminée.

 Elle est construite sur un glacis épousant l'escarpe du fossé Les sondages archéologiques, menés en 1986, 1987 et 1992, ont montré que le rocher a été profondément entaillé et nettoyé pour asseoir les structures du XV' siècle. Aucun dépôt archéologique antérieur n'a été identifié.

Rempart Square Rue Louis Aragon (14)

 

 Tour Poudrière (4)

Tour des prisons ou tour du Corps de Garde (8) 1 rue de la Citadelle

C'est l'unique tour fouillée. L'analyse des dépôts archéologiques a montré que, dès les XIV' et XV' siècles, la salle basse sert de dépotoir et de latrines. La grande salle, quant à elle, a subi des transformations au XV' siècle.

Tour Trilobée (9)

La porte du Sépulcre (10) au sud a également disparu. Sa destruction remonte à la même époque.

Toute la muraille d'enceinte du côté du couchant couronne le sommet du coteau. Rien de plus pittoresque que ces tours demi-cylindriques, interrompant d'espace en espace la monotonie du mur, et perchées, pour ainsi dire, sur ces escarpements inaccessibles qui se prolongent en pente raide et rocheuse jusqu'au lit que le Thouet s'est creusé dans le fond du vallon.

Aussi la ville est inabordable sur ce point et a dû braver jadis tous les efforts de l'ennemi.

Il n'en est pas de même au levant. C'était là le point faible de la place, parce qu'il ne s'y trouve aucune défense naturelle. Aussi depuis le donjon jusqu'à la rivière, on avait creusé deux fossés larges et profonds parallèlement à la muraille, et, pour augmenter encore les difficultés de l'approche, une ligne de travaux avancés avait été élevée entre les deux fossés.

La tête de ces ouvrages atteignait le bord de la rivière, non loin du Pont-Neuf, dans un endroit où l'on peut remarquer encore un bloc de maçonnerie.

 Tous ces travaux ont disparu, à l'époque de la Révolution, sous les remblais de la route de Niort à Saumur qui remplaça le premier fossé dans toute sa longueur.

C'est pourquoi, sur tout ce parcours, la route était appelée du nom de Fossés par les habitants de Parthenay qui en faisaient leur promenade favorite.

Aujourd'hui que cette route a changé de direction depuis la construction du Pont-Neuf et que le souvenir de l'ancien aspect des lieux s'est effacé, c'est le nom de Boulevard qui a prévalu.

L'emplacement du second fossé est occupé par des jardins bas situés entre la nouvelle route et le boulevard et par la promenade du Drapeau construite en 1812.

 Il y a quelques années, on a prolongé cette promenade, en y joignant le pré de la Paume, ainsi nommé, parce qu'autrefois on avait comblé en cet endroit le second fossé pour y établir un jeu de paume.

Depuis le donjon jusqu'à la porte du Sépulcre, les fossés ont fait place au champ de foire, et à une petite promenade plantée avec beaucoup de goût depuis l'année 1800 environ.

La muraille continue, dont nous venons de suivre la trace, était garnie de vingt tours encore subsistantes, de différentes grosseurs et plus ou moins bien conservées, sans compter celles qui ont disparu.

 

 

 

 

Voici leur disposition :

 Dix tours, depuis la porte Saint-Jacques jusqu'à celle du Bourg-Belay; trois, depuis cette dernière jusqu'au donjon; trois, depuis le donjon jusqu'à la porte du Sépulcre; six, depuis la porte du Sépulcre jusqu'au château; deux, depuis le château jusqu'à la porte Saint-Jacques.

Aujourd'hui ces tours et cette muraille, qui défendaient jadis la cité .féodale, soutiennent des terres de jardins. Des terrasses plantées d'arbres fruitiers ont remplacé les créneaux et le chemin de ronde qui retentirent si longtemps des cris de guerre des hommes d'armes des Larchevêque, des Richemont et des Longueville.

Outre l'enceinte extérieure, il en existait intérieurement une deuxième encore parfaitement reconnaissable, se reliant à la première ainsi qu'au château.

C'était, pour ainsi dire, une seconde forteresse placée au milieu de l'autre. On l'appelait la citadelle. Sa position, sur une espèce de promontoire, ne tenant, pour ainsi dire, à la ville que par un isthme, donnait à la garnison la faculté de se renfermer et de soutenir avantageusement un second siège, si la première enceinte venait à être emportée d'assaut.

 Au couchant et au nord, la profonde vallée du Thouet ; au levant, le vallon où se trouve la basse ville isolaient complètement la citadelle du reste de la place.

Au sud, sur l'isthme qui la rattachait à la ville, l'accès de la citadelle était défendu d'une manière formidable par une porte énorme d'une grande hauteur, accompagnée de deux tours elliptiques faisant saillie, comme à la porte Saint-Jacques. L'ensemble de cette construction massive, dont l'aspect est sévère et imposant, a reçu les noms de Porte de la Citadelle et Tour de l'Horloge.

C'est, en effet, sur sa plate-forme, aujourd'hui complètement défigurée par une ignoble toiture, qu'est placée l'ancienne horloge de la ville. Les créneaux et les mâchicoulis qui la couronnaient ont disparu depuis longtemps, probablement à l'époque de la prise de Parthenay par Charles VIII, ou plutôt à l'époque du démantellement des forteresses ordonné par Louis XIII.

Une double herse, ainsi qu'on peut le voir par les coulisses subsistantes, fermait le passage voûté en ogive qui traverse la tour pour conduire dans la citadelle.

La porte de l'Horloge, de même que celle de Saint-Jacques, est un précieux reste des fortifications de notre ville.

Il est regrettable que les maisons adossées à ses flancs en obstruent les abords et dérobent à l'œil de l'observateur la majesté de sa masse. D'une solidité à toute épreuve, elle bravera tous les siècles futurs, si le vandalisme ne vient pas la détruire, sous prétexte d'utilité publique comme il en a abattu tant d'autres.

C'est à la Tour de l'Horloge (2) que commençait la deuxième enceinte, dite de la Citadelle, pour aller se relier, d'une part, à la muraille extérieure, et de l'autre au château, en couronnant de ses tours et de ses courtines la crête du coteau qui domine la basse ville.

Enfin, le château, proprement dit, occupait l'extrémité du promontoire et terminait ainsi le système de fortification si habilement combiné pour la défense de Parthenay.

Son mur d'enceinte, quoique peu étendu était garni de six tours beaucoup plus fortes que celles de la ville et contenant des chambres voûtées. Là était l'habitation des puissants barons de Gâtine. Trois tours en ruines, seuls débris de cette résidence seigneuriale, subsistent encore.

 Avant les démolitions accomplies en 1831, on pouvait y contempler des vestiges considérables, capables de donner une idée assez exacte de l'antique disposition du château.

Il affectait à peu près la forme d'un parallélogramme. La porte d'entrée, construite dans le genre de celle de l'Horloge, était placée à un angle, dans l'endroit où se voient encore les restes de l'un des deux massifs qui l'accompagnaient.

Un pont-levis, jeté sur le fossé, servait de communication entre le château et la citadelle. La tour la mieux conservée sert actuellement de poudrière. C'est entre cette tour et la porte qu'était construit, sur le bord du fossé, le corps de logis, servant d'habitation aux seigneurs.

Enfin, plus loin, à l'angle correspondant à la porte, les flancs entr'ouverts et à demi-écroulée, se dresse la tour célèbre, théâtre de la mort tragique de Jacques d'Harcourt.

Toutes les constructions militaires qui enlacent notre ville portent en elles le cachet de leur origine : elles remontent au douzième siècle.

Telle était, au moyen âge, la ville de Parthenay, l'une des places de guerre les plus importantes du Poitou, et qui, par suite, a grandement marqué dans l'histoire de cette province.

 Juvénal des Ursins n'était donc pas au-dessous de la vérité quand il disait, au XVe siècle, qu'il y avait « trois paires de fossés et trois paires de mur en la ville , » et lorsqu'il ajoutait qu'elle était réputée « imprenable. »

Fondateurs et maîtres d'une citadelle aussi forte, les Parthenay-Larchevêque et les barons qui leur succédèrent étendirent leur puissance souveraine, durant bien des siècles, sur toute la Gâtine.

Cette contrée, dont Parthenay était, comme on disait autrefois, la capitale, occupe le centre du Poitou et forme la partie intermédiaire de la province qui relie le Haut-Poitou au Bas-Poitou, circonscriptions auxquelles on la rattachait indifféremment (1).

Couverte de bois et coupée par de nombreux accidents de terrain, la Gâtine, malgré le déboisement qui s'y est opéré depuis un demi-siècle, offre encore à l'œil du voyageur l'aspect le plus pittoresque, et la nature en certains lieux s'y revêt de beautés inattendues. Une chaîne de collines, formant le plateau de Gâtine, la traverse du sud-est au nord-ouest.

C'est de ces hauteurs que descendent trois rivières, le Thouet, la Sèvre-Nantaise, la Vendée, et une multitude de petits cours d'eau qui sillonnent le pays dans tous les sens et contribuent beaucoup à la fertilité de ses pâturages.

 

 

 

 

 ==> Les Sires de Parthenay et la Gâtine pendant la première période de la Guerre de cent ans (Time Travel)

 

 


 

Le château du Coudray-Salbart et la légende de Mélusine

L'homme, de tout temps, a recherché par instinct le merveilleux, et, lors même qu'il ne peut croire, il aime à élever son esprit au -delà des réalités qui chaque jour frappent ses sens.

 

En 1214, de Parthenay, les troupes de Jean sans Terre partent à la Conquête de Nantes

Jean sans Terre couronné roi d'Angleterre à la mort de son frère Richard Cœur de Lion, règne de l'Ecosse au Pays basque. À l'automne 1204, les armées du roi de France mettent le siège devant la forteresse de Chinon. Philippe Auguste prendra le château le 23 juin 1205, après un siège de neuf mois.

 

(1) Un arrêt du conseil du 16 avril 1670 déclara que la ville de Parthenay ferait partie du Haut-Poitou, et que le Thouet serait la ligne de démarcation entre ces deux divisions de la province.