Château d'Angles-sur-l'Anglin - Guillaume Gouge de Charpaignes Evêque de Poitiers (1441-1448) par Robert FAVREAU

Tout au long du XVe siècle de fortes personnalités se sont succédées à la tête de l'évêché de Poitiers. Certaines d'entre elles sont bien connues, tels le cardinal Simon de Cramaud, le patriarche d'Antioche Jacques Jouvenel des Ursins, ou encore le fastueux Pierre d'Amboise (1).

Bien que plus dispersés et moins abondants, les documents ne manquent pas pour suivre la carrière des autres évêques poitevins du XVe siècle, telle celle de Guillaume de Charpaignes, prélat peu connu (2) mais qui mérite, tant pour son rôle politique non négligeable que pour son activité de bâtisseur, d'avoir une place mieux éclairée dans la longue suite des évêques de Poitiers.

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Guerre de cent ans dans le Poitou, château d'Angle sur l'Anglin (2)

La famille Gouge de Charpaignes était originaire de Bourges.

L'installation du duc Jean de Berry à Bourges la lança dans la vie politique du temps. Receveur des aides en Poitou et secrétaire du duc dès 1388-1389 (3), Jean Gouge fut ensuite trésorier général en 1400-1401 (4). Il mourut en 1402, laissant deux fils et deux filles.

L'aîné des garçons, Martin, se fixa en Berry, le second, Guillaume, entra dans le clergé et mourra évêque de Poitiers.

 

Leur oncle, Martin Gouge, fut pourvu, le 23 août 1402, de l'office de lieutenant général des finances du comte de Poitou (5), avant d'être nommé évêque de Chartres puis de Clermont (6).

 Il suivit dès 1418 la fortune du dauphin Charles qui le nomma son chancelier le 3 février 1422, poste qu'il garda lorsque le dauphin devint roi et jusqu'en 1428 (7).

C'est sous le haut patronage de son oncle que Guillaume fit probablement ses premières armes. Il fut nommé maître des requêtes de l'hôtel en remplacement de Nicolas Fraillon par lettres du 22 novembre 1422 (8) quelques mois après l'arrivée de son oncle à la chancellerie.

Nous savons par ailleurs qu'il était licencié en lois (9). Il fut aussi nommé conseiller du roi au Parlement (10) et des lettres royaux du 11 août 1424 lui confirmèrent cette charge, bien qu'elle fût normalement incompatible avec celle de maître des requêtes (11).

Les pièces originales de la Bibliothèque nationale conservent deux quittances signées de sa main pour ses gages de conseiller et maître des requêtes en 1437 et 1438 (12).

Lorsqu'il fut élu évêque de Poitiers il laissa son office de maître des requêtes à son neveu Jean, archidiacre de Saint-Flour en l'église de Clermont (13).

La carrière de Guillaume de Charpaignes ne paraît pas avoir été affectée par la disgrâce provisoire de son oncle en 1425 (14), mais son rôle reste encore modeste à cette époque. Il est cité au milieu d'autres membres du Parlement qui assistent à la séance d'établissement de l'Université de Poitiers le vendredi 1er février 1432 (n. st.) au chapitre de Saint-Hilaire-de-la-Celle à Poitiers, et à la séance inaugurale du cours de droit le 11 février (14 bis).

 En août 1438 il est commis par lettres du roi, ainsi que m. Guillaume Bastard, pour examiner les comptes du dixième de la ville de Poitiers (15).

Sous-chantre et chanoine de Poitiers, il reçoit, en juin 1439, procuration du doyen et du chapitre pour régler un procès entre le chapitre et un chanoine de la Sainte-Chapelle de Bourges, Jean Louis.

Celui-ci possédait une des quatre prébendes du chapitre de la cathédrale à Montgamé (16), et prétendait en percevoir les fruits sans faire résidence et sans payer sa quote-part des frais payés par le chapitre.

Or justement le chapitre venait de faire à Montgamé des réparations importantes, et y avait élevé une nouvelle forteresse qui avait coûté 2000 livres, tandis qu'était en outre en cours la construction d' « ung très bel portal et notable ».

Début août Guillaume de Charpaignes se rendit à Bourges, et y conclut, le 17 août 1439, un accord avec Jean Louis qui renonçait à toucher les fruits de la prébende pour ne pas avoir à participer aux frais, et devait à nouveau toucher les revenus et participer aux dépenses à partir de 1440 (17). Il devait s'assurer une nouvelle raison de reconnaissance de la part du chapitre en obtenant du roi, à Clermont, — où il retrouvait son oncle Martin —, des lettres confirmant les privilèges de l'église de Poitiers (18).

 

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Guerre de cent ans dans le Poitou, château d'Angle sur l'Anglin (4)

Hugues de Combarel, successeur de Simon de Cramaud au siège épiscopal de Poitiers, mourut en 1441.

 Guillaume de Charpaignes fut alors élu par le Chapitre. Bien que l'évêché de Poitiers fût suffragant de l'archevêché de Bordeaux, c'est le primat Henri d'Avaugour, archevêque de Bourges, qui confirma le nouvel évêque, le 17 mai 1441.

Guillaume avait avancé les dangers de la route de Bordeaux, les courses des ennemis, les inondations de la mer et les ravages de la guerre en Bordelais, pour ne pas se rendre à Bordeaux (19). Il semble bien qu'il n'en essayât pas moins d'obtenir la confirmation de l'évêque de Bordeaux.

 Un plaidoyer au Parlement de Paris, le 14 janvier 1452 (n. st.), indique que celui-ci, sollicité par Guillaume de Charpaignes, aurait refusé de confirmer l'élection, et que le nouvel évêque n'aurait pas dépensé moins de 400 écus pour envoyer à Rome et obtenir confirmation du pape (20).

En tout cas Guillaume de Charpaignes a certainement été en possession effective de son siège dès son élection, et de suite il joua un rôle politique important.

 

 La révolte de la Praguerie venait en effet à peine de se terminer.

C'est en poursuivant les derniers rebelles en Auvergne que Charles VII s'était trouvé en juin 1440 à Clermont où le futur évêque obtint de lui des lettres en faveur de l'église de Poitiers, et c'est peut-être là que Guillaume de Charpaignes fut chargé des négociations avec un des principaux chefs de la Praguerie, Jean de La Roche, en vue de ramener la paix.

Il fit plusieurs voyages auprès de Jean de La Roche et autres capitaines, en divers lieux, et il envoya à ses propres frais à Paris maîtres Jean d'Etampes et Léon Guérinet (21) pour rendre compte au roi de ses démarches et l'informer de l'appointement qu'il avait conclu avec ces capitaines.

Des lettres royaux du 8 juin 1443 ordonnèrent au receveur des aides en Poitou, Pierre Percaut, de payer à l'évêque la somme de 980 livres tournois pour l'indemniser de ses frais et des 200 livres payées par lui à ses deux envoyés, et pour lui tenir lieu de salaire « pour avoir esté, en compaignie des esleuz d'iceluy pays (de Poitou) à mectre sus plusieurs aide » (22).

Outre qu'il complète nos informations sur les négociations avec Jean de La Roche, cet acte nous montre donc Guillaume de Charpaignes chargé, à titre de commissaire royal, de la répartition des aides en Poitou. Il a participé à nouveau à ce rôle de représentant du roi auprès des Etats provinciaux qui votaient les subsides, rôle fréquemment confié aux évêques et notables des provinces en question.

 Sa présence est attestée aux réunions des Trois Etats de Poitou de février 1446 et janvier 1447 (23).

Plus limité est l'arbitrage qui lui est confié par les lettres royaux du 13 avril 1442, ainsi qu'au poitevin Jean Rabateau, président au Parlement de Paris, et au sénéchal de Poitou ou à son lieutenant : il ne s'agit que d'un procès entre le procureur du roi en la sénéchaussée et les religieux de Montierneuf à propos de l'étendue du fief et de la juridiction de l'abbaye, conflit mineur, sans doute, mais qui, malgré l'intervention de ces commissaires haut placés, ne se termina qu'en 1451 (24).

A la suite de la création d'une armée permanente par le système des compagnies de l'ordonnance du roi, des lettres patentes, données à Loupy-le-Château en Barrois, le 26 mai 1445, réglèrent la première installation en Poitou des nouvelles compagnies.

Guillaume de Charpaignes fut nommé par le roi commissaire pour mettre à exécution cette répartition (25).

Nous le retrouvons comme commissaire du roi deux ans plus tard. Jean Bureau, trésorier de France, avait été chargé en 1446 d'une réforme générale en Poitou.

Il s'avéra que les abus étaient si nombreux qu'il était pratiquement impossible de les reprendre les uns après les autres, et les gens des Trois Etats de Poitou composèrent pour une amende globale de 18 000 livres, en suite de quoi le roi donna, à Montil-lès-Tours, en mars 1447, des lettres d'abolition générale (26).

Le 24 mai 1447 de nouvelles lettres royaux données à Bourges chargèrent l'évêque Guillaume Gouge de Charpaignes, le président en Parlement Jean Rabateau, et Jean Bureau, de répartir les amendes et de faire contraindre ceux qui refuseraient de se soumettre aux taxes.

Les commissaires commencèrent aussitôt à besogner, et, dès le 1er juin ils nommèrent Jean Bastier receveur de cette composition de 18000 livres (26 bis). C'est peut-être au cours de cette commission de réforme que l'évêque et Jean Rabateau furent reçus en de grands dîners, en octobre 1446, par le lieutenant général de la sénéchaussée, Maurice Claveurier, puis par le maire de Poitiers, me Jean de La Faiole, pour le fait de la gabelle dont était menacé le Poitou, traditionnellement pays du quart du sel (27). L'assistance de l'évêque fut encore requise par la ville en juillet 1447 pour obtenir des habitants du quartier de Saint-Hilaire qu'ils paient la taxe du dixième du vin vendu au détail (28).

 

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Guerre de cent ans dans le Poitou, château d'Angle sur l'Anglin (3)

A côté de ce rôle politique notable, les textes permettent de se représenter l'administrateur du diocèse.

Guillaume de Charpaignes est cité à plusieurs reprises dans l'administration du temporel : aveu rendu le 17 juillet 1442 à l'évêque par Hélie Dubois, seigneur de Volvire, pour la terre de Lezay relevant de l'évêché à cause du château de Celle-l'Evescault (29), paiement, le 20 novembre 1444, par l'abbé de Montierneuf à Jean Potereau, receveur de l'évêque, de 12 sols tournois dus par lui à chaque mutation d'évêque, pour quelques héritages sis en la paroisse de Chiré (30), autorisation donnée le 20 février 1446 (n. st.) à Pierre Claveurier, capitaine de la terre épiscopale de Dissay, de construire un colombier sur ses terres (31).

On ne peut en inférer une action personnelle de l'évêque. Un procès de juridiction entre la cour royale et la cour ecclésiastique montre par contre directement en l'évêque un homme d'action, sinon un modèle de douceur évangélique.

Un prêtre du diocèse de Maillezais, Jean Mativier, avait été inquiété pour ses pratiques de sorcellerie et emprisonné par l'évêque. Il s'échappa, ne fut pas poursuivi et changea son ancienne cure contre celle de Mazerolles (32) en Poitou.

Aux états provinciaux de Thouars, en février 1446, Guillaume de Charpaignes entendit de nombreuses plaintes contre Mativier, et il demanda à l'abbé de Nouaillé, seigneur de Mazerolles, de faire saisir le curé. Ce dernier fut enfermé à Nouaillé et torturé. L'évêque avoua la prise, se rendit en personne à Nouaillé, « accompagné de bien 80 hommes armés et embastonnés » et emmena le curé qui fut placé dans la prison épiscopale à Poitiers. Les parents et amis de Mativier obtinrent des lettres royaux pour qu'il fut délivré ou au moins transféré dans les prisons du roi.

 L'évêque refusa d'obtempérer au sergent royal chargé de l'exécution de ces lettres, « dit qu'ils le gehenneront encore plus », et peu après se rendit à la prison en compagnie de l'abbé de Nouaillé, « et avec le geolier le gehennèrent énormément ».

Il fallut de nouvelles lettres royaux, et un commissaire mieux placé, à savoir me Pierre Claveurier, frère (33) du lieutenant général de la sénéchaussée, pour, en l'absence de l'évêque d'ailleurs, faire ouverture des prisons malgré l'opposition des officiers de l'évêché.

Le curé de Mazerolles transféré dans les prisons du roi, Guillaume de Charpaignes demanda qu'il lui soit rendu en tant que « chargé de sortilège », cause réservée à la juridiction ecclésiastique, avec tant d'insistance que le lieutenant général, me Maurice Claveurier, le lui accorda, mais alors les parents et amis de Mativier interjetèrent cette fois appel de Claveurier, d'où le procès au Parlement qui nous restitue ces détails (34).

 

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Guerre de cent ans dans le Poitou, château d'Angle sur l'Anglin (5)

Les registres du Parlement de Paris, mine précieuse de renseignements sur la vie de l'époque, nous ont en outre permis de retrouver le long procès que poursuivit Jacques Jouvenel des Ursins contre les héritiers de son prédécesseur sur le siège épiscopal, procès qui fournit des renseignements fort intéressants sur l'activité de Guillaume Gouge comme bâtisseur (35).

Déjà Martin Gouge de Charpaignes avait été mis en procès par son successeur à l'évêché de Chartres, Philippe de Bois-Giloud (36), qui lui réclamait une somme importante « pour les réparations des édifices et maisons » de l'évêché de Chartres. Martin composa pour une somme de 3430 livres, le 12 février 1417 (n. s.). Dès la reprise de Chartres les exécuteurs testamentaires de Philippe de Bois-Giloup poursuivirent Martin Gouge devant le Parlement siégeant à Poitiers pour le restant des sommes à payer, soit environ la moitié de la somme promise. Guillaume hérita de tous les biens de son oncle (37), et du même coup de ce procès qui ne fut réglé qu'en mars 1450 (n. st.), date à laquelle il fut reconnu que Martin avait bien payé tout ce qu'il devait. Semblable procès sur le temporel de l'évêché fut intenté par le nouvel évêque de Poitiers, Jacques Jouvenel des Ursins, aux héritiers de Guillaume de Charpaignes, les trois fils de feue Jeanne de Charpaigne, sa sœur, représentés par leur père Jacques de Montmorin, chevalier, bailli de Saint-Pierre-le-Moustier.

L'importance des revenus d'un évêque avait pour contre-partie l'obligation d'assurer l'entretien du patrimoine : comme le constate l'avocat de Jacques Jouvenel, l'évêque est tenu aux réparations et s'adresse à ses prédécesseurs si bon lui semble (38).

L'avocat de Jouvenel formula deux accusations, la première contre feu Guillaume de Charpaignes, qui aurait, selon lui, « receu dudit éveschié moult belles revenues, et laissié de cheoir et en ruyne les édifices dudit eveschié », le second contre Jacques de Montmorin qui, alors qu'il y avait « moult belles utencilles et artilleries ès chasteaulx dudit eveschié », avait dès la mort de Guillaume « prins et emporté lesd. utencilles et artilleries, voire les fenestres et verrières ».

 Les héritiers de Guillaume étaient, en conséquence, sommés de restituer les biens emportés, et de payer la coquette somme de 18000 écus correspondant aux réparations non faites (39).

La défense se retourna contre les héritiers d'Hugues de Combarel, l'évêque de Poitiers, précédesseur de Guillaume de Charpaignes, mais surtout opposa les travaux faits par Guillaume dans tout le temporel, travaux évalués à 35 000 écus d'or.

Le demandeur avait fait le compte de ce qu'il avait trouvé en ruine, non des réparations faites. Celles-ci étaient nombreuses, toute la province étant, dans cette première moitié du XVe siècle, exsangue à la suite de la guerre étrangère et des guerres civiles.

 

 

 

Les domaines de l'évêché comprenaient alors « X ou XII lieux, dont IIII principaulx », qui étaient probablement Chauvigny, Angle, Dissay et Celle-l'Evescault (40).

Angles-sur-l’Anglin, château, armoirie de Hugues de Combarel (3)

1 — A Angle, pointe extrême du temporel à l'est, le puissant château épiscopal dominait la vallée de l'Anglin.

Guillaume de Charpaignes y fit faire « ung pand de mur tout neuf et belles chambres et plusieurs autres réparations ».

 Ses armoiries, d'azur à la fasce d'or accompagnée en chef de deux croissants d'argent avec une étoile d'or entre deux et en pointe un autre croissant, figurent encore aujourd'hui sur une des tours du château (41).

2 — Archigny, au nord de Chauvigny, fut mis « tout à neuf » et la réparation des édifices coûta à l'évêque 300 livres (42).

3 — A « Bessaigue », les gens du chef de bande Jean de La Roche avaient coutume de se retrancher dans l'église, et les dégâts y avaient été tels que la remise en état de l'édifice coûta à Guillaume de Charpaignes 3 à 400 écus d'or (43).

4 — Celle-l'Evescault, près de Lusignan, était un des « lieux principaux » du temporel. L'évêque y fit construire des moulins et une forteresse « tout neufz », qui lui coûtèrent de 7 à 8000 francs (44). Il songea à agrandir le temporel par l'achat de Château-Larcher, situé à peu de distance de Celle-l'Evescault, et se rendit même sur place vers 1447, mais le château était assez délabré et l'affaire n'alla plus loin (44 bis).

Notice Historique sur le château Baronnial des évêques de Poitiers à Chauvigny et les fouilles archéologiques.

Les mentions les plus anciennes de l'existence du " Château de Chauvigny " se trouvent dans des chartes remontant aux environs de l'an Mil, 992 (1) et 1025 (2). A la lecture du deuxième de ces documents il apparait que le château appartenait déjà à l'évêque de Poitiers, dont il pourrait bien être l'œuvre.

5 — Chauvigny constituait le plus important fief épiscopal, et sa possession seule aurait suffi à mettre les évêques de Poitiers au range des grands seigneurs de la province.

Mais sur le promontoire commandant le passage pas moins de quatre châteaux s'étaient accrochés dès le haut moyen âge : château épicospal, château d'Harcourt, château de Mauléon, château de Gouzon (45). Le principal était celui des évêques ; cependant malgré les nécessaires ménagements entre ces co-propriétaires de la butte, des difficultés ne pouvaient manquer de se produire entre les châteaux.

 Les châteaux de Mauléon et de Gouzon avaient déjà été acquis par les évêques de Poitiers. Guillaume de Charpaignes s'employa à éliminer le vicomte de Châtellerault dont le donjon jouxtait celui des évêques. Il dut longuement négocier, et dépensa plus de 1000 livres au paiement de ceux qui « traictèrent la besoigne ».

Jean VII d'Harcourt venait, le 17 décembre 1445, d'échanger avec Charles Ier d'Anjou, sa vicomté de Châtellerault pour la baronnie de la Ferté-Bernard ; le 27 mars 1447 il vendit également à Charles d'Anjou, pour 6000 écus d'or comptant, « le chastel, terres et seigneuries d'Arcourt assis à Chauvigny » (46). Charles d'Anjou n'avait aucune attache de tradition avec Chauvigny, et il ne se refusa pas à un échange qui lui permettait de regrouper ses terres autour de Châtellerault. Le contrat d'échange fut passé le 21 mai 1447, l'évêque étant assisté par maître Jean Pelant, chantre et chanoine de l'église cathédrale, représentant le chapitre ; Jean d'Harcourt usufruitier du château, avait donné son consentement, et Charles Ier d'Anjou ratifia le traité le 16 août 1447. Guillaume de Charpaignes acquérait le château d'Harcourt, — « qui vault de revenue environ VIIC frans » —, et les terres de Conflans et de la Pérate. Il versait comptant 4000 écus, et remettait au vicomte de Châtellerault » certaine terre qui ne valoit environ que IIe frans », à savoir Thuré, Saint-Christophe et la Tour-d'Oiré (47). Signalons toutefois que la partie adverse contesta absolument l'utilité de cette acquisition, affirmant que le châteaux d'Arcourt — qu'elle déclarait s'appeler en réalité « le chastel Achart » — n'était qu'un « vieil chastel ruineux tenu en plein fief lige de l'évesque » et de mince revenu.

6 — Dissay et Vendeuvre (48), au nord de Poitiers, étaient démolies depuis longtemps. Il y fut fait « plusieurs réparations ».

7 — A Mirebeau une des cures était à la nomination de l'évêque de Poitiers, qui avait dans la ville un hôtel. Guillaume de Charpaignes remit en état cet hôtel « bien ancien », qui était en ruine « passé a IIe ans », selon la formule employée partout par l'avocat de la défense (49).

8 — A Poitiers l'évêque fit fondre pour sa cathédrale « deux cloches toutes neufves », et donna chapes et chasubles, ce qui lui coûta au total 3000 écus. Il fit paver tout l'hôtel épiscopal et effectua dans l'hôtel de grosses réparations qui montèrent à plus de 2000 écus (50).

 Par ailleurs nous savons que, le 9 février 1444, Guillaume de Charpaignes, représenté par Jean Rousseau, son fondé de pouvoirs, chargea Denis Lasne, verrier à Bourges, de garnir de vitres blanches les fenêtres de la grande salle de son évêché, et demanda à Jaquin de Besinghen, demeurant à Boulogne, et à Jean Le Pelletier, de Paris, d'autres vitres pour sa chapelle particulière (51).

9 —A Savigny-l'Evesvault enfin (52), lieu « abatu par ceulx de Poictiers du temps des guerres », l'évêque bâtit une grange et d'autres édifices.

En outre le plaidoyer cite deux autres lieux non précisés, où l'évêque fit faire, dans l'un, démoli depuis deux cents ans, de « grandes réparations », dans l'autre des greniers qui coutèrent 400 écus. Cet ensemble parait plaider éloquemment la cause de Guillaume de Charpaignes. C'est aussi la thèse qui prévalut en fin de compte puisque ce procès, qui traîna encore trois ans et demi, se termina par un accord en Parlement, le 24 juillet 1455.

Par cet accord le procureur des Montmorin, qui n'était autre que Jean de Charpaignes, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel, archidiacre de Saint-Flour, neveu de Guillaume de Charpaignes, obtint que les héritiers de l'évêque défunt seraient tenus quittes de toutes poursuites contre le paiement de 1000 livrs tournois (53).

(50) La Gallia christiana dit que Guillaume de Charpaignes fit faire à ses frais « campanam majorem », et l'abbé AUBER, dans son Histoire de la cathédrale de Poitiers, Mém. Soc. Antiq. Ouest, 1849, p. 175, parle d'une refonte de la grosse cloche en 1445.

 

Guerre de cent ans dans le Poitou, château d'Angle sur l'Anglin (1)

Au XVIIe siècle le palais épiscopal jouxtait la cathédrale au nord-ouest ; l'entrée principale s'ouvrait sur la place de la cathédrale ; une grange située hors du palais mais en dépendant avait son entrée sur la rue du Coq.

Cette situation entre la cathédrale et le Temple Saint-Jean, — ancien baptistère — correspondait vraisemblablement à l'emplacement du palais de Guillaume de Charpaignes.

 Un devis de 1709 donne des indications qui dénotent une construction assez ancienne : hauteur de 2 mètres seulement pour la principale porte d'entrée du corps de logis, vestibule obscur et bas au point d'obliger l'évêque à coucher entièrement sa crosse pour y passer les jours de cérémonie, près du vestibule deux petites chambres basses aux murs vieux et délabrés, accès de l'escalier malaisé pour deux personnes de front (Arch. Vienne, G 153, Evêché ; la liasse comprend un plan de l'époque pour la partie de l'édifice à refaire d'après le devis de 1709).

Guillaume de Charpaignes était mort avant mai 1448 (54) : il avait donc fallu plus de sept ans pour en terminer avec ce long procès.

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Guerre de cent ans dans le Poitou, château d'Angle sur l'Anglin

A côté des grands conseillers de Charles VII « le bien servi », il existe un grand nombre de personnages de second rang qui, pour être moins connus, n'en jouèrent pas moins le rôle considérable, notamment sur le plan local (55).

Représentant habituel du roi en Poitou, administrateur actif de son évêché, Guillaume de Charpaignes a sa place parmi ceux qui, dans cette douloureuse première moitié du XVe siècle, œuvrèrent efficacement sinon brillamment pour le relèvement de la royauté et du pays.

On retiendra en outre le problème des réparations du temporel épiscopal, que cette étude permet d'aborder. Nous reprendrons de façon plus développée ce problème, qui ne semble pas avoir été étudié jusqu'à présent, mais qui, outre qu'il apporte des enseignements utiles sur l'histoire ecclésiastique, permet d'aborder de la façon la plus précise les questions relatives au temporel épiscopal et peut être d'un intérêt non négligeable pour l'archéologie.

 

 

L’église paroissiale de Saint-Martin (haute-ville Angles sur l’Anglin) <==.... ....==> L’évêque de Poitiers Guillaume V échange le château d'Harcourt de Chauvigny à Charles d'Anjou, vicomte de Châtellerault.

 


 (Photos Troupe de reconstitution historique "les Enguigneurs" affiliée à aucune fédération dite médiévale).

Robert FAVREAU

Chevalier de l’Ordre national du Mérite, Commandeur des Palmes académiques et des Arts et Lettres.
Né à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne) le 5 avril 1931.






Médiéviste ; historien du Centre-Ouest de la France, épigraphiste.
Ancien professeur à l’Université de Poitiers et ancien directeur du Centre d’Études supérieures de Civilisation médiévale. Directeur du Corpus des Inscriptions de la France médiévale.

Nommé le 8 février 1991 correspondant français à la place de Robert MANTRAN.

 

(1) Abbé AUBER, Recherches sur la vie de Simon de Cramaud cardinal évêque de Poitiers, dans M. S. A. 0., t. VII, 1840, p. 249-380 ; SALVINI (Joseph), Un évêque de Poitiers : Jacques Jouvenel des Ursins (1410-1457), dans B. S. A. O., 2e trimestre 1961, p. 85-107 ; Abbé AUBER, Histoire de la cathédrale de Poitiers, M. S. A. O., t. XVI, 1849, et SALVINI (Joseph), Le diocèse de Poitiers à la fin du Moyen Age (1346-1560), (1946), Publications de l'Université de Poitiers, série des Etudes régionales, n° 1, p. 85-89.

(2) Guillaume de Charpaignes est presque totalement négligé par l'abbé Auber et par M. J. Salvini dans les ouvrages cités en fin de la note précédente.

(3) Arch. nat., J 102, n° 109. Notice de Paul Guérin, dans son Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, A. H. P., t. XXVI, 1896, p. 137, n. 2.

(4) René LACOUR, Le gouvernement de l'apanage de Jean, duc de Berry, Paris, A. Picard, 1932, annexe II, liste des officiers du duc, p. XVI.

(5) Paul GUÉRIN, op. cit. René Lacour indique Martin Gouge comme trésorier général du duc de Berry de 1401 à 1407, d'après Hiver, Les hommes d'Etat du Berry depuis le duc Jean jusqu'à Henri IV : Martin Gouge de Charpaigne, dans Mém. Soc.antiquaires du Centre 1868, t. II, p. 267 et sq.

(6) Il fut évêque de Chartres de 1406 à 1415 (Gallia christiana, t. VIII, col. 1180-1181), et de Clermont de 1415 à 1444, (id., t. II, col. 291-292).

(7) VALLET DE VIRIVILLE, Charles VII, roi de France et ses conseillers, 1403-1461, Paris, Dumoulin, 1859, p. 34.

(8) Paul GUÉRIN, recueil cité, A. H. P., t. XXIX, p. 116, n. 1. Voir aussi le Père ANSELME, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France., t. VI, 1730, p. 398 ; notice reprise par BEAUCHET-FILLEAU dans son Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.

(9) Bibl. munie, de Poitiers, Coll. Dom Fonteneau, t. II, p. 229-235.

(10) Jean BOUCHET le cite avec le titre de conseiller au Parlement en février 1432 (n. st.) dans son Procez verbal de l'establissement de l'Université de Poitiers., publié à la suite des Annales d'Aquitaine dans l'édition de 1644.

(11) P. ANSELME, op. cit., t. VI, p. 398. Guillaume de Charpaignes est nommé parmi les quatre maîtres des requêtes en décembre 1436 (Bibl. nat., fr. 21156).

(12) Bibl. nat., P. O. 683, Charpaignes, n° 2 et 3. Il signe : G. de Charpaigne, Nous gardons l'orthographe la plus courante, qui est : Charpaignes.

(13) P. ANSELME, op. cit., t. VI, p. 398, Jean de Charpaignes.

(14) Martin Gouge - de Charpaignes fut suspendu de son office de chancelier du 6 avril au 6 août 1425 (Vallet de Viriville, op. cit. p. 34), lors d'une disgrâce du parti du connétable de Richemont rapportée par Guillaume GRUEL dans dans sa Chronique d'Arthur de Richemont, éd. A. Le Vavasseur, Soc. Hist. de France, Paris, 1890.

(14 bis) Jean BOUCHET, Procès verbal., cf. note 10.

(15) Arch. munic. Poitiers, Reg. délibér. n° 3, fol. 24.

(16) Montgamé, Cne de Vouneuil-sur Vienne, arrondissement de Châtellerault, était à l'époque une châtellenie relevant de l'évêché de Poitiers. Il n'en reste que des tours en ruine et un village (Louis RÉDET, Dictionnaire topographique du département de la Vienne., Paris, 1881).

(17) Dom FONTENEAU, t. II, p. 229-235.

(18) P. ANSELME, op. cit., t. VI, p. 398 — Charles VII était alors en Auvergne, à la poursuite des seigneurs révoltés de la Praguerie.

(19) Gallia christiana, t. II, col. 1199, notice reprise par Dom Fonteneau, t. XIX, p. 523, n. 1. Guillaume cède son office de maître des requêtes à son neveu Jean e 17 mars 1441 (n. st.), ce qui doit se situer aux environs immédiats de son élection par le chapitre.

(20) Arch. nat., X. 4803, fol. 150. Henri d'Avaugour était rallié à Charles VII et avait activement participé à la Pragmatique Sanction élaborée à Bourges même. L'archevêque de Bordeaux, Pey-Berland, par contre, actif partisan de la cause anglaise, ne pouvait, en tout état de cause, soutenir un partisan du roi de France.

(21) Léonet Guérinet était alors chanoine de la cathédrale et conseiller au Parlement, voir sa notice dans Paul Guérin, op. cit., p. 132, n. 4. Quant à Jean d'Etampes il s'agit soit du trésorier de Saint-Hilaire-le-Grand, qui briguera sans succès quelques années plus tard l'évêché de Nevers, soit plutôt de son frère du même nom (voir Noël VALOIS, Histoire de la Pragmatique Sanction de Bourges sous Charles VII, Paris, Picard, 1906, notamment p. CIV), doyen de l'église de Poitiers et maître des requêtes de l'hôtel (voir notices dans BLANCHARD Les généalogies des maîtres des requêtes de l'hostel du Roy, 1670, p. 155, et dans A. THOMAS, Les Etats Provinciaux de la France Centrale sous Charles VII, t. I, 1879, p. 322-323). La soumission de Jean de La Roche (octobre 1440) nous est rapportée dans trois actes des Archives Nationales (K 1217) qu'a édités P. GUÉRIN, dans Arch. Hist. Poitou, t. XXIX, 1898, p. LXIVLXVIII.

(22) Quittance originale du 30 septembre 1443 dans le mss. fr. 25969 de la Bibliothèque Nationale contenant des « quittances ecclésiastiques ».

(23) Bibl. nat., fr. 32511, f. 102 (février 1446 à Thouars ; il reçoit 150 1. des gens des Trois Etats) et f. 113 (janvier 1447 ; il reçoit 300 1., dont il donne quittance le 20 mars, Arch. nat., KK 648, f. 91, pièce 84).

(24) Sentence de la sénéchaussée du 1er mars 1451 (n. s.) dans Dom Fonteneau, t. XIX, p. 517-520 et p. 529 et sq.

(25) Arch. nat., K 68. L'évêque de Poitiers est nommément désigné en premier rang des commissaires.

(26) Arch. nat., JJ 178, n° 194. Voir P. GUÉRIN, Lettres d'abolution de 1447, dans Arch. Hist. Poit., t. XXXIX, p. 117-181.

(26 bis) Bibl. nat., Gaignières, fr. 20887, pièce 1.

(27) Arch. munie., Reg. dél. n° 3, f. 25.

(28) Arch. munie., Reg. dél. n° 3, f. 179.

(29) Dom FONTENEAU, t. III, p. 641. Lezay, ancienne châtellenie, commune de Montoiron, canton de Vouneuil-sur- Vienne, arr. de Châtellerault (Vienne) — Cellel'Evescault, canton de Lusignan, arr. Poitiers.

(30) Dom FONTENEAU, t. XIX, p. 523.

(31) Arch. Vienne, G 79, Evêché. Dissay, canton de Saint-Georges, arr. de Poitiers.

(32) Mazerolles, canton de Lussac-les-Châteaux (Vienne).

(33) Ce frère de Maurice Claveurier n'est pas signalé par BEAUCHET-FILLEAU dans la longue notice consacrée aux Claveurier par le Dictionnaire. des familles du Poitou.

(34) Arch. nat., X la 4801, fol. 152-154, plaidoirie du 18 juillet 1445.

(35) Arch. nat., Xla 4803, fol. 99 v° (8 juin 1451), fol. 150-151 (14 janvier 1452 n. s.) et fol. 164 v° (17 février 1452), avec conclusion du procès dans x10 188, n° 57 (24 juillet 1455). C'est la rencontre de ce procès qui a été le point de départ de la présente étude.

(36) Philippe Ier de Bois-Giloud évêque de Chartres de 1415 à 1418, cf. Gallia christiana, t. VIII, col. 1181.

(37) Arch. nat., x10 177a, n° 126. L'accord nous dit que Martin perdit tous ses biens, pillés par les ennemis du roi, notamment les biens qu'il avait à Paris. Cela ne l'empêcha pas, du moins, de prêter 560 écus au sieur de Saint-Brisson, somme réclamée en 1453 par les héritiers de Guillaume, lui-même héritier de son oncle (xIe 183b, n° 281). Il est dit dans la première pièce citée que Martin mourut en novembre 1445, alors que la Gallia indique novembre 1444.

(38) Arch. nat., xla 4803, fol. 164 v°.

(39) Arch. nat., XIa 4803, fol. 99 v°.

(40) Arch. nat., xla 4803 fol. 150 v°. Un texte du XVIe siècle évaluant les revenus de l'évêché citent dans l'ordre : Dissay, évalué à 2655 1., Angle, affermé 5000 1., Chauvigny, affermé 5054 1., Celle-l'Evescault, affermé 3700 1. (Bibl. nat., lat. 18378).

(41) Ces armoiries sont signalées par M. René CROZET dans son recueil de Textes et documents relatifs à l'histoire des arts en Poitou (Moyen âge — Début de la Renaissance), Arch. Hist. Poit., t. LUI, p. 124, n° 491. Signalons toutefois que BLANCHARD, dans son ouvrage Les généalogies des maistres des requestes ordinaires de l'hostel du Roy paru à Paris en 1670, donne comme armes : « d'azur à la fasce d'argent accompagnée de 3 croissants d'or, 2 en chef et 1 en pointe », dans la courte notice qu'il a rédigée sur Guillaume de Charpaignes (p. 150). Voir aussi le livre fondamental de M. François EYGUN sur la Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515, paru en 1938, p. 280 et p. 364-365.

(42) Archigny, canton de Vouneuil-sur-Vienne, arr. Châtellerault (Vienne).

(43) Nous n'avons pu identifier certainement Besaigue. Il s'agit sans doute de Bessé, village situé près de Villefagnan (Charente) possession épiscopale et orthographié « Beyssec » dans le Grand Gauthier (H. BEAUCHET-FILLEAU, Pouillé du diocèse de Poitiers, Niort-Poitiers, 1868, p. 37). La mention de Jean de La Roche, dont la région d'élection était l'Angoumois, renforce cette possibilité.

(44) Celle-l'Evescault, canton de Lusignan, arr. de Poitiers.

(44 bis) Ce projet est noté dans une enquête de 1454, publiée partiellement par l'abbé A. BENONI DROCHON (document lui appartenant) dans ses recherches historiques sur Château-Larcher et ses seigneurs, Mém. Soc. Ant. Ouest, t. XXXIX, 1875, p. 245-249.

(45) Chauvigny, arr. de Montmorillon (Vienne). Voir René CROZET, Chauvigny et ses Monuments. Etude archéologique, Mém. Soc. Ant. Ouest, 1958, p. 1-54, 13 pl. h.-t.

(46) Arch. Vienne, G. 40, Evêché.

(47) Arch. Vienne, G 40, Evêché. et Arch. nat., Xia 4803, fol. 150. Les revenus de l'évêché sont évalués par ce dernier document à 4000 écus. Les trois seigneuries cédées à Charles d'Anjou furent unies à la vicomté de Châtellerault en un seul hommgae en juin 1447 (Arch. nat., JJ. 178, fol. 118 v°, éd. par P. GUÉRIN, op. cit., Arch.Hist. Poit., t. XXXII, p. 12-16.

(48) Dissay, canton de Saint-Georges, et Vendeuvre, canton de Nouaillé, arr. Poitiers.

(49) Mirebeau, c.h.-l canton, arr. Poitiers. La cure de Saint-Pierre était à la nomination de l'évêque. V- T-

(51) Benjamin FILLON, L'art de terre chez les poitevins, suivi d'une étude sur l'ancienneté de la fabrication du verre en Poitou, Niort, L. Clouzot, 1864, in-4°, p. 203. L'auteur donne comme référence à ces intéressants renseignements : « pièces originales transmises par M. Moore, de Londres ».

(52) Savigny-l'Evescault, canton de Saint-J ulien-l' Ars, arr. Poitiers.

(53) Arch. nat., Xle 188, n° 57

(54) Lettre de Charles VII au pape en mai 1448 : « vacante nuper ecclesia Pictaviensi per obitum deffuncti Guillermi. » (Bibl. nat., lat. 5414a, fol. 93 v°).

(55) Le rôle politique des évêques a été très important sous le règne de Charles VII, et particulièrement dans les trente premières années du règne.