Notice Historique sur le château Baronnial des évêques de Poitiers à Chauvigny et les fouilles archéologiques

Les mentions les plus anciennes de l'existence du « Château de Chauvigny » se trouvent dans des chartes remontant aux environs de l'an Mil, 992 (1) et 1025 (2). A la lecture du deuxième de ces documents il apparait que le château appartenait déjà à l'évêque de Poitiers, dont il pourrait bien être l'œuvre.

Il est cependant probable que la seigneurie appartint à l'origine, à une famille portant le nom de Chauvigny, dont on retrouve diverses branches en Poitou et en Berry à partir du XIIe siècle (3).

L'une d'elles, la branche de Châteauroux descend d'André 1er de Chauvigny qui devint Seigneur de Déols et Châteauroux par son mariage avec Denyse de Déols en 1189 et s'illustra au cours de la 3e croisade (4).

Un de ses faits d'armes serait à l'origine de la devise de ses descendants « Chauvigny, Chevaliers pleuvent » (5).

Cette famille s'est éteinte en 1502 (6).

Aucun document ne permet de préciser de quelle manière la seigneurie et le château de Chauvigny sont passés dans le temporel de l'évêché de Poitiers. La plupart des historiens de Chauvigny, dont Charles Tranchant, considèrent comme vraisemblable que l'évêque Isembert Pr appartenait à la famille de Chauvigny, et que lui- même ou son neveu et successeur Isembert II a fait don de la seigneurie à l'évêché (7).

 

 De 1019 à 1789, 59 évêques de Poitiers ont été titulaires de la seigneurie de Chauvigny.

Parmi eux figurent : Saint-Pierre II (1087-1115) mort à Chauvigny où il avait été exilé par le Comte de Poitou Guillaume VII dont il avait condamné la liaison avec Maubergonne, vicomtesse de Châtellerault (8).

Louis Ier d'Orléans (1391-1394) prince de sang royal.

Ithier de Martreuil ou de Mareuil (1394-1405), constructeur de la partie du château dénommée le « Château Neuf ».

Le Château baronnial faisait partie d'un ensemble fortifié qui occupait tout l'éperon séparant la Vallée de la Vienne de celle du Talbat, et qui comprenait quatre autres châteaux : désignés habituellement par le nom des familles qui ont possédé le fief : Harcourt (9) — Montléon (10) — Gouzon (11) — et Flins (12)

Une motte qui parait avoir été fortifiée à une certaine époque, faisait pendant au château de Gouzon (13).

L'ensemble était complété par une enceinte commune, entourant la Ville Haute et percée de 4 portes.

Une autre enceinte rattachée en 2 points à la précédente protégeait la Ville Basse.

Aucun de ces ouvrages ne se signale par sa puissance ou son importance particulière.

Cependant leur répartition symétrique sur la colline et leur judicieuse adaptation au terrain (14), l'étendue de la « Cité » forte de la Ville Haute, enfin sa situation géographique à un carrefour de voies importantes, ne manquaient pas de donner à Chauvigny une incontestable valeur militaire.

Ce fait est d'ailleurs attesté par le rôle qu'elle a joué au cours de l'histoire.

(Spectacle Fauconnerie Géants du Ciel)

 Au cours de la guerre de Cent Ans :

 — En 1356 elle héberge le roi Jean II le Bon et son armée à la veille de la bataille de Poitiers-Maupertuis (15).

En 1369 Jacques d'Audelée, Sénéchal du Poitou pour les Anglais et Guichard d'Angle, maréchal de Guyenne, prennent la Ville et la brûlent (16).

En 1372 Duguesclin et le duc Jean de Berry assiègent les châteaux et paraissent les avoir pris sans combat (17).

En 1412 - les troupes du duc de Clarence ruinent la Ville (18).

En 1427 - le château Baronnial, à demi ruiné, est occupé et mis en état de défense par des Ecossais à la solde du Roi (19).

 

Après un peu plus d'un siècle d'accalmie, les Guerres de Religion surviennent : occupé par les Huguenots, le château baronnial est pris par les troupes du Roi, commandées par le Maréchal de Saint-André (20) ; puis repris par Coligny en 1569. L'armée protestante brûle le château et pille l'église Saint-Pierre (21).

Pendant les guerres de la Ligue, Georges de Villequier prend la Ville pour les Ligueurs mais ne peut prendre le château malgré plusieurs attaques et un siège de trois semaines (22).

Enfin, pendant les campagnes de la Fronde le château de Chauvigny ; pris par le marquis de la Roche Posay en 1652, est repris peu après par le duc de Roannez, Gouverneur du Poitou (23).

Les opérations militaires qui accompagnèrent la retraite des armées et la libération du pays en 1944 n'intéressèrent pas le château.

Seules quelques maisons de la Ville-Haute eurent à souffrir d'un bombardement par l'artillerie Allemande.

Ainsi se termine l'histoire militaire de Chauvigny et spécialement du château Baronnial.

PLAN DU CHATEAU BARONNIAL DE CHAUVIGNY DRESSE PAR PIERRE SAILHAN

 

CHAPITRE II

LES FOUILLES

A l'exception de quelques sondages pratiqués sans méthode et avec de faibles moyens par l'abbé Auber en 1839, il ne semble pas que des fouilles aient été faites au château de Chauvigny avant 1957.

Cette année- là la Société de recherches archéologiques du Pays Chauvinois présidée par Monsieur Toulat, Maire de Chauvigny et animée par une équipe dynamique et passionnée obtint du Secrétariat d'Etat aux Arts et Lettres l'autorisation, qu'elle avait sollicitée, de procéder à des fouilles au château baronnial (24).

A) But recherché : Le but qu'elle se proposait était primitivement :

— de dégager un escalier situé à la base du grand pan de muraille du château neuf.

— de rechercher les niveaux primitifs des cours et des bâtiments.

— de sonder l'intérieur du donjon, dont la partie pleine paraissait susceptible de recéler des étages inconnus.

Dès que les travaux eurent acquis un certain développement, l'idée se fit jour, et s'imposa de plus en plus, que seul un dégagement complet des cours et des bâtiments de la masse énorme de déblais qui les recouvraient serait susceptible de restituer au château sa configuration, ou tout au moins son plan primitif et que les fouilles ne seraient vraiment intéressantes que si ce déblaiement était poussé jusqu'au bout.

C'est donc vers cet objectif beaucoup plus vaste que le premier qu'ont tendu et que tendent encore les campagnes de fouilles successives.

B) Moyens utilisés : Les moyens dont disposait la Société étaient au début les suivants :

 — une équipe de 15 à 20 personnes, fouilleurs bénévoles ; qui acceptaient de consacrer à ce travail leurs heures de loisirs.

— du petit outillage acheté par la Société et du matériel de terrassement (Voies et wagonnets) prêté par les Ponts et Chaussées ; enfin, dès qu'il se fut avéré que les fouilles ne pouvaient être poursuivies sans une évacuation méthodique des déblais, la Municipalité de Chauvigny a accepté de prendre à sa charge cette évacuation sous réserve qu'un tri sommaire des déblais soit effectué de manière à permettre leur utilisation : les matériaux pierreux étant destinés aux chemins et les matériaux terreux à des remblaiements.

Telles étaient les conditions d'exécution des fouilles au cours des années 1957 et 1958.

Cependant l'effectif des ouvriers bénévoles s'étant progressivement amenuisé, et l'envergure du travail à accomplir s'étant considérablement accrue, il devenait évident, à la fin de 1958 que la Société livrée à ses seuls moyens ne pouvait y faire face.

C'est alors qu'est intervenu la Municipalité de Chauvigny, présidée par Monsieur Toulat assisté de Monsieur Abrioux, maire adjoint chargé de la voirie dont le dévouement envers notre Société et l'attachement à son œuvre se sont manifestés avec autant de constance que d'efficacité.

En acceptant de prélever dans les déblais du château tous les matériaux pierreux et toutes les terres de remblai nécessaires à l'exécution de ses travaux de voirie et de cours d'école en 1959 et 1960, la Ville a permis aux fouilles de franchir un pas décisif.

Peut- être a-t-elle grevé ses travaux d'édilité de quelques frais ou délais supplémentaires comme conséquence des soins particuliers et de la minutie que nécessitent toutes les fouilles ; mais n'a- t-elle pas, du même coup, enrichi considérablement le patrimoine archéologique de la Cité ?

Aussi pensons- nous que cette alliance de la technique utilitaire et de la recherche désintéressée a été particulièrement féconde.

 

 C) Phases des fouilles — découvertes faites :

 

 

PREMIÈRE CAMPAGNE — (2 février au 30 juin 1957) (25).

Deux périodes doivent être distinguées au cours de cette campagne :

— a) Pendant les premières semaines, des sondages et des déblaiements limités ont été entrepris aux endroits jugés les plus intéressants : — escalier du château neuf : Dégagé jusqu'à sa base où la porte d'entrée de sa tourelle a été découverte.

Son seuil définissait, pour la première fois, l'ancien niveau de la cour. L'escalier n'a aucun prolongement vers le bas.

- escalier du bastion Sud dégagé jusqu'à sa base : la tourelle qui le renferme est percée de deux ouvertures, une porte et une fenêtre, dont l'existence prouvent que le bastion était primitivement vide de terre et que son vrai sol est situé en moyenne 3 m au-dessous du niveau actuel.

— citerne. La citerne, remplie de gravats jusqu'en haut, a été dégagée sur une hauteur de 1,20 m. Elle à la forme d'un cylindre vertical couvert par une coupole sphérique. Un enduit intérieur très soigné analogue aux enduits romains (chaux grasse et tuileau) recouvre sa paroi. Le déblaiement n'a pas été achevé.

— intérieur du donjon — Des sondages ont été effectués en trois points : — à l'entrée, dont le seuil a été dégagé — dans l'angle Nord- Ouest et contre la face Sud.

L'un d'eux a été poussé jusqu'à la profondeur de 3,50 m.

Leurs résultats paraissent prouver que le donjon ne renferme pas d'étages inférieurs mais seulement du remblai mis en place dès sa construction. Un dallage en carreaux de terre cuite existait au niveau de l'entrée.

 

— b) Pendant les mois suivants, le déblaiement systématique dont l'intérêt était apparu, a été entrepris.

Le chantier, réorganisé en conséquence, a comporté un ou plusieurs points de fouille, des voies Decauville servant au transport des déblais et des ouvrages de chargement : goulottes ou estacades en charpente, permettant de transborder ces déblais des wagonnets dans les camions servant à leur évacuation.

Les parties déblayées ont été les suivantes :

— Parties Ouest du Château Neuf : Les deux entrées, entrée charretière et poterne à piétons ont été découvertes, avec leur herse, un petit poste de garde, pourvu d'une cheminée et la porte intérieure également munie d'une herse.

— Grand cour Sud- Ouest. Partant de la poterne existant dans la courtine Sud et qui a été démurée, les fouilles ont dégagé ;

— un mur Nord Sud reliant le donjon à l'enceinte ;

— un mur Est Ouest en retour d'équerre sur le précédent et fermant au Nord le bastion Sud ;

 — un escalier, en partie voûté reliant la grande cour au bastion Sud (dont nous avons vu que le niveau était primitivement plus bas de 3 m que le niveau actuel) ;

— enfin un bâtiment rectangulaire accolé à la courtine Sud et renfermant 2 fours.

— Tours du flanc Est. L'une de ces tours renferme un puits, rempli de déblais jusqu'en haut.

Profitant d'un passage en partie naturel percé dans les roches escarpées qui forment le soubassement du château du côté de la route de la Puye ; les fouilleurs sont parvenus jusqu'à ce puits.

Au prix de travaux de sape dangereux et pénibles ils en ont commencé le déblaiement.

Pendant cette campagne un levé de plan a été exécuté dans l'ensemble du château. Il a permis de dresser un plan à l'échelle de 1/100 sur lequel toutes les parties découvertes ont été reportées (26).

 

DEUXÈME CAMPAGNE — (1er Juillet 1957 - 31 décembre 1958) (27).

Pendant cette campagne, les fouilles ont été poursuivies par les membres de la Société, ouvriers bénévoles, en nombre plus réduit que lors de la première campagne.

Leur travail n'en a pas été moins assidu. Il a été souvent pénible et parfois dangereux (notamment dans le puits). Nous pensons aussi qu'il a été fructueux.

A la fin de 1957, un emprunt de déblais fait au château par la Ville de Chauvigny pour la construction d'une rue nouvelle a permis de donner aux terrassements une grande impulsion.

Les fouilles et déblaiements ont donnés les résultats suivants :

— Tour de l'escalier du château-neuf

 Un sondage poussé jusqu'à près de 3 m de profondeur à la base de cette tour, a révélé que, en fondations, sa forme était cylindrique (alors qu'elle est hexagonale en élévation). A deux mètres les maçonneries reposent sur le terrain naturel. Aucun étage souterrain n'existe en cet endroit.

— Deuxième cour (Au Sud du donjon)

Dans cette cour, partiellement pavée, ont été trouvées les bases de divers murs. Il semble qu'une écurie y était construite.

— Puits et souterrain

Le déblaiement de la tour creuse contenant le puits, a été poussé jusqu'à 21 m en contrebas du sol de la cour. Quoique inachevé il est interrompu depuis lors.

Il a permis de dégager l'une des extrémités d'un souterrain creusé dans le roc et long de 30 m environ.

De tracé capricieux, ce souterrain parait avoir utilisé au moins pour partie, une grotte naturelle.

Cependant sur 11 m de longueur sa galerie large et haute de plus de 2 m a été incontestablement taillée ou retaillée de main d'homme.

Son autre extrémité, située sous le mur qui ferme au Nord, le bastion Sud, était obstruée par une masse énorme de déblais qui en recouvraient l'entrée sur une épaisseur de 4 m.

Pour l'atteindre il a fallu ouvrir dans les déblais du bastion une tranchée évasée qui le traverse d'Est en Ouest. Ce travail considérable achevé, l'escalier qui donne accès au souterrain a été retrouvé et dégagé.

On peut se demander quels rôles jouait ce souterrain profondément caché dans le sol.

Nous en voyons plusieurs :

Tout d'abord les proportions assez vastes de sa première partie, la fraicheur qui y règne et l'absence d'humidité conviennent parfaitement à une réserve pour les vivres.

Ensuite, le fait qu'il conduisait au puits, permettait à la garnison assiégée de se ravitailler en eau à l'abri des vues et des coups de l'ennemi.

Enfin, il n'est pas impossible qu'il ait joué le rôle « d'issue de secours » du château.

En effet, sur toute sa hauteur, le puits qui est tantôt maçonné, tantôt creusé dans le rocher, comporte intérieurement des cavités disposées par deux à intervalles réguliers et aptes à recevoir des pièces de bois formant une sorte d'échelle. Par ce moyen on pouvait descendre jusqu'à la galerie naturelle qui débouche nous l'avons vu, route de la Puye.

L'ensemble formé par le souterrain, le puits ainsi aménagé et les grottes inférieures, formait donc un système de communications permettant aux occupants du château de le quitter en cas de nécessité.

L'issue à la partie basse était sans doute plus discrète qu'elle l'est aujourd'hui ; les travaux de construction de la route de la Puye ont en effet considérablement modifié les bases du château de ce côté.

 

TROISIÈME CAMPAGNE — (1er janvier 1959 — 30 juin 1960) (28).

Cette campagne doit être divisée en trois périodes :

a) La première qui occupe le premier trimestre 1959.

b) La deuxième s'étend de Mai 1959 à Janvier 1960.

c) La troisième a duré de Février à Avril 1960.

a) Au cours de la première période, du personnel communal a exploité la masse de déblais pierreux qui recouvraient sur près de 2 m d'épaisseur la première cour (à l'Ouest et au Sud- Ouest du donjon) et la partie Est du château neuf. Ces divers secteurs ont été complètement dégagés.

b) Pendant la deuxième période les fouilleurs bénévoles ont partiellement déblayés, à l'intérieur, l'angle Nord-Ouest de la petite enceinte, y aménageant progressivement un passage ascendant destiné à relier les parties basses du château aux parties hautes (petite enceinte et donjon).

c) Pendant la troisième période, la Ville a fait reprendre le déblaiement des cours et de toutes les parties situées au Sud et à l'Est du donjon, puis celui du fossé Nord du château.

Les matériaux produits ont été utilisés dans les cours du nouveau collège de filles.

d) Enfin, après l'achèvement de ces travaux et jusqu'au 30 juin 1960 les terrassements ont été continués sur une petite échelle dans la petite enceinte par les fouilleurs bénévoles.

Les principaux résultats de ces travaux sont les suivants :

— Première cour. Un bâtiment en appentis, de construction sans doute assez tardive (29) et contenant un four existait contre la muraille occidentale du donjon.

- Château neuf. Le dégagement complet de la moitié Est du Château neuf et du fossé qui le défendait est sans aucun doute le résultat essentiel de cette troisième campagne de fouilles.

En effet, ces ouvrages, recouverts par plusieurs mètres de terre et de pierraille étaient complètement inconnus. En outre leur agencement et la beauté des maçonneries leur confèrent un grand intérêt.

D'Ouest en Est, en partant du corps de garde, le rez-de-chaussée comportait :

— une première salle consacrée à la défense et pourvue de deux meurtrières frontales, très protégées (30).

- un passage étroit et coudé pourvu de 2 portes, conduisant à l'intérieur d'une tour carrée.

— La tour carrée renfermait elle-même deux locaux : — une casemate équipée d'une meurtrière frontale et d'une autre flanquante.

— et un réduit qui a pu être, tardivement utilisé comme fosse de latrines, mais a eu sans doute primitivement une autre destination : servir d'accès à une poterne donnant sur le fossé.

Les façades dont les parements sont à peu près intacts sur 4 à m de hauteur depuis le fond du fossé, sont exécutés en maçonnerie de moyen appareil.

Elles sont très belles et font vivement regretter la disparition des 4 étages aujourd'hui détruits.

Dans un angle rentrant un fourneau de mine a dégradé la maçonnerie sur plusieurs mètres carrés sans parvenir semble-t-il à faire brèche.

— Fossé. La partie du fossé qui longe le château neuf a été complètement dégagée ;

Profonde d'abord de 4 à 5 m, elle est bordée : au Sud par les murailles du château, dont la base est en talus ; au Nord par un mur de contrescarpe, sur lequel venaient prendre appui les 2 ponts-levis.

Au droit de la tour carrée le fond, rocheux, se relève de 2 m.

Plus loin, le long de la petite enceinte, le fossé s'élargit, et parait comporter, à 3 m du pied de la muraille, un nouvel escarpement qui n'est pas encore dégagé.

— Petite enceinte. La porte ancienne, existant au Nord à mi-hauteur de la muraille, a été démurée. Elle a une disposition analogue à celle du donjon à laquelle, d'ailleurs, elle répond.

— Bâtiment Sud-Est. Au Sud-Est du donjon, entre celui-ci et les cours d'une part, l'enceinte d'autre part, ont été retrouvées les substructions d'un vaste bâtiment qui devait être partiellement adossé au donjon et comporter plusieurs étages. Son style permet de penser qu'il est contemporain du château Neuf. Ce pourrait être un casernement (31).

 

QUATRIÈME CAMPAGNE (1er juillet 1960 au 30 septembre 1963) (32).

Au cours de cette longue période les fouilles et déblaiements ont été exécutés simultanément par des équipes de fouilleurs bénévoles notamment des membres de la Maison des Jeunes et par le personnel de la Ville :

— Le déblaiement général de la petite enceinte jusqu'au niveau du seuil de la porte soit sur une hauteur moyenne de 2,50 m a été réalisé dans sa totalité.

— La fouille d'une tourelle carrée existant à l'intérieur de cette enceinte, contre la muraille Nord a été commencée.

— Le déblaiement, jusqu'au niveau du seuil d'entrée de l'intérieur du donjon a été réalisé sur la moitié de sa surface.

— Enfin la fouille de la cuisine

— boulangerie du château a été commencée.

Les principaux résultats sont les suivants :

Cuisine-Boulangerie.

Ce bâtiment avait été précédemment déblayé jusqu'au niveau de la grande cour. Mais deux escaliers prouvaient que le sol de ce local avait d'abord été placé beaucoup plus bas. C'est ce sol primitif que nous avons recherché et dégagé.

Sa cote précise nous a été fournie par un reste de carrelage en terre cuite rouge, trouvé en place dans l'angle Sud-Est du local, devant le grand four. Au- dessus de ce niveau on rencontre de bas en haut : une couche de cendres contenant du torchis calciné témoin probable de l'incendie de 1569 puis de nombreux carreaux de terre cuite de 11 à 13 cm de côté, carrés, triangulaires ou en losange dont certains sont ornés de lignes droites, et qui paraissent être tombés d'un niveau supérieur.

Ces restes permettent de penser qu'il existait, au-dessus de la cuisine, un étage dont le sol était carrelé sur une couche de torchis.

La tranche supérieure de déblais épaisse de plus de 1 m renfermait de nombreuses briques, très cuites, de 4,5 cm d'épaisseur avec beaucoup de mortier ; et des blocs taillés de pierre calcaire tendre, ayant uniformément 15 cm d'épaisseur. Les particularités de taille et des traces de suie nous font émettre l'hypothèse que ces matériaux provenaient de la hotte et du fumeau de la grande cheminée des cuisines.

De nombreux débris étaient mêlés aux déblais :

— tessons de poteries, soit brute, soit émaillée de couleur verte.

— fragments de verre dont un cul de bouteille, et du verre très fin portant des traces de décor.

— objets en fer : verrou — clous — crochets — os d'animaux.

— fragment de tuile romaine à rebord.

Petite enceinte.

Aucune construction nouvelle n'y a été découverte ; mais le déblaiement réalisé a dégagé sur une hauteur supplémentaire de 2,50 m les murs du donjon et de l'enceinte.

Trois squelettes humains, dont un enterré la face contre terre, ont été découverts à 50 cm de profondeur seulement, près de la courtine Est. Les ossements ont été enterrés de nouveau dans la même cour. Il s'agit peut-être des restes de soldats tués au cours des Guerres de Religion.

La petite enceinte contient, vers le milieu de la courtine Nord, une sorte de tourelle carrée accolée au parement intérieur de la muraille. Cette construction de maçonnerie grossière à l'extérieur est plus soignée à l'intérieur. La cavité qu'elle enferme a la forme d'un carré de 2,70 m de côté. Elle est divisée en deux compartiments par une cloison de maçonnerie construite dans le sens Est-Ouest.

Nous avons fouillé le compartiment Sud jusqu'à la base des murs

— soit sur une profondeur de 4,15 m et le compartiment Nord seulement sur 1,50 m de profondeur.

La nature des déblais trouvés à la base fait supposer qu'il s'agit de latrines.

Une découverte intéressante y a été faite : un vase quadrilobé en terre cuite blanche-émaillée de vert à l'intérieur, de proportions fort élégantes ; qui pourrait dater du XVIe siècle.

Donjon Le déblaiement a été poussé, rappelons- le, jusqu'au niveau du seuil de l'entrée.

Une surface carrelée, de 6 m2 environ, a été dégagée du côté Est.

Les carreaux en terre cuite rouge ont de 18 à 22 cm de côté.

Ce carrelage, établi 30 cm au - dessus du niveau du seuil, repose sur une couche de cendres contenant des tessons de poterie noire elle-même superposée à une couche de mortier de chaux grasse discontinue.

Un massif de maçonnerie, de forme ronde, ayant 0,80 m de diamètre a été trouvé à 3,50 m du mur Est et à 10,40 m du mur Nord.

Il s'agit à n'en pas douter, de la base d'un des poteaux qui devaient soutenir les poutres du plancher du 1er étage ; la largeur étant trop grande pour être franchie d'une seule portée.

Au centre du donjon, les couches sont mélangées, indice d'une fouille antérieure à la nôtre : ce sont les traces du sondage entrepris il y a un siècle par l'abbé Auber.

 

CINQUIÈME CAMPAGNE (commencée le 1ER octobre 1963).

Nous mentionnerons brièvement les travaux de cette campagne car ils ne sont pas terminés et n'ont pas encore fait l'objet d'un rapport officiel.

Au cours de l'année 1964, les fouilleurs bénévoles de la Société Archéologique ayant porté leur principal effort sur le site gallo-romain de Chalonges, l'activité a été réduite et très intermittente au château baronnial. Elle y a repris de façon plus suivie à partir de novembre 1964.

Le travail a porté exclusivement sur les cuisines, dont le déblaiement jusqu'au sol primitif est maintenant presque terminé (Fin février 1965).

Signalons toutefois que la Ville de Chauvigny vient de faire mettre en place à l'extrémité du bastion Sud une goulotte qui permettra au personnel municipal de déblayer la totalité de la surface de ce bastion. Ces travaux viennent de commencer.

La fouille des cuisines a fourni de nombreux débris de même nature que ceux que nous avons décrits en relatant la campagne précédente : tessons de poterie — verre — objets en fer dont deux clefs.

Elle a surtout été marquée par une découverte de tout premier ordre, faite le 22 novembre 1963 par M. Passoni : un mortier en bronze, de 0,27 m de hauteur, 0,32 m de diamètre, pourvu de 2 anses et pesant 40 kg.

Il est orné sur ses flancs de 2 cartouches rectangulaires en bas- relief : l'un représentant le Christ, les mains liées, entouré des attributs de la Passion ; l'autre une Vierge à l'enfant dont la robe a un drapé très harmonieux ; Des petits blasons à fleurs de lis garnissent le pourtour.

Cette pièce splendide, qui parait dater de la fin du XVe siècle a été mise au Musée de Chauvigny où elle est très admirée.

Depuis 8 ans ; 5000 m3 de pierres, de terres et de gravats ont été fouillés et évacués de l'enceinte du château.

Rappelons que cet énorme travail a été effectués sans aucun débours pour l'Administration des Beaux- Arts, pour la Société Archéologique ni pour la Ville : la main-d'œuvre étant soit bénévole soit fournie par du personnel communal — et le transport assuré par la Ville - en vue de l'utilisation des matériaux dans des chantiers communaux.

PLAN DU CHATEAU BARONNIAL DE CHAUVIGNY DRESSE PAR PIERRE SAILHAN

 

CHAPITRE III

ESSAI DE RESTITUTION DU CHATEAU

Le plan du château nous étant maintenant connu avec une précision satisfaisante, il est naturel d'essayer de restituer ce bel ouvrage aux trois époques correspondant aux principales étapes de sa construction.

 

PREMIÈRE ÉPOQUE — XIe XIIe siècle (33).

Notice Historique sur le château Baronnial des évêques de Poitiers à Chauvigny et les fouilles archéologiques (1)

Les parties les plus anciennes : donjon, petite enceinte Nord et l'enceinte quadrangulaire située au Sud du donjon ne sont probablement pas contemporaines.

On peut cependant considérer que leur édification a du se faire, à des époques rapprochées et que toutes trois existaient à la fin du XIIe siècle.

Des détails de construction prouvent, en tout cas qu'elles sont antérieures aux autres parties du château notamment à la grande enceinte.

Nous pouvons donc restituer le château de la manière suivante, à la fin du XIIe siècle :

— au centre le donjon, tel que nous le voyons actuellement mais sans les tourelles rondes qui surmontent les angles.

Il est probablement crénelé et couvert d'une toiture à 4 pentes.

— au Nord la petite enceinte moins haute (de 3 m environ) que de nos jours, en ce qui concerne sa partie Nord. Elle était crénelée (34).

L'unique porte du château y était pratiquée à 4 m de hauteur au- dessus du fossé ; on devait y accéder par un pont mobile ou facilement démontable.

— au Sud l'enceinte quadrangulaire, probablement crénelée qui assurait la protection avancée du donjon et la surveillance de la grande route Poitiers Bourges.

 

DEUXIÈME ÉPOQUE — XIIIe siècle (?)

Notice Historique sur le château Baronnial des évêques de Poitiers à Chauvigny et les fouilles archéologiques (2)

 Les masses principales de la construction primitive subsistent, mais le château s'agrandit considérablement par la construction de la grande enceinte à l'Est et à l'Ouest du donjon et par celle du bastion Sud.

De cette époque date sans doute l'aménagement du souterrain.

Le château comprend alors :

— Le donjon, peut-être déjà pourvu de ses tourelles d'angle ;

— la petite enceinte Nord et sa porte ;

— la grande enceinte (qui englobe désormais la petite enceinte Sud) et le bastion Sud. Elle est probablement crénelée.

Il est possible qu'une deuxième porte existe dans la grande enceinte au droit de l'angle Nord Est du donjon.

La poterne de la courtine Sud doit exister.

 

 

TROISIÈME ÉPOQUE — Vers 1.400

Notice Historique sur le château Baronnial des évêques de Poitiers à Chauvigny et les fouilles archéologiques (3)

La grande campagne de construction d'Ythier de Martreuil transforme profondément le château.

Les constructions antérieures subsistent ; mais certaines sont remaniées : telle la petite enceinte qui est surélevée.

D'autres changent de caractère : tel le donjon qui empâté par des constructions adventices, et abandonné en tant que logement perd quelque peu de son intérêt.

Des bâtiments nouveaux, vastes et élevés s'édifient : le château neuf, tout d'abord, qui comporte désormais la seule entrée du château. le bâtiment accolé au Sud Est du donjon et que nous croyons être un casernement, enfin les communs, accolés à la courtine Sud de la grande enceinte.

A l'issue de cette campagne, le château est à son apogée.

Il comprend désormais :

— Le donjon, toujours puissant mais semble-t-il quelque peu délaissé.

— La petite enceinte, dont la porte a été murée.

— La grande enceinte et le bastion Sud,

— Le château neuf dont la masse puissante mais élégante rivalise de hauteur avec le donjon.

— Le casernement à l'Est du donjon,

 — Enfin les communs (cuisine, boulangerie, écuries) construits le long de la courtine Sud et dans la cour au Sud du donjon.

Malgré les mutilations et les amputations que les siècles vont lui faire subir désormais, ce fier monument a de nos jours encore, une allure imposante.

Les efforts déployés par notre Société n'auront pas été tout à fait vains s'ils ont contribués à la faire mieux aimer des Chauvinois et de quelques autres personnes amies de l'Histoire.

Ils seraient pleinement récompensés s'ils aboutissaient à attirer sur lui la bienveillante attention de l'administration des Beaux-Arts et si des travaux de restauration limités, mais indispensables étaient entrepris à bref délai (35).

Nous ne pouvons que renouveller ici le pressant appel que nous avons déjà lancé.

 

 

par Pierre SAILHAN Ingénieur T.P.E. Président de la Société de recherches archéologiques du Pays Chauvinois

 Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers

 

 

 

 

RECHERCHES SUR LES SITES DE CHATEAUX ET DE LIEUX FORTIFIÉS EN HAUT-POITOU AU MOYEN AGE  <==.... ....==> La mémoire des temps passés - Histoire des châteaux de la cité médiévale de Chauvigny.

 

 

 

 


 

(1) Le « Castellum » de Chauvigny est évoqué dans un acte de 992-1014 publié par le P. de Monsabert, Chartes de l'abbaye de Nouaillé de 678 à 1200 dans les archives historiques du Poitou T. XLIX page 131, cité par M. René Crozet « Chauvigny et ses Monuments » page 3, note (1).

(2) Un acte de 1025 environ, du cartulaire de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers et publié par L. Redet en 1874 dans le T. III des Archives historiques du Poitou, cité également par M. René Crozet, op. cit., fait mention de la fondation de l'église du St-Sépulcre de Chauvigny (actuellement Notre Dame) par l'évêque Isembert Ier, « in convalle castri sui Calviniaci ».

(3) Cf. Ch. TRANCHANT. Notice sommaire sur Chauvigny de Poitou et ses monuments — 1884, page 9.

(4) Ch. TRANCHANT, op. cit page 10 et sqs.

(5) Cette devise a été reprise par la Ville de Chauvigny, avec les armes des Chauvigny-Châteauroux : d'argent à la fasce fuselée de gueules, au lambel de sable de 6 pendants.

(6) Ch. TRANCHANT, op. cit. page 13.

(7) Ch. TRANCHANT, op. cit. page 14.

(8) Ch. TRANCHANT, op. cit. page 18.

(9) Le fief appartenait de longue date aux vicomtes de Châtellerault. Par suite du mariage de Jeanne de Châtellerault avec Jean II d'Harcourt, et du décès du Vicomte de Châtellerault Jean, mort sans postérité en 1275, il passa à la famille d'Harcourt. Il y resta jusqu'en 1447, date de son acquisition par l'évêque de Poitiers, Guillaume de Charpagnes (TRANCHANT, op. cit. page 48 et sqs).

(10) Après avoir appartenu à l'ancienne famille des Oger (Otgérii) ce château passa au XIIIe siècle aux Montléon, famille originaire d'Auzouer en Touraine. (TRANCHANT, op. cit. page 67 et 68). Il fut racheté en 1295 par l'évêque de Poitiers Gauthier de Bruges.

(11) Ce château parait avoir été apporté on dot à Guy II de Gouzon descendant d'une famille du Bourbonnais, par Blanche de Beaumont, héritière des premiers possesseurs (R. CROZET, op. cit. page 19). Il fut acquit en 1337 par l'évêque de Poitiers Fort d'Aux.

(12) La Tour de Flins a dû être originairement un manoir urbain des Seigneurs du grand ou du petit Flin, Commune de Bonnes (TRANCHANT, op. cit. page 140).

(13) Le logis ou manoir de la Motte dépendait de la Chatellenie d'Harcourt (TRANCHANT, op. cit. pages 64 et 65).

(14) L'accès de la Ville-Haute, interdit par des escarpements renforcés de remparts sur ses faces Est et Ouest, était facile du côté Nord, où la colline est de plain- pied avec le plateau.

Ce passage a été fortifié de la manière suivante : — en avant, une première ligne de remparts qui barrait la colline d'Ouest en Est : il n'en subsiste qu'une tour, la tour des Gardemauds à son extrémité orientale.

— puis un ouvrage isolé : le petit château de Flins, point fort du flanc oriental.

— puis 4 ouvrages disposés à peu près symétriquement par rapport à la crête et s'appuyant les uns sur les remparts Est les autres sur les remparts Ouest : Gouzon et la Motte Harcourt et Montléon - enfin, à la pointe, le Château Baronnial dont le bastion Sud surplombe directement la route de Poitiers à Bourges.

(15) Chroniques de Froissart citées par TRANCHANT, op. cit. page 35.

(16) Ibid., page 36.

(17) Cf. Cuvelier « chronique de Bertrand Duguesclin et chronique de Froissart, citées par TRANCHAND, op. cit. page 36 et 37.

(18) Ibid., page 38.

(19) R. CROZET : Chauvigny et ses Monuments, page 5.

(20) TRANCHANT, op. cit, page 38.

(21) Ibid, page 39. - - -

(22) Ibid, page 40.

(23) Ch. TRANCHANT, loc. cit. page 41.

(24) Autorisation en date du 25 - janvier 1957, délivrée par le Directeur Général de l'Architecture.

(25) Cette première campagne fait l'objet du premier rapport officiel présenté par la Société Archéologique du Pays Chauvinois sous la signature de MM. TOULAT, Président : J. CHIVAILLE et P. SAILHAN, Vice-Présidents, rapport ronéotypé en 1957.

(26) Plan du château baronnial de Chauvigny dressé par P. SAILHAN, Ire édition, 1957.

(27) Cette campagne fait l'objet d'un second rapport officiel présenté par la Société sous la signature de M.M. TOULAT, CHIVAILLE et SAILHAN et paru en 1959.

Une deuxième édition du plan, mise à jour, a été faite en même temps.

(28) Cette campagne fait l'objet d'un troisième rapport officiel présenté par la Société sous la signature de M. SAILHAN et paru en 1960. Une troisième édition du plan avait été faite en 1960. La quatrième édition mise à jour au 30 juin 1960 parait en 1961.

(29) Elle fait probablement suite aux incendies résultant du siège de 1569, qui avaient notamment détruit le bâtiment des fours.

(30) Nous faisons remarquer dans notre 3e rapport de fouilles (p. 7) que l'embrasure est percée dans un mur épais de 70 cm. La protection recherchée et obtenue de cette manière contre les coups d'embrasure a une contre- partie : le tir ne peut être que frontal.

(31) Le château neuf, très peu développé, ne devait guère contenir, au- dessus des parties défensives, que les appartements de l'évêque-baron, la Chapelle et la Salle Capitulaire.

Cf. Procès-verbal de Visite de 1687 cité dans le 3e rapport de fouilles pages 10 et 11.

Il fallait donc loger la garnison dans un autre bâtiment.

(32) Cette campagne fait l'objet du quatrième rapport officiel de fouilles présenté par la Société sous la signature de M. SAILHAN et paru en 1964. Une cinquième édition du plan, mise à jour au 30 septembre 1963 est parue en 1964.

(33) M. CROZET, loc. cit. page 11, estime que le donjon de Chauvigny pourrait remonter au XI siècle.

Ch. TRANCHANT, loc. cit. page 18, pense qu'il pourrait être l'œuvre d'Isembert Ier (premier tiers du XIe siècle).

(34) Les créneaux sont encore visibles, noyés dans la maçonnerie, environ 3 m. au-dessous du sommet actuel des courtines Nord.

 

(35) Dans les 4 rapports de fouilles précités nous avons souligné la précarité de l'état de certaines parties du château, notamment des maçonneries récemment découvertes qu'il conviendrait de mettre hors d'eau avant que les intempéries ne les ruinent.