INSCRIPTIONS MÉTRIQUES Composées par ALCUIN pour les monastères de Saint-Hilaire de Poitiers et de Nouaillé

Alchwin, ou Alcuin, descendait d'une noble famille saxonne: Il naquit, vers 735, dans la ville d'York, en Northumbrie. Ses premières années s'écoulèrent, sinon près du vénérable Bède, le docte historien de l'Angleterre, du moins aux côtés de son meilleur disciple, Ecgbrighl ou Égberct, qui devint archevêque d'York.

Le Northumbrien fit dans les lettres et dans les sciences des progrès si rapides que, à sa mort arrivée vers 768, Egberet laissa à son disciple bien-aimé le soin de la bibliothèque épiscopale ; on y voyait, outre les Pères et les écrivains ecclésiastiques, les oeuvres d'Aristote, de Pline, de Cicéron, de Lucain et de Virgile, qui fut toujours l'auteur préféré d'Alcuin.

Le jeune moine, déjà rénommé professeur, jouit de la même faveur auprès d'Elbert, et le nouvel archevêque d'York l'emmena avec lui dans un voyage qu'il fit à Rome. A son tour, Eambald, successeur d'Elbert, le chargea vers 780 d'aller recevoir du pape le pallium, insigne de la dignité archiépiscopale. Ces deux voyages furent pour Alcuin une véritable révélation, dont nous retrouverons l'empreinte profonde dans le caractère et dans les procédés qu'il transmit à l'Ecole de Tours. Son esprit délié s'enthousiasma pour toutes les oeuvres d'art qu'il avait sous les yeux. Caressés par le radieux soleil d'Italie, les monuments des anciens firent sur son imagination une impression bien autrement vive que les édifices du Nord, trop souvent enveloppés dans une buée morne et grisâtre. Il se réjouissait de voir, de parcourir et d'interroger les lieux chantés par ses auteurs favoris, dont les poèmes, à ce contact, s'illuminaient pour lui d'un éclat tout nouveau. Enfin ses relations avec les maîtres de l'éloquence, en particulier avec Pierre de Pise, achevèrent de doter son entendement de ce je ne sais quoi d'affiné que le Nord, quoi qu'il fasse, enviera toujours au Midi.

Alcuin revenait de sa seconde mission en 780, selon les uns, en 782, selon les autres, lorsqu'il rencontra à Parme, l'empereur d'Occident. Ces deux hommes, faits l'un pour l'autre, se comprirent dès la première entrevue, et ce fut le principe d'une amitié qui ne finit qu'à la tombe.

Charlemagne avait trop à coeur la cause des lettres pour ne pas s'attacher le brillant saxon.

Une fois de retour dans son pays, Alcuin, qui avait deviné du premier coup les services qu'il pourrait rendre à la France avec le patronage d'un pareil Mécène, sollicita vivement un congé, au moins temporaire, des deux supérieurs dont il relevait. Le roi de Northumbrie et l'archevêque d'York lui accordèrent un congé limité; mais quelle joie pour lui que la perspective de ce séjour dans une contrée que son climat, ses productions et ses moeurs font participer à la fois des avantages du nord et du midi de l'Europe !

Dès son arrivée sur le continent, Alcuin s'installa à la cour de Charlemagne, où il devait demeurer environ huit années. Il prit la direction de l'école du Palais qu'il restaura, organisa et étendit considérablement. Maîtres et élèves reçurent bien vite quelque chose du feu sacré qu'il était si habile à communiquer autour de lui.

Aussi, non content de favoriser les études à Aix-la-Chapelle, sa résidence de prédilection, Charlemagne s'occupa de créer de semblables écoles à Thionville, à Worms, à Mayence, à Paris et dans les autres villes, où il résidait parfois en compagnie de ses professeurs en titre, dont il aimait à se faire suivre.

 A la demande de l'empereur, Alcuin fonda à la cour une Académie littéraire, dont les membres se proposaient de traiter des sujets empruntés à l'antiquité judaïque, grecque on latine. Les académiciens, suivant le goût de l'époque, s'étaient choisi des surnoms conformes à leurs préférences personnelles; ainsi Théodule se nommait Pindare ; Eginhard, Calliopée, et Charlemagne, David; Alcuin s'appelait Flaccus, en souvenir du bon Horace.

Ajoutons que déjà l'Académie s'entendait à merveille à pratiquer la courtoisie française, et qu'un de ses membres les plus assidus était la soeur de l'empereur, Ghisèle, qui avait pris le surnom de Lucia.

 C'est sans doute à cette époque, que le brillant maître, pour rendre son nom d'une prononciation plus facile, le transforma d'Alchwinus, ou Alchwin, en Albinus ou Albin, d'où son titre de Flaccus Albinus. Alcuin était l'âme de l'école aussi bien que de l'Académie. Mieux que tout autre, Eginhard, l'historien de Charlemagne, est en mesure de nous faire le tableau de l'école impériale. « Passionné pour les arts libéraux, écrit-il, le roi révérait eeux qui se distinguaient par leur savoir et les comblait d'honneur.

 Le diacre Pierre, originaire de Pise, enseignait la grammaire. Dans les autres sciences, Charles eut pour maître Albin, diacre breton et saxon d'origine, l'homme le plus savant de son époque. Sous sa direction, le prince s'adonna à l'étude de la rhétorique, de la dialectique et surtout de l'astronomie ; il essaya même d'écrire, mais il réussit peu dans cette étude, commencée tard et à un âge avancé. » Il s'agit ici sans doute d'essais en l'art de la calligraphie, avec les ornements qu'elle comporte, dans laquelle Alcuin fut un maître; en effet l'historien nous apprend ailleurs que Charlemagne « écrivait et copiait des vers ».

Malgré tous les charmes qui l'enchaînaient à la cour, Alcuin fût pris, vers 790, d'un vague désir de revoir son pays : au milieu même des plus suaves délices, le matelot soupire après les plages de la mer, remplies d'un perpétuel mouvement et d'un mélancolique murmure, et l'enfant des montagnes appelle ses pentes sauvages et, silencieuses. Charlemagne lui fit promettre de revenir ; il le chargea même d'une mission pour le roi Offa et de présents pour les églises d'Angleterre.

La vue de la cathédrale d'York, qui venait d'être achevée, produisit sur l'âme d'Alcuin une impression presque aussi profonde que celle des merveilles de l'Italie. « Elle est, dit-il, fort élevée et appuyée sur de solides colonnes qui supportent des arcs recourbés ; de beaux lambris et de nombreuses fenêtres la font resplendir du plus vif éclat ; sa magnificence est encore rehaussée par des portiques, par des terrasses et par trente autels, décorés avec une rare variété. »

De retour sur le continent, Alcuin promit à l'archevêque d'York de lui envoyer cent livres d'étain, pour l'aider à couvrir le clocher de cette belle cathédrale, encore toute parée des grâces de la jeunesse.

C'est en l'année 793 qu'Alcuin revint en France.

Afin de le rappeler plus sûrement, Charlemagne lui avait signalé la nécessité de réfuter les erreurs de deux espagnols, Elipand et Félix, qui propageaient une sorte nestorianisme mitigé, mais tendant néanmoins à établir dans le Christ une double personnalité.

Pour le retenir, il lui donna l'administration de quelques couvents, comme ceux de Saint-Loup, à Troyes, de Ferrière, dans le diocèse de Sens, et surtout de Saint-Martin, à Tours.

 En 795, Alcuin devint abbé de Saint-Martin et prieur de Cormery, « membre » dépendant de l'abbaye et situé sur la rive gauche de l'Indre; non loin de Loches.

Dès cette époque, la collégiale martinienne avait de nombreuses possessions non seulement en Touraine, mais encore en Normandie, en Bretagne et en Bourgogne. Alcuin, dont la bonté du coeur égalait.la distinction de l'esprit, profita de cette situation aisée pour verser d'abondantes aumônes dans la main des pauvres, ainsi que pour fonder et développer des écoles littéraires et scientifiques .

Le renom du grand apôtre l'avait fait préférer Tours à Fulda ; les merveilles dont il fut témoin et les services qu'il rendit à la basilique, le fixèrent en cette ville, qu'il allait élèvera la dignité de seconde métropole des lettres et des arts.

Alcuin s'attacha d'abord à réformer ce qui pouvait laisser à désirer dans la vie des moines, en lesrappelant à la règle et aux exemples de saint Martin et de saint Benoit, les deux patriarches de la vie cénobitique en Occident.

- Cette première partie de sa tâche réalisée, Alcuin tourna tous ses soins et toutes les aptitudes de ses religieux vers les sciences sacrées, sans négliger d'ailleurs les sciences humaines.

De tout temps, la copie des manuscrits avait été dans les monastères et en particulier à Tours, nous l'avons vu, une des principales occupalions des religieux. Mais que de défectuosités, de mauvaises habitudes prises, de routine sans élan et sans fécondité entachaient trop souvent l'oeuvre des scribes !

Alcuin résolut de sortir l'École de l'ornière en rompant ouvertement avec les traditions incorrectes, pour l'engager hardiment dans la voie de la régénération et du progrès. Le génie a seul de ces coups d'ailes et de ces envolées, qui souvent renouvellent un art, une époque, un pays. Le Maître, mesurant d'un coup d'oeil la grandeur de la difficulté et aussi la certitude du succès, se mit résolument à l'oeuvre. Au bout de quelque temps, il arriva à un résultat sérieux, grâce aux excellents modèles qu'il plaça sous les yeux de ses disciples, grâce surtout à l'habileté d'interprétation et d'imitation qu'il sut leur inculquer, avec le talent de persuasion qui le distinguait.

Dans les commencements Charlemagne, enflammé comme tous les néophytes d'une intempérante ardeur pour la propagation du Vrai et du Beau, put croire à un progrès encore plus rapide. Mais Alcuin, mieux au courant des difficultés, répondit à l'empereur : « Il ne dépend ni de vous ni de moi, de faire de la France une Athènes chrétienne ; » et à ce propos, il souligne la Rusticité de ses disciples. S'il avait raison pour le temps où il parlait, il faut bien avouer qu'Alcuin eut ressenti un très vif contentement s'il eût pu prévoir alors ce que la Touraine, formée par ses préceptes, réaliserait dans l'avenir, s'il lui eut été donné d'entrevoir le merveilleux épanouissement des arts sur le sol tourangeau. D'ailleurs n'y avait-il pas là un peu de la boutade du maître, désireux de voir les progrès de ses élèves s'affirmer plus nettement?

Quoi qu'il en soit, encore un peu et grâce aux leçons d'Alcuin, Tours sera entre toutes les cités des Gaules cette « Athènes chrétienne » que le savant et le prince appelaient également de leurs voeux et caressaient de leurs rêves.

Ce jour-là Alcuin, rendant compte avec une égale sincérité des résultats obtenus, écrira à l'empereur : « Suivant votre désir, à l'ombre du couvent martinien, je nourris les uns du miel de l'Écriture, et je donne aux autres le vin fortifiant des sciences anciennes et de l'histoire ; à ceux-ci je présente les fruits de la grammaire; je dirige vers les astres du firmament les regards de ceux-là; en un mot je m'efforce d'être utile à tous, pour le plus grand profit de l'Église de Dieu et l'éclat de votre empire».

Nous n'avons à nous occuper ici, que de la section calligraphique de l'école de Tours, ou scriptorium, et certes elle n'a pas été la moins éclatante; c'est à elle, en grande partie, que l'école martinienne doit sa renommée assise sur les chefs-d'oeuvre que nous aurons à étudier. Alcuin, qui se connaissait en élèves, choisit et mit à part ceux dont l'habileté de main promettait davantage. Il les installa dans un de ces ateliers dont les miniatures du moyen âge nous dépeignent naïvement l'intérieur : des bancs, quelques tables, un certain nombre d'outils et de rouleaux de parchemins, tel était le mobilier de ces salles où, comme dans un sanctuaire, le travail s'effectuait avec un recueillement tout religieux. C'était à l'ombre de la basilique, peut-être dans les bâtiments où l'on voit plus tard la maîtrise et « l'escole capitulaire » ; je veux dire dans les maisons qui forment l'angle des rues Rapin et Julien Leroy, un lettré et un artiste de Touraine.

A l'arrivée d'Alcuin, le monastère martinien possédait un certain nombre de livres copiés par les religieux ; mais nous l'avons dit, ils manquaient de correction et présentaient une écriture pauvre et défectueuse, sans grâce et sans netteté, image véritable de l'incohérence des âges qui avaient précédé.

La pensée d'Alcuin se tourna de suite vers l'Angleterre, et il songea à sa riche bibliothèque d'York. Sans tarder, il demande à « son bien cher David » l'autorisation de choisir quelques-uns des clercs, qu'il avait amenés de son pays et qui vivaient avec lui à Tours, pour les envoyer chercher outre-Manche les livres, les modèles dont il a besoin. « Ils rapporteront en France, dit-il, les fleurs de la Bretagne; York cessera d'être un jardin fermé, la Touraine se transformera en un paradis rempli de fruits, et l'auster, en soufflant sur les rives de la Loire, emportera sur ses ailes les parfums embaumés de notre nouveau jardin. »

Lorsque Alcuin eut formé ses disciples à une bonne écriture, et qu'il fut parvenu à leur faire exécuter à leur tour de beaux manuscrits, renvoya-t’il tous les ouvrages empruntés ou plutôt ne fut-il pas autorisé à en conserver au moins un? Cette dernière hypothèse nous paraît plus vraisemblable.

 

Parmi les œuvres diverses laissées par le célèbre Alcuin (1), on remarque des poésies nombreuses. Pièces en général très courtes, elles roulent sur toutes sortes de sujets : Prières de la nuit, Inscriptions, Epîtres adressées à différents personnages, Epitaphes, Epigrammes, Enigmes, etc. N'ayant pas à m'occuper du mérite littéraire de ces compositions, j'estime rapidement que, sous une forme peu parfaite, elles renferment presque toujours une pensée juste, ingénieuse, vive et imagée.

Ce qui, à mes yeux, fait leur prix c'est qu'elles constituent une riche source de renseignements historiques elles abondent en détails curieux sur les églises et les saints sur les monastères et les personnes marquantes d'Angleterre, de France et d'Allemagne, et sur l'état intellectuel et social de ces pays, à la fin du VIIIe et au commencement du IXe siècle (2).

En parcourant avec attention les trois cent vingt-cinq poèmes qui composent l'oeuvre poétique d'Alcuin, j'ai fait une découverte par une heureuse chance, j'ai trouvé, au milieu de cette foule de morceaux variés une suite de vingt-huit pièces qui intéressent l'histoire du Poitou.

Ce sont des inscriptions qu'Alcuin a vraisemblablement composées à la demande de l'abbé Aton qui gouvernait alors le monastère de Saint-Hilaire de Poitiers et celui de Nouaillé près de Poitiers; façonnées dans le goût du moyen âge (3), elles étaient destinées, comme cela se pratiquait alors, à décorerdes églises et des oratoires, à orner des autels et des tombeaux, à désigner des hôpitaux et des lieux claustraux, dans les deux abbayes qui viennent d'être nommées. Hormis quatre seulement, que j'indiquerai en leur temps, aucune d'elles n'a été reproduite nulle part, que je sache, en sorte qu'elles peuvent passer pour inédites encore.

Avant de produire mes textes épigraphiques, je veux très sommairement : 1° déterminer ceux qui appartiennent au monastère de Saint-Hilaire, et ceux qui appartiennent au monastère de Nouaillé; 2° montrer leur importance historique 3° fixer la date de leur composition.

Il s'agit d'abord de faire à chacun des deux monastères la part des inscriptions qui leur reviennent. Le recueil des poésies d'Alcuin rangées sous deux cent soixante-douze numéros, a été publié pour la première fois par André Duchesne (4), qui ne s'est nullement occupé de la question d'attribution. Il les a données même dans un ordre un peu confus et, de plus, sans titre ni autre indication propre à faire reconnaître les personnes et les lieux auxquels elles se rapportent.

Dom Froben Forster, voulant faire une édition plus correcte, plus savante et plus compendieuse, prit de la peine pour approprier convenablement ces nombreuses pièces. A cet effet, il mit des titres à chacune d'elles, et il les accompagna de courtes annotations, quand besoin était (5).

Mais s'il n'a pas éclairci tous les doutes, si même il a fait erreur quelquefois, cela était immanquable, et n'a pas lieu de surprendre, vu la difficulté du sujet.

Ainsi, il est clair que le second éditeur d'Alcuin s'est complètement trompé à l'endroit de nos inscriptions. Se guidant d'après une interprétation très juste, fournie par Mabillon touchant l'une d'elles, qu'on doit évidemment rapporter au monastère de Nouaillé, il a proposé de les attribuer toutes au même monastère, en les classant, d'une main hésitante, sous la rubrique dubitative In quodam monasterio, forte Nobiliacensi. Cette attribution fautive était faite pour égarer le lecteur, et c'est ce qui explique pourquoi ces inscriptions sont restées ignorées

Cependant, avec un peu d'attention, il est facile de voir bientôt que plusieurs sont propres au monastère Saint-Hilaire, et ne peuvent être attribuées en aucune manière à celui de Nouaillé lequel d'ailleurs, il faut le remarquer, était à cette époque un tout petit établissement, qui sortait de ses ruines et ne comportait pas un grand nombre d'églises et d'oratoires.

Telle est la dix-huitième inscription, qui contient l'Epitaphe de saint Fortunat on sait, en effet, que l'évêque-poète avait son tombeau dans la basilique de Saint-Hilaire.

De même, l'Epitaphe de l'évêque Jean et de l'abbé Aper, qui est la quatorzième inscription se doit référer à la même basilique, où ces deux personnages étaient inhumés ainsi que l'indiquent les premiers vers.

Hujus hic pausat praeclarus Episcopus urbis

Nomine Johannes, vir pius atque bonus.

Hic requiescit Aper, hujus venerabilis abbas

Ecclesiae …..

Dans la douzième inscription destinée à orner l'oratoire de Saint-Martin et de Saint-Gelais, on a la preuve que l'oratoire en question était situé dans la ville même de Poitiers :

Hac quoque jam pausat prœsul Gelasius almus,

Clarus in urbe pater praesente …..

La neuvième inscription, relative à l'oratoire de Saint-Elidius et de Saint-Lienne, doit être forcément adjugée au monastère de Saint-Hilaire, car jamais personne n'a prétendu que saint Lienne, disciple de saint Hilaire avait été enterré à Nouaillé.

Enfin, un coup d'œil jeté sur la dixième et sur la onzième inscription suffit pour y reconnaître sans peine l'église de Saint-Pierre l'Houstault, qui s'élevait non loin de la basilique hilarienne.

J'ai assez parlé de dom Froben Forster.

Récemment, une nouvelle et spéciale édition des poésies d'Alcuin à vu le jour encore en Allemagne, par les soins de l'érudit professeur Ernest Dümmler (6). Bien supérieure aux deux précédentes pour l'exécution paléographique, elle présente un texte pur et correct que je reproduirai de préférence. Très complète, elle contient toutes les pièces parues jusque-là et quelques-unes qui étaient inédites et le nombre total des poèmes réunis par l'éditeur s'élève à trois cent vingt-cinq.

Quant à des éclaircissements historiques, à des renseignements sur les lieux et les personnes, les titres et les notes n'en apportent aucun qui soit nouveau.

Maintenant, et sans attendre une plus ample discussion, il est temps de régler la question d'attribution, et de donner, par anticipation, les conclusions auxquelles je suis arrivé.

Des vingt-huit inscriptions qui font l'objet de mon étude, j'en attribue vingt-trois au monastère de Saint-Hilaire, et cinq seulement au monastère de Nouaillé.

Parmi celles qui se rapportent au premier de ces deux monastères, j'en compte d'abord cinq pour la basilique elle-même de Saint-Hilaire une pour les portes refaites par l'ordre de l'abbé Aton ; une pour le chœur des religieux ; trois pour des tombeaux placés dans la basilique, qui sont celui de saint Fortunat, ceux de l'évêque Jean et de l'abbé Aper, et celui du moine Gunduinus.

 En second lieu, j'en trouve sept composées pour des églises et des oratoires contigus à la basilique de Saint-Hilaire, ou situés à quelque distance d'elle c'est-à-dire pour l'oratoire de Saint-Lambert et de Sainte-Cécile, pour l'église de Saint-Michel pour l'oratoire de Saint-Laurent, pour l'oratoire de Saint-Elidius et de Saint-Lienne, pour l'église de Saint-Pierre-l’Houstault pour l'oratoire de Saint-Martin et de Saint-Gelais, pour l'oratoire de Saint-André (7).

Troisièmement, il y en a dix pour des autels dédiés à différents saints, et placés tous, pensons-nous, dans la basilique de Saint-Hilaire (8).

Enfin, la dernière des inscriptions appartenant au monastère de Saint-Hilaire est relative à l'hôpital de Saint-Pierre.

Les cinq inscriptions propres au monastère de Nouaillé sont les suivantes une pour l'église dédiée à la Sainte Vierge; deux pour des lieux claustraux, le réfectoire et le dortoir; une pour l'hôtellerie, et une pour l'hôpital des pauvres (9).

On devine par l'énumération qui précède l'intérêt historique que présentent mes inscriptions.

Elles nous découvrent tout un travail de restauration accompli dans le monastère de Saint-Hilaire et dans celui de Nouaillé, à la fin du VIIIe siècle, sous l'abbatiat d'Aton, successeur d'Aper, à la suite des guerres acharnées et désastreuses que se firent pendant huit ans Pepin le Bref et Waifre, duc des Aquitains (10).

Aton, qui devint ensuite évêque de Saintes, tenait par les liens de la parenté à Charlemagne lui-même, et était un de ces abbés de race franque que la politique carlovingienne, dans un but de pacification et d'unification, mit à la tête des monastères de l'Aquitaine, qui venait d'être érigée en royaume sous l'autorité du jeune Louis, dit plus tard le Débonnaire (11).

On savait par deux chartes bien connues que cet abbé avait relevé de ses ruines le monastère de Nouaillé, et y avait rétabli l'ordre et la discipline monastique, en l'année 799. Cinq de mes inscriptions, celles-ci déjà signalées par Mabillon, confirment le fait, et nous apprennent qu'il bâtit l'église, la maison abbatiale et un hôpital pour recevoir les pauvres.

Mes inscriptions le montrent restaurant également le monastère de Saint-Hilaire; elles sont particulièrement instructives en ce point qui n'avait pas été remarqué. S'il n'est pas dit qu'il rebâtit en entier la basilique elle-même, on voit du moins qu'il exécute à l'intérieur d'importants ouvrages. Il refait les portes, répare le chœur des moines, élève de nombreux autels; il entoure d'une balustrade en pierre les tombeaux de l'évêque Jean et de l'abbé Aper, pour les mettre à l'abri de la profanation (12).

Auprès de la basilique, il construit un nouvel oratoire qu'il dédie à saint Lambert et à sainte Cécile saint Lambert, évêque de Maëstricht, et originaire comme lui du pays franc.

Deux moines do Saint-Hilaire, Arnulfus et Gunduinus, imitent le zèle de leur abbé, et relèvent à l'envi les églises et les oratoires en ruine.

On trouve avec étonnement la basilique hilarienne entourée, dès le VIIIe siècle, de deux églises, de cinq oratoires et d'un hôpital, tous monuments que l'on connaissait pour avoir existé, mais que l'on ne savait pas aussi anciens. Mes inscriptions sont autant de textes qui prouvent l'antiquité de leur fondation.

Pour toutes ces constructions et restaurations, Alcuin compose les inscriptions présentes, à la demande d'Aton.

Il est vrai que la venue d'Alcuin en Poitou se suppose et s'admet sans peine. Car l'abbé de Saint-Martin de Tours a dû visiter Poitiers et entretenir des relations avec les personnages importants qui y vivaient à cette époque. Un endroit de ses œuvres semble faire allusion à son passage en cette ville. « Le Poitou riche et fertile, dit-il dans une de ses homélies, est plus heureux et plus fier de posséder les reliques du bienheureux Hilaire que de voir flerir son commerce à l'occasion duquel se commettent bien souvent des injustices (13). »

Mes inscriptions sont la preuve péremptoire qu'Alcuin est venu à Poitiers elles font même soupçonner des rapports plus intimes qu'une étude approfondie pourra déterminer.

Enfin mes inscriptions sont importantes pour l'hagiographie. Parmi les saints nombreux qu'elles citent, elles nous révèlent un Elidius, évéque du pays des Pictes, inconnu présentement en Poitou et même ailleurs.

Elles contiennent deux autres mentions excellentes l'une sur saint Lienne, disciple de saint Hilaire, dont le lieu de sépulture, contesté jusque-là, est fixé auprès de la basilique; l'autre sur saint Gelais, évêque de Poitiers au Ve siècle.

En somme, comme on le voit, mes inscriptions font connaître des faits inédits; elles ajoutent une page nouvelle à l'histoire monastique et hagiographique du Poitou.

Une question reste à traiter ; Quand est-ce qu'Alcuin a composé les poèmes qui ont trait à nos monuments religieux et à nos saints?

Alcuin fut nommé par Charlemagne, en 796, abbé du monastère de Saint-Martin de Tours. C'est là qu'il passa les dernières années de sa vie, terminée en 804 là qu'il fut enterré.

Il faudrait donc placer dans cette intervalle de huit ans et sa venue en Poitou et la composition de mes vingt-huit inscriptions. La dédicace du monastère de Nouaillé ayant eu lieu en 799, dédicace à laquelle Alcuin a pu même assister, il s'ensuit que cette année doit être regardée comme la date des cinq inscriptions qui relatent ce fait.

On aime à se représenter ce moine anglo-saxon, cet étranger devenu si puissant à la cour de Charlemagne et établi par ce prince comme son ministre de l'instruction publique dans ses vastes États on aime, dis-je, à se représenter le grand Alcuin enveloppé dans les plis de sa coule noire, parcourant les rues et les places de la vieille cité des Poitevins, interrogeant du regard chaque objet, visitant avec une pieuse curiosité les églises et les monastères où se conservaient encore intacts et vivants les souvenirs de tant et de si glorieux personnages, baisant avec amour leurs tombeaux sacrés et célébrant leurs louanges dans ses poésies émues (14).

Je donnerai les vingt-huit inscriptions dans l'ordre offert, en général, par les Mss., et suivi par les éditions de Duchesne et de Froben; je ferai seulement exception pour celles de Nouaillé que je rejetterai à la fin, à l'exemple du savant paléographe Dummler.

 

INSCRIPTION I. Pour l'oratoire de saint Lambert et de sainte Cécile.

Egregius martyr, praesul Christique fidelis

Haec loca Lambertus iuclyta sanctus habet.

Jungitur huic patri pariter Caecilia virgo,

Virginitate potens martyrieque simul.

Ecclesiae fuerat magnus nam pastor et ille ;

Haec Christi Regis sponsa perennis erat.

Hanc humilis abbas Ato jam construxerataeedem,

Dona cui Christus donet in arce poli.

 

Dom Froben est tombé dans l'erreur en croyant qu'il fallait forcément attribuer cette inscription au monastère de Nouaillé, à cause du nom d'Aton qui y figure.

Or, malgré que j'aie fait des recherches nombreuses, je n'ai trouvé en ce lieu jusqu'à présent aucune trace de culte relatif à saint Lambert et à sainte Cécile, ni aucun vestige d'un édifice quelconque à eux consacré. Leur nom n'est nulle part mentionné aux pages de l'Histoire manuscrite de l'ancienne abbaye (15), et des quarante-six reliques que possédait autrefois le trésor, aucune d'elles ne leur est attribuée (16).

Mais je constate que les honneurs d'un culte tout particulier étaient très anciennement rendus à saint Lambert dans l'abbaye de Saint-Hilaire. Depuis plus de deux cents ans, les livres liturgiques de cette église, lesquels ne font que reproduire un texte beaucoup plus vieux, portent tous son nom inscrit au calendrier, à la date du 17 septembre, jour de sa fête; ils marquent son office sous le rite semi-double, et ils indiquent des chants à exécuter en son honneur, à certains jours de procession (17).

En outre, des titres du chartrier de Saint-Hilaire, dont un de 1461, et les pouillés du diocèse signalent deux chapellenies vicariales, dites de Saint-Lambert, à la collation du chapitre elles étaient desservies dans l'église collégiale, au XVIIe et au XVIIIe siècle (18).

Si maintenant je recherche l'endroit déterminé où s'élevait l'oratoire de Saint-Lambert et de Sainte-Cécile, je rencontre ceci, à la page 18 de l'ancien Processionnal de l'église de St-Hilaire de Poitiers « La Croix reste à la porte collatérale du côté du Cloitre, où etoit autrefois la Chapelle St Lambert, et on dit… » Voilà trouvé, si je ne me trompe, l'emplacement de l'oratoire en question; il était contigu à la basilique hilarienne, de même que celui de Saint-Laurent, dont nous parlerons plus loin.

C'est bien là l'édicule bàti primitivement par Aton et illustré par les vers d'Alcuin; car je le vois mentionné en 1127, à propos d'une restitution faite à l'église de Saint-Hilaire par un certain Geoffroi de Branteio, au sujet des droits qu'il avait usurpés dans la terre de Luzai.

L'acte a lieu dans l'oratoire même de Saint-Lambert, en présence du trésorier et des autres membres du chapitre, et de plusieurs personnages de distinction, ecclésiastiques et laïques. Excommunié par le pape et par l'évêque de Poitiers, puis venu à résipiscence, l'usurpateur déclare renoncer à tout jamais à ses empiètements et rendre ce qu'il a pris; pour donner plus de force à son serment et le rendre plus irrévocable, il jure à la vue de tous, la main étendue sur l'autel du saint et tenue, dit la charte, par Guillaume, doyen du chapitre «… Quod ut indissolubilius perseveret, ego ipse propria manu juravi, his videntibus, super altare sancti Lamberti : S. Willelmi decani, qui manum ejus ad juramenturn tenuit (19). »

Je dois consigner, à présent, sans pouvoir en donner aucune explication, la découverte suivante, faite en 1756, lors des réparations qu'on exécuta à l'intérieur de l'église de Saint-Hilaire.

 «. On a descouvert trois caveaux, l'un au milieu de la Carolle et deux plus bas à chaque costé; dans celuy du milieu pouvant contenir sept à huit personnes, il c'est trouvé un hautel soubs l'invocation de St Lambert: il paroist que l'on y a célébré quelque foys la Ste messe; dans le caveau sur la droite; pas tout à fait de la mesme grandeur, on y a trouvé une boite en plombs, en forme de cœur, où reposoit le cœur de Mr Sinblins (Saint-Belin), évesque de Poitiers et auparavant chanoine de l'église de St-Hillaire; l'autre caveau c'est trouvé rempli d'ossements humains (20). »

Saint Lambert, évêque de Maëstricht, martyrisé pour la cause de la justice, reçut le coup de mort en 709, plus probablement; en 721 ou 722, son corps fut apporté très solennellement à Liège par son successeur, saint Hubert, qui transféra en même temps le siège épiscopal dans cette localité (21).

L'abbé Aton, en bâtissant auprès de la basilique de Saint-Hilaire un oratoire pour y déposer des reliques de cet illustre martyr, me semble avoir introduit son culte chez nous, lequel, du reste, ne s'est guère propagé (22).

Sainte Cécile, associée à saint Lambert dans notre inscription, est bien connue. Jeune et riche patricienne de Rome, au II° siècle, racontent ses Actes, elle fut exécutée comme chrétienne, et mérita par sa mort héroïque d'être mise au nombre des plus célèbres martyres. Elle est honorée dans l'Église universelle, le 22 novembre, et, on le sait, les musiciens partout l'ont choisie pour patronne (23).

 

INSCRIPTION II. Pour l'autel de saint Quentin et de saint Denys, martyrs.

Quintinus martyr, pater et Dionysius aram

Hanc servent precibus semper ab hoste suis,

Doctores vitae meritis vivacibus ambo,

Sanguine qui roseo regna beata tenent.

Le martyr Quintinus placé ici avant le premier évêque de Paris, Dionysius, et qualifié comme lui du titre de doctor, ne peut être que le célèbre saint Quentin, citoyen romain et fils de sénateur, qui fut arrêté comme propagateur de la religion chrétienne, pendant la persécution de Rictius Varus, préfet du prétoire dans les Gaules, et qui fut exécuté, l'an 287, à Augusta Veromanduorum, ville municipe de la Belgique deuxième.

Son tombeau, très vénéré pendant des siècles, a donné naissance à la ville importante de Saint-Quentin (24).

 Un saint Quentin, martyrisé en Touraine, au milieu du VIe siècle, et honoré le 4 octobre, est peu connu, et n'a pas assez de lustre pour pouvoir prendre le pas sur saint Denys (25).

Saint Denys, qui fut l'un des premiers apôtres de la Gaule et dont le culte est devenu national chez nous, comptait dans notre province plusieurs églises paroissiales et prieurales, et plusieurs chapelles placées sous son vocable (26).

L'autel consacré, au temps d'Alcuin, à saint Quentin et à saint Denys, devait exister encore à l'époque de la Révolution, sur un point quelconque de la basilique de Saint-Hilaire de Poitiers car dans la liste des chapelles de la collégiale, je trouve une Capellania S. Dionysii, ad collationem Thesaurarii (27).

Et ce qui m'induit davantage à croire à l'existence de cet autel, c'est que l'ancien Propre marque, au 9 octobre, l'office de saint Denys et de ses compagnons, martyrs, sous le rite semi-double, et au 31 octobre, la commémoraison de saint Quentin, martyr (28).

 

INSCRIPTION III. Pour l'autel de saint Filibert et de sainte Agathe.

Hanc pater egregins aram Filibertus habebit,

Plurima construxit qui loca sancta Deo.

Huic quoque conjuncta est clarissima martyr Agatha,

Venerat in thalamum sanguine virgo poli.

 

 Si je n'ai pu retrouver dans la basilique de Saint-Hilaire certains autels dont mes inscriptions font foi, comme celui dont il est question en ce moment, il n'y a pas lieu de s'en étonner.

Certes, au milieu des ruines et des reconstructions qui se sont succédées durant le cours des siècles, ce n'est pas miracle si la mémoire de quelque saint a péri au sein de l'édifice sacré, tant de fois abattu et tant de fois relevé.

Cependant, comme on verra, je suis parvenu à constater l'existence de beaucoup de ces autels, au moyen de textes même très anciens.

Filibert, le Père des moines, nous appartient. Né au centre de l'Aquitaine, dans le territoire d'Elusa, ancienne ville épiscopale, aujourd'hui Eauze, dans le département du Gers, il vint, sur la fin de ses jours, chercher un refuge contre les colères du terrible Ebroïn auprès d'Ansoald, évêque de Poitiers.

Il mourut entre les bras de ses disciples, à Noirmoutiers, vers l'an 684. On conserve encore dans l'ancienne crypte de l'église le vieux sépulcre de pierre où il fut déposé après sa mort.

Ainsi que le remarque Alcuin, Filibert fut un grand bâtisseur d'églises et de monastères, et, à ce titre, je recommande l'étude de ses Actes aux archéologues. C'est sous son action puissante que des maisons de moines ou de religieuses furent fondées à Jumièges, à Pavilly et à Montivilliers, dans la Normandie; à Noirmoutiers, à Saint-Benoît-de-Quinçay, à Saint-Michel-en-l'Herm et à Luçon, dans le Poitou. Le seul monastère de Jumièges compta, dès son début, jusqu'à neuf cents moines (29).

Le nom de Filibert, composé de deux mots germaniques qui correspondent, en latin, à multum clarus ou mieux à multum dignus, doit s'orthographier, vu son origine, avec la lettre simple F, comme a écrit Alcuin, et non pas, ainsi que l'ont fait un grand nombre d'hagiographes, avec la lettre double PH, inconnue dans les idiomes du Nord (30).

Quant à la vierge Agathe, présente par ses reliques en cet autel, elle est une des plus illustres vierges martyres qui jouissent d'un culte officiel dans l'Église universelle; son nom est inscrit au canon de la messe, en tête de ceux de Lucie, Agnès et Cécile.

Elle perdit la vie sous le persécuteur Dèce, l'an 251, pour avoir préféré le lit sans tache de l'Agneau divin à la couche nuptiale de Quintien, prêteur de la Sicile (31).

L'inscription que je viens de commenter a été reproduite par dom Mabillon et par les Bollandistes, locis citatis.

 

Inscription IV. Pour l'église de saint Michel, archange.

Magnus ab arce poli (32) Michael Archangclus aulam

Hanc precibus semper servet ah hoste piis.

Quisque legas versus, pro quo exorare memento,

Pro sudore brevi ut praemia longa legat.

 

La petite église de Saint-Michel était située au milieu du cimetière qui s'étendait autrefois sur le côté nord de l'église de Saint-Hilaire, dans l'emplacement occupé actuellement par une place plantée d'arbres (33). Elle est signalée par les chartes de l'abbaye, dès l'an 913 (34) le titre paroissial qu'elle possédait très anciennement lui fut supprimé par le chapitre, le 28 juin 1315 (35).

L'archange Michel recevait aussi les honneurs du culte au sein de la basilique de Saint-Hilaire. Là, il avait un autel, qui était le siège d'une chapellenie (36), et où on allait en procession tous les dimanches du temps pascal et le dimanche dans l'octave de l'Ascension (37). En outre, il figurait parmi les douze saints dont les noms étaient inscrits dans les Laudes ou Acclamations qu'on avait coutume de chanter pendant la messe canoniale, les jours de fêtes solennelles (38).

Chef de la milice céleste, le plus puissant des anges, ces premiers protecteurs des hommes auprès de Dieu, l'archange Michel est représenté, par l'Écriture, luttant contre le diable et lui disputant le corps de Moïse (39). De là, sans doute, l'usage de l'invoquer dans les prières liturgiques de la sépulture, pour qu'il prenne sous sa sauvegarde les âmes des fidèles au sortir de leurs corps, et pour qu'il les introduise dans le séjour de la lumière éternelle (40). De là, sans doute, l'usage très ancien de construire sous son vocable des oratoires, des églises, au milieu des cimetières (41).

Pour preuve, sans aller bien loin, je trouve une autre inscription d'Alcuin, composée pour une église bâtie dans le cimetière du monastère d'Elnon, en l'honneur de saint Michel, de saint Pierre et de saint Amand; elle est intitulée : In cimiterio Sancti Amandi (42).

Et encore, les œuvres de Raban Maur, évêque de Mayence, l'un des plus illustres disciples d'Alcuin, nous offrent trois inscriptions métriques, relatives à une église de Saint-Michel, qui s'élevait au centre du cimetière du monastère de Fulde, en Allemagne; dans les imprimés, elles portent ces titres : In cœmeterlo fratrum in ecclesia sancti Michaelis, in primo altare; In sinistro altare; In dextro altare (43).

L'église de Saint-Michel, placée auprès de la basilique de Saint-Hilaire, à Poitiers, n'était pas, en Poitou, la seule de ce nom qui fut bâtie au milieu des sépultures, pour mettre les cendres des morts sous la protection du prince de l'armée angélique, vainqueur du dragon infernal.

Je constate que l'usage chrétien indiqué ici a été en vigueur en plusieurs endroits; je citerai notamment Charroux (44), Lussac- les -Châteaux (45), dans le département de la Vienne, Thouars (46), Fors, canton de Prahecq (47), dans le département des Deux-Sèvres.

 

Inscription V. Pour l'autel de saint Sulpice évêque et de sainte Colombe, vierge martyre.

Sulpitius praesul, pastor, patriarcha fidelis,

Auxilium nobis hic ferat iste pium.

Inclyta martyrio pariter hic virgo Columba

Defendat precibus tecta sacrata Deo.

 

Deux évêques de Bourges, tous deux couronnés de l'auréole de la sainteté, ont porté le nom de Sulpice (48).

Sulpice Ier, le Sévère, placé dans la liste le vingt-cinquième, siégea de l'an 584 à l'an 591 (49). Sorti d'une des premières familles sénatoriales de la Gaule, «  il s'est rendu remarquable, dit le Martyrologe romain, par ses vertus et par sa doctrine. » Son jour natal tombe le 29 janvier.

On l'a confondu longtemps avec Sulpice Sévère, l'historien célèbre du Ve siècle.

Sulpice II, le Pieux, dont l'épiscopat court de l'an 624 à l'an 644, est le vingt-neuvième évêque de Bourges (50). Ce fut l'un des plus saints pontifes de l'église primatiale de l'Aquitaine. « Sa vie et sa mort précieuses, dit encore le Martyrologe de l'Église universelle, furent illustrées par des miracles éclatants ». Il est honoré le 17 janvier.

Son culte a toujours été plus répandu que celui de Sulpice le Sévère. Actuellement, il est encore titulaire de plusieurs églises paroissiales dans les diocèses de Poitiers et de Luçon (51).

A cause de cela, je pense que c'est lui qu'a en vue notre inscription. Et la chose est rendue presque certaine, si on fait attention à la qualification de patriarcha, accolée ici par Alcuin au nom de Sulpitius. Sans doute, Alcuin ne fait que répéter saint Didier, vulgairement saint Géry, évêque de Cahors, qui, en tête d'une de ses lettres (52), donne à Sulpice le Pieux, son métropolitain, le titre de patriarche, en sa qualité de primat de l'Aquitaine (53).

Parmi plusieurs vierges martyres du nom de Colombe, inscrites dans les Martyrologes, deux sont plus distinguées, et l'une ou l'autre doit s'identifier avec celle de notre inscription.

La première, jouissant d'une immense célébrité, fut martyrisée à Sens dans les Gaules, la veille des calendes de janvier, l'an 273, Aurélien étant empereur (54).

L'autre, honorée le 17 septembre, souffrit la mort pour Jésus-Christ à Cordoue, en Espagne, pendant la persécution suscitée par les Arabes mahométans contre les chrétiens, sous le califat de Mohammed Ier, en l'année 853 (55).

Vu cette dernière date, postérieure à Alcuin, il est clair que notre inscription se réfère forcément à la vierge martyre de Sens.

 

Inscription VI. Pour l'autel de saint Amand et de sainte Agathe.

Hac honor ecce tuus, praesul Amandus, in ara

Jam colitur, nobis tu auxiliare pater.

Virgo sacrata Deo nec non veneratur Agatha ;

Hic simul haec nobis auxiliumque ferat.

 

Les recueils hagiographiques mentionnent plusieurs évêques nommés Amand, Amandus.

Un des plus connus, grand ami de saint Paulin de Nole, était évêque de Bordeaux, et vivait encore au commencement du second quart du  Ve siècle (56).

Mais le plus célèbre est celui qui fut évêque de Maëstricht, et que nous pouvons regarder un peu comme nôtre.

Car Amand, fils de Genesius et d'Amantia, personnes riches et nobles, naquit dans le pagus Herbatilicus ou, selon Grégoire de Tours, Arbalilicus pays d'Herbauge formant, au temps des Mérovingiens, la partie occidentale du Poitou (57).

Une île voisine, l'île d'Yeu où, tout jeune, il fit sa profession monastique, fut le théâtre de ses premiers miracles.

Après être resté assis sur le siège de Maëstricht pendant près de quarante ans, il mourut nonagénaire, en 679, d'après les uns, en 684, d'après les autres, plein d'œuvres et de vertus. On l'enterra, suivant sa volonté, dans le monastère qu'il avait fondé à Elnon, lieu où s'élève aujourd'hui la ville populeuse de Saint-Amand-les-Eaux, dans le département du Nord (58).

Alcuin avait une prédilection spéciale pour notre saint nous remarquons qu'il se plut à orner son tombeau et son église d'inscriptions en vers, analogues à celles de Saint-Hilaire et de Nouaillé (59).

J'admettrais donc que cet Amand, évêque de Maastricht, d'origine poitevine plus illustre que les autres saints du même nom, est celui dont parle notre sixième inscription. Je suis d'autant plus porté à le croire, que je vois les chanoines de Saint-Hilaire célébrer solennellement sa fête chaque année, le 6 février (60).

Saint Amand de Maëstricht était aussi honoré sur quelques autres points du Poitou (61).

 

INSCRIPTION VII. Pour le chœur des moines.

Quam dilecta, Deus, mihi sunt tua templa, Sabaoth,

Virtutum Dominus, rex meus atque Deus!

Te, Pater aime, meum cor, te caro quœrit ubiquc

Tuque Deus vivus gaudia magna mihi.

Quique tuis tectis habitant, sunt valde beati,

Et resonant laudes hi tibi perpetuas.

Hic mihi, quaeso, domum tribue, mitissime Pastor,

Utque tuas laudes hic sine fine canam.

 

Au-dessus de ces quatre distiques, dom Froben a inscrit ces mots : Desiderium habitandi in domo Dei. Titre vague, n'indiquant ni l'objet précis des vers d'Alcuin ni la place qu'ils occupaient dans la basilique de Saint-Hilaire.

Je propose d'y voir une inscription faite pour le chœur des religieux, lequel, on le sait, formait, dans les anciennes églises monastiques, une partie distincte et tout-à-fait séparée de la partie réservée aux fidèles; c'est là qu'ils s'assemblaient, et le jour et la nuit, pour prier et célébrer ensemble l'office canonial. Les poésies de Raban Maur contiennent deux inscriptions qu'on voyait autrefois tracées sur les murs de chacun de ces chœurs dans la basilique du monastère d'Hersfeld, en Allemagne; l'une a pour titre : In fronte chori inferioris, quem laicorum appellabant l'autre In vestibulo chori superioris (62).

Au reste, Alcuin lui-même a composé pour le monastère de Saint-Martin de Tours une autre inscription destinée également au choeur des religieux. Elle est intitulée dans l'édition do Froben In via ad ehorum; c'est le LXXII» poème du recueil.

L'inscription métrique de Saint-Hilaire renferme un sens qui me, semble clair; on ne pourrait convenablement lui trouver une autre interprétation, ni lui donner une autre destination que celles que j'imagine.

Les érudits, ceux qui préfèrentlireles textes originaux eux-mêmes, me pardonneront de placer ici une traduction qui pourra plaire à d'autres.

Que tes temples me sont chers, Dieu des armées,

Seigneur des vertus, mon Roi et mon Dieu !

Père bienfaisant, mon cœur, mon être tout entier te cherche partout;

0 toi, le Dieu vivant, tu es toute ma joie.

Qu'ils sont heureux ceux qui habitent sous tes toits,

Et qui font sans cesse retentir tes louanges.

Très doux Pasteur, accorde-moi ici, je te prie, une place,

Afin que j'y chante sans fin tes louanges.

 

Inscription VIII. – Pour l'oratoire de saint Laurent, martyr.

Hanc levita Dei meritis Laurentius aedem

Inclytus exornet, Domini jam plenus amore;

Quem nec flamma vorax vicit, nec vincula, ferrum;

Per gladios, ignes cselum conscendit in altum.

Ecce Dei famulis faciens suffragia semper,

Adjuvat atque suos cultores, credimus, inde.

 

L'oratoire de Saint-Laurent, pour lequel Alcuin a fait ces vers qui ne manquent ni de force ni d'harmonie, est très reconnaissable dans la chapelle de Saint-Laurent, qui était attenante au cloître de la basilique de Saint-Hilaire, et dont parlent, à plusieurs reprises, les documents de cette abbaye.

Cette chapelle existait encore à la fin du siècle dernier, et on y allait faire des stations, à certains jours « Le II. Novembre, Tierce étant finie, la Procession se fait dans les Cloîtres et dans l'Église. On commence, en sortant du Chœur, les sept Psaumes de la Pénitence. On dit les deux premiers jusqu'à la Chapelle de saint Laurent, qu'on termine par Requiem aeternam, etc. (63) »

Ayant beaucoup souffert, lors des guerres de religion, elle fut comprise dans les grands travaux de réparation que nécessita, à la fin du xvi° siècle, l'état ruineux de la collégiale.

Voici, en effet, ce que porte le Devis des réparalions à faire à l'église de St-Hilaire, daté du 21 août 1377 « Avons veu et visité la cherpente et couverture de la chapelle sainct Laurent joignant ledict vieux chappitre; laquelle cherpente est entièrement ruinée et s'en va par terre en brief, par le moyen de ce que les murailles de ladicte chapelle s'imbrèvent tellement qu'il convient refaire tout à neuf la cherpente de ladicte chapelle et couverture d'icelle; ce qui coustera mille livres tournois (64). »

Un acte du 14 mai 1476 appelle notre oratoire indifféremment : Capella beati Laurencii et Ecclesia beati Laurencii (65). C'était sans doute le siège des deux chapellenies vicariales, dites de Saint-Laurent, qui relevaient directement du chapitre, et dont les titulaires étaient tenus, d'après le livrede la Chambre Apostolique, d'assister à toutes les Heures canoniales (66).

Le nom de saint Laurent figurait dans les Laudes qui se chantaient, comme nous avons dit, aux messes solennelles de l'église collégiale.

 

Inscription IX. -Pour l'oratoire de saint Elidius, évêque, et de saint Lienne, prêtre.

Hic quoque sanctorum pausant duo corpora patrum,

Elidius praesul Pictensis gloria plebis,

Inclaususque pater meritis Leonius almis.

Arnulfus frater templum renovaverat istud,

Pramia cui Christus tribuat per secla salutis.

 

On peut traduire ainsi :

Ici repose également le corps de deux saints Pères :

De l'evêque Elidins, gloire de la nation Picte,

Et du Père Leonius, tout rempli de mérites.

Le frère Arnulfus a restaure cet oratoire;

Que le Christ lui accorde pendant l'éternité la récompeuse du salut.

 

Cet évêque Elidius, picte de nation, dont le corps était gardé avec vénération dans le monastère de Saint-Hilaire, à la fin du VIIIe siècle, est un saint qu'aucun de nos monuments hagiographiques ne mentionne, et qui apparaît à nous pour la première fois.

Hors du Poitou, on connaissait déjà un Elidius qui fut martyrisé en 674, en compagnie de saint Prix, évêque de Clermont, et de saint Marin ou Amarin, abbé, et dont les reliques sont honorées encore de nos jours à Volvic, en Auvergne (67).

 Un autre Elidius ou Elydius, évêque d'un siège indéterminé, est désigné dans une légende tirée par Mabillon du monastère de Saint-Savin, comme ayant été à Rome le maître et le précepteur d'un autre saint Marin, moine, qui fut mis à morten Maurienne, par les Sarrasins, vers 731, et dont les reliques ont été longtemps conservées dans le monastère que je viens de nommer (68). Il s'agirait donc de rechercher si notre Elidius n'a pas quelque chose de commun avec l'un de ces deux autres Elidius, surtout avec le second, à cause de la présence des reliques de saint Marin, son disciple, à Saint-Savin.

Mais cet examen exige certains développements; je remets à le faire plus tard, dans mon Hagiographie Poitevine que je prépare, et où je traiterai de tous les saints appartenant au Poitou, à un titre quelconque. Je noterai seulement, au regard de la nationalité de notre saint, désignée par l'épithète Pictensis, que, s'il est question ici de l'ancien pays des Pictes, situé au nord de l'Ecosse, nos archives poitevines possèdent un document authentique de la fin du IIe siècle, qui signale, vers ce temps, une immigration de prêtres et de moines Scots en Poitou (69).

Le chef de la colonie, nommé Ronanus ou Romanus, fut placé à la tête du petit monastère de Mazerolles, et il serait actuellement honoré en qualité de patron dans l'église paroissiale de cette localité, d'après le docte Mabillon (70).

Même, bien avant cette époque, on constate que des communications ont existé entre les Iles Britanniques et notre pays. Les légendes cambriennes disent qu'un noble jeune homme, du nom de Kébius ou Kuby, vénéré maintenant comme un saint sur toutes les côtes occidentales de la Grande-Bretagne, se fixa à Poitiers au V° siècle, et demeura durant cinquante ans, auprès du tombeau de saint Hilaire, opérant toutes sortes de miracles. Après quoi, il fut élevé à la dignité épiscopale par l'évêque puis, sur un ordre du ciel, il retourna dans sa patrie (71).

Saint Fridolin qui devint abbé du monastère de Saint-Hilaire, au commencement du VIe siècle, et qui fit la translation du corps du grand évèque, venait aussi de ces îles fameuses dont les habitants étaient fort portés pour les voyages pieux et les pèlerinages. Sa présence à Poitiers y attira même deux de ses parents, bretons comme lui, qui, paraît-il, restèrent après lui dans le monastère de Saint-Hilaire et y furent enterrés (72).

M. Ch. de Sourdeval, dans l'Ancienne navigation sur le littoral septentronal de la Vendée n'a pas manqué de relever ces faits et de les utiliser pour sa thèse (73).

Ainsi, et je reviens à Elidius, il ne serait pas étonnant qu'un évêque, originaire de la Grande-Bretagne, fût venu dans nos contrée, et y eût trouvé avec la mort une sépulture honorée.

Le second personnage, cité par notre inscription, est plus connu. C'est Lienne, Leonius, que la liturgie poitevine nous dépeint comme le disciple préféré de saint Hilaire, son compagnon dans l'exil, celui qui l'assista à sa mort et qui reçut son dernier soupir (74).

Une charte, sans date précise, maintenant perdue, charte que le chanoine Rapaillon avait vue, ce et qu'il croyoit de Guillaume 3, duc de Guyenne, comte de Poitou et abbé de St-Hilaire (75), aprenoit que Ingelelinus, son féal et vassal, seigneur de la Roche-sur-Yon, à qui ce comte avoit donné l'église qui estoit dans le bourg dudit lieu, employa le crédit dudit comte de Poitou auprès des chanoines de St-Hilaire pour luj faire bailler, par présent, le précieux corps de St Lienne (76). »

C'était jusqu'à présent la plus ancienne mention que nous eussions de ce saint. Mon inscription que personne n'a encore signalée, nous reporte à deux cents ans plus haut.

Elle a une autre importance : elle fixe auprès de la basilique de Saint-Hilaire-le-Grand le lieu d'inhumation de saint Lienne, que l'on plaçait communément, à la suite de l'annaliste Bouchet (77), dans l'église même de Saint-Ililaire-de-la-Celle.

je ne m'explique pas comment cette opinion a pu prévaloir en l'absence même de tout texte positif, elle est inacceptable.

Le titre de disciple de saint Hitaire est ce qui illustre et ce qui recommande saint Lienne aux yeux de la postérité. Or, si on place sa sépulture dans l'église de Saint-Hilaire-de-Ia-Celle, église dont l'emplacement, au dire des savants (78), était sis intra muros, on ne peut plus admettre son discipulat, et on est forcé de voir en lui un saint étranger, dont on aurait apporté d'ailleurs les reliques, à une époque donnée. Car, selon la juste remarque de dom Fonteneau en cet endroit des Mémoires du chanoine Rapaillon (79), la loi romaine qui défendait les inhumations à l'intérieur des villes était, au IVe siècle, en pleine rigueur, et, si Hilaire lui-même a dû recevoir la sépulture au milieu du cimetière commun, hors de l'enceinte urbaine, peut-on supposer qu'un simple prêtre, comme était Lienne, ait pu jouir d'un privilège qui semble avoir été refusé à l'évêque?

Mon inscription tranche la question jusque-là controversée, en plaçant auprès de la basilique de Saint-Hitaire-le -Grand l'oratoire où fut enterré et où reposait encore, au VIIIe siècle, pausat, le corps de saint Lienne.

il y aurait donc lieu de corriger la légende du Propre Poitevin en ce sens, et, à la place de « sepultus in sacello sancti Hilarii aedibus adjuncto »

Saint Lienne était très honoré dans la basilique de Saint-Hilaire on y faisait son office le 1er février, sous le rit semi-double ; il était mentionné dans les laudes chantées aux messes solennelles (80), et je conjecture que le nom de Lionet donné à une des principales cloches de la collégiale, au XVIe siècle, désignait notre saint (81).

Le frère Arnulfus, qui restaura l'oratoire de Saint-Elidius et de Saint-Lienne, était un moine de Saint-Hilaire, que nous retrouvons deux autres fois dans l'histoire de l'abbaye : en juillet 780, il signe un échange de terres et de serfs, consenti entre l'abbé Aper et Hermenbert, prieur de Nouaillé (82) ; il assiste, en 799, à la dédicace de ce dernier monastère, rétabli par Aton, et signe l'acte solennel qui en fut dressé (83), en compagnie de Madatfredus, autre moine de Saint-Hilaire, dont le musée de la Société des Antiquaires de l'Ouest possède l'inscriptiou tumulaire (84).

 

INSCRIPTION X. Pour l'église de saint. Pierre, apôtre.

Petrus apostolicus princeps pius adjuvet hic nos,

Cujus honore sacro constant haec tecta dicata.

Qui sibi commissum pastor conservet ovile,

Protegat atque regat donis eaelestibus illud,

Perpetuas nobis portas et pandat Olympi.

 

INSCRIPTION  XI. Pour l'hôpital.

Hic locus hospitibus pateat venientibus (85) ultro,

Semper erit quoniam susceptus in hospite Christus.

Sitque minister ovans fesso servire vianti,

Et lavare pedes peregrinis gaudeat ille.

Haec exempla dedit Christus pietatis amator :

Ille prior plantas lavavit discipulorum.

Haec faciens frater speret sibi praemia magna

In eaelis tribui, Christi praecepta secutus.

Semper amate Deum, fratres, et vosmet amate :

Diligit ille Deum, verus qui est fratris amator.

 

Je traduis ces vers tout simples qui respirent l'amour le plus pur pour les pauvres, et d'où s'exhalent les plus exquis parfums de la charité chrétienne. On fera aussi la remarque qu'au VIIIe siècle, comme de nos jours, l'office de portier du ciel était dévolu à saint Pierre.

Que le bienheureux Pierre, prince des apôtres, nous vienne ici en aide,

Sous ces toits sacrés élevés en son honneur.

Que, bon pasteur, il conserve le troupeau confie à ses soins,

Qu'il le protège et le gouverne par la grâce divine,

Et qu'il nous ouvre pour l'éternité les portes du ciel.

 

Que ce lieu soit ouvert à tous les hôtes qui viendront;

Car c'est toujours le Christ qu'on reçoit dans la personne des hôtes.

Que le frère ministre s'empresse avec joie de servir le voyageur fatigué,

Et de laver les pieds aux pelerins.

Le Christ, plein d'amour, nous a donné l'exemple de la charité :

Le premier il a lavé les pieds à ses disciples.

Qu'ainsi faisant, le frère espère qu'une grande récompense

Lui sera accordée dans le ciel, pour avoir suivi les préceptes du Christ.

Aimez toujours Dieu, mes frères, et aimez-vous les uns les autres :

Celui-ci aime Dieu, qui aime vraiment ses frères.

 

Il est impossible de ue pas reconnaître dans cette double inscription l'église de Saint-Pierre-l'Houstault, qui s'élevait à quelques pas de la basilique de Saint-Hilaire, et à laquelle était adjoint, à l'origine, un hôpital d'où elle a pris son surnom. Elle est mentionnée dans les chartes de la collégiale, dès 967 (86).

Je trouve chez l'historien Dufour, au sujet de cette église, une confusion inexplicable (87). L'église de Saint-Jean-1'Houstault dont il parle m'est complètement inconnue. Une chose est rendue évidente et certaine par nos inscriptions c'est que l'établissement hospitalier de Saint-Pierre existait à la fin du VIIIe siècle; il ne faudrait donc pas croire qu'il est dû à Guillaume-Fier-à-Bras, duc d'Aquitaine et abbé de Saint-Hilaire, qui, par sa charte de janvier 989, a fondé auprès de Saint-Hilaire un hôpital nouveau, ou a peut-être rétabli simplement l'ancien qui pouvait être ruiné (88).

Saint-Pierre-l'Houstault était église paroissiale dès le temps d'Alcuin, si l'on veut bien donner à ces deux vers un sens favorable.

Qui sibi commissum pastor conservet ovile,

Protegat atque regat donis caelestibus illud.

Elle le fut jusqu'à la Révolution. Le dernier édifice ayant servi au culte, bâtiment en forme de carré long, de fort triste apparence, subsiste encore, et se voit au centre de la rue, appelée comme l'église, et à cause d'elle, Saint-Pierre-l'Hospitalier il sert parfois aux usages religieux de la paroisse (89).

L'apôtre saint Pierre recevait aussi les honneurs du culte au sein de la basilique de Saint-Hilaire; son nom venait dans les Laudes après ceux de la sainte Vierge et de saint Michel (90), et deux fois l'an au moins, le mercredi des Cendres et le quatrième dimanche après Pâques, le chapitre visitait processionnellement l'eglise paroissiale de Saint-Pierre-l'Houstault (91).

 

INSCRIPTION XII. Pour l'oratoire de saint Martin et de saint Gelais, évêques.

Pontificalis apex, praeclarus in orbe sacerdos,

Virtutum meritis Martinus maximus auctor,

Haec sacrata sibi defendat tecta patronus,

Adjuvet atque preces nostras pietatis amore,

Ut Deus omnipotens famulorum vota suorum

Impleat, et donis eaetestibus augeat illos.

Sit pius et clemens nobis rex optimus ille.

Hac quoque jam pausat praesul Gelasius almus,

Clarus in urbe pater praesente, et doctor honestus,

Praecipuus meritis, vivax sermone salutis.

Hanc renovavit enim jam Gunduin presbyter (92) aulam,

Ductus amore patrum, tribuat cui praemia Christus

Mitis in aeternum felici in sede polorum.

 

Voici la plus intéressante de mes inscriptions. Les sept premiers vers regardent saint Martin, évêque de Tours, que le Poitou a le droit de revendiquer comme l'un de ses propres patrons, et dont le culte, au dire d'Alcuin, était, dès le temps, répandu dans le monde entier.

 La seconde partie de l'inscription nous occupera davantage. Elle est relative à l'un des premiers évêques de Poitiers, à saint Gelasius ou Gelais, qui vient dans la liste le troisième après saint Hilaire, et qu'on fait vivre vers le commencement du V° siècle.

Célèbre par le culte spécial qui lui a été rendu autrefois à Poitiers, et dont il jouit encore dans la paroisse qui porte son nom, aux environs de Niort, on ne sait rien sur lui, et il n'est connu que par les listes épiscopales plus ou moins anciennes que nous possédons. « Pour saint Gelais, disent les auteurs du Gallia christiana, nous ignorons quel il fut; nous lisons seulement que son corps reposait dans la basilique de Saint-Hilaire de Poitiers (93). » L'historien Dufour va jusqu'à émettre des doutes sur son épiscopat (94).

Au milieu de l'incertitude et de l'obscurité de l'histoire, le chercheur est heureux quand il peut mettre la main sur un document ancien, lumineux, authentique, qui éclaire, qui précise et qui fixe les faits d'une façon positive. Aussi j'éprouvai une véritable joie, lorsque je lus pour la première fois les vers d'Alcuin que je traduis littéralement :

 

Ici repose également le grand évëque Gelasius,

Père celèbre dans cette ville et docteur illustre,

Remarquable par ses mérites, zélé prédicateur de la parole du salut.

Le prêtre Gunduinus a rétabli cet oratoire,

Par amour pour ces deux Pères. Que le doux Christ

Lui accorde pour l'éternité sa récompense dans l'heureux séjour.

 

 Texte précieux, qui établit d'une manière certaine l'existence historique et l'épiscopat d'un de nos plus anciens pontifes, qui fournit sur un de nos saints les plus honorés un très bel éloge, bon à être inséré dans la liturgie, si jamais on compose pour saint Gelais un office propre.

A quelques exceptions près, on sait peu de choses sur la vie des premiers évêques poitevins, et l'existence historique du grand nombre n'a d'autre preuve que l'insertion de leurs noms dans tes catalogues manuscrits du XIIe siècle.

D'autre part, les documents écrits relatifs à l'histoire civile et ecclésiastique du Poitou, au Ve siècle, sont extrêmement rares. Hommes et choses de ce temps demeurent à peu près complètement ignorés, et le récit authentique qu'on en ferait tiendrait en moins d'une page.

Désormais, on pourra inscrire avec certitude soit dans les listes épiscopales, soit dans les annales de la province, le nom de l'évêque Gelasius et l'on devra relater le rôle civilisateur qu'il a joué.

A l'aide de mon inscription, je le vois, à l'entrée de ce V siècle si profondément bouleversé (95) poursuivant avec ardeur sur tous les points de son vaste diocèse, au milieu des irruptions des Barbares, l'œuvre essentielle de l’évangélisation, commencée par Nectaire, premier évêque des Poitevins, et continuée par Libère, Agon, Justin, et surtout par l'illustre Hitaire.

Après de longs travaux, l'évêque Gelasius s'endort en paix, ayant mérité, au témoignage d'Alcuin, le titre glorieux de prédicateur zélé de l'Évangile.

Mon inscription n'avait pas été signalée encore (96); elle peut être considérée comme tout à fait inédite.

Il ne reste plus trace de l'oratoire qui abritait les reliques de saint Martin et les restes vénérés de saint.Gelais. Je croirais qu'il était situé très près de la basilique de Saint-Hilaire, et qu'il aura été englobé dans la grande construction de 1049, comme celui de Saint-Lienne. Une ancienne chapelle de Saint-Martin, siège d'une chapellenie qui était à la collation du trésorier, existait dans l'église collégiale avant la Révolution (97) c'était peut-être un souvenir de l'oratoire disparu.

Le pieux Gunduinus, qui mit tant de zèle à relever l'habitation des deux saints, était un moine de Saint-Hilaire; car je retrouve sa signature à côté de celle d'Arnulfus, au bas de la charte de 780 que j'ai citée (98). Il dut mourir avant la fin du siècle, et Alcuin traça son épitaphe très louangeuse qui forme la vingt-troisième de mes inscriptions.

 

INSCRIPTION XIII. Pour l'autel de saint Côme et de saint Damien, martyrs.

Hac duo germani Cosmas, Damianus in ara

Jungnntur siquidem semper honore pari.

Quos terris genuit uno de viscere mater,

Par genuit fratres martyrinmque polo.

 

Le souvenir de ces saints s'est perdu dans la basilique de Saint-Hilaire; on ne les trouve mentionnés nulle part.

Je suppose plus loin qu'ils étaient honorés primitivement à un même autel, conjointement avec saint Gervais et saint Protais; en ce cas, le culte de ces derniers aura prévalu aux dépens du culte des premiers.

Saint Côme et saint Damien étaient deux frères nés en Arabie, qui pratiquaient ia médecine à Égée, ville maritime de la Cilicie il; subirent un glorieux martyre, sous l'empereur Dioclétien, l'an 287, plus probablement (99).

Ils ont joui dans toute l'Église, dès les premiers siècles, d'un culte célèbre. L'une des stations des fidèles, à Rome, se faisait à leur église. Les livres de la liturgie romaine contiennent leur office et leur messe propres, à la date du 27 septembre; et, ce qui est particulier à un petit nombre de saints, leurs noms sont insérés dans le canon de la messe.

Disons encore que les médecins et les chirurgiens les ont pris pour patrons, et que les Grecs leur donnent le surnom de ????, parce qu'on prétend qu'ils exerçaient leur art gratuitement.

Grégoire de Tours n'a pas manqué de constater le pouvoir surnaturel, attribué à saint Côme et saint Damien, de rendre la santé aux malades il parle de guérisons sans nombre obtenues de son temps par leur intercession; il marque qu'il plaça lui-même de leurs reliques, à Tours, dans la cellule qu'avait habitée saint Martin, auprès de l'église cathédrale (100).

Ces saints martyrs étaient honorés sur plusieurs points du pays poitevin (101).

 

INSCRIPTION XIV. – Épitaphe de Jean, évêque de Poitiers, et d'Aper, abbé de Saint-Hilaire.

Hujus hic pausat praeclarus episcopus urbis

Nomine Johannes, vir pins atque honus.

Hic requiescit Aper, hujus venerabilis abbas

Ecclesiae, pastor promptus in omne bonum.

Sed pedibus populi fuerant calcata sepulchra,

Nec paries cinxit, ut decuit patribus.

Hoc Ato non suffert, Aperi successor honoris,

Corpora calcari sacra patrum pedibus ;

Sed monumenta brevi placuit concingere muro,

Pervia ne populi busta forent pedibus;

Addidit et nostrae statuit pia signa salutis,

In quo Salvator victor ab hoste redit.

insuper altare statuit venerabile Christo,

In quo pro patribus hostia sacra foret,

Ut Deus omnipotens requiem concederet illis,

Cum sanctis pariter semper in arce poli.

 

 

C'est la plus connue de mes inscriptions; elle a été indiquée et citée par les auteurs à plusieurs fois (102). La restitution du texte, publié par Duchesne d'une manière inexacte, est due à dom Mabillon. Je prends plaisir à redonner en français ce poème curieux.

Ici repose l'illustre évêque de cette ville

Nomme Jean : homme pieux et bon.

Ici repose Aper, vénérable abbé de cette église,

Pasteur zélé pour toute sorte de bien.

Les tombeaux de ces Pères étaient foulés aux pieds par le peuple,

Faute d'une balustrade pour les protéger, comme il convenait.

Aton, le successeur d'Aper dans la dignité abbatiale, ne put souffrir

Que les corps sacrés de ces Pères soient ainsi foulés aux pieds :

Il s'empressa d'entourer les monuments d'une balustrade en pierre,

Pour les mettre à l'abri de la profanation des passants.

Il plaça là, en outre, le signe sacré de notre salut,

Sur lequel le Sauveur est demeuré vainqueur de l'Ennemi.

Il y a aussi élevé au Christ un autel,

Où la victime sainte puisse être immolée pour ces Pères,

Afin que Dieu tout-puissant leur accorde le repos éternel

Avec les saints, dans la demeure céleste.

 

Jean II, évêque de Poitiers, ligure sur les listes épiscopales, immédiatement avant Bertrand, qui est mentionné dans la charte de fondation de l'abbaye de Charroux, charte datée de l'année 785 (103).

 On ne sait rien de ses actes, et, en dehors des catalogues, il n'est connu que par notre inscription.

Alcuin dit simplement de lui : Vir pius atque bonus. Ces quatre mots valent le meilleur des panégyriques. Que peut-on dire, en effet, de plus beau, à la louange d'un évêque, que ceci « Il fut pieux et bon. Après cela, Jean II a le droit de prendre place parmi les pontifes qui ont le plus illustré, par leurs vertus, le siège épiscopal de Poitiers. Aper est rangé au nombre des abbés de Saint-Hilaire entre Abbon, qui paraît en 775 (104), et Aton, qui vient en 794.

On pense qu'il est le même personnage que Jepro ou AEpro, désigné dans deux chartes de l'année 780, comme abbé de Saint-Hilaire (105). Outre qu'il y aurait lieu d'invoquer, à l'appui de ce sentiment, la similitude approchante des formes onomastiques Aper et Jepro, AEpro, l'inscription d'Alcuin dit en termes clairs qu'Aton est le successeur d'Aper : Hoc Aton non suffert, Aperi successor honoris. Jepro ne peut donc être différent d’Aper.

L'abbé Aper se montre la première fois, en 780, à propos d'un échange de terres et de serfs, qu'il conclut avec Hermenbert, alors préposé au gouvernement du petit monastère de Nouaillé. Le précieux parchemin qui contient le texte original du contrat se conserve dans les Archives départementales de la Vienne; il est malheureusement un peu rongé par le temps.

 Au bas de l'acte, s'étalent les signatures autographes de l'abbé Aper et de dix-huit de ses moines, toutes accompagnées de notes tironniennes et de paraphes très compliqués. Nous y retrouvons celles d'Arnulfus et Gunduinus, deux personnages dont il a été question dans les inscriptions précédentes (106).

Un fait plus important a mis davantage en lumière le nom de l'abbé Aper.

Paul Warnefrid, plus connu sous le nom de Paul Diacre, avait été attiré en France par Charlemagne, pour son profond savoir dans lit littérature grecque et la littérature latine (107). Après plusieurs années passées à la cour, enseignant le grec aux clercs du roi franc, revisant les livres liturgiques, compilant les ouvrages des anciens grammairiens, le moine lombard voulut visiter la France. A Metz, où il séjourna quelque temps, il rédigea, à la demande de l'évêque Angelramne, l'Histoire des Evêques de cette ville.  

Il vint à Poitiers, ainsi qu'il le raconte lui-même au livre n, chapitre 13 de ses Gesta Longobardorum. Là, il s'empressa d'aller prier au tombeau de l'évêque Fortunat, dont il se glorifiait, c'est tout à croire, d'être le compatriote. Car tous les deux étaient originaires de la Haute-Italie, et avaient vu le jour dans des pays voisins, situés, l'un aux environs de Trévise, l'autre quelque distance d'Aquilée (108).

L'abbé Apcr, profitant de l'occasion, pria t'illustre visiteur, dont le renom littéraire avait pénétré jusqu'en Aquitaine, de laisser, en souvenir de son passage, quelques vcrs pour orner la sépulture de l'évoque, poète comme lui.

Alors Warnefrid, invoquant sa muse, composa une épitaphe en douze vers, restée célèbre; c'est le plus ancien monument connu, qui établisse la sainteté de Fortunat, et qui constate l'existence de son culte, à cette époque reculée.

 J'aurai soin de reproduire ce texte précieux, plus loin, en un lieu où il sera plus à sa place. Ceci devait se passer vers 785 (109) on aurait, dans cette hypothèse, un nouvel argument én faveur de l'identité d'Aper et de Jepro. Le soin qu'Aton mit à enclore d'une balustrade les tombeaux de Jean et d'Aper donne à penser que, tout en agissant pour un motif de religion et par un pieux respect pour les morts, l'abbé de Saint-Hilaire avait à cœur aussi de veiller à la conservation matérielle de ces monuments funéraires, monttmenta, comme dit Alcuin, qui devaient être construits avec art et ornés de riches sculptures.

Il faut dire que des auteurs poitevins (110), se trouvant en présence d'une inscription unique pour deux sépultures, ont cru que nos morts n'avaient pas eu chacun un tombeau séparé ils ont prétendu «  qu'ils avaient été inhumés, tous les deux, dans un bisome,  espèce de tombeau où chaque mort a sa place particulière ».

Cette opinion me sourirait assez, si les expressions employées par Alcuin n'avaient l'air d'y contredire.

Toutefois, le fait des deux sépultures rapprochées l'une de l'autre, comme à dessein, pourrait faire supposer qu'un lien intime, soit d'étroite amitié, soit même de parenté, a dù unir pendant leur vie ceux que l'on a cherché à réunir après leur mort.

C'est pourquoi, je croirais volontiers que c'est à l'autel élevé par Aton près de leurs tombeaux que se rapportent l'inscription qui précède et l'inscription qui suit celle de Jean et d'Aper, c'est-à-dire l'inscription de saint Côme et de saint Damien, frères et martyrs, et l'inscription de saint Gervais et de saint Protais, également frères et martyrs. Dans ma conjecture, Aton, en dédiant le nouvel autel à ces sortes de saints, aurait voulu faire allusion aux rapports qui avaient existé entre les illustres défunts.

A propos des derniers vers de notre épitaphe, je ferai remarquer aussi, avec dom Frobcn Forster, que nous trouvons là une belle preuve en faveur de la coutume, immémoriale dans l'Église chrétienne, de prier pour les morts et d'offrir pour eux le saint sacrifice.

 

INSCRIPTION XV. Pour l'autel de saint Gervais et de saint Protais, martyrs.

Gervasius martyr simul atque Protasius almus

Hac duo germani pariter venerantur in ara;

Quos tulit una dies terris simul unaque caelo,

Martyrio similes, similes fervore fidei.

La basilique de Saint-Hilaire possédait un autel de Saint-Gervais et de Saint-Protais, auquel une et même deux chapellenies étaient attachées, si on en croit les pouillés « Capellania fundata ad altare sanctorum Geruasii et prothasii, per defunctum Dominum Petrum de Gammara » ; « Capellania Duchafaut, ad altare dictorum Geruasii et Prothasii (111) »

D’après Actes, qui remontent à une haute antiquité, saint Gervais et saint Protais, frères jumeaux, furent martyrisés à Milan, sous l'empereur Néron, premier persécuteur des chrétiens (112). Ce fut par suite d'une révélation divine que saint Ambroise découvrit leurs corps profondément enterrés, mais parfaitement conservés. Le fait de cette intention merveilleuse et les miracles qui l'accompagnèrent répandirent le culte de ces saints dans tout le monde chrétien et surtout dans les Gaules. Tout près de nous, à Tours, en particulier, une église était bâtie en leur honneur, dès le V siècle (113).

Les reliques de saint Gervais et de saint Protais, de nouveau perdues durant le cours du moyen âge, ont été de nouveau retrouvées, le 9 août 1871, avec celles de saint Ambroise, sous le grand autel de la basilique Ambroisienne, à Milan (114).

De bonne lieure, les deux martyrs ont été classés parmi les saints qui doivent être honorés d'une manière spéciale dans t'Eglise universelle. Le bréviaire et le missel romains contiennent leur office et la messe de leur fête, qui se célèbre le 19 juin.

L'ancien Poitou comptait, à ma connaissance, sans parler des chapelles, cinq églises paroissiales placées sous leur vocable : celle de Saint-Gervais, canton et arrondissement de Ruffec, département de la Charente; celle de Saint-Gervais, canton de Beauvoir-sur-Mer, département de la Vendée; celle de Civaux, canton de Lussac-les-Chateaux; celle de Saint-Gervais, canton de Leigné-sur-Usseau; et celle de Saint-Gervais de Curcay, canton des Trois-Mouticrs, département de la Vienne (115).

Plus haut, j'ai dit que l'autel élevé par l'abbé Aton auprès des tombeaux de Jean et d'Aper pourrait bien être celui de Saint-Gervais et de Saint-Protais, dont l'inscription nous occupe en ce moment. On verra si ma conjecture a de la vraisemblance.

 

INSCRIPTION  XVI. Pour la porte de la basilique de Saint-Hilaire.

Porta domus Domini haec est et regia caeli,

Haec tibi pandit iter sancti et sacraria templi,

Quo (116) mox invenies magnos requiescere Patres.

Sit tibi spes precibus horum praeclara salutis :

Si tu corde pio, prostrato et corpore poscis,

A Christo scelerum veniam, peccator, habebis.

Nullatenus dubius sacri tere limina templi :

Omnia credenti praestat pia gratia Christi.

Fecerat has valvas arae pius abba minister,

Ut mandavit Ato fratrum venerabilis abbas.

Ingrediens templum pro quo intercede, viator,

Ut Deus omnipotens illum conservet ubique.

 

Le troisième et le quatrième vers démontrent clairement qu'il ne convient pas d'attribuer cette inscription à l'église de Nouaillé, comme a fait le second éditeur d'Alcuin.

Elle venait d'être relevée de ses ruines par Aton, et, malgré les généreux efforts de celui-ci, elle n'avait pu être rebâtie avec toute la splendeur désirable, puisque, trente ans plus tard, une nouvelle construction fut jugée nécessaire pour être plus en rapport avec l'accroissance du monastère.

Sa crypte ne possédait pas encore le corps de saint Junien, et aucun autre saint n'avait été enterré sous les dalles neuves (117).

 Mais vieille et auguste était déjà, au temps d'Alcuin, la basilique de Saint-Hilaire. Bâtie au milieu du cimetière chrétien primitif (118), elle garde dans son sein et elle abrite de son ombre séculaire les restes sacrés de nos pères dans la foi. Nulle part, en Poitou, la terre n'est aussi sainte en aucun lieu, autant de saints n'ont laissé avec leurs ossements vénérés leur nom et leur souvenir glorieux. Elle est la nécropole sacrée de la cité épiscopale.

C'est là que dorment en paix, au nord et au midi de la basilique, groupés autour des cellae (119) sépulcrales des évêques Nectaire (120) et Agon (121), ces premiers chrétiens, qui eurent le courage d'abjurer le culte national des idoles, et qui se séparèrent de leurs concitoyens pour embrasser la religion du Christ.

Dans la basilique, Hilaire repose glorieusement entre sa sainte femme et sa pieuse fille Apra, ayant non loin de lui son disciple bien aimé, saint Lienne, et la vierge Triaise (122), qui reçut de ses mains bénies le voile des diaconesses.

 

Saint Libère, saint Justin, saint Gelais, saint Quintien (123), saint Fortunat, Jean II, presque tous les évêques de Poitiers jusqu'au IXe siècle, viennent mêler leurs dépouilles sanctifiées par la vertu et la religion à cette terre trois fois sainte (124) : exceptons saint Anthème, regardé comme martyr par quelques-uns, lequel mourut et fut enterré à Jonzac, près de Saintes, et saint Pient, mort, dit-on, à Melle et inhumé dans cette ville.

Des évêques étrangers, Thaumaste, dont parle avec éloge Grégoire de Tours (125), et Elidius y élisent leur sépulture, sur laquelle les peuples viennent bientôt en foule s'agenouiller et prier des abbés et des moines vénérables, comme Aper et Gauduinus, y sont inhumés avec pompe sans compter la foule des fidèles, morts dans les âges de foi, qui se presse, nombreuse, sous le sol, au dedans et au dehors de la grande basilique poitevine.

Alcuin qui, de ses yeux, voyait encore debout et en place, et ces édicules funéraires, et ces tombeaux, et ces inscriptions toutes choses depuis longtemps à jamais disparues, hélas ! Alcuin pouvait les signaler l'admiration et à la vénération du pieux visiteur, il pouvait évoquer les ombres de tous ces grands personnages enterrés là :

Quo mox invenies magnos requiescere Patres.

Sit tibi spes precibus horum paeclara salutis

D'après l'inscription, ces portes (126), qui pouvaient être quelque ouvrage remarquable, avaient été exécutées, sur l'ordre d'Aton, par l’abbé-ministre (127) : ce qui marque peut-être qu'Aton était, pour lors, monté sur le siège épiscopal de Saintes, et qu'il avait établi un administrateur pour gouverner le monastère en son absence et à sa place, mais sous son autorité et sous sa direction. Ainsi, il est le premier, d'après les textes, qui joignit à la charge d'évêque celle d'abbé de Saint-Hilaire.

Dans le cours du IXe siècle, trois évêques de Poitiers possèdent l'abbatiat Fridebestus, qui siègea en 834, Ebroin son successeur, et Egfredus, mort en 900.

Après cela, le titre d'abbé de Saint-Hilaire, titre devenu dans la suite purement honorifique, passa abusivement aux comtes de Poitou, et de ceux-ci aux rois de France (128).

Les derniers vers de cette inscription, gravée à l'entrée de la basilique, exposée à tous les regards, sont une marque de l'affection qu'Alcuin portait à Aton, et une preuve de leur amitié commune le bon abbé de Saint-Martin de Tours invite le pieux voyageur, le pèlerin, viator, venant pour visiter le tombeau de saint Hilaire, à prier pour le vénérable abbé Aton, afin que Dieu, dans sa toute puissance, le conserve où qu'il soit, ubique.

 

INSCRIPTION  XVII. Pour l'oratoire de saint André, apôtre.

Discipnlus Christi verus primusque secutor

Haec regat Andreas tecta sacrata sibi.

Adferat auxilium nobis habitator Olympi,

Ut nostrae ad Christum perveniant lacrymae,

Exaudire pius caetesti Christus ab arce

Dignetur famulos semper ut ille suos.

 

Je crois pouvoir très justement identifier l'oratoire de Saint-André, célébré par Alcuin, avec la chapelle ou église de Saint-André qui s'élevait autrefois un peu eu avant de la basilique de Saint-Hilaire (129), et dont la démolition fut ordonnée par le chapitre, en 1772, à cause de l'état de ruine où elle se trouvait (130). La double inscription suivante, gravée sur les deux faces d'une plaque de plomb (haut. 08 c. 003 millim. et larg. 12 c. 005 millim.), a été trouvée, à cette époque, sous la table de l'autel (131).

Face supérieure.

HEC SVNT RELIQViE SCOR MRM

VRBANI PAPE ET  MRIS

CRISANTI ET DARIE MRM

SCI HIRENEI MARTIRIS

ANNO AB INCARNACIONE   DNI M C LX II

IN HOC ALTARI REPOSITE IIII KL SEPT

Revers.

HEC RELIQVIE IN HOC ALTA

RI FVERVNT IN DEDICACI0

NE ECCLIE  REPOSITE

PETRVS AVRIENSIS EPS CANONI

CVS SCT HILARII  COSECRAVIT  ECCEIA

 

En cette année 1162, un acte important, consenti entre divers nobles personnages, est dressé en présence de Gervais, trésorier de Saint-Hilaire, apud Pictavim juxta ecclesiam beati Andree  (132).

Maître Jean de Coussai, chanoine de la collégiale, par son testament du 29 novembre 1263, laisse un legs en faveur de Pierre chapelain de Saint-André : «  Item do lego prebendam meam futuram bladi et vini…domino Petro capellano sancti Andree (133) »

 C'est à cette même chapelle, sans nul doute, qu'un autre chanoine, Giraud de Farges, fait une donation plus importante, vers la fin du XIVe siècle. Une maison ou hôtel dit de Saint-André, situé dans la rue de la Tranchée, est indiqué par plusieurs titres du chartrier de la collégiale comme dépendant de la chapelle fondée par lui, et appelée de son nom (134).

Toujours est-il que des deux chapellenies de Saint-André mentionnées par les pouillés à Saint-Hilaire, il y en avait une sûrement qui était encore desservie, au dernier siècle, en notre oratoire (135). Lorsqu'on le démolit, en 1772, on transporta le service à l'intérieur de la collégiale, à l'autel de Saint-Fortuné (136).

J'ajouterai que saint André jouissait d'un certain culte dans l'église de Saint-Hilaire. Il est à croire qu'aucun autel ne lui était spécialement consacré mais les Laudes solennelles (137) faisaient mention de lui, et le clocher, au XVIe siècle, possédait une cloche du poids de trois mille, qui portait son nom (138).

 

INSCRIPTION XVIII. Épitaphe de Fortunat, poète chrétien.

Hac qunque praesenti praesul requiescit in aula

Fortunatus enim vir, decus ecclesiae,

Plurima qui fecit sanctorum carmina metro,

Concelebrans sanctos laudibus hymnicidis.

Qui sermone fuit nitidus sensuque fidelis,

Ingenio calidus, promptus et ore suo.

 

En regard des vers d'Alcuin, mettons ceux que l'enthousiasme et l'admiration pour un compatriote, évêque et poète renommé en son temps, a inspiré à Paul Warnefrid, qui se piquait, lui aussi, de cultiver avec succès les muses latines.

En ces siècles de barbarie, Paul Warnefrid, en effet, passait pour un Virgile, aux yeux de ses contemporains. On sait qu'il est l'auteur de l'hymne « Ut queant laxis », adoptée par l'église pour l'office de saint Jean-Baptiste, et devenue fameuse dans l'histoire de la musique c'est de la première strophe que le moine Gui d'Arezzo a tiré les syllabes qui servent à dénommer les notes de la gamme.

Voici l'épitaphe métrique, dictée par la muse du poète lombard, en l'honneur de Fortunat :

Ingenio clarus, sensu celer, ore suavis,

Cujus dulce melos pagina multa canit,

Fortunatus, apex vatum, venerabilis actu,

Ausonia genitus hac tumutatur humo.

Cujus ab ore sacro sanctorum gesta priorum

Discimus : haec monstrant carpere lucis iter.

Felix, quae tantis decoraris, Gallia, gemmis,

Lumine de quarum nox tibi tetra fugit.

Hos modicos prompsi plebeio carmine versus,

Ne tuus in populis, sancte, lateret honor.

Redde vicem misero ne judice spernar ab aequo,

Eximiis meritis posce, beate precor (139).

 

On voit par tes termes « hactumulatur humo », que les vers de Paul Diacre étaient destinés à être placés sur le tombeau même de Fortunat.

L'inscription d'Alcuin, composée sur le vu de la précédente, plus courte qu'elle de moitié, concise à dessein, faisant effort pour ne pas répéter sa devancière, ne me semble pas avoir eu la même destination ; d'après l'expression : « Hac….praesent….in aula », je présume qu'elle devait être fixée sur les murs de la chapelle où était renfermée la sépulture de l'évoque, dans le but de l'indiquer aux yeux du pèlerin et du visiteur.

Cependant, la poésie d'Alcuin a cela de remarquable qu'elle est, par ordre de date, le troisième document qui accorde à Fortunat le titre d'évêque, titre que des auteurs modernes lui ont contesté bien à tort (l40).

On relèvera aussi d'expression : «  decus ecclesiae la gloire de l'Église. »

Par ses hymnes sacrées, que chante encore l'Église universelle, par ses poésies inspirées et brillantes, en l'honneur de Dieu et des saints, le dernier des poetes latins a jeté sur son nom et sur la ville qui l'a accueilli dans son sein une illustration impérissable. L'épitaphe tracée par la main d'Alcuin a été peu citée; je la trouve reproduite seulement par le cardinal Luchi (141).

 

Après saint Hilaire et sainte Radégonde, saint Fortunat est le plus illustre des saints de l'Église de Poitiers, et il a toujours été l'un des plus honorés d'entre eux.

Dans la basilique de Saint-Hilaire, l'office de sa fête se célébrait solennellement chaque année à son jour propre, le 14 décembre ; son nom était inscrit à côté de celui de saint Hilaire, dans les Laudes ou Acclamations que l'on chantait avant l'épitre, à certaines fêtes, ainsi que je l'ai déjà dit plusieurs fois (142). Une des quatre cloches était placée sous son vocable (143). Une très riche châsse contenait ses restes précieux (144). Une chapelle située du côté du nord, auprès du clocher (145), lui était dédiée, et était le siège de deux chapellenies (146). On y conservait encore son tombeau, vide sans doute, en 1562, époque où il fut violé et brisé par les protestants, ainsi qu'il est établi dans les Faits et moyens articulés par les chanoines de la collégiale contre les auteurs du pillage de leur église, pour obtenir réparation du dommage qu'ils avaient éprouvé « ….tous lesdicts huguenots et séditieux. ….arrachèrent et ouvrirent et bruslèrent les tumbeaux des corps saincts de ladicte église, et mesmement les tumbeaux de sainct Hilaire, sainct Fortuné, sainct Fridolin, et d'aultres chrestiens et grands personnages….. (147) »

Dreux du Radier, qui écrivait en 1734, dit que, « vers le Chevet de l'Eglise, il a vu les restes de son Tombeau (148). »

J'ajouterai encore que le culte de saint Fortunat, aujourd'hui fort diminué, semble avoir été très répandu autrefois dans l'Aquitaine.

Pour le sûr, trois paroisses de l'ancien diocèse de Saintes et plusieurs chapelles du diocèse de Poitiers, portant le nom de Saint-Fort, avaient pour patron liturgique l'évêque de Poitiers (149). D'après cela, on serait amené naturellement à se demander si le nom de Fort ne résulte pas par apocope de celui de Fortunat, et, par suite, si le saint Fort de Bordeaux, évêque et martyr, dont les actes demeurent tout à fait inconnus, mais dont le culte reste très populaire entre la Loire et, la Garonne, et même au delà de ces deux fleuves (150), n'est pas le même que notre saint Fortunat de Poitiers.

Question grave et importante que l'hagiographe bordelais devra étudier aussi bien que l'hagiographe poitevin, et qui réclame de leur part, non une solution complète, difficile à obtenir quant à présent, mais une certaine élucidation, possible, à mon avis, au moyen de recherches sérieuses et impartiales.

 

INSCRIPTION XIX. Pour l'autel de saint Étienne protomartyr.

Nobilis hac Stephanus colitur protomartyr in ara,

Vim faciens caelo, dum prior astra petit.

A terra ad caelum lapidum sibi grandine scala

Haec erat, ut Christum cerneret arce poli.

 

La basilique de Saint-Hilaire contenait un autel de Saint-Etienne où le chapitre allait en procession tous les dimanches de l'année, excepté pendant le temps pascal.

Voici l'ordre de cette procession : Après l'aspersion, on se rendait successivement à l'autel de la Trinité, à l'autel de la sainte Vierge, à l'autel de Saint-Etienne, à l'autel de Saint-Jean et à l'autel de Tous-les-Saints à chaque station, on chantait l'antienne, le verset, le répons et l'oraison propres; puis on rentrait dans le chœur où on chantait également un répons, un verset et une oraison en l'honneur de saint Hilaire (151).

Une chapellenie, à la collation du trésorier du chapitre, était desservie à l'autel de Saint-Etienne (152). Enfin, saint Etienne était un des douze saints que comprenaient les Laudes de Saint-Hilaire (153).

Ce petit poème contient une image pittoresque qu'il ne faut pas laisser passer inaperçue. « La grêle de pierres qu'on fit pleuvoir sur le premier des martyrs, dit heureusement le poète, lui servit comme d'une échelle pour monter au ciel. »

 

 

INSCRIPTION XX. Pour l'autel de saint Jean, évangéliste.

Hoc altare tenet Christi symmista (154) Johannes,

Qui super in caena pectora sancta cubat.

Qui secreta poli sacro de fonte bibebat,

Hanc totam precibus protegat ille domum.

 

Cet autel de Saint-Jean-l'Evangétiste, orné par Alcuin d'une inscription en quatre vers, je le trouve existant dans la basilique de Saint-Hilaire, au mois de mai 988-996.

Par un bail à complant, Rainon, sous-doyen de la collégiale, concède à Salomon, chantre de la même église, deux pièces de terre d'égale contenance, sous certaines conditions, et l'acte est dit souscrit dans la basilique de Saint-Hilaire, près de l'autel de Saint-Jean-l'Évangéliste « Jam nominatus Raino et Arbertus hanc chartam firmaverunt in ecclesia domni Hylarii justa altare sancti Johannis evangeliste (155). »

Le présent texte, ancien comme l'on voit, confirme pleinement ce que j'ai avancé, à savoir que les dix autels dont Alcuin donne ici les inscriptions avaient leur place au sein de la basilique de SaintHilaire.

Un titre du 8-27 juillet 1577 nous montre l'autel de Saint-Jean-l'Evangéliste s'élevant dans une chapelle de ladite basilique (156).

La procession, qui avait lieu avant la messe, y faisait une station tous les dimanches de l'année, hors ceux du temps pascal (157).

La chapelle de Saint-Jeau-l'Evangéliste était aussi le siège d'une chapellenie, à la collation du trésorier (158).

  

INSCRITION XXI. Pour l'autel des saintes Vierges-Martyres.

Virginibus sacris hoc est altare dicatum,

Corpora nam quarum templa fuere Dei.

Sanguine vel roseo caeli quae regna tenebunt,

In fragili sexu fortia bella gerunt.

 

Les pouillés et les documents de Saint-Hilaire sont muets sur cet autel ; du moins mes recherches n'ont pu me faire rien découvrir.

 

INSCRIPTION  XXIL Pour l'autel de tous les saints Martyrs.

Martyribus, mundum quinam vicere triumphis,

Omnibus haec praesens ara dicata micat.

Per gladios, ignes, et per tormenta, flagella

Mentibus intrepidis regna beata petunt.

 

Dans cet autel de tous les Saints-Martyrs, je crois reconnaître l'autel que les pouillés et les titres de saint Hilaire désignent sous le vocable de Tous-les-Saints; uue chapellenie du même nom, à la collation du maître-école, y était desservie: « Capellania omnium Sanctorum est ad collationem Domini Scholostici (159) »

De plus, on allait en procession à cet autel, tous les dimanches de l'année qui tombaient en dehors du temps pascal; les formules liturgiques qu'on chantait à cette station ont trait absolument aux saints martyrs (160).

On sait que la fête instituée, en 835, en l'honneur de tous les Saints, par le pape Grégoire IV, et célébrée le 1er novembre, chez les Latins, n'a fait que remplacer la fête de tous les Martyr, établie, en 609, par Boniface IV, lors de la dédicace du Pantheon de Rome, converti en église, sous le nom de Sainte-Marie-aux-Martyrs, dite vulgairement Notre-Dame-de-la-Rotonde.

 

 

INSCRITPION XXIII. Épitaphe de Gunduinus, moine.

Haec diruta quidem renovavit templa sacerdos

Gunduinus magno ductus amore Dei,

Justitiae cultor, vitœ melioris amator,

Providus ingénie, cautus in eloquio.

Reddat in aeternum mitis (161) cui praemia Christus:

Illius hic corpus pausat in hoc tumulo.

 

Dom Froben Forster se demande si se prêtre nommé ici Gunduinus est le même que celui qui est appelé Gunduin dans l'inscription de l'oratoire de Saint-Martin et de Saint-Gelais.

Il est hors de doute pour moi que c'est le même personnage. Représenté par Alcuin, en ces deux endroits, comme un zélé reconstructeur d'églises, les mêmes expressions à peu près sont employées, ici et là, pour louer ses généreuses entreprises, exécutées par amour pour Dieu, et pour lui souhaiter la récompense du ciel, seule digne de ses travaux.

Gunduinus était moine à Saint-Hilaire, ai-je dit plus haut; en effet, nous le voyons, dès l'année 780, au mois de juillet, apposant, le troisième, sa signature orthographiée Gundoenus, au bas de l'acte d'échange consenti entre Aper et Hermenbert (162).

Ce n'était pas seulement un homme habile en l'art de la construction il se distinguait encore par sa haute vertu

Aimant et pratiquant la justice, soupirant après une vie meilleure; Prudent en ses actions, sage en ses paroles.

Pour tout cela, il fut inhumé avec honneur dans la basilique de Saint-Hilaire, et il mérita une épitaphe en vers et l'éloge d'Alcuin.

 

INSCRIPTION  XXIV. Pour l'église du monastère de Nouaillé, dédiée à la sainte Vierge.

Haec loca quae cernis, lector, venerabilis aulae

Partibus ecclesiae, fuerant ecclesia quondam.

Sed pater et pastor supplex Ato sustulit ista

E terris (163), quoniam nimio dilexit amore,

Virgo Maria, Dei genitrix tu intacta Tonantis,

Tu regina poli, vitae spes maxima nostrae :

Ut tibi cultus, honor fieret memorabilis isthic,

Tu quoque respiceres solita pietate precantes

Hic famulas famulosque Dei, mitissima Virgo.

Tu precibus nostris semper clementer adesto,

Atque dies nostros precibus rege semper ubique,

Ut nos conservet Jesu pia gratia Christi.

 

Une petite celle, dépendante du monastère de Saint-Hilaire, existait à Nouaillé, dès le VIIe siècle au moins, puisque l'évêque Ansoald est cité au nombre de ses bienfaiteurs.

Ruinée sans doute, ainsi que tant d'autres établissements religieux, pendant la guerre d'Aquitaine, le pieux et zélé Aton entreprit de la relever et de l'ériger en monastère.

Les travaux achevés et la dédicace célébrée solennellement, Alcuin composa, à la demande du noble fondateur, son ami, cinq inscriptions, restées comme un faible souvenir d'événements lointains, à demi oubliés. Mabillon, tout le premier (164), a reconnu que ces inscriptions intéressantes se rapportent au monastère de Nouaillé, et qu'elles ont trait à la restauration accomplie par Aton.

Il y faut attacher d'autant plus de prix qu'en dehors d'elles, deux chartes, que je dois faire connaître, sont les seuls documents capables de nous renseigner sur ce fait important qui fut, pour le monastère en question, le point de départ d'une existence nouvelle et plus florissante.

La première est un diplôme de Louis, roi d'Aquitaine, donné le 3 août 794, par lequel il prend sous sa protection la nouvelle fondation.

Le prince, dans un haut et noble langage, dit « Qu'il lui semble juste que le pouvoir royal accorde son appu iaux bons catholiques, aux prêtres, aux clercs et aux pauvres, qui ont recours à sa clémence; car il est persuadé que le Christ, dans sa divine miséricorde, l'écoutera d'autant plus favorablement qu'il aura mieux accueilli les légitimes demandes de ceux-ci. Que le seigneur Aton, diacre et abbé du monastère de Saint Hilaire, homme magnifique et son parent, lui a présenté les edits du très glorieux roi Charles, son père, qui prescrivaient d'établir des moines, devant vivre selon la règle de Saint-Benoît, dans la petite celle de Nouaillé, dépendante de Saint-Hilaire et située en un lieu, très propice pour loger les serviteurs de Dieu et pour recevoir les pauvres.

 Que ledit abbé Aton, homme vénérable, son parent, très fidèle sujet du seigneur son père et de lui, l'a suplié de confirmer la nouvelle fondation et les biens qui en dépendent, biens donnés soit par Aton lui-même, soit par Hermenbert, préposé au gouvernement de ladite celle, soit même antérieurement par les évêques de Poitiers, Ansoald, Eparchius et Gausbertus, ou bien par de pieux fidèles. Qu'il confirme de grand cœur, toutes ces possessions, par révérence pour le bienheureux patron Saint-Hilaire, qu'il exempte les moines des charges publiques et de la juridiction de ses envoyés, ministres et employés, et cela, dans l'espérance qu'ils seront plus empressés de prier Dieu pour la conservation de son royaume (165). »

 

 

Le rescrit royal est souscrit par l'évêque Regimpertus (166), chapelain de Louis, et par plusieurs seigneurs de sa cour; il fut donné dans le palais royal de Jocondiac (167), en Limousin, le 3 des nones d'août, la XXVe année du règne de Charlemagne, et la XIV année du règne de Louis d'Aquitaine.

On voit là que l'abbé Aton est diacre, personnage distingué, de noble extraction, puisque le roi Louis, par deux fois, l'appelle son parent. Mabillon suppose que l'abbé Aton se rattachait par les liens du sang à la reine Hildegarde, mère de Louis le Débonnaire, et que, par conséquent, il était parent du jeune prince par alliance (168).

Les édits, statuta, invoqués ici, nous paraissent être les lois capitulaires édictées par Charlemagne pour le rétablissement des églises et des monastères ruinés par les dernières guerres.

En 768, Pépin, rendu définitivement maître de l'Aquitaine par la mort de Waifre, s'était empressé, en politique sage et avisé, de publier une sorte d'édit de pacification élaboré, l'année précédente, dans le synode tenu à Bourges.

Ce fut pour longtemps comme la loi constitutive du pays Aquitain les premiers articles ont trait à la restauration des églises et des monastères et au rétablissement de la discipline ecclésiastique, car l'Église avait beaucoup souffert, au milieu de luttes prolongées, qui avaient jeté partout le désordre (169).

Charlemagne rappela plusieurs fois la loi de son père, et en recommanda fortement l'observation, notamment, en 779, dans le capitulaire donné à Héristal, en Belgique (170) ; et nous voyons encore qu'en 789, il charge spécialement ses Missi Dominici de s'assurer avec soin si elle était mise à exécution (171).

C'est sous l'influence de cette loi fondamentale qu'une ère heureuse de renovation religieuse et sociale s'ouvre pour le nouveau royaume d'Aquitaine c'est en vertu de prescriptions toujours en rigueur, qu'en Poitou, par exemple, nombre d'églises et plusieurs monastères furent rebâtis, et que des établissements nouveaux furent créés (172).

Enfin c'est, à mon avis, l'exécution rigoureuse de cette loi, qui, plus que toutes les libéralités royales, a fait que le nom de Chalemagne est resté attaché à tant de fondations religieuses (173).

Muni du diplôme royal, dont je viens de donner un bref commentaire, Aton met aussitôt la main à l'œuvre de la reconstruction projetée. Il est activement aidé par Hermenbert, placé à la tête de la nouvelle congrégation, et en moins de cinq ans l'entreprise semble achevée.

Un titre heureusement conservé, daté de mars 799; est comme l'acte de dédicace du nouveau monastère.

Document curieux au commencement, Aton informe, en termes solennels, la postérité du fait important qui vient d'avoir lieu.

« Au nom de Dieu, dit-il, moi, Aton, humble et dernier serviteur des serviteurs de Dieu, évêque de l'église cathédrale et collégiale de Saint-Pierre de Saintes, abbé du monastère de Saint-Hilaire de Poitiers, sur l'ordre du glorieux roi Charles (174), et après avoir soumis mon projet au noble roi Louis, aux grands de son palais et aux bons catholiques, j'ai reconstruit le monastère de Nouaillé, placé sous le vocable de Saint-Hilaire, et j'y ai établi des moines.

 Pour l'entretien de ceux-ci et pour les besoins des pauvres, j'ai rendu à ce monastère les petites localités qui lui avaient été enlevées il y a longtemps, c'est-à-dire : Jouarenne (175), située entre Alonne et le ruisseau de la Clouère, et Caunay (176), situé dans le pagus de Brioux. Je supplie humblement le Seigneur d’augmenter dans la suite ces biens en faveur de ses fidèles serviteurs, et ke conjure tous mes successeurs de n’y jamais toucher, ni d’en distraire quoi que ce soit. »

Après cela, Hermenbert prend la parole en disant « Que lui et ses moines promettent au noble et très pieux pontife Aton, leur père et leur pasteur, que chaque jour, tant qu'ils vivront, ils célébreront une messe pour lui, et qu'à toutes les heures de l'office divin ils réciteront, à son intention, un psaume suivi d'une oraison, et qu'après eux leurs successeurs en feront autant. »

Suivent, dans la transcription du texte, incomplet en cet endroit, dix-sept signatures seulement, parmi lesquelles nous relevons celles d'Arnulfus et de Madalfredus, moines de Saint-Hilaire, plusieurs fois cités. La charte est datée du mois de mars XXXIe année du règne du roi Charles (177).

Aton s'intitule ici évêque de la ville de Saintes, et se dit toujours abbé de Saint-Hilaire.

Des auteurs ont mal entendu ce passage. Coupant le texte en deux, ils font de l'évêque de l'église cathédrale et canoniale de Saint-Pierre de la ville de Saintes un chanoine de Saint-Pierre de Poitiers (178).

On s'étonne, à bon droit, que les monuments écrits de l'église de Saintes soient absolument muets à l'égard d'un personnage tel qu'était Aton, dont le zèle a dû se montrer aussi actif chez les Santons que chez les Poitevins.

Je hasarderai une idée pour donner à croire que son influence n'a pas été complètement nulle. Si les souvenirs historiques et légendaires relatifs à Charlemagne sont demeurés plus persistants en Saintonge qu'en d'autres pays, si la tradition, sans doute véritable, qui proclame Pépin et son fils comme les bienfaiteurs et même les fondateurs de l'église cathédrale de Saint-Pierre, s'est conservée vivace dans le cours des siècles (179), cela ne serait-il pas dû à la présence de l'évêque franc sur le siège de Saintes?

 Celui-ci aura tout fait pour conserver la mémoire des rois de la dynastie franque auxquels il était apparenté.

Il est marqué que deux localités, soustraites longtemps avant, ont été rendues à Nouaillé par Aton signe évident de l'état de ruine et de pauvreté où était tombée l'humble celle. Du reste, les biens avaient dit être envahis au temps de Waifre; on le voit par certaines revendications exercées de la part du prêtre Hermenbert dans trois plaids (180).

La fondation de Nouaillé, accomplie par Aton, marque une phase nouvelle dans l'existence de l'abbaye de Saint-Hilaire.

 A ce moment, l'antique maison de moines, bâtie sur le tombeau de celui qui fut l'initiateur de la vie monastique en Gaule, se sécularise et se transforme en une collégiale de chanoines, comme firent, à la même époque, beaucoup d'autres monastères, notamment celui de Saint Martin de Tours (181).

 Cependant, au milieu du relâchement général, des âmes zélées veillent à la conservation de l'institution monastique, et, dans un style grave, Mabillon nous représente Nouaillé comme une arche de salut préparée pour sauver du naufrage les derniers restes du monachisme prêt à sombrer.

Les cinq inscriptions d'Alcuin, qu'il faut à présent passer en revue, confirment de tout point le contenu des deux chartes que j'ai analysées. Elles parlent clairement d'un monastère fondé par l'abbé Aton; elles signalent une église, des bâtiments claustraux pour loger les moines, une hôtellerie pour recevoir les étrangers et les voyageurs, et un hôpital pour garder et nourrir les pauvres (182). Le sens général qui ressort de la première inscription transcrite plus haut n'est pas douteux une humble et petite église existait autrefois à Nouaillé; l'abbé Aton éleva à la place une autre église plus spacieuse, plus belle, pour en faire un sanctuaire renommé en l'honneur de la sainte Vierge.

Les deux premiers vers présentent quelque difficulté pour une interprétation littérale (183) :

Haec loca quae cernis, lector, venerabilis aulae

Partibus ecclesiae, fuerant ecclesia quondam.

Le mot aula, d'après Du Cange (184), comporte trois sens, et signifie, selon les cas, église, nef, atrium. Il est remarquable qu'Alcuin, qui s'en sert fréquemment, l'emploie presque toujours dans le premier sens. Comme ici ce mot aula se rencontre avec le mot ecclesia, il est de toute évidence qu'il ne peut désigner le corps entier de l'église, mais une partie de l'église seulement, la partie intérieure et centrale, la nef, croyons-nous.

Je traduirai donc de la façon suivante, en attendant qu'un autre trouve mieux :

Ces lieux que tu vois, lecteur, dans l'emplacement de la nef vénérable De cette église, étaient autrefois une église ;

C'est le Père et le Pasteur Aton, pieux et zélé, qui les a relevés,

A cause de l'ardent amour qu'il a eu pour toi,

0 Vierge Marie, Mère sans tache du Dieu qui porte le tonnerre,

Reine du monde, la plus grande espérance de notre vie,

Afin qu'un culte et des honneurs mémorables te soient rendus ici,

Et afin que, toi, de ton coté, très douce Vierge, tu écoutes avec ta bonté

accoutumée

Les serviteurs et les servantes de Dieu qui viendront te prier.

0 toi, sois toujours favorable à nos prières,

Et par tes propres prières dirige notre vie toujours et partout,

Afin que la sainte grâce de Jésus-Christ nous conserve.

 

D'après la charte d'Aton, le monastère de Nouaillé était placé sous l'invocation de Saint-Hilaire; mais d'autres chartes anciennes lui donnent pour patrons Notre-Dame et Saint-Hilaire, et, dans la suite, saint Junien, quand le corps de ce dernier saint y fut transporté de l'abbaye de Maire, en 830 (185).

L'inscription qui précède a été reproduite en entier par dom Mabillon, qui l'avait tirée de l'édition de Duchesne.

 

INSCRITPION  XXV. Pour le réfectoire des moines (186).

Christe Deus, nostrae benedic convivia mensae,

Quaeque tuis servis mitissime dona dedisti,

Per te sint benedicta quidem. Tu largitor almus,

Omnia tut dederas nobis; jam q[iicquid habemus,

Sunt bona quippe tua, quia tu bonus omnia condis.

Vos quoque convivae laudes, rogo, dicite Christo :

Semper in ore sonent pacis vel verba salutis.

Semper amat pacem Christus, qui dixerat ipse :

Do vobisque meam pacem, pacemque relinquo.

Sit quoque nostra manus miseris largissima semper,

Pauperihus tribuens panes partemque ciborum.

Accipiet Christus, dederis tu pauperi quicquid,

Et tibi non tardat mercedem reddere magnam.

 

Si ces vers pêchent sous le rapport de la forme littéraire, si la pureté et l'élégance y font défaut, en revanche, les pensées nobles et supérieures qui s'y pressent contiennent plus de vraie poésie et élèvent plus haut l'âme que toutes les odes savantes de l'antiquité profane.

Traduisons :

0 Christ Dieu bénis les mets de notre table,

Et que tous les dons que dans ta bonté tu as faits à tes serviteurs,

Soient également bénis par toi. Toi le dispensateur souverain,

Tu nous as tout donné; tout ce que nous possédons

Est ton bien, car c'est toi qui dans ta bonté a fait toutes les choses.

Vous aussi, ô convives, adressez des louanges au Christ, je vous prie;

Que toujours des paroles de paix et de salut résonnent sur vos lèvres;

Le Christ aime toujours la paix, lui qui a dit :

Je vous donne la paix, je vous laisse la paix.

Que notre main soit aussi toujours largement ouverte aux malheureux,

Leur distribuant le pain et les mets.

C'est le Christ qui recevra tout ce que tu donnes aux pauvres,

Et il ne tardera pas à te donner en échange une grande récompense.

 

 

 

INSCRITION  Pour le dortoir.

Ad requiem noctem (l87) dederas, lucemque labori,

Prospera conservans famutis noctesque diesque.

Ad te cor vigilet, somnus si claudat ocellos,

Te labor et requies conlaudent omnibus horis.

0 Dieu, tu as donné la nuit pour le repos et le jour pour le travail

Conservant avec bonté à tes serviteurs et les jours et tes nuits.

Que le cœur veille pour toi, si les yeux se ferment sous le poids du sommeil.

Qu'ensemble le travail et le repos te louent à toutes les heures.

 

Selon Dûmmler, les manuscrits donnent à cette pièce le titre suivant, qui sent son ancienneté : Ad caminalam ubi abbas dormit.

 Le Musée de la Société des Antiquaires de l'Ouest possède une inscription en vers, du Xe siècle, qui a du rapport avec la nôtre; elle était placée à la porte du dortoir du chapitre de Sainte-Radégonde de Poitiers.

Voici ce texte lapidaire, tel qu'il a été lu et interprété il est bon de le mettre en regard de celui d'Alcuin :

….  Quies praeclara dies nos, Christe, guberna.

….. Ibus omnibus introjacentibus esto lucerna (188).

 

 

INSCRIPTION . Pour l'hôtellerie.

Frigidus hiberno veniens de monte viator

Non mea despiciat hospita tecta, rege.

Si mea dona tibi cupias, nimbose viator,

Da prior ecce tua, sic tibi prende mea (189).

 

Dans l'édition de Duchesne, ce poème et le suivant sont joints l'un à l'autre, et ne font qu'une seule et même inscription.

 

Dom Mabillon n'a pas cherché à les séparer; il y voit, lui aussi, une composition unique, désignant l'hôpital du monastère de Nouaillé.

Mais il est clair qu'il y a là deux inscriptions distinctes la différence qui se remarque dans la mesure des vers suffirait seule, croyons-nous, pour le démontrer.

Dom Froben a mis pour titre à la première inscription :  Ad hypocaustum, Pour le chauffoir.  Cela ne rend pas tout le sens de la pièce, où il est parlé de toits hospitaliers destinés à recevoir !e voyageur qui arrive du fond de la montagne.

Au moyen âge, tout monastère possédait, outre un hôpital affecté aux pauvres, des bâtiments destinés à loger les étrangers et les voyageurs c'est ce qu'on appelait l'hôtellerie.

Précisément, ces explications nous sont fournies par le Fasciculus antiquitatum Nobiliacensium, et surtout par un codex (190), transcrit au XIIe siècle, pour l'usage de l'abbaye de Nouaillé, et contenant les anciennes Coutumes de Cluny, rédigées par le moine saint Udalric, vers 1086 (191).

J'ai donc intitulé la présente inscription .Pour l’hôtellerie, tout en reconnaissant qu'elle a bien pu avoir sa place dans la salle qui servait de chauffoir.

Le troisième et le quatrième vers sont conçus sous une forme quelque peu énigmatique. Par le pronom tua, il faut apparemment entendre le bois qui est l'aliment du feu. Le pronom mea  signifie évidemment la chaleur du foyer.

Que le voyageur, qui arrive de la montagne, transi par le froid,

Ne dédaigne pas mon toit hospitalier, je l'en prie de grâce.

Si tu désires d'avoir part à mes dons, ô voyageur couvert de frimas,

Donne d'abord ce qui est à toi, puis prends, en retour, ce qui est à moi.

 

 

INSCRITPION  XXVIII Pour l'hôpital.

Haec est sancta domus, pacis locus, aula salutis,

Quam super o semper maneat benedictio Christi.

In qua multiplicet fratrum convivia largus,

Qui quondam populi, caelesti munere dives,

Panibus ex quinque satiavit millia quinque.

 

On a dû remarquer que le diplôme de Louis d'Aquitaine et la charte d'Aton font allusion à la création d'un hôpital pour les pauvres, à Nouaillé.

Par la présente inscription, nous voyons que le projet fut réalisé.

La Regula monasterii Nobiliacensis, dont toutes les prescriptions étaient rigoureusement observées, donne les détails les plus curieux sur la manière dont l'aumône était pratiquée dans le monastère en question, à une époque assez rapprochée de son origine.

Le Fasciculus antiquitatum, de son côté, ne fait que répéter le texte officiel il énumère avec le plus grand soin ces coutumes charitables du passé, aux pages 70 et 75 (192).

« On distribuait tous les jours aux pauvres douze pains de trois livres, ce qui restait du pain et du vin des portions des moines, et les portions entières qui étaient servies pendant un mois à la place des religieux qui mouraient….

 On nourrissait douze pauvres de pain et de viande, les jours anniversaires de la mort de tous les bienfaiteurs et le jour de la fête des morts. L'aumône la plus abondante se faisait à l'époque des jours gras ;  il se trouvait quelquefois au monastère un nombre de six à sept mille personnes. ….

Dans l'hôpital, on logeait et on nourrissait annuellement dix-huit pauvres ; ils avaient par jour chacun une livre de pain, une juste de vin, des légumes, et les jours de fête de la viande ; ils étaient habillés à neuf tous les ans. …..

 

« Tous les voyageurs étaient reçus dans le monastère; ceux de basse condition étaient logés dans l'hôpital; ceux de condition plus honorable étaient reçus dans l'hôtellerie. »

 

En terminant, traduisons notre inscription

C'est ici la sainte demeure, le lieu de paix, l'arche de salut;

Que la bénédiction du Christ y demeure à jamais.

Que le Christ y multiplie avec abondance la nourriture distribuée par les frères,

Lui qui autrefois, par un don de son pouvoir céleste,

A rassasié cinq mille hommes avec cinq pains.

 

 

 

Société archéologique de Touraine

Société des antiquaires de l'Ouest.

 

 

 

 

 


 

Hilarius Pictaviensis (Saint Hilaire de Poitiers) évêque de Pictavium (Poitiers)

Hilarius Pictaviensis (Saint Hilaire de Poitiers) évêque de Pictavium (Poitiers) parfois appelé "marteau Arianorum" et "Athanase de l'Ouest" , Italie; évêque et père de l'église ; † ca 368 . Fête 13 (jour de la mort) & 14 & 20 (avec tous les saints et les évêques bénis de Poitiers) Janvier & 26 (récupération et transfert des reliques) Juin [318p: 56].

 

Georgius Florentius Gregorius, Père de l'Histoire de France (Grégoire de Tours)

(le baptême de Clovis, selon Grégoire de Tours ) Grégoire de Tours " Père de l'Histoire de France ", ou Georgius Florentius Gregorius, né dans la cité des arvernes en 538 ou 539 à Clermont-Ferrand ou Riom, est évêque de Tours, historien de l'Église et des Francs avec son Histoire des Francs.

 

LA LÉGENDE DE SAINT LIENNE, disciple de saint Hilaire (Rocca Super Oyonem)

En 994, la seigneurie de Rocca Super Oyonem (la Roche-sur-Yon) ne possédait guère que son château, fièrement campé sur la colline: les premiers arbres de la forêt l'isolaient du reste du pays. Quelques toits de chaume se groupaient à l'intérieur des hautes murailles, abritant les habitants malheureux, dont la vie tout entière se consumait en plaintes sur les calamités passées et en craintes pour celles à venir.

 

Le poète Venantius Honorius Clementianus Fortunatus (Venance Fortunat)

La plupart des voyageurs ne sont guère que des passants ; ils s'éloignent bientôt, après avoir glané leur gerbe souvent légère de souvenirs. Bien rares ceux sur lesquels une contrée acquiert un ascendant véritable, assez fort pour les déterminer à interrompre quelque long périple et pour les retenir à jamais.



(1)   Quel que soit le jugement qu'on porte sur la valeur des écrits et sur l'étendue des connaissances de ce grand homme, il faudra toujours lui reconnaître la gloire incomparable d'avoir, plus que tout autre et sans relâche, travaillé à la restauration des études dans les États francs de Charlemagne, d'avoir puissamment aidé ce prince à établir des écoles publiques auprès de chaque église cathédrale et de chaque monastère, en provoquant la publication de la célèbre circulaire de 787, qui, dit Ampère, fonda en France tout l'avenir de l'instruction publique et des lettres » c'est là ce qui lui a valu à juste titre, de la part de la postérité, les beaux surnoms de précepteur des Gaules, de restaurateur des lettres.

Maître Alcuin est vraiment admirable pour le zèle qu'il mit à propager l'amour des études, à seconder les efforts des clercs de bonne volonté, à faire doter des emplois les plus recherches les meilleurs élèves des nouvelles écoles.

Un autre fait le recommande au monde savant, fait qui n'a pas été assez remarque, et qui pourtant a joué un rôle considérable dans la renaissance des lettres au VIIIe siècle Alcuin s'est employé constamment à corriger et à restituer les textes manuscrits des Livres saints et même ceux des ouvrages de la littérature profane. – Lire, a ce sujet : Commentatio de vita B. Alcumi, par dom Froben, en tête des B. Alcuini Opera Histoire de la civilisation en France, par Guizot, 3e édit. Paris, Didier, 1843, t. Il, 22e leçon, p. 176-208 Alcuin et Charlemagne, par Francis Monnier, 2e édit. Paris, Plon, 1863, in-16, etc. – Les œuvres d' Alcuin ont été publiées, en corps, deux fois; d'abord, par André Duchesne « B. Flacci Albini sive Alchunnt Abbatis, ….Opera quae hactenus reperiri patuerunt :  nonnvila avetivs et emendativs ; pleraque nunc primum ex Codd. Mss. Edita….. ; omnia studio et diligentia Andreae Qvercetani Turonensis, Lvtetiae Parisiorvm, ex officina Nivelliana sumpt. Sebastiani Cramoisy, M DC.XVII, in-fol. »; puis, d'une manière plus complète et plus exacte, par dom Froben Forster, prince-abbé de l'abbaye bénédictine de Saint-Emmeran de Ratisbonne « Beati Flacci Albini sev Alevini, Abbatis, Caroli Magni, Regis ac Imperatoris, Magistri, Opera post primam editionem a viro elarissimo D. Andrea Qvercetano evratam, de novo collecta, multis locis emendata, et oprscvlis primum repertis plurimum aucta, varusque modis illustrata, cura et studio Frobenii, S. R. I. Principis et Abbatis ad S Emmeramum, Ratisbonse. Literis Joannis Michaelis Englerth, Aulico-episcopalis et monasterii S. Emmerami Typographi, MDCCLXXVII, 2 vol. in-fol. » Cette dernière et excellente édition a été reproduite par M. l'abbe Migne, avec de légères additions, dans sa Patrolog. lat., t. C et CI. Paris, 1851, in-4°.

(2) Voici l'énumération détaillée des poésies d'Alcuin, d'après l'édition de Froben, t. H, p. 201-262 1° Preces noclurua (1 poème) 2° Inscriptiones sacri codicis (5 poèmes) 3° Historiae variae veteris et novi Testamenti (21 poèmes) – 4° Inscriptiones varia ecclesiarum, allarum, sepulerorurn, etc. (103 poèmes) – 5° Inscriptiones aliae locorum sacrorum (80 poèmes) 6° Adhortationes seu versus morales (5 poèmes) – 7° Inscriptiones variorum locorum (7 poèmes) – 8° Versus ad varias (45 poèmes) – 9° Epitaphia (6 poèmes) 10° Epigrammata et aenigmata (9 poèmes) – 11° De rerum humanarum vicissitudine et clade Lindisfarnensis monasterii de conversione Saxonum (pillé par les Vikings le 8 juin 793 -2 poèmes) – 12e Poema de pontificibus et sanctis ecclesiae Eboracensis (1 poème, 1657 vers) – 13° Ad Friducinum; ad quemdam (2 poèmes). En tout, 287 poèmes. Si, à ce nombre, on ajoute la Vita S. Willibrordi, Trajectens. Episc, et quelques autres pièces rangées par l'éditeur parmi les dubia, on aura à peu près intégralement les œuvres poétiques du précepteur de Charlemagne.

(3) L'épigraphie métrique fut fort en vogue au moyen âge on pourra aisément s'en convaincre eu parcourant la Patrologie latine, publiée par M. l'abbe Migne. Paris, 1811-64 221 vol. in-4°. M. Edmond Le Blant a observé  « que dans ses procédés de composition, Alcuin n'a fait que suivre la tradition des siècles précédents et qu'il a imité les vieux poètes chrétiens dans leurs formes, leurs pensées et même leurs négligences. Des hémistiches qu'on retrouve dans saint Damase, Fortunat, Ennodius, chez des anonymes de leur temps, dans les légendes murales des basiliques de Tours reparaissent fréquemment sous sa plume, et font de ses vers, pour ainsi dire, un monument de la tradition épigraphique ». (Inscript, chrét. de la Gaule, antérieures au VIIIe' siècle, t. I, Préf. p. cxxxm.)

(4) B. Alchwini Opera, éd. Duchesne, col. 1673-1760.

(5) B. Alcuini Opera, éd. Froben, t. II, Monitum praevium in carmina, p. 201. Il faut noter cependant que les Mss. eux-mêmes ont fourni un certain nombre de titres, comme en fait foi l'édition révisée de Dummler. Mais ces titres ne sont pas toujours très explicites; et d'ailleurs ils manquent à une foule de poèmes qui se trouvent par là sans désignation possible, et ne peuvent être rattachées à aucun personnage, à aucune église, à aucun monastère. On n'arrive à donner à beaucoup de pièces une détermination certaine qu'au moyen de la place qu'elles occupent à côté d'autres pièces suffisamment désignées. C'est ce qui a lieu pour les inscriptions de Saint-Hilaire et de Nouaillé.

(6) Monumenta Germaniae historica. Poetae latini aeoi Carolini, recensut Ernestus Duemmler. Tomi I Pars prior. Berolini, apud Weidmannos, MDCCCLXXX, m-4. Les compositions d'Alcuin sont comprises entre les pages 160-351.

(7) Les monastères importants étaient entourés généralement de plusieurs églises et oratoires. Tels : Elnon ou Saint-Amand-les-Eaux (Dummler, Op. citat., p. 305 à 308); - Saint-Riquier (Bolland., Act. Sanct., die XVIII Februar., de S. Angilberto, Abbat. Centulens.); - Glanfeuil ou Saint-Maur (Bolland., Act. Sanct., die XV Januar., de S. Mauro, Abbal. Glannafoliem.), - et, plus près de nous, Charroux (Brouillet, Indicateur archêolog.de l'arrond. de Ciorai. Civrai, Ferriol, 1863, in-4-, p. 179).

(8) Très anciennement, on élevait dans les églises de nombreux autels en l'honneur des saints. Ainsi, le pape saint Grégoire le Grand envoie des reliques à saint l'allais, évêque de Saintes (373-397), pour quatre des treize autels que contenait l'église de Saint-Pierre nouvellement construite. (S. Gregorii Magni papae Epistolarum lib. VI, epist. XLIX.)- Alcuin, lui aussi, nous apprend que l'église cathédrale d'York ne comptait pas moins de trente autels: il a donné en vers la description de cette basilique, dont il avait dirigé la construction, de concert avec le prêtre Eaubaldiis, qui fut évêque après AElbert. (Dummler, Op. citat., Versus de patribus regibus et sanctis Euboricensis ecclesiae, p. 203, vers. 1306.)

Ast nova basilicae mirae structura dicbus

Praesuhs hujus (Elbertus) erat jam coepta, pet acta, sacrata.

Haec nimi alta domus solidis suffulta columnis,

Suppositae quae stant curvatis arcubus, intus

Emicat egregus laquearibus atque fenestris,

Pulchiaque poi ticibus fulget circumdata multis,

Plurima diversis retinems solaria tectis,

Quae triginta tenet variis ornatibus aras.

Hoc duo discipuls templum, docore jubente,

Aedificaverunt eanbaldus et Alcuinus, ambo

Concordes operi de vota mente studentes.

 

 (9) On peut regretter que le tempus edax rerum du poète n'ait pas épargné quelques-unes de nos inscriptions. Du reste, il ne faut pas s'étonner de leur complète destruction, si on songe qu'elles n'étaient pas peut-être toujours gravées dans la pierre, mais simplement tracées en couleur, comme le font supposer ces titres tires des Mss. In ecclesia sancti Vedasti in pariste scribendum; In ecclesia sancti Petri in pariete scribendum. (Dummler, Op. citat., p. 308 et 311)- Je ferai remarquer que pas un des saints nommés par Alcuin n'est honoré présentement aux autels de l'église de Saint-Hilaire. Les six chapelles de l'abside et du transept, a l'exception de celle de la Vierge, sont occupées par des saints tout nouveaux.

(10) An DCCLXIV.- «  ….Videns praedictus Waifarius, princeps Aquitanicus, quod catrum Claremontis rx bellando cperat, et Bitororicas caput aquitabiae, munitissimam urbem, cum machinis cepisset, et impetum ejus ferre non potuisset ; omnes civitates, quae in Aquitania provincia ditionis suae erant, id est Pectavis, Lemodicas, Santonis, Petrecors, Equolisma, et reliqua quamplures civitates et castella, omnes muros eorum interram prostavit…. »

An DCCLXV. « … Postea Ligere transacto Aquitaniam pergens (Rex Pippinus), usque ad Lemodicas accessit, totam regionem illam vastans, villas publicas, quae ditionis Waifarii erant, totas igne concremare praecepit. Tota regione illa paene vastata, monasteriis multis depopulatis ; usque Hisandonem veniens, unde maximam partem Aquitaniae, ubi plusrimum vinearum erat, cepit ac vastavit…. »

An DCCLXVI.- « …Iterum Ligere transacto, totam Aquitaniam pergens (rex Pippinus), usque ad Aginnum veniens, totam regionem illam devastavit…. Ita omni Aquitania provincia nimium vastat, cum multa praeda ac spoliis… cum omni exercitu Francorum iterum eo anno reversus est in Franciam cum suis omnibus. » (Fredegar. Scholastic. Chronic. Contin., part. IV, cap. 129-131, dans les Rerum gallic et francie. Scriptor…, t. V, p.6)

(11) « Ordinavit autem (Rex Carolus) per totam Aquitaniam Comites Abbatesque, necnon alios plurimos, quos Vassos vulgo vocant, ex gente Francorum ; quorum prudentiae et fortitudini nulla calliditate, nulla vi abviare fuerit tutum, villarumque regiarum ruralem provisionem. Et Biturigae civitati primo Humbertum, paulopost Sturbrum praefecit Comitem : porro Picatis Abbonem, Petragoricis autem Widbedum, sed et Avernis iterium, necnon Vallagiae Bullum, seb et Tholosae Chorsonem, Burdegalis Signuinum, Albigensibus vero Haimonem, porro Lemovicis Rothgarium. » (l’Astronome, Vita Ludovici Pii imper. Caroli Magni fihi, dans les revum gallie. Et francie. Scriptor, t. VI, p88.)- Ainsi, en Poitou, l’élément germanique se substitue à l’élément aquitain beaucoup plus tôt que certains auteurs l’ont cru. (De Longuemae, Essai Hist.sur l’église collégiale de Saint-Hilaire le Grand de Poitiers, dans les Mém. De la Soc.des Antiq.de l’Ouest, t XXIII, p.86.)

(12) Le fait seul de la composition de ces inscriptions, relatives à la basilique de Saint Hilaire, décèlerait pourtant quelque restauration importante qu'on y aurait exécutée vers cette époque. Ne voit-on pas que les inscriptions des oratoires de Saint-Lambert, de Saint-Lienne et de Saint-Gelais marquent justement qu'elles ont été faites à l'occasion de la construction et de la réédification de ceux-ci ? Je me contente d'indiquer aux archéologues cette reconstruction possible de l'église de Saint-Hilaire de Poitiers, sans demander si on peut faire remonter jusqu'à l'abbatiat d'Aton la construction de son antique clocher qu'on a tant admire, lors du congrès archéologique de Poitiers, en 1884, et dont le style archaïque a, de l'aveu de tous, un grand rapport avec celui de l'architecture carolingienne. (De Longuemar, Essai hist. sur l'église de Saint-Hilaire p. 58; De Cougny, Lettre à M. de Caumont sur une excursion en Poitou, dans le Bullet. monument. an. 1868, p 166; Ed. Aubert, Architecture carolingienne, Etude sur l'ancien clocher de l’église de  Saint Hilaire le Grand, à Poitiers, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. De France, t.XLII, p.45-70)

(13) « Beatius fecunda Pictavia beati Hilarii pontificis reliquiis exsultat, quam venditionum et emptionum alteratione, in quibus saepe versatur iniquitas, (B. Alcuint Opera éd. Froben., t. Il, Homilia de natals sancti Willibrords Trajectens. Epise., p. 194.)

(14) Francis Monnier s'est inspiré d'une ancienne et belle peinture, précieusement conservée dans le monastere bénédictin d Einsiedlen, en Suisse, ainsi que des renseignements des écrivains du IXe siècle, pour esquisser le portrait d'Alcuin :

« Il avait la taille mediocre, les membres parfaitement proportionnes, les yeux grands, creusés par le travail et bien fendus, les sourcils epais et descendant légèrement sur les tempes, ce qui eût rendu sa physionomie trop severe, si elle n'eût été adoucie par un sourire imperceptible de bonté qui lui était habituel. L'harmonieux ovale de sa figure, limite par la barbe du cenobite, était brusquement interrompu en haut par son voile monacal qui lui couvrait une partie du front et retombait sur ses epaules, pour s'y confondre avec les plis nombreux de sa robe noire. Son nez droit et sans courbure s'unissait sans effort à la légère courbure des narines. Ses lèvres étaient un peu fortes, mais pures et doucement arquées. Dans l'intervalle qui separait les sourcils, on voyait se briser les unes sur les autres ces rides que la reflexion depose bien vite sur le front des hommes à la fois énergiques et impressionables. Un rayon d'intelligence se jouait, comme la pensée érrante, dans tous ses traits, surtout dans son regard fixe et prolongé, où l'on sentait et le reflet de la conscience qui s'observe, et la flamme ardente de l'âme qui s'échappe du foyer ou elle s'alimente, pour s'emparer d'une pensée à l'extérieur » (Alcuin et Charlemagne, p. 190.)

(15) Fasciculus antiquitatum Nobiliacensium, ms. du XVIIe siècle, in-4° pap., 620 p. (Bibliothèque de la Societe des Antiquaires de l'Ouest), qui contient, en deux parties séparées, l'histoire et les chartes de ce monastère, et dont la redaction est due à dom Bernard Lucas, religieux de Nouaille, et non À dom Estiennot, comme on l'avait cru jusqu'en ces derniers temps.

(16) Mgr Barbier de Montault a publié dernièrement, d'après le précédent ms., l'Inventaire des reliques de Nouaillé (Vienne), au XVIIe siècle, encore existantes en partie dans l'eglise paroissiale. (Bullet. du Comité des travaux historiques et scientifiques, section d'archéologie, an. 1884, n" 2, p. 93-98.)

(17) Officium proprium Beat™  Hilarii Majoris Pictaviensis….. Augustoriti Pictonum, ex typis Petri Amassard, 1667, in-8°, p xx. Officia propria ad usum Ecclesiae Hilarii Majoris Pictaviensis. Pictavii, apud Faulcon et Barbier, 1782, in-8°, p. 46. Processional de l'Eglise insigne, royale, séculière et collégiale de S. Hilaire de Poitiers. Poitiers, chez Faulcon et Barbier, 1782, in-8', p. 18.

(18) Documents pour l'histoire de l'église de Saint-Hilaire de Poitiers (t. II) dans les Mém. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. XV, 1° série, p. 131. Inventaire-sommaire des Arch. départ, de la Vienne, série G. 1017. Povillié de l'archevesche de Bordeaux. Paris, Alliot, 1648, in-4°, p. 96 et 98. Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers. Niort, Clouzot, 1868, in-4° p. 165.

(19) Documents pour l'histoire de l'église de Saini-Hilaire de Poitiers (t. I), dans les Mêm. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. XIV, 1e série, p. 127.

(20) Dom Fonteneau, Collection manuscrite de chartes, mémoires et documents divers, pour servir à l'histoire du Poitou, t. LXI, p. 412. – De Longuemar, Essai hist. sur l'église collégiale de Samt-Hilaire-le-Grand de Poitiers, dans les Mem. de la Soc. des Antiq.de l'Ouest, t. XXIII, p. 373.

(21) Bolland. Ad. Sanct., die -îvii Septemb., de S. Lamberto, Epise. Trajectens. Et Mart.

(22) Un prieuré de Saint-Lambert, dépendant de l'abbaye d'Orbestiers. commune du Chateau-d'Olonne, canton des Sables-d'Olonne (Vendée), existait avant la Revolution dans la commune de Saint-Amand-sur-Sevre, canton de Chatillon-sur-Sevre (Deux-Sèvres). (Beauchet-Filleau, Fouille du dioc. de Poitiers, p. 373.)

(23) Une confrérie de Saint-Lambert était établie au XVIe siècle dans la paroisse de Saint-Benoit-sur-Mer, canton de Moutiers-les-Mauxfaits (Vendée). (Aillery, Pomllc de l'cvéché de Luron. Fontenay-le-Comte, Robuchon, 1860, in-4-, p. H2.) Un ancien fief de Saint-Lambert, relevant du comte de Givray, existait dans la commune de Queaux, canton de l'Isle-Jourdain (Vienne). (Redet, Dict. topograph. du départ. de la Vienne. Paris, Impr. nationale, 1881, in-4°, p. 378.)-Un inventaire des reliques du monastère de Charroux, dresse en 1045, comprend la rubrique suivante : Digilus sancti Lamberti. (Dom Fonteneau, Collect. mss.,t. t. LV, p. 193; –Brouillet, Indicateur archéolog. de l'arrond. de Civrai, p. 154.) (3) Dom Guéranger a publié une étude savante et artistique sur l'illustre vierge-martyre et sur son époque Sainte Cecile et la société romaine aux deux premiers siècles. Paris, Firmin Didot, 1873, in-4°. -Sainte Cécile est titulaire de l'église paroissiale de Sainte-Cécile, canton des Essarts (Vendee).

(24) Le Nain de Tillemont, Mém. pour servir à l'hist. eccles., t. IV, p. 433 et 700.

(25) Officia propr. eccles. metropolitan. Turonensis RR. in Christo Patrus DD. Felicis Pétri Fruchaud auctoritate édita. Turonibus, typis A. Marne, MM.CCG.LXXIV, in-12, die v Octobr.

(26) Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 213, 341, 358, 373, 378, 426; Aillery, Pouillé de l'eveché de Luçon, p. 40 et 62.

(27) Pouillé du dioc. de Poitiers. Poitiers, Chevrier, 1782, in-8, p. 190; Pooillié de l'archevesché de Bordeaux, p. 97; – Invent.-som. des Arch. départ, de la Vienne, série G. 519, S97, 982.

(28) Offic. propr. Beat Hilarii Maioris Pictaviensis, Calendar,

(29) Aillery, Pouillé de l’évêché de Luçon, p. vm, ivi, xxn, xxiv; – Bolland., Act. Sanct., die xx August., de S. Filiberto, Abbat.; Mabillon, Act. Sanct. ord. S. Dened., ssc. II, p. 816.

(30) Mabillon et les Bollandistes, Opp. citat.

(31) Bolland., Act. Sanct., die v Februar., de S. Agatha, Virg. Mari.

(32) Les éditions de Duchesne et de Froben manquent de ce mot.

(33) Thibaudeau, Abrégé de l'hist. du Poitou, t. I, p. 77 Dufour, De l'ancien Poitou,p. 414; – Ch. de Chergé, Le Guide du voyageur à Poitiers, 2° édit. Poitiers, 1868, in-12, p. 299.

(34) Documents de Saint-Hilaire, t. I, p. 26, 27, 65, 67, i6, 82, 105, 107, 290, 314.

(35) Ibid., t. II, p. 19.

(36) Ibid., t. H, p, 3, 6, 131; Invent.-som. des Arch. depart. de la Vienne, série G. 520, 646; – Povillte de l'archevesche de Bordeaux, p. 96.

 (37) Processional de l'Eglise de Saint-Hilaire de Poitiers, p. 16, 17, 53.

 (38) Offic. propr. Bea. Hilarii Maioris Pictaviensis p. 214.

(39) Biblia Sacra, Epist. cathol. B. Judœ apost., vers. 9 « Quum Michael archangelus cum diabolo disputans altercaretur de Moyst corpore non est ausus judicium inferre blasphemiae, sed dixit : Imperet tibi Dominus. »

(40) Missal. Roman., Offert. Missœ deflinctorum :« Domine Jesu Christe, Rex gloriae, libera animas omnium fidelium defunctorum de pœnis inferni, et de profundo lacu : libera eas de ore leonis ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum sed signifer sanctus Michael reprœsentet eas in lucem sauctam :quam olim Abrahae promisisti, et semini ejus »

(41) Lebeuf, Dissert, sur l'hist. ecclés. et av. de Paris, t. I, p. 303. L'art chretien a symbolise le patronage de saint Michel sur les âmes des fideles au sortir de leurs corps, dans la scène légendaire du pesement des âmes, sujet si souvent représenté au moyen âge.

(42) Dummler, Poetœ latini mvi Carolini, t. I, p. 338.

(43) Patrolog. lat. Migne, B. Rabam Olauri Opera omnia(tom. sext.), t. CXII, col. 1624.

(44) Ch. de Chergé, Notice sur l'abbaye de Charroux, dans les Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. 1 p. 281 ; Brouillet, Indicateur archéolog. de l'arrond. de Civrai, p. 179.

(45) Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 299.

(46) Hugues Imbert, Hist. de Thouars, dans les Mem. de la Soc. de Statistique des Deux-Sèvres, t. X, 2* série, p. 104.

(47) Invent.-som. des Arch. départ, des Deux-Sévres série B. i93.

(48) Proprium Bituncens., de mandato Hluslr. et Révérend, an Chrhto Pains DD. Caroli Amabihs de la Tour d'Auvergne Lauraguais.

(49) Gallia christ., t. II, col. 14.

(50) Op. citat., t. II, col. 18.

(51) Aillery, Pouillé de l’êvêché de Luçon, p. 58, 80 et 184 – Beauehrt-Filleau, Fouillé du dioc. de Poitiers p. 236 et 339.

(52) Duchesne, Histor. Franc. Scriptores caelanei, t, I, p. 880.

(53) S. Greqor. Turon. Episc. Opéra omma,edit. Ruimart, col. 232 ;– Du Cange, Glossar. Medive et infimae latinitatis au mot Patriarcha.

(54) Le Nain de Tillemont, Mem.pour servir à llust. eccles., t. IV, p. 347 et 681.

(55) Bolland., Act. Sanct., die xvn Sept., de S. Columba, Vtrgine Sanctimomal) et Martyre.

(56) Gallia christ., t. II, col. 789.

(57) Fillon, Poitou et Vendée, 3e et 4e livraisons, Baciate et le pays de Rais, p. 4.

(58) Mabillon, Act. Sanct. ord S. Bened., sœc. II, p. 709; Bolland., Ad. Sanct., die vi Februar., de S. Amando, Epise. Trajeciens.

(59) B. Flacci Albim seu Alcuim abbahs Opera, cura et studio Frobenii, t. II, p. 208 et 209.

(60) Offie. propr. Beat Hilari Majoris Pictaviensis, Calendar.

(61) Beauchet-Filleau, Pouille du dioc. de Poitiers, p. 373; Rédet, Dict. topograph. de la Vienne p. 370.

(62) Patrolog. lat. Migne, B. Rabani Mauri Opera omnia (tom. sext.), t. CXII, col. 1680 et 1682.

(63) Processianal de l'Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p. 267.

(64) Documents de Saint-Hilaire, t. II, p. 264.

(65) Ibid., t. II, p. 163. On a allegué, en faveur de notre oratoire, un titre beaucoup plus ancien, qui, par malheur, ne vaut pas (Dom Chamard, Hist. eccles. du Poitou (t. 1), dans les Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. xxxvn, 1er série, p. 116). L'autel de Saint-Laurent, dont parle incidemment la charte de 1214, était place dans l'eglise cathédrale et non ailleurs. Voici le texte « Philippus decanus et capitulum Ecclesiae Pictav. universis Christi fidelibus presentes litteris inspecturis salutem in Domino. Cum quedam controversia mota esset coram nobis inter abbatem Nobiliacensem ex una parte et Hugonem Dobois nepotem suum ex alia super sirventia de Chabanes…. Actum est hoc in Ecclesia Pictav. videntibns et audientibus Raerio abbate Nobiliacensi, magistro Airaudo capellano beatae Mariae inter Ecclesias et Philippo sacerdote altaris sancti Laurentii, clericis Ecclesie nostre, Guidone monacho Nobiliac…. (Dom Fonteneau, Collect. mss., t. XXII, p. 27.)

(66) Documents de Saint-Hilaire, t. II, p. 1.31 et 163. Invent.-som. des Arch. départ, de la Vienne, série G 519, 1066. Vovdlii de l'archevesché de Bordeavx, p. 96 et 97. Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 163.

(67) L'abbé Paul Guérin, Vies des Saints, 6e édit. Paris, Palmé, 1866-69, 13 vol. in-8°, t. I, p. 618.

(68) Mabillon, Acl. Sanct. ord. S. Bened., saje. III, part. II  p. 534-538. – L'abbé Truchet, Hist. hagiol. du dzoc. de Maurienne Chambéry, F. Puthod, 1867, in-8, p. 170. L'abbe Auber, Vies des Saints de l'eghse de Poitiers. Poitiers, OudiD, 1858, in-18, p. 490.

(69) Ce document, conservé par dom Fouteneau (Collect.., t XXI, p. 11), est date de lers 696; il relate l'union du petit monastère de Mazerolles à l'abbaye de Nouaillé et la fondation d'un hôpital dans la ville de Poitiers, par Ansoald, évêque de cette ville et peut-être abbe de Saint-Hilaire. Publie d'abord par Dufour, dans son hist. gen. du Poitou, p. 429, il a ete reproduit dans les Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. XXXV11, p. 35, et dans les Diplomaia charte, epistolae leges, ahaque instrumenta ad res gallo-francicas spectantia, éd. Pardessus. Paris, 1813-49, 2 vol. in-fol t. II, p. 239.

(70) Mabillon, Annal, ord. S. Bened., t. I, p. 474.

(71) Lives of the Cambra British saints, by the Rev. W. J. Rees. Lundovery, 1853, iu-8 p. 183.

(72) Bouchet, dans Les Annalles Dacquitaine…. nouvellement corrigées (2e édit., 1525), in-fol goth., II"' part., chap III, fol. verso, raconte ceci « Ainsi quon reedifioit ladicte église (sainct Hylaire, deux des nepueuz de sainct Fridolin vindrent vers luy a Poictiers et tantost apres leur venue par inspiration divine sen partit dudit lieu et alla en Bourgongne…. Ses deux nepueuz, apres avoir vescu long temps religieux en ladicte abbaye sainct Hylaire, y décédèrent, et furent mis soubz terre en leglise en deux sépultures de pierre, ou puis peu de temps ont este trouvez les corps asséchez et entiers, et tenoient leurs membres lun a lautre, en sorte quon leur haulsoit et baissoit les bras comme dun corps mort puis quatre jours, comme chascun peut veoir en ladicte eglise sainct Hilaire, ou ilz furent venz et regardez de plusieurs personnes puis douze ou treze ans en ça. » Des auteurs donnent à l'un des neveux de saint Fridolin le nom de Scvttgènc. (Thibamleau, Abroge de l’hist. du Poitou, t. 1, p. 58 )

(73) « Sous les rois mérovingiens, dit cet auteur, l'histoire religieuse surtout nous demontra que des relations fréquentes existaient avec l'Angleterre et l'Irlande. Ces rapports de monastère à monastère n'auraient pu se soutenir, s'ils n'eussent été facilités par un commerce établi entre la France et les Iles Britanniques. » (Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, L. XXXV, p. 133.)

(74) Breviarmm Pictavense, ms. XVe siècle, Offic, S. Leonzi, die 1 Februar. et 12 Jun. (Biblioth. publ. de Poitiers, n° 40.) Brectarium Ecclesiae Pictavensis, ex decreto Capituh restitutum. Pictavii, apud Andream Citoys, 1591, in-8°, fol. LVII. Officia propria ad usum dioicesis Pictaviensis a Reverenditsimo D. Ludovico Eduardo Pie Episcopo Pictaviensi confecta, et a Sanctissimo Domino Nostro Pio IX approbata, Pictavii, Oudin, 1856, in-18, p. 73.

(75) Thibaudeau (Abrégé de l'hist. du Poitou, t. I, p. 50) date cette charte de vers l'an 994.

(76) Mémoires pour servir à l’histoire du chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, par M. Gilles Rapaillon, conseiller au présidial de Poitiers et chanoine de Saint-Hilaire, ms. XVIIe siècle, p. 194. (Biblioth. publ. de Poitiers, n' 124.) de Saint-Hilaire, ms. XVIIe siècle, p. 194. (Bibliot.pub), de Poitiers, n124)

(77) Bouchet, Les Annalles Dacqmtaine, nouvellement corrijées, 1er part., chap. XIV, fol. ix verso.

(78) B. Ledain, Mém. Sur l’enceinte gallo-romaine de Poitiers, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l'Ouest, t. XXXV, p, 137.- Père de C. de la Croix, Determination de deux points d’une enceinte de circonvallation de la ville de Poitiers, aux IIe et IIIe siècles, dans les Bullet. De la Soc. Des antiq. De l’Ouest, tI. 2e seris, p 172.

(79) Dom fonteneau, Collect, mss, t. XXXC, p58.

(80) Offic. Propr, Beat. Hilaris Majoris Pictaviensis, p.213.

(81) Documents de saint Hilaire, t. II,p. 273, note 3.

(82)Voir l’Inscript XIVe

(83) Voir l’Inscript XVIVe

(84) Il est intéressant de reproduire ici le texte de cette épitaphe contemporaine des insriptions d’Alcuin :

+ IN ANNO XLVII + REGNANTE

DOMNO HHOLO IMP III IDS APL

SIC OBBIIT MADALFREDUS CLS

+ IN NOMINE….

La 47e année de Charlemagne ne peut dater que de son sacre, en 754, et répond à l’année 801. (Catalogue explicatif du Musée des antiquités de l’Ouest. de Poitiers, Dupre, avril 1834, in 8° , P 67. SUPPLEM. – MUS2E DE LA Soc. Des Antiq. De l’Ouest, catalogue de la Galerie lapidaire, par B.Ledain. Poitiers, Tolmer, 1884, in-8°, p42)- Le fac simile a été publié par M. de longuemar, dans son Essai hist. sur l’église de Saint-Hilaire, p76 et pl. v, et dans son Epigraphe du Haut Poitou, Mem. De la Soc. Des Antiq. De l’Ouest, t XXVIII, p.171 et pl.II

(85) Duchesne et Froben 

(86) Documets de Saint-Hilaire, t.I, p.38,39,70,290,314,315,317 ; t.II, p.19,163,230,233,297,298,350.

(87) Dufour, De l’ancien Poitou, p.415.

(88) Documents de Saint-Hilaire, t.I, p, 54.

(89) E.V. Foucart, Poitiers et ses monuments, dans les Mém. De la Soc. Des Antiqu. De l’Ouest, t. VII, p.139 ; CH. De Chergé, le Guide du voyageur à Poitiers, 2e édit. Poitiers, 1868, in-12, p.297.

(90) Offic. Propr. Beat. Hilaris majoris Pictaviensis, p.214.

(91) Processional de l’Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p.103 et 179.

(92) Duchesne : Gundunmepribus ; Froben : Gundun me prius.

(93) « Haud minus nos latet quisnam fuerit S. Gelasius, nisi quod legitur jacere in basilica S. Hilarii Pictaviensi. (Gall. christ., t. II, col. 1142.)

(94) Dufour, Hist. générale du Poitou, p.123.

(95) L'an 406, les Vandales, les Alains, les Suèves passent le Rhin, le 31 décembre, et entrent dans les Gaules, qui, depuis cette année jusqu'en 416, furent désolées par les ravages de ces Barbares. (Rerum gallic. Et francis. Scriptor, t.I,p.627 et 744 ; Le Nain de Tillement, Hist. des empereurs, t.V, p. 547 et 807 ; L’art de verif. Les dates, tI, p.531) – On pourra se rendre compte du cataclysme qu'à dû subir Poitiers, vers cette époque, eu lisant l'important travail archéologique et historique de M. B. Ledain: Mem. sur l’enceinte gallo-romaine de Poitiers, dans les Mem. De la Société des Antiq. de l’Ouest, t.XXXV, p. 157-224.

(96) On ne la trouve citée, en effet, ni par les Bollandistes, d'ordinaire si bien renseignés (Act. Sanct., die xxvt August.). ni par les Benedictins, auteurs du Gallia christiana, loc. citat. Elle n'a pas été connue de nos historiens locaux, tels que Mgr de la Roche-Pozay Notae ad Litanias pictonicas, dans Labbe, Nov, Biblioth. Manuscript., t.II, p.728) ; Besly (Evesques de Poitiers, p 5) ; Dreux du radier manuscript, (Biblioth. Hist et crit. Du Poitou, t.I, p.13) ; Thibaudeau (Abregé de l’hist. du Poitou, t.I, p53) ; Dufou (Hist. génér. Du poitou, p.125) ; et autres, qui ont écrit sur les evêques de Poitiers.

(97) Invent-som. Des Arch. Depart de la Vienne, serie G.520, 613, 1002. – Documents de Saint-Hialire, t II, p.259- Povillié de l’archeresche de Bordeaux, p.97.

(98) Voy. Les Inscript. IXe XIVe

(99) Bolland, Act. Sanet, die XXVII Septembre, de SS Cosma et Domiano, Mart.

(100) Gregor. Turon., Miraeul, lib.I, De Glor. Mart. Cap. XCVIII ; Hist. Franc, lib. X, cap. XXXI, n.19.

(101) Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. De Poitiers,. 228, 280, 388, 390,402.

(102) Mabillon, Annal.ord.S. Bened., t.II.p. 240 et 307: - Gallia Christ., t.II col. 1155 et1224; Dreux du radier, Biblioth. Hist. et crit. Du Poitou, t.I, p. 17 ;- De la Fontenelle de Vaudoré, hist. Des rois et des ducs d’Aquitaine, p. 64 et 531.

(103) Mabillon, op, cit., t.II, 271 et 711 ; - Gallia christ, t. II, col. 1133.

(104) Les auteurs du Gallia christiana, t.II, col. 1224, s’appuient pour inscrire le nom d'Abbon dans la liste des abbés de Saint-Hilaire, sur la simple cote d'une charte de l'abbaye de Nouaille, fournie par Besly, dans l'Hist. des comtes de Poitiers, p. 149, note marginale. Mais ces auteurs se sont mépris, en renvoyant encore à la page 30 du même ouvrage. Là, il n'est pas question d'Abbon, abbé de Saint-Hilaire de Poitiers; Il s'agit d'Abbon, moine de Saint-Germain-des-Près, qui écrivit la relation du siège de Paris par les Normands, en 896, et d'Ebles, comte de Poitou et abbé de Saint-Hilaire, mort eu 893.- Dom Mabillon (Op. citat., t. II, p. 213 et 239) n'a pas connu cet abbé Abbon. Il est fort à croire que la charte indiquée par Besly en ces termes : «  ch. Corabu facta inter ipsum et Hermenbertum Abbat. Nobihart in mens. Juho, anno 7. regn Carolo R. »  est celle-même que je citerai bientôt, et qui commence et se termine ainsi : «  In christi nomen, venerabilis ver Aper, abba, rector ex monastirio sancti Hilarii…. Facta conmutacion in mense julio, anno XII regnante Carolo rege ».

 

(105) Fasciculus antiquit. Nobiliacens., p. 385 ; Dom Fonteneau, Collect, mss. L.XXI, p. 31 et 35. L’une de ces chartes a été publiée par Besly, Hist. des comtes de poictou, p.149, et par dom Mabillon, Op, t.II, p.710 et 716.- L’identité d’Aper et de Jepro est soutenue par Le Cointe, Annal eccl. Franc. T. VIII, p. 158 ; par dom Mabillon. Op. cit, t, II, p. 239 et 307 ; par le Gallia christ. T.II, col 1224 ; par dom Fonteneua, Collect. Mss,t.XXXI, p.33.

(106) On lira avec plaisir tous ces noms, qui sont ceux des plus anciens habitants du monsatère de Saint-Hilaire que l’on connaisse. «  …Ego Aper, Agomarus ac si indignus. Gundoenus Godefredus presbyter. Natalis clericus, Ansfredus, arnulfus clericus, Alexander presbyter. Dum fraxinnus. Ag…. Bertefredus….Bernulfus. abbo. Bob… Sigradus… Edenus clericus. Brunicos…Agomarus clericus….. Bettholinus »

Le document en question trancrit dans la Collect. Des mss hist. de dom Fonteneau, t.XXI, p.19 a été publié par le savant paléographe M. Rédet, dans la Biblioth. De l’Ecole des chartes, 1er série, t. II, p. 77 et dans les documents de Saint-Hilaire, t.I, p.2.

(107) L’abbé Lebeuf (Dissert. Sur l’hist. eccle et civ. De Paris, tI, p.370-431) a publié, en 1739, diverses poèsies inédites de Paul diacre et de Pierre de Pise, autre savant venu également d’Italie, lesquelles renferment des particularités curieuses concernant l’histoire littéraire du règne de Charlemagne. On y voit, entre autres choses, que Paul Diacre a été, après Alcuin, un de ceux qui a peut-être le plus contribué à la restauration des lettres dans notre pays. Des travaux accomplis par lui en France, il nous reste ; un Homiliaire des Pères, en deux vol…, pour servir a la recitation de l’office divin ; un Vocabulaire, extrait du grand ouvrage de Festus de Verborum significatione, pour l’usage de charlemagne ; le Libelluse de ordine episcoporum Metensium ; quelques pieces de poèsie.

(108) Duplavilis, le lieu natal de Fortunat, est placé par les uns à Sans-Salvadore, localité située entre Trevise et Ceneda, et par les autres , plus probablement, à Valdebradena, autre localité très rapprochée de Trevise (Luchi, Ven. Hon, Clem. Fortunant Opera omnia, t.I, Proleromen. P.XXXIII et)- Paul Diacre, lui, est né à ferum Julu, maintenant Cividale, dans le Frioul, tout près de la ville archiépiscopale d’Udine. (Paul. Diacon, de Gesta langobar, I.IV, c. 39)

(109) Il est difficile de préciser cette date. Cependant, d'après les meilleurs calculs, il est clair, d'abord, que Paul Diacre n'a pu venir en France dès l'année 774, comme on l'a dit. En cette année, ou Pavie fut prise, Il occupait un emploi élevé aupres de Didier, roi des Lombards,et il n'avait pas encore pris l'habit monastique. Or, il est certain qu'il était religieux de Mont-Cassin, lorsqu'il vint à la cour de Charlemagne, ainsi que le prouve sa Lettre à l'abbe Théodemar, qui gouverna ce monastère de l'an 777 à 796. D'autre part, on sait sûrement qu'en 781, Paul Diacre, qui ne parait pas avoir ete connu plus tôt du roi des Francs, adressa à ce prince, alors à Rome, une supplique en vers dans laquelle il reclamait la liberté de son frère, qui, fait prisonnier, lors de la prise de Pavie, languissait en France depuis sept ans, dans une triste captivité. C'est sans doute à cette occasion, que Charlemagne se l'attacha et l'emmena avec lui. Enfin, il est incontestable que Paul Diacre écrivit à Metz son Libellus de ordine episcoporum Metensium, après le mariage de Fastrade avec Charlemagne, mariage célébré en 783 et avant la mort de l'évêque Engelramme, qui arriva en 791. Comme, d'ailleurs, il ne parait pas être reste éloigné de son monastère un très long temps, six ou sept ans au plus, on est amené à conclure qu'il a pu séjourner en France de 781 a 787 environ. (Oudin, Commentar. de Scriptor. Eccles. Antiq.t.I, col. 1923 : Liruti, Notimie delle vite ed opere seritte da letterati del Friula. Venezia, 1760-80, 3 vol.in 4, tI p163- Tiraboschi, Storia della letteratura italiana. Milano, tip. De Classici ital., 1822-26, 16 vol, in8, t.III, p339)

 (110) De la Fontenelle de Vaudoré et Dufour, Hist. des rois et des ducs d’Aquitaine, p. 64.- Les mêmes auteurs sont moins vraisemblables, quand ils ajoutent que c'est l'inscription primitive du tombeau d'Aper qui se lit sur trois pierres enclavées autrefois dans le rempartde St-Cyprien. Un fac-simile de cette inscription, qni se compose de quatre fragments et non de trois, existe dans les Inscriptions et Monuments, recueil gr. in-fot. de dessins relatifs au Poitou, faisant suite à la Collect. des mss. de dom Fonteneau. La régularite des caractères semblerait faire remonter à l'epoque romaine ce texte epigraphique malheureusement incomplet. Du reste, la présence seule du nom d'APER sur l'un des fragments ne suffit pas pour nous autoriser à y voir l’epitaphe de l'abbé de Saint-Hilaire-le-Grand.

(111) Porillie de l’archevesche de Bordeaux, p. 96. ; -Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. De Poitiers, p. 163.

(112) Bolland, Act. Sanct. Die Junii, de SS. Genasio et Protasio, Mart- Papebrock pense plutôt que leur martyr a eu liue dans la seconde persecution, sou Domitien.

(113) Grégor. Turo, ; Miracul, lib.I De Glor. Mart., cap. XLVII ; Hist. franc, lib.X, cap XX.n5 et 12.

(114) Le pape Pie IX ? par une constitution apostilique, en date du 19 décembre 1873, a confirmé le jugement de l’archevêque de Milan sur l’identité des corps de ces trois saints.

(115) Beauchet-Filleau, Pouillé du Dioc. De Poitiers, p, 36, 60, 254, 263, 381.

(116) Duchesne et Dom Froben ont édité Quam.

(117] Labbe, Nova Bibliofh. manuscript., t. II,Sancti  mmaxentii Chronic, p195 : «  Anno ab Incarnatione Domini DCCC XXX Basilica sancti Hilaire Nobiliaco dedicatur, et corpus sancti Juniani illuc transfertur a Mariaco villa. Quam translationem fecerunt Abbas Godolenus, adjuvante Sigibranno Episcopo, et Fulcone Abbate sancti Hilarii…. »

 (118) L'existence de ce cimetière chrétien, le plus ancien de Poitiers, s'étendant hors de la ville, sur tout le plateau occidental, a eté rappelée maintes fois; mais il n'est pas inutile de citer ici les auteurs qui en ont parlé: Bouchet, LesAnnalles Dacquitaine, …nouvellement corrigées (2e edit, 1525), in fol, goth, Ier part, chap XIV ? fol XIX verso ; -Routh Recherches sur la manière d’inhumer des anciens. Poitiers, J. faulcon, 1738, in 12, p93.- Mgr de Beauregard, Mémoire sur l’église collegiale de Saint Hilaire de Poitiers, ms.- Leconitre Dupon, rapport sur un mémoire de M. Nouveau, relatid à divers champs de sépulture, dans les Bullet. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, tI, p.195. ; Dom Chamard, Hist eccle. Du Poitou, tI, p90.

(119) Greg. Turon., Hist. Franc., lib I, cap. 14; Lib. de Glor. Coonfesse.,

(120)L'épitaphe de saint Nectaire, decouverte en 1840, dans l'ancienne chapelle de Saint-BarthéIemy, situee rue Saint-Hilaire, n° 1, et démolie en juin 1851, annonce que là devait être la sépulture du premier evêque des Poitevins. Cette précieuse inscription mmutaire, un des ornements du musée lapidaire de la Societe des Antiquaires de l'Ouest, porte, graves en caracteres du V siècle, ces mots

IC REQVIESCIT NECTARIVS ANTITES

Elle a été reproduite plusieurs fois; mais M. Ed. Le Blant a omis de lui donner place dans ses Inscrip. Chret. De la Gaule, antérieures aux VIIIe siècle (E.V. Foucart, Poitiers et ses monuments, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, t VII, p139 ; catalogue explicatif du Musée des antiquités de l’Ouest, p. 68, Supplem. ; - de Longuemar, Essai hist. sur l’église de Saint –Hilaire, p72 etpl. V. ; -Même auteur, Epigraphe du Haut Poitou, p. 163 et plus. II ; - l’Abbé Auber, Histoire de l’Eglise et de la province de Poitiers, Origines dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, t XXX, p 481 et pl. XXVI. – Dom Chamard, Hist eccles du Poitou, t I, p79 et pl ; - B. Ledain, Musée de la Soc. Des Antiq.de l’Ouest, catalogue de la galerie Lapidaire. Poitiers, Tolmer, 1884, in 8, p14)

(121) A l’opposite de la chapelle de Saint-Barthelemy et aussi tout près de l’église de Saint Hilaire, sélevait, avant la révolution, dans la rue de Sainte-Triaise, la chapelle de Saint-Agon, batîe très probablement sur la sépulture du quatrième évêque de Poitiers. (Dom Chamard, Hist. eccle. Du Poitou, tI, p85)

(122) L’église de Saint Triase, dont on voit encore les restes dans la rue de ce nom, était une des quatre paroisses du bourg de Saint Hilaire. Elle se trouve mentionnée pour la première fois, en mai 963. (Doc. De Saint Hilaire, tI, p36)- on conserve au musée de la ville de Poitiers un haut relief en pierre, du XIe siècle, provenant de cette église et représentatn saint Hilaire donnant le voile à sainte Triaise ; les figures étaient autrefois revêtues de peintures et de dorures. Le nom de la sainte est gravé horizontalement, au-dessus de sa tête :

SA TROECIA

Le nom de l’évêque est gravé, à sa gauche, d’une façon verticale :

S ILARIUS

 

(catalogue du Musée, dans les Mém. De ma Soc. Des Antiq. de l’Ouest, tX, p.36 ; - De Longuemar, Essai Hist. sur l’église de Saint Hilaire, p. XXXI ; - Brouillet, Notice des tableaux, dessins, gravurfes statues, objets d’art anciens et modernes de la ville de Poitiers. Poitiers, Marcireau, 1884, in 8, n° 895)

 

 

(123) Sur l’un des pilastres de la nef principale de l’église de saint Hilaire, on a découvert, vers 1856, sa fresque peinte, croit-on, au XIe siècle ; elle représente un évêque, la tête ceinte du nimbe circulaire, symbole de la sainteté. A la hauteur de la tête, on lit :

QUITIAN EPS

Saint Quintien est le deuxième successeur de Saint Hilaire. (De Longuemar, Essai hist. sur l’église de Saint Hilaire, p 71 et pl ; - Même autueru, Notes sur les fresques récemment découvertes dans l’église de Saint Hilaire, dans les Bullet. De la Soc. Des Antiq de l’Ouest, tXIII, p379)

 

(124) Durant les siècles suivants, l’église de Saint Hilaire cessa d’être le lieu exclusif de la sépulture des évêques de Poitiers. Plusieurs d’entre eux furent inhumés dans l’abbaye de Saint Cyprien. Ce n’est qu’assez tard que l’église cathédrale de Saint Pierre eut le privilège de recevoir, seul, leurs dépouilles mortelles.- a Tours également, tous les évêques ont été entérrés, pendant longtemps, dans la basilique batîe sut la sépulture de saint Martin, au milieu du cimetière commun ; un monastère a été fondé auprès, comme à Poitiers, et a donné naissance, dans la suite, a un centre de population considérable. (Gregor. De Tours, Hist. Franc.,li X, cap 31)

- A Clermont, au temps de Grégoire de Tours, le cimetière chretien comptait plusieurs oratoires et église élevés en l’honnuer des saints qui y avaient été entérerrés ; on remarquait, entre autres, la basilique de l’évêque de saint Allyre. (Gregor. Turon, lib de Glor. Confess, cap XXXIV-XXXVII ; hist. Franc., lib I vap 31)- l’abbé Lebeuf, à propos de la basilique éfifiés par Clovis sur le tombeau de sainte Geneviève, à Paris, a fait remarquer aussi les transformations qu’ont subies les champs de sépultures chretienne, sous l’influence de l’idée religieuse. (Hist. de la ville de Paris, nouv.edit, par H. Cocheris, tII, p570-72)

-Ainsi, on observe ce fait curieux dans presque toutes les villes épiscopales des premiers siècles : Les cimetières chrétiens se couvrent, dès le principe, d’oratoires et d’églises construits sur les tombeaux des saints ; la plus part du temps, des monastères se forment auprès. Ces monastères s’entourent bientôt d’autres oratoires, d’autres églises, d’hôpitaux, d’habitaions destinées aux colons. La population s’agglomère autour, plus nombreuse de siècle en siècle, et à la fin, c’est comme une ville nouvelle a côté de l’ancienne.

 

(125) Gregoir. Turon, Lib. De Glor. Confess., cap. LIII :  « Thaumastus quoque, juxta expositionem nominis sui, admirabilis sanctitate, Momociacensis urbis fuisse fertur episcopus ; de qua urbe nescio qua causa demotus, Pictavum opidum petiit ; ibique praesentem vitam, in bona perdurans condessione, finit. Cui quae sit merces in coelo, ad ejus ostenditur tumulem :eumque inhabitare pardisum prodit virtus egrediens de sepulcro :…. Hic ergo super terram sepucrum habet ante ipsum atrium beati Hialrii. De quoi tumulo erasus a multis pulvis, et haustus, ita benediction assidue ecpetitur, ut jam in uno loco sarcophagus ad paread tranforatus.”

-          Du temps de Bouchet, les Analles Dacquitaine,…. Nouvellement corrigées Ier part, chap, XV ?fol XXIV°, et encore au siècle dernier, on croyait reconnaitre le tombeau de notre saint dans l’un des trois sarcophages en pierre qui se voyaient dans un caveau de la chapelle de Saint Barthelemy. Les inscriptions et Monuments du Poitou contiennent un dessin à l’encre de la Chine de ce tombeau, qui peut aller de pair, pour l’ornementation et pour ‘lantiquité, avec les trois autres plus remarquables tombeaux de saint Hilaire ; celui dit de la Pierre qui pue, celui dit de Gilbert de la Porée, et celui dit de Sainte Abre.

 

 

(126) Les portes d'Aton font songer naturellement aux fabuleuses portes de bronze que, selon les chroniques, Dagobert Ier, dans une expedition en Poitou, aurait enlevées à la basilique de Saint-Hilaire, pour en enrichir celle de Saint-Denys. (Grandes Chroniques, éd. P. Paris, t. t, p. 351 et 362; Bibliot. de l'Ecole des Chartes, an. 1877, 5e livraison, p. 466 et 467; –Nicias Gaillard, Dissertation sur le pillage et la destruction de Poitiers, attibuer à Dagobert Ier, dans les Bullet. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, tI, p 225-242)

 (127) On pourrait conjecturer que ce pius abba minister, exécuteur des ordres de l'abbe, n'est autre que Bodosindus, qui souscrit le premier après Aton dans la charte de mars 799, avec le titre de sustos sepichra sancti Hilarii, et qu’on place la t^te de la liste des trésoriers de Saint Hilaire. (De Longuemar, Essai hist. sur l’église de saint Hilaire, p 328) –Dummler écrit le mot abba avec une majuscule et en fait un nom porpre ; ce système ne me semble pas satisfaisant et je ne trouve mon interprétation préférable.

(128) Lire sur la creation des abbés-évêques et des abbés-comtes et sur la manière dont l'abbaye etait administré sous leur gouvernement :Besly. Histoire des comtes de Poitou, p. 3;-Dom Mabillon, annal. ord. S. Bened., t. II, p. 128, 183, 197, 263 et 323 ; – Dom Fonteneau, Collect. mss XXI, p. 60; -De Longuemar, Essai hist. sur l’église de Saint Hialire, p 83. On verra que l'institution de la commende est chose fort ancienne.

(129) De Longuemar, Essai hist. sur l’église de saint Hilaire le Grand de Poitiers, dans les Mem, de la Soc.de l’Ouest, t XXIII, p80-  M. Redet, très versé, comme on sait, dans la connaissacce de la topographie poitevine, n'avait pu retrouver l'emplacement de notre oratoire appelé église dans un titre de 1162, que je citerai tout à l'heure. « On ne connaît point, dit-il, d'église qui fût specialement sous le vocable de Saint-André, à Poitiers. (doc. De saint Hilaire, tII, p 376)

 (130) Invent. Som. Des arch. Départ. De la Vienne, série G. 568.

(131) Cette instription parait maintenant perdue. Le fac-similé de grandeur naturelle en est conserrvé dans les Inscriptions et Monusment du Poitou. (de Longuemar, Epigraphie du Haut Poitou, dans les Mém. De la Soc des Antiq. de l’Ouest, t. XXVIII, p 203)

(132) Doc. De Saint Hilaire, t I, p 172

(133) Ibid, tI, p 315.

(134) Invent. Som. Des Arch. Départ. De la Vienne, série G. 519, ,600, 610, 623, 626, 1026, 1028,- Documents de Saint Hilaire, t II, p44 et 152, 267 et 270.

(135) Pouillé de l’archevesché de Bordeaux, p 96 et 98.- pouillé du dioc. De Poitiers, par Beauchet-Filleau, p. 166.- de Longuemar, essai hist. sur l’église collégiale de Saint Hilaire, t XXIII, p 371 et 372.

(136) Inscriptions et Monuments du Poitou, note placée au-dessous du fac-similé de l’inscriptio qui a été donnée plus haut.

(137) Offic. Propr. Beat. Hilarii Majoris Pictaviensis, p 215.

(138) Doc. De saint Hilaires, tII, p 275, note 3.

(139)  Il faut placer ici le passage ou Paul Diacre raconte son voyage à Poitiers, et ou il fait la biographie de Fortunat (De Geslis Longobar, I c 13) :

«  Qui (Fortunaus) postquam Turonum juxta votum proprium advenit, Pictavis pertransiens illic habitavit, multorum ibidem sanctorum gesta, partim porsa, partim metrali oratione conscripsit. Novissomeque in eadem civitate primum presbyter, de inde episcopus ordinatis est, atque in eodem loco digno tumulatus honore quiescit. Hic beati Martin Vitam quatuor in hibris heroico versu contexuit, et multa alia, maximeque hymnos singularum festivitatum, et praecipue ad singulos amiscos versiculos, nulli paetaum secundus, suavi et diserto sermone composuit. Ad cejus ego tumulum, cum illuc orationis gratia adventassem, hoc epitaphium rogatus av Apro, ejustem loci abbate scribendum contexui : Ingenio clarus……

Haec paucis de tanto viro, ne ejus vitam sui cives funditus ignorarent, delibavimus.” – Dom Mabillon (Annal. Ord. S Rened.t I, p258= d’après la fin de la citation, juge que le nom et le souvenir de Fortunat étaient alors presque ignorés à Poitiers. Mais une telle interprétation ne peut être tirée des dernières expressions du poéte lombart, qui lui-même dit quelques lignes plus haut : …. Atque Fortunaatus in eodem loco digno tumulatus hinore quiescit. D’Autres part, le fait de l’abbé Aper demandant des vers à la louange de Fortunat montre clairement que les Poitevins n’avaient pas oublié leur évêque.

(140) Baudonavie, contemporaine de Fortunat (Bolland. Act. Sanct. Die XIII August, Vita st Radegundus, prolog), et Paul Diacre, ainsi que nous venons de le voir, lui donnent expressement cette qualificatio. On doit s’étonner, après cela,que Dufour se soit montré hésitant, au sujet de l’épiscopat de Fortunat (His. Génér. De poitou, t I, p131)

(141) Ven. Hon, Clem. Fortunati Opera omnia, tI, prolegomen, p LXI

(142) Office, proper Beat. Hilarii Majoris Pictaviensis, p. 215.

 (143) Invent-som des Arch depart. De la Vienne, série G 529, 557,1082:- Doc. De Saint Hilaires, t II, p 275, note 3.

(144) L’Inventaire des reliques et des vases sacrés de l’église de saint Hialire, dressé le 8 février 1549, contient la mention suivante (Documents de Saint Hilaire, tII, p220) : «  Item la châsse nouvellement faicte de monsr seinet Fortune, pour laquelle furent prius ondiet tresor, comme appert par registre capitulaire du XVIIe may mil Ve XXXIII, signe L. Denys, ung vaisseau drapeau paisant six marcs deux onces, troys cahces d’argent doré pausaint sept marcs troys onces, et und autre calice doré vallant XXII livres X solz, ung bassin d’argent que donna fue le sieur des Maisons, paisnat six marcs et XV onces, une petite croix double dorée, paisant six marcs, avec feust ou troncq. » - Cette châsse à laquelle porter falloit deux hommes, qui en estoeint bien chargés », fut pillée par les protestants, en 152 (Ibid, tII, p 229).

(145) Invent. Som. Des Arch. Dap. De la Vienne, série G538 (2 pièces) – Besly, dans ses Evesques de Poictiers, p. 101, indique ainsi la situationde cette chapelle, à propos de sa sépulture de l’évêque Gilbert de la porée : «  Gist à S. Hylaire de Poictiers sous un tombeau de Marbre blanc historié, dans la muraille du coste du septentrion au bout de la chapelle de S. Fortuné. »

(146) Pouillé de l’archevesche de Bordeaux, p 97 ; - Beauchet-Filleau, Pouillé du doc. De Poitiers, p 163.

(147) Pouillé de Saint Hilaire, TII, p 230.

(148) Dreux du Radier, Bib. Hist. du Poitou, TI, p129.

(149) Chastelain, vocabulaire hagioloque, dans le Dic. Etymolog. De la langue drançoise, par M. Menage, nous. Edit. Paris, Briasson, 1730, tI, p LXI, au mot S. Fortunatus.- Du Saussay, Martyrol. Gallican., XIII kal. Januar. – PD Rainguet, Du Patronage de saintVenance Fortunat, évêque de Poitiers, sur trois anciennes paroisses du diocèse de Saintes, Jonzac, imp. De louis Ollière, 1873, in 8, 16p.

(150) L’abbé Cirot de la Ville, Origines chrétienne de Bordeaux, Bordeaux, Ve Justin Dupuy et Comp. 1867, in 4, p 159-184.

(151) Processional de l’Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p9.

(152) «  Capellania S. Stephani, ad collationem Thesaurarii. » (Pouillé de l’archevesché de Bordeaux, p97)- Invent. Som. Des Arch. Dép. de la Vienne, série G 519, 982.

(153) Offic. Propr. Beat, Hilaris Majoris Pictaviensis, p 215.

(154) Duchesne et Froben : Christo sinistra

(155) Doc. De Saint Hilaire, TI, p 67.

(156) Ibid, t II, p256

(157) Processional de l’Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p12.

(158) « Capellania S Ioannis Evangeliste, ad collationem Thesauraii » ( Pouillé de l’archevesche de Bordeaux, p97) – Beauchet-Filleau, Pouillé dui Dioc. De Poitiers, p 163.

(159) Pouillé de l’archevesché de Bordeaux, p97- Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. De poitiers, p 164.- Invent. Som. Des arch. Dép. de la Vienne, série G 520, 1037.

(160) Processional de l’eglise de S. hilaire de Poitiers, p 13 : «  Ant. Gaudent in coelis animae Sanctorum, qui Christi vestigia sunt secuti ; et quia pro ejus amore sanguinem suum fuderun, ideo cum Christo exultant sine fine, laeamini in Domino et exultat justi, et gloriamini omnes recti corde.

OREMUS

Infirmatatem nostram, quaesumus, Domine, propistius respice, et mala omnia quae uste meremur omnium Sanctorum tuorum intercessione avert ; Per christum, etc. »

 

(161) Duchesne et Froben : amori.

(162) Voy. L’Inscript XIVe.

(163) Duchesne et Froben Et terris.

(164) Act. Sanct. ord. S. Bened., saec. IV, part. t, p. 431; et Annal. ord. S. Bened., t. Il, p. 307.

(165) Ce diplôme, mal daté de 793, a été publié pour la première fois par dom Mabillon, Annal. Ord. S Bened. TII, p 715 ; et ensuite, par les auteurs du Gallia christ, t II inst., col. 346. On le trouve trancrit dna le Fasiculus antiquait. Nobiliacens, p- 374 ; et dans la collect. Des mms hist. de dom Fontenau, t XXI, p45. –

Voici en partie essentielle du texte : « ….. Denique ostensum est un consepctu nostro per magnifico viro et parente nostro Atone diacono atque abbate statuta, quam ipse ex ore gloriosissimi et genitoris mei redis Caroli summumque catholicum sumpsit, qualiter celloal, cujus vocabulum est Novahacus, de ratione sancti Hilarii, sita in loco quieto, et valde congra ad habitionem sevorum Dei et pauperum, juxta possibilitatem loci illius monachos, qui secudum sancti Benedicti regulam degere deberent, instituit. Et venerabilis vir jam memoratus domnus Ato abba, parens noster, fidelissimus domino et genitorc meo et noster, nobis subtiliter suggesit, ut ipsa cella vel reiculas, quas ipse ibidem detilit, necnon et hoc quod Hermenbertus sacerdos rector ipsiue cellolae ibidem condirmavit, et illas conjouctiones, quas anteriori pontifici Pictavensis, quem nos recognovimus, Ansaldus, Ebarcius, et Guozbertus, ad ipsam cellam detulerunt, vel dei timentes et viri catholoco onantea conderre volueint, per nostram munificentiam semper sit conjunctum, et numquam sit interruptum. Praecipiendo praecipimus… »

 

 

(166) Trente et unième évêque de Limoges, cité suelement à la date de 817, par le Gallia christ, tII, col 507.

(167) On croit reconnaitre dans ce lieu dit alors Jacondiac, aujourd’hui Le Palais, canton et arrondissement de Limoges, l’une des quatre résidences royales ou, selon l’Astronome, le jeune roi d’Aquitaine devait demeurer allternativement tous les quatre ans (Reg. gallic. Et francis. Scriptor. T VI, p90.)

 (168) S’il en était ainsi, j’aurais eu tort précédemment d’attrivuer à Aton la nationalité franque, car la reine Hildegarde, d’après Eginhard, était issue des Suéves, un des nombreux peuples de la Germanie (rer galiic. Et francis. Scriptor, Vita Caroli Magni impertoris per equihardum scripta, tV, p96)

(169) L’archéologie pouvant tirer des rensiegnements utiles de ce texte et de ceux qui suivent, je les reproduis : «  Pippini regis Capitulare Aquitanicum (An. 768. Sanctonis) Incipiunt capitula quas bone memoiae genitor Pipinus siaodaliter, et nos ab hominibus conservare volumus. 1. Ut illas ecclesias Dei qui deserti sunt, restarentur tam episcopi quam abates, vel illi laici homines qui ecitude benefilium habent. 2. Ut illi episcopi, abbates, abbatissas, sub ordine sancto vivant. 3. Ut quicquid episcopi, abbates vel abbatissas, vel reliqui sacerdotes, de rebus ecclesuarum ad eorum opus habent, quieto ordine possideant, siccut in nostra sinodo (Bituricensi, zn. 767) jam constitutim fuit ; et si quis exinde postea aliquid abtraxit, sub integrita reddat…. » (perts, Monumenta German. Historic., tIV (Leges, tII), p.13 ; Patrolog, lat. Migne, t XCVI, col 1319)

(170)  Capitulaire Francisum. (An. 779. Mart. Haristallio.) 12. Capitula vero qum bonae memoriae genitor noster in sua placita constituit et in synodis, conservare columus. «  (Perts, Op. eccl. T III (Leges, tI) p 37 ; Patrolog. Lat., Migne, t XCVII, col 129)

(171) Karoli Magni Capitulare missorum Aquitanorum (An. 789. Mart Aquis.) Incipit breviarium de illi capitula quae domnus rex in equitania Mancione et Eugerio missis suis explere sacramentum fidelitati einrae (fidelitatis unjunxit). 1. De illo edicto quod domnus ex genitor noster Pipinus instuit, et nos in postmodum pro nostro missos conservare et implere jussimus, vel de nostros edictos quomodo fuerint custoditi. 2. De illa resauratione ecclesiarum illi qui res erorum habent per istos 20 annos, qui egere inde, aut quare non sunt. 3. Ut si aliquis de illas res ecclesiae, qua sec tempore possidebant  quando illa patria Deux sub nostris manibus posuit, postea minimatum vel abstractum fuit exinde. 4. Yt episcopi, abbatis vel coenobie sanctorum sub ordine sancto esse redebuissent, propter qui non sunt…. «  ( Pertz, Op, citat, t. IV (Leges, t II), p 14 ; -Patrolog, lat, Migne, t XCVII, col. 671)

(172) Le Gallia chrit, t IIet t XIV, passim, et la Vita Ludivici Pu Imperatoris par l’Astronome, dans les rerum gallic, et francis. Scriptor. T VI, p95, placent, sous le règne de Charlemagne, la restauration des monastères de Saint Florent, de Noirmoutiers, de Saint Croix de Poitiers et même de Saint Maixent, et la fondation de ceux de Charroux, de Nouaillé, de Saint Savin et de Nanteuil en Vallée.

(173) L’historien Egnihard fait la remarque que le génie de Charlemagne ne travailla pas seulement à agrandir l’Empire franc, mais qu’il s’occupa encore à l’empbellir de monuments de toutes sortes, surtout d’édifices religieux.

« Qui cum tantus in ampliande regne et subidendis exteris nationibus existeret, et in ejusinodi occupationibus assue versaretur, opera tamen plurima ad regni decorem et commoditatem pertinentia, diversis in locis inchoavit ; quaedam etiam consummavit….. Praecipue tamen Aedes sacras ubicunque in toto regno sue vetustate collapsas comperit, Pontificibus et Patribus, ad quorum curam pertinebant, ut restaurarentur, imperavit, adhibens curam per legatos ut imperata perticerent…. » (Rerum gallie.et francie. Scriptor, tV. V 93)

 

 

(174) D’accord avec Le Cointe (Annal. Eccle. Franc., t VIII, p 160), et dom Mabillon (Act. Sanct. Ord. S. Bened, saec. IV, part I, p 431 ; Annal. Ord. S. Bened, tII, p 308), je traduis comme s’il y avait : momente summo catholico domno rege Carolo, L’abbé Briand (Hist. de l’eglise Santone, tI, p233) n’a pas ainsi le veritable sens.

(175) Village faisant partie des communes d’Aslonnes et de Cha^teau Larcher, près de Poitiers. (Redetn Dic. Topograph. De la Vienne, p 218)

(176) Probablement Caunay, canton de Sauze-Vaussais (Deux- Sèvres). ( Redet, op.citat, p 103, au mot Chaunay.)

(177) La Collection des mss. Hist. de dom Fontenau, t XXI.,p 57, et le Fasciculus antiqit. Nobiliacens. P372, contiennent la copie manuscrite de cette charte qu’ontrouve imprimée dans le Gallia christ. , tII Instr. Col 345 ; je vais en donner un extrait :

….. « Igitur in Dei nomen ego Ato humilis, et servus severum Dei ultimus, pontifex urbis Santonicae sancti Petri ecclesiae senioris canonicae, necnon et rector monsasterii sancti Hilarii, situm propr Pictavis, ubi ipse scntissimus humatus esse videtur, momente summum catholicum domnnum regem Carolium gloriosum ; ut unusquisque pastor curam gerat super gregem sibi commissum vigilanti animo, notumque et magnifico nobile domno Hlodoico rege, et suis optimatis et viris catholicis, quod aliquo monaterium, cujus vocabulum est Nobiliacus, ubi a nobis pater ibidem praeesse cidetur Hermentarius sacerdos, de ratione sancti Hilarii, et in suo sancto nomine editum, situmque in loco quieto, et valde congruum ad habitandos monachos, ispum renovavimus, et monachos ibidem instituimus, ad mercedem eumulandam dominorum regum et nostram. Locella quae a longo tempore ex ipso fuerant ablata, protper necessitates monachorum et pauperum supplendas, necnon et nostra facinora ablenda, reddendo conjunximus vel adhaerere decintus,  quarum sunt vocabula : una qui dicitur Jouarinna, et est inter Alona et alveum Cludra, et alia Colnago, qui est Briolense pago…..

…..

S. ego Ato indignus episcopus Sanctonicae urbis eccelsiae, hanc conjunctionem libentissomo animo fiero vel adfirmare rogavi.

Bodosindu ac si indignus presbyter sue custo sepulchri sancti Hilarii, jubente pinssimo pontifice domno Atone. Arnulphus, Aigobertus presbyter, Frotbertus, Lonnaldus…. Florentius, Ibbo, Abbo, Betdenus diaconu, Ragadeus presbyter, Dodo clericus, Madalfredus, Ingobertus, Abbo clericu, Gundolaicus, Aldebertus. Data in anno XXXI, regnante domno Karolo rege in mense Martio…. Bertramnus scripsit.”

(178) Fasciculus antiquatatum Nobiliacensium, p8- Thibeaudeau, Abrégé de l’hist.de Poitou, tI, p272.- l’abbé Auber, hsit. De la cathédrale de Poitiers, tI, p13.

(179) L. Audiat, Charlemagne et Saint-Pierre de Saintes, dans le Bulletin reliqueux du diocèse de la Rochelle, an 1867, p54 ; - cartulaire de l’abbaye de Saint-Etienne de Baigne, publié par l’abbé Chollet. Niort, clouzot, 1868, in 4, préface, p XI-XVI.

 

 (180) Mabillon Annal. Ord. S. Bened, tII, p 716 ;- Dom Fonteneau, Collect mss, T XXI, p 31, 35 et41.

(181) Par un diplôme de Louis, roi d’Aquitaine, délivré en mai 808, il appert que la règle de Saint-Benoit était alors abolie dans le monastère de Saint Hilaire (doc. De Saint Hilaire, tI, p3 ; -Dom Chamard hist. eccle. Du Poitou tI, p 467)

 

 (182) Les restes  encore omportants de l’ancienne abbaye de Nouaillé ont été décrit par M. de Longuemar dans des notes archéologiques intéressante, livrées à La semaine bturg. De Poitiers, an. 1879, p 253, 292 etc.

 

(183) Dummler suppose que le texte est corrompu en cet endroit.

 

(184) Glossar. Mediae et infimae latinitaits, au mot Aula.

 

(185) Besly, hist des Comtes de poictou, p 221 et 223.- redet, Dict. topogra. De la Vienne p 294.

 

(186) Dummler a trouvé des Mss ou ce poème est intitulé : Versus Alquini ad mensam.

 

(187) Duchesne At requiem nocti; Froben Et requiem nocti

(188) B. Ledain, Musée de la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, Catalog de la galerie lapidaire, p 40.

(189) Ce même poème se rencontre ailleurs, comlété par deux autres distiques. (Dummeler, op, citat, p282)

Ext mibi venter edax, calido qui pascitur igue,

Vertice sub quadro fumidus exit odor.

Ad me mex hospea gelido fugit imbre Decembre,

A me qui Auguste florida in arva fugit.

 

 

(190) Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque publique de Poitiers, est connu sous le titre de regula monasterii Nobiliacensis, vel, haut. 182 millim ; lar. 123 millim. N°79 (anc. 78). Sur la première feuille se trouve l’inventaire des vases sacrés de l’abbaye de Nouaillé, au XIIe siècle (Paul de Fleury, Inventaire analytique et descriptif des manuscrits de la bibliothèque de Poitiers, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, t XXXII, p 157)

(191) D’Achery, Spicileg, nos edit, tI, p 639.

(192)  Thibandeau, qui a eu entre les mains ce dernier ms. Appelé par lui cartulaire a tiré des chapitres relatids à notre sujet une analyse étendue qu’on ne lira pas sans plaisir (Abrégé de l’Histo. Du Poitou, tI, p 231)