Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay (4)

C’est particulièrement sur les bords des rivières que vécurent nos premiers pères dans un état de profonde misère. La demeure est une cavité naturelle, un abri sous roche, une caverne dont on défend l’entrée avec quelques blocs volumineux déplacés et remplacés en guise de porte. Dans de telles conditions, ils doivent soutenir des luttes terribles contre les animaux sauvages, contre les puissants de l’époque et contre un climat beaucoup plus froid qu’il ne l’est de nos jours.

Une époque arrive ou la hache n’est plus un caillou, mais un silex poli avec soin.

La grotte des Fartadets (près du Petit-Lay) atteste la présence des premiers hommes aux Moutiers, au vicus gaulois. Située dans un bois dépendant de la ferme de la Pitardière, l’allée commence à 10 mètres du pré, elle mesure 9 mètres de longueurs sur  1m 40 de largeur à l’entrée de la grotte et 1m. au commencement du couloir. Hauteur à l’entrée de la caverne : 2 mètres ; au milieu, 1m.80 ; dans le fond 1m 60. A l’entrée, il existe deux petits encastrements piqués dans le roc, celui de droite mesure 0m 15, celui de gauche 0m 40. Elle est située à l’ouest et très bien creusée dans un schiste assez tendre, mélangé de veines de quartz. La voûte forme un beau cintre, le fond est arrondi.

Dans toute sa longueur (9m), ainsi que dans la longueur du couloir, le fond d’une paroi, il existe une petite rigole afin de faciliter l’écoulement de l’eau qui suinte du rocher.

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A l’habitation de la caverne succède la demeure lacustres.  Des fouilles dans l’ile formée par le Lay amèneraient sans doute de curieuses découvertes sous ce rapport.

Des peuples d’Asie franchissent le Rhin (1500 avant J.C°, l’histoire les connait sous le nom de Gaël, Galles ou Celtes, d’où est dérivé plus tard le nom générique de Gaulois. Notre commune était alors couverte de bois.

Les Cimbres ou Kymris envahirent notre pays.

Les Pictons habitaient la Vendée à l’époque gauloise. Ils formaient trois tribus allées ; les Ambiliates au nord, les Agnanutes, Agnutes ou Agnotes au centre, et enfin les Agésinates Cambolectri qui tenaient les bords de la mer et s’avançaient jusqu’ici.

Avec les Cimbres apparaissaient les Druides dont les volontés étaient regardées comme des lois, leurs paroles comme des oracles. Ils immolaient des prisonniers à leur dieu Teutatès.

Les Romains, conduit par César, firent la conquête de la Gaule. Des voies romaines sillonnent alors la Vendée ; la plus rapprochée était celle qui reliait Niort, Fontenay, Mareuil et Jard (l’antique Bel-Esbat).

De Magnifiques villas se fondent : à Sainte Pexine, à l’Oucherie des Moutiers.

Le Poitou fut soumis aux Wisigoths, dans le Ve siècle, aux Francs dans le Vie et suivit le sort de l’Aquitaine.

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Les Normands mirent à feu et à sang Luçon, les Herbiers, Fontenay et il est tout probable qu’ils sont passés aux Moutiers, car ils suivaient les cours d’eau, rançonnant impitoyablement les riverains. Ils aimaient surtout à verser le sang des prêtres et des moines :

 

12 mai 841: Les Vikings, avec à leur tête Oscherus (en Norrois Asgéir) et qui commencent à faire de fréquentes incursions dans la vallée de la Seine, prennent Rouen, incendie la ville ainsi que Jumièges.

Asgéir quitte la vallée de la Seine, ou il avait hiverné durant 237 jours  pour la première fois, et s’en retourne en Charente, pour débarquer au passage sur le littoral bas-poitevin.

«  Nous leur avons chanté la messe des épées, disaient-ils » Renaud et son cousin Ranulfe, comte de Fontenay, vainquirent les Normands au port de Brillac, près de Coulon, Deux Sèvres.

Ramnulf 1er, comte de Poitiers et Ragenold comte d’Herbauges, sont parent, n’ayant put l’en empêcher le poursuivent et  le 4 novembre, livrent un combat et battent les Normands à Brillac.

Alors que dans la chronique d’Adhémar de Chabannes (1), ce sont les Francs qui furent mis en fuite en 852 :( Rannou, comte de Poitou, et son cousin Rainon, comte d’Herbauge, sont mis en déroute par les païens à Brillac (4 novembre). L’année suivante, les païens livrent aux flammes les monastères de Luçon et de Mont-Glonne (Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire) ; puis ils entrent sans trouver de résistance, dans Nantes que Nominoé avait fait démanteler)

Aujourd'hui, les historiens s'accordent pour situer la bataille au Port-de-Brillac (BROUILLAC), à Coulon, sur la Sèvre Niortaise.

Ranulfe vécu plus de dix après cette bataille, et Adon de Vienne lors vivant, et Guillaume de Malmesbury, qui doit la note empruntant de lui, assurent que le Comte Ranulfe combattit les Danois avec Robert le Fort l’an 867.

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 Au Moyen Age, six seigneuries sont présentes sur la paroisse : Brillac, La Forêt-Nesdeau, La Roussière, La Seigneurie, Les Champs et Le Lugre.

Aux Xe et XIe siècles, les seigneurs couvrirent la Vendée d’églises et d’abbayes entre autres celle de Trizay,  dans Saint Vincent.  Elles eurent bientôt une puissance rivale de celle des plus grands seigneurs.

 

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Vers 1030 ou 1035, Geoffroi, vicomte de Thouars, donne à l'abbaye de Marmoutiers du consentement de sa femme Adenor, d'Aimery et Savary, ses enfants, quelques héritages, deux mesures de terre arable à Monasteria supra Ledum, la moitié du droit de sépulture au même endroit et toute sa part du vin de complant dans ladite paroisse de Moutiers-sur-le-Lay.

 (D. Fonteneau, t. X, p. 315. Cartulaires du bas Poitou, publiés par M. Paul Marchegay, p. 149. – Cartulaire manus. de Marmoutiers, f° 357. Bib. Imp., Fonds Cattu, n° 5441 .)

 

Carta Gausfridi, Toarcensium Viccecomitis, de dono terreae Arabillis, sepulture et complanti in parochia de monasteriis

Verae pietatis atque religionis est inditium ut, qui summi regis meruere christiani recenseri vocabulo, ipsi sanctorum, intuitu jam divino fruentium loca dignantur honorare eorumque necessitatibus qui locis in hisdem supernae majestati sedulo famulantur, prout copia suppetit, clementer obviare procurent; quatenus quorum locis veneratio servulisque misericordiae defertur in terris exhibitio, per ipsos semper placatus, in cȩlis intercedentes Christus sentiatur et pius. Notum igitur fiat omnibus veri Dei cultoribus prȩcipueque successoribus nostris, quoniam ego GAUSFRIDUS Toarcensium, munificentia Dei, vicecomes et Adenors conjunx mea, faventibus etiam filiis meis Haimerico scilicet ac Savarico, pro redemptione animarum nostrarum et pro salute corporum, largimur beato MARTINO Majoris Monasterii, in usum videlicet  fratrum ibidem omnipotenti Deo militantium, duas arabilis terrae, cum omni consuetudine, mansuras super Oionis fluvium existentes, scilicet in parochia quae propter basilicas geminas in eadem sitas, nuncupatur Monasteria.


Concedimus etiam praefato sancto medietatem sepulturae ipsius parochiae totius necnon et totam partem nostram vini ex complanto exeuntis; quod videlicet vinum moris est ut collectum ipsi rusticani in cellarium usque deferant cujus erit complantum senioris. Si quis autem hȩredum vel pro heredibus meis hanc donationem quam, libera mente ac propria voluntate faciens, ex jure proprio in dominium beatissimi Martini transfero, manu presumptionis avidae, inquietare temtaverit sese non cum homine qualicumque sed cum Martino, confessorum omnium maximo, sumpsisse certamen sentiat et quod, aestu avariciae captus, concupiverit, ad effectum non pertrahat; sed insuper, divino percussus judicio, ad poenitudinis remedium abhinc emendandus confugiat.

Ut vero donationis hujus testamentum firmitatem tenere credatur in perpetuum  ampliorem manu illud mea firmavi atque conjugi supradictae filiisque meis, deinde quibusdam qui aderant fidelium meorum annuendum atque corroborandum tradidi.


Signum Gausfredi vicecomitis, S. Adenoris uxoris ejus, S. Haimerici, S. Savarici, S. Arnaldi de Salmuro. S. Durandi clerici de Talamonte, S. Odilardi, S. Archenbaldi, S. Ademari monachi.

 

Geoffroy Guy II de Thouars 990 Thouars(79) +1055 St Michel en l'Herm(85), Adenor,  Agnès,  Aldéarde de Blois (fille de Eudes I de Blois et de Berthe de Bourgogne), Aimery IV, Savary, vicomte de Fontenay,

 

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Origine

Les Moutiers sur le Lay, coquet petit bourg, au milieu d’une riche vallée, baignée par le Lay, doivent leur nom à un antique monastère, construit aux abords de l’église actuelle et dont on voit encore quelques ruines.

Mais bien antérieurement à la fondation de cet établissement religieux, et à une époque qu’il est impossible de  fixer même approximativement, les bords du Lay furent habités par des populations de chasseurs et de pêcheurs.

« Nous sommes convaincu que des fouilles intelligemment faites dans l’ilot formé par les deux bras du Lay, amèneraient sur ce point la découverte, sinon d’habitation lacustres, du moins de vestiges remontant à l’époque celtico-gauloise, et notre opinion s’appuie notamment sur ce fait que dernièrement encore des engins de pêche de la plus haute antiquité qui ornent aujourd’hui la collection de M. de Rochebrune ont été trouvés non loin de là dans le lit de la rivière » (2)

 

Les fouilles faites par M. Mandin de Mareuil dans et autour de la grotte du Bois-Charrias ont permis de constater qu’elle avait servi de refuge à la race celtico-gauloise.

Il en a été extrait divers fragments de silex dont une hache taillée par éclats et d’une fabrication très grossière, ainsi que de nombreux petits tessons de poterie primitive.

Près de la demeure féodale de Brédurière existait un oppidum ou camp gaulois. Les romains y établirent leurs demeurent. M. Mandin a découvert plusieurs villas gallo-romaines sur les rives du Lay, entre autre celle de l’Oucherie, de cette commune, modèle de goût et de luxe, qui donnaient asile à une population d’élite.

En remuant la terre, les cultivateurs de la Corbinière ont trouvé des traces certaines de dallages romains. M. Gautreau de l’Oucherie en creusant les fondations de sa maison est arrivé à des constructions anciennes qui lui ont fourni la plus grande partie de la pierre employée. Il a même trouvé un amas considérable de chaux enfoui il y a des siècles.

Je rappelle que l’église de sainte Pexine (Sancta Pecina à 2km des Moutiers) a été bâtie sur une antique villa romaine, dont les restes ont été retrouvés en 1864-65 et années suivantes.

 

 

 

L’histoire de la Vendée - TIME TRAVEL<==.... ....==>

 


 (Photos Vikings Puy du Fou - Cie Capalle Tiffauges)

 

Etude des voies de communication en Bas Poitou 

Quels étaient donc ces chemins ? Le Guide de Charles Estienne mentionne parmi " les plus notables chemins " du Bas Poitou deux routes allant du port des Sables vers l'intérieur du royaume, une troisième qui, reliant les deux grands ports de la Rochelle et de Nantes, coupait les deux précédentes à Luçon et à Montaigu, et enfin une voie, par deux itinéraires assez rapprochés, reliant la Rochelle, Luçon, Loudun et Tours.

 

(1) Eodem anno, mense septembri, Carolus quinta vice Britannia devastavit, et Pipinum nepotem suum, quem insidiis Britanni coeperant, adquisivit et, occiso Erispoio, Britanniam sibi subjugavit, Rannulfus quoqe, comes Picatensis, et raino, comes Arbatilicensis, consanguineis ejus, cum Nortmannis in Briliaco villa dimicaverunt et victi, fuga liberantur ; tunc Gauzbertus, comes Cenomannensis, insidiis Mannetensium circumventus, occisus est.

853 Lucionnus mense maio a Northmannis exuritur, et mense junio Sanctii Florentii monasterium et Namnetis civitas, Turonis, quoque exuruntur.

(2)    M. de Brochet.