Château médiéval et Renaissance de Brissac (Foulques Nerra)

Le château fort, manoir de guerre, fut construit à Brissac à l'origine par Foulques Nerra, comte d'Anjou, au XIe siècle. On cite, entre autres, Payen de Brachesac (PAganus de Bracaseaco), qui figure témoin du comte d’Anjou dans un acte de donation aux moines de Saint-Maur.

Depuis longtemps, le plateau qui porte Brissac, était traversé par la route antique, ancienne voie romaine, d'Angers à Doué. Au bas, dans la vallée de l'Aubance, aboutissaient en outre les routes de Chemillé par Thouarcé et de Saumur par Gennes. Elever une place forte presque au centre de ces embranchements et dans un endroit qui couperait tous les passages, c'était s'assurer la surveillance et la domination de tout le pays. C'est sans doute la raison qui décida le comte d'Anjou à construire, dès le Xe siècle, le château de Brissac.

Pour la même raison, ses successeurs le firent augmenter. Des ponts furent établis sur l'Aubance et des moulins construits au pied même du château. Il était loin toutefois d'être alors la maison presque royale, dont le luxe et l'opulence permirent plus lard d'y recevoir avec magnificence, non seulement des princes et des seigneurs de haut lignage, mais pendant des semaines la reine Marie de Médicis et son fils le roi Louis XIII.

Le premier fait de guerre dont, selon l'histoire, Brissac fut le théâtre, fut la bataille que s'y livrèrent, en 1068, les deux frères Geoffroy le Barbu et Foulques IV le Réchin.

Château médiéval et Renaissance de Brissac (11)

Tous deux étaient les neveux de Geoffroy Martel (fils de Foulque III Nerra), comte d'Anjou, qui vers 1060 leur avait partagé sa succession. L'inégalité du partage ne tarda pas à les rendre ennemis. Foulques surtout en nourrissait dans son coeur un profond ressentiment contre son frère. Le plus léger prétexte fournissait matière à des plaintes et quelquefois à des menaces ; et pendant ce temps, Foulques ne cessait de travailler sourdement à s'emparer des Etats de Geoffroy. Chaque jour il lui débauchait quelqu'un de ses plus puissants vassaux.

Geoffroy n'en fut instruit qu'en apprenant qu'il se portait sur Saumur avec des troupes, pour lui enlever cette place par la force s'il ne pouvait l'avoir autrement. Mais la garnison, déjà séduite par les émissaires et l'argent de Foulques, lui ouvrit les portes de la ville sitôt qu'il se présenta sous ses murs (1067).

Des moyens aussi lâches, employés pour réparer l'injustice prétendue des partages faits par Geoffroy Martel, au raient dû mettre le comte d'Anjou en garde contre son frère. Il se laissa néanmoins conduire à Angers, où Foulques l'avait devancé, dans l'espérance que les barons, qui leur étaient attachés, pourraient concilier les esprits et les intérêts de l'un et de l'autre. Mais presque tous s'étaient laissés corrompre. Aussi, à peine entré dans la ville, le comte d'Anjou fut arrêté ; on le conduisit ensuite à Sablé, où on le renferma sous la garde de Robert l'Allobroge, qui en était seigneur.

Le sort du comte, ainsi perfidement livré à ses ennemis, intéressa plusieurs barons ; ils s'entremirent pour rapprocher les deux frères, et menacèrent même de s'armer contre celui des deux qui se refuserait aux moyens de conciliation qu'on jugerait convenables. Mais Foulques persista dans ses refus. Il fallut l'autorité du Pape, pour lui arracher un consentement qu'il ne donnait qu'à regret.

Geoffroy sortit de sa prison. Mais il se vit à peine en liberté, qu'il s'occupa de rassembler ce qu'il crut trouver de vassaux fidèles, et de se venger des traitements et des pertes qu'il venait d'éprouver.

Ferme dans cette résolution, il se porta sur Brachessac (Brissac), dont il commença le siège. Mais Foulques, attentif à ses mouvements, courut au secours de la place. Geoffroy fut battu, abandonné de ses soldats, pris et mis aux fers, après avoir vu tailler en pièces une partie de son armée. Le château de Chinon fut le lieu qui lui servit de prison perpétuelle.

C'est Foulques Réchin lui-même qui, dans sa chronique, nous apprend ce dernier fait : « Ayant, par ordre du Pape Alexandre, — raconte-t-il, — délivré mon frère des liens dans lesquels je l'avais tenu, ce même frère envahit de nouveau mes domaines et mit le siège autour d'un certain château à moi qu'on appelait Brachesac. Je chevauchai alors contre lui vers le dit château avec les seigneurs que la Providence de Dieu m'avait envoyés, et je le combattis dans la plaine où, par la grâce divine, je demeurai vainqueur. Lui-même fut pris et  remis entre mes mains, ainsi qu'un millier de ses compagnons avec lui. »

1204 Philippe-Auguste part à la conquête du Poitou et de l’Anjou. Après la défaite des Anglais, Philippe Auguste apparaît à Brissac le 11 mai 1206, jour de l’Ascension, à la tête d'une armée pour y admonester son seigneur, Guy de Thouars.

Le lendemain de son départ, nous apprend la Chronique de Saint-Aubin, il ordonne d’en détruire le château : venit rex Francorum apud Brachessac in die Ascensionis, et in crastino recedens, Castrum de Brachesac pour punir Guy de Thouars qui, après avoir servi la cause du roi de France, se sera tourné contre lui et mis au service de son adversaire, Jean-sans-Terre, roi d’Angleterre. Le château de Brissac sera cédé à Guillaume des Roches (un des ennemis les plus ardents de Jean-sans-Terre après l'assassinat d’Arthur 1er de Bretagne)

Toujours est-il que, peu après, la même année, sur les conseils  de ce même Guy de Thouars, quand le roi se fut éloigné, le roi d'Angleterre débarque à la Rochelle, traverse le Poitou, gagne la Loire et ne quitte l'Anjou qu'après avoir appris, le jour de la Saint-Michel, l'arrivée du roi de France.

En 1369, pendant la guerre de  cent ans, les Anglais qui occupaient une partie de l’Anjou s'étaient établis dans l'abbaye de Saint-Maur, qui, suivant l'usage du temps, était fortifiée comme une place de guerre, lorsqu'en 1369, Bertrand Duguesclin vint les y attaquer. Profitant d'une suspension d'armes consentie de part et d'autre, pendant laquelle Duguesclin était venu à Saumur avec la plus grande partie de son armée, les Anglais sortirent de Saint-Maur, l'incendièrent pour le rendre inutile aux Français et se retirèrent dans la direction de Bressuire.

En 1434, Jean de la Haye, seigneur de Brissac, cède le fief à Pierre de Brézé, seigneur de Maulévrier.

Le château est reconstruit en 1455. À la mort de celui-ci, survenue à la bataille de Montlhéry en sauvant le roi, c'est son fils, Jacques, qui en hérite et s'installe au château. Il s'y installe avec sa femme Charlotte de Valois (fille de Charles VII et d'Agnès Sorel).

Lorsque Jacques découvre que sa femme a une liaison avec son ami Pierre de Lavergne, il la transperce avec son épée le 1er mars 1462;  une légende prétend qu'elle apparaît sous la forme d'une dame blanche les nuits d'orage.

1502, 26 mai, René de Cossé est nommé gouverneur du Maine et de l’Anjou. Il achète le château entrant ainsi dans la famille qui adopte alors le nom de Brissac.

De la guerre de Cent ans il faut passer aux guerres de religion entre catholiques et protestants pour trouver dans l'histoire de Brissac quelque événement militaire, dont il ait été le théâtre.

 Les Huguenots vinrent-ils à Brissac même exercer leurs ravages accoutumés, Charles de Cossé (petit-fils de René) prend le parti de la Ligue.  Le château est assiégé par le par Henri de Navarre (Henri IV)

1606 il récupère son château fortement détérioré.

Château médiéval et Renaissance de Brissac (7)

==> Bataille du Pont de Cé -Château de Brissac, Louis XIII, Marie de Médicis et Richelieu

 


 ==> An Mil - Carte des Châteaux de l' Anjou sous Foulques Nerra

==> 1214 Jean Sans Terre part d’Angleterre en direction du Poitou, débarque à La Rochelle et marche sur Mauzé