Discours par M. Lecointre Dupont, Vice Président

MESSIEURS,

Bien souvent déjà, dans ses séances publiques, la Société des antiquaires de l'Ouest s'est trouvée veuve de ses présidents. Sans parler du bon, du savant, du modeste Faye, qui, pendant sa présidence, fut appelé à siéger à la cour d'appel d'Angers, et qui ne revint parmi nous que pour nous être peu après à jamais enlevé, MM. de la Mariouze, Jeannel, de la Saussaye et François Saint-Maur ne nous ont-ils pas aussi quittés, alors qu'ils présidaient la Société, pour aller continuer ailleurs d'honorables carrières dans les postes plus élevés où la confiance du gouvernement les appelait?

Tous ils ont laissé à Poitiers les meilleurs et les plus sympathiques souvenirs.

Aujourd'hui, c'est M. Beaussire qui nous manque, bien digne successeur de pareils devanciers. Il nous a été enlevé au moment où l'Académie Française venait de couronner son beau livre de la Liberté dans l'ordre moral et intellectuel.

Appelé au périlleux honneur de le suppléer devant un auditoire composé en grande partie de ses collègues, de ses élèves, de ses amis, je suis heureux de pouvoir annoncer qu'il ne manquera pas tout entier à cette solennité littéraire, où, à défaut de sa personne, nous aurons de lui un remarquable travail.

Enfant du Poitou, M. Beaussire fait honneur à notre province, et son livre, fruit de ses méditations pendant son séjour à Poitiers, honore particulièrement notre ville.

 Ce livre restera comme un des beaux monuments de la philosophie spiritualiste de notre époque. Puisse un jour le respect de soi-même et d'autrui, le respect de tout ce qui est bon, de tout ce qui est juste, de tout ce qui est divin, ce respect si bien pratiqué par M. Beaussire, descendre dans les mœurs publiques assez profondément pour permettre cette large expansion de la liberté que notre président demande pour toutes les convictions !

Pardonnez-moi, Messieurs, d'anticiper par ce vœu sur l'avenir ; le passé est le domaine de notre Société, je dois m'y renfermer.

Un fait bien remarquable de l'histoire du XIIIe siècle est la résignation avec laquelle la Normandie , une fois conquise par Philippe-Auguste après la résistance la plus opiniâtre , accepta sa réunion à la couronne de France , pendant que , plus loin de l'Angleterre, le Poitou, qui avait, presque sans coup férir, ouvert au roi vainqueur les portes de ses villes et de ses châteaux, resta pendant trente-huit années le théâtre de soulèvements continuels en faveur du fils et du petit-fils d'Eléonore d'Aquitaine.

Augustin Thierry a cherché avec bonheur à expliquer ce contraste dans l'attitude des Normands et des Poitevins (1).

Cependant une des principales causes de l'immobilité de la Normandie et des agitations du Poitou me paraît lui avoir échappé.

 Accoutumée à recevoir l'impulsion d'un gouvernement fortement constitué, la Normandie, quoiqu'elle ait, dit Guillaume le Breton, longtemps porté avec indignation le joug léger du roi de France, ne trouva ni chefs, ni points d'appui pour une rébellion.

En Poitou, au contraire, les puissantes familles de Mauléon, de Thouars et de Lusignan fournirent à la fois, dans leurs formidables châteaux forts, des centres d'insurrection, et, dans leurs turbulents seigneurs, des hommes tout prêts à commander les insurgés.

Puis à la cour et dans les conseils des rois Plantagenets, notre province, ou du moins le pays compris entre la Loire et la Dordogne, et qui portait alors en Angleterre le nom générique de Poitou, fut représenté par un homme d'un talent supérieur, Pierre des Roches , évêque de Winchester, successivement chancelier et grand justicier d'Angleterre, et gouverneur du jeune roi Henri III.

 Permettez-moi, Messieurs, d'esquisser ici, avec les principaux traits de sa vie politique, les faits qui rattachent plus particulièrement Pierre des Roches à notre province.

Le savant M. Thomas Wrigt (2) n'hésite pas à faire Pierre des Roches natif de Poitiers, mais sans donner la preuve de cette origine.

Ce qui est positif, c'est qu'en Angleterre, il fut considéré comme Poitevin, qu'il s'y montra toujours le protecteur des Poitevins, et que le premier bénéfice ecclésiastique qu'il obtint fut le prieuré de Loches, auquel Jean Sans-Terre ajouta, le 30 juillet 1199, tous les droits de collation des prébendes du chapitre de Loches, que lui et ses prédécesseurs, les comtes de Touraine et d'Anjou, avaient pu posséder (4).

Il avait suivi d'abord la carrière des armes, était devenu chevalier au service de Richard Cœur-de-Lion, et avait appris à son école à mieux se battre qu'à semer la parole de l'Evangile (5).

Le 30 juin 1198, nous le trouvons attaché à la chambre de Richard, et à ce titre, il figure comme témoin dans la charte où ce prince confirme à l'abbaye du Pin le don du minage de Poitiers (6).

La faveur de Pierre des Roches s'accrut sous Jean Sans-Terre, qui fit de lui un de ses clercs ou secrétaires. Beaucoup de lettres patentes de ce prince ont été délivrées et certifiées par lui (7).

La trésorerie de Saint-Hilaire de Poitiers vint bientôt à vaquer.

C'était un bénéfice à la nomination du comte de Poitou, qui était abbé titulaire de Saint-Hilaire ; il fut donné à Pierre des Roches (8), et Jean y ajouta le décanat de Saint-Martin d'Angers (9).

Après la conquête du Poitou, Philippe-Auguste voulut pourvoir la trésorerie de Saint-Hilaire d'un dignitaire de son choix, et il y nomma Godefroy, fils d'Aimery, vicomte de Thouars, mais Pierre des Roches fut promptement dédommagé de la perte de ce bénéfice.

Dès le 25 avril 1205, il était sacré évêque de Winchester ; la faveur du roi l'avait fait élire à cette haute dignité. Dans la même année, Jean lui faisait délivrer la terre de Tudingdon, confisquée sur la comtesse du Perche. Elle valait soixante livres de revenu.

On y nourrissait, disent les rôles de la Tour de Londres, trente bœufs et dix veaux, vingt vaches et un taureau (10).

Les démèlés entre Jean Sans-Terre et Langton, archevêque de Cantorbery, dont Pierre des Roches épousa d'abord la cause, suspendirent pendant quelque temps les faveurs du roi ; le temporel de l'évêché de Winchester et toutes les possessions de l'évêque furent même saisis à l'occasion de l'interdit ; mais, à la suite d'une entrevue que le roi eut à Winchester, le mercredi avant la mi-carême 1208, Jean, par des lettres du 5 avril, fit rendre à Pierre des Roches tous ses biens confisqués (11).

 Bientôt nous le voyons, comme président ou chancelier de l'échiquier, prendre avec les évêques de Norwich et de Bath une part active aux démêlés du roi avec le Pape.

C'est ici que se place un virulent pamphlet en rimes latines contre ces trois évêques, que M. Thomas Wrigt a, dans un volume publié par la Société de Campden (12), édité en 1839, sous le titre de Complainte sur les évêques (Planctus de Episcopis).

En voici une strophe dirigée contre Pierre des Roches seul :

Le prélat guerrier de Winchester

Préside l'échiquier,

Intrépide à compter,

Paresseux à prêcher,

Du roi il pressure les rôles.

Ainsi met-il le lucre avant saint Luc

Pour lui le marc l'emporte sur saint Marc,

Et le livre le cède à la livrer (13).

 

Une autre strophe se termine ainsi :

Ces trois insatiables,

Véritables vampires,

Crient, apporte, apporte, c'est trop peu (l4).

Pierre Des Roches était devenu, en Angleterre, l'âme de tous les projets destinés à rendre le Poitou aux Plantagenets, comme en Poitou Savary de Mauléon en était le bras.

Les frais des expéditions dirigées contre le roi de France, en 1208 et en 1214, jointes aux prodigalités de Jean Sans-Terre, expliquent assez les exactions auxquelles dut se livrer l'évêque-chancelier.

Les rôles de la Tour de Londres montrent du reste que les seigneurs poitevins vendirent bien chèrement au roi anglais leur défection et leurs services.

Des Roches, qui avait été, sous le titre de grand justicier, chargé de la régence du royaume pendant l'expédition de Jean Sans-Terre en France, en 1214 (15), eut l'honneur d'amener enfin la réconciliation du roi et du primat, et de faire cesser l'interdit qui avait pesé pendant six ans sur l'Angleterre.

 Ce fut à Winchester même, le 20 janvier 1215, que l'archevêque de Cantorbery formula sa déclaration en faveur du roi, ayant pour témoins les évêques de Winchester, de Bath et de Worchester, et le célèbre Pandolphe (16).

Ce fut également à Winchester que Jean Sans Terre fit serment d'observer la Grande-Charte et la Charte des Forêts, signées à Rudemède, les 15 et 19 juin 1215 (17).

Pierre des Roches fut du nombre des prélats qui traitèrent au nom du roi, et il avait été sans doute un des principaux médiateurs de ce grand acte, dont il avait, pendant sa régence, en 1214, posé les prémisses dans une assemblée des prélats et des barons tenue à Saint-Albans, en ordonnant, sous forme de proclamation royale, que les lois de Henri Ier fussent partout observées, avec défense expresse aux vicomtes, forestiers et autres officiers royaux de commettre aucune injustice envers qui que ce fut, sous peine de perdre la vie et les membres (18).

Malheureusement des Roches dut être aussi l'un des funestes conseillers qui détournèrent le roi de respecter les libertés jurées.

Après les batailles de Bouvines et de la Roche-au-Moine, après la trêve de cinq années conclue entre Philippe-Auguste et Jean Sans-Terre, les routiers et les Poitevins les plus compromis avaient afflué en Angleterre, et trouvé dans Pierre des Roches un puissant protecteur, qui leur avait fait obtenir, au détriment des indigènes, les emplois les plus lucratifs et les plus enviés de l'armée et de la cour.

Cette faveur des étrangers n'avait pas été un des moindres griefs des seigneurs qui avaient obtenu à main armée la concession des Chartes.

Aussi y avaient-ils fait stipuler l'expulsion de tous ces étrangers, et nominativement celle du terrible Falcaise et de la famille du brave, mais cruel Tourangeau, Girard d'Athée (19).

 Ce fut des rangs de ces protégés de Pierre des Roches que partirent les plus violents sarcasmes contre l'abaissement du roi, les excitations à la violation des chartes, les promesses de soutenir le violateur, et ce fut l'évêque de Winchester qu'Innocent III commit, avec l'abbé de Reading et Pandolphe, pour exécuter la sentence d'excommunication contre les barons soulevés (20).

La violation des chartes et le maintien des étrangers exaltèrent le mécontentement des Anglais, et Louis, fils aîné du roi de France, appelé par eux à la couronne d'Angleterre, fut bientôt maitre de Londres et des principales villes.

Malgré la fidélité d'Hubert du Bourg et la valeur de Savary de Mauléon et des Poitevins, c'en était fait de la dynastie des Plantagenets, sans la mort inopinée de Jean Sans Terre. Pierre des Roches, après avoir couronné et sacré roi le jeune Henri III à Worchester (21), sut si bien manœuvrer, que non-seulement il rappela toutes les sympathies des barons et du peuple sur l'héritier du trône, mais encore qu'il leur fit accepter le concours des armes de Savary de Mauléon et de Falcaise.

Louis fut abandonné, et Henri, dont l'éducation et bientôt la garde furent confiées à l'évêque de Winchester (22), recouvra le royaume que les fautes du précédent règne avaient perdu.

Pierre des Roches était devenu le troisième personnage politique d'Angleterre, n'ayant au-dessus de lui que le comte de Pembrocke et le grand justicier Hubert du Bourg.

Fort de l'affection de son royal élève, sûr de l'appui de Falcaise et des autres étrangers, des Poitevins surtout, dont le nombre s'était considérablement accru en Angleterre depuis la prise de la Rochelle par Louis VIII, il eut l'ambition de monter au premier rang, et conjura la perte de ses rivaux.

Tentative impuissante !

Les Anglais n'avaient pas oublié qu'il était étranger, et il dut se retirer, lui et les Poitevins, devant l'irritation des barons, accrue encore par les revers des Anglais en Poitou et en Aunis et par la trahison de Falcaise, son protégé (23).

La croisade offrit à Pierre des Roches un prétexte honorable de quitter l'Angleterre.

Il partit, à la fin de 1226, muni de lettres chaleureuses de recommandation du roi pour l'empereur Frédéric, qui devait commander la croisade (24), et accompagné de plus de quarante mille Anglais et Poitevins (25), parmi lesquels figuraient Savary de Mauléon et Philippe d'Albiny, qui avait partagé avec l'évêque de Winchester le soin de l'éducation de Henri III, et dont le tombeau vient d'être retrouvé à l'entrée de l'église du St-Sépulcre (26).

Le séjour de Pierre des Roches en Palestine dura près de cinq années.

Au dire de Mathieu Paris, il y dirigea le conseil de l'empereur, et son témoignage fut tour à tour invoqué contre et pour Frédéric (27), au milieu des graves accusations portées contre ce prince (28).

Grâce à sa munificence et à celle de Frédéric, furent construites les fortifications de Jaffa, qui encore aujourd'hui, malgré l'état de délabrement où les laisse l'insouciance des Turcs, attestent la puissance du prélat qui les fit élever.

Ce fut le 4 août 1231 qu'il rentra dans son église de Winchester, et il recouvra bientôt en Angleterre toute la faveur dont il avait joui aux jours de sa plus grande fortune ; mais en même temps il renouvela avec plus de succès les -perfides machinations qu'il avait ourdies contre Hubert du Bourg et le comte Maréchal.

 Son triomphe, un moment complet, fut de courte durée. Henri III venait de le charger de négocier la paix ou une prolongation de trêve avec le roi de France (29), lorsqu'il tomba devant l'indignation des barons et une manifestation énergique des prélats d'Angleterre.

Pour se soustraire à la fureur populaire et aux sévérités-du roi, qui leur demandait compte de la gestion de son trésor et de l'usage de son sceau, lui et Pierre d'Orival, son neveu, se virent obligés d'invoquer le droit d'asile et même de se cacher dans la cathédrale de Winchester.

Sa chute entraina pour lui, sinon la perte de l'affection du roi, du moins la privation de toutes ses charges politiques, la dégradation de Pierre d'Orival, qu'il avait fait nommer trésorier de la chambre du roi, et l'expulsion définitive de tous les aventuriers poitevins (30).

Cependant Grégoire IX avait ouvert en Italie un nouveau champ à l'activité de Pierre des Roches.

En réclamant les secours des prélats d'Occident contre les entreprises de Frédéric Il et les rébellions des Romains, le Pape avait fait un appel particulier à l'évêque de Winchester, dont il connaissait les talents militaires, l'habileté dans les conseils, l'opulente générosité, et il lui avait confié le commandement de ses troupes (31).

Mathieu Paris fait honneur à Pierre des Roches des négociations habiles qui rétablirent momentanément la paix entre l'empire et la papauté, alors que celle-ci était le plus menacée par l'hostilité des Romains, qui deux fois avaient forcé le pontife à sortir de Rome et à chercher un refuge à Pérouse.

Le 8 octobre 1234, les Romains, au nombre de cent mille, d'après cet historien, marchèrent contre Viterbe pour livrer au pillage et aux flammes cette ville fidèle au Pape.

La petite armée pontificale, renforcée d'un corps de chevaliers de l'ordre Teutonique et des habitants de Viterbe, sortit d'une embuscade et tomba sur ces bandes indisciplinées. Trente mille hommes restèrent sur le terrain, et les Romains laissèrent en outre de nombreux prisonniers aux mains des vainqueurs, qui toutefois payèrent chèrement leur victoire par la perte de nombre des plus nobles chevaliers de l'ordre Teutonique (32).

La bataille de Viterbe ne mit pas fin à la révolte des Romains exaspérés de la mort de plusieurs de leurs chefs..

La lutte dura encore quelques mois, fomentée par les sturdes intrigues de Frédéric II ; mais, ajoute Mathieu Paris, dans toutes les rencontres les Romains eurent contre eux les chances de la guerre. Par les conseils et à l'aide des trésors de l'évêque de Winchester, Grégoire IX acheta à grand prix le fort de Gualdo, dans le duché de Spolète, et éleva autour des citadelles de Ricofani et de Montefiascone les plus redoutables défenses.

 L'année 1235 vit Angel Malabranca, sénateur de Rome, jurer solennellement l'observation des conditions imposées par le pontife (33).

La vie politique de Pierre des Roches était finie.

Vers la St-Michel 1236, il retourna en Angleterre, abandonné de ses forces corporelles et accablé d'infirmités. Son intelligence toujours vivace ne s'occupa plus que de se préparer à la mort, d'assurer le bon ordre dans le temporel de son évêché, et de répartir ses trésors entre les établissements religieux et charitables de la Palestine et de l'Angleterre qu'il avait le plus protégés (34).

Le 9 juin 1238, le vieil évêque s'éteignait dans son manoir de Fernham, et recevait, dans son église cathédrale, la modeste sépulture qu'il avait lui-même demandée (35).

Sa mort calma en Angleterre toutes les animosités que son ambition et sa grandeur avaient suscitées.

On ne vit plus en lui l'étranger, on ne se souvint que de l'habile ministre qui avait - tant contribué à sauver le trône et à défendre l'Église et les lieux saints (36).

Les Historiens qui, avec Mathieu Paris, l'avaient le plus attaqué pendant sa vie, n'eurent pour lui que des éloges après sa mort.

La postérité, en reconnaissant le mérite et les services de Pierre des Roches, ne peut souscrire ni à toutes les attaques ni à toutes les louanges dont il a été l'objet.

Confident intime et ministre de Jean Sans-Terre, il endosse avec lui la responsabilité d'une partie de ses crimes et de ses infamies.

A lui et à Savary de Mauléon surtout incombent ces accusations de versatilité et de perfidie qu'au XIIIe siècle les historiens français et anglais prodiguent à l'envi aux Poitevins, dont tous les autres âges ont proclamé la loyauté et la constance dans leurs affections politiques ; et l'histoire ne pourra jamais l'absoudre des manœuvres déloyales qui préparèrent la disgrâce et la perte du vaillant Hubert du Bourg et du fidèle comte Maréchal.

Savary de Mauléon avait précédé Pierre des Roches dans la tombe.

La mort de ces deux hommes, dont l'influence avait si longtemps protégé les étrangers à la cour d'Angleterre, et allumé contre eux chez les Anglais de violentes inimitiés, contribua surtout à rompre les derniers liens qui unissaient les Poitevins au petit-fils d'Eléonore d'Aquitaine.

Hugues de la Marche, poussé par l'orgueilleuse Isabelle d'Angoulême, la comtesse-reine, qu'il avait épousée après la mort de Jean Sans-Terre, put encore, il est vrai, en 1242, susciter dans nos provinces une nouvelle guerre au roi de France, en faveur de Henri III, son beau-fils ; mais cette dernière levée d'armes fut bien plus formidable par l'appui que lui apporta Henri III en personne, à la tête de la noblesse d'Angleterre et des barons de Gascogne, que par le concours des seigneurs et du peuple du Poitou et de l'Aunis, où les Anglais ne trouvèrent généralement qu'indifférence et hostilité.

Bientôt la victoire de Taillebourg et surtout la justice et la fermeté de saint Louis achevèrent de rattacher ces provinces à la couronne de France.

 

 

 

==> 15 mars 1202, d'Airvault, Jean sans Terre écrit aux Loudunais de faire pleine confiance à son envoyé, Pierre des Roches

==> TIME TRAVEL 1214 la prise du Château de Mervent et Vouvant de Geoffroy 1er de Lusignan par John Lackland (JEAN-SANS-TERRE)

==> 15 juin 1215 - Magna Carta - La Grande Charte de Jean sans Terre, roi d’Angleterre

==> Juillet- Aout 1224 - Prise de Saint-Maixent, Niort, Saint Jean-d’Angely et La Rochelle (Louis VIII – Savary de Mauléon)

==> Il y a 780 ans, Saint-Louis, roi de France livrait Bataille à Taillebourg et Saintes (juillet 1242)

 

 


 

(1) Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, conclusion, ch. I et Vy.

(2) The political songs of England, edited and translated by Thomas Wrigt, notes, p. 349.

(4) Rotuli chartarum Johannis regis in turri Londinensi asservati, p. 10.

(5) MATHIEU PARIS, années 1205 et 1235.

(6) Mss. de dom Fonteneau. t. XXII, p. 58.

(7) Rotuli litterarum patentium Johannis rogis, passim.

(8) Nous ignorons si ce fut Eléonore ou Jean Sans-Terre qui nomma Pierre des Roches trésorier de Saint-Hilaire. Le premier acte que j'aie trouvé où il porte ce titre est du 19 décembre 1200.–Rotuli Normanniae.

(9) Rot. litt. patent., p. 22.  

(10) Rotuli Normanniae, p. 131.

(11) RYMER, t. I.

(12) The political songs of England, p. 10 et 11

(13). Wintoniensis armiger

Praesidet ad scaccarium,

Ad computandum impiger

Piger ad evangelium,

Regis revolvens rotulum.

Sic lucrum Lucam superat,

Marco marcam preponderat.

Et Iibrae librum subjicit.

(14) Hi très insatiabiles,

Sanguisugis persimiles,

Affer, dicunt, non sufficit.

(15) Rex archiepiscopis, episcopis, abbatibus, comitibus, baronibus,.etc.

Sciatis quod constituimus justitiarium nostrum Angliae venerabilem patrem nostrum dominum P. Wintoniensem episcopum, quandiù nobis placuerit, ad custodiendam loco nostro terram nostram Angliae, etc. Teste me ipso apud Portesmuh, I die februarii, anno regni nostri XxV.-Rot. litterarum patentium, p. 110.

(16) La déclaration de Langton est rédigée en français.- V. Rot. Chartarum, p. 209.

(17) L'itinéraire de Jean Sans-Terre, dressé par M. Duffus Hardy, et placé en tête des rôles des lettres patentes de ce prince, nous le montre partant, le 8 jum.de Winchester, où il était resté quatre jours, pour les conférences de Windsor et de Rudemède, et, ces conférences finies, y retournant directement le 26, pour jurer l'observation des chartes.

(18) V. CAMILLE ROUSSET.-La Grande-Charte, ch. VIII.

(19) V. dans Mathieu Paris l'analyse des deux Chartes, à la fin, sous l'année 1-215.– V. aussi l'analyse de la Grande-Charte, art. 57,58 et 59, dans Berington, Hist. de Jean Sans-Terre, livre ni.

(20) BERINGTON, ubi suprà. - Les rôles des lettres patentes contiennent un mandement de Jean Sans-Terre à l'évêque de Winchester, en date du 11 mai 1215, de faire remettre à Savary de Mauléon le château de Winchester, pour le garder et y héberger les Poitevins du roi, ad liberandum castrum nostrum Wintoniense fideli nostro Savarico de Malo Leone ad custodiendum et ad receptandum in eo Pictavenses nostros.

(21) MATHIEU PARIS, 28 octobre 1216.

(22) MATHIEU PARIS, année 1219. La Chronique de Thorne an. 1220, apud hist. angl. scriptores decem, col. 1851, s'exprime ainsi : ad episcopum Wintoniensem, quia rex tum erat in custodia episcopi erudiendus.

(23) MATHIEU PARIS.

(24) Rot. litt. clausarum, t. JI, p. 201, sous la 'date du 3 novembre.

(25) La plupart de ces croisés, eu voyant que Frédéric avait retardé son départ, revinrent en Occident sur les mêmes vaisseaux qui les avaient portés en Syrie.-Ann. Waverl, anno 1227.

(26) L'an du Seigneur 1222, le roi d'Angleterre Henri célébra-les fêtes de Noël à Winchester. L'évêque de la ville, Pierre, fournit ce qui était nécessaire. Vers le même temps, Philippe d'Albiny, brave chevalier, recommandable par l'honnêteté de ses mœurs, et qui avait aussi été le maître et le précepteur zélé du roi d'Angleterre, se mit en route pour Jérusalem.

Vers la même époque (1236), Philippe d'Albiny, noble chevalier dévoué à Dieu et brave dans les armes, après avoir combattu maintes fois pour Dieu dans son pèlerinage à la Terre-Sainte, expira enfin dans le même pays, et sa mort recommandable lui mérita d'être enseveli saintement en Terre Sainte, ce qu'il avait longtemps désiré pendant sa vie. MATHIEU PARIS, trad. de Huillard-Bréholles, t. III, p. 238, et iv, p. 186.

Dans l'intervalle de ses deux pèlerinages, Philippe d'Albiny avait accompagné, en 1225, Richard, comte de Cornouailles, frère de Henri III, dans son expédition d'Aquitaine.

(27) MATHIEU PAnIS. RICHARD DE SAINT-GERMAIN, année 1229.

(28) Voir dans l'Histoire diplomatique de Frédéric II, t. III, une lettre de Gerold, patriarche de Jérusalem, en date du 26 mars 1229, contre Frédéric, et une déclaration de l'archevêque d'Arles et des évêques de Winchester et de Beauvais, en faveur de ce prince, du 28 août 1230.

(29) 10 mai 1234. RYMER, t. 1, pages 330 et 331, 2e édition.

(30) MATHIEU PARIS, an. 1234.

(31) MATHIEU PARIS, 1235, 1238.

(32) MATHIEU PARIS, an. 1234. RICHARD DE SAN-GERMANO, dans Muratori, Scriptores rerum Italicarum, t. vii, même année.

(33) MATHIEU PARIS et BARONIUS 1234 et 1235.

(34) MATHIEU PARIS, 1236 et n33.–Godwin, de praesulibus.

(35) MATHIEU PARIS, an. 1238.

(36) Il ne faut pas oublier, dit Mathieu Paris, que, dans la Terre-Sainte, à l'arrivée de l'empereur Frédéric, tout ce qui tourna à l'honneur ou au profit de l'Église , soit par paix, soit par trêve, soit même par guerre, fut magnifiquement amené et prudemment effectué par le conseil et l'aide de ce même évêque.– Trad. de M. Haillard Bréholles, t. iv, p. 357.

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