Après le rétablissement de la paix, Louis XI conduisit son conseiller Comines dans ses nouveaux domaines du Talmondais et d'Olonne, dépouilles du malheureux vicomte de Thouars.

 

Toutes les réclamations des la Trémouille furent inutiles pour le moment.

Le roi, sans en tenir aucun compte, disposa en maitre d'une partie de sa nouvelle acquisition en faveur de son favori Philippe de Comines, dont il fallait bien payer la défection et les services à Péronne.

 

Octobre 1472 Louis XI fait don à Philippe de Commynes, des terres de Talmont, Olonne, Curzon, Château-Gontier et autres

On était alors en décembre 1472.

Tous deux se promenaient sur les bords de la mer, lorsque l'œil pénétrant de Comines, étudiant avec attention les divers points de la côte, remarqua le petit bras de mer qui sépare les Sables de la Chaume-d'Olonne.

Il en comprit immédiatement l'importance, et exposa au roi l'utilité d'un port de commerce dans un lieu si propice.

 Louis XI n'était pas homme à négliger une pareille idée.

A peine était-il de retour avec son conseiller au petit château de Dinechien, près de Puybéliard, qu'il ordonna la création du port des Sables et de la Chaume.

Les habitants furent exemptés des tailles et aides, à la condition de construire les fortifications et de les défendre.

La surveillance et la direction des travaux furent confiés à ses chambellans les seigneurs de Bressuire et du Fou.

Il organisa l'administration de la ville, composée d'un prévôt et de quatre jurés. Enfin, ayant recours au moyen le plus puissant pour développer le commerce et la prospérité dans le nouveau port, il exempta de droits pendant vingt ans les blés et les vins qui arriveraient par mer aux Sables (18 octobre 1474) (1).

 

 

Philippe de Commynes seigneur de Talmont

Par lettres données à Amboise le 28 octobre 1472, le roi donna à Philippe de Commynes, les seigneuries de Talmont, Olonne, Bran, Brandois, la Chaume et Curzon, Château-Gontier et autres. (anciennes dépendances de Thouars).

 

LOYS, par la grace de Dieu, roi de France :

scavoir faisons à tous presens et à venir que, comme nostre amé et feal conseiller et chambellan Philippes de Comines, chevalier, seigneur de Revescures, demonstrant sa grande et ferme loyauté et la singuliere amour qu'il a eue et a envers nous, se soit dès son jeune age disposé à nous servir, honnorer, obéir, comme bon, vray et loyal sujet doit son souverain seigneur, et non obstant les troubles et divisions qui ont esté, et les lieux où il a conversé, qui, par aucun temps, nous ont esté et encore sont contraires, rebelles et desobeissans, tousjours ait gardé envers nous vraye et loyalle fermeté de courage, et mesmement, en nostre grande et extreme nécessité à la délivrance de nostre personne, lors que estions entre les mains et sous la puissance d'aucuns de nosdicts rebelles et desobeissans, qui s'estoient declarés contre nous comme nos ennemis, et en danger d'estre illec detenus, nostredict conseiller et chambellan, sans crainte du danger qui lui en pouvoit alors venir, nous advertit de tout ce qu'il pouvoit pour nostre bien, et tellement s'employa que, par son moyen et ayde, nous saillismes hors des mains de nosdicts rebelles et desobeissans, et en plusieurs autres manieres nous a fait et continue de faire chacun jour plusieurs grans, louables et recommandables services, et au dernier a mis et exposé sa vie en avanture pour nous, et sans crainte ne considération du danger de sa personne ne d'autre chose quelconque, a abandonné et perdu tous ses biens, meubles et immeubles, chevances et héritages, terres et seigneuries pour nous venir servir, et à present nous sert continuellement à l'entour de nostre personne, au fait de nos guerres et autrement, en plusieurs manieres, en très grande cure, loyauté et dilligence : pour laquelle cause, et aussi que nous sommes deuement et à plein acertenez des services et autres choses dessusdictes, à nous et pour nous faites par nostredict conseiller et chambellan, et lesquelles pour ce que nous en avons vraie connoissance et les scavons certainement estre veritables, nous l'avons relevé et relevons par ces présentes de toute preuve, connoissans que raisonnablement, et selon Dieu et nostre conscience, sommes tenus et obligez de le recompenser des grandes pertes et dommages qu'il a eues et soustenues, aussi de reconnoistre envers lui les grans périls, dangers et avantures qu'il a eus, endures et attendus pour nous, et les grans, louables, bons et agreables services que, comme dit est, il nous a fait par ci devant, fait encore et continue chacun jour, et esperons que plus fasse au temps à venir, voulans et desirans le recompenser et remunerer, comme en nostre conscience nous y sentons tenus et obligez, et à ce que ce soit exemple à tous nos subjets, sous quelques princes et seigneurs qu'ils soient, d'abandonner tous autres pays pour nous servir comme leur souverain seigneur.

Pour les causes dessusdictes et plusieurs autres à ce nous mouvans, de nostre pure, franche et liberale voulenté, aussi de nostre science, grace spéciale, pleine puissance et authorité royale, avons donné, cédé, quitté, transporté et délaissé, et, par la teneur de ces présentes, donnons, cedons, quittons, transportons et délaissons par pure, vraye et irrévocable donation audit Philippe de Comines pour lui, ses hoirs, successeurs et ayans causes, les principautez de Talmont, baronnies, chasteaux et chastellenies, terres et seigneuries dudict lieu, Aulonne, Curzon, Chasteaugontier et la Chaulme, assises en nostre pays de Poitou ; aussi la terre et seigneurie, chastel et chastellenie de Berrye, assise au pays d'Anjou, avec tous et chacuns ses droits de principauté, baronnie, justice, jurisdiction haute, moyenne et basse, guets, capitaineries et droit d'y mettre ou ordonner capitaines, tels que bon lui semblera , comme vray seigneur d'icelles et autres noblesses, dignités, peerminences, prérogatives, appartenances, appendances et dépendances quelconques, soient fiefs, arriere fiefs, hommes, hommages, vassaux et subjets, naufrages de vaisseaux venans à la coste de la mer, vignes, prez, bois, forests, terres, maisons, fours, moulins, cens, censes, rentes et generalement tous autres droits, devoirs, profits, revenus et emolumens quelconques qui ausdictes terres et chacune d'icelles appartiennent et ont appartenu d'ancienneté, et y peuvent et doivent competer et appartenir en quelque maniere que ce soit ou puisse estre, et en quelque valeur et estimation qu'elles soient, pour en jouir par ledict Philippe de Comines, ses hoirs, successeurs et ayans cause, perpétuellement et à tousjours, tout ainsi et par la forme et maniere, et à tous tels droits que feu Pierre d'Amboise, en son vivant vicomte de Thouars, les avoit et tenoit, et en jouissoit sa vie durant, et qu'elles vindrent par succession entre les mains de feu Louis d'Amboise, son neveu.

Et en avons cedé, quitté, transporté et delaissé audict Philippe de Comines et les siens tout tel droit, nom, raison, action, propriété, possession et seigneurie que nous avons et avoir pouvons et qui nous peut competer et appartenir esdictes terres et seigneuries , leurs appartenances et appendances, soit par confiscation et forfaicture dudict Louis d'Amboise, obligations, transports ou autrement, à quelque titre, ou par quelque maniere que ce soit ou puisse estre, sans rien y reserver ne retenir, fors seulement le ressort et souveraineté, et les foy et hommages qui nous sont ou peuvent estre deus, à cause desdicts chasteaux, terres et seigneuries de Talmont, Aulonne, Curzon, Chasteaugontier et la Chaulme, leurs appendances et dépendances assises en nostredict pays de Poitou, non obstant que declaration fust ou eust esté faite desdictes confiscations ou forfaicture, et que soubs couleur de ce on voulust dire les terres à nous avenues par declaration de confiscation estre venues à la couronne et estre nostre domaine, et les ordonnances sur ce faites par nos predecesseurs Roys et nous, que ne voulons quant à ce avoir lieu, ni prejudicier au contenu et effet de ces presentes : ains, attendu la cause desdicts cession et transport, qui est pour la redemption de nostre personne et eviter l'eminent danger et peril d'icelle et, par ce moyen, de tout nostredict royaume , nous, de nostredicte certaine science et grace speciale, pleine puissance, loy et autorité royale, y avons, quant à ce seulement, en tant que mestier en seroit, derogé et derogeons par cesdictes presentes ; et avec ce avons uni et unissons lesdites seigneuries de Talmont, d'Aulonne, et les deux hommages qui ont accoustumé nous en estre faits, en une seigneurie et un seul hommage, à devoir de rachapt, selon la coustume du pays, sous le chef et seigneurie dudict Talmont.

Et combien que le donateur ou donateresse ne soient tenus de porter gariment de chose donnee, toutesfois, attendu que le don et transport que faisons presentement à nostredict conseiller et chambellan desdictes terres et seigneuries est pour recompense des grans services qu'il nous a faits, et aussi de la perte de ses biens meubles et immeubles, qu'il a eu et soustenu pour nous, et mesmement pour le grant service et aide qu'il nous fit à la delivrance de nostre personne, qui est chose privilegiee que plus ne pourroit estre, et pour laquelle tous Roys et Princes peuvent plus amplement leur astraindre, lier et obliger à recompense, et pour les autres causes dessus declarees, desquelles nous sentons tenus à le recompenser, nous lesdictes terres et seigneuries, principautes, baronnies, chasteaux et chastellenies, dont dessus est faite mention, avons promis et promettons par ces presentes, pour nous, nos hoirs et successeurs, garantir et defendre perpetuellement à icelui Philippe de Comines, ses hoirs, successeurs et tous ceux qui de lui auront cause, envers et contre tous, de toutes evictions, empeschemens, troubles, molestations et perturbations quelconques, et generalement de toutes les choses qu'on en voudroit ou pourroit demander à lui, ou aux siens, en nous faisant lesdictes foy et hommage, et payant les droits et devoirs tels que dessus est dict, pour lesdictes terres et seigneuries de Talmont, Aulonne, Curzon, Chasteaugontier et la Chaulme, et aussi en faisant les foy et hommage, et en payant les droits et devoirs deus de ladicte terre et seigneurie de Berrye à celui ou ceux à qui ils sont et seront deus. Et au cas que pour l'avenir il y eut aucuns qui voulsissent donner quelque empeschement à nostredict conseiller et chambellan en la jouissance desdictes terres et seigneuries, soit en tout, ou en partie, ou contre lui intenter quelque action , petition, ou demande, à cause de la proprieté ou possession d'icelles, ou autrement en quelque maniere que ce soit le troubler ou molester : Nous, considerees. les causes dudict don et transport, que presentement faisons, de nostre certaine science, grace especiale, pleine puissance, et autorité royale , toutes lesdictes actions, et autres droits que personnes quelconques voudroient ou pourroient pretendre sur lesdictes terres et seigneuries dessus declarees, avons esteint et aboly, esteignons et abolissons, et mettons du tout au neant par ces presentes, sans que jamais ceux qui ont quelque droit et y voudroient pretendre en puissent rien demander sur lesdictes terres et seigneuries, ne intenter contre nostredict conseiller et chambellan, ne ses successeurs et ayans cause, ne qu'ils puissent jamais estre à ce receus en quelque cour ou jugement que ce soit; mais que ceux qui quelque chose y voudroient pretendre, ayent leur action contre nous et nos successeurs, pour en avoir recompense, si trouvé estoit que faire se deust, non pas pour rien avoir ne distraire desdictes terres, dont, par tant que mestier est, de nostredicte certaine science, grace speciale, pleine puissance et auctorité royale, nous les avons privés, forclos et deboutés , privons, forcluons et deboutons par cesdictes présentes ; et si voulons que nous et nosdicts successeurs soient tenus de faire ladicte recompense, si trouvé estoit que raisonnablement faire se deut. Si donnons en mandement à nos amés et feaux conseillers, les gens tenans ou qui tiendront nostre cour de parlement, les gens de nos comptes et tresoriers et generaux de nos finances, bailly de Touraine et des exemptions d'Anjou et du Maine, seneschal du Poitou, et à tous nos autres justiciers et officiers, ou leurs lieutenans presens et à venir, et à chacun d'eux, si comme a lui appartiendra, que de nos presens don, cession et transport, et de tout l'effet et contenu en cesdictes presentes, ils et chacun d'eux en droit soi fassent nostredict conseiller et chambellan, sesdicts hoirs, successeurs et ayans cause jouir et user pleinement et paisiblement, sans lui faire, mettre, ou donner, ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun arrest, ennuy, destourbier, ou ernpeschement au contraire, en quelque maniere que ce soit, et si fait, mis, ou donné leur estoit, fassent incontinent et sans delay reparer et mettre au premier estat et deu; et cesdictes présentes fassent publier, lire, enregistrer en leurs cours, jurisdictions et auditoires, afin que aucun n'en puisse pretendre cause d'ignorance, et par le rapportant ces présentes signees de nostre main, ou vidimus d'icelles, fait soubs scel royal, pour une fois seulement, et reconnoissance de nostredict conseiller et chambellan, nous voulons tous nos receveurs ordinaires, et autres qu'il appartiendra en estre et demeurer quittes et deschargés en nostre chambre desdicts comptes, et par tout ailleurs où il appartiendra, sans aucun refus, contredict, ou difficulté, nonobstant comme dessus, et quelconques autres ordonnances, mandemens, restrictions, ou defenses à ce contraires.

Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre nostre scel à cesdictes presentes.

Donné à Amboise, au mois d'octobre, l'an de grace mil quatre cens soixante et douze, et de nostre regne le douzieme.

 Ainsi signé, LOYS, pour le Roy.

 

Vous, maistre Cragier, second president au parlement de Bordeaux, Pierre Leydet, conservateur des privileges royaux de l'Université de Poictiers, et autres presens.

ROUVRE.

Visa, lecta, publicata et registrata Parisiis, in parlamento, 13 decembrisanno 1473. BRIMAT.

Lecta, publicata et registrata in Camera Computorum Domini nostri Regis, Parisius die secunda maii 1474. J. BADOUILLER

 

 

Cependant, lorsqu'il fallut faire enregistrer la donation royale, le parlement et la chambre des comptes refusèrent, se fondant, avec raison, sur l'opposition des la Trémouille, qui revendiquaient les biens usurpés, et sur le principe de droit public, qui interdisait toute aliénation des domaines de la couronne.

 Louis XI n'eut pas de peine à briser la résistance des magistrats : la donation fut enregistrée, par son ordre, les 13 décembre 1473 et 2 mai 1474.

 

Senlis, 25 avril 1474. Ordre d'enregistrer les lettres du don par lui fait au seigneur d'Argenton.

— (Copie du temps. Arch. nat., X1a 8606, fol. 288 v°.)

De par le roy.

Noz amez et feaulx, vous savez assez comme, pour la verificacion et finelle expedicion du don que avons fait à nostre amé et feal conseillier et chambellan le sire d' Argenton (2), vous avons tant de foiz escript et par diverses foiz fait savoir nostre entencion et voulenté, et encores n'en avons peu avoir la fin, qui ne nous a esté ne n'est chose plaisante. Et de rechief avons chargé nostre amé et feal conseillier et greffier de nostre court de parlement maistre Guillaume de Cerisay vous en parler. Si voulons et vous mandons très expressement sur tout quant que nous desirez servir et complaire, et neantmoins, et ceste foiz pour toutes, vous prions, tant acertes que povons, que par ledit de Cerisay, auquel avons expressement commandé estre mecredi devers nous, vous nous envoiez les lettres dudit seigneur d'Argenton toutes expediées et enterinées; en quoy faisant, nous ferez très agreable plaisir; aussi, se faulte y a, tenez vous seurs que nous n'en seron pas contens. Et sur ce vueillez croire ledit de Cerisay de ce qu'il vous en dira de par nous, tout ainsi que se nous mesmes le vous disions. Donné à Senlis, le XXVe jour d'avril.

 

 

 Françoise d’Amboise duchesse de Bretagne, née le 9 mai 1427 à Thouars, fille de Louis d’Amboise, vicomte de Thouars <==.... ....==> 1478 Philippe de Commynes, seigneur d'Argenton, reçoit Louis XI dans son château d'Argenton. (chapelle Saint-Georges)

 

 

 

 


 

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire
GUILLAUME LE CHAUVE (1020-1049) On se le rappelle, le premier seigneur de Talmont fut installé " dans son honneur (1) " par le comte de Poitou, vers l'an 1020. Il avait nom Guillaume, comme son suzerain, et fut surnommé le Chauve, sans doute pour de bonnes raisons, connues de son temps et supposées du nôtre.

 

1622 Louis XIII et la défaite de Soubise - Prise du Château de la Chaume - tour d'Arundel (bataille de l'île de Rié)

Soubise, chef des Protestants, après sa capitulation à St-Jean d'Angély (1621), obtint le pardon royal en promettant paix et fidélité. Mais, pour des causes diverses, les Rochelais reprirent bientôt les hostilités et " l'armée le Soubise " s'apprêta à mettre le siège devant Les Sables-d'Olonne pour enlever au Gouvernement une sérieuse base navale.

 

(1) Philippe de Comines en Poitou, par de la Fontenelle.

 (2)   Les lettres auxquelles le roi fait allusion sont celles, datées d'Amboise, octobre 1472, par lesquelles le roi lui faisait don des seigneuries de Talmont, Olonne, Curzon, Chasteau-Gautier, la Chaume en Poitou et de Berrye en Anjou, auparavant possédées par Pierre et Louis d'Amboise (Arch. nat., X1a 8606, fol. 286); et celles datées de « Disnechien en Poictou, près le Puybelliart, » en Poitou, décembre 1472, déclarant comprises dans la donation précédente les seigneuries de Bran et Brandois en Poitou (ibid., fol. 288).