Chapelle templière - église paroissiale Notre-Dame de Puyravault Septembre 1469 – Entrevue de réconciliation entre Louis XI et son frère Charles de France duc de Guyenne, au Braud

Le 7 septembre 1469, Louis XI eut une entrevue avec son frère, le duc de Guienne alors en armes contre lui, sur un pont de bateaux construit sur la Sèvre, au passage du Brault (l'anse du Brault). Une tente coupée par une grille de fer, en témoignage de confiance, leur servit de lieu de réunion, et parurent réconciliés, puisque le Poitou fut donné en apanage au frère du roi.

Il avait placé près de lui le chevalier Jean d'Estissac, seigneur de Coulonges-les-Royaux titulaires de charges à la cour du roi, sur lequel il croyait compter (mais il fut déçu dans son attente, et, pour s'en venger, il fit abattre, en 1471, le château que ce chevalier possédait à Coulonges.(1)

La réconciliation fut complète, et Louis XI en manifesta toute sa joie, attribuant à la protection de la Vierge l'heureuse issue de cette affaire.

 

 (Chapelle templière - église paroissiale Notre-Dame de Puyravault)

Le soir même, étant allé coucher à Puyravault, il ne voulut pus se mettre au lit avant d'en faire porter la nouvelle à Paris, a son chancelier Juvénal des Ursins.

Voici la lettre qu'il lui écrivait :

« Chancelier, Dieu mercy et Nostre-Dame, aujonrd'huiy à six heures après-midy, nostre beau frère le Duc de Guienne s'est venu rendre devers nous au port de Berault ainsy qu'il avoit esté appoincté, et pour ce qu'il y avoit aucunes barrières fortes entre nous deux, il nous a requis faire tout rompre incontinent, et s'en est venu devers nous luy dixiesme, et nous a fait la plus grande et ample obéissance qu'il estoit possible de faire, et nous devons encores demain trouver ensemble. En nostre assemblée est advenue une chose que les Mariniers et aultres ace congnoissans disent estre merveilleux; car la marée qui devoit estre ce jourd'huy la plus grande de l'année est trouvée la moindre de beaucoup qu'on ne vist de mémoire d'homme, et si c'est retraicte quatre heures plus tôst qu'on ne cuidoit, dont Dieu et Nostre-Dame en soient louez et vous en avons bien voulu advertir, affin qu'en advertissiez aussi ceux de nostre grand Conseil et autres que verrez estre à faire par delà.

Donné au Puiy Reveau le septième jour de septembre.

Ainsi signé : Lovs. Et plus bas: Toustain. »

 

 

Louis XI profita de cette trêve pour juger par lui-même de la situation et de l'état du Bas-Poitou.

 

Le lendemain il se rendit à Fontenay, où il put juger par lui-même de l'importance de l'industrie qui avait depuis longtemps pris possession de tout le faubourg des Loges, et y comptait de nombreux métiers de drapiers et des, tanneries importantes qui, pendant près de trois cents ans fourniront de draps et de pelleteries une partie du Poitou.

 

 

 

Revue d'archéologie poitevine

Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle / Étienne Clouzot

 

 ==> Le 9 septembre 1469, parties de chasse de Louis XI et Charles de France hôtes du sire de Malicorne au château de Maigné

 

 

 

La passe du Braud

 Pont levant passage du braud anciennement Bérauld

(Pont levant passage du braud anciennement Bérauld)

 A un quart de lieue de l'abbaye de Charron, on trouve la Sèvre-Niortaise, qu'on passe pour entrer en Bas-Poitou. Le lieu du passage s'appelle le passage du Brauld, anciennement Bérauld.

Au Braud on passait la Sèvre à gué. Les chroniqueurs du XVIe siècle s’accordent à nous dépeindre ce gué comme assez incommode, établi au milieu des vases, praticable seulement à marée basse et en été.

1568, 27 février. «  Et s’en allèrent jusqu’à Marans par le passage du Braud, dont les anciens étoient fort mouillés et embrisés jusqu’au fesses, car le Braud n’est en ce temps assez propre pour passer. » Chronique du Longon, p 104.

Sans doute un bac avait précédé ce gué à une époque plus prospère, lorsque les marais étaient en pleine exploitation, et que les marchands pouvaient traverser le pays sans redouter les gens de guerres.

A l’endroit du chastel de Charron, au lieu que l’on dit le pont de Bron. Le choix de ce rendez vous est significatif, et l’on peut en conclure qu’au XVe siècle le passage du Braud était un des plus fréquentés.  

Ce fut là même que l'entrevue se fit de Louis XI et de son frère Charles, duc de Guienne, sur un pont de bateaux.

« Au dit, an 69, le 8 de septembre, le roi Louis et Monsieur Charles son frère, s'accordèrent ensemble, et pour eux trouver et parler ensemble, fut fait un pont sur la rivière de Broil, à l'endroit du Chastel de Charron, au lieu que l'on dit le pont de Brou. »

 

 

Voyage dans le temps : Nous recevons cette semaine une carte postale de Charron ! Située dans le canton de Marans, à l'embouchure de la Sèvre Niortaise, cette commune littorale est réputée pour son activité mytilicole depuis le Moyen-Âge. Emprunté dès cette époque à gué ou en bateau par les marchands et les pèlerins, le passage du Brault est aujourd'hui encore à Charron le lieu où l'on traverse la Sèvre Niortaise.

Si un pont routier ainsi qu'une passerelle pour les cyclistes et les randonneurs permettent de nos jours de relier la rive Vendéenne à la rive Charentaise-Maritime du fleuve, la carte postale de la semaine, datant du début du XXe siècle, témoigne d'une époque, pas si lointaine, où l'on empruntait encore un bac pour le franchir...


 

(1)   Louis XI était impitoyable dans ses vengeances contre les serviteurs qui le trompaient, il savait récompenser magnifiquement ceux qui le servaient avec zèle et dévouement.

Lors du mariage de son conseiller, Philippe de Commines, avec Hélène de lambes, fille du seigneur de Montsoreau et d'Argenton, il lui fit cadeau de 30,000 écus d'or, afin de l'aider dans l'acquisition de cette dernière terre, et de 400 écus d'or pour réparer et meubler le château.

Philippe de Commines raconte que, lors de la signature de la paix d'Amiens, le roi donna un festin pantagruélique. (Par allusion au personnage de Rabelais qui rappelle le personnage de Pantagruel, sa façon de mener joyeuse vie, son épicurisme insatiable, son insouciance de bon vivant.)

Afin d'égayer les convives, Louis XI avait fait placer à la tête de chaque table des seigneurs de l'humeur la plus joviale, fort gros et fort gras.

Le seigneur de Bressuire et le seigneur de Villiers eurent le singulier honneur de figurer en tête des tables.