Lugdunum 177, La France avant les Francs (l’Histoire des Martyrs des trois Gaules - Sainte Blandine, Saint Valérien … de Lyon) (2)

Nous voilà dans une fin d'Empire troublé et nous nous retrouvons au temps resplendissant des jeux du stade et au temps paroxystique des martyres de la Gaulle comme St Domnin à Avrillé. A ce moment précis les Gaulois embrassent le Christianisme et les gouverneurs de Rome ne sont plus obéis. (Signe du Triomphe-  Puy du Fou)

Rome ne croyait plus à ses dieux quand elle força la Gaule de les prendre. César affichait en plein sénat son mépris des fables de la mythologie, et Cicéron, le grand orateur de ce temps-là, demandait à ses amis comment deux augures pouvaient se regarder sans rire.

On conçoit que le Mars-Camul et l'Esus-Jupiter, imposés à l'adoration des peuples de la Gaule par des maîtres qui s'en moquaient, ne devaient pas être adorés avec une foi bien profonde. La vieille religion druidique n'en déclinait pas moins d'année en année, par suite de la déconsidération toujours croissante de sa corporation sacerdotale, exclue sans retour du gouvernement des cités. Mêlés forcément à toutes les tentatives de révolte contre la domination étrangère, les druides ne tardèrent pas à se voir proscrits, non comme prêtres, mais comme rebelles, et disparurent rapidement, surtout dans la région de l'ancienne Province romaine, où le contact des marchands étrangers les battait en brèche, longtemps déjà avant l'arrivée des Romains.

Ils laissaient une place à prendre qui fut bientôt prise.

Deux cents ans environ après César, une religion nouvelle fit son apparition dans la vallée du Rhône. Elle était apportée de l'Orient par des Grecs de Smyrne, venus des mêmes rivages que les fondateurs de Marseille

Les Gaulois s'étaient pliés aux lois des Romains jusqu'à adorer leurs dieux. Soixante nations de la Gaule avaient même contribué à élever, à Lyon, un temple à l'empereur Auguste, rangé au nombre des divinités.

Or, à ce moment, le monde était vivement ému de la prédication des apôtres, qui racontaient les merveilles de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Les hommes entendaient parler avec étonnement d'amour de Dieu: d'amour du prochain, d'humilité, de renoncement à soi-même. L'Évangile dictait des règles pour la conduite de la vie et donnait des consolations pour toutes les souffrances : il animait ses disciples d'un esprit que les anciens ne connaissaient pas, l'esprit de charité. C'était le plus grand changement qu'on eût vu sur la terre : aussi comptons-nous les années depuis la naissance de Jésus-Christ.

Lyon, la ville la plus importante des Gaules, fut la première qui entendit prêcher l'Évangile. La bonne nouvelle y fut apportée, au deuxième siècle après Jésus-Christ, par des missionnaires qui s'appelaient Pothin et Irénée, les premiers évêques de Lyon, Bénigne le premier évêque de Dijon et l'apôtre de la Bourgogne, Andéol l'apôtre du Vivarais, où un bourg porte aujourd'hui son nom, etc…. ils fondèrent à Lyon la première église chrétienne qu'ait vue notre pays. Lyon était alors sa capitale, et de nos jours encore, l'archevêque de Lyon se donne le titre de primat des Gaules, en souvenir de la vieille suprématie de son église sur les églises gauloises, ses filles.

Les 2000 ans de L'Arc de Germanicus à Saintes et de l’amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon

Regardés comme des rebelles qui, en méprisant la religion de l'empire, méprisaient l'autorité de l'empereur, les chrétiens étaient punis des plus cruels supplices. Les persécutions commencèrent en Gaule, en 177 après Jésus-Christ, sous le règne de l'empereur Marc-Aurèle. L'évêque de Lyon, Pothin, âgé de quatre-vingt-dix ans, fut lapidé par le peuple. Quatre chrétiens furent exposés, dans l'amphithéâtre, aux attaques des bêtes féroces.

Lugdunum 177, La France avant les Francs (l’Histoire des Martyrs des trois Gaules - Sainte Blandine, Saint Valérien … de Lyon) (3)

Une esclave, Blandine, respectée par les lions, lassa les bourreaux par son courage; un enfant de quinze ans. Ponticus soutenu par les exhortations de Blandine, montra le même héroïsme. Vingt-quatre citoyens romains eurent la tête tranchée.

Lugdunum 177, La France avant les Francs (l’Histoire des Martyrs des trois Gaules - Sainte Blandine, Saint Valérien … de Lyon) (1)

Le prêtre Marcel et le diacre Valérien, compagnons des martyrs lyonnais, réussirent à s'échapper de prison. Ils remontèrent la vallée de la Saône, évangélisant le pays. Au sortir de Chalon-sur-Saône, Marcel se trouva tout à coup au milieu d'une fête païenne. Le voyageur invité à y prendre part, refuse, et dans la foule indignée retentit le mot : « Chrétien ! c'est un chrétien ! »

Le gouverneur Priscus fait attacher Marcel à un arbre dont les branches, en se redressant, devaient lui disjoindre les membres. Mais comme il veut prolonger son supplice, il le fait détacher presque aussitôt. On entraîne Marcel devant une statue colossale du dieu Saturne sur la rive droite de la Saône. Marcel refuse de l'adorer. Priscus alors le fait étendre sur un chevalet et battre de verges. Puis on se remet en marche; on passa la Saône, et on conduit Marcel sur la rive gauche, devant la statue du Soleil. Nouveau refus de Marcel et nouveaux supplices. Quoique à moitié brisé, on le traîne encore hors de la ville devant une autre divinité. Là Marcel est enterré vivant jusqu'à la ceinture et on le laisse mourir ainsi. Saint Marcel est honoré comme le patron de Châlon.

Valérien, à la même époque, subissait les supplices les plus affreux à Tournus, comme saint Bénigne à Dijon. A Autun, un jeune homme d'une des plus nobles familles, Symphorien, marchait fermement à la mort, tandis que sa mère, loin de se laisser abattre, lui criait du haut des murs : « Courage! mon fils, courage! » L'an 212, le successeur de l'évêque Pothin à Lyon, saint Irénée mourait aussi dans les supplices.

La Gaule chrétienne. Saint Dénis.

Cependant le sang des martyrs devenait comme une semence de chrétiens. Au milieu du troisième siècle après Jésus-Christ, une nombreuse armée de missionnaires se répandit encore dans la Gaule, ayant à sa tête des évêques illustres qui fondèrent les églises d'Arles, de Toulouse, de Tours, de Limoges, de 'Clermont, etc. Leur chef était saint Denis, qui vint prêcher l'Evangile sur les bords de la Seine-, à Lutèce.

Saint Denis, en 272, subit le martyre sur la montagne de Mars (Montmartre), et son corps fut enseveli par une pieuse femme dans la plaine où s'élevèrent plus tard l’abbaye et la ville de Saint-Denis.

L'Évangile, s'avançant de plus en plus vers le nord, ne tarda pas à pénétrer jusqu'aux bords de la Moselle et du Rhin, à Trêves, à Cologne, à Mayence.

Histoire de saint Martin.

A l'avénement de l'empereur Constantin, en 312 les persécutions cessèrent, mais la Gaule était loin d'être tout entière chrétienne; saint Martin y trouva encore assez de combats à soutenir contre l'idolâtrie, pour mériter, quoique étranger, la renommée du plus grand apôtre de notre pays. (Les chemins de Saint-Martin – Via Sancti Martini)

La propagation du christianisme, dans nos régions, est surtout le fait des chrétiens d'Orient originaires de Pergame et de Phrygie.

Mais, indépendamment de la mission même des saints ci-dessus mentionnés, et la précédant peut-être, Mâcon avait entendu les prédications des deux martyrs tournusiens et chalonnais, Valérien et Marcel, venus à  Lugdunum (Lyon) à la suite de saint Pothin, lui-même disciple de saint Polycarpe.

En 177, saint Marcel et saint Valérien quittèrent Lyon et remontèrent le cours de la Saône. Le premier aboutit à Chalon ; le second s'arrêta à Tournus. Ceci se passait sous le règne de Marc-Aurèle, dans les pires moments des persécutions.

Le gouvernement de Chalon, Priscus, les fit arrêter, et, sur le refus de renoncer à leur foi les condamna à avoir la tête tranchée.

Les prosélytes de la religion nouvelle recueillirent et ensevelirent pieusement leurs dépouilles. En ce qui concerne saint Valérien, la tradition veut qu'il ait été inhumé sur l'emplacement de la crypte actuelle de Saint-Philibert. Une petite église fut édifiée sur son tombeau, vers le IVe siècle, lorsque le catholicisme sortit de la clandestinité, après la conversion de l'empereur Constantin. Grégoire de Tours, au temps où il fréquenta notre région (VIe siècle) en parle dans son « De gloria martyrium » (lib. I, cap. 54). Elle était alors desservie par un recteur du nom de Epirechius. Ce fut la primitive église Saint-Valérien.

Vers la fin de ce VIe siècle, Contran, roi de Bourgogne, bâtit autour d'elle un petit monastère. Ce roi avait déjà fondé, près de Chalon, une abbaye en l'honneur de saint Marcel. En se livrant à un geste analogue à Tournus, il voulut englober dans une même glorification les deux saints et compagnons martyrs. 

 

Sainte Blandine Les 2000 ans de L'Arc de Germanicus à Saintes et de l’amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon 3

(Église Sainte-Blandine de Lyon)

 

 

Pour fêter les 2000 ans de l’amphithéâtre des Trois Gaules, les archéologues de la Ville de Lyon, des médiateurs de Numélyo et de Lugdunum – Musée et théâtre romains, vous accueillent sur le site dans le 1er arrondissement le 5 octobre 2019-

Les 2000 ans de L'Arc de Germanicus à Saintes et de l’amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon 2

Vous pourrez découvrir l’évolution de Lyon par la cartographie ou observer des peintures murales antiques et les étudier. D’autres ateliers seront proposés tout l’après-midi. gratuit
Découverte de métiers de l’archéologie avec le Service archéologique, Numélyo et Lugdunum


Amphithéâtre des Trois Gaules rue Lucien Sportisse Lyon

https://www.unidivers.fr/rennes/lamphitheatre-antique-ouvre-ses-portes-amphitheatre-des-trois-gaules-2019-10-05/

 

 

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Les 2000 ans de L'Arc de Germanicus à Saintes et de l’amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon<==


 

Semaine religieuse du Diocèse de Lyon

Lugdunum 177, La France avant les Francs (l’Histoire des Martyrs des trois Gaules - Sainte Blandine, Saint Valérien … de Lyon) (1)

Lyon, qui a mérité par le nombre de ses martyrs le titre de « seconde Rome », et qui a pour titre de gloire la lettre sublime de ses enfants aux chrétiens d'Asie.

Mineure sur la mort triomphante de son premier évêque et de ses compagnons, ne pouvait rien offrir de certain sur les lieux où se déroulèrent ces événements si émouvants pour la conscience chrétienne.

Au cours des trois derniers siècles, les archéologues avaient placé en trois endroits le lieu où souffrirent les martyrs de 177.

Un texte célèbre de Grégoire de Tours fixait à Ainay le théâtre des supplices : Locus autem ille in quo passi sunt A thanaco vocatur idëoque ipsi martyres a quibusdam voccintur Athanâcenses.

Ce témoignage de l'historien du VIe siècle est d'autant plus grave qu'il émane d'un auteur élevé à Lyon par l'évêque Saint-Nizier, son oncle. Une chapelle, de forme basilicale, plus ancienne que l'église du XIe siècle, est dédiée à sainte Blandine. Le culte des martyrs de 177 a toujours été célébré avec beaucoup de pompe à Ainay et d'après la tradition c'est là qu'auraient été recueillies les cendres des martyrs rejetées par le Rhône dont le confluent avec la Saône était voisin. On a retrouvé dans ce quartier beaucoup de traces, mosaïques, substructions, qui prouvent qu'il était habité à l'époque romaine par des marchands. Aussi certains historiens ne voyant aucune trace d'amphithéâtre dans cette région avaient objecté que sans doute l'amphithéâtre, élevé pour les fêtes était un simple édifice de bois qui avait disparu sans laisser de traces. M. Vachez, s'appuyant sur des considérations juridiques, a tenté de maintenir à ce texte sa valeur historique. La Lettre contenant le récit des supplices indique que parmi les martyrs les uns furent livrés aux bêtes et les autres furent décapités. « Le lieu où furent exécutés les vingt-quatre chrétiens qui périrent par le glaive, doit être cherché en dehors des murs de la ville. Il n'y a pas dans le droit criminel romain de point mieux établi que l'habitude de placer hors de l'enceinte des cités le lieu d'exécution des condamnés à la peine capitale. Les tombeaux, les bûchers où l'on brûlait les corps devaient être placés en dehors de la ville. Les rescrits impériaux qui l'ordonnaient ainsi devaient être observés même dans les municipes où une loi municipale autorisait les sépultures à l'intérieur des murs. Il (Dig. Ulpiem, de Septtlch.

viol., XLVII, XII, 1, 3, § 5.) Le territoire de la presqu'île d'Ainay était hors de l'enceinte de la ville romaine, toute située sur la rive droite de la Saône. Il était voisin du Rhône. De tout cela il semble bien résulter que c'est à Ainay que furent exécutés les vingt-quatre martyrs condamnés par le gouvernement, à raison de leur qualité qui les rangeait dans la classe des Honestiores, à périr par le glaive et que le texte de Grégoire de Tours qui place là le lieu où les chrétiens souffrirent la mort est rigoureusement exact. (Alexandre Poidebard, L'Amphithéâtre et les martyrs de Lugdunum. Lyon, 1888.) Il est probable que ce fut là aussi que furent brûlés les corps apportés de l'amphithéâtre. Mais à Rome même, les condamnés furent égorgés dans le Tullianum ", prison située sur le Forum. De plus, des textes du XIIIC siècle permettent d'affirmer que le non d'Ainay était donné à la partie de la colline de Fourvière située en face des îles où se trouvait l'abbaye d'Ainay. N'en était-il pas de même au temps de Grégoire de Tours, dont le texte désignerait le plateau des Minimes et de Saint-Just ?

D'autres historiens, dont Stéyert (Histoire de Lyon, I, pages 412 et suivantes) font mourir les chrétiens dans l'amphithéâtre des Trois Gaules, situé sur les pentes de la Croix-Rousse, vers la montée Saint-Sébastien.

Les ruines de cet amphithéâtre ont été retrouvée en 1859 quand on a fait des travaux pour la transformation de ce quartier. « Le Gouverneur les condamna, dit-il, à être livrés aux bêtes et un jour de fêtes exceptionnel fut donné au peuple à cette occasion.

Ils furent donc conduits dans l'amphithéâtre des Trois Gaules, car les Lyonnais n'en avaient pas de spécial pour eux. » Dans une note il ajoute : « On a dit que juridiquement les chrétiens ont dû être exécutés dans l'amphithéâtre colonial.

C'est tout le contraire. Ils n'étaient pas justiciables de la colonie. Ils ont été condamnés non pas même par le gouverneur mais par l'empereur. Us ne purent juridiquement être suppliciés que dans l'amphithéâtre des Trois Gaules où régnait la majesté du prince divinisé. » Cet amphithéâtre, en effet, était situé près de l'Autel de Rome et d'Auguste sur le territoire de la Confédération Gauloise, nettement distinct de celui de la colonie romaine qui se trouvait sur la colline de Fourvière. Le même auteur ajoute un dernier argument (page 419) :

« Quand il s'agit d'histoire religieuse, la tradition ecclésiastique a une importance capitale. A l'égard de nos martyrs, elle est parfaitement d'accord avec l'histoire et L'archéologie pour placer leur supplice à l'amphithéâtre des Trois Gaules. C'est sur la colline du Divin Auguste, de Saint-Sébastien, et non à Ainay que nos pères firent construire une chapelle en l'honneur de sainte Blandine, et c'est à cette chapelle que, le troisième jour des Rogations, on allait processionnellement invoquer les saints qui avaient péri dans l'amphithéâtre : Maturus, Attale, Pontique, Blandine.

C'est là et nulle part ailleurs que l'on célébrait anciennement leur culte, comme on le constate dès le Xe siècle par le Barbet de Saint-Just, au XIIe par le Cérémonial de la Primatiale, au XIVe par les missels, et même encore au XVIe par le cérémonial de saint Just. » Cette chapelle était la recluserie de saint Irénée, située sur les bords du Rhône, au pied de la Colline de la Croix-Rousse. Elle porta plus tard le nom de Saint-Clair.

L'argument juridique invoqué par Stéyert a été réfuté par Allmer et Poidebard. « Si l'on se reporte, dit ce dernier, au document où est raconté le martyre des chrétiens, on voit à chaque ligne que l'amphithéâtre où ils ont souffert était placé sous l'autorité du gouverneur romain de la province. C'est lui qui y envoie les chrétiens, qui préside à leurs supplices, donne des ordres pour les tourmenter avec le fer rouge ou pour les exposer aux bêtes.

Or l'amphithéâtre du Jardin des Plantes était la propriété de l'association gauloise, sous l'autorité suprême d'un chef élu, le prêtre de Rome et d'Auguste. Le Gouverneur de la province n'y exerçait aucun pouvoir. » (Loc. cit., page 6.)

C'est sur la colline de Fourvière, près du Forum, que la plupart des anciens historiens de Lyon plaçaient le- supplice des martyrs. Là se trouvaient en effet les palais des magistrats et les tribunaux. L'absence de lieu de culte en l'honneur des martyrs dans ce quartier n'a rien de très étonnant, car dans les premiers siècles c'est autour du tombeau que se localise le culte des martyrs et à Fourvière il n'y avait aucun tombeau des victimes de la persécution de 177.

Depuis la fin du XVIIe siècle on vénérait chez les religieuses visitandines de l'Antiquaille un caveau qui, d'après les révélations reçues par une religieuse, aurait été la prison où mourut saint Pothin. Ce petit sanctuaire dédié aux martyrs lyonnais était admirablement situé pour en conserver le souvenir.

Tel était l'état des controverses quand, en mars 1887, M. Lafont, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon, entreprit des fouilles dans la propriété qu'il venait d'acheter à l'angle de la rue du Juge-de-Paix et de la rue Cléberg. Elle était alors couverte de vignes. Il mit à jour des substructions destinées à soutenir des gradins et par une série de calculs il démontra que ces vestiges faisaient partie d'un édifice de forme allongée mesurant 133 mètres dans son grand axe et 110,50 dans le petit axe. Il s'agissait donc bien d'un amphithéâtre et non point d'un théâtre dont les gradins forment un hémicycle devant la scène.

D'ailleurs dans le jardin appartenant avant la Révolution aux Pères Minimes, on voyait les ruines d'un théâtre antique dont l'aspect a été reproduit en d'anciens ouvrages d'histoire locale. Ces résultats obtenus par ces fouilles furent publiés par M. Lafont dans une brochure reproduisant la communication qu'il avait faite à l'Académie en 1896. Il terminait son rapport par ces mots : « J'ai déjà oublié plusieurs années de labeurs et de sacrifices à la seule pensée que j'ai pu tirer de l'oubli ces vieux murs qui ont été témoins de l'héroïsme de nos premiers martyrs ; je m'estime heureux d'avoir pu retracer cette arène, où leur sang s'est transformé en un germe fécond qui s'est répandu rapidement dans les Gaules en substituant partout la douceur de la civilisation chrétienne à la barbarie du paganisme. »

Les choses pendant de longues années en restèrent là. Nous avons déjà signalé dans la Semaine Religieuse que les travaux ont été repris pour dégager entièrement ces ruines. Sur la demande de M. Herriot, M. Lapeyre a fait faire une série de sondages dans la propriété des religieuses de la Compassion qui fait suite à celle que possédait M. Lafont, afin de voir si les substructions existaient encore dans cette partie. Devant les résultats obtenus on a entièrement dégagé les bases de l'édifice, et l'on continue les travaux de chaque côté du point de départ en commençant par les travées les plus élevées pour arriver au podium où furent immolés les martyrs.

Un projet est à l'étude pour faire de ce vaste monument le centre d'une promenade archéologique où seraient groupés les divers vestiges gallo-romains trouvés à Lyon. Pour ceux qui aiment à revivre dans le souvenir des premiers siècles chrétiens, ce sera un lieu particulièrement favorable pour prier les martyrs et méditer sur leurs exemples.

Semaine religieuse du Diocèse de Lyon (1933-10-06)