Origine du pagus niortensis ( Niort )

Niort est né de la Sèvre, si l’on admet l’étymologie Novioritum, Novios (nouveau) ritus (gué) pour Niort, la ville se serait fondée au point où la route traversait la Sèvre, vraisemblablement aux vieux ponts.

La ville de Niort a toujours été regardée comme la seconde ville du Poitou par sa population y et comme la première par son industrie et son commerce. C'est une des plus anciennes villes de France qui aient été municipalisées. Elle est située sur la rive gauche de la Sèvre, à 107 lieues de Paris, 19 de Poitiers, 55 de Nantes, 16 de La Rochelle, 36 de Bordeaux.

Bien que les origines soient presque toutes obscures, et que l'on ne puisse déterminer, d'une manière précise, l'année de la fondation de Niort, l'époque en paraît antérieure à celle de l'ère chrétienne.

L'importance de cette ville dans le Poitou, doit lui avoir fait partager les destinées de la capitale de la province. Ainsi lorsqu'on trouve, dans les Commentaires de César (lib. VIII), la ville de Poitiers désignée par le nom de Limo, on peut raisonnablement conjecturer que c'est aussi le temps où Niort était connu sous le nom de Noverogus ( 1).

En effet, si le premier de ces mots latins, limo ou limonum (2), annonce une ville située sur les bords d'une rivière ; le second, Noverogus ,

(1) Niortum, olim Noverogus (Maty, à la suite du Dictionnaire géographique universel, traduit de Baudrant ).

(2) Le nom de cette ville, située sur les bords du Clain, vient du Celte lim, limen, limne, qui signifie eau, rivière, lac, marais, dans les différents dialectes , d'où le latin limus, le grec limen

 

RÉCENT BÛCHER, paraît indiquer l'incendie qui aura dévoré le bois dont étaient couvertes les deux collines, sur lesquelles vinrent depuis s'établir les principaux habitants du NIORTOIS, pagus niortensis (1i).

Ceux-ci donnèrent leur nom à la ville, qui s'appela depuis Niortum, NIORT, au lieu de Noverogus, RÉCENT BUCHER. Il est à remarquer que les villes des Gaules ne portaient pas les noms de leurs peuples, du temps de Jules-César ; elles avaient leurs noms particuliers. Le contraire n'arriva que vers l'an 400 de notre ère ; ce changement eut même lieu plus tard pour Noverogus.

Les Poitevins, issus des Scythes, ont passé sous la domination des Romains, des Goths, des Français et des Anglais. On trouve des traces du caractère de ces diverses nations, dans les moeurs des peuples de la Gaule d'Aquitaine.

Les Scythes que l'on peut regarder avec raison comme la souche de la plupart de ces hordes barbares, qui ravagèrent et peuplèrent à diverses époques notre hémisphère, les Scythes possédèrent le Poitou depuis la prise de Troie jusqu'au temps de Jules-César, qui s'emparade toutes les Gaules dont il fit une province romaine.

Les Pictons (Poitevins) furent célèbres par leur bravoure : César s'en servit avec beaucoup d'avantage, pour détruire le boulevard que lui opposaient les habitants de Vannes, sur la côte de l'Armorique. Ils aidèrent encore l'empereur Claude dans la conquête de la Grande-Bretagne.

Le Poitou faisait partie de l'empire romain depuis environ 469 ans, lorsque les ravages des Alains et des Vandales dans l'Italie, mirent l'empereur Honorius dans la dure nécessité de recourir à Wallia, roi des Visigoths, pour se délivrer de ce fléau. Mais le vainqueur des Alains et des Vandales devint un objet de terreur pour Honorius ; et, dans la crainte que Wallia ne voulut garder ses conquêtes, il lui offrit un établissement capable de flatter son ambition : il lui donna la seconde Aquitaine, la Novempopulanie, et Toulouse dont le roi goth fit sa capitale. Ce riche pays fut nommé Gothie, et gouverné par des rois, pendant près de 90 ans, jusqu’à l’invasion de Clovis.

A l'époque où les Goths vinrent s'établir dans les Gaules, ils ne cherchaient que la subsistance, et ils y trouvèrent une abondance, qui les fit bientôt déchoir et dégénérer de leur antique valeur. Ce fut en effet la cause de leur chute précipitée.

Lorsque Clovis les attaqua, ce n'était plus ces conquérants qui avaient fait trembler les maîtres du monde. S'ils n'eussent été amollis et corrompus par l'oisiveté et les délices de la table, ils n'auraient jamais été vaincus avec cette facilité, qui semble justifier le mépris que leur ont prodigué les historiens.

Les Francs qui succédèrent aux Visigoths ne réduisirent point les Gaules en servitude. La tyrannie, bien différente du brigandage, demande des vues et un art étrangers à des barbares. Les Gaules furent gouvernées comme l’avaient été les bourgades de la Germanie.

L'Aquitaine eut ses ducs et ses comtes qui furent les capitaines et les juges des habitants de leur ressort. Une de ces divisions territorial dans le Poitou fut le Pagus niortensis, LE NIORTOIS.

Durant les siècles, dont on vient d’offrir un aperçu rapide, la population de Noverogus s’accrut considérablement. Les premiers habitants, simples pêcheurs, se bâtirent des maisons, ou plutôt des cabanes couvertes de roseaux, sur la colline que domine aujourd'hui l'église de Saint-André. Ils avaient auprès d'eux tous les instruments de leur profession : des filets, des lignes et des rames.

Au bas de la colline étaient leurs barques, soit pour communiquer avec les habitants de l'autre colline de Noverogus, dont une espèce de marais les séparait, soit pour aller ensemble se livrer à l'exercice journalier de la pèche, sur le golfe qu'avait formé la mer en se joignant aux marais du Bas-Poitou.

 ==> Lacurie (abbé). Carte du Golfe des Santons, Pictons sous les Romains

Ce golfe comprenait une vingtaine d'îles, et avait plus de deux cent mille mètres de circuit (i). La Sèvre, inconnue même au Ve siècle de notre ère, se perdait alors dans l'immensité de ce golfe.

Dès qu'Agricola eut achevé la conquête de la Grande-Bretagne, les empereurs songèrent à tirer parti des productions de cette île, pour l'approvisionnement des Gaules. Cette grande région, si renommée aujourd'hui pour l'excellence et la beauté du climat, pour la richesse et la fécondité du sol, n'offrait guère alors que des terres incultes. L'agriculture, aux yeux des Gaulois, était indigne d'un peuple soldat. L'empereur Julien, au IVe siècle, augmenta le nombre des vaisseaux qui apportaient dans les Gaules les blés de l'Angleterre. Il faisait ensuite transporter sur des barques, au-dedans des rivières , la provision des villes et des campagnes voisines, beaucoup plus soigneusement qu'on ne l'avait pratiqué jusqu'à lui.

 Les barques qui vinrent à Noverogus, fournirent à ses habitants une nouvelle branche d'industrie, soit pour décharger ces marchandises, et les placer sur des voitures attelées de bœufs ou de chevaux, soit pour les transporter sur la place du Marché (i).

Presque tout le commerce se faisait dans les marchés. Les artisans, les artistes, les marchands étaient dispersés çà et là, de sorte que, lorsqu'on voulait traiter avec eux, il fallait s'informer où ils demeuraient. Ils étaient en si petit nombre, que dans toute une province y telle que le Poitou, il y en avait moins qu'il ne s'en trouve de nos jours dans la seule ville de Niort.

Les marchés furent donc établis, comme autant de rendez-vous, en faveur de ceux qui avaient à vendre ou à acheter. On doit facilement se faire une idée de l'empressement des uns et des autres à se rendre à ces assemblées, pour satisfaire des besoins sans cesse renaissants.

Les barques qui apportaient de l'Angleterre différentes marchandises, telles que des blés , du bétail, de l'or, de l'argent, du fer, des peaux, des cuirs, des chiens de chasse ; et, des îles Cassitérides, de l'étain et du plomb ; ces barques ne s'en retournaient jamais à vide.

 Les habitants de Noverogus aidaient à ce nouveau chargement, qui, au rapport de Strabon, consistait en sel, en poterie, en cuivre. On dut y ajouter des fruits qui mûrissent difficilement en Angleterre, et surtout du vin. Dans les derniers temps, le NIORTOIS eut la gloire de lui en envoyer d'excellent de son arrondissement (i).

 (i) La Foye-Monjault eut sans doute part des premiers cet honneur. Rabelais a parlé des vins de ce canton, comme de ce qu'il connaissait de plus exquis : C'est vin de la FayeMoniau. Le changement que nous avons fait dans ce dernier mot de l'i voyelle en la consonne j pourrait en faire oublier l'étymologie. Nous la rappelons : la Faye-Moniau est une abréviation de La raye aux Moines. En effet, longtemps avant Rabelais, il y avait un couvent dans cette paroisse. Le prieuré du lieu est appelé Faja monachalis, dans le Répertoire des Abbayes de France, imprimé en 1626.

 

Domitien, ayant remarqué dans la même année une grande disette de blé et une grande abondance de vin, crut que la quantité des vignes nuisait au labourage. Il donna un édit qui défendait d'en planter de nouvelles en Italie, et de laisser subsister dans les provinces plus de la moitié des anciens plants. Suétone, dont nous empruntons ce récit, ajoute : Nec exsequi rem perseveravit. Cet édit n'eut point de suite.

Le dernier jour de l'an 406 commença la plus formidable incursion de barbares, que l'empire ait eu à supporter. Deux cent mille Suèves, Vandales, Goths et Gépides, inondèrent les deux Germaniques et la Belgique.

Ce grand événement, quoiqu'étranger au NIORTOIS, semblait lui présager un changement dans ses destinées politiques. La nature lui en préparait un autre aussi inattendu, mais du plus favorable augure.

Résumé historique des origines et de la formation du Marais Poitevin - L'histoire de la mer à Niort, dans l'antiquité romaine<==.... 

La colline Saint-André, l'îlot Saint-Vaize de Niort<==..... ....==> Le Port de Niort (Portus Niortensis)