1789 Révolution Française, La Terreur à Rochefort - Charente-Maritime

"tout citoyen qui reconnaitrait un prêtre réfractaire serait autorisé à l'arrêter sur-le-champ et que, si ce prêtre était reconnu coupable, il serait mis à mort dans les vingt-quatre heures". le 18 mars 1793

En 1794, 2 412 prêtres et religieux furent condamnés à la déportation en Guyane.

1 494 furent conduits à Blaye, 76 à Brest ou Nantes.

La déportation sur les pontons de Rochefort a concerné 829 prêtres, dont 547 ont péri d’avril 1794 aux premières semaines de 1795.

Mais les déportations durent cesser grâce aux navires anglais le long des côtes françaises.

 

Les convois des prêtres déportés :

Le 25 janvier 1794, un arrêté du comité de salut public ordonne le rassemblement des prêtres réfractaires de l'ensemble du pays.  Ceux qui sont emprisonnés à Nantes seront noyés par Carrier, les autres principalement dirigés vers le port de Rochefort, d'où l'on prévoit de les déporter en Guyane.

 Les convois de déportés traversent la France pendant l’hiver et jusqu’au printemps 1794, parcourant parfois jusqu’à 800 km. Les conditions de voyage (parfois à pied) sont souvent difficiles, en raison des nuits passées en prison aux étapes, et des insultes et brutalités endurées à certaines haltes. Ils sont souvent systématiquement dépouillés.

1789 Révolution Française, La Terreur à Rochefort - Charente-Maritime (2)

À leur arrivée à Rochefort, ils seront incarcérés dans différents lieux (prison Saint-Maurice, couvent des Capucins...), le flot continu de prisonniers en attente de déportation oblige les autorités à trouver de nouvelles solutions.

On embarqua au nombre de 200 à bord du Washington et 600 autres prêtres et séculiers renfermés dans les navires « Deux-Associés,  Bonhomme Richard» réquisitionnés après l’abolition de l’esclavage par la Convention le 4 février 1794.

Le commandement des navires fut assuré par Laly pour les Deux-Associés et Gibert pour le Washington. Destinés à partir pour la Guyane ou les côtes d’Afrique, les bâtiments ne quittèrent cependant pas l’estuaire de la Charente, le blocus des côtes par la marine britannique oblige à différer l'opération.

Les détenus restèrent entassés sur les pontons pendant onze mois conduits au large de Rochefort, au large de « l'île Citoyenne » (île Madame), de l'île d'Aix et de Port-des-Barques, dans l'attente de nouvelles consignes.

 Ils appliquèrent avec leurs équipages, les consignes de sévérité avec rigueur, les aggravant même parfois : pas de prière, injures, menaces, brimades physiques, nourriture infecte, pas de conversation.

Entassés la nuit, bien au-delà des limites du raisonnable, dans un étroit entrepont, ces malheureux, dont plusieurs sont octogénaires et d’autres infirmes, vivent là un véritable enfer dans la chaleur et la puanteur la plus effroyable ; enfer encore aggravé par la malice des équipages qui les enfument chaque matin  aux vapeurs de goudron. Durant la journée, debout sur le pont, ils n’ont droit qu’à une nourriture insuffisante, souvent avariée, parfois infecte. De plus, ils sont soumis au vol, aux brutalités et aux railleries des matelots.

Les conditions de détention sur ces « pontons », particulièrement dures, entraînent épidémies une épidémie de typhus se déclare en juin particulièrement virulente pousse l'équipage à jeter les corps par-dessus bord, mais la marée les entraîne jusqu'à Rochefort, faisant craindre pour la salubrité publique, alors on jeta les cadavres dans des fosses creusées dans la vase ou sur les îles alentour.

 

L’épidémie est telle qu’enfin les prisonniers valides sont transférés sur un troisième navire, l’Indien, tandis que les plus malades sont débarqués sur l’île citoyenne (l’île Madame) où beaucoup périront.

A partir du 20 août 1794, un adoucissement relatif se traduit par la construction d’un hôpital de tentes dans la petite île Madame, face à Port-des-Barques. 254 prêtres y mourront encore cependant.

L’automne 1794 est particulièrement rude, et en novembre, le vent renverse les tentes de fortune de l’hôpital installé sur l’île, les survivants sont alors à nouveau embarqués sur les navires. Les conditions matérielles de détention s’améliorent quelque peu tandis que la neige et le gel s’installent.

En décembre, trois bâtiments chargé de prêtres et provenant de Bordeaux, (le Jeanty, le Dunkerque, et le Républicain) se réfugient dans l’estuaire (les Anglais bloquent les côtes).

 

 

La fin de la Terreur

Lors du Coup d’État du 9 thermidor an II (27 juillet 1794) Robespierre, principal instigateur de la Terreur, est exécuté, et c’est pour la République un nouveau départ. Des épurateurs écartent les éléments les plus extrémistes de la dictature révolutionnaire. Les institutions du régime précédent (Tribunal révolutionnaire, clubs et associations patriotiques) sont généralement supprimées.

Bien des prisons commencent à s’ouvrir. Cependant, en cette fin d’année 1794, les pontons gardent toujours leurs prisonniers. Quelques-uns sont libérés mais aucune mesure collective n’est prise. Grâce à quelques initiatives individuelles (notamment des interventions auprès de la Convention), le transfert à Saintes des prêtres déportés de Rochefort a lieu en février 1795. Ils peuvent y célébrer à nouveau le culte et administrer les sacrements dans les oratoires privés.

Il faut attendre le printemps 1795 pour qu'une partie des prisonniers soit libérée, les autres étant transférés à Brouage, Saint-Martin de Ré, au Château-d'Oléron puis à Saintes.

Sur les 829 prêtres déportés à Rochefort, 274 survécurent. Les déportés de Bordeaux, d’abord transférés à Brouage, ne furent conduits à Saintes que plus tard. 250 prêtres sont morts sur les 1494 emmenés initialement à Bordeaux.

 

Rochefort : un spectacle en mémoire du martyre de 800 prêtres

Louis Chasseriau, jeune diacre de 36 ans, fraîchement ordonné dans le diocèse de La Rochelle et Saintes est l’initiateur d’un spectacle à Rochefort qui retrace cet épisode.Un vent glacial a effacé des mémoires cet épisode tragique. Le diacre trentenaire espère raviver les mémoires.==> https://fr.aleteia.org/2018/08/28/rochefort-un-spectacle-en-memoire-du-martyre-de-800-pretres/

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