21 mars 1281, Hélie de Lusignan vend les deux tiers de ses terres d'Angles à l'évêque Gautier de Bruges, qui soutint le pape Boniface VIII contre Philippe le Bel, et fut exilé pour ceci

Hélie d’Angles. Il paraitra sans doute extraordinaire qu'Elix de Angliâ, frère de Guichard, rendit dit aveu de sa terre d'Angles au Sgr de Montmorillon en 1280, époque à laquelle Guichard rendait le sien à l'évêque de Poitiers ; ce qui peut cependant s’expliquer si, comme il y a apparence, des portions terre relevaient de ces deux Seigneurs.

Il résulte de cette énonciation que la terre d’Angles n'avait pas été dévolue en entier à Guichard, qui était en effet frère puîné d'Hélie d'Angles ; et au contraire Hélie possédait les deux tiers de cette seigneurie, puisqu'il vendit, le 21 mars 1281, à Gautier de Bruges, évêque de Poitiers, les deux tiers de sa terre et châtellenie d'Angles, avec droit de haute et basse Justice. -D. F.. 3.

Il acheta à cette même époque des fiefs que Guillaume Brachet possédait à St-Saire.

Littera quod Philippus de Corberia quittavit episcopo Pictavensi jus retractus sibi competens in hiis que alias venditis eidem episcopo apud Angliam deffunctis Helias de Anglia, miles.

 

 

 

Dans le Mémoire sous le n° 2 est intitulé  Essai sur la vie de Gautier de Bruges, et porte pour épigraphe :

«  Ego sum pastor bonus. »

Parmi les notices qui ont été consacrées à l'illustre évêque de Poitiers, dont ce Mémoire contient la biographie, le Panégyrique de saint Gauthier, composé au commencement du XVIIe siècle par un religieux anonyme et conservé en manuscrit à la bibliothèque de Poitiers a été fréquemment cité par l'auteur de ce Mémoire.

 Il semble que le temps ait manqué à l'auteur pour mettre la dernière main à son œuvre ; la commission, en effet, en constatant l'étendue et l'intérêt de ses recherches n'a pas pensé que la forme répondît toujours à la valeur du fonds. Ces emprunts à l'écrivain pieux, mais légèrement monotone qu'il a pris pour guide, contribuent à rendre plus sensible ce défaut de relief et d'animation qu'on remarque dans le récit d'une vie aussi agitée. En présence de Mémoires qui, au contraire, se distinguent par le mérite de la mise en œuvre, la, commission s'est montrée plus sévère pour celui-ci et cette considération a servi de base à son jugement.

Il est assurément peu de biographies qui puissent offrir plus d'intérêt et mériter davantage l'attention de l'historien que celle de Gauthier de Bruges.

 Flamand d'origine et né dans une condition obscure; nourri de l'esprit des Franciscains plus propre à développer les tendances au mysticisme qu'à enseigner le tact et la mesure qui conviennent à la conduite des affaires humaines; élevé ensuite par son seul mérite à l'un des sièges les plus importants de l'église de France, Gauthier de Bruges semblait destiné à venir se heurter contre l'élément nouveau représenté par les légistes qu'on vit sous Philippe-le-Bel faire invasion, entre la féodalité et l'église, dans la société du moyen-âge.

Ce fut vers 1270, à l'âge de quarante ans, que Gauthier de Bruges fut envoyé en Poitou par le chef de son ordre, saint Bonaventure et mis à la tête du couvent des Frères-Mineurs de Poitiers.

 Peu de temps après, il fut élu provincial de la province de Touraine, regardée comme la seconde dignité de tout l'ordre.

L'évêque de Poitiers, Hugues de Châteauroux, étant mort en 1271, son siège resta vacant pendant huit ans par suite de la division des chanoines en deux cabales également puissantes, dont l'une prétendait faire nommer le doyen, l'autre le chevecier du chapitre.

Pour faire cesser cette anarchie, le chef de l’Eglise dut intervenir et nommer lui-même a l'évêché de Poitiers le provincial de Touraine qu'il avait appelé en Italie pour travailler sous sa direction à la rédaction d'une bulle destinée à faire cesser les dissentiments qui s'étaient élevés entre les disciples de saint François.

Cette nomination ayant été approuvée par le roi de France, Philippe-le-Hardi, Gauthier de Bruges fut sacré évêque par le pape et vint quelque temps après prendre possession de son évêché.

 Pendant la longue vacance de ce siège, les abus s'étaient multipliés et la discipline ecclésiastique s'était grandement relâchée; le premier soin du nouvel évêque dut ne être de réunir un synode suivi, quatre années après, d'une seconde assemblée du clergé de son diocèse, dans laquelle il promulgua des règlements sur la discipline et la juridiction ecclésiastiques qui subissaient chaque jour de nouveaux empiétements de la part des juges laïques.

Dans cette œuvre de réforme, l'évêque qui, dans son palais épiscopal, avait conservé la simplicité du cloître, se vit malheureusement entravé plus d'une fois par les démêlés que lui suscitèrent les chanoines de sa cathédrale, parmi lesquels il rencontra des adversaires décidés.

 Gauthier de Bruges ne se montrait pas moins zélé à visiter les églises de son immense diocèse qui alors comprenait Luçon et Maillezais, érigés plus tard en évêchés.

« Monté sur une petite a mule, dit l'auteur du Mémoire, et suivi seulement de deux chapelains et de deux valets, il en parcourait en tous sens la vaste étendue. Il est triste de le dire, ajoute-t-il, mais il ne recueillit pas toujours les fruits que l'exemple de sa vie et l'impression de ses pieux discours devaient produire dans l'âme de son clergé et de ses diocésains. »

 C'est ainsi qu'à Vihiers, où il entreprit de prêcher, il se vit accueilli par les injures les plus grossières et fut obligé de s'enfuir de peur d'être lapidé par la populace.

Au milieu des soins du ministère pastoral, Gauthier de Bruges, loin de négliger les intérêts temporels de son évêché et le soin du maintien de sa juridiction ecclésiastique, avait, dès l'époque de son installation, adressé au roi des plaintes à ce sujet.

 Il réclamait en premier lieu l'hommage de la châtellenie de Sivrai (1), prétendant de plus que la saisine du ressort de cette châtellenie appartenait à l'archevêque de Bordeaux en second lieu, il se plaignait de ce que les excommuniés ne fussent pas punis selon les lois enfin il articulait certains griefs dont le détail ne nous est point connu et qui probablement se référaient à la question délicate des juridictions ecclésiastiques.

Le parlement fit droit à cette requête, déclarant seulement que la saisine du ressort de Sivrai appartenait au roi et non à l'archevêque quant aux articles particuliers, l'arrêt ne se prononçait pas d'une façon précise.

Ordre fut donné en même temps à l'évêque de cesser de s'opposer à la levée du droit de passage que le roi avait concédé à la ville de Poitiers.

 Si ces plaintes étaient fondées, il n'en est pas moins facile de remarquer déjà chez Gauthier de Bruges une certaine âpreté de caractère qui ne fit que s'aigrir par l'opposition et une roideur monacale qui furent sans doute pour quelque chose dans les persécutions dont il fut plus tard la victime.

 L'année suivante (1281), tous les évêques de la province de Bordeaux dont le siège archiépiscopal était alors vacant, se réunirent, vraisemblablement à son instigation, pour formuler des plaintes générales.

A la lettre collective des évêques, Gauthier de Bruges en joignit une particulière dans laquelle il dénonçait au roi les entreprises injustes de ses officiers et particulièrement les vexations qu'ils commettaient contre l'abbaye de Quinçay, et réclamait une seconde fois l'hommage de la châtellenie de Sivrai qui ne lui avait pas encore été rendu.

 Ces deux lettres sont du plus grand intérêt pour l'histoire elles font connaitre avec exactitude la position de l'épiscopat vis-à-vis de la papauté et le terrain sur lequel les légistes devaient engager une lutte qui n'a été terminée que par la révolution française.

La question de l'hommage de la châtellenie de Sivrai que Gauthier de Bruges ne cessait de réclamer, ne se termina qu'en 1287.

Dans l'intervalle il avait fait un voyage à Rome qui sans doute ne fut pas étranger à ses différends avec la royauté. Il nous serait difficile de suivre l'auteur de ce Mémoire dans le détail des procès que Gauthier de Bruges eut à soutenir et dans lesquels il n'eut pas toujours l'avantage.

Entre un évêque disposé à ne rien céder de ses droits et les agents du pouvoir non moins ardents à soutenir les prérogatives de la couronne, la lutte devait être longue et acharnée.

Trois fois la châtellenie d'Angle donna lieu à des procès qui ne firent qu'augmenter le nombre des ennemis de l'évêque. Sommé de comparaître devant la cour du roi, Gauthier de Bruges qui ne se croyait pas justiciable de la juridiction civile, refusa de se présenter personnellement, alléguant son état de maladie; il se décida pourtant enfin à s'y rendre, mais, avant son arrivée, il fut condamné par défaut, et sa châtellenie d'Angle fut confisquée.

L'évêque en appela à la cour de Rome et Nicolas IV dut envoyer son légat Benoît Caïétan, devenu plus tard le pape Boniface VIII, pour le faire réintégrer dans la possession de cette châtellenie.

 Les ennemis de l'évêque lui suscitèrent alors de nouvelles difficultés; Nicolas IV écrivit directement à Philippe-le-Bel pour l'exhorter à traiter avec plus de douceur les ecclésiastiques et pour lui remontrer les injustices des attaques dirigées contre l'évêque de Poitiers.

 On comprend que les proportions que prenaient ces affaires aient profondément irrité Philippe-le-Bel contre le prélat.

 Aussi, l'année suivante, en 1290, Gauthier fut-il exilé à Bruges et les biens de l'évêché de Poitiers mis sous le sequestre.

Il paraît avoir été rappelé dans son diocèse que près de deux ans après et ce fut pour soutenir de nouvelles luttes. Autorisé à se servir des armes spirituelles pour sa défense, il voulut en faire usage contre Guy de Chaveron, commandeur de Plaincourant, dépendant de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem

 Le commandeur en appela à l'archevêque de Bordeaux et Gauthier fut cité à comparaître devant la cour de son métropolitain qui leva l'interdit. L'évêque de Poitiers en ayant appelé à son tour à la cour, Boniface VIII qui occupait alors le siège pontificat prit ouvertement sa défense.

Il n'est pas difficile de deviner que cette intervention de l'adversaire déclaré de Philippe-le-Bel ait été fatale à l'évêque de Poitiers.

Sur ces entrefaites, le temporel de l'évêché avait été de nouveau saisi et l'évêque forcé de se retirer à Rome.

Peu de temps après son retour à Poitiers, en 1302, Gauthier de Bruges fut de nouveau exilé par Philippe-le-Bel et relégué dans l'île de Noirmoutier.

Le désir d'opérer avec le Saint-Siège une réconciliation que la mort de Boniface VIII rendait possible, força Philippe-le-Bel à désavouer les violences dont l'évêque de Poitiers avait été l'objet et à le rappeler dans son palais épiscopal.

Il semble que cet infatigable vieillard rendu à l'administration de son diocèse, ait dû au moins goûter durant ses dernières années le calme dont  l’avait si peu joui durant sa longue carrière.

 Il n'en fut rien cependant une nouvelle contestation qu'il eut avec l'archevêque de Bordeaux, Henri de Genèves, au sujet du droit de patronage eut une issue favorable; la seconde affaire à laquelle très-indirectement il se trouva mêlé, eut pour lui par la suite les conséquences les plus graves.

Les archevêques de Bordeaux et de Bourges se disputaient, comme on sait, le titre de primat d'Aquitaine, Gauthier de Bruges qui déjà avait hautement accusé ses préférences pour ce dernier, fut chargé par lui de faire défense en son nom à Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, de prendre un titre qui ne lui appartenait pas et, en cas de refus, de fulminer contre lui l’excommunication.

 Gauthier de Bruges qui n'avait pas coutume de reculer devant les difficultés, accepta, sans hésiter, cette hardie mission.

Bertrand de Goth se soumit, « mais tout porte à croire, dit avec raison l'auteur du Mémoire, que ce ne fut pas sans garder un amer souvenir de l'humiliation que lui avait fait subir son suffragant.

 

Sa conduite une fois qu'il eut ceint la tiare le prouve surabondamment, »

 A peine en effet fut-il monté sur le trône pontifical où il prit le nom tristement célèbre de Clément V, qu'il s'empressa de déposer de son siège l'évêque de Poitiers, trouvant ainsi moyen de satisfaire à la fois sa vengeance personnelle et de complaire à Philippe-le-Bel.

Gauthier fut contraint de se retirer à l'âge de 74 ans dans le couvent des Frères Mineurs où il mourut, peu de mois après sa déposition.

Quelques heures avant sa mort, il se fit, dit-on, apporter du parchemin et de l'encre, écrivit son appel devant Dieu du pape mal informé au pape mieux informé, commandant aux Frères de mettre cet acte dans sa main quand on l'ensevelirait.

Il mourut le 21 janvier 1306 et son corps fut inhumé, de nuit, dans une fosse de huit pieds de profondeur, devant l'autel principal du couvent, revêtu de ses ornements et l'anneau pontifical au doigt.

La sympathie du peuple qui ne paraît pas l'avoir jamais abandonné dans ses démêlés avec un roi aussi peu aimé que Philippe-le-Bel, se réveilla plus vive à la mort de sa victime.

Les bourgeois de Poitiers, le maire, les échevins et les magistrats se cotisèrent pour élever un monument sur sa tombe.

 Le bruit se répandit même que des miracles s'opéraient par son intercession de toutes parts les fidèles affluaient autour de son tombeau et bientôt le nom de saint lui fut décerné par la foi populaire.

 On rapporte que lorsqu'il vint à Poitiers, en 1306, le pape Clément V qui avait appris que Gauthier de Bruges s'était fait enterrer avec son acte d'appel à la main fit procéder en sa présence à l'ouverture de sa tombe.

Nous possédons une relation curieuse d'un chanoine de Loudun, qui, sous la foi du serment, atteste avoir appris d'un écuyer du pape Clément V, présent à l'ouverture de la fosse, qu'au milieu de la nuit, intempestae noctis silentio, un des archidiacres de Poitiers, sur l'ordre du pape, descendit dans le tombeau de Gauthier de Bruges et trouva entre les mains du mort l'acte d'appel qu'il n'en put retirer qu'après avoir pris l'engagement, avec l'assentiment du pape, de le remettre où il l'avait pris.

 Suivant le récit du chanoine, l'archidiacre aurait remis l'appel dans la main de Clément V, mais n'aurait pu sortir de la fosse qu'après que le pape en ayant pris lecture, le lui eût rendu.

Si les détails merveilleux de cette anecdote peuvent inspirer quelques doutes, il n'en est pas moins certain que le pape Clément V paraît avoir éprouvé quelques remords de la violence qu'il avait exercée contre l'évêque de Poitiers et nous trouvons dans ce récit légendaire la trace de l'impression profonde que ces événements ont dû laisser dans l'imagination des contemporains.

Gauthier de Bruges ne mérite pas seulement l'attention à cause du rôle important qu'il a joué et de la catastrophe qui a terminé sa carrière, c'est à lui que l'on doit le document géographique le plus précieux que l'on puisse consulter sur les différentes localités du Poitou, je veux parler du manuscrit connu sous le nom de Grand Gautier, renfermant : 1° L'Inventaire des archives de l'évêché; 2° le Pouillé du diocèse; 3° la Liste des évêques.

Une excellente notice de M. Rédet a fait connaitre ce document dont la partie géographique, le Pouillé.

Cette analyse rapide est loin de donner une idée suffisante de l'étendue des recherches, du soin minutieux des détails et de la méthode rigoureuse que l'auteur a dû s'imposer pour la composition de ce Mémoire.

Une chronologie des principaux événements de la vie de Gauthier de Bruges et une table des nombreux documents tant manuscrits qu'imprimés qu'il a consultés sont placés en tête du mémoire et rendent faciles les recherches critiques et les vérifications. L'étendue des pièces justificatives qui l'accompagnent n'est .pas moins digne d'éloges.

On peut citer entre autres, la notice sur les ouvrages de Gauthier de Bruges, la lettre collective des évêques de la province de Bordeaux et celle de Gauthier de Bruges au roi de France, au sujet des entreprises des officiers royaux, le statut du chapitre de Poitiers, le réglement pour les visites des archidiacres et des archiprêtres, le testament de Gauthier de Bruges, enfin la très-longue enquête contenant le témoignage de sa sainteté dans laquelle on-trouve une foule de détails curieux sur les moeurs et usages du moyen-âge.

Appréciant la valeur de ce mémoire que quelques retouches rendraient facilement excellent, la Commission exprime de nouveau le regret de ne pouvoir lui accorder d'autre récompense qu'une mention très-honorable.

 

Nous voyons Gauthier de Bruges expliquer dans les préliminaires de son Pouillé qu’il avait, lors de son avénement, quatre officialités, mais qu’au bout de cinq ans il supprima celle de Chauvigny, quod juridictio non valuit mihi ultra centum solidos ; et que, pour celle d’Aizenay, il la maintin : quod tamen terra illa multum distat a Pictavis, adhuc tenco eam propter pauperes qui non possent ire Pictavis modo, bien que cujus emolumentum monquam valuit milhi ultra XXXII I. annuatim

 

7 mars 1282 (1281 v. st.).   Vente faite à Gauthier, évêque de Poitiers, par Hélie d'Angle, chevalier, des deux tiers de la terre et châtellenie d'Angle, avec faculté de rachat jusqu'à la Toussaint 1283.

Vidimus du 26 février 1296 v. st. (f° 108 r°).

In nomine Domini, amen. Anno Domini ejusdem M° CC° nonagesimo sexto, indictione decima, sanctissimi patris ac domini domini Bonifacii pape octavi secundo, mense februarii, videlicet die ejusdem mensis vicesima sexta.

Au nom du Seigneur, amen. L'année du même Seigneur, cent vingt-sixième quatre-vingt-seizième, par le dixième acte d'accusation du très saint père et seigneur Bonifacius, huitième deuxième pape, au mois de février, c'est-à-dire le vingt -sixième jour du même mois.

Pateat universis per hoc presens publicum instrumemum, quod ego notarius subscriptus una cum testibus infra scriptis vidi, legi, tenui et diligenter inspexi quasdam litteras, non abolitas, non cancellatas, nec in aliqua parte sui corruptas, sed omni vicio et suspicione carentes, sigillo religiosi viri domini Thome, abbatis, archipresbyteri de Englia, et ejus contrasigillo mihi notario notis, et sigillo nobilis viri Helie, quondam domini de Englia, et rectoris ecclesae de Yzorio, Turonensis, et Sancti Petri de Mailli, Pictavensis dyocesis, sigillatas, ut prima facie apparebat, quarum ténor sequitur in liée verba :

Qu'il soit connu de tous par ce présent acte public, que moi, notaire soussigné, ainsi que les témoins souscrits, ai vu, lu, détenu et soigneusement examiné certaines lettres, non abolies, non annulées, ni corrompues en aucune partie de eux-mêmes, mais dépourvus de tout vice et de tout soupçon, avec le sceau religieux seigneur Thomas, abbé, archiprêtre d'Angle, et son contre-sceau que je connais comme notaire, et scellé du sceau du noble homme Helie, ancien seigneur d'Angle, et recteur de l'église d'Yzorio, Turon, et Saint Pierre de Mailli, diocèse de Poitiers, comme parut la première face dont la teneur suit les mots en lié :

  Universis presentes litteras inspecturis et audituris, Helyas de Englia, miles, salutem in Domino.

Noveritis quod ego predictus Helias vende et concedo pro me et heredibus successoribusque meis reverendo in Christo patri fratri Guillelmo, Dei gratta episcopo Pictavensi, dûas partes terre mee de Englia et castellanie de Englia, et omnium que habeo et habere debeo et ad me pertinent et pertinere possunt in castro et castellania de Englia, quecumque sint, sive in terris cultis et non cultis, nemoribus, pascuis, vendis, pedagiis, homagiis, aquis, auxiliis, justicia alta et bassa, et quecumque sint in aliis quibuscumque rebus et quibuscumque nominibus censeantur :

Hélie d'Angle, chevalier, salutations dans le Seigneur à tous ceux qui sont présents pour inspecter et entendre la lettre.

Vous savez que moi, le susdit Hélie je vends et j'accorde pour moi-même et pour mes héritiers et successeurs, avec révérence en Christ mon père Guillaume, évêque de Poitiers, plu à Dieu, deux parties de ma terre d'Angle et du château d'Angle, et de tout ce que j'ai et devrais avoir et qui m'appartient et m'appartient peut être dans le château et les châteaux d'Angle, quels qu'ils soient, que ce soit dans les terres cultivées ou non, les forêts, les pâturages, les ventes, les péages, les tributs, les eaux. , aides, justice haute et basse, et quoi qu'ils puissent être dans d'autres choses et sous quelque nom qu'ils puissent être considérés :

 que omnia et singula premissa tenebam a predicto patre in feodum nomine et ratione ecclesie Pictavensis, et que etiam predecessores mei tenuerunt a predecessoribus dicti reverendi patris nomine et ratione ecclesie supradicte : precio trecentarum sexaginta librarum, quam pecunie summam me habuisse et recepisse confiteor a predicto domino episcopo in pecunia numerata.

que tous et tous les locaux que je détenais du susdit père à titre d'honoraires au nom et pour le compte de l'église de Poitiers, et que mes prédécesseurs détenaient également des prédécesseurs dudit révérend père au nom et pour le compte de ladite église : à le prix de trois cent soixante livres, dont j'avoue que j'ai eu et reçu du susdit seigneur payé à l'évêque en argent.

  Item actum est in venditione predicta quod si predictam pecunie summam reddidero dicto domino episcopo infra festum Omnium Sanctorum quod erit anno Domini M° CC° octogesimo tertio, dicta venditio resolvatur, et quod predicte due partes terre mee predicte ad me revertantur, fructibus tamen, proventibus et exitibus inde percipiendis dicto domino episcopo vel ab ipso causam habentibus et in omni eventu perpetuo remansuris.

Il a également été convenu dans la vente susdite que si je rends la somme d'argent susdite audit seigneur évêque avant la fête de la Toussaint qui sera l'an du Seigneur 120 quatre-vingt-trois, ladite vente sera annulée, et que les deux parties susmentionnées de ma terre me reviendront comme susdit, et par les questions qui en découleront, percevant ledit seigneur évêque, ou ayant une cause de lui, et dans tous les cas rester perpétuellement.

Si vero dictas trecentas et sexaginta libras infra dictum festum Omnium Sanctorum non reddidero episcopo supradicto, terra predicta et omnia premissa et singula, a me, ut dictum est, vendita, predicto domino episcopo Pictavensi et ecclesie Pictavensi remaneant pacifice et quiete nomine et ratione presentis et perpetue venditionis, a me facte predicto domino episcopo et ecclesie predicte precio supradicto.

Si toutefois je ne rends pas lesdits trois cent soixante livres au-dessous de ladite fête de la Toussaint à ledit évêque, ledit terrain et tous les locaux et tout, vendus par moi, comme il a été dit, resteront au ledit seigneur évêque de Poitiers et l'église de Poitiers en toute tranquillité au nom et raison de la vente présente et perpétuelle, par moi au susdit seigneur évêque et à ladite église au prix susdit.

  Et promitto pro me, heredibus successoribusque meis, quos ad hoc obligo et astringo, juramento super hoc a me ad sancta Dei evangelia prestito corporali, et sub obligatione omnium bonorum meorum, me omnia et singula premissa tenere firmiter et inviolabiliter observare, et contra premissa vel aliquid de premissis per me vel per alium non facere vel venire tacite vel expresse; renuncians in hoc facto meo in virtute prestiti juramenti omni exceptioni doli, fraudis, circonventionis, deceptionis ultra medium justi precii, beneficio restitutionis in integrum, exceptioni non numerate pecunie, non tradite, non solute, deceptionibus et lesionibus quibuslibet, et omni…… canonico et civili, et omni privilegio indulto et indulgendo, et statuto principis edito vel edendo, et omnibus aliis exceptionibus, privilegiis et rationibus per que presens instrumentum in toto vel in parte posset destrui vel infringi et que…… possent……. vel obici contra illud.

Et je promets en mon nom, à mes héritiers et successeurs, que j'oblige et lie à ceci, par un serment sur ce corps prêté par moi au saint évangile de Dieu, et sous l'obligation de tous mes biens, de garder tous et chacun des locaux doit observer fermement et inviolablement, et contre les locaux ou ne pas faire ou venir tacitement ou expressément faire quoi que ce soit concernant les locaux par mon intermédiaire ou par un autre ; renonçant dans mon acte, en vertu du serment prêté, à toute exception de supercherie, de fraude, de contournement, de tromperie au-delà du juste prix, par faveur restitution intégrale, à l'exception de ne pas compter l'argent, de ne pas livrer, de ne pas payer, de tromperies et d'injures à quiconque, et de tout... canonique et civil, et de tout privilège annulé et accordé, et délivré ou délivré par le statut du prince , et toutes autres exceptions, privilèges et raisons par lesquelles le présent instrument pourrait être détruit ou brisé en tout ou en partie et que... ils pourraient... ou s'y opposer.

In cujus rei memoriam et perpetuam firmitatem sigilla venerabilium virorum Thome, abbatis et archipresbiteri de Englia, Guydonis, capellani mei de Yzorio, et Guillelmi, rectoris Sancti Petri de Maylle, cum precum mearum instancia, uria, cum sigillo meo, quo utor unico, apponi presentibus litteris supplicavi.

Datum die sabbàti post Oculi mei, anno Domini M° CC° octogesimo primo.

En souvenir de quoi et d'une perpétuelle fermeté j'appose les sceaux des vénérables hommes Thomas, abbé et archiprêtre d'Angle, Guydon, mon aumônier d'Yzorio, et Guillaume, recteur de Saint Pierre de Maylle, à la demande de mes sujets, Uria, avec mon sceau, dont je me sers seulement, je l'ai demandé dans la présente lettre.

 Donné un jour de sabbat sous mes yeux, l'année du Seigneur cent quatre-vingt-unième.

 

 Datum visionis hujus litterarum et actum apud supradictum Savigniacum Episcopalem, Pictavensis dyocesis, in camera (1) domini episcopi Pictavensis ejusdem loci, sub anno, indictione, pontificatu, mense dieque predictis, hora tercie vel circa, presentibus religiosis viris fratribus Nicholao de Loduno, Johanne de Bug., ordinis Fratrum Minorum, et magistro Benedicto Gyraudo, presbitero, et Andrea Ledeti, clerico, testibus ad premissa vocatis et rogatis.

Vu la vision de ces lettres et de l'acte au susdit Savigny épiscopal, dans le diocèse de Poitiers, dans la chambre du seigneur évêque de Poitiers du même lieu, sous l'année, acte d'accusation, pontificat, mois et jour susdits, à trois vers environ heures, en présence des religieux frères Nicolas de Loudun, Johanne de Bug. , de l'ordre des Frères Mineurs, et Maître Benoît Gyraudus, prêtre, et Andrea Ledeti, clerc, témoins appelés et demandés sur les lieux.

 

Et ego Johannes Cretons, clericus Cameracensis dyocesis, sacrosancte Romane ac universalis ecclesie publicus auctoritate notarius, dictam litteram, presentibus supradictis testibus, vidi, legi, tenui, et ipsius littere copiam de verbo ad verbum in hoc instrumente publico fideliter inseri…… ipsis presentibus feci, et presens publicum instrumentum, quod mea propria manu fec, signo meo solito signayi vocatus et_rogatus.

Et moi Johannes Cretons, clerc du diocèse de Camerac, notaire sous l'autorité de la sainte église romaine et universelle, j'ai vu, lu, tenu ladite lettre, en présence des témoins susvisés, et j'en ai fidèlement inséré une copie. lettre mot pour mot dans cet acte public... , et présente un acte public, que j'ai fabriqué de ma propre main, étant appelé et invité à signer avec mon signe habituel.

 

 

Sceau GAUTIER DE BRUGES (1281)

Sceau ogival, de 68 mill.- Arch. De l’Emp. J.270. n°19.

 

Gautier de Bruges

Type légendaire. Dans un monument gothique saint Pierre et saint François debout. Dans une niche inférieure, un priant.

 

S. FRIS. GALTERI D. ORDINE…..RV. EPI.

PICTAVEN.

(Sigillum fratris Galteri de ordine fratrum minorum, episcopi Pictavensis)

 

 

CONTRE-SCEAU

Evêque debout, vu de face, mitré, crossé de biais et bénissant.

 

+ 9TRASIGILE FRIS. GALTERI EPI.

PICTAVE…..

(Contrasigillum fratus Galteri, episcopi Pictavenvis)

 

Appendu au testament de Gui de Lusignan, sire de Cognac, date jour de la Saint Luc (18 octobre) 1281.

 

 

 

Angles (Guichard D'), Chev., fils de Guillaume et d’Agnès ou Marie, s'allia en 1285 à Marguerite MAUBERT, sœur de Maingot Maubert, Chev., Sgr de Bois Maubert, près la Rochelle.

Elle était veuve en 1323, car elle rendit en cette qualité aveu de sa terre de' Bois-Garnault à Marguerite Turpin, veuve d’Eschivart de Preuilly, comme ayant le bail de Guichard d'Angles, son fils. Elle eut, outre ce Guichard qui suivra, un second fils qui lui-même eut un fils nommé Guillaume, auquel Richard II, roi d’Angleterre, accorda, le 10 mai 1380, des lettres de protection pour se rendre en Portugal.

 

 

 

Rapport sur le concours ouvert en 1867 par la Société de statistique, sciences et arts des Deux-Sèvres  par M. Louis Duval,....

 

 

Liste des ÉVÊQUES DE POITIERS BARONS DE CHAUVIGNY. <==

1267 Guillaume de Lezay échange sa châtellenie d'Angle sur l'Anglin avec Hugues de Châteauroux, évêque de Poitiers.<==

 

 


 

(1). Les églises dites de Camera episcopali étaient au nombre de dix-sept. Il en était encore quelques autres qui, bien que n’appartenant pas à l’évêque, étaient cependant en dehors de la juridiction des doyens et des archiprêtres.