Carte fortifications de METZ 2

La ville de Metz capitalle du pais Messin est scitué sur la Moselle et la seille, et n’est pas moins recommandable pour son antiquité et pour sa force, que pour sa situation, et la pureté de son air, elle a donné dasseurez temoignages de sa valleurs, en plusieurs sieges quelle a soutenir, et repouse fort vaillamment, entrautres celuy que Charles Quint vint mestre avec une sy puissante armée que les assegez furent contraints d’abatre leurs faubourgs enrichie d’une infinité de beaux edifices, de crainte que l’ennemy ne si vint loger, et emparer pour les battres de plus pres, comme aussi le temple de St Clément, et l’abaie de St Arnould, parcequ’ils nuiseoint a la defence de la ville, les assiegez se defendirent si genereusement, qu’ils obligerent Charles Quint de lever le siege sans avoir rien executé, outre toutes ces belles prerogatives, elle est encore advantagée d’un tres illustre parlement la fertilité de son terroir fait que les habitans entrenennent un grand commerce ance les autres nations, ce qui contribue beaucoup a la felicité de tout ce pais.

 

 

ABBAYE ROYALE DE SAINT-ARNOULD “EXTRA MUROS”

 L’abbaye de Saint-Arnould était primitivement située en dehors des murs de la ville, -à l’emplacement se trouvant actuellement entre la rue de Verdun et la ligne du chemin de fer, à peu près à l’endroit où vient aboutir la rue Charlemagne.

Cette abbaye a changé souvent de nom.

 Au commencement, c’était la Basilica scindorum Apostolorum ; dans la suite, quand les reliques de l’évêque de Metz saint Arnould y furent apportées par L’èvêque Goëric, elle devint, en 717, la Basilica Sancti Arnulphi vel sanctorum apostolorum ; puis, en 736, ce fut la Basilica sancti Arnulphi; en 783, la Basilica S. Jacobi vel ceterorwn beatorum Apostolorum, en 840, Monasterium S. Arnulphi, en 869, ecclesia S. Arnulphi, en 873, coenobium SS. Apostolorum Joannis, Jacobi et Philippi necnom et confessons Christi Arnulphi; au XII e siècle, on trouve encore le nom à’Ecclesia S. Johannis evangelistae; enfin à partir du XIII e siècle (1235), on ne trouve plus guère que le nom de Saint-Arnould.

L’église de Saint-Arnould renfermait les tombeaux d’un certain nombre de membres de la famille des Carolingiens.

Deux soeurs de Charlemagne, Rothaïde et Adélaïde ; sa femme, Hildegarde; ses filles Adélaïde et Hildegarde; son fils l’empereur Louis-le-Pieux; et un autre fils illégitime, Drogon, archevêque de Metz, y étaient inhumés.

D’après la légende, le fondateur de Saint-Arnould aurait été l’évêque de Metz saint Patient. La première église de l’abbaye aurait été construite vers la fin du IV siècle, sous le vocable de Saint Jean l’évangéliste, ou au commencement du Ve .

Elle était desservie par des chanoines. Elle fut détruite, comme d'ailleurs la ville de Metz, à l’exception du réduit où se trouvait l’oratoire de Saint-Etienne, lors de l’invasion des Huns (451).

Plus tard, lorsque les Messins se furent un peu remis de ce désastre, une nouvelle église fut construite à la place de l’ancienne, il n’est pas possible de fixer la date de cette construction.

La seule date certaine que l’on puisse relever à cette époque, est celle de l’inhumation du duc austrasien Wintron et de sa fille sainte Glossinde dans la nouvelle église de Saint-Jean, vers l’an 600.

Vers le milieu du VII e siècle, l’évêque Goëric opéra la translation des reliques de Saint Arnould de Remiremont où il était enterré, à Metz dans l’église de Saint-Jean, et depuis cette époque, l’église et le monastère prirent le nom du saint évêque et furent généralement appelés l’église et le couvent de Saint-Arnould.

D’après les rares renseignements que nous avons, il semble que le couvent et l’église de Saint-Arnould aient été des bâtiments d’une certaine importance. L’église était une basilique à colonnes, et sous le choeur se trouvait une crypte.

Du temps de Drogon, évêque de Metz, fils de Charlemagne, l’église délabrée avait grand besoin de réparations. Drogon résolut de la restaurer et de l’agrandir, de plus il aurait voulu bâtir un cloître pour y loger des moines qu’il projetait d’introduire à Saint- Arnould, en remplacement des chanoines qui s’y trouvaient.

Tout comme les bâtiments, les chanoines avaient souffert et s’étaient relâchés de leur primitive ferveur, Drogon voulait les réformer ou les remplacer, mais la mort vint l’empêcher de mettre ses projets à exécution. Il était réservé à Adalbéron I er , un des successeurs de Drogon, de réaliser son programme de réforme et de reconstruction.

En 941, les chanoines furent expulsés de Saint-Arnould et remplacés par des moines bénédictins, dont le premier abbé fut Héribert. Il fallut alors transformer les bâtiments. Héribert, premier abbé, n’en eut pas le temps. Ce fut son successeur Anstée (+ 960) qui entreprit cette transformation. Il construisit le cellier, l’hospice des étrangers, l’habitation des moines et les communs, travaux qui demandèrent quatre ans. Il entoura les bâtiments d’un mur d’enceinte.

Les travaux n’étaient pas terminés quand survint la révolte de Ludolf, fils d’Othon le Grand, auquel s’était joint Conrad, duc de Lorraine.

Les Hongres, appelés par Conrad, pillèrent Saint-Arnould, mais ne le détruisirent pas. Dans la suite, Anstée obtint, moyennant une somme de 22 marcs d’or, la restitution des objets volés.

Dans le courant de 956, les travaux furent terminés. Il ne semble pas qu’Anstée ait construit une nouvelle église, il se borna probablement à restaurer l’ancienne, ce fut un de ses successeurs, l’abbé Warin, qui, cent ans à peine après Drogon, se livra dans l’église de Saint-Arnould à des travaux de restauration qui équivalent à une reconstruction.

Le choeur fut agrandi ; de chaque côté, deux absides furent ajoutées, qui formèrent transept, la nef fut allongée en proportion, la basilique fut doublée.

Le 11 octobre 1049, elle consacrée par le pape Léon IX, qui, invité par Warin, vint à Metz en revenant du concile de Reims.

 Lorsqu’en 1180, Bertram, évêque de Metz, accorda aux Messins la charte qui réglait l’élection du Maître-échevin, parmi les électeurs qu’il désigna, figure l’abbé de Saint-Arnould, avec les abbés des autres abbayes messines, l’abbé de Gorze et le doyen du Chapitre.

Jusqu’en 1552, les moines de Saint-Arnould ne se livrèrent dans leur abbaye, qu’à des travaux de peu d’importance.

Il faut cependant signaler, en 1239, l’élargissement et l’agrandissement du chœur des religieux et la transformation de sa clôture.

Lors du siège de Metz en 1444 par René de Lorraine et Charles VII, des soldats, faisant partie des armées assiégeantes, pénétrèrent dans le couvent et dans l’église, enlevèrent portes et fenêtres, pillèrent les coffres et les armoires, et emportèrent tout ce qu’ils purent emporter.

Après la paix, il fallut procéder à une réconciliation du cimetière et de l’église, et les réparations exigèrent une somme de 15.000 florins.

En 1531, les voûtes de la nef de l’église furent réparées par l’abbé Pierre Michel.

 Enfin, en 1552, au mois de septembre, sonna pour Saint-Arnould l’heure de la destruction définitive.

A cette époque, la ville de Metz s’attendait à une attaque de la part de Charles-Quint, qui voulait faire valoir ses droits sur la ville impériale de Metz, dont Henri II avait pris possession au mois d’avril précédent.

Le duc de Guise, que le roi de France avait envoyé à Metz, dut préparer la défense de la ville et pour cela, il fallut raser les faubourgs et tous les bâtiments qui auraient pu favoriser l’attaque et entraver la défense.

 L’abbaye de Saint-Arnould et la basilique étaient sur la liste des monuments destinés à disparaître. Les travaux de démolition commencèrent au mois de septembre, et les religieux quittèrent alors l’abbaye, et durent se réfugier en ville.

Bien après le siège, en 1666, une croix avec inscription fut érigée sur l’emplacement de l’ancienne abbaye.

En 1791, cette croix disparut pour faire place à la lunette d’Arçon ; en 1852, la lunette d’Arçon fut agrandie et fut transformée en un ouvrage de fortification plus considérable.

Enfin, en 1904 et 1905, cet ouvrage disparut lui-même lors des travaux d’agrandissement de la ville, et pendant que les ouvriers procédaient au nivellement des terrains, les restes de la crypte de l’ancienne basilique furent mis pour quelque temps au jour, mais ces restes disparurent bientôt eux- mêmes sous le remblai, et, sur les ruines de l’ancienne basilique et de l’ancienne abbaye, se sont élevés les nouveaux quartiers de la ville avec leurs nouvelles rues et leurs nouvelles constructions.

 

LE TOMBEAU DE LOUIS-LE-DÉBONNAIRE . AU MUSÉE DE METZ par Ad. BELLEVOYE.

Dans les mémoires de la Société d'archéologie de la Moselle de l'année 1874, 13° volume, M. Aug. Prost a figuré trois fragments en marbre blanc et le moulage d'un quatrième fragment du sarcophage de Louis-le-Débonnaire existant au Musée lapidaire de la ville de Metz; ce musée vient de s'enrichir du fragment original en marbre dont il ne possédait que le plâtre, et de deux autres importants fragments en marbre qui permettent de compléter à fort peu près le devant du sarcophage de cet ancien tombeau.

Afin de compléter l’intéressant travail de M. Prost, je vais donner ici, avec les dessins des deux fragments que notre collègue n'a pu faire dessiner, un extrait de ce qui concerne le tombeau qui nous occupe d'après la notice historique sur l'ancienne abbaye royale de Saint-Arnould, par M. Th. le Puillon de Boblaye: (1)

« L'empereur Louis-le-Débonnaire, mort en 840, près de Mayence, fut enterré à Metz dans l'abbaye de Saint-Arnould, située sur l'emplacement occupé en partie par la lunette de Montigny.

 

Cette riche abbaye était devenue le lieu de sépulture de différents membres de la famille de Charlemagne.

Tombeau_de_Louis_le_Débonnaire_[Tombeau de Louis le Débonnaire, transporté en 1552, dans l'église Saint-Arnoul, de metz, par Henri II

 

En 1552, au moment du siège de Metz par Charles-Quint, le monastère fut condamné à disparaître pour les besoins de défense de la place; mais avant de détruire ce vaste et bel édifice, le duc de Guise attribua aux religieux de Saint-Arnould, le couvent des Frères Prêcheurs.

Toutes les reliques, ainsi que les tombeaux et les restes des empereurs et des rois furent transportés en grande pompe, le 11 septembre, au nouvel emplacement qui leur avait été concédé à l'intérieur de la ville.

Le sarcophage de Louis-le-Débonnaire était en marbre blanc, soutenu par trois lions portant des écussons et des armoiries de l'Empire et de la France; la statue de l'Empereur était couchée sur le tombeau.

Le devant du tombeau avait pour ornement un bas-relief représentant le passage de la mer Rouge par les Israélites, poursuivis par les troupes de Pharaon. Le dessin complet du monument nous a été conservé dans le manuscrit de Dom Dieudonné et Th. Brocq, religieux de Saint-Arnould.

Dans le même sarcophage on avait réuni les restes de Louis-le-Débonnaire, de sa mère Hildegarde, de ses deux sœurs, de ses deux tantes, et de Drogon, fils naturel de Charlemagne et quarantième évêque de Metz.

Pendant la Révolution, le couvent Saint-Arnould fut d'abord destiné à devenir le séminaire; en 1792, il fut remis à l'administration des hospices et prit successivement le nom d'Hôpital Saint-Arnould, puis d'Hôpital de la Haute-Pierre.

Mgr Francin, évêque constitutionnel, y habitait aussi; mais le 20 septembre 1792, les bâtiments conventuels furent vendus comme propriété nationale et adjugés pour la somme de 34,000 livres à M. Bertie, trésorier-receveur du district de Metz, à la condition de laisser, moyennant 1,200 livres, la jouissance de l'hôtel jusqu'à la Saint-Jean 1793, à Mgr Francin.

 En 1793, les meubles du couvent, les ornements de l'église furent aussi vendus. Cependant la chape de Charlemagne fut conservée et fait actuellement partie du Trésor de la cathédrale.

Mgr Du Pont des Loges a pu faire entrer au Trésor de la cathédrale, l'anneau de Saint-Arnould, qui avait été porté à l'hôtel de la Monnaie pour y être fondu; mais cet anneau ayant été racheté par un employé, fut sauvé du creuset.

Les tombeaux furent ouverts, les reliques des saints et les ossements des princes dispersés; les marbres du tombeau de Louis-le-Débonnaire et d'autres marbres furent vendus à l'enchère au sieur Penel, marbrier, rue de la Chèvre qui, après les avoir conservés longtemps, les offrit à la ville pour la somme de 500 fr.

 Mais son offre fut repoussée, et il se décida à en faire des dalles pour devants de cheminée. Quelques morceaux qui lui restaient furent plus tard donnés ou acquis pour la Galerie archéologique de la ville.

C'est d'abord un morceau long de 2 m. 30, qui est la base complète du marbre sculpté représentant le passage de la mer Rouge ; deuxièmement, la partie supérieure d'une figure d'israélite qui formait l'angle droit, et enfin un fragment représentant deux chevaux et un cavalier de l'armée de Pharaon.»

Un ancien amateur de Metz, M. Paguet, possédait dans son riche musée deux fragments assez importants de cette sculpture; enfin un troisième fragment fut trouvé dans un devant de cheminée d'un appartement de M. Stoffel, rue des Clercs, et devint la propriété de M. Colchen, héritier du cabinet Paguet.

Ces trois morceaux avaient été transportés à Paris, en 1867, pour être vendus avec la collection Paguet; mais ils revinrent à Metz où ils étaient restés enfermés dans une caisse depuis cette époque.

M. le colonel Carré de Malberg, l'un des héritiers de Mme Colchen, récemment décédée à Metz, vient de faire présent à la ville de Metz de ces trois morceaux importants.

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Voici les dessins des deux morceaux qui ne figurent pas dans le travail de M. Prost:

Ce bas-relief rappelle le faire de l'art grec très dégénéré; on remarque à la naissance des cheveux, des trous ronds faits au vilbroquin et qui ont servi pour la mise au point, mais ont été laissés avec intention par le sculpteur qui s'est servi systématiquement de ce moyen pour produire un effet facilement obtenu dans la chevelure et les cuirasses.

Dans d'autres parties, ces trous ronds produits avec le même instrument, ont été faits plus profonds qu'il ne fallait, mais le sculpteur les a laissés subsister, ne pouvant baisser tout son bas-relief pour rattrapper le niveau du fond de ces trous.

Ce bas-relief n'avait pas été exécuté pour le tombeau de Louis-le-Débonnaire ; ainsi que l'a montré M. Aug. Prost, il existe plusieurs spécimens de cette composition sur les sarcophages chrétiens des IVe et Ve siècle venant du célèbre champ de sépulture d'Arles.

De tous temps on a puisé dans ce grand dépôt de monuments de l'antiquité chrétienne dans les Gaules, et il se pourrait que le marbre venant de Saint-Arnould fût aussi de cette provenance.

Les six fragments de cette intéressante sculpture formeront un attrait pour notre Musée; je les fais figurer ci-contre tels qu'ils sont réunis dans la galerie d'archéologie; il est regrettable que la ville ait repoussé l'offre du sieur Penel et que celui-ci ait eu le barbare courage de diviser cette sculpture importante ; avec plus de persévérance, l'administration mieux informée, se serait sans doute ravisée.

Mais que sont devenus la statue en marbre qui était sur le sarcophage, ainsi que les trois lions qui le soutenaient? Seul, le dessin du bénédictin Th. Brocq, nous en a conservé le souvenir.

Tombeau_de_l'empereur_Louis_le_Pieux

 

PREMIÈRE ÉPITAPHE DU TOMBEAU DE LOUIS-LE-DÉBONNAIRE.

Chapitre de l’abbaye de Saini-Arnould hors les murs.

1 PRAECELSUS MERITIS FAMOSO ET NOMINE CLARUS,

FELIX AUGUSTUS HIC HLUDUVICUS ADEST.

CORPORIS HIC ARTUS CLAUSIT QUANDO ULTIMA SOLVIT

HUMANAE VITAE ET SPIRITUS ASTRA PETIT.

5 HIC FIDUS, FORTIS, NULLI PIETATE SECUNDUS,

CLEMENS ET PATIENS, ATQUE BENIGNUS ERAT.

ECCLESIAS CHRISTI RITU RENOVAVIT HONESTO,

IPSIUS ET CULTOR VERUS UBIQUE FUIT.

CAESARIS HIC GENITUS KAROLI AUGUSTIQUE SUPERSTES

10 SUCCESSIT REGNO HUIC SCEPTRA REGENS POPULI.

QUEM NUNC PRO SACRIS MERITIS IAM CREDERE FAS EST

CUM CHRISTO DOMINO REGNA TENERE POLI.

CUIUS GERMANUS DROGO CHRISTIQUE SACERDOS

TRANSTULIT HUC CORPUS, CONDIDIT HOC TUMULO.

15 DECESSIT AUTEM ANNO IMPERII SUI XXVII. DIE XII. KAL.

JULII ANNO VERO AETATIS LXIII. QUIEVITQUE IN PACE.

HANC, AETERNE DEUS, CAESAR HLOTARIUS ARAM

DEVOTO IUSSIT CORDE PARARE TIBI,

ILLIC SACRA TUI QUO VICTIMA RITE SACRETUR

20 CORPORIS ET FIAT SANGUINE MUNDA TUO.

 

XI e siècle. N° 2. ÉPITAPHE DE L’ÉGLISE DE SAINT-ARNOULD HORS LES MURS.

D’après : ms. 62, 14.

1 IMPERII FULMEN, FRANCORUM NOBILE CULMEN,

EXCITUS A SAECULO CONDITUR HOC TUMULO.

REX HLUDOVICUS PIETATIS TANTUS AMICUS,

QUOD PIUS A POPULO DICITUR ET TITULO.

5 HILDEGARD SOBOLES, KAROLI MAGNI PIA PROLES,

IN PACIS METAS, COLLIGIT HUNC PIETAS.

RUMELICUM VILLAM QUICQUIDQUE REFERTUR AD ILLAM,

ARNULFI S AN CTI CONTULIT I1U1CQUE LOCO.

STIRPS A QUO PROCERUM REGUMQUE VEL IMPERATORUM,

10 QUO CUM MUNERIBUS SISTITUR ISTE LOCUS.

 

Dans son livre : l'Auguste basilique de sainct Arnould, 212 et 213, D. Valladier a publié une traduction en vers de cette épitaphe, la voici :

Ce puissant fouldre de l’Empire

Des François l’honneur, à bien dire,

Estant de ce siecle passé,

Fut dessoubs ce tombeau placé.

 

C’est Loüys qui fut Roy de France,

Si tres-pieux par excellence,

Qu'il a mérité le surnom

De DÉBONNAIRE, et le Renom.

 

Il eut Hildegarde pour mere.

Et Charlemagne pour pere,

Il régné par sa pieté

En paix, en la félicité.

 

Il donna à ce Monastère,

Et à S. ARNOUL son grand pere,

Le village de RVMILY

Et tout ce qui dépend de luy :

 

Sainct ARNOVL, la tige des Princes,

Empereurs, et Roys des Prouinces,

Qui ont iadis fondé ce lieu

De leurs biens, pour l’amour de Dieu.

 

 

XVIe siècle. N° 3. TROISIÈME ÉPITAPHE ET INSCRIPTIONS QUI SE LISAIENT SUR LE MONUMENT ÉRIGÉ DANS L’ÉGLISE DE LA NOUVELLE ABBAYE DE SAINT-ARNOULD, APRÈS 1552, AUTREFOIS L’ÉGLISE DES FRÈRES-PRÊCHEURS.

Épitaphe. Gravée sur la plaque de marbre qui se trouvait au milieu du tombeau, au-dessus de la statue couchée de Louis-le-Débonnaire.

D’après : ms. 160, 42, seq. 1

D. M. S.

QUISQUIS ES PIUS HOSPES ADSTES ET PELLEGAS

REGIS PIISS. MANES NON IMPERANT SED ROGANT.

D. LUD0VIC0 PIO. D. CAROLI MAGNI FIL. GALLIAR. REGI. IMPERATORIQ.

5 ROM. QUI QUONDAM, UT TANTI NOMINIS GNARUS ET MEMOR ABEAS,

QUOM ET VIVENTE PATRE ET SUSCEPTO POST PATR. OBIT. IMP. PRAE-

CLARISS. REB. IN AQUITANIA PRIMUM, CUJUS ADHUC PUER REX FUERAT

CONSTITUTUS, DEINDE IN DANIA, 1TALIA, HISPANIA, CAETERISQ. ORBIS

CHRISTIANI PARTIB. BENE AC FOELICIT. GESTIS FLORUISSET NEC NON

10 FLAGRANTISS. DIVINAR. ATQUE HUMANAR. LEGUM ET CULTU ET CURA

QUODQ. ILLI PRAE OMNIBUS QUOT QUOT FUERE GALLIAR. REGIB. PII REGIS

COGNOMEN DEDIT, INCREDIBILI AC INAIJDITA TUM IN SUOS TUM IN ALIENOS

PIETATE PRINCIPUM POPULORUMQ. OMNIUM ANIMOS SIBI C0NCILIASSET

INDIGNE TAMEN AC MISERE AB INGRATIS LIBERIS IN COENOBIUM ACTUS

15 IMPERATORISQ. ET NOMINE ET MUNERE PRIVATUS, SIC EXTITIT, UT ANIMI

FORTITUDINEM ADMIRARENTUR OMNES, SAPIENTIAM COGNOSCERENT, QUI

PAULO POST AB OPTIMIS FRANCIAE, GERMAN. AUSTRASIAEQUE MAGNATIB.

IN SOLITAM IMPERII ADMINISTRATIONEM COMMUNI TOTIUS POPIJLI AUXILIO

ET APPLAUSU REDUCTUS, AC VELUTI OMNIUM HUMERIS REVECTUS, SIC

20 RELIQUUM VITAE SPATIUM TRANSGRESSUS EST UT OPTIMUM ET PIISS. IMPE-

RATOREM TRANSGREDI DECEBAT, QUI DENIQUE QUOM T ALI S E VITA DIS-

CESSISSET, A DROGONE FRATRE ARCHIEPISCOPO METENSI QUEM CARO.

PATER EX ILLEGITIMO CONSORTIO FILIUM SUSCEPERAT IN SUBURBANA D.

ARNULPHI EJUS TRITAVI AEDE CONDITUS MULTIS ILLIC SAECULIS CUM HIL-

25 DEGARDE MAT RE, GEMINISQUE PATRIS CARO. S0R0R1B. ROTHAIDE ET ALEIDE

TOTIDEMQUE FILIAB. ALEID. ET HILDEGARDE FOELICITER QUIEVIT, HOC

ISTUD QUALECUNQ. EST HOSPES QUOM ARNULPHI FANO OB METARUM OBSI-

DIONEM DIRUTO PII MANES IN HANC AEDEM TRADUCTI FUISSENT. D. HENRI-

CUS II US GALLIAR. QUOQ. REX AUGUSTISS. ET INTER PIOS PII REGIS NEPOTES

30 PIENTISS. AVITAE SUAEQ. IPSIUS PIETATIS AC AETERNAE MEMOR. ERGO.

ANNO M.D.LII. INSTAURAVIT CONSECR.

 

Nous trouvons dans l’Auguste Basilique de Valladier une curieuse traduction de cette épitaphe, la voici :

 D. M. S. Qui que tu sois, ô passant, arreste toy, Et lis.

 Les mânes du Roy très pieux ne te le commandent pas, ains t’en prient.

Louys le Débonnaire, fils de Charlemagne, Roy de France, et Empereur des Romains, afin que tu t’en ailles sçauant, et memoratif de ce beau nom. Ladis apres avoir fleury du vivant, et apres le trespas de son pere, lors qu’il succéda a son Empire, ayant fait choses mémorables et illustres, heureusement et vaillamment, premièrement en Aquitaine, d’où il fut fait Roy, estant encores enfant : et puis en Dannemarc, Italie, Espagne et autres endroits de la Chrestienté, et apres s’estre acquis et attiré les cœurs des Princes, et des peuples, par le tres-ardant amour, qu'il avoit aux lois divines et humaines, et par l’incroyable, et non jamais ouye clemence et bonté, tant envers les siens, qu’envers tous autres estrangers. (Ce qui luy a donné par dessus tous les Rois de France qui furent jamais, le nom de Roy Débonnaire).

 Fut toutesfois indignement, et misérablement confiné par ses enfans ingrats, dedans un Monastère, et despouïllé du nom, et de la charge d’EMPEREUR. Tellement que tous admiroient sa force, et son courage, et recognoissoient sa sagesse, si bien que tost apres, remis et rappellé par les bons Princes de France, et d’Austrasie, avec le secours et applaudissement de tout le peuple, et comme rapporté par dessus les espaules de tout le monde, au maniement, et administration accoustumee de l’Empire, passa le reste de sa vie, ainsi qu'il appartenoit à un très bon, et très pieux Empereur.

Lequel finalement estant ainsi decede, fut par son frere Drogon, Archevesque de Mets, ensepuely en l’Eglise de sainct Arnoul son grand Ayeul, située aux faux bourgs : ou par longues années il a reposé heureusement avec sa mere Hildegarde, deux sœurs de son pere Charlemagne, Rothaide et Adheleide, et autres deux filles du mesme Charlemagne, Adelheide, et Hildegarde.

Jusques à ce que ce tombeau, ô passant, tel qu’il est (lors que le Temple sainct Arnoul ayant esté rasé, à cause du siège de Mets, leurs pieuses reliques furent transférées en ceste Eglise) luy a esté dressé, et dédié par Henry second Roy aussi de France tres-auguste, et entre les pieux Nepueux de ce Roy pieux, luy aussi très pieux, pour l’éternelle mémoire de la piété de ses Ancestres, et de la sienne.

L’an M.C.LII. (L'auguste basilique, 216 seq.).

 

 

1116. Décembre 3. Diplôme d'Henri V, empereur d'Allemagne, confirmant au monastère de Saint-Arnoul (de Metz) la possession de ses biens et privilèges 

DIPLOMA HENRICI V IMPERATORIS , QUO BONA ET PRIVILEGIA, AB ANTECESSORIBUS SUIS REGIBUS VEL IMPERATORIBUS MONASTERIO SANCTI ARNULPHI CONCESSA, CONFIRMAT (3)
 ANN. 11l6, DECEMB. 3.


 
 In nomine sanctæ et individuæ Trinitatis. Heinricus, divina favente clementia, IVus Romanorum imperator augustus. Si antiquorum insignia regum in præceptis sive preceptorum confirmativis ecclesiis Dei concedendis imitati fuerimus, divinitus non inde procul dubio remunerari confidimus.
Au nom de la sainte et individuelle Trinité. Henri, par la faveur divine de la clémence, le quatrième empereur Auguste des Romains. Si nous devions imiter les insignes des anciens rois dans les préceptes ou dans la confirmation des précepteurs en accordant les églises de Dieu, nous sommes confiants que nous serons divinement récompensés non loin de là.


Quapropler fidelium nostrorum tam præsentium scilicet quam futurorurn magnitudini notum esse volumus qualiter monasterimn S. Arnulphi, confessons Christi preciosissimi, per intervention fidelis nostri Berengosi abbatis, nostræ auctoritatis privilegio decorare decernimus, ut cui aliud beneficium non conferinius, saltem ab aliis Christi fidelibus tradita confirmare studeamus.
Nous souhaitons être connus du plus grand nombre de nos fidèles, présents et futurs, quant à la qualité du monastère de Saint Arnulf, nous confessons le plus précieux du Christ, par l'intervention de notre fidèle abbé de Berengos, nous décidons pour l'agrémenter du privilège de notre autorité, afin de ne conférer aucun autre avantage, nous essayons au moins de confirmer ce qui a été transmis par d'autres fidèles du Christ.


Precipimus igitur et hoc imperiali nostræ auctoritatis precepto firmissima lege sancimus ut in ecclesiis, villis ac possessionibus, quas a predecessoribus nostris regibus vel imperatoribus Dagoberto videlicet, Pipino, Carolo , Ludovico, Arnulpho , Zeindiboldo, vel a tribus Ottonibus atque Conrado proavo nostro, prefato monasterio ac fratribus inibi Deo famulantibus, sicut in privilegiis eorum cernitur (0) , collalas audivimus, nullius personæ magnæ vel parvæ violentiam patiantur ulterius, sed ex clementia Salvatoris nostri victum ac vestitum inde supervenIturis semper consequantur temporibus.
C'est pourquoi nous préjugeons et sanctionnons cela par l'ordre de notre autorité impériale par la loi la plus ferme, que dans les églises, villes et possessions, que par nos prédécesseurs, rois ou empereurs, à savoir, Dagobert, Pépin, Charles, Louis, Arnulf, Zeindibold, ou par les trois Ottoniens et Conrad notre ancêtre, le monastère précité et aux frères qui s'y régalent de Dieu, comme on le voit dans leurs privilèges (0), nous avons entendu les colliers, qu'ils ne devraient plus subir de grandes ou petites violences de toute personne, mais que par la clémence de notre Sauveur, ils devraient toujours obtenir de la nourriture et des vêtements dans les temps à venir.


Hæ sunt autem ecclesiæ ac villæ, quæ ad peculiaritatem pertinent abbatis ac fratrum, Mareolas (1) scilicet et Arcz (2), ac decimatio ecclesiæ apud Jussiacum (3), sed et Nugaredum (4) et Vigiacum (5) , Floriacum (6) ac Flaviniacum (7) , cella etiam una quæ Aulegium, et altéra quæ vocatur Chrisniacum.
Or ce sont les églises et villages qui appartiennent à la particularité des abbés et frères, Mareolas (1) bien sûr et Arcz (2), et la dîme de l'église à Jussiacum (3), mais aussi Nugaredum (4) et Vigiacum (5), Floriacum (6) ) et Flaviniacum (7), également une cellule qui s'appelle Aulegia, et une autre qui s'appelle Chrisniacum.


 Insuper vero triginta mansi cum ecclesia et decimatione apud Rumeliacum (8) , Mauri Villa (9), etiam et vicum Deivillare (10) et Tiliacum (11) ; Pomeriolum (12) etiam cum quo predictum monasterium a beato Leone papa constat esse dotatum (13) ; sed et Mellanc et Kerlingen, Walleno, Chettingen , quod ab ecclesia sancti Chuniberti Coloniæ pro aliis bonis concambio est mutatum, et quod in villa Vuilere a quodam Bezelino et Waltero fratribus est datum, vel quod in Dagenlieim et Sira, Chervis et Vinera a diversis Christi fidelibus eidem loco antiquitus videtur esse collatum; sed et Buxerias (14) et Caminetum (l5) , quod Hildegardis regina cum omni utilitate ad prefatum contulit locum; Laium (16) etiam, quod Eva quædam comitissa, cum sylva quæ vocatur Heie (17) et cum omni utilitate ejusdem sylvæ, cum ponte etiam et piscatione ad Campaniolas (l8) , circa Murt (19) fluvium, ad sæpedictum monasterium tradidit.
De plus, je suis resté trentenaire avec l'église et la dîme à Rumeliacum (8), Mauri Villa (9), et aussi le village de Deivillare (10) et Tiliacum (11) ; Pomeriolum (12) également dont ledit monastère fut doté par le bienheureux Pape Léon (13) ; mais aussi Mellanc et Kerlingen, Walleno, Chettingen, qui a été changé par l'église de St. Chunibert de Colonia à Concambi pour d'autres biens, et qui dans la ville de Vuilere a été donnée par un certain Bezelino et Walter frères, ou celle de Dagenlieim et Sira, Chervis et Vinera par différents Christs Il semble avoir été donné aux fidèles au même endroit dans les temps anciens; mais aussi Buxerias (14) et Caminetum (15), que la reine Hildegarde contribua avec tout avantage au susdit lieu ; Laium (16) aussi, dont Eva avait acquis une certaine comtesse, avec une forêt appelée Heie (17) et avec tous les avantages de la même forêt, avec un pont et aussi une pêcherie à Campaniolas (18), près de la Murt (19 ) fleuve, il le livra à un monastère séquestré.


(1)    Mareolas. Marieulles, arrond. de Metz, canton de Verny (Moselle).
(2)    Arcz. Ars-sur-Moselle , arrond. de Metz, canton de Gorze (Moselle).
(3)    Jussiacum. Jussy, à sept kilom. environ de Metz (Moselle).
(4)    Nugaredum. Norroy-le-Veneur, arrond. et canton de Metz (Moselle).
(5)    Vigiacum. Vigy, chef-lieu de canton , arrond. de Metz (Moselle).
(6)    Floriacum. Fleury, arrond. de Metz, canton de Verny (Moselle).
(7)    Flaviniacum. Flavigny, commune de Rezonville, arrond. de Metz, canton de Gorze ( Moselle ).
(8)    Rumeliacum. Remilly, arrond. de Metz, canton de Pange ( Moselle ).
(9)    Mauri Villa. Murville, arrond. de Briey, canton d’Audun-le-Roman (Moselle).
(10)     Deivillare. Peut-être Villers-la-Montagne, arrond. de Briey, cant. de Longwy (Moselle).
(11)    Tiliacum. Thil, commune de Villerupt, arrond. de Briey, canton de Longwy (Moselle).
(12)    Pomeriolum. Pommerieux, arrond. de Metz, canton de Verny (Moselle).
(13)    Voy. Gall. christ., t. XIII instr. col. 394.
(14)    Buxerias. Buxières, commune de Chambley, arrond. de Metz, canton de Gorze (Moselle).
(15)    Caminetum. Cheminot, arrond. de Metz, canton de Verny (Moselle).
(16)    Laium. Lay-Saint-Christophe, arrond. et canton de Nancy (Meurthe).
(17)    Sylva quæ vocatur Heie. La forêt de Hayes, touchant Champigneules et à un kilom. de la Meurthe.
(18)    Campaniolas. Champigneules, arrond. et canton de Nancy (Meurthe).
(19)    Murt fluv., la Meurthe.


Hæc igitur omnia per interventuin dilectissimæ conjugis nostræ Mathildis reginæ nec non Burchardi Monasteriensis (1), Herimani Augustensis (2), Udalrici Constantiensis (3), Hugonis Brixiensis (4), Berardi Tridentinensis (5), Mazonis Virdunensis (6), venerabilium episcoporum, aliorumque fidelium nostrorum, ad prebendam fratrum inibi Domino famulantium, bac nostra imperiali præceptione tali modo delegamus et confirmamus in perpetuum, ut nullus imperator aut rex, nullus episcopus aut dux, nullus comes aut judex, nulla prorsus ecclesiastica sive mundana persona in eisdem bonis aliquam eis violentiam inférat, vel aliquem advocatum, nisi ipsi pro qualitate temporum aut diversitate locorum petierint, in eisdem locis ponere præsumat, sed sicut reges et imperatores aliique fideles eadem bona illuc pia devotione contulerant, sic ad peculiarem prebendam eorum integra semper et inconvulsa permaneant.
Tout cela, donc, grâce à l'intervention de notre bien-aimée épouse la Reine Mathilde, et aussi de Burchard du Monastère (1), Herman d'Auguste (2), Udalric de Constantia (3), Hugues de Brixen (4), Bérard de Trente (5), Mazon de Virdun (6), les vénérables évêques, et de nos autres fidèles, au profit des frères qui s'y nourrissent du Seigneur, nous déléguons et confirmons à jamais par notre précepte impérial de telle manière qu'aucun empereur ou roi, aucun évêque ou duc, aucun comte ou juge, aucune personne absolument ecclésiastique ou mondaine dans les mêmes biens qu'il ne leur fasse violence, ou ne présume de placer quelque avocat, à moins qu'ils ne l'aient demandé à cause de la qualité du fois ou la diversité des lieux, mais tout comme les rois et les empereurs et d'autres fidèles y avaient apporté les mêmes biens avec une dévotion pieuse, de même pour leur allocation spéciale, ils devraient toujours rester intacts et inébranlables.


 Et ut hoc impériale nostræ auctoritatis præceptum majorent firmitatem habere possit in perpetuum, cartam banc inde conscriptam, manu propria subtus firmavimus, et sigilli nostri impressione insigniri jussimus.
Et afin que ce précepte impérial de notre autorité ait pour toujours une plus grande fermeté, nous avons scellé de notre propre main la charte banc qui en est écrite, et ordonné qu'elle soit marquée de l'empreinte de notre sceau.


Signum domni Henrici quarti imperatoris invictissimi. Burchardus, cancellarius et Monasteriensis episcopus, recognovit.
Datum III. nonas decemb., anno Domini MCXV., indictione III., anno regni domni Henrici XI., imperii II
Actum in Italia, in Castro Saxiniaco (7) , in Dei nomine. Amen.

Signature de seigneur Henry, le quatrième empereur le plus invincible. Burchard, chancelier et évêque des monastères, le reconnut.

Daté le 3 le 9 décembre de l'an du Seigneur 1116. Acte d'accusation III de l'an du règne d'Henri XI.
Fait en Italie, au Château de Savignano 7), au nom de Dieu. Amen.


(1)    Burchardi Monasteriensis. Burchard , évêque de Munster, et chancelier de l’empereur Henri V pour l’Italie. Voy. Chronic. Gotwic. prodr. pag. 332 , et Nouv. Traité de Diplom., t. V, p. 809, n. I.
(2)     Herimani Augustensis. Herman, évêque d’Augsbourg.
(3)    Udalrici Constantiensis. Udalric, évêque de Constance.
(4)    Hugonis Brixiensis. Hugues, évêque de Brixen. ,
(5)    Berardi Tridentinensis. Bérard, évêque de Trente.
(6)    Mazonis Virdunensis. Mazon, administrateur de l’évêché de Verdun, depuis la mort de Richard II, en 1114, jusqu’à la nomination de Henri I, en 1117.
(7)    Saviniacum. Savignano, bourg de la Romagne.

 

Les Églises de Metz : recueil des épitaphes des collégiales et couvents (abbayes et prieurés) de la ville de Metz par G. Thiriot

 

 

==> Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus

==> Foulques Nerra, comte d'Anjou entreprit le dernier à Jérusalme en 1038 ou 1039 et mourut à Metz en revenant, le 21 juin 1040.

 


Armoiries de Charlemagne : Party, le premier, moitié de l’Empire, qui est d’or, à une demie aigle esployée de sable, membrée et diadesmée de gueulles : de deuxiesme de France, qui est d’azur, semé de fleurs de lys d’or.

 

Charlemagne n’avait pas d’armoiries, l’usage de celles-ci n’apparaissant qu’au XIIe siècle (croisades) pour se répandre aux siècles suivant.

(1) Metz, 1857, imprimerie Pallez et Rousseau.

(2) Collect. Dupuy, Bibliotli. Royale, vol. 499, F 168.

 Ce Diplôme a été publié en français par Valladier, Hist. de l’Aug. Basilique de l’abbaye roy. de S. Arnold de Metz, pag. 267. Il serait inutile de relever ici les erreurs dans lesquelles Valladier est tombé au sujet de ce Diplôme. La source de ces erreurs paraît avoir été la qualification IV US Romanorum imperator augustus, que prend Henri V dans l’intitulé de son diplôme. Valladier semble n’avoir pas connu l’usage généralement suivi par la chancellerie impériale, depuis Henri III, à cet égard. Voy. Chron. Gottw. Prodrom., pag. 271, 284,311, et Nouv. Traité de Diplorn. tom. V, pag. 764, 809.

On trouve au bas de ce Diplôme quatre espèces de notes chronologiques : i° l’année de l’incarnation; 2° l’année du règne de Henri V, comme roi des Romains ; 3° l’indiction ; 4° l’année de l’empire.

Toutes ces dates, excepté celle du règne comme roi des Romains, sont inexactes et en contradiction entre elles, comme cela arrive, au reste, communément dans les Diplômes des Ottons. C’est en effet dans la deuxième année de son règne comme roi des Romains que Henri V passa en Italie, d’où notre Diplôme est daté , pour s’emparer des biens légués au S. Siège par la comtesse Mathilde; mais cette date correspond à l’année 1116 et non à l’année 1115.

Cet exemple n’est pas le seul où l’année 1115 soit marquée pour l’année 1116 dans un diplôme de Henri V, ce qui semble annoncer l’usage d’un comput particulier de la part de certains chanceliers de ce prince. Voy. Bôhmer, Regest. chronol. Diplom. Reg. atque Imperat. Rom., pag. 105 , n° 2059.

 Nous ne nous arrêterons pas à discuter les deux dernières dates ; il nous suffira d’avoir rectifié celle de l’incarnation pour montrer qu’elles doivent être lues de la manière suivante: Datum ni Nonas decemb., ann. Domini mcxvi , Indictione ix, anno regni domni Hcinrici xi, impeniy.

(3) Voy. plusieurs de ces privilèges, Gall. christtom. XIII, instr. col. 38o, 383, 384, 386, 389.