Poitiers 1146, Louis VII le Jeune confirme les biens et les privilèges de l'abbaye Saint-Jean de Montierneuf

Couronné le 8 août 1137, en la cathédrale de Poitiers, Louis VII le Jeune revint à Poitiers en 1146. Il y confirma les biens et les privilèges de l'abbaye de Montierneuf et lui concéda, en outre, par le même acte, une rente de vingt sous poitevins en indemnité de plusieurs maisons qu'il avait fait démolir près de la tour de l'Étang (1).

 La démolition de ces maisons était évidemment motivée par l'adjonction de nouveaux moyens de défense et très probablement par la construction du château du confluent de Clain et Boivre, remplacé beaucoup plus tard par celui de Jean de Berry.

 

Poitiers. 1146.

 Ludovicus Francorum rex et dux Aquitanorum notum facit se ecclesiam Beati Johannis de Novo Monasterio Pictaviensi, cum universis ejusdem rebus et possessionibus, sub sua protectione suscepisse, eique universa beneficia ac dona, ab antecessoribus suis ducibus Aquitanorum collata, confirmasse.

 Ex parte autem sua, præmissis aliquid superaddens, eidem monasterio viginti solidos Pictavienses annui redditus, pro recompensatione domorum circa turrim de Stagno destructarum, in perpetuum concedit; conceditque ut præfati monachi proprium habeant servientem qui pro eis debitam et consuetam eorum partem de levagio salis accipiat, nec non trencheias, quas in nemore de Moleriis ex antiquo, Aquitanorum ducis dono, habuerant. « Ut igitur hoc nostre constitucionis preceptum ratum perhemphniter maneat et inconcussum, scripto commendari, sigilli nostri auctoritate muniri, nostrique nominis subterinscripto caractere corroborari precipimus.

— Actum Pictavis, anno incarnacionis Dominice M° C° XL° sexto, regni nostri decimo; astantibus in palacio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa : Signun Radulfi, Viromandensis comitis, dapiferi nostri. Sign. Guillelmi buticularii. Sign. Mathei camerarii. Sign. Mathei constabularii. Datum per manum Cadulci cancellarii.

 

Le rouleau dans lequel cette charte est insérée nous paraît avoir été écrit dans la seconde moitié du treizième siècle.

 

Déjà, en 1143, le roi, dans le même but de défense de la ville de Poitiers, cédant à des sollicitations nombreuses, avait enjoint au prévôt Guillaume et aux habitants de la ville d'aider, par tous les moyens, le chapitre de Saint-Hilaire dans la création des étangs et des moulins de Pont-Achard, sur la Boivre, dont le cours et les rives appartenaient audit chapitre en cet endroit.

Quelques-uns de ces moulins et ce pont existaient d'ailleurs, dès le Xe siècle, sous le nom de Tentenon, puis sous celui d'Achard au XIe siècle (2).

L'étang de Saint-Hilaire et celui de Montierneuf, qui se communiquaient, constituaient donc pour la ville une ligne de défense d'une certaine valeur à cette époque.

 Devenus inutiles et malsains, ils ont été desséchés par M. Galland au commencement de notre siècle.

La gare du chemin de fer et la ligne de Bordeaux occupent leur emplacement.

Confirmation en 1205 par son fils, Philippe Auguste au Châteauneuf sur Loire

La charte du roi Philippe, par laquelle il déclare que les donations à l'église Saint Jean de Montier Neuf, monastère de Poitiers lui ont été faites par le roi Louis VII.

Charta Philippi regis, qua donationes ecclesiœ B. Johannis de Novo-monasterio Pictavensi a rege Ludovico VII impertitas, a se confirmatas declarat


In nomine sancte et individue Trinitatis, Philippus Dei gratia Francorum rex. - Noverint universi, presentes pariter et futuri, quod venerande memorie Ludovicus genitor noster, tunc temporis Francorum rex et ducx Aquitanorum, ecclesiam Beati Johannis de Monasterio-novo, cum universis rebus et possessionibus suis, sub sua protectione suscepit et auctoritatis regie patrocinio communivit, sicut ex autentico scripto ejusdem patris nostri nobis exibito cognovimus, benificia quoque omnia ac dona universa quecumque ab antecessoribus ejus ducibus Aquitanorum eidem ecclesie collata fuerant, prout ipsorum ducum scripta continent et protestantur, cum omni integritate sibi tenenda concessit.

 

Charta Philippi regis, qua donationes ecclesiœ B. Johannis de Novo-monasterio Pictavensi a rege Ludovico VII impertitas, a se confirmatas declarat


In nomine sancte et individue Trinitatis, Philippus Dei gratia Francorum rex. - Noverint universi, presentes pariter et futuri, quod venerande memorie Ludovicus genitor noster, tunc temporis Francorum rex et ducx Aquitanorum, ecclesiam Beati Johannis de Monasterio-novo, cum universis rebus et possessionibus suis, sub sua protectione suscepit et auctoritatis regie patrocinio communivit, sicut ex autentico scripto ejusdem patris nostri nobis exibito cognovimus, benificia quoque omnia ac dona universa quecumque ab antecessoribus ejus ducibus Aquitanorum eidem ecclesie collata fuerant, prout ipsorum ducum scripta continent et protestantur, cum omni integritate sibi tenenda concessit.

Au nom de la sainte et indivise Trinité, Philippe, par la grâce de Dieu roi des Francs. Qu'ils sachent tous, présents et futurs, que notre père Louis, roi des Francs et duc des Aquitaine à cette époque, sous sa vénérable mémoire, entreprit l'église du monastère Saint  Jean de Montierneuf, sous sa protection, comme nous savons par l'écrit authentique de notre père que nous sortons, et que toutes les gentillesses et tous les dons quelconques lui avaient été conférés par ses ancêtres sous les chefs de l'Aquitaine cette église, comme ils contiennent et protestent contre les écrits de leurs ducs, il leur a accordé toute intégrité à soutenir.

- Statuit etiam superaddens ex parte sua ut pro destructione domorum suarum, que cirqua turrim de stagno erant, haberet deinceps singulis annis prefata ecclesia XX solidos Pictavensis monete in civitate Pictavensi, qui de primis redditibus ferie quadragesimalis, sine contradictione, primi reddentur.

Il a également décrété, de son côté, qu'en échange de la destruction de ses maisons, qui étaient environ une tour en étain, l'église susmentionnée devrait désormais avoir chaque année 20 shillings en argent de Poitou dans la ville de Poitiers, qui sera payé au premier des premiers fermages du jour de Carême, sans contradiction.

- Statuit etiam superaddens ex parte sua ut pro destructione domorum suarum, que cirqua turrim de stagno erant, haberet deinceps singulis annis prefata ecclesia XX solidos Pictavensis monete in civitate Pictavensi, qui de primis redditibus ferie quadragesimalis, sine contradictione, primi reddentur.

Il ajouta aussi de sa part, que pour la destruction des maisons qui étaient du côté de la tour, ladite église de Poitiers aurait par la suite tous les ans 20 solde de monnaie de Poitiers dans la ville de Poitiers, qui seront payés d'abord sur la première rente de Carême, sans contradiction.

  - Preterea dedit eidem ecclesie atque concessit ut deinceps proprium ponant servientem qui de levagio salis acciperet debitam et consuetam partem suam.

De plus, il donna à cette église et leur accorda qu'ils devaient désormais placer leur propre serviteur qui devait recevoir du prélèvement du sel son dû et sa part coutumière.

- In nemore etiam suo quod Molerias appellatur, sibi concessit trencheias illas, quas ab antiquo dono ducis Aquitanie habuit, perpetuo possidendas.

Dans son propre bois, qui s'appelle Molerias, il lui accorda ces tranchées qu'il tenait de l'ancien don du duc d'Aquitaine, pour être possédées à jamais.

 - Nos autem, ejusdem patris nostri vestigiis inherentes, pro salute anime nostre et predecessorum nostrorum, prefatam ecclesiam, sicut alias abbacias nostras, in protectione nostra per jus suscipimus, et ea supradicta, que ab eodem patre nostro ei concessa sunt, rata habemus, et, ut hoc perpetue stabilitatis robur obtineat, sigilli nostri auctoritate et regii nominis caractere inferius annotato presentem paginam confirmamus.

Nous cependant, à la suite de notre même père, pour le salut de notre âme et de nos prédécesseurs, recevons ladite église, comme nos autres abbayes, sous notre protection de droit ; afin d'obtenir cette force de stabilité perpétuelle, nous confirmons  la présente par l'autorité de notre sceau et le symbole du nom royal ci-dessous.

  - Actum apud Castellum-novum super Ligerim, anno ab incarnatione Domini M° CC° quinto, regni nostri anno vicesimo VII°, astantibus in palacio nostro quorum nomina supposita sunt et signa : Dapifero nullo. Signum Guidonis buticularii. Signum Mathei camerarii. Signum Droconis constabularii. Datum, vacante cancellaria, per manum fratris Guarini. Ti

 Acté à Châteauneuf sur Loire, l'an de l'incarnation de Notre-Seigneur en l'an 200, l'an cinquième de notre règne, l'an vingt-septième de notre règne, ceux qui se tenaient dans notre palais dont les noms et les signes ont été placés : aucun sénéchal. Signum Guidonis buticularii. Signum Mathei camerarii. Signum Droconis constabularii. Il a été donné lors de la chancellerie lors de la vacance de son frère Guarini. Ti

 

 

Les trois statues de la chapelle du bras sur du transept, un Saint Louis, un Saint Maurice, un Saint Guillaume, sont l’oeuvre de l‘atelier de Saint-Hilaire

 

 

 

Histoire sommaire de la ville de Poitiers / par Bélisaire Ledain,...

 

 

 

 

 


 

(1) Layettes du Trésor des Chartes, par Teulet, I, 62,

(2)    Chartes de Saint-Hilaire, I, 145 et passim.