Le 12 mai 1499 César Borgia épouse à Chinon, Charlotte d'Albret (1480-1514), dame de Châlus et sœur de Jean III de Navarre

À Chinon, où se trouve alors la cour, César Borgia reçoit la main de Charlotte d’Albret, sœur du roi de Navarre, que l’on tient en haute estime. Bien que peu favorable à ce mariage dans un premier temps, son beau-père, le comte de Guyenne, finit par accepter cette union. C’est qu’à défaut d’avoir bonne réputation, les Borgia ont des biens en abondance et une fortune qui leur assureraient une vie plus qu’honorable.

 

NOTA della pompa con quale entre il Valentino in Cynone, quando ando a torre donna, e dare il cappello a Roano; e prima:

Erano dodici canette piene di forzeretti con coperte di panno rosso e giallo.

40 muli con coperce rosse e gialle.

13 muli con coperte di velluto chermisi e giallo.

8 muli con coperte di velluto pagonazo e giallo.

12 giannetti con briglie d'argento con nappe d'oro alla spagnola, coperti di velluto chermisi e giallo.

12 cavalli grossi con fornimento di velluto e brocato, fra quali era uno cavallo bellissimo con fornimento alla tedesca e sonagli d'argento, e selle di broccato, e chi menava i cavalli era vestito di velluto.

Seguitavon dapoi XX paggi in su cavalli grossi e giannetti, tutti vestiti di velluto chermisi riccamente; li paggi aveano saioni listrati di broccato, con velluto et con le berette.

Seguivono poi scudieri, quali erano 60, con collane d'oro e saioni di velluto nero, drieto a' quali erano certi romani bene ad ordine, fra i quali era il signor Giovanni Orsino. ……

 

 

Ce fut le mercredi dix-huitième jour de décembre de l'année 1498 que César Borgia fit son entrée dans la ville de Chinon, avec un appareil digne du fils d'un pape qui vient épouser la fille d'un roi.

Le cortège se composait d'abord de vingt-quatre mulets couverts de caparaçons rouges, ornés d'écussons renfermant les armes du duc, et chargés de bahuts sculptés et de coffres incrustés d'ivoire et d'argent; puis venaient vingt-quatre autres mulets couverts aussi de caparaçons, mais ceux-ci à la livrée du roi de France, qui était jaune et rouge ; puis après ceux-ci marchaient dix autres mulets couverts de satin jaune, avec des barres rouges en travers, et enfin dix autres encore couverts de drap d'or à bandes, et dont une bande était d'or frisé, et l'autre d'or ras.

Derrière les soixante-dix mulets qui ouvraient la marche, piaffaient tenus en bride par autant d'écuyers qui marchaient à pied auprès d'eux, seize beaux chevaux de bataille ; ils étaient suivis de dix-huit coursiers de chasse, montés par dix-huit pages tous de l'âge de quatorze seize ans, dont seize étaient habillés de velours cramoisi et deux vêtus de drap d'or frisé, et si élégants que la richesse du costume de ces deux enfants, qui au reste étaient les plus beaux de tous, fit naître dans tous les esprits, si l'on en croit Brantôme, d'étranges soupçons sur les causes de cette préférence.

Enfin, derrière ces dix-huit chevaux marchaient six belles mules toutes harnachées de velours rouge, conduites par six valets vêtus de velours pareil à celui des harnais.

Le troisième groupe se composait d'abord de deux mulets tout couverts de drap d'or, portant chacun deux coffres dans lesquels on disait qu'étaient le trésor du duc, les pierreries qu'il apportait à sa fiancée et les reliques et bulles que son père l'avait chargé de remettre de sa part au bon roi Louis XII.

Ils étaient suivis par vingt gentilshommes vêtus de drap d'or et d'argent, parmi lesquels étaient Paul Jordan Orsino et plusieurs barons et chevaliers des principaux de l'état ecclésiastique.

Alors venaient deux tambourins, un rebec et quatre soldats sonnant des trompettes et clairons d'argent ; puis, au milieu de quatre laquais vêtus mi-partie de velours cramoisi et de soie jaune, messire Georges d'Amboise et monseigneur le duc de Valentinois, lequel était monté sur un grand et beau coursier, harnaché fort richement, avec une robe de satin rouge et de drap d'or mi-partie, toute brodée d'or et de pierreries : à son bonnet était un double rang de rubis, gros comme des fèves, qui jetaient une si riche lueur, qu'on les eût pris pour ces escarboucles qu'on ne trouve que dans les Mille et une Nuits : il portait en outre au cou un collier qui va- valait bien deux cent mille livres ; enfin il n'y avait point jusqu'à ses bottes qui ne fussent toutes lacées de cordon d'or et brodées de perles.

Quant à son cheval, il était couvert d'une cuirasse de feuilles d'or d'une admirable orfèvrerie, de laquelle sortaient, comme des fleurs, des bouquets de perles et des grappes de rubis.

Enfin, pour faire queue à tout ce magnifique cortège, derrière le duc venaient vingt-quatre mulets couverts de caparaçons rouges à ses armoiries, et portant la vaisselle d'argent, les tentes et le bagage.

Mais ce qui donnait à toute cette cavalcade un air de luxe merveilleux, c'est que tous ces mulets, ces mules et ces chevaux étaient ferrés avec des fers d'or si mal cloués, que plus des trois quarts restèrent en chemin; luxe d'ailleurs dont fut fort blâmé César, que l'on trouva bien hardi de mettre ainsi aux pieds de ses chevaux un métal avec lequel on fait la couronne des rois.

Au reste, toute cette pompe manqua son effet sur celle pour qui elle avait été déployée; car, lorsqu'on eut dit à dona Carlotta que c'était dans l'espérance de devenir son mari que César Borgia était Venu en France, elle ne répondit rien autre chose, sinon qu'elle ne prendrait jamais pour époux, non-seulement un prêtre, mais encore un fils de prêtre ; non-seulement un assassin, mais encore un fratricide; non-seulement un homme infâme par sa naissance, mais plus infâme encore par ses mœurs et ses actions.

Mais, à défaut de la fière Aragonaise, César Borgia trouva bientôt une autre princesse de noble sang qui consentit à devenir sa femme : c'était mademoiselle d'Albret, fille du roi de Navarre; le mariage, arrêté à la condition que le pape donnerait deux cent mille ducats de douaire à la future et ferait son frère cardinal, fut célébré le 10 mai; et le jour de la Pentecôte suivant, le duc de Valentinois reçut l'ordre de Saint-Michel, ordre fondé par Louis XI, et qui, à cette époque était le plus estimé qu'eussent les rois de France. La nouvelle de ce mariage, qui assurait à Rome l'alliance de Louis XII, fut reçue avec une grande joie par le pape, qui ordonna aussitôt par toute la ville des feux et des illuminations.

Louis XII, de son côté, outre la reconnaissance qu'il avait au pape d'avoir cassé son union avec madame Jeanne de France et autorisé son mariage avec Anne de Bretagne, regardait comme indispensable à ses projets sur l'Italie d'avoir le pape pour son allié : aussi fit-il la promesse au duc de Valentinois de mettre, aussitôt qu'il serait entré dans Milan, trois cents lances à sa disposition, pour les employer dans ses intérêts particuliers et contre qui il lui plairait, excepté contre les alliés de la France.

 

CONTRAT DE MARIAGE ENTRE CÉSAR BORGIA DUC DE VALENTINOIS ET DE DIOIS, ET CHARLOTTE D'ALBRET

Du 10e may 1499 (1)

A tous ceux qui ces presentes lettres verront Denis Audoulx licencié en loix, conseiller du Roy, nostre Sire, juge ordinaire & garde de la prévosté & ressort d'Issouldun pour ledit seigneur, Salut, sçavoir faisons que aujourdhuy datte de ces presentes nous avons tenu, veu & leu de mot à mot, certaines lettres escriptes en parchemin scellées en double queue & cire verte, non suspctes, vicieuses, ne cancellées, ains font faines & entières en seings, scel, datte & escriture, comme il nous est apparu de prime face & desquelles lettres la teneur s'enfuict :

A tous ceux quy ces presentes lettres verront, Guilhaume Blondet, licencié en loix, bailly de Blois, pour Messieurs les doyens & Chapitre de Sainct-Sauveur de Bloys en la justice qu'ils ont en la ville & banlieue dudit lieu durant les trois jours d'après l’Ascension nostre fire, Salut, sçavoir faisons que par devant Jacques Perault & Gilles Régent, tabellions jurez du scel estably aux contracts dudit bailiage, & en la presence du Roi & de la Roine & par leur commandement, Monsieur le Chancelier a dit & proposé devant plusieurs grands & notables personnages que ledit seigneur deuement adverty des grands & recommandables services que haut & puissant prince Domp Cœfar de Bourfa, duc de Valentinois & comte de Diois, a faist à luy & à sa couronne & qu'il espère que ledit Duc, ses parens, amis et aliés luy fairont au temps advenir, & mesmement touchant la quonqueste de ses Royaume de Naples & Duchié de Millan, & aussi pour les grands biens & vertus que ledit Sieur cognoit estre en la personne dudit Duc, & singulièrement desire le retirer & faire venir en ce royaume & en iceluy le hériter, ce qu'il a faict, desdits duchié de Valentinois, comté de Diois & autres terres & seigneuries, & avecques ce ont lesdits sieur & dame affecté le marier à quelque bon & vertueux personnage en ce Roiaume ; pourquoy confidérans les louables & recommandables biens & vertus quy font en la personne de Mademoiselle Charlotte d'Albret, fille naturelle & légitime de haut & puissant prince, Monseigneur d'Albret, leur prochaine parente, & que meilleur personnage ne de plus grand miiion ne le pourroint allier par deçà, ont envoyé par devers très hauts et très excellents Princes les Roy & Roine de Navarre, duquel Roy ladite damoiselle est sœur germaine, & par devers ledit sieur d'Albret pour leur remonstrer & prier quils voulussent entendre & consentir audit mariage, & que en ce faisant ils réputeront très grand plaisir & service par eux leur avoir esté faicts, lesquels Roy & Royne de Navarre, & sieur d'Albret à [ceste fin] ont envoyé aucuns de leurs serviteurs par devers lesdits sieur & dame pour plus amplement sçavoir de leur vouloir & intention, & pour en ce leur obéyr & complaire, avecques lesquels aucuns grands personnages des plus spéciaux fervireurs desdits sieur & dame, & par eux quand à ce députés, ont conféré de ladite matière & finalement en iceluy traité tellement a esté besongné, que après que les serviteurs desdits Roy & Royne de Navarre & sieur d'Albret ont sceu & congneu la grand affedion & vouloir que lesdits sieur & dame avoient & ont en ladite matière & pour leur obéir & complaire, & aussy pour les grands biens & vertus qu'ils ont congneu estre en la personne de mon dit sieur le Duc, ont ce jourdhuy en leur présence accordé ledit mariage en la forme & manière qu'il est plus à plain contenu en certains articles illecques leus de mot à mot, desquels la terreur fenfuit :

Au traifté de mariage, quy se fera fy à Dieu plaist, de haut & puissant prince Domp Cesar de Borsa, duc de Valentinois & comte de Diois, & de damoiselle Charlotte d'Albret, fille ce haut & puissant prince Messire Alain Sieur d'Albret, ont esté traiété, conclud & accordez les points, convenants & articles que sensuivent :

Premièrement, que mondit sieur le Duc espoufera le plustot que bonnement faire se pourra ladite damoiselle. Item que en faveur & contemplation dudit mariage mondit lieur d'Albret a donné & constitué en dot & mariage à ladite damoiselle, sa fille naturelle & legitime, la somme de trente mille livres tournois, en ce comprins les part & portion & légat que ladite damoiselle pourroit avoir& demander de & sur les biens de feue Madame Françoise de Bretaigne, sa mere, laquelle somme sera la vray dot & pacrimoine dicelle damoiselle, & la leur paiera aux termes & en la manière que senfuit, c'est à sçavoir dedans huict mois après la célébration dudit mariage six mille livres, & le surplus de ladite somme mille cinq cens livres par an jusques à fin de payement de ladite somme, & moyennant icelle somme ladite damoiselle a renoncé & renonce à tous droits & successions qu'elle pourroit cy après ou de present quereler ou demander es biens & successions de mondit sieur d'Albret & de ladite feue dame sa mere. Item feront leldics [futurs espoux] par moitié en mubles & acquets dès le jour de leurs nopces, & au cas que mondit sieur le Duc voyse de vie à trespas avant ladite damoiselle, icelle damoiselle aura pour son donaire, sa vie durant, quatre mile livres de rente de prochain en prochain, où bon luy semblera & laquelle des maisons de mondit sieur le Duc qu'elle voudra choisir & eslire.

Item fy mondit sieur le Duc va de vie à trespas avant ladite damoiselle & délaisse enfans de leur dit mariage qui soient minurs & en bas aage, icelle damoiselle aura l'administration de leur corps & biens & faira les fruits de leurs biens & héritages jusques à ce que lesdits enfans soient en aage competant, & en les alimentant & nourrissant selon leur estat, & ce oultre & par dessus les donaire, mubles & conquets dessusdits.

 Item est traifté & accordé que le premier fils quy sortira de ce mariage habille à succéder en faveur d'ainesse & pour l'entretenement des principautés & leigneuries dudit Duc, fera & demeurera seigneur & héritier universel de tous les biens, seigneuries & chevances dudit Duc, réservé aux autre's fils & filles, fy aucuns en y a, leur légitime part & portion, telle que de droit ou par les coustumes du pays où lesdits biens feront assis leur devra appartenir & compéter.

Item & au cas qu'il n'y ayt que filles, est traifté & accordé que la première fille, fy elle est habille à succéder, fera feule dame & héritiere de tous les biens dudit Duc, reservé aux autres leur légitime pour leur part & portion telle que de droit ou par les coustumes des pays leur devra appartenir, comme dessus est dit, & en outre a esté traifté & accordé entre lesdites parties que ladite damoiselle pourra tester ou disposer à son bon plaisir de tes biens, foit du dot à elle constitué par ledit sieur d'Albret son père, ou de ses bagues & joyaux & autres ses biens meubles & immeubles.

Item & en faveur & contemplation dudit mariage, le Roy a accordé audit sieur Duc que s'il veust avoir & prendre récompense & eschangede six mille livres qu'il luy a données furie tirage du Rosne, il les luy baillera en terres & seigneuries en la duchié de Guiene ou autre part, à la volonté de mondit sieur le Duc; & ce faist, ont lesdits Monsieur le Duc Dom Cesar de Borsa d'une part, ma dite damoiselle Charlotte d'Albret dautre, & haut & puissant sieur Messire Gabriel d'Albret, chevalier, sieur d'Avesnes, fils de mondit sieur d'Albret, Messire Regnault de Saina Chamans, aussi chevalier, sieur de Liffat, & maistre Jean de Calvimont, licencié en loix, sieur de Tursac, au nom & comme procureurs suffisamment fondés de lettres de procuration pour mondit sieur d'Albret,. ainsy quilz ont faict apparoir par lettres de procuration expresses au cas, inférées vers la fin de ces presentes, d'une autre part pour ce personnellement establis par devant lesdits jurez tabellons, cogneu & confessé les choses dessus dites estrevrayes, et quils ont said & font entre eux les traités, accords & convenances que dessus, félon, par la forme & manière cy dessus declarée, tout sy comme les parties disoient & promettoient icelles par la foy & ferment de leurs corps esdits noms l'une partie à l'autre chascune partie endroit foy, qu'ils ne viendront doresnavent ne laisseront à venir par autres contre les traisté, accords, dons, promesses, consentement & choses dessusdites, ne contre aucune dicelles, ainçoys les tiendront, garderont, entretiendront, accompliront & auront fermes & estables & agréables à tous jours, mais chascune partie en droit foy, tout ainsy & par la forme & manière que cy dessus font dites & divisées, sans aucunement les rappeller ne venir encontre, & sy par aucune manière il advenoit que lesdites parties & leurs hoirs eussent ou soubstinsent aucuns dommages ou intérêts, ou faisant cousis, frays, mises ou despance, l'une partie par le faist & coulpe de l'autre en deffaut ou par deffaut d'accomplir les choses susdites & chacune dicelles., ainsy & par la forme & manière que cy dessus font dites & divisées, la partie, par quelque coulpe & deffaut lesdits dommages feroient sours & advenus, les a promis & promets par sa foy en la main desdits jurés, esdits noms, payer & rendre entièrement à la partie endomagee, à son simple ferment ou du porteur de tes lettres, sans aucune preuve faire, & quand à toutes les choses dessusditcs & chascune d'icelles faire, parfaire, tenir, garder, entretenir & accomplir de point en point fermement & loyaument, sy comme dessus font dites & divisées, & de n'en venir & faire encontre, lesdites parties, eldits noms, chascune partie en droit foy, pourtant que à un chascun d'eux touche & peut toucher, ont obligé & encore obligent l'une partie à l'autre & leurs hoirs & ayant cause d'eux, & sousmirent à la juridiction de notre Cour de Blois & à toutes autres, eux & leurs hoirs & tous biens meubles & immeubles présens & advenir, renonçant par leur dite foy, quand à ce, à tous privilèges, graces & benefices donnés & à donner, impétrés ou à impétrer, à exception de tricherie, fraude, barat, malice, lésion & circonvention, à tout droit escript & non escript à tous [us ], coustumes & establissemens de pays & lieux contraires à ce saia, à exception de déception, de juste prix, & toutes autres déceptions & exceptions quelconques.

 S'enfuit la teneur desdites lettres de procuration. Alain Sire d'Albret, comte de Dreux, de Gaure, de Penthievre, de Perigort, viscomte de Tartas & de Limoges, sieur d'Avesnes, à tous ceux qui ces presentes lettres verront, sçavoir faisons que pour l'entière confiance que avons des personnes de nostre très cher & amé fils Gabriel d'Albret & de Menire Regnauld de Saina Chamans, chevalier, seigneur de Liflac & de Pazols, seneschal des Lannes (2), & demaistre Jean de Calvimont (3), licencié en loix, sieur de Tursac, nostre conseiller, iceux faisons, créons, constituons & ordonnons par ces mesmes présentes noz exprès & spéciaux procureurs & messagers pour traifrer & accorder & conclure le mariage proparlé par le Roy, entre le duc de Valentinois & nostre fille Charlotte d'Albret, & le traiclé diceluy, ensemble toutes autres choses touchans & concernans ledit mariage ausquels nous dits procureurs donnons pouvoir, puissance d'y faire, procurer, traifter & conclure tout ainsy & par la forme & manière que nous fairons & faire pourrons, sy présens & en personne y estions, jaçoit qu'il y eust aucun cas ou chose requérant plus exprès ou mandement spécial; & promettons tenir & avoir agréable, ferme & stable tout ce que par eux y aura esté sailt, négocié & besongné & accordé, & autres choses qu'ils verront, & leur semblera estre nécessaire & convenable pour la fureté dudit mariage, & que nous n'y fairons aucune chose à ce contraire, & ce soubz lobbligation de nos biens ; & pour fureté de cesdites présentes nous les avons signées de nostre main & faict sceller du scel de nos armes à Chastelgeloux, le vingt & troisiesme jour de mars lan mil quatre cens quatre vingt dix & neuf.

Et ainsy signé : Alain & au dessoubz Roguet, & scellé des armes dudit sieur d'Albret de cire rouge sur simple queue.

Ce fut faict & passé au chastel de Blois es présences de très reverend père en Dieu, monseigneur Georges, cardinal d'Amboise, mondit sieur le chancelier, monsieur l'archevesque de Sens, meilleurs de Nemours & d'Orval, les evesques de Bayeulx & de Selle, de Melse & de Viviers, le sieur de Tournon, & le vice chancelier de Bretaigne; en tesmoing de laquelle chose, nous bailly de Blois dessusdit, à la relation desdits jurés, avons faist sceller ces présentes lettres du scel aux contrats dudit bailliage le dixiesme jour de may l'an de grace mil quatre cens quatre vingts dix neuf; ainsy figné Perrault & Régent.

 

 

 

Inventaire de la duchesse de Valentinois, Charlotte d'Albret... / Edmond Bonnaffé

Les Borgia : les crimes célèbres. Tome 2 / par Alexandre Dumas

 

 

Forteresse Royale de Chinon, César Borgia vient remettre à Louis XII le jugement qui annule son mariage avec Jeanne de France  <==

 


 

(1)   Biblioth. nat. Doat, vol. 227, fol. 187.

 

(2). Regnault ou Arnauld de Saint-Chamans fut chambellan du roi, son premier maître d'hôtel et sénéchal des Landes.

(3). Jean de Calvimont, seigneur de l'Herm, de Tursac et de la maison noble de Calvimont, à Plazac, licencié ès lois, conseiller en la Cour du parlement à Bordeaux, rendit hommage, le 7 janvier 1499, à Alain d'Albret, comte de Périgord, etc., pour sa seigneurie de l'Herm (M).