Puy du Fou Clovis et l'énigme des sarcophages tombée du ciel à Civaux Lemovices et Pictons, le christianisme en Poitou

 

Le Puy du Fou a remporté le premier prix international du Meilleur spectacle de l’année lors du Park World excellence awards 2019 pour sa création originale Le Premier royaume.

Au V e siècle, une pluie de sarcophages est tombée du ciel à Civaux pour permettre aux combattants tués lors des combats entre Clovis et Alaric d'avoir une sépulture décente...Telle est la légende.

Une immersion dans un voyage dans le temps à travers 14 univers légendaires mettant en scène le destin de Clovis, roi des Francs.

Civaux, en Poitou, est célèbre par sa nécropole de tombes de pierre qui couvre plusieurs hectares et dont la présence, dans un bourg modeste, isolé, sans histoire, et sans ruines de monuments en rapport avec son importance, est restée inexpliquée iusqu'ici.

Clovis et l'énigme des sarcophages tombée du ciel à Civaux Lemovices et Pictons, le christianisme en Poitou (3)

Voilà l'énigme de Civaux.

Antique sanctuaire gaulois, Civaux a dû à sa position géographique, d'être, dans la Gaule indépendante, un lieu de rendez-vous politique des cités avoisinantes et le marché important d'une région riche et peuplée. Il était aussi le grand relai de la Vienne, alors navigable, la voie naturelle de pénétration des Lemovices en Poitou.

Mais alors qu'il était précieux pour Poitiers, comme port fluvial, lui permettant d'atteindre Nantes par la Loire, il devint pour lui un péril, lorsque la métropole fut devenue l'alliée et l'amie de Rome. Celle-ci continua à l'utiliser et contribua à son essor par l'établissement d'un réseau routier qui concentrait vers elle tout le trafic de la région ; mais en même temps, elle se protégeait contre ce foyer éventuel de rébellion par un réseau défensif embrassant tout le massif qui la séparait de Civaux.

Ce péril, menaçant du côté du sud-est, de la part des Lemovices et du plateau central des Gaules, se précisait pour elle par des événements d'une haute gravité : autour de Civaux s'étaient, en effet, déroulées les opérations militaires de Caninius et de Fabius, les lieutenants de César, dont les légions avaient sauvé Poitiers menacé par Dumnacus et son armée de rebelles.

La métropole, ville ouverte, opulente, imprégnée de l'esprit latin, avant-poste de l'influence de Rome dans l'Ouest, était l'objet de toutes les sollicitudes de celle-ci. De là, une série de mesures formidables pour assurer sa sécurité.

La ligne de défense du massif de Civaux était prolongée, pour couvrir la Vienne, par une suite d'ouvrages allant jusqu'à Charroux, à l'extrémité sud-est des Pictons, un point critique qui formait la jonction des Lemovices de l'intérieur et de l'Armorique, de même race hostile. D'autre part, pour remédier à la faiblesse résultant du développement considérable de cette ligne, Poitiers était muni d'une ceinture de camps rapprochés, répartis uniformément à son suburbium, en arc de cercle tourné vers le sud-est.

La création de la Marche limousine, un cercle militaire la séparant du voisinage hostile des Lemovices, achevait d'assurer sa protection.

Nécropole Mérovingienne de Civaux Plan des Sanctuaires gallo-romains et médiévaux

(Nécropole Mérovingienne de Civaux Plan des Sanctuaires gallo-romains et médiévaux)

A cette époque, Civaux comprend deux grands quartiers, ou plutôt deux villes bien distinctes, desservies par deux routes parallèles aboutissant à la Vienne, et distantes l'une de l'autre de 700 mètres environ.

La première, la plus ancienne, est l'antique ville celtique, au sud ; la seconde, au nord, la ville moderne, ville romaine avec ses monuments classiques, théâtre, temple, balnéaire, nécropole, ses maisons de pierre et de briques, ses boutiques. La grande esplanade allant jusqu'au port qui les sépare est leur forum commun, le champ de foire terminé par le quai fluvial.

Avec ses deux agglomérations populeuses, formées chacune d'éléments variés qui se complètent, Civaux vit alors d'une vie intense. Il est un emporium, grâce à son marché vers lequel un réseau de voies serré draine tous les produits, les besoins et les activités de la région, grâce à son port qui est aussi le port de Poitiers. Il est un centre de circulation fiévreuse et d'intérêts bouillonnants, par son prestige religieux et l'importance politique et historique qu'il doit, de temps immémorial, à ses conditions topographiques.

L'élément le plus nombreux de la population indigène de la ville gauloise, et aussi le plus puissant par la nature de ses services indispensables, et par sa cohésion, est la corporation des bateliers de la Vienne, constituée, suivant l'usage du temps, en collège professionnel.

Vers la fin du IIe siècle, il se rallie au christianisme, débarqué à son port avec les idées de l'Orient. Le but funéraire, sous lequel il peut s'abriter légalement, lui permet de se livrer au libre exercice de son culte, lui donne le droit d'avoir son cimetière propre, d'ensevelir ses défunts suivant son rite cultuel. Ce statut légal intangible le met à l'abri des persécutions ; cette immunité lui est, en outre, moralement et effectivement garantie pour deux autres motifs. Le premier est d'ordre tout local ; collège rural, il n'est pas inquiété, se trouvant en dehors de la vie officielle des grands centres romanisés; de plus il bénéficie de la bienveillance intéressée des autorités pour un organisme devenu indispensable aux services publics.

Dans les grands centres, à Lyon notamment, il n'en est pas ainsi, à la même époque. Les communautés chrétiennes, formées de sectateurs isolés et dépourvues de toute garantie légale, sont sans défense devant les autorités qui les accablent à l'envi de toutes les rigueurs et de toutes les violences. Dans ces centres, du reste, il est douteux que le christianisme ait puni se développer, ni même germer au sein des collèges professionnels, reliés par intérêt ou par ambiance à l'élément officiel romain, et recherchant en lui des protecteurs ou des patrons.

Au IVe siècle, à la suite des mesures de Constantin en faveur du culte chrétien, la ville celtique prend possession de la ville romaine, dont elle s'était peut-être déjà rapprochée à la fin du siècle précédent devant le péril commun de la révolution sociale et des invasions des barbares. Les monuments païens sont renversés ; une nouvelle nécropole chrétienne s'élève et se meuble de tombes à côté de la nécropole païenne par ustion, abandonnée ou détruite. Un sanctuaire chrétien remplace le temple. Civaux n'est plus qu'une seule ville chrétienne.

 

Il avait été éprouvé par le bouleversement social de la seconde moitié du IIIe siècle, et l'invasion des barbares de 275, mais il s'était vite remis et connut au IVe siècle une ère de prospérité peut-être supérieure à celle du IIe siècle ; il fut alors à nouveau l'emporium du Haut Poitou.

 

 La « grande invasion » de 407, qui toucha surtout les campagnes, amena sinon sa ruine, au moins sa déchéance. L'incendie terrible, dont tous ses monuments portent les traces dans leurs décombres, est-il de cette époque, ainsi que la destruction de sa batellerie qui faisait vivre son port? En tout cas l'arrivée des Francs trouvait Civaux en décadence ainsi que les autres ports de la Vienne; sa nécropole se déplace encore une fois à l'époque mérovingienne, mais elle n'a plus l'importance de ses aînées. Les tombes se pressent maintenant autour de l'église, et plus que jamais elles servent à des inhumations successives, car on n'en fabrique plus à Civaux où l'industrie funéraire est perdue.

En tout cas, et quelle que soit la situation de Civaux au VIe siècle, l'invasion des Normands règle définitivement son sort et le réduit à ce qu'il est aujourd'hui, un simple bourg au milieu d'une vaste nécropole mystérieuse, seul témoin de son ancienne splendeur.

L'énigme de Civaux. La nécropole. Les solutions proposées jusqu'à ce jour ; leur faiblesse.

Civaux, chef-lieu de commune du canton de Lussa les-Châteaux (arrondissement de Montmorillon). Il est situé sur la rive gauche de la Vienne, à 700 mètres environ de la rivière, sur la première hauteur à pente douce de la colline. De Lussac, deux routes parallèles à la Vienne y donnent accès : la première longe à quelque distance la rive gauche, en passant au-dessous et à gauche du village de Loubressac ; elle se trouve exposée aux inondations assez fréquentes. Sur la rive droite escarpée, la seconde, chemin de grande communication n° 33, suit les contours de la rivière qu'elle surplombe sur presque tout son parcours.

A cinq kilomètres et demi du pont de Lussac, le touriste qui a pris cette dernière route plus praticable, trouve à sa droite, sur une hauteur la dominant et la bordant, un château du XVIIe siècle, accolé à la Tour aux Cognons, une vieille tour carrée, pittoresque, aux murs crevassés et garnis de lierre. En face de cette tour, un pont sur la Vienne, de construction récente, le conduit directement à l'église de Civaux.

A cent mètres de celle-ci, sur la droite, se trouve la fameuse nécropole qui a exercé la sagacité de tous les archéologues et a valu à Civaux une réputation mondiale.

Elle est justifiée et le touriste n'est pas déçu, après les descriptions qu'il a pu en lire. La première vue d'ensemble du cimetière, servant encore à la population du bourg, produit une impression inoubliable.

Qu'on se figure une enceinte à peu près rectangulaire de 85 sur 90 mètres, clôturée de couvercles monolithes plats de tombes, grossièrement taillés, fichés en terre et dressés l'un contre l'autre, comme une file ininterrompue de menhirs. L'aspect de l'intérieur ajoute à l'effet de ce spectacle macabre. Le sol est semé de cercueils de pierre de toutes les dimensions, ou à niveau du sol, ou émergeant de terre, dans un désordre chaotique, la plupart démunis de leurs couvercles, jonchant pêle-mêle le terrain ; mêlés à eux, gisent de-ci de-là des débris gallo-romains de toutes sortes, cippes, fragments de colonnes, de frises, d'entablements. Par intervalles, les déblais récents, nécessités par l'inhumation d'un habitant de la localité, laissent apercevoir quelques tombes de pierre qu'un cercueil va remplacer.

Sur le côté gauche de l'entrée s'élèvent les ruines d'une chapelle du XIIe siècle, qui se trouvait autrefois au centre de l'ancien cimetière, maintenant réduit.

Les tombes, grossièrement taillées et d'une épaisseur uniforme de huit à dix centimètres, présentent la forme d'un trapèze pour le rétrécissement aux pieds du défunt.

Les couvercles de même forme sont plats ; dans leur très grande majorité, ils sont ornés d'une bande étroite longitudinale reliant trois larges traverses, une au milieu, les deux autres à chaque extrémité, formant ainsi de chaque côté deux panneaux. Ce décor singulier de faible relief ne se rencontre point sur tous les couvercles ; un tiers environ est absolument uni, d'après les premières observations dues au P. Routh. Quelques autres, très rares, ou sont de formes différentes, ou portent quelques signes et inscriptions. Deux d'entre eux ont été encastrés comme ornements dans les piliers de la récente porte d'entrée du cimetière, et la bizarrerie étrange de leur ornementation ajoute à l'impression de mystère que dégage ce champ des morts.

En quittant son enceinte, le visiteur parcourra les quelques rues du bourg. Son œil, familiarisé avec le type des pierres sépulchrales qu'il vient de voir, en notera partout. Elles ornent le sol de toutes parts, au dehors comme au dedans de l'agglomération ; leurs débris jonchent les côtés du chemin, les bords de la haie; ils ont servi à paver des cours, à recouvrir des caniveaux, à édifier des maisons, des granges, des étables, à clôturer des jardins, à limiter les routes avoisinantes. De temps à autre, ce n'est plus à des fragments que s'accroche l'œil, mais à des tombes entières, placées sur le sol, à l'angle des maisons, dans des cours, dans des jardins, servant de réservoirs ou d'abreuvoirs pour les animaux sous le nom de timbres.

Et encore n'est-ce là qu'un reste. Nombre de sarcophages n'ont pas été utilisés seulement de la sorte sur place. Depuis longtemps, bien avant la tentative de classement du cimetière comme monument historique, en 1919, sur l'initiative de M. Emile Ginot, le distingué président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, ils avaient fait malheureusement l'objet ininterrompu de la spéculation. En 1835, notamment, on mettait à cet effet de côté les plus beaux 1 ; quelques années plus tard, dans une période de calamité publique, les autorités locales toléraient leur exploitation aux habitants sans ressources. Il y a encore une vingtaine d'années, on les vendait dans un vaste périmètre (nous en avons retrouvé jusqu'à Sillars et Grosbot, à dix et douze kilomètres de Civaux), au prix uniforme de cinq francs pour servir d'auges, et l'on évalue à 7.000 le nombre de ceux qui ont quitté Civaux depuis les fouilles du P. Routh en 1738.

La surprise grandit en apprenant que le cimetière actuel, tel qu'il s'offre à la vue du visiteur, n'est qu'une très faible partie de l'ancien. D'après les constatations du P. Routh, il se prolongeait dans une pelouse beaucoup plus grande ; des tombes en pierre de même forme garnissaient aussi tout l'espace entourant l'église, un grand champ situé à 200 pas de Civaux, du côté de Lussac, une partie des terres placées entre le bourg et la Vienne. Cet auteur établissait que cette nécropole n'occupait pas moins de 7.000 toises, soit 2 hectares 20 ares, et renfermait environ 6332 sépultures (2) ; mais il basait ses calculs sur l'hypothèse, toute gratuite, qu'elle avait occupé sans lacunes toute cette surface.

Depuis, Siauve a constaté, il est vrai en 1803, l'existence de toute une série de tombes dans la plaine au-dessous de Monas, un petit village au sud de Civaux.

Clovis et l'énigme des sarcophages tombée du ciel à Civaux Lemovices et Pictons, le christianisme en Poitou (2)

Et encore faut-il y ajouter un autre centre d'inhumation inconnu que M. Duguet, propriétaire-cultivateur du pays, a découvert, postérieurement, du côté de Toulon et qu'il nous a signalé obligeamment.

Le nombre exact de tombes qui garnissaient la nécropole, alors qu'elle était intacte, ne permettrait pas, du reste, de juger de son importance. Une très grande partie d'entre elles a servi, en effet, à des inhumations successives. Le fait a été constaté fréquemment, non seulement à Civaux, mais dans tous les cimetières continus analogues. Celui tout voisin, d'Antigny, en a fourni de nombreux exemples (3).

 Des tombes de même type, notamment à Rouillé, près de Chef-Boutonne (4), à Marchelepot, dans la Somme (5), ont livré l'une cinq, l'autre onze crânes, ce qui indique que le même cercueil avait reçu successivement cinq et onze dépouilles mortelles. La simple constatation de cette pratique générale, sur laquelle nous reviendrons, permet d’attribuer au cimetière de Civaux une importance bien supérieure à celle que l'on pourrait déduire de l'évaluation la plus large du nombre des tombes.

L'anomalie de la présence d'une pareille nécropole dans un bourg isolé et sans histoire se précise comme une hantise dans l'esprit du visiteur. Il cherche instinctivement autour de lui les ruines de l'agglomération populeuse de la cité des vivants qui a pu fournir un aliment régulier à ce vaste champ des morts. A part quelques rares débris d'architecture gallo-romains gisant dans le cimetière, il ne voit qu'un village modeste, sans vie propre, démuni de tous les indices qui caractérisent un centre industriel ou commercial, même déchu. Autour de lui s'étend une plaine déserte, livrée à la culture, ne présentant que les toits de quelques habitations rurales clairsemées sur le coteau, sans aucune ruine de monument ancien, sans aucune substruction des édifices inséparables des agglomérations romaines, temple, théâtre et balnearium. Il cherche en vain une explication à l'existence d'une pareille nécropole, incompatible avec un tel néant. Voilà l'énigme de Civaux, que nous avons essayé de déchiffrer, avec de lentes et patientes recherches, facilitées par notre résidence dans le voisinage et le concours bienveillant des habitants du pays.

Avant l'histoire, la légende s'était emparée de ce mystère, où elle avait trouvé un aliment facile, en attribuant à ces tombes une origine miraculeuse. Aussi bien, l'imagination populaire était-elle servie, dans ce cas, par une véritable ambiance de traditions locales.

La campagne de Clovis dans ces parages et la lutte des civilisations franque et wisigothique qui avait assuré, par le triomphe de celle-ci, le triomphe de l'idée chrétienne, donnait lieu à un développement épique d'interventions surnaturelles : la traversée miraculeuse de la Vienne, grossie par les pluies et devenue infranchissable, grâce à une biche lui signalant un gué voisin, un peu en aval de Loubressac ; au-dessus du gué, sur la rive droite, l'empreinte du pied du cheval de Clovis sur un rocher d'où jaillissait, à ce choc, une fontaine, la Fontchrétien ; la nuée de flammes s'élevant des tours de l'église Saint-Hilaire à Poitiers, pour tracer au roi des Francs sa ligne d'attaque contre l'armée des Wisigoths. Enfin l'origine même du nom de Civaux n'était-elle pas attribuée à un mot de Clovis, se décidant à accepter en ce lieu le combat contre l'ennemi : « Ci-vaut tant là qu'ailleurs ! » ? De là à expliquer la présence de la nécropole en ce lieu, en la reliant à la bataille de Vouillé, il n'y avait qu'un pas.

Elle était due, disait-on, a une pluie de tombes, venue du ciel pour ensevelir les restes des soldats morts pour la foi. Zinzerling, un voyageur allemand, passant à Civaux vers la fin du XVIe siècle, y recueillait cette tradition qui s'est conservée dans le pays.

Le cimetière de Civaux n'avait pas le monopole de cette explication populaire. Partout où il s'est rencontré une agglomération importante de tombes d'origine mystérieuse, la légende les a attribuées à des guerriers tombés dans un combat : « C'est encore un soldat enterré après la bataille de Charnay », disait-on, chaque fois qu'une fouille mettait au jour une nouvelle sépulture dans le cimetière bourguignon de ce nom, exploré et décrit par Baudot (6). Il en est de même à Quarré-les- Tombes, qui offre un problème analogue à celui de Civaux. D'après une vieille tradition du pays conservée dans une légende populaire en patois basmorvandeau et fixée dans un épisode du poème de Gérard de Roussillon, « il s'y était donné une furieuse bataille entre chrétiens et Sarrazins ; le champ de bataille était demeuré aux chrétiens ; ils avaient enterré les Sarrazins dans de grandes fosses, et les leurs dans des tombeaux en pierre, de beaux et blancs sarqueux, envoyés par Dieu sur la prière de Mgr saint Georges, leur champion, pour les sépulturer doucement  (7). »

Quoi qu'il en soit, il fallait que, pour Civaux, cette opinion eût pris une consistance bien sérieuse, pour que le P. Routh, qui a, le premier, étudié la question (8), crût devoir la réfuter spécialement et par le menu ; non seulement il démontrait que la bataille de Vouillé ne s'était pas livrée à Civaux, mais il recherchait la position exacte du champ de bataille.

On verra plus loin que la légende, tout en méritant ce nom, n'en avait pas moins quelque fondement sérieux.

Plusieurs explications ont été proposées sur l'origine de la nécropole de Civaux. Celle du P. Routh a prévalu jusqu'à nos jours et elle est restée à peu près la seule admise par les archéologues. Il avait pour lui d'être un observateur consciencieux et de bonne foi, ayant le premier exploré la nécropole en 1738, avec un personnel relativement considérable, sous les auspices et la protection de Le Nain, gouverneur du Poitou.

Sa thèse était spécieuse et bien fondée, tout au moins en apparence. Pour que l'on pût trouver accumulé un tel nombre de tombes dans une localité aussi modeste que Civaux, un simple village de 600 âmes, ne présentant aucune trace de quelque ancienne importance, il suffisait d'admettre, avec toute vraisemblance, que depuis le commencement du IVe siècle jusqu'à la fin du XIIIe (9), c'est-à-dire pendant dix siècles entiers, le cimetière de Civaux avait été utilisé sans interruption, se peuplant ainsi de tombes de pierre qui s'y étaient accumulées lentement. En prenant le chiffre normal de 16 décès par an sur 600 personnes, le cimetière de Civaux aurait pu ainsi être peuplé de 16.000 tombes.

Et encore, fallait-il y ajouter d'autres particularités agissant dans le même sens. L'église de Civaux devait être, dans ses commencements très anciens, contemporains des premières tombes, le rendez-vous commun de la sépulture des villages environnants ; la proximité des carrières d'où se tiraient les cercueils, de l'autre côté de la Vienne, facilitait et encourageait ce mode d'inhumation à Civaux, et par son bas prix et par la facilité des transports; il suffisait enfin, dans le même ordre d'idées, de tenir compte de la liberté où l'on a été, pendant plusieurs siècles, de se faire inhumer dans telle terre sainte qu'on jugeait à propos, liberté qui dans les commencements de l'Eglise, favorisait la dévotion de se faire enterrer auprès des martyrs (10).

Quelques années plus tard, l'abbé Lebœuf, après une visite rapide à Civaux, émettait une opinion différente. Pour lui, la nécropole était, non pas un cimetière, mais un entrepôt commercial de cercueils de pierre, naturellement placé à côté d'un atelier local de tailleurs de pierre dont « le travail le plus considérable était de faire des sarcophages (11) ».

En 1804, Siauve reprenait plus sérieusement la question, après une étude sur place et des fouilles comparables à celles du P. Routh. Il adoptait les conclusions de ce dernier. D'après lui, et les autres commissaires de la Société d'Emulation de Poitiers délégués pour ces recherches, « les anciens cimetières de Civaux et de Chauvigny devaient être considérés comme des lieux de sépulture qui avaient été affectés à plusieurs paroisses du voisinage (12) ».

Clovis et l'énigme des sarcophages tombée du ciel à Civaux Lemovices et Pictons, le christianisme en Poitou (1)

Il ajoutait comme preuve à leur assertion un détail pittoresque. « Un usage qui s'est conservé à Saint-Pierre-des-Eglises, comme ailleurs, consiste à transporter, des endroits les plus éloignés au lieu de la sépulture, les cadavres, en les assujettissant à deux longues perches pour la commodité des porteurs. Ce n'est que lorsqu'on est arrivé au cimetière qu'on les dépose dans la bière. Cette coutume remonte probablement très loin. C'est ainsi sans doute qu'on en usait à Civaux, quand le cimetière de ce village était le champ de sépulture de plusieurs paroisses des environs. Mais alors, au lieu de bières en bois, on se servait de tombeaux de pierre, et l'on conçoit que dans un temps où les constructions en pierre de taille et même en pierre brute étaient très rares, le prix d'un cercueil de cette matière ne devait pas surpasser celui d'une bière en bois. »

Siauve complétait cette explication par une note curieuse : « Dans le temps où presque toutes les habitations étaient construites en bois, les tailleurs de pierre étaient plus rarement employés, et l'on pouvait, en conséquence, appliquer leur industrie à tailler des tombeaux à un prix très modéré, mais qui dut s'accroître quand les simples particuliers commencèrent à se construire des habitations en pierre. Or, il est constant que, vers le milieu du IXe siècle, il n'y avait guère que les châteaux-forts et un petit nombre d'églises qui fussent bâtis en pierre. »

Siauve se séparait seulement du P. Routh sur la provenance des tombes que ce dernier disait sortir de la carrière de la Tour aux Cognons ; il reconnaissait bien que l'identité du grain du calcaire autorisait cette attribution, mais les excavations, qu'il avait constatées dans cette carrière, n'étaient pas, à son avis, assez considérables pour qu'on put supposer avec quelque vraisemblance qu'elles avaient été le vaste magasin d'où sont sortis les sarcophages de Civaux (13).

En 1826, Dufour mentionnait incidemment Civaux dans une note, et se rangeait vaguement sans commentaires à l'opinion reçue: « La plaine de Civaux me paraît avoir été évidemment un cimetière public, dont l'établissement remonte à l'occupation romaine et peut-être antérieurement (14). »

Dix ans plus tard, de Gerville reprenait la question, en l'élargissant, dans une étude quelque peu diffuse, et semée de lacunes et de contradictions, basée surtout sur ses observations dans la Manche. La nécropole de Civaux ne l'occupait, du reste, qu'incidemment. Il y voyait un magasin très considérable de sarcophages, voisins de la carrière où ils avaient été taillés, mais à l'inverse de Quarré-les- Tombes, « réunissant à des cercueils vierges d'autres qui avaient été employés.

Le transport n'en augmentait pas le prix, ajoutait-il.

Le bon marché permettait à un grand nombre de les employer sur place. Je ne serai pas surpris non plus que cet emploi fréquent fût dû à quelque vénération locale pour les premiers missionnaires du Poitou ou pour quelques-uns de leurs compagnons dont les noms sont trop obscurs pour avoir passé les limites de leurs conquêtes évangéliques (15) ». Comme le P. Routh, il concluait que leur emploi avait duré plus de 1.200 ans ; quant à l'accumulation plus spéciale aux sarcophages mérovingiens », il l'expliquait « en supposant qu'un petit nombre a été ajouté chaque siècle, soit au commencement dans le voisinage des grandes communications, soit ensuite par la reconnaissance et la vénération des fidèles qui avaient conversé avec les missionnaires ; qui avaient été les témoins, peut-être les objets de leur bienfaisance, de leur zèle, peut-être de leurs miracles; qui l'avaient raconté à leurs enfants, qui leur avaient légué leur vénération. » Il faisait ensuite valoir la persistance de l'attachement populaire à un certain nombre de saints dans son département. Les pèlerinages n'ont pas encore cessé aux tombeaux de plusieurs de ces saints, ajoutait-il.

Tant qu'on a conservé la coutume des sarcophages, on est venu apporter le sien près du lieu où reposaient les restes d'hommes auxquels le pays a dû beaucoup sous le rapport religieux et civil (16). »

Cette même année, un archéologue poitevin, Lecointre Dupont, résumait l'état de la question en précisant sommairement les deux causes principales qui justifiaient la présence d'une telle nécropole « dans une localité qui paraît n'avoir jamais eu une grande importance : 1° Civaux n'est séparé que par la Vienne d'importantes carrières de pierre, et il est plus facile d'apporter les corps de loin que de transporter dans l'intérieur des terres ces lourdes caisses.

2° L'usage des sarcophages, général dans les premiers temps du christianisme, n'a cessé totalement qu'au XIVe siècle et Civaux a dû recevoir les bienfaits du christianisme dès sa pénétration en Poitou (17).

De Caumont reprenait un peu plus tard cette thèse avec l'autorité de son nom. Il reproduisait textuellement une partie des observations de Siauve dans une étude spéciale qu'il consacrait au cimetière de Civaux « affecté à plusieurs paroisses du voisinage (18).

La multiplication des cercueils de pierre dans les champs mortuaires, disait-il ensuite, date surtout du XIe siècle et des siècles suivants. Ce fut vraisemblablement aux XIe et XIIe siècles que l'usage des cercueils de pierre fut le plus général. Les cimetières ont dû être pendant plusieurs siècles le champ de sépulture de plusieurs paroisses, et c'est à ce monopole qu'il faut attribuer l'accumulation des tombeaux de pierre qu'on y a constatés (19). »

En 1848, l'abbé Auber qui avait eu l'occasion d'étudier la nécropole de Saint-Pierre-les-Eglises, voisine de Civaux et analogue à celle-ci, abondait lui aussi dans le même ordre d'idées ; d'après lui, le grand nombre de sarcophages de ces deux bourgs était dû au petit nombre d'églises et de monastères vers lesquels allait la dévotion des fidèles (20).

Les études postérieures de maîtres autorisés confirmaient plus tard le bien-fondé apparent de cette thèse.

« L'approche des Saints, dit M. Maurice Prou, n'était pas profitable seulement aux vivants. On cherchait à se ménager une sépulture auprès de leurs tombeaux.

C'était l'ambition de tout chrétien de reposer dans le voisinage d'un corps saint. Non seulement le fidèle espérait que quelque chose de la vénération qui s'attachait aux tombeaux rejaillirait sur son sépulcre et le préserverait de toute violation, mais encore il pensait éloigner le démon ; et au jour du jugement dernier, quand les corps ressusciteraient, celui qui aurait reposé auprès d'un saint s'avancerait dans sa suite jusqu'aux pieds du Très-Haut, et aurait ainsi un patron tout prêt à intercéder en sa faveur auprès du Juge suprême. Les lois impériales avaient interdit à plusieurs reprises d'ensevelir les corps dans les villes ; elles se heurtèrent impuissantes au désir universel des chrétiens de reposer à côté des martyrs. Les cimetières placés aux portes des villes et des bourgs persistèrent à l'époque mérovingienne, mais la plupart se groupèrent autour des tombeaux des saints et des églises.

« En vain les conciles s'élevèrent contre la coutume d'enterrer même à l'intérieur des basiliques. L'Eglise en appela aux consciences. Tous ces récits n'eurent pas raison d'une croyance fortement enracinée. Quiconque avait fait quelque acte de piété, donné aux églises et aux pauvres, cherchait à obtenir des prêtres un lieu de sépulture dans l'église. Ainsi le culte des saints dominait toute la vie et la mort elle-même (21). »

Déjà et bien auparavant, un historien avait apporté à la théorie du P. Routh l'appoint d'une découverte importante. Fontenelle de la Vaudoré avait montré, de façon irréfutable, que Civaux était, dans le haut moyen âge, le siège d'un chef-lieu de viguerie très considérable, s'étendant sur les rives de la Vienne jusqu'un peu en arrière de celle de Sillars.

Un choix pareil semblait indiquer que l'église de Civaux jouissait, au moins dès cette époque, d'une importance primordiale hors de proportion avec celle de la bourgade qui aurait été ainsi un centre ecclésiastique considérable, uniquement sous l'empire de considérations d'ordre religieux.

Une note de l'auteur précisait encore cette explication : « Les chefs-lieux de Viguerie sont remarquables par leur nombre d'anciennes sépultures (22). »

Puis, cette idée de rendez-vous des morts flattait les imaginations romantiques. De Longuemar en prenait texte pour faire une description imagée du cimetière de Civaux à l'époque mérovingienne. « Lorsque le campanile de la petite chapelle ruinée et béante aujourd'hui comme un large sépulcre, s'élevant au milieu de la plaine, annonçait l'approche de quelque convoi funèbre venu de loin, un lugubre et saisissant spectacle devait frapper les yeux des voyageurs qui traversaient ces solitudes. »

« Des porteurs pliant sous leur fardeau garrotté à de longues perches, s'avançaient à pas lents vers le lieu consacré, au milieu du cortège de parents et d'amis accompagnant les défunts à leur dernière demeure ; les échos des collines renvoyaient à l'oreille attristée le bruit des sanglots étouffés qui remplissait l'intervalle des psalmodies. A la lueur vacillante des flambeaux, aux rayons incertains de la lune, la foule pénétrait dans l'enceinte sacrée, dans la nécropole chrétienne, et bientôt prosternée dans un religieux silence au milieu de ce vaste ossuaire, elle écoutait avec frémissement ces dernières prières que la religion de paix murmure sur nos restes comme un adieu touchant.

« Au Requiescant in pace que prononçait le prêtre, les sanglots éclataient avec force une dernière fois et couvraient le bruit lugubre de la terre retombant sur le couvercle sonore des sépultures.

« Cette chapelle solitaire, image de la religion qui veille à tous nos pas et à notre départ de cette terre ; ces croix de pierre dressées sur des tombeaux et qui élèvent les pensées vers le ciel ; ces milliers de sépulcres à demi exhumés du sol, ou dressés autour des assistants comme les anneaux de la chaîne funèbre qui doit un jour tout réunir, tout concourait à former un tableau à la fois saisissant et rempli de grandeur. (23). »

Passons aux travaux les plus récents. Le P. de la Croix se ralliait à l'opinion du P. Routh, basée sur la longue durée de l'emploi des cercueils de pierre. Citonsle textuellement : « La nécropole de Civaux qui, d'après le P. Routh (et j'admets ici son observation), avait jadis une superficie de 7.000 toises (2 hectares 80 ares), ne contenait pas moins de 16.000 sépultures, dont un très grand nombre en pierre. Ce nombre ne paraîtra pas exagéré, si l'on songe que ce cimetière a servi depuis le 1er siècle jusqu'à nos jours (24). »

De Gerville, après le P. Routh, avait joint à cette cause la vénération rendue aux tombeaux des saints.

Notre érudit confrère, M. Cliarbonneau-Lassay, en trouvait dernièrement un exemple typique dans le cas des importantes nécropoles de Moutiers et de Mouterre- Silly, près Loudun. Pour lui, là aussi, l'abondance des ensevelissements avait eu pour origine la dévotion envers les tombeaux ou « lieux de déposition » des saints poitevins morts du VIe au VIIIe siècle ; elle n'était que la longue suite de « pèlerinages post-mortuaires ».

Dans ces deux localités, il n'y avait eu « d'autres agglomérations qu'une petite église et le moustier de deux ou trois pauvres moines » ; la réunion d'un nombre si anormal de « sépultures franques » ne pouvait donc y être due qu'à la présence des tombeaux de saint Ruffin et de saint Maximin, inhumés, l'un à Moutiers, l'autre à Silly, près de Mouterre (25).

N'en avait-il pas été de même à Civaux, dont l'église paroissiale était dédiée à saint Gervais et à saint Protais à la suite de leur exhumation, à Milan, en l'an 386, qui avait provoqué en Gaule une vogue rapide ?

L'affluence des vivants au sanctuaire n'avait-elle pas déterminé celle des morts désireux de reposer dans un lieu sacré ?

Il nous faut enfin mentionner, en revenant en arrière, l'étude de dom Chamard sur la question. Il rattachait l'existence de la nécropole de Civaux et de quelques autres analogues de la région « à l'état prospère du christianisme en Poitou dès la fin du IIe siècle » (26), mais il s'en tenait là et n'émettait aucun avis sur les causes de leur importance.

Voilà par le détail les explications qui ont été données jusqu'ici de la nécropole de Civaux. Nous les avons exposées chronologiquement pour montrer le processus de la question depuis bientôt deux siècles. A les résumer brièvement, elles se réduisent à admettre les causes suivantes ayant agi concurremment :

I. — La continuité de l'emploi des cercueils de pierre pendant une longue durée, huit à douze siècles, suivant les auteurs.

II. — L'utilisation du cimetière de Civaux par nombre de paroisses, soit environnante et privées de lieux de sépulture, soit éloignées. Pour les premières, on a invoqué la difficulté de transport des cercueils opposée à la facilité de transport des corps ; pour les autres, le mouvement de dévotion intense qui poussait les fidèles, à l'époque mérovingienne, à rechercher pour leur sépulture les abords immédiats d'une église et surtout d'un sanctuaire célèbre par la présence des restes d'un saint ou par son souvenir.

Examinons successivement les objections sérieuses que soulèvent ces hypothèses.

Dans un cimetière continu comme celui de Civaux, une longue persistance de l'emploi des tombes de pierre devait se présenter tout d'abord comme l'explication la plus simple et la plus rationnelle de l'importance de la nécropole. Aussi le P. Routh s'était-il arrêté surtout à cette idée. Elle était séduisante ; rien du reste n'empêche d'admettre que le cercueil de pierre a continué pendant longtemps à être en usage, et seule la loi supérieure de la persistance de la forme lui donne même a priori une grande vraisemblance. Mais il faut tenir compte du temps et des événements. Il est non moins certain qu'à partir d'une époque très reculée, cet usage est devenu très exceptionnel et a été réservé aux personnages de haut rang ; il a suffi pour cela de causes prohibitives indéniables, la raréfaction de la main-d'œuvre par suite des bouleversements sociaux et politiques profonds, de la difficulté des transports, conséquence de l'abandon des routes, de la hausse des prix.

Dans son étude, de Gerville reconnaissait le fait et M. Léon Coutil a conclu dans son travail d'ensemble sur les sépultures normandes que l'habitude d'inhumer directement dans le sol devint la règle vers le VIIe ou le VIIIe siècle (27).

En tout cas, quelle qu'ait été à Civaux la durée de l'emploi des cercueils de pierre, leurs éléments ne sont pas restés immuables ; ils ont évolué avec le temps, et ce qui nous reste des monuments de la nécropole est là pour le prouver. Les modifications ont été de deux sortes. Les unes, superficielles, ont porté uniquement sur le décor; des signes particuliers, des croix, des inscriptions apparaissent, généralement en surcharge sur des couvercles du type primitif. Les autres ont affecté la forme même des tombes. Or, elles accusent, les unes et les autres, des époques postérieures, successives, bien distinctes, nettement caractérisées.

Les premières ont été pour la plupart relevées, étudiées, et datées; il n'en a pas été de même des tombes différentes du type originel. Bien que leur nombre soit infime, pour les unes et les autres, on ne peut nier leur existence. Siauve avait déjà compté, en 1804, quinze ou seize tombes d'un type absolument différent du type normal connu (28). Plus tard, Thiollet en a signalé et décrit quelques-unes (29). Rien ne reste plus d'elles aujourd'hui ; elles ont sans doute trop tenté la spéculation.

L'une d'elles, plus modeste, et qui a dû sans doute à cela de ne point disparaître, est encore visible à droite de la chapelle du cimetière actuel, à proximité de débris architecturaux gallo-romains. De forme extérieure trapézoïdale, elle présente à l'intérieur à la tête un évidement ovale raccordé par une courbe avec le prolongement oblique vers les pieds ; cette forme est un acheminement vers la disposition plus caractérisée dans ce sens, que de Caumont date du XIIe siècle.

Des alentours de cette époque est aussi, suivant le même auteur, le cercueil où l'emboîtement de la tête est ménagé entre deux dés à l'extrémité du coffre. Quelques personnes du pays, dont M. Broussier, maire de Civaux, nous ont assuré avoir constaté assez fréquemment cette disposition dans des tombes fraîchement exhumées.

La plupart des nécropoles continues analogues, telles que Saint-Pierre-les-Eglises et Antigny, les plus voisines, ou d'autres régions, présentent des transformations successives dans le type de leurs tombes, et cela de façon régulière (30). Dans certaines d'entre elles même, la stratification archéologique permet de les dater sûrement (31). Rien n'autorise à affirmer que dans celle de Civaux, contrairement aux autres, les caractéristiques d'époques différentes puissent être confondues lorsqu'il s'agit de la forme des tombes, alors qu'elles ont été chronologiquement différenciées pour les décors.

Comme on l'a fait ailleurs, il est indispensable à Civaux, en tant que l'état actuel de la nécropole le permet, de sérier les tombes et de restituer chaque type à son époque correspondante.

Un graphique figuratif de cette statistique établi sur la base de ces deux éléments, donnerait une courbe des fluctuations des décès représentant exactement celle des fluctuations de l'importance numérique de la population de Civaux. Sans aller plus loin, on voit, d'après ce qui précède, qu'elle serait loin de la progression arithmétique régulière qui a servi de base au calcul du P. Routh. Hâtons-nous de dire qu'il est impossible de l'établir, devant l'incertitude où l'on est des variations d'un facteur important dont nous avons dit un mot.

Nous voulons parler de l'emploi postérieur des mêmes tombes pour des inhumations successives. On ne peut faire que des conjectures sur la durée et la diffusion de cette pratique, sur laquelle nous reviendrons, mais il faut reconnaître son importance capitale pour le point qui nous occupe. La constatation en a été faite bien des fois, dans toutes les nécropoles continues analogues.

Nous en avons cité quelques cas. Le P. Routh, le premier, l'avait signalée à Civaux ; il y avait trouvé certains cercueils renfermant deux et quelquefois trois squelettes et il avait lui-même recueilli dans une tombe quelques pièces de monnaie du XVIIe siècle, dont une datée de 1636 (32). Les observations de Siauve sont concordantes (33).

M. Duguet, de Civaux, dont nous mentionnerons d'autres remarques précieuses, a découvert, il y a quelques anées, trois crânes dans une tombe mise à jour par lui au-dessous de Monas. Une de celles qui ont été récemment exhumées dans les travaux de fondation du Monument des morts renfermait 12 crânes.

Pour cette question, les observations de Goudon de Lalande présentent un intérêt particulier, car elles ont été le résultat de fouilles méthodiques au cimetière d'Antigny, voisin de Civaux, et présentant le même type de tombes.

Sur 38 à 39 tombes explorées par lui, dont 23 seulement avaient leurs couvercles, la plupart, disait-il, ont servi à différentes reprises et cela pour trois raisons : 1° l'absence d'objets qui se trouvent ordinairement dans ces tombes ; 2° la présence dans ces tombes, même celles munies de leurs couvercles, d'objets d'âges différents (une monnaie romaine et une de Louis XIII dans la même tombe fermée, plusieurs monnaies du XVIIe siècle, etc.) ; 3° il avait enfin constaté entre plusieurs tombes couvertes et sans couvercles, de nombreux débris d'ossements entassés pêle-mêle dans des espaces trop étroits pour ensevelir même des enfants. Ces objets, ajoute-t-il, ne pouvaient donc provenir que des tombes entre lesquelles on les avait relégués, d'autant qu'elles renfermaient toutes des squelettes plus ou moins bien conservés (34).

La fréquence de la pratique d'utilisation successive des tombes est, du reste, confirmée par l'importance du nombre de celles que l'on trouve sans couvercles. Il faut tenir compte des violations par simple cupidité, de la position du couvercle qui lui a valu de subir le premier et le plus souvent les chocs des outils aratoires, de sa forme qui l'a rendu plus facilement utilisable comme matériaux de construction ; mais ces considérations applicables pour le cas d'un cimetière, ou abandonné, ou livré à la culture, ne sont plus admissibles pour ceux qui ont été respectés ou qui ont continué à servir. Dans ces derniers, suivant l'observation judicieuse de M. Charbonneau-Lassay, le couvercle, enlevé pour déposer dans la tombe un nouveau défunt, a été généralement cassé et remplacé par un couvercle en bois que le temps a détruit.

Quoi qu'il en soit, voilà un facteur que le P. Routh a signalé, il est vrai (35), mais négligé dans son évaluation du nombre des tombes, d'après celui des décès pendant une suite de dix siècles.

Le P. Routh et ses continuateurs invoquent en plus l'utilisation du cimetière de Civaux pendant une période plus ou moins longue par les paroisses environnantes.

Or, non seulement le nom d'aucune d'elles n'a jamais été mentionné, mais les constatations mêmes du P.

Routh prouvent précisément le contraire de son assertion. Autour de Civaux, les agglomérations les plus voisines sonten amont sur la Vienne, Lussac-les-Châteaux, Mazerolles et le hameau de Loubressac ; en aval, Cubord, Toulon, Morthemer, et du côté de Poitiers, Verrières.

Le P. Routh et après lui de la Nicollière (36) constataient que les deux premières localités avaient fourni des cercueils analogues à ceux de Civaux. Le P. Routh allait même plus loin ; il disait, ce qui est exact, que « les villages et les villes situés dans le voisinage de la Vienne, depuis Saint-Gervais, deux lieues au-dessous de Châtellerault jusqu'à Lussac, quatre lieues au-dessus de Chauvigny, à Saint-Gervais même, à Ingrande, à Cenon, à Bonimatour, à Vouneuil, à Archigny, à Chauvigny, à Civaux, à Queaux, à Lussac, tout est rempli de ces mêmes tombes (37).

A cette liste, il faut ajouter d'autres localités qui ont été étudiées depuis à ce point de vue, Antigny, Béruges, Saint-Pierre-de-Maillé, Savigné, Poitiers, etc., sans parler de celles qui sont restées inconnues jusqu'ici, Morthemer, Tiron, Torsac, Verrières.

Il ne resterait donc pour justifier le nombre des tombes de Civaux que le contingent de défunts fournis par le hameau de Cubord et le bourg de Toulon ! Et encore verrons-nous plus loin que ces deux localités, situées à l'extrémité nord de la plaine de Civaux faisaient alors partie de son agglomération qui s'étendait jusque-là.

Il y a plus : l'hypothèse d'une nécropole commune à plusieurs paroisses est démentie par le détail d'une coutume traditionnelle qui s'est conservée jusqu'à nos jours.

Il a d'autant plus de valeur en l'espèce qu'elle était reliée au mode de transport des défunts à leur dernier asile, dont Siauve a voulu faire un argument pour sa thèse. L'abbé Auber la rapporte dans son histoire de Saint-Pierre-les-Eglises, la nécropole contemporaine de Civaux qui en est la plus voisine.

« Il y a trente ans, les corps morts ensuairés faisaient le trajet de la maison mortuaire à l'église, pour la cérémonie funèbre, posés en travers sur deux perches que deux ou quatre hommes, se relevant de distance en distance, portaient appuyés sur leurs épaules. Ce mode de transport était sujet à des inconvénients dont la morale avait parfois à souffrir. M. Couhé, curé actuel, obtint non sans peine, et à force de persistance, l'adoption des bières en bois, et l'abolition d'une coutume qui ne se comprend plus, depuis que des cercueils en pierre, taillés sur le lieu même de l'inhumation, ne forcent plus d'y apporter ainsi les corps qu'ils devaient recevoir. Mais la plupart des populations rurales tiennent à leurs traditions sans se les expliquer, et par une sorte de routine d'autant plus difficile à effacer qu'elle se lie à un sentiment religieux. C'est ainsi qu'aujourd'hui encore, pour apporter ces mêmes corps à l'église, on se garde bien de suivre les étroits sentiers pratiqués à travers champs.

Là, comme dans la Vendée, cette marche détournée porterait malheur; c'est le grand chemin qu'il faut tenir, aussi bien que pour aller à un mariage ; autrement le mariage ne serait pas heureux, et l'âme du défunt serait en peine, ou bien quelqu'un de la compagnie mourrait dans l'année, sinon en chemin.

« Cette précaution se compliquait autrefois d'une autre non moins importante aux yeux des paroissiens.

On tenait beaucoup à ne pas faire traverser aux morts qu'on portait à l'église pour l'inhumation la moindre portion de terrain qui ne fut pas de la paroisse; on aurait craint de paraître abandonner au dernier moment la juridiction ecclésiastique. Ainsi les habitants de Beauvais, des Groges, de la Molle, du Charraud-Bonniot, suivaient afin de ne pas presser le sol de Saint-Martial ou de Saint-Pierre de Chauvigny, un chemin bas qui serpente entre celui dont les rochers servent de base aux quatre châteaux et les prés qu'arrose la fontaine Talbat. Ce chemin en avait pris le nom de Chemin des Morts, qu'il porte encore(38). »

Ce témoignage, que nous avons cité textuellement, vu son importance, montre que l'hypothèse d'une nécropole commune à plusieurs paroisses est démentie en principe par les usages de la région. Il fallait, au contraire, que le respect de la juridiction ecclésiastique remontât bien haut et fût bien enraciné, pour que la tradition s'en fût conservée aussi vivace dans le détail du mode de transport des défunts.

La dernière explication fait de ces nécropoles des témoignages de la vénération rendue aux restes des saints locaux. Il faudrait, pour l'admettre, que toutes les localités ayant comme Civaux, un champ des morts incompatible avec leur importance actuelle, aient eu chacune son tombeau de saint reconnu et vénéré par l'Eglise. Nous en avons cité quelques-unes, Saint-Pierre -les-Eglises, Cenon, Antigny, et il s'en faut que la liste soit complète. Or, aucune de celles-là n'a conservé le moindre monument renfermant le corps d'un saint; la tradition n'en a gardé aucune trace, et ce silence des pierres et des hommes est d'autant plus frappant, qu'à l'époque où cette piété était en vigueur, c'est-à-dire à l'époque mérovingienne, rien ne s'opposait aux témoignages de cette piété ; tout, au contraire, y concourait.

Cette thèse est donc purement hypothétique, et a été avancée sans fondement. A Moutiers et à Mouterre-Silly notamment, où l'on a pu mettre en avant le culte de saint Ruffin et de saint Maximin, l'explication ne s'appuie sur aucune base. Il en est de même à Civaux où l'on évoque la dévotion à saint Gervais et saint Protais, patrons de l'église paroissiale ; si leur vogue fut rapide, elle eut une très courte durée (39). Là en particulier, elle ne peut suffire par conséquent à expliquer comment un mouvement de piété spéciale aurait été capable de remplir une nécropole, dans une période de temps restreinte, et cela avec une population fixe très faible, même avec l'appoint de quelques hameaux voisins privés de cimetières.

Elle suppose enfin que la nécropole est toute franco-mérovingienne, c'est-à-dire du VIe siècle, et cela a priori, sans aucune preuve, et même contre toute vraisemblance, comme on le verra plus loin.

Il reste bien peu, comme on le voit, de cette théorie séduisante au premier abord, mais qui semble, à la réflexion, avoir été imaginée la dernière, en désespoir de cause.

Civaux a été le chef-lieu d'une viguerie considérable dans le haut moyen âge. S'il l'avait dû à son importance ecclésiastique, ce fait constituerait tout au moins une forte présomption en faveur de l'explication que l'on vient de voir. Mais il n'en est rien, et la valeur de cet argument disparait, si l'on tient compte des considérations qui ont présidé à l'établissement des vigueries.

La division du territoire en vigueries a été, en effet, d'ordre purement civil et non ecclésiastique. La viguerie était la circonscription dans laquelle s'exerçait la juridiction du viguier, fonctionnaire lieutenant du comte, installé dans le chef-lieu pour y rendre la justice, exercer le pouvoir administratif, et percevoir, au nom du comte, l'impôt payable en nature et appelé inferenda (40).

Le gouvernement ecclésiastique fut réglé sur le gouvernement civil, et non point inversement, et les divisions administratives gallo-romaines absolument indépendantes des considérations religieuses servirent de base à celles des Francs.

Civaux a donc eu à l'époque gallo-romaine une réelle importance politique qui a déterminé son choix comme chef-lieu de viguerie pendant la période mérovingienne, mais il ne l'a pas due à son église. Par suite, sa nécropole a correspondu à son importance politique et non point à son importance religieuse. Cette constatation réduit à néant l'hypothèse qui l'alimente uniquement de l'affluence des paroisses voisines ou de la piété des fidèles du dehors ; elle est aussi en contradiction formelle avec les théories qui veulent suppléer au manque d'importance de Civaux. Elle prouve, qu'avant la période franque, Civaux a eu une vitalité considérable inconnue jusqu'ici, dont aucune trace n'est restée et, de ce fait, elle complique singulièrement le problème de sa nécropole, avec cet élément nouveau dont on n'a jusqu'ici, que nous sachions, jamais fait état.

En résumé, la nécropole de Civaux ne peut s'expliquer ni par la persistance de l'emploi des cercueils de pierre pendant plusieurs siècles, ni par l'afflux des défunts du voisinage ou de l'extérieur, sous l'influence de considérations d'ordre matériel, comme la facilité d'inhumation ou d'ordre moral comme la dévotion envers des saints.

Le fait de l'importance politique de Civaux, avant l'époque mérovingienne, n'apporte, en l'état actuel de la question, qu'un nouvel élément troublant dans le problème. L'énigme de Civaux en devient même par là encore plus mystérieuse, si l'on continue à admettre que cette localité a toujours été ce qu'elle est aujourd'hui, une bourgade modeste, sans vie propre, isolée au milieu des champs.

Le problème se résout au contraire facilement, si des bases sûres et des preuves matérielles concordantes permettent d'établir que Civaux a été jadis autre chose qu'un simple village, comme l'avait pressenti Siauve, comme le sentent d'instinct tous ceux qui l'habitent ou le visitent. Ainsi qu'on va le voir (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559823b), il a été, pendant la période d'indépendance gauloise, un centre religieux, commercial et politique de premier ordre, qui est vite devenu l'objet des préoccupations des conquérants ; sa triple importance s'est considérablement accrue avec sa population pendant l'ère de prospérité de la Gaule romaine ; il a eu alors une vitalité intense et il a joué un rôle capital, non seulement dans la vie économique de sa région dont il a été l'emporium, mais dans la vie politique de la province.

L'immense nécropole, dont on ne voit que les faibles restes, a correspondu à son ancienne splendeur, et elle en a suivi toutes les vicissitudes, comme les nécropoles des villages environnants, ignorées en partie jusqu'ici, et dont l'histoire vient compléter la sienne.

 

 

  L'énigme de Civaux : Lemovices et Pictons, le christianisme en Poitou / Maximin Deloche

 

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Introduction du christianisme chez les pictons, période marquant la fin de l’Antiquité et le début du Moyen-âge<==


 

1. Foucart, Rapport sur un voyage archéologique clans les arrondissements de Montmorillon (Bull. Antiq. Ouest, 1835, p. 85).

2. P. Routh, Recherches sur la manière d'inhumer des anciens à l'occasion des tombeaux de Civaux en Poitou, Poitiers, 1738, p. 109. — D'après Mazet, elle occupait 5.861 m2 (Cochon, Description générale du département de la Vienne, Paris, an X, p. 38).

P. de la Croix, Cimetières et Sarcophages mérovingiens du Poitou (Bull. arch., 1886, n° 4, p. 278).

3. J. Goudon de Lalande, Note sur les fouilles faites dans l'ancien cimetière d'Antigny-sur-Gartempe (Bull. Antiq. Ouest, 1862, p. 362 et suiv.).

4. Beauchet-Filleau, Notice sur des Sépultures antiques et mérovingiennes, Poitiers, 1865, p. 11.

5. Boulanger, Le Cimetière franco-mérovingien de Marchelepot (Somme), Paris, 1909, p. 38.

6. Baudot, Mémoire sur les sépultures barbares de Bourgogne, Dijon, 1860, p. 96.

7. Abbé Guignot, Essai sur Quarré-les-Tombes, Tours, 1895, p. 59, 83 et sui v. L'analogie avec la légende de Civaux est complétée par le détail du creux produit dans le sol par les sabots du cheval de Mgr saint Georges.

8. En 1644, Jean Bouchet signalait l'existence de la nécropole.

9 P. Routh, op. cit., p 116.

10. P. Routh, op. cit., p. 109.

11. Acad. des Inscript. et Belles-Lettres, Mémoires, 1852, t. XXV, p. 129.

12. Siauve, Mémoires sur les Antiquités du Poitou, Paris et Poitiers, 1804, p. 87 et suiv.

13. Siauve, op. cit., p. 49.

14. Dufour, De l'ancien Poitou et de sa capitale, Poitiers, 1826, p. 187, n° 3.

15. De Gerville, Essai sur les sarcophages, leur origine et la durée de leur usage (Mém. Antiq. Ouest, t. II, 1836, p. 180 et 181).

16. De Gerville, op. cit., p. 217.

17. Lecoiutre-Dupont, Rapport sur un mémoire de M. Nouveau relatif à divers champs de sépulture (Bull. Antiq. Ouest, 1836, p. 194).

18. De Caumont, Cours d'antiquités monum. (Hist. de l'Art dans l'Ouest de la France, VIe part, Paris, 1811, p. 289 etsuiv.

19. Ibid., p. 314-315.

20. Abbé Auber, Recherches hist. sur l'ancienne seigneurie de la Roche-sur- Yon (Bull. Antiq. Ouest, 1848, p. 148).

21. Maurice Prou, La Gaule mérovingienne, Paris, 1897, p. 206 et 207.

22. De la Fontenelle de Vaudoré, Recherches sur les Vigueries et les origines de la féodalité en Poitou, Poitiers, 1839, p. 49.

23. Chroniques du Poitou, p. 182.

24. P. de la Croix, Cimetières et Sarcophages mérovingiens du Poilou (Bull. arch., 1886, n° 4, p. 278).

25. L. Charbonneau-Lassay, les Sépultures franques et le culte de saint Maximin de Trèves durant les temps mérovingiens à Mouterre-Silly près Loudun (Bull. Antiq. Ouest, 3e sér., t. II, 1910-1912, p. 657 et suiv).

26. D. Chamard, Origines de l'Eglise de Poitiers , Poitiers, 1873, p. 35 et 36.

27. L. Coutil, Arch. gauloise, gallo-romaine et franque, Paris, 1895 ; le Cimetière franc et carolingien de Criel (S.-I.), Sottevillelès-Rouen, 1907, p. 15.

28. Siauve, op. cit., p. 20.

29. Bull. monum., t. XXIII, 1857, p. 265 et 2G6.

30. Boulanger, op. cit., p. 36.

31. L. Magne, Note sur les fouilles de l'église d'Ermont (S.-et-O.) (Bull. arch., 1886, n° 4, p. 144).

32. P. Routh, op. cit., p. xxv, 137 et suiv.

33. Siauve, op. cit , p. 19, 53, 66.

34. Goudon de Lalande, op. cit., p. 362 et suiv.

35. P. Routh, op. cit., p. 133-139.

36. S. de la Nicollière, Une Paroisse poitevine. Essai hist. et arch. sur la paroisse de Mazerolles, Nantes, 1866, p. 28.

37. P. Routh, op. cit., p. 96.

38. Abbé Auber, Recherches hist. et arch. sur l'église et la paroisse de Saint-Pierre-les-Eglises, près Chauvigny-sur- Vienne. Paris, 1852, p. 144 et 145.

39. E. Ginot, Bull. Antiq. Ouest, t. V, 1919, p. 136 et suiv.

40. De Fontenelle de la Vaudoré, op. cit., p. 17 et suiv. ;Maximin Deloche, Etudes sur la Géographie hist. de la Gaule, Paris, 1861, p. 17, 61, 62, 284.