Voyagez au temps des Mammouths aux Tumulus de Bougon

Cet ensemble du Néolithique moyen du Centre-Ouest de la France (v. 4700-3500 AEC) appartient au mégalithisme le plus ancien dans le monde, celui de la France de l'Ouest : Poitou, Charentes , Bretagne, Normandie. Les caractéristiques des dolmens les rattachent au type angoumoisin, à chambre funéraire carrée, ou rectangulaire. Ce type de dolmen a été édifié tout au long du Néolithique moyen.

Les dolmens européens étaient tous recouverts, à l'origine. Lorsqu'on voit l'état actuel de ces dolmens, il ne faut pas oublier qu'après avoir été construits pour servir de nécropole réservée à quelques personnalités d'exception et à un nombre très réduit d'adultes et d'enfants, les couloirs d'accès étaient condamnés et le tout enseveli sous un remblai pour en faire un tertre hémisphérique ou quadrangulaire qui se couvrait de végétation.

Les beaux-arts ont suivi les destinées des peuples, et ils ont eu, comme toutes les choses de ce monde, et leurs jours de pompes, et leurs jours d'adversités. La terre des Deux-Sèvres prit part à toutes ces vicissitudes; aussi, parmi les monuments que nous possédons encore, les uns sont debout, et les autres s'en vont où d'autres sont allés, dans les ruines et l'oubli !

Tout près de La Mothe-Saint-Héray, dans la commune de Bougon, nous avons des tumulus aux pierres amoncelées, où furent ensevelis des colliers, des vases et des haches ; car aux habitants de la Gaule il fallait, dans la mort comme dans la vie, des aliments, des parures et des armes. Les dolmens, les tumulus élevés sur le sol des Deux-Sèvres furent longtemps ignorés; que leur a-t-il donc manqué? les landes de la Bretagne, le désert peut-être, ou les flots de la mer océanique?

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Après ces œuvres gigantesques et sans art, le génie de Rome plana sur nos contrées : point de temple ni d'arène pour ce pays sauvage; seulement des routes qui le traversent, des colonnes et des chiffres pour indiquer l'espace, et des stations pour reposer sa tête. Les voies romaines, construites pour l'éternité, ne sont point effacées ; on les retrouve encore dans les lieux où les soldats, partis du Capitole, s'arrêtèrent tant de fois. Bien souvent, fatigués d'une course trop longue, ils y déposèrent pour toujours leurs casques et leurs épées, maintenant on les retrouve aux rayons du soleil, exposées par le soc de la charrue et par les hommes, qui cheminent et moissonnent à toute heure.

Les barbares passent et repassent ; tout s'en va; mais enfin le système féodal s'organise. Quelques hommes, fatigués de voir le sol qui les a vus naître ravagé par les barbares du Midi, de l'Orient et du Nord, se groupent, se réunissent, et, pour se défendre contre les incursions des farouches Normands, ils élèvent des palissades, des tours et des donjons. C'en est fait maintenant, l'impulsion est donnée, la France va commencer, et bientôt les arts, à leur retour, embelliront ces vieilles forteresses où les comtes et les barons ont fixé leurs demeures. De ces vieux châteaux le souvenir doit nous être sacré. A l'ombre de leurs tours massives le courage revint au monde, les troubadours préludèrent a leurs chants; et la France héroïque, avec ses fiers paladins, ses croyances et sa foi, fut porter sa vaillance aux luttes du désert.

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Le donjon de Niort, qu'il ait été construit par Henri ou Richard d' Angleterre, appartient à ces temps où les forteresses sont imposantes, où les tours sont arrondies, où les châteaux se montrent avec orgueil, car ils ont dans leur marche rapide suivi les progrès de l'architecture religieuse. La forteresse qu'on voyait parmi nous avait une immense place d'armes, une église, des ponts-levis, et des tours où les soldats veillaient pour sa défense.

A la révolution, la place d'armes, inutile, encombrée, devint un jardin botanique, un riant parterre. Mais tout lasse, tout finit, tout s'efface; un jour, le jardin fut détruit, les arbres, réunis avec tant de soin, disparurent avec les ombrages, les frais gazons, les bassins délicieux.

Encore sur les bords de la Sèvre, mais plus haut, l'on trouve une autre forteresse dont l'histoire mystérieuse et voilée est presque sans passé, sans souvenir. Le château Salbard, si connu par les amis des vieux temps, est pour tous un long rêve où l'imagination volontaire et sans bornes peut errer en liberté de songe en songe; car ses voûtes qui s'écroulent, ses échos tant de fois éveillés par les oiseaux de la nuit, ses tourelles qui s'affaissent, n'ont rien appris du malheureux captif qui vint pour un moment y reposer ses douleurs et ses chaînes.

Les manifestations diverses du travail de l'homme s'y succèdent, depuis le grossier coup de poing chelléen de l'habitant des cavernes jusqu'à la hache en bronze du Gaulois d'avant la conquête. On peut suivre ainsi, pas à pas, les progrès de ces populations inconnues. Mais, tant que de nouvelles découvertes n'auront pas déchiré le voile qui la cache encore à nos yeux, la toute première aurore de cette civilisation nous sera fermée, car si les instruments qu'il a façonnés prouvent le passage de l'homme paléolithique dans nos campagnes, ce n'est qu'à la période suivante qu'apparaissent, dans les restes humains enfouis sous les tombelles robenhausiennes, les preuves irrécusables du séjour prolongé qu'y firent nos primitifs ancêtres.

Voyagez au temps des Mammouths aux Tumulus de Bougon (4)

A. AGE DE LA PIERRE. — C'est, en effet, par ses sépultures, que nous connaissons l'homme de la pierre polie. Elles sont nombreuses dans la contrée où, depuis longtemps, dolmens et tumulus ont attiré l'attention du monde savant. — Nous disons tumulus au pluriel, avec intention, au lieu de tumuli, forme grammaticale évidemment contraire au génie de notre langue. Nous ajoutons, qu'à nos yeux, dolmen et tumulus ne sont que le même monument aux étapes diverses de son édification : le dolmen est un tumulus imparfait, soit que, lors de son érection, la chambre sépulcrale n'ait pas été, pour un motif quelconque, recouverte de terre, soit que, tumulus complet, il ait été dépouillé, à une époque postérieure, du monticule de pierres qui le revêtait.

Une des plus remarquables découvertes, et la première en date, fut celle de la station préhistorique de Bougon, située près du village, sur un mamelon au bas duquel coulent les eaux d'une claire fontaine. Devenue, depuis peu d'années, la propriété du département, elle est confiée à la vigilance d'un gardien, ostiaire rigide mais cicerone insuffisant.

Dès l'année 1840, sur l'initiative de la Société de Statistique des Deux-Sèvres, des fouilles y furent pratiquées sous la direction du Dr Sauzé qui consigna, dans une notice substantielle, les résultats, importants pour l'époque, qui avaient couronné ses efforts. –

 

 

M. Goguet lit son rapport sur le tumulus de Bougon :

Messieurs,

Dans ses séances des 23 août 1872 et 22 août 1873, le Conseil général a voté l'acquisition du tumulus de Bougon et de ses dépendances, s'étendant sur une superficie de un hectare soixante ares environ, appartenant à six ou sept propriétaires.

Notre collègue, M. Sauzé, qui a, à un égal degré, la science et le culte des choses: de l'antiquité, avait été délégué par M. le préfet pour mettre à exécution les délibérations du Conseil général. Si notre collègue a eu les soucis de négociations nombreuses et délicates, il a aujourd'hui l'honneur d'avoir accompli la mission qu'il avait acceptée.

Une première acquisition, celle du tumulus classé comme monument historique et fouillé en 1840, a été faite aussitôt après votre première délibération, et le prix, s'élevant à environ 1,000 fr., a été payé sur les fonds de l'exercice 1874.

Sept autres parcelles de terrain, comprenant des tertres, tumulus et dolmen, ont été acquises récemment et leur prix total s'élève à environ 6,000 fr., auxquels viendront s'ajouter les frais d'actes.

Sur les terrains acquis, il existe des arbres nombreux, que M. Sauzé évalue à 2,000 fr. environ, qui viennent en atténuation du prix d'acquisition.

D'ici votre session du mois d'août, les notes des frais d'actes auront été réunies et vous aurez à porter cette dépense au budget primitif de 1879 ou au budget rectificatif de 1878.

M. le préfet demande au Conseil général s'il ne lui conviendrait pas d'adopter des mesures pour faire reprendre et terminer les fouilles commencées, en 1840, aux monuments préhistoriques de Bougon.

Votre deuxième Commission pense qu'il serait préférable de compléter les clôtures des terrains acquis pour les mettre à l'abri des empiétements et des dégradations. Notre collègue, M. Sauzé, estime qu'une somme de 500 fr. serait suffisante. Si vous adoptiez cette manière de voir, nous vous proposerions d'ouvrir un crédit de pareille somme qui serait prélevé sur la réserve du sous-chapitre XIII, art. 13.

Les conclusions du rapport sont mises aux voix et adoptées.

 

La Cella du Tumulus de Bougon

 

 Le tumulus le plus intéressant de cette antique nécropole recouvre un caveau funéraire, divisé en deux compartiments par deux pierres debout supportant le colossal monolithe qui forme le plafond de la crypte. Lorsque l'accès en fut permis, on y trouva les restes d'au moins deux cents cadavres, répartis en trois couches séparées par deux rangées de pierres plates. A travers ces funèbres reliques, avec des haches en silex et de nombreuses poteries, gisaient, sur les dalles, une sorte de marteau en serpentine verte et deux colliers, l'un en coquillages, l'autre en boules de terre cuite.

Parmi les ossements on recueillit un fragment de crâne qui présentait vers son sommet, dans le voisinage du bregma, une ouverture régulière, aux bords cicatrisés, curieux spécimen d'une des plus anciennes interventions chirurgicales, la trépanation sur le vivant.

Des diverses opinions émises au sujet de cette pratique opératoire, dont un certain nombre de crânes trouvés dans les sépultures de ce temps portent les traces indéniables, je ne veux retenir que l'explication, peu banale, qu'en donnait, devant la Société de Statistique, M. Babert de Juillé, rapporteur de la commission des monuments de Bougon. Notre honorable collègue considérait ces stigmates comme le signe d'une initiation religieuse. Les druides auraient hérité de ce symbole, et, — conclusion au moins audacieuse, — « c'est, peut-être, par imitation de cette marque distinctive que portaient les druides, que les premiers prêtres chrétiens ont adopté plus tard l'usage de la tonsure dont on ne voit pas trop autrement quel a pu être le principe. »

Mesurant les os longs qui jonchaient le sol du caveau funéraire, le Dr Sauzé estimait à cinq pieds deux pouces la taille moyenne des préhistoriques de Bougon. Comparées à la longueur des os provenant des sépultures robenhausiennes de la Vienne, ces dimensions ont établi, en faveur de notre région, une supériorité de taille que l'on rencontre encore aujourd'hui. « A part quelques différences d'ordre secondaire, résultant de croisements ou de régime, les populations de nos contrées, — conclut M. Lièvre dans ses leçons d'archéologie régionale, — sont donc restées ce qu'elles étaient à l'époque néolithique. »

 Près de ce tumulus, un second édifice abritait les os d'un vieillard, le squelette d'une femme âgée, celui d'un adolescent et les restes d'un tout petit enfant. La présence de trois crochets en saillie sculptés dans la paroi de la cella fit penser au .Dr Sauzé que les corps y avaient été maintenus assis « au moyen d'un lien passé autour du cou et de la poitrine. » Par contre, certains savants estiment que ces crochets étaient destinés à suspendre les objets offerts aux mânes des défunts.

Deux autres tertres furent également explorés dans le même champ des morts. De l'un, il ne reste plus qu'un dolmen sous lequel on trouva des ossements, des fragments de poterie et un anneau de verre; tout récemment, M. B. Souché a relevé la présence, sur l'un des supports, d'un crochet semblable aux précédents. L'autre tumulus était dans un tel désordre que M. Sauzé n'hésita pas à croire « que les morts avaient été mis là à différentes époques et que, pour les derniers, on n'avait pas toujours respecté ceux qui y étaient déjà. »

Depuis cette découverte mémorable, d'autres édifices, contemporains de cet âge, furent exhumés et inventoriés : à La Villedieu-de-Comblé par le Dr Sauzé, sur les territoires de Pamproux et de Salles par M. B. Souche.

La commune de Soudan possède un curieux monument connu sous le nom de Cimetière du Diable; il était formé de pierres brutes, fichées en terre, dont la plupart ont disparu.

La, Pierre-Levée, située aux Sept-Chemins, entre Exoudun et Bougon, est un dolmen complet formé d'une table rectangulaire reposant sur trois pierres debout.

Existe-t-il un rapport entre ce retrait mystérieux et le vieux dicton qui affirme, aux travailleurs des champs, qu'en cherchant bien : Entre Exoudun et Bougon Le Veau d'or ils trouveront.

Dans l'introduction à son livre, La Charente-Inférieure avant l'histoire et dans la Légende, M. Georges Musset fait cette remarque : « Nous avons été souvent frappé de la relation qui existe entre les monuments mégalithiques ou même les simples gisements de l'époque préhistorique, d'une part, et les récits légendaires de l'autre. Maintes fois la légende et l'existence du lieu préhistorique se tiennent, tellement que là où existe une station préhistorique, vous pourrez chercher la légende et vous arriverez à la retrouver, et que réciproquement l'existence d'une légende locale vous met forcément sur la trace d'un cantonnement ancien. »

La légende du Veau d'or est particulièrement une de celles que signale le savant archiviste de La Rochelle. Il y aurait ainsi une relation nécessaire entre le dolmen des Sept-Chemins et le vieil adage du pays Mothais dans lequel, pour ma part, j'étais disposé à reconnaître une variante de l'ingénieux apologue, qu'à son heure dernière enseigne à ses enfants le Laboureur de la fable, soucieux De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trésor.

Voyagez au temps des Mammouths aux Tumulus de Bougon (1)

(Journée du Patrimoine il y a 6000ans, Visite Guidée Du Tumulus De Péré à Prissé-la-charrière (Aquitaine Nouvelle))

Des origines au néolithique, le musée aborde l'évolution des hommes et 7 millions d'années en 6 salles.

La nouvelle exposition 2019 présentée au musée des tumulus de Bougon dans les Deux-Sèvres retrace la vie de ces animaux, disparus lors d'un réchauffement de la terre, en 10 000 avant Jésus Christ. On y apprend tout de la vie des mammouths et des humains qui peuplaient la planète à cette époque.

Jusqu'à 5 mètres au garrot, 12 tonnes pour les plus gros, le gabarit des mammouths nous laisse rêveurs encore aujourd'hui. Celui reconstitué par un taxidermiste de Paris et montré en ce moment à Bougon est de taille plus modeste.

Félix, c'est son surnom, est un mammouth laineux qui vivait en Sibérie et en Europe entre moins 600.000 et moins 10.000 avant Jésus Christ.

Non loin de là (100 kil), un fémur d'environ 2 mètres de long d'un sauropode et des os de son bassin ont été découverts en Charente sur le site de fouilles d'Angeac.

 

Voyagez au temps des Mammouths aux Tumulus de Bougon (2)

 

Auteur : 

Deux-Sèvres. Première série : monumens religieux, militaires et civils du Poitou / dessins d'après nature, par Baugier ; lithographiés par E. Conte ; texte historique, par Ch. Arnauld,...

Arnauld, Charles

Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique / publiée par G. d'Heylli

Rapports et délibérations / Conseil général des Deux-Sèvres.

 

http://tumulus-de-bougon.fr/tumulus/tumulus-de-bougon/

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/deux-sevres-au-temps-mammouths-au-musee-bougon-1652196.html

https://www.bfmtv.com/planete/un-femur-geant-et-des-os-de-bassin-d-un-meme-dinosaure-decouverts-en-charente-1736517.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tumulus_de_Bougon

 

 ==> Archéologie découverte des vestiges du siège de Richelieu à la Rochelle et d'une ferme datant du Néolithique

Deux-Sèvres : les tumulus de Bougon, témoins des rites funéraires du néolithique, attirent de nombreux visiteurs

Les six tumulus de Bougon, construits plus de 4 000 avant notre ère pour certains, font partie des plus anciens sites mégalithiques de l'ouest de la France. Ils ont été érigés par les hommes du néolithique et nous sont parvenus dans un état de conservation

Plusieurs morts dans chaque tumulus

A l'intérieur de chaque tumulus se cache une chambre funéraire desservie par un couloir. Lors de la découverte du site à la fin du 19ème siècle, de nombreux cadavres ont été retrouvés dans chaque tombe, une quinzaine environ par tumulus.

"Dans ces tombes, on trouvait des personnages privilégiés dont on a encore un peu de difficultés à comprendre quel était le critère de sélection mais on trouvait des hommes, des femmes et des enfants. Des recherches actuelles sur l'ADN ont tendance à démontrer que ce serait plutôt des familles." explique Elaine Lacroix, la directrice du musée des Tumulus de Bougon.

exceptionnelle.

https://france3-regions.francetvinfo.fr