Salle des Preuses Château de Pierrefonds

Dévolue aux réceptions de la cour impériale, cette pièce du château de Pierrefonds abritait la collection d'armures de Napoléon III achetée en 1861 au prince Soltykoff. La collection se trouve aujourd'hui au musée de l'Armée (hôtel des Invalides)

EXPOSÉ DES FAITS

Relatifs à la transaction passée entre le Gouvernement français et l'ancienne Liste civile (1)

MUSÉE DES ARMES ET MUSÉE CHINOIS

Les Collections

• L'Empereur Napoléon III a acheté, sur sa cassette particulière, des collections d'armes anciennes, à divers amateurs.

1° La Collection du Prince Soltykoff, pour une somme de 250.000 fr.

2° La Collection de M. le Comte de Belleval pour 72.000

3° En Suède et en Danemark, des Collections, pour 14. 000

4° A divers, environ pour 80.000

Total 416.000 fr.

Soit, en chiffres ronds, 450,000 francs.

A ces acquisitions vinrent se réunir quelques dons et des objets provenant des Collections Sauvageot et Révoil, du Musée du Louvre.

Le musée des Armes du château de Pierrefonds, la collection d'armures de Napoléon III par Eugène-Emmanuel Viollet le Duc 2

En 1865, l'Empereur eut l'idée de former, dans le château de Pierrefonds, un musée composé de ces armes anciennes, auxquelles viendraient se réunir peu à peu de nouvelles acquisitions. Et, en effet, dans ce château, dépendant de la Liste civile, et restauré à grands frais, le Musée des Armes fut installé dès le commencement de l'année 1867.

Le 16 août 1870, craignant l'arrivée des , Allemands autour de Paris, les armes furent emballées dans des caisses, commandées depuis le 6 du même mois, et ces colis scellés durent être transportés au Louvre dans les voitures du garde-meuble. Elles y étaient déposées le 17, sous la garde de M. le directeur général des Musées.

Après le 4 septembre 1870, la Commission chargée par le gouvernement de la Défense Nationale de la conservation des Musées, trouva ces caisses déposées dans un couloir voisin de l'appartement de M. le directeur général. Elles portaient une suscription qui n'indiquait pas leur provenance, mais leur destination : —.Porto.

Je dus alors faire connaître à la Commission des Musées la provenance de ces caisses et l'importance du dépôt.

Après l'expédition de Chine, M. le général de Montauban fit transporter à Paris des objets précieux, provenant du Palais d' Été de l'Empereur de la Chine, à Pékin.

Ces objets furent remis à l'Impératrice qui en composa un Musée dans une salle du Palais de Fontainebleau. Divers autres objets de la même provenance, mais non recueillis par le général commandant l'expédition de Chine, furent acquis par l'Empereur sur sa Cassette et réunis au trophée de l'armée française, entre autres un large cratère d'or du plus beau travail et, d'une valeur intrinsèque de 25,000 fr. environ, puis quelques autres objets achetés chez des marchands et sans grande valeur.

Lorsque la liquidation de la Liste civile fut ouverte, j'eus l'honneur de me mettre en rapport avec M. le liquidateur général, afin de faire solder les sommes restant dues aux divers entrepreneurs des travaux du château de Pierrefonds. Cette dette qui s'élevait, au 4 septembre 1870, à la somme de 321,664 fr. 85 c, a été payée en totalité; les derniers paiements datent du mois d'août 1873.

 

En septembre 1871, M. le liquidateur de la Liste civile voulut bien me demander des renseignements sur la collection des armes de Pierrefonds; j'eus l'honneur de lui adresser la lettre suivante :

« Paris, 30 septembre 1871. »

Monsieur, J'ai l'honneur de vous faire remettre le catalogue des armes du Musée de Pierrefonds, envoyées à Paris. La collection a été enfermée dans 29 caisses. En sus des armes comprises dans ce catalogue, il y a dans ces caisses des armes provenant d'une acquisition faite en Danemark, pour une somme de. 7.000 fr. et de la collection Belleval pour une somme de. 72.000 dont le colonel Penguilly L'Haridon, conservateur du Musée d'artillerie, et chargé du classement des armes de Pierrefonds, avait dù faire le catalogue détaillé. Je ne pense pas qu'il ait achevé ce travail ; il est mort pendant le siège de Paris, mais ces armes non cataloguées ont été enfermées dans quatre ou cinq caisses, sans être mêlées avec les autres. Elles portent des numéros à la main, tandis que les autres armes possèdent leurs numéros imprimés. Lorsqu'on voudra ouvrir les caisses contenant les armes, il sera facile de reconnaître ainsi les dernières armes acquises, et qui, sauf cinq ou six pièces importantes, ne comprennent que des fragments d'armes et des objets détachés, mais d'une grande valeur au point de vue de l'histoire des armes. »

Le musée des Armes du château de Pierrefonds, la collection d'armures de Napoléon III par Eugène-Emmanuel Viollet le Duc2

Après la nomination de la commission dont M. de la Bouillerie.était président et qui était appelée à donner un avis sur les collections de Pierrefonds et de Fontainebleau, M. le liquidateur général voulut bien encore me demander une note sur la collection de Pierrefonds. Je crus devoir lui adresser le rapport suivant :

 Le 21 novembre 1860, je recevais une lettre de M. le général Rolin, adjudant général du Palais, qui me faisait savoir :

 Que les caisses contenant les armures destinées au château de » Pierrefonds y seraient transportées par un chariot du mobilier de " la couronne qui partirait de Paris le mercredi (21 novembre.) pour arriver le lendemain à destination.

La même lettre m'annonçait l'envoi du mobilier du gardien de ces armes, le sieur Poncin, ouvrier attaché au Musée d'artillerie.  J'avais reçu quelques jours avant (le 14 novembre) une première lettre du général Rolin qui commençait ainsi :

«L'Empereur m'a prévenu que, d'après ses ordres, un logement doit être préparé par vos soins, au château de Pierrefonds, pour y placer le préposé chargé de la garde et de l'entretien de son cabinet d'armures.

Ce ne fut qu'au commencement de 1867 que la grande salle put être prête pour le placement de ces armes. L'Empereur, pendant son séjour à Compiègne, en novembre et décembre 1866, m'avait donné ses instructions relativement au placement définitif de ces armes et, après plusieurs projets, la disposition actuellement existante avait été admise.

Le musée des Armes du château de Pierrefonds, la collection d'armures de Napoléon III par Eugène-Emmanuel Viollet le Duc

Elle consistait, dans la grande salle, en un lambris de chêne avec appui courant et parties fermées dans le bas ; le tout disposé pour la place et en raison de la destination, Une seule vitrine était placée au centre et, dans les trumeaux, des écussons en chêne pour recevoir, des panoplies, des piédestaux et supports pour les armures isolées.

 Alors, le service était ainsi organisé : Le lieutenant-colonel Penguilly L'Haridon, directeur du Musée d'artillerie, était chargé du classement et de l'entretien des armes, ayant sous ses ordres le sieur Poncin. Je demeurais responsable de ces armures et de leur conservation.

A dater du 1er juin 1867, toutes les dispositions étant terminées, l'entrée publique du Musée fut autorisée pendant deux jours par semaine et un deuxième surveillant militaire fut envoyé à Pierrefonds à cet effet. (Lettre du 19 mai 1867 du général Rolin.)

Le 19 mars 1867, je recevais, de M. le lieutenant-colonel de Reffye, une lettre qui m'invitait à renvoyer, au Musée de Saint-Germain, de petites balistes qui avaient été envoyées à Pierrefonds en même temps que les armures. La même lettre me prévenait que des ordres étaient donnés pour faire transporter, dans le même Musée, divers objets déposés au petit Musée particulier de l'Empereur à Compiègne et provenant de fouilles faites dans la forêt.

Le 29 janvier 1869, j'étais prévenu, par une lettre du général Malherbes, adjudant général du Palais, que l'Empereur venait d'acquérir la collection Belleval et que je devais me préparer à la recevoir et m'entendre avec le colonel Penguilly pour son placement. La même lettre me faisait savoir que le sieur Pascal, ouvrier des chantiers, était adjoint au sieur Poncin, pour lui faciliter le nettoyage des armes et qu'il serait payé par le régisseur du palais de Compiègne.

Ces armes arrivèrent à Pierrefonds le 1er mars. Le 5 novembre 1869, M. le lieutenant-colonel Penguilly m'adressait de nouvelles caisses d'armes à Pierrefonds.

Le Musée d'armes de Pierrefonds se composait principalement de l'acquisition faite par l'Empereur et formant une partie de la collection du prince Soltykoff.

En effet, cette collection comprenait des armures occidentales du Moyen-Age et de la Renaissance et des armures orientales. Le prince Soltykoff avait proposé à l'Empereur de tout lui céder pour une somme de 500,000 fr., je crois.

Mais l'Empereur ne désirait pas acheter les armes orientales, et celles-ci ayant été dès lors cédées à l'Empereur de Russie, le prince Soltykoff laissa sa collection d'armes occidentales à l'Empereur dee Français pour une somme de 250 000 francs, en considération de Sa Majesté, pensant qu'ainsi cette belle collection ne serait pas dispersée et resterait dans un musée. Les personnes consultées alors, M. le comte de Nieuwerkerke, M. Penguilly et moi-même, nous déclarâmes que le prix de 250,000 francs était inférieur à celui que donnerait la collection, si on la revendait aux enchères publiques.

Depuis lors, l'Empereur acquit beaucoup d'objets séparés, habituellement par l'entremise de M. le lieutenant-colonel Penguilly. Puis, la collection Belleval pour 72.000 fr.  Puis, la dernière collection vendue en Danemark...... 7.000  Et une autre collection, je ne sais trop à quelle époque (c'était avant l'acquisition de la collection Belleval), pour environ 25.000. En réunissant les renseignements que j'ai pu me procurer sur ces acquisitions successives et partielles, et sur la valeur des pièces données, je crois être près de la vérité en portant le chiffre, total entre 450,000 et 500,000 fr.

Armure de joute, allemandes, seconde moitiè du XVe siècle

(Armure de joute, allemandes, seconde moitiè du XVe siècle)

La collection, actuellement, vaut évidemment beaucoup plus que cette somme Elle contient en armures de joute, en armes de main (épées et arquebuses), des pièces uniques et d'une rare beauté; une armure blanche française (en fer poli), de 1430 environ, qui est une pièce dont on chercherait vainement l'analogue dans les Musées de l'Europe et dans celui d'artillerie de Paris ; des casques de la plus belle époque et d'une admirable conservation; des boucliers eu fer repoussé et ciselé, de l'époque de la Renaissance, et d'un excellent travail; quantité de pièces de harnois, très remarquables ; beaucoup d'armes françaises qui manquent dans notre Musée d'artillerie (ce sont les plus rares, tant nous sommes peu conservateurs). Une quantité notable de ces pièces sont des oeuvres d'art d'une haute valeur, comme ciselure, niellure, repoussé, émail, incrustation, damasquinure.

Dès le 6 août 1870, prévoyant les désastres qui n'étaient que trop imminents, je fis faire a Pierrefonds des caisses solides, afin d'y pouvoir emballer toutes ces armes et les envoyer à Paris. Ayant prévenu M. le comte de Nieuwerkerke de cette précaution (M. le lieutenant-colonel Penguilly, était alors très malade), le 16 août, le Directeur général des Musées envoya des tapissières du garde-meuble pour emporter les armes à Paris. L'emballage fut fait dans la journée même, devant nos yeux et en présence de M. le comte de Nieuwerkerke (sans avoir le temps de dresser un inventaire), et ces caisses scellées furent mises dans les voitures, le soir. Le lendemain, elles étaient déposées au Louvre (2).

Plus tard, après le 4 septembre 1870 (c'était vers le -16), une note dans les journaux annonçait qu'on avait découvert dans les galeries du Louvre, des caisses d'armures provenant des Musées et destinées à être transportées à Porto.

Je crus devoir répondre à cette note que ces caisses n'étaient point une découverte, qu'on connaissait parfaitement leur provenance, qu'elles contenaient les armes déposées à Pierrefonds et que personne n'avait le droit d'en disposer.

Et en effet, à ce moment-là, le plus sage était de les conserver à titre de dépôt national

L'Empereur considérait évidemment la collection d'armes déposées à Pierrefonds comme lui appartenant en propre. Il l'avait payée intégralement sur sa cassette, avait donné des doubles au Musée d'artillerie, et m'a remis souvent, de la main à la main, sans reçu, des pièces qu'il me chargeait de joindre à la collection : ce qu'il n'eut pas fait s'il eût considéré ce Musée comme un bien acquis à l'Etat.

Il n'est pas douteux que l'Empereur, qui ne pouvait prévoir nos malheurs, comptait laisser, à sa mort, cette collection au pays, comme beaucoup de ses prédécesseurs ont fait ; mais il n'a jamais indiqué qu'il considérât ces armes autrement que comme des objets à lui appartenant et dont il pouvait disposer. Plusieurs fois on lui proposa des échanges, et s'il ne consentit pas à les faire, c'est qu'il ne voulait pas diminuer cette collection et non parce qu'il pensait qu'il lui fût interdit de l'aliéner ou de l'échanger en tout ou partie. Je crois que quelques dons ont été faits seulement au Musée d'artillerie. Il y a aussi, dans la collection, des objets qui proviennent du Louvre ; ce qu'il sera facile de vérifier.

L'Empereur a voulu; malgré certaines oppositions, que cette collection fût déposée au château de Pierrefonds dont il voulait faire un musée du Moyen Age, comme à Saint-Germain il composait un musée gallo-romain.

Il m'entretenait souvent de ses projets à cet égard, et en 1865 (novembre), j'avais pris des dispositions pour ajouter de nouvelles pièces à la grande salle qui était remplie et dans laquelle beaucoup d'armes ne pouvaient être placées. Il avait été question, alors, de faire faire des modèles d'armures, de divers âges et de réunir des documents graphiques à la collection, ainsi qu'une bibliothèque spéciale,

En 1867 — 150,000 personnes visitèrent le château et son musée.

En 1868 — 210,000 — — —

 En 1869 — 200,000 — — —

En 1870 — les Allemands y venaient par bataillons entiers, ils demandaient où étaient les armes, et, au commencement de l'invasion, brisèrent quelques portes de caves pour les trouver.

En 1871 — 30,000.

En 1872 — 70,000.

Toutes les dispositions prises pour le placement des armes demeurèrent eu l'état où elles furent laissées après le transport de la collection à Paris.  

Ce fut après la remise de cette note que la Commission consultative émit l'avis touchant les armes du Musée de Pierrefonds, et considéra cette collection comme étant composée d'objets d'art.

 

Armure de joute, allemandes,

II

Le Château de Pierrefonds est-il une dépendance de la Liste civile ; en d'autres termes, appartient-il à l'Etat ?

Pendant la Révolution de 1792, le Château de Pierrefonds et les terrains environnants qui dépendaient de la chèferie de Compiègne, furent vendus comme bien national.

En 1813, le château fut acheté par l'Empereur à une dame veuve, qui en était alors propriétaire, moyennant la somme de 2,700, et fut immédiatement réuni au domaine de la Liste civile, dont il n'a pas été distrait depuis lors. Le roi Louis-Philippe agrandit ce petit domaine par l'acquisition de quelques terrains et fit déblayer une partie des ruines.

Le Château de Pierrefonds était compris dans la conservation de Compiègne, au même titre que l'ancien prieuré (forêt) de Saint-Corneille.

En 1857, l'Empereur Napoléon III voulut restaurer le château de Pierrefonds, et pour commencer l'oeuvre, il accorda, en 1858, une somme de 100, 000 francs, affectée à cet objet, sur sa cassette particulière. Ce premier essai l'ayant satisfait, l'année suivante, un crédit de 270,000 francs fut ouvert sur le Budget de la Liste civile.

En 1860, à la suite de la guerre d'Italie, la Liste civile et la cassette particulière de l'Empereur n'accordèrent pas de fonds à cette restauration, mais en cette année, sur le budget des monuments historiques (Budget de l'Etat), il fut alloué une somme de 249,965 92

En 1861, cette allocation prise sur les fonds de l'Etat fut portée à 124,991 10

En 1862 à 99,998 94

En 1863 à 99,976 00

En 1864 à 99,942 18

En 1865 à 99,976 00

En 1866 à. 99,986 22

En 1867 à 99,976 00

En 1868 à 99,997 23

En 1869 à 99,989 73

Total des allocations accordées sur le crédit des monuments historiques (budget de l'Etat) avant 1870 1,174,799 32

Les dépenses totales de l'entreprise, admises par la liquidation, s'élevant à la somme de 5,327,345 38

Et les sommes allouées par la Liste civile à 270,000 00 1 444 799 32

Par l'Etat à 1,174,799 32 1, 444, 799 32

Il a été payé sur la cassette particulière de l'Empereur . 3,888,546 06

En outre, il a été acheté sur les fonds de la Liste civile à divers, pour agrandir le domaine et isoler le Château, des parcelles de terrains et maisons pour une somme de plus de 300,000 00

En 1867, le total de ces acquisitions dont la réunion au Domaine de la Liste civile était régularisée, s'élevait à 273,380 60 et la surface des terrains acquis était de 77,477m.

 

 

 

 Exposé des faits relatifs à la transaction passée entre le gouvernement français et l'ancienne liste civile : musée des armes et musée chinois / par E. Viollet le Duc

 

Salle des Preuses Château de Pierrefonds 2

(Salle des Preuses Château de Pierrefonds)

 

 

Le cabinet d'armes de Pierrefonds - Pierrefonds - Site officiel de la commune

Lors de la reconstruction du château de Pierrefonds, Napoléon III avait le projet de reconstituer l'apparence externe du château médiéval d'origine tout en proposant un intérieur d'une inspiration plus libre destiné à devenir une résidence impériale alliant culture et confort. Un élément important du projet était constitué par le " cabinet d'armes de Pierrefonds ".

De manière logique, Viollet-le-duc avait été chargé de la conservation de ce patrimoine qui bénéficiait d’un cadre exceptionnel pour sa mise en valeur.

La guerre de 1870 mit un terme à la construction de cette collection. Dès les premiers mois du conflit, la collection fut mise en caisses et évacuée du château vers le musée du Louvre. Ces opérations avaient été supervisées à la fois par Viollet-le-duc et le comte de Nieuverkerke.



http://www.mairie-pierrefonds.fr

 

 

 

 

 

 

 Armes d’Hast des Chevaliers: Le Marteau de Lucerne bec de corbin. <==

Château de Pierrefonds, chambre de l'Impératrice <==....

Du château de Versailles à Pierrefonds, le bal des gisants dédié « à toutes les gloires de la France » <==


 

(1)    La liste civile est apparue en France sous le règne de Louis XVI, en 1790, suivant le modèle anglais. Il s'agissait d'une somme attribuée au souverain pour les dépenses de sa maison 1. Elle devait permettre avant tout que les dépenses publiques fussent distinctes de celles du roi. Elle était complétée par des biens mobiliers et immobiliers constituant sa dotation, qui était une partie du domaine de l'État. Elle se composait principalement de résidences qui servaient à l'habitation du souverain, qui devait pourvoir à son entretien. Il pouvait se constituer un domaine privé, transmissible ou non à ses héritiers, suivant les règnes. Sous Louis-Philippe, il fut décidé que les objets d'art acquis par la liste civile et placés dans des bâtiments de la dotation seraient réunis au domaine de la Couronne, principe repris par Napoléon III.    https://journals.openedition.org/rh19/288

 

(2)    Toutefois, j'ai gardé des notes précises sur les objets non catalogués. Quant à ceux, catalogués régulièrement, ils sont au nombre de 546, possédant chacun leur numéro d'ordre sur étiquette attachée à la pièce et correspondant au catalogué dressé par le lieutenant-colonel Penguilly L'Haridon et imprimé en 1867.