17 Septembre, anniversaire de la mort d’Eugène Viollet-le-Duc en 1879, que reste-il de son héritage (1)

Né le 27 janvier 1814 à Paris et mort le 17 septembre 1879, est l'un des architectes français les plus célèbres du XIXe siècle, connu auprès du grand public pour ses restaurations de constructions médiévales, édifices religieux et châteaux.

Un mouvement de restauration du patrimoine médiéval apparaît en France dans les années 1830, porté notamment par Prosper Mérimée qui devient inspecteur général des monuments historiques, et qui demande à Viollet-le-Duc d'entreprendre des restaurations.

  Si son père avait du goût pour les Belles-Lettres, se plaisant à donner des éditions de Boileau, de Rotrou, etc… lui s’était tourné vers les Beaux-Arts, et sa mémoire reste attachée à l’architecture, notamment.

Un Dictionnaire d’Architecture qui comprend pas moins de dix volumes, dit assez quelle passion l’architecture nourrissait pour son métier. Faut-il ajouter : et pour son art ? L’œuvre de Viollet-le-Duc reste fort discutée ; pour beaucoup de ses détracteurs, ses restaurations ne sont pas d’un artiste. N’en faut-il pas moins se féliciter cependant que des monuments historiques comme la basilique de Saint-Denis, le mont Saint-Michel, la cathédrale Notre-Dame de Paris, la cité de Carcassonne ou encore le château de Pierrefonds  aient retrouvé un aspect, un  caractère propres à prolonger leur image première.

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Ce fut comme aquarelliste qu'il débuta au salon de 1834. En 1836, il parcourut l'Italie et la Sicile, s'attachant particulièrement à l'étude de l'art antique. En France, il visita presque toute la province afin de compléter l'ensemble de ses recherches.

 Sa compétence archéologique fut si promptement reconnue que, dès 1840, il était attaché comme inspecteur aux travaux de restauration de la Sainte-Chapelle, dirigés par Duban ; en même temps, la commission des monuments historiques lui confiait personnellement ceux de diverses églises classées des départements, à Vezelay, Poissy, Carcassonne, Semur, et enfin les travaux des hôtels de ville de Saint-Antonin et de Narbonne.

En 1845, il obtenait au concours la restauration de Notre-Dame de Paris, conjointement avec M. Lassus, et en 1846, le titre d'architecte de l'abbaye de Saint-Denis. La restauration de la Cité à Carcassonne, les embellissements de la cathédrale d'Amiens, ceux de la salle synodale de Sens, accomplis en 1849, achevèrent, de le placer hors de pair. Aussi fut-il nommé inspecteur général du service diocésain en 1853. C'est alors qu'il répare, avec un goût parfait et une science approfondie, les basiliques de Châlons-sur-Marne et de Laon, et surtout le château féodal de Pierrefonds, dont le rétablissement intégral est demeuré son plus grand titre de gloire.

En 1863, il fut nommé professeur d'histoire de l'art et d'esthétique à l'École des beaux-arts, que le maréchal Vaillant venait de réorganiser ; mais il donna sa démission l'année suivante. L'éminent architecte jouissait alors d'une popularité extrême, non pas seulement comme artiste et comme archéologue, mais encore comme écrivain. La faveur de la cour impériale ne lui manqua même pas : ami personnel de l'impératrice Eugénie, familier des Tuileries et de Compiègne, il fut successivement promu officier de la Légion d'honneur en 1858 et commandeur en 1869.

Cette période fut, évidemment, la plus calme, la plus féconde, la plus honorée de sa vie. Comme aquarelliste et dessinateur, son œuvre lui valut une 3e médaille en 1834, une 2e en 1838 et une 1re en 1855. Comme écrivain, il se distinguait par la clarté d'exposition, l'esprit de méthode, un style animé et attrayant, une Science appuyée sur des sources rigoureuses.

Assurément la plupart de ses ouvrages compteront parmi les meilleurs du genre; nous citerons : Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVI, siècle (1854--69, 10 vol. in-8°, fig.); Essai sur l'architecture militaire au moyen âge (1854); Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance. (1855-75,6 vol. in-8°, fig.); Description de Notre-Dame de Paris (1856), avec M. Guilhermy; Lettres adressées d'Allemagne à M. Lance (1856); Description du château de Pierrefonds (1857) ; Description dit château de Coucy (1858); Entretiens sur l'architecture (1858-68, 2 vol. in-8°, avec atlas); Lettres sur la Sicile (t860); Cités et ruines américaines (1862, avec atlas), en collaboration avec MM. Ferd. Denis et Charnay; Intervention de l'Etat dans l'enseignement des beaux-arts ( 1864) ; Chapelles de Notre-Dame de Paris ( 1867-68), avec M. Duradon.

Au début du siège de Paris en 1870, M. Viollet-le-Duc organisa la légion auxiliaire du génie, dont il fut nommé lieutenant-colonel, et son activité contribua puissamment aux travaux de la défense. La paix faite, il songea, pour a première fois, à aborder la vie politique. Abjurant les opinions du passé, il fit une profession de foi républicaine, puis se rattacha bientôt au parti radical. Il eut, dès lors, plus d'une lutte à soutenir.

Ce fut d'abord en janvier 1874, avec M. Rouher, dont il combattit les revendications au sujet du musée chinois de Fontainebleau et du musée d'armes de Pierrefonds, puis, en juillet suivant, avec le clergé, qui le contraignit à donner sa démission d'inspecteur général des édifices diocésains à la suite d'une lettre publique dans laquelle il s'était déclaré libre penseur. En outre, M. de Cumont le révoquait de ses fonctions d'architecte des cathédrales, sauf pourtant en ce qui concernait Saint-Denis, basilique relevant exclusivement de la commission des monuments historiques. Cette ardeur de nouveau converti fut récompensée par les élections du 29 novembre, qui nommèrent M. Viollet-le-Duc conseiller municipal pour le quartier de Montmartre par 2,009 voix.

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 A l'époque des élections législatives du 20 février 1876, il présida le comité de républicains radicaux qui repoussa la candidature de M. Thiers et décida de voter avec des bulletins blancs. Jusqu'à la fin, du reste, il ne cessa de siéger dans la fraction d'extrême gauche du conseil municipal de Paris. Pendant toute cette période, son œuvre artistique s'était bornée à la construction de la cathédrale protestante de Lausanne et à la restauration pour le comte de Paris du château d'Eu.

L'héritage de Viollet-le-Duc

Il ne cessa pas d'écrire, s'attachant surtout à vulgariser à la fois au moyen de la plume et du crayon la théorie et l'histoire de l'architecture. M. Viollet-le-Duc publia ainsi successivement: Mémoire sur la défense de Paris (1871); Histoire d'une maison (1873) ; Histoire d'une forteresse (1874); Exposé des faits relatifs à la transaction passée entre le gouvernement français et l'ancienne liste civile (1874) ; Histoire de l'habitation humaine dans les temps préhistoriques (1875) ; la Fortification passagère dans les guerres actuelles (1875); Histoire d'un hôtel de ville et d'une cathédrale ( 1876) ; Histoire d'un dessinateur (1877); l'Art russe (1877); le Siège de la Roche-Pont (1878). Il est mort le 17 septembre 1879 aux Mosquines, près Lausanne, et a été inhumé civilement dans cette ville le 22 du même mois.

 

Dictionnaire de la conversation et de la lecture.

 

 

 

 


 

 

Patrimoine, Recherches critiques sur Trois Architectes Poitevin de la fin du XIe siècle.

Dans une note de sa magistrale étude sur Viollet-le-Duc et son système archéologique, publiée en 1880 et 1881 par le Bulletin monumental, M. Anthyme Saint-Paul a donné la liste des architectes français des XIe et XIIe siècles, dont les noms sont connus (1). M.......