Poitiers châsse des reliques de sainte Radégonde

La châsse des reliques de sainte Radégonde a la forme d’une église du XIIIe siècle, et c’est à ce siècle, si remarquable pour la pureté du style, que l’on a emprunté ce genre des décorations adoptées. Les deux grandes faces ont 50 cent., les petits côtés 25. L’élévation est de 60, en y comprenant le couronnement du toit de l’édifice. Sur le rampant de la première face, deux médaillons quadrilobés, formés d’émaux de diverses couleurs, représentent : 1° saint Médard bénissant sainte Radégonde prosternée à ses pieds ; 2° le miracle des avoines. On voit le bon laboureur qui vient de jeter le grain qu’une intervention miraculeuse a fait germer et grandir au point de cacher la fugitive aux regards du guerrier qui la poursuit.

Sur la face verticale du même côté, la reine est représentée offrant à saint Pient, évêque de Poitiers, le pain que ses mains ont préparé pour le sacrifice, et elle lui dit : Iste panis non est communis cum reliquo.

Dans les petites arcades sont dessinées sainte Agnès et sainte Disciole, les compagnes fidèles de Radégonde.

Sur l’autre côté de la châsse, l’artiste a reproduit, au milieu d’ornements en tous points semblables a ceux que nous venons de décrire, les sujets suivants :

Dans les deux médaillons du rampant : 1° l’apparition de Notre-Seigneur Jésus-Christ a sainte Radégonde dans sa cellule ; 2° la mise au tombeau de la reine par saint Grégoire de Tours.

Dans la grande arcade trilobée, sainte Radégonde à genoux reçoit de saint Euphrone, évêque de Tours, la relique de la vraie croix que l’empereur d’Orient Justin le Jeune lui avait envoyée.

Dans l’une des petites arcades, l’évèque de Poitiers, saint Fortunat, est représenté tenant un phylactère sur lequel on lit le premier vers de l’hymne Vexilla regis, qu’il a composée pour la cérémonie de la réception du bois sacré, alors qu’il n’était encore que simple prêtre.

Dans l’autre des petites arcades, saint Junien tient en ses mains le cilice et la discipline que Radégonde et lui avaient échangés en témoignage de leur sainte amitié.

L’intérieur de la châsse contient une portion insigne du bras et de la tête de la sainte, ce qui est indiqué sur le plat d’un des petits côtés par un bras en haut relief, et de l’autre côté par le buste même de la reine.

Au bas du bras et du buste, une cavité garnie d’un cristal laisse apercevoir les saintes reliques.

Le blason ajoute son langage à ces symboles parlants. Les armoiries d’Alphonse de France, frère de saint Louis, comte de Poitou, et celles de Mgr Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, rappelleront aux âges futurs la mémoire du prince qui fut un des plus grands bienfaiteurs de l’antique église de Sainte-Radégonde, et le souvenir du prélat auquel fut due la pensée d’offrir aux reliques de la patronne de Poitiers un monument digne d’elles. L’inscription suivante complète cet assemblage magnifique, scintillant de dorures, d’émaux et de riches ciselures :

« Hanc capsam sumptibus cleri et fidelium conditam solemniter benedixit, in « eâque sacra ossa de capite et de brachio beatæ Radegundis, apud « monasterium sanctæ Crucis servari assueta, reclusit Ludovicus Eduardus, « episcopus Pictavensis, anno Domini MDCCCLIV, operis magister et delineator « Johannes Baptista Lassus. Celavit Achilles Legost. »

 

 

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