La colonne Infernale de Grignon de Saint Michel Mont- Mercure au château de Bois-Tissandeau des Herbiers

Sortant du village de Saint Michel Mont de Mercure, sa colonne se divise en plusieurs parties au village de l’Epaud.

 L’une d’elles prend le chemin de Saint-Paul-en-Pareds, massacrant un groupe de Vendéens cachés dans le bois de la Bonnelière, et tuant et incendiant les hameaux et fermes le long de leur chemin.

 

Le 31 janvier 1794, le détachement parvient le soir à Saint-Paul-en-Pareds, enferme soixante- douze personnes dans la cour du château. Après les avoir nourries, abreuvées et forcées à danser, elle a fusillé 72 personnes, « un nombre considérable de femmes, de vieillards et d'enfants ».

 

Un habitant des Herbiers, nommé G.-G. guide le détachement chargé de cette besogne, que commande un officier subalterne de nom semblable, par la consonance seulement, à l'un des plus illustres de l'histoire. Avant de tuer ces enfants et ces femmes, on les fit boire et manger, et on les obligea à danser en rond.

 

De Saint-Paul, G.-G. conduisit les massacreurs au château de Bois-Tissandeau des Herbiers dont il avait été naguère le régisseur et qui appartenait alors à la noble famille de Hillerin.

Le marquis de Hillerin de Bois-Tissandeau était émigré et devait mourir, noyé, à Jersey; sa femme avait péri dans les noyades de Carrier; son fils Hippolyte avait disparu dans la campagne d'outre-Loire; il ne restait en Vendée que ses deux sœurs, Henriette et Agathe, l'une de ses filles, Gabrielle, et sa vieille mère, la vénérable dame de Hillerin, âgée de quatre-vingt-quatre ans.

Toutes quatre étaient cachées dans la contrée; mais G.-G. avait pris soin de les ramener depuis quelques jours au château, en leur attestant qu'elles n'y couraient aucun danger, sa situation dans le parti républicain le mettant en mesure de les préserver de toute vexation.

 

Au château du Boistissandeau, une femme de 84 ans et ses deux filles sont sabrées par des hussards

 

On montre encore, dans la cour de Bois-Tissandeau, la pierre sur laquelle la vieille douairière et ses deux filles furent hachées à coups de sabre les tueurs épargnèrent seule la jeune Gabrielle dont les événements avaient troublé la raison le château lui-même, largement pillé, fut préservé de l'incendie il se trouvait là quelqu'un qui convoitait la fille inconsciente, héritière, par la mort de tous les siens, de la seigneuriale demeure.

Drame effrayant, dont le souvenir hante la région et qu'on ne peut conter qu'avec des réticences.

 

 

GUERRE DE VENDÉE. TRAITÉ de CHOLET, 26 Juin 1815

 Maximilien LAMARQUE (Landes 1770-1832), Général qui pacifia la VENDÉE par le Traité de Cholet du 26 Juin 1815. Proclamation du Lieutenant-Général Commandant en Chef l’Armée de la Loire aux Habitants de l’OUEST.

 

 

Traité de Cholet

PROCLAMATION

LE LIEUTENANT-GENERAL

Commandant en Chef l’Armée de la Loire

Aux Habitans de l’Ouest

 

Habitans de l’Ouest,

 

La PAIX que le Gouvernement m’avait autorisé à proposer à MM les Chefs de l’Armée Vendéenne, a été signée le 26 juin, et ratifiée aujourd’hui 28, par MM. de SAPINAUD, Général en chef de ces Armées ; LAROCHE-JACQUELIN, etc, etc, etc.

Le sang français ne coulera plus par les mains des Français : la fin de nos dissensions civiles est un beau jour pour la Patrie.

Amnistie pleine et entière est accordée à tous ceux qui rentreront dans leurs foyers.

Le Général en Chef de l’Armée de la Loire leur promet sa protection spéciale ; il ne mettra aucune différence entre ceux qu’un moment d’erreur a égarés, et les autres citoyens.

Toutes les personnes détenues à l’occasion de cette guerre, seront mises en liberté.

Les anciens Militaires et les Conscrits ne seront pas obligés de rejoindre leurs drapeaux ; le Gouvernement, par une faveur particulière, ne leur demande que de défendre leurs pays et d’y maintenir la tranquilité.

Français, ne formons qu’un vœu,celui de la paix intérieure, de l’indépendance nationale et du bonheur de la Patrie.

 

Le Général en Chef, Max. LAMARQUE.

Pour copie conformes :

Le Préfet des Côtes-du-Bord, DEVISMES.

 

 

 

Réunis au quartier général des Herbiers, un certain nombre de sous-chefs Vendéens protestèrent contre le traité de Cholet.

Nous allons reproduire la Protestation de l'armée royale du Centre de la Vendée, qu'ils signèrent le 27 juin et qui fut affichée partout jusque sur les murs de Nantes :

« Le chevalier de Saint-Hubert, général commandant le deuxième corps d'armée dit du Centre de la Vendée; Chesnier-Duchesne, chef d'état-major du deuxième corps d'armée; Auguste de Chabot, chef de division, sous-chef d'état-major; Jacquier de Noyelle, adjudantgénéral, chevalier de Saint-Louis; C. J. de Chabot, chef de division; de Puitesson, adjudant-général du deuxième corps; le chevalier du Peloux, major de division et lieutenant de vaisseau; A. de Chabot, major de division; d'Hillerin de Boistissandeau, chef de la division des Herbiers; Bourbon, lieutenant de division; Patry, aide de camp du général de Saint-Hubert ; Baudry-Dasson, major-général; Sauvageot, chef de division; Douillard, chef de division; E. de Girardin des Deffands, garde du corps de Monsieur, capitaine de commune; Dozouville de Beugeval, capitaine adjoint à l'état-major; le chevalier de Kermare, officier général; Joseph Rabreau, capitaine; Carrel; Mahé de la Richerie, capitaine; Duchesne, officier d'état-major; de la Boutetière, maréchal des logis aux gardes de Monsieur, chef de division de Chantonnay; Galicaet, capitaine; Caille, commandant; Godreau, capitaine; de Rangot, capitaine; Corbet, lieutenant; Merland; Goden, lieutenant; Ouvrard; Barbaud, capitaine; Guignard, sous-lieutenant; Laguiaud, capitaine; Guignard, officier d'état-major; Guérin, capitaine; Labonne, adjudant-major; le chevalier de Chabot, commissaire ordinaire du quatrième corps; de Saint-André, faisant les fonctions d'aide de camp auprès du général en chef; le comte Frottier de Bagneux, chef de division; Brunet, sous-divisionnaire; de la Boutetière, chef de division. Ces trois derfliers Messieurs protestent sans prétendre inculper les signataires, entraînés sans doute dans les vues d'arrêter l'effusion du sang et pour le bien du pays.

« Par son traité avec les gouvernants actuels de la France, elle se trouverait faire cause commune avec eux. Donnera-t-elle le honteux spectacle de se voir forcée par les puissances à reconnaître Louis XVIII ? Non, elle sera fidèle à ses serments; et si ses enfants succombent sous des forces supérieures, ils succomberont sans tache, et leur dernier soupir sera pour leur roi.

« Les officiers de cette armée, dans l'opinion qu'une suspension d'armes est tout ce que pouvaient commander les circonstances, et que le traité de paix (les articles en eussent-ils été aussi avantageux, aussi glorieux que ceux acceptés le sont peu) n'est et ne peut être valable qu'après la ratification du Roi, signent, en conséquence, la présente protestation, qui fera foi de leurs véritables sentiments. »

Napoléon Ier abdiqua le 22 juin en faveur de son fils, que les deux Chambres proclamèrent sous le nom de Napoléon II. Une Proclamation de Louis XVIII, datée de Cambrai le 28 juin, était adressée aux Français. Le 29, l'ex-Empereur quittait Paris, où le Roi arriva le 8 juillet.

 

 couleuvrine la petite Marie-Jeanne

 

 

Découverte d'un Couleuvrine LA PETITE MARIE JEANNE trouvée à Boistissandeau (Vendée), en 1872

 Couleuvrine en bronze du XVIe siècle, à 6 pans, avec console de recul et tourillons. Dans un écusson, croix pattée, entourée du cordon de l'ordre. La base est évidée, au-dessous de la culasse, à une profondeur de 0 m. 10 ; cette cavité servait à emboîter le manche ou la crosse en bois. Long. 1 m. 15.

Cette pièce, dit F. Parenteau, a dû faire les Guerres de religion, y compris celles du roi de Navarre.

Elle fut conservée jusqu'en 1792, où elle voulut recommencer sa vie guerrière.

La division royaliste des Herbiers, organisée au Boistissandeau et commandée par M. de Hillerin, la plaça sur un affut et « s'en servit fort longtemps.

 On la connaissait sous le nom de « la Petite Marie-Jeanne. »

Donnée au Musée par M. Georges de HILLERIN.

 

 

La pièce dont le dessin figure ci-dessous est donneée dans une publication parue en juin 1969 (1).

  Un des fascicules, consacré aux guerres de Vendée est illustreé par une photographie d'une bouche a feu accompagnée de la mention suivante :

"L'armement des vendéens était assez rudimentaire si l'on en juge par cette couleuvrine du XVIe siècle surnommée "la petite Marie-Jeanne" qu'utilisait la division des Herbiers ...".


Cette pièce d'artillerie, qui de par sa forme est vraisemblablement une couleuvrine de rempart, est de très petit calibre (2), bien inférieur a celui de la pièce de 4 qui était le minimum utilisé a l'époque.

Le diamètre très réduit du projectile, la faible importance de la charge et l'encombrement de la
pièce, rendait ce canon peu fiable dans une bataille. Son déplacement au  sein de l'armée des paysans, si tant est qu'elle fut montée sur affût, ne pouvait avoir pour but que d'influencer le moral des unités de Gardes Nationales locales envoyées au devant des premiers groupes rebelles.

Catalogue du Musée archéologique de Nantes

 

 

 

 

 

CORRESPONDANCE

Le Boistissandeau, le 19 septembre 1924.

Monsieur le Directeur,

Le numéro du 15 septembre de la Revue des Deux Mondes, contient une étude de M. G. Lenotre sur les Colonnes infernales, dans laquelle se trouve relaté, aux pages 299 et 300, le massacre du Boistissandeau.

La responsabilité de cet affreux épisode y parait être imputée à un officier républicain dont le nom n'est point cité, mais désigné par une allusion si transparente que les habitants de la région de l'Ouest où je suis fixe n'ont pu hésiter à y reconnaitre le lieutenant Alexandre-Grégoire Bourbon, arrière-grand père de ma femme.

Tout en rendant hommage à la bonne foi indubitable de M. G. Lenotre, en reconnaissant aussi qu'il lui était impossible d'être, sur ce point particulier, exactement renseigné, il me faut apporter à son récit une rectification et rétablir les faits dans leur intégralité.

 Il y eut, en effet, au Boistissandeau, en janvier 1794, « un drame effroyable, » où périrent, ainsi que l'écrit l'auteur de l'article « la vénérable dame de Hillerin, âgée de quatre-vingt-quatre ans, et ses deux filles, Henriette et Agathe de Hillerin. »

Mais le lieutenant Bourbon ne commandait pas le détachement coupable de cette tuerie il se trouvait, à cette époque, retenu par son service à l'armée de la Moselle, ainsi qu'en témoigne l'état de ses services conservé aux archives administratives de la guerre.

Il ne parut en Vendée qu'en novembre 1793, et y épousa, le 5 juillet suivant, Gabrielle de Hillerin qui, emprisonnée à Nantes jusqu'au 9 thermidor, avait échappé au massacre du Boistissandeau.

Quoique cruellement éprouvée par les malheurs et la disparition de ses plus proches parents, elle n'avait point perdu la raison; l'acte de son mariage avec le lieutenant Bourbon est signé par six membres de la famille de Hillerin, qui durent également assister à la bénédiction nuptiale donnée par un prêtre insermenté, l'abbé Boursier.

Au reste toute la carrière d'Alexandre Bourbon proteste contre l'accusation dont il serait implicitement l'objet. Emprisonné en 1793, à Thionville, par les terroristes, ainsi que nous l'apprend un certificat en date du 18 juin 1795, il obtint sa mise en réforme quelques jours après son mariage.

Fixé au Boistissandeau, il fut, après la pacification de l'Ouest, classé parmi les suspects pour son « incivisme affiché » et l'asile qu'il donnait aux prêtres réfractaires, emprisonné même et inscrit, en 1799, sur la liste des otages. Il parvint, à force de démarches et de sacrifices personnels, à soustraire au séquestre la moitié du patrimoine de la noble famille dans laquelle il était entré.

Quoique seul propriétaire légal d'une importante partie des domaines sauvés grâce à lui, il les partagea, par un acte passé, le 14 mai 1800, dans l'étude de Me Barbot, notaire à Saint-Michel, avec les membres survivants de la famille de Hillerin qui, dans plusieurs clauses, rendent hommage à sa générosité.

II mourut en 1804 et sa veuve administra si sagement sa fortune que, après son décès, survenu en 1842, son gendre se trouva en mesure de racheter la totalité du château des Hillerin dont les Bourbon n'avaient jusqu'alors possédé que la moitié.

Ainsi rectifié, l'épisode du Boistissandeau peut être conté « sans réticences » et je vous serais, Monsieur le Directeur, profondément reconnaissant si vous vouliez bien donner place, dans l'un des prochains numéros de la Revue, à ces précisions elles mettront fin à une version qui, si elle se propageait, entacherait l'honneur de notre trisaïeul et l'origine de la propriété que je possède.

..à Morimère,

 

Revue des deux mondes : recueil de la politique, de l'administration et des mœurs

 

 Saint Michel Mont de Mercure, carrefour des colonnes infernales Grignon - Lachenay (Carte)<==.... ....==> Au château d’Ardelay et dans les paroisses alentours sonnent le tocsin, la colonne de Grignon rejoint celle de Amey aux Herbiers

 

La « Marie-Jeanne» HISTOIRE D'UN CANON DE LA GUERRE DE VENDEE <==

 

 

 

 


 

(1) Le journal de la France, no9 - Insurrection en Vendée, page 234, Publication Historia-
Tallandier, 10 juin 1969.


(2) Ce type de bouche a feu est également désigné sous l'appellation de "Faucon" ou
"Fauconneau" pour certains exemplaires conservés dans les musées.