Notice Historique sur la ville de Brouage et de son port souterrain 360 virtual Tour

Brouage à son origine, n'était qu'une simple ferme ou métairie située sur le bord d'un chenal par où remontaient les bâtiments de la mer jusqu'au pied d'une montagne à l'extrémité de l'île de Hiers. Ce terrain s'accrut insensiblement du gros sable dont les peuples du nord lestaient leurs vaisseaux lorsqu'ils venaient prendre leurs chargements de sel.

Ce sable, déposé dans cet endroit, forma, par une succession de temps, au milieu de la mer, un tertre carré d'environ cent pas d'étendue; c'est sur cette assise de cailloux, qu'en 1555, Jacques de Pons, baron de Mirambeau et comte de Marennes, jeta les premiers fondements de Brouage, qu'il entoura d'une palissade de pieux, terrassée en dedans avec du gazon et des fascines, soutenue, en dehors, avec des planches et des mâts de navires.

Espérant revivre dans cette œuvre de sa puissance féodale, il l'appela de son nom, Jacopolis, qu'elle porta quelque tems; mais après la mort de ce seigneur, la nouvelle ville reprit, du canal de Broue, qui baignait ses remparts, le nom de Brouage, qu'elle a toujours conservé depuis.

En 1560, Brouage n'avait encore aucune enceinte de murs, mais c'était déjà une place de commerce importante, et son havre, l'un des plus commodes de l'Aunis, était le rendez-vous des navigateurs étrangers qui venaient y chercher le produit des marais salants de la banlieue.

Ce lieu néanmoins avait précédemment fixé, par sa situation avantageuse, l'attention du gouvernement, puisqu'en 1495, Charles VIII forma le projet de tenir, dans cette espèce de havre, un certain nombre de vaisseaux de guerre destinés à son service.

Ce projet était utile, s'il eût été suivi; en effet, le havre de Brouage étant placé au centre du golfe Aquitanique, paraissait extrêmement convenable à la marine. Une flotte, qu'on y aurait entretenue, eût été en état de protéger également et avec promptitude les deux branches du golfe, depuis l'extrémité de la Bretagne jusqu'à l’embouchure de l'Adour.

Le projet échoua par les remontrances des Rochelais, qui représentèrent que l'établissement de la marine à Brouage, gênerait le commerce, et que le commerce quitte les lieux où il se trouve gêné: qu'il était expédient d'abandonner ce port au navigateurs septentrionaux qui venaient y charger du sel. Le véritable motif de l'opposition des Rochelais, c'est qu'ils appréhendaient de voir s'élever, dans leur voisinage, un établissement maritime rival de leur opulente cité.

Sous le règne de Charles IX, on résolut de fortifier Brouage et de le mettre hors d'insulte; plusieurs ingénieurs italiens dirigèrent les travaux.

On commença d'abord par tracer la ville et l'entourer d'un grand fossé. Aux quatre angles d'un carré long formé par ce fossé, on éleva des remparts avec des mâts de navires enfoncés en terre et revêtus de forts madriers qui soutenaient un massif de terre transportés et liaison nés avec des fascines.

Dans la suite on fit, aux quatre angles, quatre bastions qu'on poussa en dehors pour flanquer les courtines qui furent brisées à dessein d'augmenter les défenses. Le parement d'une partie de ces ouvrages fut construit en pierres dures.

Durant les guerres de religion, le port de Brouage continua d'être alternativement, un des points les plus importants pour les Catholiques et les Protestants.

En 1570, il fut enlevé, après huit jours de siège, par les Réformés que commandait le comte de La Rochefoucault. Un riche marchand de la ville, nommé Guillet, fut attaché au gibet pour avoir, lors de l'occupation de Brouage , peu de temps auparavant, par La Rivière Paytaillé, gouverneur de Marans, réuni dans sa maison les plus belles femmes calvinistes de la ville, promettant qu'il ne leur serait fait aucune insulte, et les avoir ensuite livrées à la brutalité du soldat, pour se mettre bien avec les vainqueurs.

Le 4 juillet 1576, Henri de Navarre, qui se rendait de la Rochelle à Périgueux, s'arrêta à Brouage, où l'attendait le Baron de Mirambeau, fils et successeur de Jacques de Pons. Ce seigneur lui fit une réception magnifique.

Il y eut des joutes sur l'eau, des feux d'artifice. A dîner, on servit au prince et à sa sœur qui l'accompagnait, une quantité d'oiseaux si rares, qu'ils étaient inconnus à la plupart des gentilshommes de leur suite. Sur le soir on leur donna le spectacle d'un combat naval entre un vaisseau monté par des Maures et quatre pataches qui l'attaquèrent avec beaucoup d'art et y mirent le feu.

Deux jours après, le Roi et la princesse de Navarre, fort satisfaits de leur hôte, prirent congé de lui.

Plan de Brouage

L'année suivante, Brouage fut investi par les Catholiques sous les ordres du duc de Mayenne. Cette ville n'était plus comme au temps de son fondateur, une méchante bicoque, entourée d'ais de sapin et de mâts de navires revêtus de gazon. C'était une place de guerre, enceinte de fossés, flanquée de bastions et de remparts aussi solides que l'avait permis son assiette sur un terrain neuf et marécageux. Les maisonnettes de l'ancienne Jacopolis, avaient été remplacées par des habitations commodes et, bien que l'enceinte de la place, assise, comme on l'a dit, sur un emplacement formé de cailloux et de sable provenant du délestage des bâtiments, eût à peine cent-vingt pas de diamètre, tant la mer était lente à céder le terrain, l'accès ne laissait pas d'en être difficile.

Après la prise de Brouage, par l'armée protestante, en 1570, le baron de Mirambeau ayant été remis en possession de cette place, s'était appliqué à la mettre hors d'insulte. Sa situation favorable au commerce et l'affabilité du baron y avaient attiré un grand nombre d'habitants des îles voisines. Mirambeau leur partagea le terrain pour y établir leurs demeures, et la ville acquit promptement une certaine importance.

Le duc de Mayenne établit son quartier-général au lieu de la Guillotière, au- dessus du bourg d'Hiers ; de ce point élevé , il pouvait projeter sa vue, d'un côté sur le camp, de l'autre sur la place assiégée, à laquelle conduisait une chaussée étroite, bordée de marais salants et couverte, en partie, par le bois d'Hiers. Ce bois, que les habitants de Brouage avaient conservé, par égard pour le baron de Mirambeau, qui y tenait beaucoup, bien qu'il pût leur devenir fort nuisible, dérobait au duc de Mayenne, une partie de son armée.

Il le fit abattre et employa les troncs des arbres à construire des retranchements, et les branches à fixer les terres sablonneuses pour empêcher l'éboulement dans les tranchées.

Ce siège dura près de deux mois pendant lesquels les assiégés firent plusieurs sorties et les assaillants donnèrent plusieurs assauts. Dans ces divers combats, qui furent fort sanglants, les deux partis montrèrent un égal courage qui provoqua plus d'une action héroïque.

Enfin les réformés, voyant avec désespoir leurs vivres et leurs munitions décroître de jour en jour, n'attendant plus de secours, ni du prince de Condé, ni de la flotte rochelaise qu'ils savaient être désemparée ; pressés de tous côtés par un ennemi formidable et se voyant à la veille, ou de subir la loi du vainqueur, ou de périr jusqu'au dernier sur la muraille, se décidèrent à tenter la voie des négociations.

On discuta longuement les articles de la capitulation qui fut arrêtée et signée le 16 août; elle portait que la garnison sortirait le dimanche suivant, à midi, avec armes et bagages, tambour battant, enseignes déployées, et, de plus avec un canon et une coulevrine que les assiégeants seraient tenus de faire conduire à la Rochelle dans le délai de huit jours; que les habitants de la ville qui voudraient rester dans leurs foyers, conserveraient la liberté de conscience et la jouissance de tous leurs biens, meubles et immeubles, et que ceux qui jugeraient à propos de se retirer, soit par mer, soit par terre, seraient escortés jusqu'à leur destination.

A huit ans de là, en 1585, Brouage fut de nouveau assiégé par le prince de Condé qui, dans le temps où il pressait vivement ce siège, fut obligé de voler au secours du château d'Angers, et d'en laisser la conduite au baron de Sainte-Mesme. Il y eut pendant vingt-un jour , des escarmouches fort vives et des attaques sanglantes; mais la déroute du prince et l'approche d'un corps de catholiques, qui marchaient au secours des assiégés, déconcertèrent les assaillants.

Les confédérés n'ayant pu s'emparer de Brouage, résolurent, l'année suivante, d'en ruiner le port ; et quoique quelques- uns évoquassent l'indignation publique contre la destruction du plus beau port que la mer eût formé sur les côtes voisines, le prince de Condé l'emporta en faisant observer que les hommes dont ce port occasionnerait la perte, étaient des chefs-d'œuvre encore préférables. On fit donc partir de la Rochelle, vingt bâtiments chargés de terre et de cailloutage, qui furent coulés à l'entrée du havre, près du chenal du Grand-Garçon.

Dans la suite, Saint-Luc, gouverneur de Brouage, et, postérieurement le cardinal de Richelieu, dépensèrent plus de 400,000 francs pour faire relever ces bâtiments, mais avec un succès très imparfait.

Lorsque ce ministre songea à réduire la Rochelle, le port de Brouage fut le centre de ses armements maritimes.

Plus tard, voulant avoir en Aunis un point militaire qui, avec le château d'Oléron et la citadelle de Saint-Martin, dans l'île de Ré, fût comme l'arsenal de sa puissance en Occident, soit pour contenir les populations dans l'obéissance, soit pour défendre cette frontière du royaume contre les ennemis du dehors, il jeta les yeux sur Brouage qui, depuis 1586, avait été comme abandonné des deux partis.

Cette ville fut bientôt flanquée de sept fort bastions, enceinte de murailles et de larges fossés qui subsistent encore aujourd'hui, munie de magasins et d'arsenaux propres à contenir l'immense matériel d'artillerie et les munitions de guerre enlevés à toutes les places démantelées du pays. Brouage, fut, dès-lors, une des places frontières les plus fortes et les mieux bâties du royaume.

Sa figure présentait un carré irrégulier, dont le polygone avait 292 mètres de longueur intérieure, sur 88 mètres de largeur. Les parapets, percés d'un grand nombre d'embrasures, avaient 2 mètres d'épaisseur, et tout le système de revêtement reposait sur un pilotis en grillages pour remédier à l'affaissement progressif d'un terrain mouvant et marécageux.

Tous ces travaux, qui coûtèrent des sommes énormes, furent exécutés d'après les plans et sous la conduite de l'habile ingénieur d'Argencourt, et, comme le cardinal était jaloux que cette grande œuvre perpétuât son souvenir, il fit sculpter ses armoiries sur toutes les portes et dans les lieux les plus apparents de la ville.

On y comptait alors quatre cents maisons formant de larges rues coupées en angle droit. On y avait placé aussi un siège royal, un siège d'amirauté, un hôpital militaire, un bureau des fermes, une cure et un couvent des Récollets.

Durant les troubles de la minorité de Louis XIV, le comte du Daugnion, gouverneur de Brouage, fit construire de nouvelles fortifications, notamment un bel ouvrage à corne, couvert d'une demi-lune, et plusieurs grands fossés pleins d'eau; on prétend que pour animer les ouvriers, il ouvrit lui-même les travaux, la pioche à la main, et fit porter la hotte à la comtesse sa femme.

Avec cette place forte, une flotte composée de quatorze vaisseaux et sept galères, 4,000 hommes de troupes, tous gens déterminés, ramas de pillards et de vagabonds qui répandaient la terreur dans tout le pays environnant, par leurs déprédations et leurs violences, ce comte crut pouvoir être rebelle impunément, et il se rendit assez redoutable pour qu'on payât sa soumission d'un don de 200,000 francs et du bâton de maréchal de France.

 

premier port européen pour le commerce du sel

 

 

 

 

 Le port souterrain

Une brillante destinée semblait se préparer pour Brouage, quand Louis XIV jeta les yeux sur ce port pour y former le grand arsenal maritime qu'il avait projeté sur les côtes de l'Océan.

Brouage est une place forte close et aussi un grand port de commerce ouvert sur l’Atlantique. A partir de  1631, des accès directs et sécurisés sont aménagés dans l’enceinte de la place forte.

Le soin de cet établissement fut confié à M. Colbert du Terron, intendant de l'Aunis et des iles adjacentes; mais ayant eu à se plaindre du commandant de la place, il allégua l'impossibilité de rien faire de ce port, à raison des bâtiments coulés en 1586, à l'embouchure,  du havre, des coupes faites par les habitants pour l'usage des marais salants qui l'avaient presque tari, etc., etc.; et Brouage fut abandonné, comme l'avait été la Seudre, pour songer à Soubise, que le prince de ce nom refusa de vendre, puis à Tonnay-Charente, refusé également par M. le duc de Mortemart, et enfin à Rochefort, où l'on se fixa définitivement.

 Le port souterrain avec le quai de chargement permettait aux barques de circuler sur les canaux tant pour ravitailler les ouvrages avancés que pour permettre le chargement des navires ancrés en amont de Brouage, vers le fond du havre, sous la protection des bastions de la forteresse. Poudre, hommes et nourriture transitaient parfois par ce souterrain, à l’abri du rempart.

On assigne à la ruine du port de Brouage différentes causes : les uns l'attribuent aux vaisseaux coulés à fond devant ce port; selon eux, les sables entraînés par le flux dans le canal de Brouage, ne furent plus rapportés dans  le sein de la mer avec autant de rapidité qu'auparavant, les bâtiments submergés en arrêtaient une partie, et, cette partie, par des accroissements successifs, a dégradé le port.

D'autres prétendent que la vase de la Charente, rivière extrêmement limoneuse depuis qu'elle est fréquentée à cause de la marine de Rochefort, a comblé le cul-de-sac de Brouage, étant poussée vers ce lieu par le mouvement des eaux.

Port de Brouage, Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, ingénieur, architecte militaire de Louis XIV

Mais la cause la plus vraie de cette détérioration, est venue de ce que les marais et les canaux des salines s'étant comblés, ne furent plus en état de recevoir les eaux du havre ; c'est ce qui avait donné l'idée au maréchal de Vauban, qui prévoyait que le canal et le port de Brouage se perdraient faute de courant, de joindre la Seudre à ce canal. Il voulait abandonner une grande partie des marais salants, dont on aurait fait une vaste flaque d'eau par le moyen d'une digue qui aurait commencé au bourg Saint-Just. Tous les canaux qu'il fallait creuser devaient être terminés par des écluses. Ce grand ouvrage eut un commencement d'exécution ; mais il fut interrompu bientôt après, à cause des embarras de la guerre de 1688.

En 1702, le siège d'amirauté et le bureau des fermes furent transférés à Marennes ; en 1730, on retira la garnison qu'on remplaça par six compagnies d'invalides, qui furent réduites à une seule en 1742. A cette dernière époque il y avait encore 415 habitants à Brouage.

Dans les jours si désastreux de la révolution de 1793, cette ville fut désignée comme lieu de dépôt et de détention des prêtres et des religieuses susects. L'insalubrité du climat, non moins que l'entassement de ces victimes politiques dans des lieux insuffisants pour les contenir, furent des causes de souffrance pour tous, et de mort pour un grand nombre.

La ville de Brouage, est maintenant bien moins une ville qu'un désert. Sa population n'est plus que de 200 personnes, indépendamment d'une centaine d'hommes de garnison. De loin, frappé de ses bastions, de ses remparts plantés d'arbres majestueux et qui annoncent une place de guerre importante, si le voyageur y pénètre, quelques bâtiments à peine restés debout au milieu de la destruction générale, les rues, les places non seulement couvertes d'herbes , mais les maisons, les foyers de l'ancienne population encombrés et remplis d'arbustes qui en surmontent les débris les plus élevés; quelques malheureux pâles, livides, et souvent dévorés par la fièvre, se traînant au milieu de ses ruines, tel est le tableau qui se présente ses yeux, telle est l'impression profonde et mélancolique qu'il éprouve et qu'aucune autre cité, en France, ne saurait produire!.

Brouage est traversé par la route départementale de Rochefort à Marennes, dont il est distant de 6 kilomètres. Il n'est arrosé par aucun ruisseau, et les habitants manquent d'eau potable depuis que, sans aucun profit pour l'Etat, on a fait enlever les tuyaux qui y conduisaient les eaux de la fontaine de Hiers.

Par suite de la suppression de la poudrière de Saint-Jean-d'Angély, l'ancien magasin aux vivres de Brouage est devenu le dépôt d'une immense quantité de poudres.

Ce bâtiment est moins remarquable par son étendue, qui lui permet de recevoir en ce moment plus d'un million de kilogrammes de poudre, que par son étonnante conservation et l'absence de toute humidité qui, dans un terrain aussi marécageux, ne peut être attribuée qu'aux dépôts de sable et de délestage sur lesquels cette ville est bâtie.

Cet établissement, et la petite garnison qu'il nécessite, le pavage de la rue où se trouve à peu près concentrée toute la population, la réparation du clocher, de l'église et de l'horloge ; les terrassiers qu'y ont attirés les défrichements voisins; la réunion de la commune de Hiers à celle de Brouage qui, jusqu'alors, n'avait pas d'autre territoire que l'enceinte de ses murailles, et l'assainissement dû aux travaux de dessèchement, semblent au moins, depuis plusieurs années, avoir soustrait cette ville à l'arrêt de destruction qu'elle subissait depuis si longtemps; et s'il ne lui est pas donné de voir jamais renaître les jours d'une splendeur si rapidement éclipsée, peut-être pourra-t-elle remonter à ce point de n'avoir du moins rien à envier aux communes voisines.

Quant à son port proprement dit, c'est à dire au bassin demi-circulaire qui s'étendait du lit actuel du havre jusqu'au ruisseau qui longe les murailles et les anciens quais en pierre de taille dont on aperçoit encore les débris en face de la porte d'entrée, totalement comblé par les vases et métamorphosé en pacages et en terres labourables, il n'a plus d'autre avenir à espérer que l'entretien au moins de ce qui reste de l'ancien lit du havre, dans l'intérêt du transport des poudres, comme dans celui de la petite portion de salines qu'il alimente, et de la communication qu'il, établit entre les canaux d'Oléron et de la Charente par le canal de St-Agnant.

Dans les fouilles faites à l'église de Brouage, au mois de mai 1835, on a découvert plusieurs tombeaux assez curieux et bien conservés.

Le premier est couvert d'un écusson à couronne, dont le fond est parsemés d'hermine et soutenu par deux levrettes ; on y lit l'inscription suivante : « Ci gît haut et puissant seigneur  messire Claude Dacigné, marquis des  Carnavallet, qui a été gouverneur pour le roi des villes et pays de Brouage, l'espace de dix-huit ans et y est mort le 10 septembre 1685, âgé de 65 ans. »

Cette tombe était placée à la droite du chœur, à moitié soulevée. On a trouvé dessous un cercueil de plomb; les ossements qu'il contenait ont été recueillis avec soin, et mis, en présences de l'autorité civile, militaire et ecclésiastique dans un cercueil de bois qu'on a recouvert de la même tombe, qui est une espèce de marbre, et qu'on a placé, pour plus de régularité, au centre du sanctuaire, près de l'autel.

Le deuxième tombeau porte cette épitaphe : « Ci gît Joseph de Guay, chevalier de  la Tour, lieutenant-colonel du régiment de Noailles-infanterie, gouverneur de Brouage, mort le 17 septembre 1762, âgé de 100 ans, ayant servi le roi 80 ans. »

On lit sur le troisième: « Ci git, le corps de Michel Broulleaud, chirurgien-major du régiment Trenel- infanterie et chirurgien en chef de l'hôpital militaire de Brouage, décédé le 17 avril 1761, âgé de 47 ans. »

On a trouvé aussi, dans les combles, un autel des marins destiné à la vierge, où sont encore déposés quelques restes des vœux des gens de mer.

Si le port a disparu, quelques bateaux demeurent, souvent installés sur des remorques devant la maison de leur propriétaire. Une activité ostréïcole subsiste encore et quelques pas dans cette nature intacte agissent comme un véritable voyage dans le temps.

 

Par M. A. GAUTIER, de la Rochelle, Membre de la Société française de Statistique universelle.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-maritime/decouverte-quand-brouage-17-etait-le-1er-port-europeen-de-sel-684765.html

 

Les Forteresses de la Mer : la Tour de Broue<==

 

 

 


 

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Brouage, vitraux de la Nouvelle-France.
Samuel de Champlain est originaire de Brouage. À l'intérieur de l'église, le Comité du Mémorial de la Nouvelle-France présente une exposition intitulée "Il était une foi... en Nouvelle-France".



Les Guerres de Religion en Saintonge, la citadelle catholique de Brouage - Charles IX -Henri III- Agrippa d'Aubigné- Henri IV

Il n'est pas possible de nommer Théodore Agrippa d'Aubigné sans rappeler ce que fut ce compagnon d'Henri IV, à la fois soldat courageux et écrivain brillant. Théodore Agrippa d'Aubigné naquit au château de Saint-Maury, près de Pons, en Saintonge, l'an 1552. Son père était seigneur de Brie en Saintonge....


 

Les Fortifications de Brouage sous Charles IX et combat naval. (5 septembre 1565)

Sous Charles IX, la place est fortifiée par des ingénieurs italiens Bélarma, Béphano, Castrizio, d'Urbain et le chevalier Orcogio. On commença d'abord par tracer la ville et par l'entourer d'un grand fossé : aux quatre angles d'un carré long formé par ce fossé, on éleva les remparts avec des mâts de navires enfoncés en terre et retenus par de forts madriers qui soutenaient un massif de terres transportées et liées avec fascines.....



 

Le Cardinal de Richelieu et le marquis de Vauban dans le golfe de Brouage. Construction de la citadelle des marais salants

La mer s'est maintenant retirée de la plus grande partie du bassin brouageais, et de nouveaux champs de sel vont être créés sur les terres émergées entre Marennes, l'îlot d'Hiers et les hauteurs de Saint-Froult et de Moëze (1).....