les forteresses de la mer Tour de Broue

Les ruines de ce donjon, bâti sur une colline qui révèle sa trace et la forme traditionnelle d’une motte féodale haute de 27 mètres dominant l'ancien golfe de Brouage, sont tout ce qui subsiste d'un puissant château-fort dont les origines remontent au XIe siècle.

À cette époque, les marais ne s'étaient pas encore formés, et l'océan battait les remparts de cet important édifice défensif. (Golfe des Santons)

Broue formait alors un port maritime, une paroisse et une châtellenie, dont l'enrichissement était dû au commerce du sel. Le château était organisé autour d'un corps principal, d'une cour intérieure, d'une chapelle et du donjon proprement dit, qui mesurait alors près de 30 mètres de haut (il ne mesure plus que 25 mètres aujourd'hui), l'ensemble étant clos par une série de remparts, dont il subsiste quelques vestiges.

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Autour du château existait une petite ville dont il ne reste rien, mis à part quelques pans de murs à demi ruinés.

Le château est mentionné pour la première fois dans une charte de 1047, mais il existe probablement au début du XIe siècle, quand le comte de Poitiers et duc d’Aquitaine Guillaume le Grand accorde au comte d’Anjou Foulque Nerra « Saintes et quelques châteaux ».

En 1047, il appartient à Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra, qui sera le premier comte de Broue.

En 1062, le comte de Poitiers Guy-Geoffroy chasse par les armes Geoffroy Martel et prend alors en mains la destinée de Broue.

 

Cette tour, dont il est fait mention dans une charte de 1078, rapportée par Bresly, dans son histoire des Ducs d’aquitaine : « Nam de aias in insulam Olarionis navigavit, et indè ad Castellum quod Broa vocatur, venit, » était bâtie à la pointe de la langue de terre qui s’avance de plus d’une demi-lieue dans le bassin de Brouage, et c’était le grand canal, dont les eaux venaient  baigner ses murailles, qui formait, avec celui de St-Augustin, le havre de Brouage.

(visite virtuelle Les Forteresses de la Mer : la Tour de Broue)

L’expression latine Castellum, annonce que cet antique édifice ne consistait pas seulement dans une simple tour destinée à servir de phare, mais constituait la dépendance d’un château, d’un véritable fort, élevé pour défendre un point très important pas sa position, comme la population qui s’y trouvait alors rassemblée.

La donation faite, en 1047, à l’abbaye de Saintes, par Geoffroi, comte de Saintonge, de l’église de St-pierre et St-Eutrope de Broue ; la disposition des lieux. Les documents de l’histoire, les vestiges qui subsistent encore des douves et fortifications, et le témoignage positif consigné dans le procès entre le Maréchal de Richelieu et l’abesse de Saintes, que Broue était la forteresse du Gouvernement de l’ile de Marennes et Hiers, s’accordent aussi pour confirmer cette opinion.

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Il était difficile, en effet, de trouver une plus belle position militaire que celle de ce fort : placé sur un promontoire qui dominait tous les alentours, et s’élevait spécialement et presque à pic de 30 mètres au -dessus du Grand Golfe, devenu depuis platin de Brouage par la retraite de la mer ; entouré en grande partie et défendu par les eaux de ce même golfe ; fortifié, en outre, par l’art comme part la nature, ce château était alors vraiment imprenable.

L’histoire nous apprend aussi qu’en 1372, les Anglais, poursuivis de tous côtés par les armes victorieuses du connétable Duguesclin, abandonnèrent  toutes les places de la Saintonge et vinrent  se réfugier dans la Forteresse de Broue.

L’éloignement de l’Océan, en diminuant simultanément l’importance et les moyens de défense de ce fort, l’aura probablement assez fait négliger pour en occasionner la ruine.

 

 

Malgré la solidité de sa construction, il n’en reste plus aujourd’hui que quelques remparts et fossés à demi comblés et la moitié d’une tour carrée d’environ 25 mètres de hauteur, qui servait vraisemblablement, dans les temps, dans les temps reculés, de phare fortifié ayant également pour objet d’éclairer la marche des vaisseaux sur cette côte dangereuse, et de défendre l’entrée du port.

Cette tour est bâtie en moellons avec quelques rangs de pierres de taille de distance en distance ; le mortier, de couleur rougeâtre et fait avec du gros sable mêlé de charbon pilé, est extrêmement dur et ne se détache des pierres que par masses. Les murs, d’une épaisseur de 2 mètres 60 centimètres, sont appuyés par des piliers buttant, construits en pierre de taille. Ces piliers sont au nombre de cinq, à la façade du couchant ; il y en avait aussi aux autres façades, car on en remarque encore deux à celle du Nord, et trois à celle du Midi.

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On aperçoit, dans l’épaisseur des murs, des trous ronds, qui ont 12 centimètres de diamètre. La partie de la tour qui est existante, est  remarquable, du côté de l’Est, par deux portes cintrées, qui aboutissent à un petit corridor pratiqué dans la longueur du mur, à la hauteur de 11métres 70 centimètres ; au- dessus des portes sont deux fenêtres de la même forme, au milieu desquelles s’élève une grande cheminée qui va en s’élargissant par le bas en forme de cloche et qui parait avoir été le foyer du Fanal ; elle est accompagnée de deux petites colonnes sans couronnement.

Le mur est terminé par des créneaux de 2 mètres de hauteur. L’opinion vulgaire est qu’il y a des souterrains sous la tour ; quelques personnes assurent avoir découvert des excavations ou l’on enfonçait de longues perches, sans trouver le fond, et desquels trous sortait un air frais, même dans les temps les plus chauds.

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Si l’opinion de quelques antiquaires, qui ont cru devoir placer le port des Santones auprès de la tour de Broue, est erronée, il est au moins hors de doute, que la mer baignait et longeait autrefois ce promontoire. On pourrait même, au besoin, trouver une nouvelle preuve de ce séjour et de l’ancien état de ce bassin, dans le nom même de Broue qui, en langue celtique, signifie Boue, Bri, terre glaise. ==> Lacurie (abbé). Carte du Golfe des Santons, Pictons sous les Romains

 

1555 : abandon de Broue et naissance de Brouage.

En 1727, en creusant un fossé au pied de la hauteur sur laquelle la tour de Broue a été bâtie, on a découvert la quille d’un bâtiment d’un fort tonnage. Au-delà de la tour et près du château d’un Blénac, des ouvriers trouvèrent aussi, en fouillant  la terre, des coquillages, une ancre et des débris de navires. Il est certain, par le rapport de témoins oculaires, qu’il se construisait encore, vers 1620, des bâtiments de 40 tonneaux au pied de la tour de Broue.

 Au fil de siècles, le paysage a changé de visage et aujourd’hui Broue contemple Brouage, toutes deux orphelines de la mer. Cette dernière a laissé place au marais qui abrite une biodiversité  exceptionnelle (échassiers, rapaces, cistudes, orchidées, etc.).

En période de nidification, vous pourrez observer le balai incessant des Choucas des tours (petits corbeaux) qui nichent dans la tour ainsi que quelques cigognes.

 

  Miracle de Saint Macoult à Broue (st Malo à Brouage- Portus Santonum ) <==........==> LA TOUR DE BROUE 1115-1789 ; En 1372, le château est assiégé par Bertrand Du Guesclin

....==> Ciconia ciconia, les sentinelles des marais salants de Brouage (tour de Broue)

==>Notice Historique sur la ville de Brouage et de son port souterrain

 

 


 

An Mil - Carte des Châteaux de l' Anjou sous Foulques Nerra

Le temps des Carolingiens s'achève. Le grand empire de Charlemagne n'existe plus. En Francie occidentale, le dernier souverain carolingien meurt et Hugues Capet devient roi des Francs. C'est le début d'une nouvelle ère, celle des Capétiens.

 

tour de broue coffre à sel poster

Charente-Maritime. PCR " Charente-Maritime. PCR « Les marais charentais au Moyen Âge et à l’époque moderne : peuplement, environnement, économie »

Ce PCR a pour aire d'étude l'espace qui correspond à la grande échancrure côtière en cours de comblement appelé golfe de Brouage ou marais de Saintonge. Cette zone comprend les communes de Hiers-Brouage, Saint-Sornin, Saint-Just-Luzac, La Gripperie-Saint-Symphorien, Saint-Agnant, Saint-Jean-d'Angle, Saint-Froult, Port-des-Barques.

https://journals.openedition.org

 

Saint-Sornin (Charente-Maritime). Broue

Le projet collectif de recherche intitulé " les marais charentais au Moyen Âge et à l'époque moderne : peuplement, environnement, économie " est en 2016 au milieu de sa seconde triennale. Depuis 2011, il associe des archéologues, historiens, géographes et environnementalistes venant d'horizons institutionnels divers. La pluridisciplinarité est au cœur du projet.

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