L’histoire de Pierre Terrail, seigneur de Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche; le Tournoi d'Aire

Après Jeanne d’Arc et du Guesclin, voici, mes enfants chéris, l’histoire de Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche.

Pour la troisième fois j’inscris votre nom en tête de ces récits qui rappellent les héros de la France.

Et c’est pour moi l’une des meilleures joies de ma vie de vous dédier ces beaux livres, car cette joie est faite avec les souvenirs de nos bonnes soirées familiales, de votre rire, de votre baiser avant le sommeil, aussi avec l’espérance que vous suivrez quelques-uns des conseils contenus dans ces histoires vraies.

Histoire_du_chevalier_Bayard_racontée_[

(Le Parfait Chevalier doit faire Assault de Lévrier, Dépense de Sanglier, Fuite de Loup)

 

La relation d'un des tournois organisés, sous Charles VIII, par le chevalier Bayard, alors qu'il était en garnison à Aire (Aire-sur-la-Lys), en Picardie, nous donne une idée très exacte de ce genre de fêtes.

Ce récit est extrait de l'histoire de Bayard par le Loyal Serviteur, son contemporain, grand admirateur du vaillant chevalier auquel les hauts faits ont valu « une éternelle couronne de laurier » et qui, ainsi qu'il le rappelle, « toujours disait qu'il mourrait pour le bien public de ses pays ».

Le tournoi fut annoncé ainsi qu'il suit :

ORDONNANCE

Par laquelle le chevalier Bayard fit crier dedans Aire un tournoi pour l'amour des dames, où il y avait pour le mieux faisant un bracelet d'or, et un bel diamant pour donner à sa dame.

 Pierre de Bayard, jeune gentilhomme et apprenti des armes, natif du Dauphiné, des hommes d'ordonnances du roi de France,  sous la charge et conduite du haut et puissant Mgr de Ligny,  faisait crier et publier un tournoi, au dehors de la ville d'Aire et joignant les murailles, à tous venants, au vingtième jour de juillet, de trois coups de lance sans lice, à fer émoulu, et en harnais de guerre, et douze coups d'épée, le tout à cheval. Et au mieux faisant donnait un bracelet d'or émaillé de sa livrée et du poids de trente écus. Le lendemain serait combattu à pied, à poussée de lance, à une barrière de la hauteur du nombril et, après la lance rompue, à coups de hache, jusques à la discrétion des juges et de ceux qui garderaient le camp. Et au mieux faisant donnait un diamant du prix de 40 écus.

 

 Les chevaliers se délectaient tous les jours à essayer leurs chevaux et faire banquets aux dames, où entre autres le bon cheva lier fit très bien son devoir, de sorte que les dames de la ville et plusieurs autres d'alentour, qui étaient venues pour être au tournoi, lui donnaient éloge sur tous les autres, dont toutefois « ne se mettait en orgueil.

Or, vint le jour ordonné pour commencer ledit tournoi, que chacun se mit sur les rangs.

L'un des juges était le bon capitaine Louis d'Ars, et l'autre le seigneur de Saint-Quentin.

Se trouvèrent les gentilshommes sur les rangs qui furent « nombrés à quarante-six, et par sort, sans tromperie, furent par tagés vingt-trois d'un côté et vingt-trois d'un autre.

Et eux étant prêts pour commencer à bien faire, la trompette va sonner et après déclara de point en point l'ordre du tournoi.

Convint au bon chevalier se présenter le premier sur les rangs et contre lui vint un sien voisin du Dauphiné, nommé Tartarin, qui était fort rude homme d'armes. S'y laissèrent courre l'un à l'autre, de sorte que le dit Tartarin rompit sa lance à demi-pied du fer, et le bon chevalier l'asséna au haut du grand garde-bras et mit sa lance en cinq ou six pièces, dont trompettes sonnèrent impétueusement, car la joute fut belle à merveille. Et après avoir parfourni leur poindre, retournèrent pour la seconde, et fut telle l'aventure de Tartarin que de sa lance faussa le garde bras du bon chevalier à l'endroit du canon, et croyaient tous ceux  de la compagnie qu'il eût le bras percé. Ledit bon chevalier lui « donna au-dessus de la vue et lui emporta un petit chapelet plein de plumes. La tierce lance fut aussi bien ou mieux rompue que les deux autres.

 Et ainsi, deux contre deux, joutèrent jusqu'à ce que chacun eût parfourni ses courses.

Après, convint combattre à l'épée, et commença, selon la première ordonnance, le bon chevalier, qui, du troisième coup qu'il donna, rompit son épée en deux pièces, et du reste fit si bien son devoir jusques au nombre des coups ordonnés que mieux n'eût su faire.

Après vinrent les autres selon leur ordre.

Quand vint le soir, que chacun eut fait son devoir, ils se retirèrent au logis du bon chevalier, qui avait fait dresser le souper « triomphalement, où il y eut force dames; car de dix lieues alentour toutes celles de Picardie ou la plupart étaient venues voir ce beau tournoi, et y fut fait grande et triomphante chère.

Après le souper, il y eut danses et plusieurs autres ébattements, tant qu'il fut si tard, avant que personne se voulût ennuyer, que une heure après minuit sonna.

L’histoire de Pierre Terrail, seigneur de Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche; le Tournoi d'Aire sous Charles VIII

Le lendemain, il convint aller ouïr messe, laquelle chantée vous eussiez vu les jeunes gentilshommes prendre les dames par dessous les bras et iceles mener, parlant d'amour et autres joyeux devis, jusques au logis du bon chevalier, où, s'ils avaient fait bonne chère le soir devant, à dîner la firent encore meilleure

Environ sur les 2 heures, chacun qui était du tournoi se tira « sur les rangs, pour achever l'ordonnance du second jour, où « celui qui, à son penser, n'était pas pour avoir le prix de la première journée, espérait avoir la seconde.

Les juges, seigneurs et dames arrivés sur le lieu, commença le bon chevalier sans peur et sans reproche le pas en la manière accoutumée, et contre lui vint un gentilhomme du Hainaut, fort estimé, qui s'appelait Hanotin de Sucker. Par-dessus la barrière, à poussée de lance, se ruèrent de grands coups et jusqu'à ce qu'elles fussent par pièces. Après, prirent leurs haches qu'ils avaient chacun de leur côté, et se ruèrent de grands et rudes horions, tellement qu'il semblait la bataille être mortelle.

Toutefois, enfin, le bon chevalier donna un coup sur son adversaire, à l'endroit de l'oreille, de sorte qu'il le fit tout chanceler et, qui pis est, agenouiller des deux genoux, et, en rechargeant par-dessus la barrière, lui fit baiser la terre, qu'il voulût ou non.

Quoi voyant, les juges crièrent : « Holà ! holà ! c'est assez; qu'on se retire ! »

Ainsi fit chacun en son endroit, de sorte qu'il était 7 heures quand le tournoi fut achevé.

 Chacun se retira à son logis pour soi désarmer. Puis après vinrent tous à celui du bon chevalier où était le banquet apprêté, et déjà y étaient les deux juges, les seigneurs d'Ars et de Saint Quentin, et toutes les dames.

 Après le souper, convint donner résolution des deux journées et par les juges déclarer qui devait avoir les prix.

Ils demandèrent à plusieurs gentilshommes expérimentés aux armes, en leur foi, et puis après aux dames, en leur conscience et sans favoriser l'un plus que l'autre.

 Enfin, tant par les gentilshommes que par les dames fut dit que, combien que chacun eût fait si bien son devoir que mieux ne pourrait, ce néanmoins, à leur jugement, de toutes les deux journées, le bon chevalier avait été le mieux faisant.

Par quoi, remettaient à lui-même, comme celui qui avait gagné les prix, de donner ses présents où bon lui semblait.

Sonna la trompette pour faire le silence, qui fut fait.

L’histoire de Pierre Terrail, seigneur de Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche; le Tournoi d'Aire sous Charles VIII 3

Dit le seigneur de Saint-Quentin : « Messeigneurs, qui êtes ici tous assemblés, et mêmement ceux qui ont été du tournoi dont messire Pierre de Bayard a donné le prix, par deux journées, Mgr d'Ars et moi, juges délégués par vous à donner sentence raisonnable où seront lesdits prix mieux employés, vous faisons assavoir que, après nous être bien et dûment enquis à tous les vertueux et honnêtes gentilshommes qui ont été présents à voir faire vos armes, et semblablement aux nobles dames que voyez ici en présence, avons trouvé que chacun a très bien et honnêtement fait son devoir. Mais, sur tous, la commune voix est que le seigneur de Bayard, sans blâmer les autres, a été de toutes les deux journées le mieux faisant, par quoi les seigneurs et dames lui remettent l'honneur à donner le prix où bon lui semblera.

Et s'adressant au bon chevalier, lui dit : « Seigneur de Bayard, avisez où vous les délivrerez.

Il en fut tout honteux et demeura un peu pensif, puis après dit : « Monseigneur, je ne sais par quelle faveur cet honneur m'est fait; il me semble qu'il y en a qui l'ont trop mieux mérité que moi; mais, puisqu'il plaît aux seigneurs et dames que j'en sois juge, suppliant à tous MMgrs mes compagnons, et qui ont mieux fait que moi, n'en être déplaisants, je donne le prix de la première journée à Mgr de Bellabre et de la seconde au capitaine David l'Écossais. »

Il leur fit incontinent délivrer les présents; ni, depuis, homme ni femme n'en murmura. Commencèrent ensuite les danses et passe-temps. »

 

 

L’histoire de Pierre Terrail, seigneur de Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche; le Tournoi d'Aire sous Charles VIII 2

Le Musée de l'armée (section des armes et armures), collections renfermées dans les salles d'armures et dans la galerie des costumes de guerre, par le lieutenant-colonel É. Hardy,...

 

BAYARD (Jean. du TERRAIL, seigneur de). Célèbre chevalier français, né au château de Bayard (1476), à 24 kil. de Grenoble. Son père, Aymond du Terrail, était d'une vieille maison du Dauphiné, qui avait fait ses preuves, et, en fait de courage et de loyauté, ne le cédait à personne. Élevé par son oncle, Georges du Terrail, évêque de Grenoble, qui lui rappelait sans cesse la mort glorieuse de ses ancêtres à Poitiers, à Azincourt et à Montlhéry; la renommée des autres dans les armes, et leurs glorieuses blessures, il eut de bonne heure un ardent désir de les égaler. A 16 ans, il fut page du duc de Savoie, qui avait admiré la grâce intrépide avec laquelle il montait à cheval. Charles VIII le remarqua parmi ses compagnons, et demanda au duc de Savoie de le lui céder. Bayard prit part, avec Charles VIII, à la bataille de Fornoue (1495). Il revint en Italie avec Louis XII. Fait prisonnier à Milan, il fut renvoyé sans rançon par Ludovic Sforza, défendit seul un pont sur le Garigliano contre les Espagnols, sauvant, par cet effort héroïque, l'armée française, et, devant Gênes révoltée contre LouisXII, contribua à la reddition par l'attaque et la prise d'un fort, dans lequel il avait vu la clé de la place. A Agnadel, placé à l'arrière-garde, il prit, par une manœuvre hardie, l'ennemi en flanc, et décida la victoire (1509). Jules Il était l'ennemi de la France. Bayard essaya de l'enlever, mais lorsqu'on lui proposa un empoisonnement, dont on le faisait confident et complice, il le repoussa avec horreur, et fit prévenir le pape. Blessé à l'assaut de Brescià, il sauva de la brutalité des soldats la famille dans laquelle il avait été reçu, refusa tout témoignage de reconnaissance et laissa, dans cette ville souillée par tant de meurtres, comme partout où le portait le sort de la guerre, le souvenir du parfait chevalier (1511). Lorsque Gaston de Foix attaqua, près de Ravenne, le camp de Cardena, Bayard, qui avait opiné pour la bataille, conquit deux enseignes. Cependant Gaston était resté sur le champ de bataille, et l'armée française épuisée dut se replier sur les Alpes. Blessé à la retraite de Pavie, il se retire dans son château, où sa bonté, sa douceur, sa justice le font aimer, comme sa vaillance impétueuse l'avait' fait admirer. Il fit la guerre au-delà des Pyrénées, où Louis XII avait envoyé une armée pour reprendre la Navarre. Cette guerre fut malheureuse, mais Bayard se- signala encore en sauvant une partie de ses compagnons d'armes. Ligué avec Ferdinand d’Espagne et Maximilien d'Autriche, Henri VIII d'Angleterre menaçait la Picardie, et faisait le siège de Thérouanné (1513). Dans la malheureuse Journée des éperons, à Guinegate, Bayard fit des efforts inouïs pour empêcher la fuite. Accablé par le nombre, il court à un officier anglais, le somme de se rendre, sous peine de la vie, et lui remet son épée. Dès son avènement, François Ier constitua des gouvernements qui furent, bientôt portés à 12, et qui s'élevèrent plus tard à 32. Sa pensée était surtout de protéger les frontières. Il envoya Bayard en Dauphiné, comme gouverneur, et le chargea de préparer l'entrée en Italie. Colonna espérait le surprendre, Bayard le fit prisonnier. A Marignan, Bayard qui, « à lui seul, valait une armée, » combattit pendant toute la journée, et passa la nuit perdu dans un bataillon suisse.

 

Adoubement de François Ier par le chevalier Bayard Il existe aux Archives départementales des Hautes Alpes, un document référencé F2167, volume IX des pièces manuscrites, pièce No 23, qui atteste cet adoubement. Il s'agit d'une requête, rédigée en latin, adressée à François Ier en personne par la ville d'Embrun qui comporte la phrase suivante (Traduction): "De même pour l'arrivée du dit notre seigneur le roi François; de même, parce qu'il a été fait chevalier par la main du seigneur de Bayard".==> https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Pierre_Terrail_de_Bayard

François 1er rendit hommage à sa valeur, en voulant être armé chevalier de sa main. Bayard refusa par modestie, et n'obéit qu'à l'ordre du roi. Il accomplit toutes les cérémonies, donna l'accolade au roi, le frappa du plat de son épée et dit « Sire, autant vaille que si c'estoit Roland, ou Olivier, Godefroy ou Baudouin son frére; certes, vous estes le premier prince que oncques us chevalier. » Puis, baisant son épée « Certes, ma bonne épée, serez, dès ce jour, moult bien comme relique gardée, et sur toutes autres honorée et conservée, pour avoir aujourd'hui à un si vertueux et puissant roi, donné l'ordre de chevalerie, et ne vous porterai jamais, si ce n'est contre Turcs, Sarrazins ou Maures. » La Champaghe est menacée. On propose au roi de brûler Mézières et de dévaster la province. Bayard s'y oppose et se jette dans Mézières. « Avant de. sortir, répondit-il à l'ennemi qui lui propose de se rendre, j'espère faire dans les fossés un pont de corps morts sur lequel je puisse passer avec ma garnison. » Le siège fut levé. Cette résistance héroïque sauva Paris et la France. Bayard fut fait chevalier de saint Michel, et eut à commander une compagnie de cent hommes d'armes, honneur réservé aux princes. Pendant son séjour dans le Dauphiné, il y combattit la peste, comme il avait partout combattu l'ennemi, et releva l'espoir de cette malheureuse province. Il réprima une seconde révolte de Gênes et prit Lodi. Les revers commençaient en Italie. Bonnivet, par son incapacité, qui devait surtout être funeste à Payie, avait fait battre Bayard à Rebec, près de Milan. Il s'agissait de protéger la retraite de l'armée. « Je vous promets de la sauver au péril de mes jours, » dit Bayard à Bonnivet. On se retirait sur la Sésia, pour n'être pas coupé de la France. Bayard était à l'arrière garde, contenant l'effort des Espagnols (30 avril 1524), lorsqu'il fut frappé d'un coup d'arquebuse. « Jésus, mon Dieu, s'écrie-t-il, je suis mort Il était atteint aux reins. Il ne veut pas qu'on le secoure, commande que l'on continue en ordre la retraite, et demande seulement qu'on ne lui fasse pas, pour la première fois, tourner le dos à l'ennemi. Puis il baise la, croix de son épée, se confesse à son écuyer, à défaut de prêtre, et charge un de ses compagnons de ses adieux au roi et au pays, et d'une suprême assurance de son fidèle amour. Bourbon, traître à sa patrie, passe et lui exprime sa douleur de le voir en pareil état. « Ce n'est pas moi qu'il faut plaindre, répond Bayard, mais vous qui combattez contre votre roi et votre patrie. » Il expira un moment après. Il avait 48 ans.

Les ennemis lui rendirent les plus grands honneurs.. Son corps fut transporté à Grenoble, au milieu des manifestations d'un deuil universel. François 1er exprima publiquement son regret. Moins d'un an après, vaincu et prisonnier à Pavie, il s'écriait « Ah ! chevalier Bayard, que me faites grande faute Je ne serais pas ici si vous viviez. »

Aux vertus militaires, communes de son temps, il joignait des qualités plus rares. On lui demandait quels sont les véritables biens « ce qui ne craint ni la pluie, répondit-il, ni la tempête, ni la force des hommes, ni l'injustice la sagesse et la vertu. » Sa générosité n'a point été égalée. Son désintéressement était d'autant plus remarquable, qu'il contrastait avec la cupidité des hommes de guerre, trop faciles imitateurs des mercenaires que l'Italie et l'Allemagne envoyaient sur tous les champs de bataille. Henri VIII (d'autres disent Jules 11) voulait l'attirer dans son parti « Je n'ai, dit Bayard, qu'un maître au ciel, qui est Dieu, un maître sur la terre, qui est le roi de France je n'en servirai jamais d'autres. La vie de Bayard a été écrite par son secrétaire Jacques Joffrey « le loyal serviteur » sous ce titre La très joyeuse, plaisante et récréative histoire du bon chevalier sans peur et sans reproche, gentil seigneur de Bayard. Étienne Pasquier le loue aussi dignement. Son nom est resté le type achevé de la valeur militaire et des vertus privées.

Histoire du chevalier Bayard racontée à mes enfants / Théodore Cahu ; Illustrations de Paul de Sémant
Dictionnaire des noms propres, ou Encyclopédie illustrée de biographie, de géographie, d'histoire et de mythologie.... A-F / par B. Dupiney de Vorepierre,...

1515 Reconstitution historique - Des chevaliers sur les traces de François 1er et du chevalier Bayard dans les Alpes
 Un périple de deux jours qui les mènera jusqu'à 2.641 mètres d'altitude et au cours duquel ils seront accompagnés de toute une caravane......