Andegauensis ducatus pars touraine La Loire et les fleuves de la Gaule romaine

Dès l'époque gauloise, et encore bien plus durant la période romaine, la Loire (Ligeris Fluvius) et ses bords ont été le siège, le support et le moteur de toute une série d'activités et de transports. Plusieurs villes se sont construites sur ses rives.

 Le long de son cours passaient des embarcations en grand nombre. Les autres fleuves de la Gaule, et au-delà, des régions voisines et plus lointaines ont connu, chacun selon sa personnalité, une animation analogue.

Les agglomérations riveraines ont parfois aménagé et stabilisé les berges, et on a résolu de diverses manières la question de la traversée, du gué au pont de bateau ou de maçonnerie.

C'est toute cette vie de la Loire et des fleuves dans l'Antiquité que les différentes contributions réunies dans le volume retracent, en signalant quelques débats toujours ouverts, et en apportant sur plusieurs points des interprétations nouvelles.

Elles abordent également d'autres questions touchant au monde fluvial, tels que les coûts des transports, la réglementation qui s'est mise en place, l'utilisation politique et idéologique effectuée par le pouvoir impérial, l'environnement religieux que les hommes ont construit autour des cours d'eau, et la dimension mythique dont certains grands fleuves se sont trouvés enrichis.

Caesarodunum - Tours La Loire et les fleuves de la Gaule romaine

Robert Bedon (éd.), Vicinitas aquae. La vie au bord de l’eau en Gaule et dans les régions voisines

Le rapport entre la ville et l’eau est l’objet de plusieurs communications dont la première (E. Hermon) concerne le « corpus des arpenteurs latins ».

La pratique de l'arpentage et du bornage était probablement confiée à l'origine aux augures (1).

Ces écrits, très précieux pour les historiens du paysage, ont été rédigés à des époques différentes (principalement durant l’Antiquité tardive) et recensent un certain nombre de cas de « relation » ville/fleuve « théorisées » par ces techniciens, autour des exemples de villes comme par exemple Terracine (Italie centrale), traversées par des cours d’eau.

Ces spécialistes de l’aménagement précisaient alors les dangers du voisinage de l’eau, principalement des fleuves, et on note ainsi que la question du risque inhérente à cette proximité était admise, avec ce qu’on appelle le modus flumini, c’est-à-dire le droit du fleuve, autrement dit la notion de lit majeur et le droit de divagation du cours d’eau.  

Robert Bedon (éd.), Vicinitas aquae. La vie au bord de l'eau en Gau...

Les actes du colloque Caesarodunum ont été, en 2009, consacrés à l'étude du lien étroit entre la ville/le village de Gaule romaine et l'eau (rivière, fleuve, lac ou étang). On retrouve les 18 communications regroupées en 4 chapitres : " espaces fluviaux ", " villes et villages ", " habitat rural et villae " et " la vie au bord de l'eau ".

http://journals.openedition.org

 

Les ponts de la Loire à l’époque gallo-romaine (Annie Dumont)

 

 Strabon, en expliquant que « la Loire offre toutes facilités : elle coule des Cémmènes jusqu’à l’Océan», rappelait que ce fleuve majeur de notre territoire représentait un des principaux itinéraires entre la Méditerranée et l’océan Atlantique, via le Bassin rhodanien. Sa position géographique et son étendue en faisaient un obstacle incontournable pour tous les itinéraires reliant le sud au nord de la Gaule. Cependant, lorsque l’on consulte la carte archéologique qui répertorie tous les vestiges, on constate la rareté des ponts gallo-romains attestés, et la quasi-absence des ponts d’époque gauloise. Pourtant, dans La guerre des Gaules, César en cite deux sur ce fleuve, à Orléans, et aux Ponts-de-Cé ou Saumur, et plusieurs sur un des principaux affluents, l’Allier.

 

onze ponts romains sont aujourd’hui connus, depuis l’aval vers l’amont : Saint-Martin-de-la-Place, Candes-Saint-Martin (sur la Vienne, à proximité de la confluence avec la Loire), Fondettes, Tours (deux ponts), Blois, Cosne-sur-Loire, Saint-Satur (deux ponts), Chassenard, et probablement Avrilly. Sur ces onze ouvrages, un se trouve en réalité sur un affluent (Candes)

 

PONT ANTIQUE DIT DE L’ILE AUCARD

Jusqu’au début des années 2000, on ne connaissait  en Indre-et-Loire que deux passages antiques pour traverser la Loire : un à Amboise (à 25 km), un autre à Fondettes (5km). Aucun pont n’était pressenti pour franchir la Loire à Tours. Le suivant se trouvait à Fondettes.
L’été 2003, avec sa longue période de sécheresse et le niveau exceptionnellement bas des eaux, a permis de mettre à jour un ensemble de pieux alignés formant un cheminement continu, cohérent et homogène entre le Quai Malraux et le quai de Saint-Symphorien. De là, une voie antique remontait le coteau par la rue de l’Ermitage et desservait l’Abbaye de Marmoutier.
Au sud, le débouché se situait dans l’alignement de la poterne médiane de l’enceinte Bas-Empire.

pieux-pont-iv-eme-siecle

252 poteaux de chêne ont été recensés, disposés à l’origine en 30 palées de 9 pieux disposés en rectangles de 4 X 3 m, espacés de 5 m,  sur une longueur de 270 m.  La largeur de la chaussée est estimée à 8m. L’espace entre les palées permettait la continuité de la navigation, la largeur des embarcations de l’époque ne dépassant pas 4m. La datation au carbone 14 et par dendrochronologie ont estimé la construction de l’ouvrage autour de 340, ce qui permet de penser que ce pont était  emprunté par St Martin lui-même quand il se rendait de son ermitage à la cité.==> http://www.cc37.org/a-decouverte-ponts-de-tours/

 

Les Ports

Portus Ambasiae = Amboise ; Portus Navicellae = Nazelles; Portus Mons Laudiacus = Montlouis ; Portus Rupium = Rochecordon ; Caesarodunum Portus Bretanniae = Tours; Caesarodunum Portus de Scalariis = Tours ; Caesarodunum Portus S. Juliani = Tours ; portus Sancti Cirici = Saint –Cyr ; Portus Malliaciencis = Luynes ; Portus Lengiaci = Langeais ; Portus S. Michaelis = Saint- Michel ; Cours du Cher (Caris) ; Portus Montrichardus = Montrichard ; Portux Severiacus = Civray ; Briotreis = Bléré ; Aziaciacus = Azay ; Venciacus = Saint – Avertin ; Portus de Corum = Port-Cordon ; Saponaria = Savonnières ; Portus Balbiencis = Port-Baldy ;

Cours de L’indre (Auger)

Castellionium = Châtillon-sur-Indre ; Lucca = Loches ; Belli-Locus = Baulieu ; Cambortus = Chambourg ; Aziacus = Azay-sur-Indre ; Brixis = Reignac ; Cormaricus = Cormery ; Evena = Esvres ; Rotomagus = Pont-de-Ruan ; Rivarennus = Rivarennes ;

Cours de la Vienne (Vigenna)

Antoniacus = Antogny ; Portus = Port ; Pouziacus = Pouzay ; Crucilia = Crouzilles ; Portus Insulae = L’ile-Bouchard ; Riperia = Rivières ; Portus Cagnonensis = Chinon ; Portus Condatensis = Candes ;

Cours de la Creuse

Tournomagus = Tournon ; Iciodorum = Iseures ; Barraum = Barrou ; Portus de Pilis = Port-de-Piles.

Cours de la Brenne (Bredenna)

Solonacum = Sonnay ; Austrechia = Autrèche / Port-Bouin

Cours de la Choisille (Causillia)

Nociliacus = Nouzilly ; Bellus mons de Roncia = Beaumont-la-Ronce ;

Cours de la Bresme (Brenna)

Peternacus = Pernay

Cours de la Vendeuvre

Nonovicus = Neuvy-le-Roi

Cours de l’Escotais (Scotasius)

Nobiliacus = Neuillé-Pont-Pierre

Cours de l’Indrois (Andreis)

Geniliacus = Genillé

Cours du petit Indrois (Andricula)

Orbiniacus = Orbigny

Cours de l’Eschandon (Scandio)

Talciniacus = Tauxigny

Cours de la Manse (Esmancia)

Brigogalus = Saint-Epain

Cours de l’Estrigueil

Varenna = Varennes ; Sirojalense = Ciran ;

Cours de l’Eves (Evena)

Luggogulus = Ligueil ; Marciacus = Marçay ;

Cours de Brignon (Brenno)

Becincis = Bets ; Noviliacus = Neuilly-le-Noble ;

Cours de l’Egronne (Gurnesia)

Carnisiacum = Charnizay ;

Cours de la Claise (Claisia)

Brennacum = Mézières-en-Brenne ; Bociaccum = Bossay ; Proillium = Preuilly ; Portus de Riven = Rives ;



==> Histoires d'Eaux et de Régions: Recherches historiques sur les inondations de la Loire et du Rhône.

Histoires d'Eaux et de Régions - Cartes Pictaviae ducatus descriptio, vulgo le pays de Poictou- Notice.... 2 ....==> Pays des Vals de Saintonge – le Pays aux sept rivières (Histoires d'Eaux et de Régions)


 

augure Prêtre dont la charge était d’observer

 

(1)    Prêtre dont la charge était d’observer la volonté des dieux à travers des signes comme le vol des oiseaux.

Expressions françaises avec le mot augure

- Inaugurer : Du latin inaugurare ; « prendre les augures » Consacrer par une cérémonie solennelle.

- un oiseau de mauvais augure : quelqu'un qui apporte le malheur par des paroles ou ses actions.

 

 


 Voir aussi :Ponts-de-Cé ==> En 869, le roi Charles le Chauve construit un pont fortifié et un château en bois pour barrer la route aux vikings.

==> Voies romaines via Romana Cœsarodunum (Tours)

 ==> Time Travel – Dumnacus, Le Pont de Cé - de la dernière guerre des Gaules à aujourd’hui.

==> Topographie du Mont-Glonne et l’Occupation de son territoire par les Romains, les Wisigoths et les Franks.

==> Les tribulations de Saint Florent du Mont-Glonne (fuyant l'invasion des Normands vers le Berry)

==> Pagayons comme des Vikings sur le bras de Pirmil vers le Château de Clisson

==> La gabelle est une taxe royale sur le sel ayant existé en France au Moyen Âge

==> Portus Condatensis (Candes Saint-Martin) au fil du temps, au fil de la Loire et de la Vienne.