puy du Fou 29 mars 1796 Exécution du général François-Athanase Charette de La Contrie place Viarme à Nantes

(Scène de l'Exécution du général François-Athanase Charette - Dernier Panache Puy du Fou)

Résumé : Guerre de Vendée : après avoir été capturé dans les bois de la Chabotterie par les troupes du général Travot, Charette est interrogé à Nantes par le capitaine Pierre Perrin. Condamné à mort, il est fusillé le lendemain, à Nantes, place Viarme.

 

Hoche étant en Normandie où il combattait les Chouans de Louis de Frotté, Hédouville avait pleins pouvoirs au sujet de la mise en jugement de Charette qui ne pouvait être, d'ailleurs, qu'une formalité. Le général de brigade Duthil, commandant la place de Nantes, lui écrivit au nom des Républicains nantais pour lui demander de faire juger et exécuter dans leur cité le chef des rebelles de la région (1). Hédouville y consentit, fit embarquer Charette, toujours sous l'escorte de ses trois gardiens, Travot, Valentin et Grigny, sur la Loire, à destination de Nantes.

Le 26 mars, vers neuf heures du matin, la barque partit d'Angers, chargée d'officiers, de grenadiers, de gendarmes. Des chaloupes-canonnières échelonnées sur le fleuve la saluaient de coups de canon. Grigny avait écrit à Hoche : « Nous sommes fous de joie ! » La fermeté du prisonnier ne se démentit pas pendant cette longue traversée ; il reconnaissait, sur la rive droite de la Loire, les coteaux du pays natal, Varades, Ancenis, Oudon, si près de Couffé, sa paroisse, et de la Contrie, le château familial; puis, sur la rive gauche, les villages du Loroux, le pays de ses grenadiers.

Et maintenant, dans le crépuscule, il distingue Nantes et ses îles, à gauche le Pont Rousseau d'où il a canonné la ville, à droite les quais qu'il a parcourus en triomphateur.

Ce n'est plus à l'ile Feydeau et au logis de la séduisante Mme Gasnier-Chambon qu'il se rend, c'est dans la sombre prison du Bouffay.

La lourde barque s'arrête, au milieu d'un cliquetis d'armes. La foule, qui attend depuis plusieurs heures, s'écarte et, sans un cri, laisse débarquer le prisonnier à la lueur des falots. Le général est vêtu d'une veste grise, au collet et aux revers rouges, étoilés de fleurs de lys d'or aux angles ; il est coiffé du mauvais chapeau du pauvre Pfeiffer (2).

Charette traverse la place au milieu de sa nombreuse escorte, la porte se referme...

Le lendemain 27 mars, le chirurgien des prisons, nommé Valteau, lui fit un pansement sommaire, abrégé par le blessé lui-même (3). A neuf heures du matin, un piquet vint le chercher pour le conduire chez le général Duthil, ancien soldat de Mayence, qui commença par insulter le prisonnier sans parvenir à le faire sortir de son calme (4), puis lui fit subir ensuite un long interrogatoire. Charette affirma que c'était l'établissement des postes républicains à Palluau et dans d'autres cantonnements et les mesures de rigueur prises contre plusieurs de ses officiers qui lui avaient fait reprendre les armes; il avoua les exécutions de Belleville et déclara qu'il avait toujours correspondu avec le comte d'Artois, que les Anglais lui avaient envoyé de l'argent dont ses chefs de division et ses soldats avaient bénéficié entièrement.

Sur de nouvelles questions, il répondit que tons ses lieutenants avaient cessé la guerre, qu'il n'avait point à indiquer leurs retraites, qu'il avait combattu pour le Roi légitime, que ses communications avec Puisaye et Scépeaux avaient été à peu près nulles, que le général Gratien lui avait proposé le premier de quitter la France, qu'il n'avait rien à dire sur les projets des émigrés. Il revendiqua sa qualité de commandant en chef lors du débarquement du Bec, refusa de donner des renseignements sur les déserteurs et rendit hommage à M. de Couëtus.

L'interrogatoire fini, le général Duthil eut l'idée singulièrement cruelle de faire promener Charette à pied dans toute la ville (5). Aussitôt les troupes s'échelonnèrent, elles appartenaient en majorité à la garde nationale. La cavalerie de la milice citoyenne ouvrait la marche, venaient ensuite 50 tambours, puis 50 musiciens : roulements, pas redoublés et symphonies militaires alternaient, faisant un vacarme effroyable qui appelait tous les habitants aux fenêtres. Les grenadiers et les chasseurs de la garde nationale précédaient Duthil, Travot, Grigny et trois autres officiers généraux de la garnison, galonnés, empanachés, caracolant avec leur état-major.

 

Charette, entouré de gendarmes et encadré de deux files de grenadiers, suivait les vainqueurs implacables qui l'exhibaient à la populace comme les captifs de l'antiquité. Ses traits reflétaient une indomptable énergie, il portait fièrement la tête, sans chapeau, les cheveux cachés par un mouchoir à la créole que recouvraient en partie des bandes de toile tachées de sang. Sa blessure à l'épaule droite laissait filtrer d'autres taches sanglantes et sa main gauche également blessée était soutenue par un mouchoir qui n'était pas moins maculé (6).

Un témoin oculaire (7), mal disposé à son égard, rapporte qu'il se tenait fort droit, « l'air extraordinairement fier et imposant, qu'il avait le front haut et des yeux de feu, quoique enfoncés ». Derrière lui marchait un détachement d'artillerie. Des troupes d'infanterie et de cavalerie fermaient la marche.

L'odieuse promenade commença donc au Bouffay pour continuer jusqu'à « la construction des vaisseaux ». En passant par le quai de la Fosse, la douleur et la fatigue furent telles que Charette défaillit. Le cortège dut s'arrêter et lui laisser le temps de prendre un verre d'eau. C'est alors qu'il dit à Duthil : « Ah! si je vous avais pris, moi, je vous aurais fusillé tout de suite ! » Après quelques instants de repos, la marche fut reprise (8) par la rue Jean-Jacques, la place de la Comédie, la rue Crébillon, la place Egalité et enfin par la rue Casserie, où la population, très exaltée dans ses sentiments républicains, lui prodigua les injures. Charette avait retrouvé sa simple et fière attitude qu'admiraient la plupart des militaires qui l'accompagnaient (9).

 

 

Rentré dans sa prison, il reçoit les visites de sa sœur, Mlle Charette, et de sa cousine, Mme Charette de Thiersant, dont il réconforte l'affection désolée (10), puis celle d'un modeste tailleur, son ancien fournisseur, Boëtz, dit Flamand.

Le capitaine de gendarmerie Levieux a la consigne de le garder à vue, mais s'acquitte de sa mission avec convenance. Charette est ensuite conduit devant le capitaine rapporteur du conseil de guerre, qui lui impose un second interrogatoire (11) au cours duquel le prisonnier renouvelle ses déclarations à Duthil au sujet de la reprise d'armes dont il assume la responsabilité, reconnaissant qu'il n'y avait pas eu à la Jaunaye d'articles secrets par écrit, mais seulement « des conjectures tirées de l'état du gouvernement alors divisé et étayées de l'opinion d'hommes revêtus de la confiance publique ». Il rappelle le nom de ses chefs .de division, qui tous ont fait leur soumission ou ont succombé.

Le lendemain 29 mars, à neuf heures du matin, Charette comparaissait devant le conseil de guerre, présidé par le chef de bataillon Gautier, assisté d'un capitaine, d'un lieutenant, de deux sergents, d'un caporal et de trois soldats (12). La parole fut d'abord donnée au capitaine rapporteur Perrin, qui donna lecture d'un long et prétentieux rapport commençant ainsi :

« Citoyens, le crime ne peut avoir que des succès éphémères, il n'y a de stable que la vertu, tels sont les principes delà terrible et invariable justice qui préside à la destinée des hommes. » Le rapporteur accusait Charette d'être le fléau de la Patrie depuis quatre ans (l'insurrection de la Vendée n'existait que depuis trois ans!) et annonçait que le coupable allait éprouver « le sort commun à tous ceux qui troublent l'ordre et l'harmonie de la société ».

 

 

Puis le chef de bataillon président procéda à l'interrogatoire de l'accusé, les mêmes questions lui furent posées; il y répondit avec la même netteté et le même calme (13).

Mlle Charette avait demandé à un avocat de Nantes, des plus estimés, de présenter la défense de son frère. M. Villenave s'acquitta de sa mission en toute liberté et demanda de faire juger Charette à Paris, attendu que la loi n'avait pas prévu une reprise d'armes motivée sur la violation de la paix.

Les juges rejetèrent ce moyen purement dilatoire et rendirent le jugement suivant :

LIBERTÉ                                                      ÉGALITÉ

Jugement rendu le 9 germinal, 4e année républicaine, par le Conseil militaire, contre le nommé François-Athanase CHARETTE, chef des Brigands de la Vendée.

Aujourd'hui 9e jour de germinal de l'an 4e, par-devant le Conseil militaire présidé par le citoyen Jacques Gautier, chef du 4e bataillon de l'Hérault, convoqué d'après les ordres du général de brigade Duthil pour procéder au jugement du nommé François-Athanase Charette, âgé de 33 ans, natif de Couffé (Loire-Inférieure), général en chef de l'armée dite des Royalistes de la Vendée;

Auquel jugement ont assisté les citoyens Gautier susdit, Maublanc, capitaine, Gouin, lieutenant, Chenel, Tonnel, sergents, Château, caporal, Edelin, Détienne, soldats (14).

 

Le Conseil militaire, ouï le rapport des adjudants-généraux Valentin et Travot et celui du commandant de Saint-Philbert, qui constatent la capture de la personne de François-Athanase Charette de la Contrie, lieutenant de vaisseau avant la Révolution; les autres pièces déposées;

Ouï le rapport et le rapporteur en ses conclusions, l'interrogatoire de l'accusé et son défenseur officieux;

Considérant qu'il est constant que ledit Charette a été pris les armes à la main, qu'il était chef des rebelles connus sous le nom de Brigands de la Vendée; qu'en cette qualité il a fomenté et dirigé la guerre civile allumée dans ce pays en recevant des secours de l'étranger, en armes, munitions et argent, en entretenant correspondance avec les princes, les émigrés et autres ennemis de la République, et en massacrant ses défenseurs ;

Vu l'article 3 de la loi du 30 prairial, qui porte : « Les chefs, commandants et capitaines, les embaucheurs, les instigateurs des rassemblements armés sans l'autorisation des autorités constituées, soit sous le nom de Chouans ou sous telle autre dénomination, seront punis de mort »;

Le Conseil, faisant droit aux conclusions du citoyen Perrin, capitaine rapporteur, le condamne à la peine de mort;

Déclare ses biens acquis et confisqués au profit de la République, ordonne que le présent jugement sera mis sur-le-champ à exécution, à la diligence du commandant de la force armée;

Ordonne en outre que ledit jugement sera imprimé et que copie sera adressée tant au ministre de la Guerre qu'au général en chef, au général de cette division, au département de la commune dont l'accusé est habitant.

Fait et prononcé séance tenante et publique par nous, président, de l'avis des membres du dit Conseil, les jour, mois et an que dessus.

Signé : EDELIN, DÉTIENNE et STENER, soldats; CHEVEL et TONNEL, sergents; GOUIN, lieutenant; MAUBLANC, capitaine; GAUTHIER, président, et H. ROCHE, secrétaire.

P. c. c. : Le Président :

GAUTHIER, chef de bataillon.

A Nantes, de l'imprimerie de Brun aîné, imprimeur-libraire, place de l'Egalité.

 

Le conseil avait mis deux heures à la rédaction du jugement. Charette les employa à s'entretenir, sur un ton de cordialité, avec les généraux qui assistaient à la séance (15). Lorsque lecture lui fut donnée du jugement, il l'entendit sans émotion, se bornant à demander, « non, dit-il, pour reculer l'instant de sa mort, mais pour sa satisfaction », qu'on allât chercher, chez le curé de Mormaison, une lettre qu'il lui avait adressée. Les juges s'y refusèrent.

 

Le jugement, rendu à onze heures du matin (16), fixait l'exécution à quatre heures du soir. Un confesseur (17) était accordé à Charette, sur sa demande. Dès qu'il fut rentré dans la prison, l'abbé Guibert, curé assermenté de la paroisse Sainte-Croix de Nantes, vint lui offrir son ministère. Le général vendéen aurait préféré un prêtre qui n'eut point prêté le serment, mais il craignit de compromettre celui qu'il désignerait et accepta les secours de la religion que proposait le curé de Sainte-Croix, d'autant plus que cet ecclésiastique avait confessé sept jours auparavant son cousin, Louis Charette de la Colinière, condamné comme rebelle et frère de celui qui avait été tué aux Brouzils. Après avoir rempli ses devoirs religieux, Charette fit avec émotion ses adieux à sa sœur.

 

 

A quatre heures, les tambours précédant l'escorte s'alignent sur la place du Bouffay et commencent leurs roulements. On les a entendus de la prison; c'est le signal... Charette, entouré de ses gardiens, franchit le seuil de la grande porte. Dès qu'il paraît, toutes les rumeurs, tous les bruits s'éteignent.

La population borde les rues, garnit les fenêtres. Charette marche d'un pas assuré aux côtés de son confesseur, répétant à voix basse la prière des morts (18). On remarque qu'il cache la blessure de la tête avec un foulard des Indes, de couleur rouge, noué à la créole, coquetterie de soldat qui s'est paré pour bien mourir.

 

 

L'escorte, composée de gendarmes et de grenadiers, ne l'entoure pas, mais le suit avec déférence. Quand il descend l'escalier du Palais, un homme l'injurie, Charette le regarde fixement, sans interrompre sa prière, et l'insulteur se cache dans la foule. En passant dans la rue de Gorges, il reçoit, sans que l'escorte s'en aperçoive, l'absolution d'un prêtre réfractaire, qui avait été placé par sa sœur et une de ses parentes (19).  

29 mars 1796 Exécution du général François-Athanase Charette de La Contrie place Viarme à Nantes

Sur la place des Agriculteurs (20), 5,000 hommes de troupe forment le carré (21) ; plusieurs généraux s'y trouvent avec les représentants. Les musiques militaires ont l'ordre de ne pas jouer avant l'exécution. Charette, l'air impassible, entre dans le carré ; il échange à voix basse quelques paroles cordiales avec Travot, puis il s'éloigne du même pas ferme, cherchant des yeux le peloton d'exécution et semblant passer en revue la garnison de Nantes.

L'abbé Guibert l'exhorte au courage. Le Vendéen lui répond : « J'ai bravé cent fois la mort, j'y vais pour la dernière fois sans la braver, sans la craindre. »

Un roulement funèbre se fait entendre; Charette prononce distinctement un acte de contrition (22). Il embrasse son confesseur, regarde, avec un sourire tranquille, le cercueil, qui a été déposé devant le mur où il doit s'adosser, et va se placer face au peloton d'exécution, dix-huit chasseurs des montagnes, du bataillon qui l'a fait prisonnier. Un adjudant de place lui fait signe de se mettre à genoux, Charette refuse dédaigneusement de la tête et de la main droite.

 

Un gendarme s'approche pour lui bander les yeux, même refus (23). Alors, le chef royaliste, le regard étincelant, la taille cambrée, retire son bras gauche blessé de l'écharpe qui le soutient, place la main droite sur son cœur et prononce ces paroles :

« Soldats, ajustez bien, c'est ici qu'il faut frapper un brave (24) !... »

Un officier donne le signal, le peloton fait feu, sept balles seulement frappent au but, six en plein corps, l'une à la tempe gauche (25).

Le général reste un instant debout, comme s'il n'était pas atteint, puis la jambe gauche fléchit, ensuite la hanche, le coude s'appuie à terre comme pour retarder la chute (26), le corps s'étend enfin dans l'attitude du repos.

Au commandement du général Duthil, les tambours battent, les musiques jouent. Une députation des troupes de la garnison s'approche du cadavre, bientôt la foule suit et défile à son tour. La République s'était vengée, Charette était bien mort (27), et cependant, deux jours après, la municipalité de Nantes le faisait déterrer pour s'en assurer encore.

 Commémoration de la mort de Charette

Malgré ses fautes que nous n'avons pas dissimulées, la cause royaliste faisait en lui une perte irréparable. Aussi était-il légitimement mérité, l'hommage solennel que Louis XVIII décernait à Charette, dans son discours aux Condéens, à l'issue du service funèbre célébré au camp de Riegel :

« Messieurs, nous venons de rendre les derniers devoirs à celui que nous avons admiré, peut-être même envié jusque sur le champ de bataille de Berstheim, à celui qui, tant de fois, a fait entendre en France ce cri qui m'a causé dans vos rangs une satisfaction si vive... »

Le Roi proscrit ne devait pas s'attarder aux bivouacs de l'armée de Condé, malgré ses promesses, pas plus que le comte d'Artois n'avait débarqué sur la côte vendéenne, comme il en avait pris l'engagement; les Condéens excusèrent leur souverain d'avoir cédé aux injonctions de l'Autriche. Charette avait bien pardonné au frère du Roi le départ précipité qu'ordonna l'Angleterre. Son dévouement n'en fut pas attiédi, son activité et son énergie n'en furent pas diminuées.

HOMMAGE A CHARETTE Dépot de gerbe à la croix de Charette ,place Viarme NANTES

Quelque appréciation que l'on porte sur le dernier général vendéen de la grande guerre, deux choses en lui défient tout soupçon et toute critique : la fidélité des convictions et l'opiniâtreté de la résistance.

Malgré le respect que marquèrent les Bleus présents à l'exécution en saluant son cadavre, après sa mise en bière, sa dépouille est enterrée dans les carrières de Sauzinière, près de la Porte de Rennes et le Gué Moreau.

On compte au moins 1800 personnes fusillées dans les carrières de Gigant, dites aussi "le Champ des martyrs", qui avaient été enfermées dans la sinistre prison de !'Entrepôt du Café. Dans cette antichambre de la mort, on y emprisonna, après la bataille de Savenay (23 décembre 1793), 8 000 à 9 000 hommes, femmes et enfants qui moururent de faim, du typhus ou encore dans les atroces noyades de Nantes.

Lorsque le corps de Charette fut déposé dans le cimetière, un moulage de son visage y fut fait 25 heures après sa mort par un plâtrier-visagiste. Soupçonné d'avoir profité de l'occasion pour subtiliser le corps, il dut refaire un second moulage sous contrôle en présence de trois commissaires de police, qui firent ensuite recouvrir le corps de Charette de terre, puis superposent dessus des cadavres apportés des hôpitaux. La plupart de ses portraits posthumes furent réalisés à partir de ce masque mortuaire.

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Et depuis ? La terre les a dévorés régurgitant de temps à autre des ossements lorsqu'on venait la prendre pour combler des trous ou des terrassements de Nantes. Au fur et à mesure de leur découverte, ces ossements furent déposés, entre autres, au cimetière de la Miséricorde ouvert en 1793.

 Une plaque d’égout, placé dans l’axe de l’actuelle rue d’Auvours, marque d’abord l’endroit précis ou tombe Charrette ce 29 Mars 1796

. En 1801, la famille achète le jardin derrière. Pour raison d’alignement, la ville cède au Général, son frère, les 17 pieds 9 pouces du terrain ou  s’était tenu le « Roi de la Vendée ».

En 1873 s’ouvre la rue d’Auvours, par la rue réservée ; elle respecte la propriété des Charrette.

En 1876, cette rue sinueuse menant au cimetière est élargie.

On demande à Madame de Charette de la Contrie, Comtesse de Vierzon, fille du Duc de Berry par le mariage morganatique de celui-ci de Miss Brown, à lui acheter le coin ou fut fusillé le chef vendéen. Elle refuse, au nom des sentiments les plus sacrés pour le nom de Charette.

En compensation, elle propose d’abandonner gracieusement quinze mètres carrés de ses propriétés, ou devait passer la rue. Un jugement 1800 l’exproprie. Elle refuse de prendre les 80 pièces de 20 fr. en or et 3 pièces de 1fr. qu’on lui présente à domicile.

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Un pavé plus large, marquée d’une croix, indique alors la chute du corps. Une croix de pierre avec le double cœur vendéen, élevée en calvaire l’aspecte au bord sur de la place ; d’abord entre deux maisons, la plus belle réclame d’un magasin d’ornements funéraires y attenant ; puis ignorée dans le renfoncement derrière une grille ; enfin libre, grâce à une station-service, toujours regardant son pavé, elle jette l’ancre à l’angle de la rue Félibien et de la Place Viarme.

croix commémorative de l'exécution de Charette

La déclaration de décès ne fut faite que quinze jours après, le 25 Germinal An IV de la République une et indivisible, par Haudaudine, le Régulus Nantais : «  François Athanase Charrette DELACONTERIE, ci-devant Lieutenant de Vaisseau, natif de Couffé, époux d’Angélique Josnet DELADOUSSETIERE , est mort le 9 de ce mois à 5 heures du soir, section et Place des Agriculteurs »…

commémoration de la mort du général Charette

 

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(1) L'administration municipale des Sables exprimait le même vœu (4 germinal, 24 mars). (Archives de la Vendée, cité par Chassin, Pacifications, t. II, p. 415.)

(2) « Son costume était une camisole gris-bleu avec revers et collet rouges, pantalon de même, chapeau à haute forme sans cocarde ni panache; sur le revers et en dedans de sa camisole, il y avait en broderie trois crucifix, à gauche, aussi en broderie, une croix de Saint-Louis, et sur les bouts, aussi en dedans, trois fleurs de lis brodées en or. » (Collinet, Notes manuscrites, copie appartenant à M. Oudin, directeur du Laboratoire maritime des Sables-d'Olonne.)

« Le chef des rebelles était décoré des signes de royalisme. » (Travot à Hoche, 23 mars 1796. Arch. hist. de la Guerre, armée de l'Ouest, mars 1796.)

(3) « Quand le chirurgien eut mis un bandage sur la tête, il voulut en faire autant à la main. Charette lui déclara que c'était inutile, le pouce étant brisé, et qu'il suffisait d'humecter l'ancien pansement. » (Le BouvierDesmortiers, t. II, p. 466.)

(4) Ces détails ont dû être donnés le lendemain par Charette lui-même à sa sœur, qui les a répétés à Le Bouvier-Desmortiers auquel nous les empruntons (t. II, p. 466 et suiv.).

(5) D'après Mellinet, cette exhibition aurait été demandée par certains habitants qui vinrent déclarer à Duthil qu'on doutait de l'identité du prisonnier, certains prétendaient que c'était un soldat de Charette qui se sacrifiait pour lui. « Le général Duthil se prêta à cette lâche condescendance. » (Mellinet, t. X, p. 59.)

(6) Ces détails sont extraits du récit d'un officier de la garde nationale ' de Nantes, reproduit par Mellinet, t. X, p. 50 et suiv., et aussi du récit de Mlle Arnoux. (V. Chassin, Pacifications, t. II, p. 421.)

(7) « Personnellement, Charette était un homme de trente-trois ans, de cinq pieds trois pouces et demi, assez vigoureusement constitué, passablement bien fait, se tenant fort droit, l'air extraordinairement fier et imposant, et cependant il n'en imposait plus là. Le front haut, des yeux de feu mais enfoncés, il avait la peau jolie il y a un an, aujourd'hui elle est très brune; le nez un peu aquilin, le bas du visage gros et allongé, ayant ce qu'on appelle un menton en galoche, la barbe brune; bref, une assez belle figure avec d'assez médiocres traits... » (Récit de Mlle Arnoux. V. Chassin, Pacifications, t. II, p. 421.) La barbe mal rasée semblait brune, mais elle était blonde en réalité. (V. la déposition d'Elisabeth Guillet.)

(8) Cette marche dura deux heures. (Le Bouvier-Desmortiers, p. 467.)

(9) « Sa contenance était assurée, sa marche ferme et le plus grand calme était répandu sur sa figure. Son teint n'était plus, comme au temps de la pacification, blanc et uni, les fatigues l'avaient bruni ; il regardait tout sans insolence et sans bassesse. » (Récit de l'officier de la garde nationale. Mellinet, t. X, p. 60.)

 

(10) « Retenez vos larmes, dit Charette à sa sœur, et n'affaiblissez point mon courage dont j'ai plus besoin que jamais. ») (Mellinet, t. X, p. 60.)

(11) Nous en avons vu l'original aux Archives historiques de la Guerre, signé de Charette et de Perrin. (V. Année des côtes de l'Océan, mars 1796.)

(12) Les membres du conseil de guerre étaient, outre le président, le capitaine Maublanc, le lieutenant Gouin, les sergents Chenel et Tonnel, le caporal Château et les soldats Edelin, Détienne et Stener. Le secrétaire, qui ne votait pas, s'appelait Roche.

(13) Le texte de cet interrogatoire ne se retrouve pas aux Archives du Dépôt de la Guerre. Cette partie du procès peut être reconstituée dans son ensemble, si l'on s'en rapporte à une lettre de Mlle Arnoux, témoin oculaire. - (V. Chassin, Pacifications, t. 11, p. 425.) La plupart des détails paraissent exacts, sauf ceux qui sont relatifs à la capture de Charette et qui se trouvent en contradiction avec les rapports des adjudants-généraux Travot et Valentin et avec les renseignements du général Grigny, sur le nombre des derniers soldats de Charette.

(14) Le nom du soldat Stener, juge, est ici omis.

(15) Ayant appris au cours des débats qu'on avait arrêté le général Jacob, sous l'accusation de trahison, pour avoir fui devant l'armée vendéenne, Charette protesta avec une chaleur qu'il n'avait pas montrée pour sa propre cause.

(16) Mellinet, t. X, p. 72.

(17) If Il ne demanda qu'une grâce, celle de pouvoir se confesser avant de mourir. » (Louis Veuillot, Les Guerres de la Vendée et de la Bretagne, p. 437. Sagnier et Bray, édit.)

(18) Le Bouvier-Desmortiers, t. II, p. 470.

(19) « En passant dans une rue (la rue de Gorges), et devant une maison que sa sœur lui avait indiquée, il baissa la tête avec humilité. Un vieillard vêtu de noir et tenant un mouchoir blanc était à une fenêtre de cette maison. C'était un prêtre catholique qui venait de lui donner une dernière absolution. » (Vicomte Walsh, Lettres vendéennes, t. 1er, p. 286.)

« ... Ce fut elle (Marie-Anne Charette) qui, aidée de notre grand'mère, dame Charette de Thiersant, et après s'être entendue dans la prison avec son frère, fit placer à une fenêtre de la rue de Gorges, à Nantes, un bon prêtre qui put donner une dernière absolution au général Charette quand, pour le fusiller sur la place Viarmes, on lui faisait parcourir les rues de Nantes. Notre mère, qui avait neuf ans, était avec sa mère et avec la sœur du général à la fenêtre où cette dernière absolution fut donnée à l'illustre condamné. Elle m'a souvent raconté cette touchante histoire. » (Comte Alexandre de Monti de Rezé, Documents généalogiques pour la Maison de Charette, p. 51. Nantes, Grimaud, édit.)

(20) Aujourd'hui la place Viarmes.

(21) Mellinet, t. X, p. 73.

(22) Récit de l'abbé Guibert reproduit par Mellinet, t. X, p. 75.

(23) Récit de Mlle Arnoux. (V. Chassin, Pacifications, t. II, p. 429.

(24) Vicomte Walsh, Lettres vendéennes, t. 1er, p. 287. Paris, Vermot, édit. « ... Il plaça la main sur son cœur, disant : « Frappez là! c'est là qu'on doit frapper un brave!... » (Pitre-Chevalier, p. 566.) Crétineau-Joly, t. II, p. 522.

(25) Vicomte Walsh, Lettres vendéennes, t. .Ier, p. 287. D'après M. de Chabot, qui l'avait entendu dire, cc Charette, au moment où il fut fusillé, aurait bien réellement vu la mort sans sourciller jusqu'à son commandement de faire feu ; une des balles qui vinrent le frapper lui traversa un œil sans en toucher les paupières ». (C. Merland, La Prise de Charette (Revue de Bretagne et de Vendée), 1881, 1er semestre. Nantes.)

(26) Pitre-Chevalier, p. 566.

(27) Il avait trente-trois ans.

Le 4 septembre 1826, en présence d'un grand nombre de ses anciens soldats, on inaugura à Legé une chapelle commémorative devant laquelle fut placée sa statue. M. de Rivière, devenu pair de France, y assistait ainsi que M. Lucas Championnière, député, et les principales autorités du département. On y vit aussi Mmes de Goulaine et de Monsorbier.

Le 27 août 1896, Mgr de Cabrières, évêque de Montpellier, prononçait, dans l'église de Couffé, une oraison funèbre du général vendéen, dont la statue était inaugurée, le même jour, dans le parc de la Contrie, au milieu d'une nombreuse assistance.

Charette et la guerre de Vendée : d'après les archives de l'Etat et de la ville de Nantes, des mémoires inédits de chefs vendéens, etc. / par René Bittard Des Portes,...

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Les Annales de Nantes et du pays Nantais