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21 mars 2021

En 1214, de Parthenay, les troupes de Jean sans Terre partent à la Conquête de Nantes

En 1214, de Parthenay, les troupes de Jean sans Terre partent à la Conquête de Nantes

Jean sans Terre couronné roi d’Angleterre à la mort de son frère Richard Cœur de Lion, règne de l’Ecosse au Pays basque.

À l’automne 1204, les armées du roi de France mettent le siège devant la forteresse de Chinon. Philippe Auguste prendra le château le 23 juin 1205, après un siège de neuf mois.

Chinon devient avec Philippe Auguste une place frontière du roi de France, d’où il fait surveiller les Savary de Mauléon, les Aymeri de Thouars et autres seigneurs du Poitou, turbulents et brigands, qui ne reconnaissent pas la conquête capétienne.

Jean sans Terre revendiquant son titre de Comte d’Anjou,  décide d’envahir la France gouvernée par le roi Philippe Auguste.

 

Il débarque à La Rochelle, trouva, comme il s'y était attendu, toute la noblesse de Poitou, prête à passer sous ses étendards.

Raoul d'Issoudun , comte d'Eu ; Hugues de Lusignan , comte de la Marche; Geoffroi 1er de Lusignan, seigneur de Vouvant-Mervent ; Savary de Mauléon ; Aimery, vicomte de Thouars ; les seigneurs de Rochechouard , de Rochefort et de Gournai , furent des premiers à négocier avec lui; quelques-uns de leurs traités nous sont demeurés : ils nous font voir que si ces seigneurs s'empressaient de tirer l'épée pour le roi auquel avaient obéi leurs pères, ils avaient soin cependant de se faire payer à un très-haut prix leur dévouement à la légitimité.

 

Philippe-Auguste chargea son fils Louis de faire tête à l'orage sur les bords de la Loire, tandis qu'il prendrait lui-même soin de la guerre de Flandre.

Il donna pour compagnons d'armes au prince Louis les deux comtes de Dreux, ses cousins; Robert III, surnommé; Gâte-Bled, et son frère Pierre de Dreux dit Mauclerc, qui, depuis le 27 janvier 1213, portait le titre de duc de Bretagne, comme mari d'Alix (fille de Guy de Thouars).

Le poète Brito évalue l'armée du prince Louis de France à huit cents chevaliers, deux mille sergents d'armes à cheval, et sept mille fantassins fournis par la milice des villes de la Loire; probablement que ces nombres sont au-dessus, plutôt qu'au-dessous de la vérité.

 

 

Jean sans Terre, alors à Parthenay le 25 mai 1214 auprès de Hugues l'Archevêque, son fidèle partisan.

Savary de Mauléon rendit un éminent service au roi Jean en négociant sa réconciliation avec les Lusignans. Son nom figure au bas de cet important traité, signé à Parthenay au mois de mai 1214, traité qui le délivra d’un grand souci et lui rallia une foule de partisans.

 Hugues IX de Lusignan, comte de la Marche, Raoul Ier d'Exoudun, comte d'Eu et Geoffroy Ier de Lusignan, seigneur de Vouvant font un traité de paix et d'alliance avec le roi d'Angleterre, Jean.

Cette réconciliation fut scellée par les fiançailles de Geoffroy, l’un des fils du comte de la Marche, avec Jeanne, fille du roi d’Angleterre et d’Isabelle que le comte avait failli épouser.

 

 

En considération de ce mariage et comme pour servir de dot à sa fille, le roi d’Angleterre donna à Hugues le Brun deux mille livres poitevines de terre à prendre dans le Poitou, l’Anjou et la Touraine : et en attendant qu’il eut recouvré ces provinces, qui étaient occupées par les hommes d’armes de Philippe Auguste, il céda au conte de la Marche, sur son propre baillage, la ville de Saintes et l’Ile d’Oléron avec toutes leurs dépendances, sauf les barons, dont il se réserve l’hommage, et tout ce qui leur appartenait. (Le mariage ne s’est jamais réalisé, mais Hugues a conservé Saintes, alors qu’Oléron était restée dans la main du roi d’Angleterre. Hugues reçoit 2 000 livres de rentes du roi de France, ainsi que la châtellenie de Langeais en attendant la conquête de Bordeaux.)

 

Ce traité appartient à la dernière grande tentative de Jean sans Terre pour rétablir son autorité en Poitou et pour s’assurer l’appui indispensable de la maison de Lusignan avant la confrontation avec le roi de France Philippe Auguste.

Il règle à la fois :

  • un mariage politique majeur,
  • des restitutions territoriales,
  • des garanties féodales,
  • et l’organisation d’un bloc poitevin pro-anglais.

Ci-dessous, une lecture analytique des points importants.

 

1. Le mariage de Jeanne d’Angleterre avec Hugues de Lusignan

Jean sans Terre marie sa fille Jeanne, issue d’Isabelle d’Angoulême, au jeune Hugues de Lusignan, héritier du comté de la Marche.

Enjeux :

  • Reconstituer l’alliance avec la maison de Lusignan, humiliée en 1200 quand Jean avait enlevé Isabelle, précédemment promise à Hugues.
  • Donner à Hugues une dot massive (2 000 livres de revenu) sur les terres stratégiques de Poitou, Anjou et Touraine.
  • Confier la princesse à la garde du comte de la Marche : preuve de confiance (ou nécessité politique).

 

2. La concession temporaire de Saintes et d’Oléron

Tant que la dot n’est pas entièrement assignée :

  • Hugues de Lusignan garde Saintes et Oléron (sauf la haute féodalité des barons),
  • mais doit les rendre une fois la compensation foncière définitivement constituée.

C’est typique d’un gage territorial, fréquent dans les accords anglo-poitevins.

 

3. Conditions successorales

Si Hugues meurt sans héritier de Jeanne :

  • la princesse revient à Jean sans Terre,
  • et les terres de la dot retournent à la Couronne anglaise.

C’est une clause de protection patrimoniale très stricte.

 

4. Confirmation du comté de la Marche

Brunon (ou Bruno), comte de la Marche, conserve pleinement son comté, sous hommage à Jean sans Terre.

Cela réaffirme la vassalité anglaise des Lusignan-Marches, essentielle dans l’équilibre poitevin.

 

5. Restitutions au comte d’Eu

Jean sans Terre :

  • rend Hastings et Tickhill,
  • et promet une compensation en argent pour les terres d’Eu saisies par Philippe Auguste.

Garantie assurée par une dévolution aux Templiers : procédé classique pour éviter la mauvaise foi des contractants.

 

6. Restitutions générales de terres aux chevaliers des deux partis

Tous les chevaliers, qu’ils aient suivi le roi ou les Lusignan, doivent retrouver leurs terres confisquées depuis le début de la guerre.

C’est l’équivalent d’une amnistie féodale.

 

7. Arbitrages pour les litiges de saisine

En cas de contestation :

  • décision par les prud'hommes,
  • puis jugement final dans la cour du roi d’Angleterre.

Les exceptions mentionnées montrent des cas conflictuels graves, notamment le litige entre Guillaume Maingot et les Lusignan sur Vouvent.

 

8. Article crucial : l'Angoumois et le château de Touvre

« Tout le comté d’Angoulême, avec le château de Touvre, restera au roi… »

C’est un point central :

  • Jean sans Terre garde l’Angoumois, hérité par Isabelle d’Angoulême,
  • mais doit indemniser le comte de la Marche pour Bouteville et Châteauneuf.

Arbitrage confié à un triumvirat prestigieux :
comte d’Eu – vicomte de Thouars – archevêque de Bordeaux.

 

Le château de Touvre, pivot du contrôle de l’Angoumois, est ici explicitement confirmé comme possession royale.

 

9–10. Les serments de garantie

La liste des barons jurant pour l’une et l’autre partie est un véritable instantané du parti poitevin de 1214 :

  • R. de Chester,
  • G. de Ferrières,
  • Aimeri VII de Thouars,
  • Savary de Mauléon,
  • Hugues de Gournay,
  • Geoffroy de Tonnay,
  • Renaud de Pont-Vieux, etc.

 

On y voit la participation :

  • des Lusignan,
  • des Thouars,
  • des Mauléon,
  • des grands chevaliers charentais (Rochefort, Rochechouart, Sunale, etc.).

 

C’est toute la noblesse poitevine fidèle à l’Angleterre qui jure ici.

 

 

Traité conclu entre Jean sans Terre, roi d’Angleterre, Hugues de Lusignan, le comte de la Marche et d'autres Poitevins.

« L'accord suivant a été fait entre le seigneur Jean, roi d'Angleterre, Hugues, comte de la Marche, Raoul, comte d'Eu, et Geoffroi de Lusignan.

 

« 1. Le seigneur roi a donné en mariage Jeanne, sa fille, née d'Isabelle, sa femme, fille du comte d'Angoulême, à Hugues de Lusignan, fils de Hugues, comte de la Marche, et l'a confiée à la garde du comte de la Marche et de Hugues de Lusignan, son fils.

Ledit seigneur roi a donné à ce même Hugues des terres pour deux mille livres de revenu en Poitou, qui doivent lui être assignées, pour le mariage avec sadite fille, sur les pays de Poitiers, d'Angers et de Tours.

 

« 2. Jusqu'à ce que lesdites deux mille livres de revenu en terres aient été données audit Hugues, il possédera, de la baillie du seigneur roi, Saintes et Oléron avec leurs appartenances, excepté les barons, leur hommage et tout ce qui leur appartient.

 Dès que le seigneur roi aura acquis des terres dans lesdits pays assignés selon les conditions dudit mariage, retournera au seigneur roi, de la terre de Saintes va d'Oléron, tout ce qu'il en aura assigné de la manière susdite.

 

« 3. S'il arrivait que Hugues de Lusignan mourût avant que ladite Jeanne, fille du seigneur roi, eut de lui un héritier, ladite Jeanne sera rendue au seigneur roi ou à son héritier avec les terres qu'elle aura apportées en mariage audit Hugues; et si ladite fille meurt sans héritier, lesdites terres reviendront de la même manière au seigneur roi ou ai son héritier.

 Hugues, comte de la Marche, et Geoffroi, son fils, ont donné pour caution à ce sujet au seigneur roi Raoul, comte d'Eu, Aimeri, vicomte de Thouars, et d'autres des siens que le seigneur roi a voulus.

 

« 4. A Brunon, comte de la Marche, et il ses héritiers, restera le comté de la Marche avec toutes ses appartenances, dont il a fait hommage au seigneur roi.

 

« 5. Le seigneur roi a rendu au comte d'Eu les châteaux de Hastings et de Tikill avec leurs appartenances, ainsi que tous les droits d'Alix, sa femme, fille du comte d'Eu.

Pour sa terre de Normandie, que le roi des Français lui a enlevée, il remettra de son argent, entre les mains des frères chevaliers du Temple pour la donner en échange audit comte d'Eu, une somme égale à ce que rapporte par an ladite terre, d'après l'estimation dudit comte d'Eu, des comtes de Chester, de Ferrières, du vicomte de Thouars et de Hugues de Gournay, jusqu'à ce que le seigneur roi ait conquis sa terre avec le secours desdits comtes de la Marche et d'Eu, et la lui ait rendue.

 

« 6. Le seigneur roi a rendu aussi à Geoffroi de Lusignan toute sa terre dans le comté de Poitou et tous les chevaliers, tant du parti du seigneur roi que du parti desdits comtes, recouvreront tout ce que la guerre leur a fait perdre des terres dont ils se trouvaient saisis au temps que la guerre a commencé.

 

« 7. Que si quelqu'un dit s'être trouvé saisi de quelque terre dans le commencement de la guerre, et qu'il soit, d'après le jugement des prud'hommes, prouve qu'il n'en était pas saisi, il en sera fait justice ensuite dans la cour du seigneur roi, a l'exception de ceux à l'égard desquels il a été fait des conventions entre le seigneur roi le comte d'Eu, et excepté Guillaume Maingot, pour le droit qu'il réclame sur Vouvent, en échange desquels droits Geoffroi de Lusignan lui donnera, s'il le veut, des terres à Zuchi et Cigoine, pour la valeur de ce qu'il réclame.

 Le seigneur roi donnera audit Geoffroi une indemnité selon la valeur de sa terre, et, s'il le veut, une trêve sera accordée entre lui et Geoffroi de Lusignan, jusqu'à la fêle de saint Michel, l'an seizième du règne dudit seigneur roi; et après cette fête il sera prononcé en la cour du seigneur roi pour tout ce qui est jugé entre eux.

 

« 8. Tout le comté d'Angoulême, avec le château de Touvre, restera au seigneur roi, qui donnera une indemnité en terre ou en argent au comte de la Marche pour les deux châteaux de Bouteville et de Châteauneuf, d'après l'avis réuni du comte d'Eu et du vicomte de Thouars, qui s'adjoindront à cet effet le seigneur archevêque de Bordeaux.

Ledit seigneur roi garantira auxdits comtes de la Marche et d'Eu, et à Geoffroi de Lusignan, les terres que leur ont données ledit roi et ses prédécesseurs.

 

« 9. Pour plus sûre garantie de cette affaire, les soussignés, au nom du seigneur roi, ont juré d'observer avec fidélité et bonne foi lesdites conventions, et de les faire observer, autant qu'ils pourront, au seigneur roi sans guerroyer contre lui, à savoir :

R. comte de Chester, G. comte de Ferrières, A. vicomte de Thouars, S. de Mauléon, Hugues de Thouars, A. de Rochefort, Hugues de Gournay, Geoffroi de Tannay, Renaud de Pont-Vieux, Calon de Rochefort, A. de Rochechouart, Thibaut Crespin, et Hubert du Bourg.

 

« 10. Au nom du comte ont juré d'observer avec fidélité et bonne foi les conventions, et de les faire observer fidèlement audit comte, autant qu'ils le pourront, sans guerroyer contre lui, les soussignés :

A. vicomte de Thouars, R. comte d'Eu, G. de Lusignan, A. de Rochechouart, A. Brunon, S. de Sunale, E. de la Verne, G. de Meyrie, H. de Miche, Pierre Fernecart, Guillaume de Pychemum, Hugues de Naise, Pierre de Menterol, Aymery de Cuse. »

 

Hec est concordia facta inter dominum regem Anglorum Johannem, et H. comitem Marchie, et R. comitem Augi, et Galfr. de Lysuinan, scilicet , quod dominus rex dedit Johanam, filiam suam genitam de Ysabellà, uxore sud, filià comitis Engolismensis, Hugoni de Lysuinan, filio H. comitis Marchie, in uxorem et eam tradidit custodiendam in custodia comitis Marchie et Hugonis de Lysuinan filii sui.

 Dedit autem idem dominus rex eidem Hugoni duo millia libratarum terre pictaviensium assignanda ei in Pictavià, Andegavià et Toronià in maritagium cum predictà filià sua.

Quousquè autem assignata fuerint ei predicta duo millia libratarum terre, habebit idem Hugo interim , de baillià domini regis , Xanctoniam cum pertinenciis et Olerun cum pertinentiis, exceptis baronibus et homagiis eorumdem et omnibus que ad barones pertinent.

Et cum dominus rex proquisierit terram in predictis locis et eis assignaverit in maritagium predictum, tantum revertetur ad dominum regem de terrà Xanctonie et Olerun, quantum ei assignaverit modo predicto, etc.

Rotuli chartarum , p. 197.

 

 

 

 

Le roi d’Angleterre s’élança sur l’Anjou, il traversa sur la route les domaines des Beaumont et s’arrêta, le 29 mai 1214, à Chiché, un de leurs châteaux.  (Itinéraire de Jeans sans Terre, revue anglo-française, 2e série, t.II.)

L’intention de Jean était maintenant d’aller attaquer le roi de France ; Jean songea d’abord à traverser le fleuve à Nantes . Cette armée n'arriva point immédiatement en présence de l'ennemi, et Jean demeura pendant quelques semaines maitre de la campagne où il remporta plusieurs succès.

Le Poitou presque entier s'étant rangé sous son autorité, il passa la Loire; il arriva dans les premiers jours de juin devant Nantes, qui était défendue par robert de Dreux.

Quand Robert III Gasteblé, comte de Dreux, vit arriver les Anglais, il sortit de la ville, passa la Loire et attaqua l’ennemi ; il fut fait prisonnier avec une vingtaine de chevaliers.

Avant de tenter le siège de Nantes, Jean voulut se rendre maître du château de la Roche-au-Moine, qui commandait la route entre Angers et Nantes, construit en 1204 par Guillaume de Roche, sénéchal d'Anjou.

 

 

Comnent li rois d'Angleterre arrivé à la Rochele et comnent il prist Robert le fil le conte Robert de Droues, et d'aucunes incidences.

(1)   0u Karesme de cele année (2), trespassa li rois Jehans, d'Angleterre en Aquitaine, et arriva a grant ost à la Rochele en Poitou (3).

 Lors s'alia au conte d'Ou, au conte de la Marche, à Gefroi de Lisigniem (4) et aus autres riches homes du pais, qui devant ce estoient alié au roi de France, puis trespassa par la contée de Poitiers jusques en la contée d'Angiers.

 Par leur aide et par leur efforz la cité d'Angiers prist, Biaufort (5) et aucuns autres chastiaus du pais.

Un jor avint que il ot envoiez ses corsiers en fuerre (6) o grant plenté de gent et que il orent prises les proies outre Loire, delez la cité de Nantes; quant Roberz (7), li ainznez fiuz le conte Robert de Droues, cosin le roi Phelippe, passa folement le pont de Loire a poi de gent pour les proies rescorre. Cil qui furent porveu et grant plenté de genz (8), pristrent lui et XIII chevaliers nez de France (9).

(10) En ce tens espousa Pierres Mauclers (11), fiuz le devant dit conte Robert de Droues, la fille Gui, le vieuconte de Thouart, qui seror ot esté Artur le conte de Bretaigne, de par la contesse sa mere.

En tel maniere, ot la dame et tote la contée par le don et par la grâce le roi.

Quant il fu sesiz de la terre, il assembla ses genz et fist secors monseigneur Looys, le fil le roi Phelippe, qui demoroit à Chinon et ou païs entor a granz genz, par le commandement son pere, pour guerroier au roi Jehan et pour defendre le païs et la contrée.

Li rois Jehan avoit ja tenue en prison plus de XVIII anz Alienor (12), la seror Artur le conte de Bretaigne, qui estoit ainznée fille le conte Gefroi son frere.

Pour ce la tenoit en prison que il pe voloit pas que ele fust mariée, que il ne perdist la terre.

(13) En cele année se dernist Gefroiz li evesques de Senliz (14), par le congié l'Apostole, selonc les droiz. XXX anz avoit governé l'eveschié; pour ce se demist que il se sentoit pesanz et foibles de cors et mainz soffisanz en l'office que il ne soloit.

 En l'abaïe de Chaaliz entra, qui est de l'ordre de Cisteaus. Après lui, fu esleuz freres Guerins (15), qui estoit freres profès de l'Ospital, especiaus conseilliers le roi Phelippe pour le grant sens de li et pour la noient comparable vertu de conseil qui estoit en son cuer herbergié, et pour les autres grâces qui en li habundoient.

Il governoit merveilleusement bien les besoignes du roiaume, secunz après le roi.

Les neccessitez des eglises procuroit par grant diligence (16) et gardoit leur franchises et leur privilèges entièrement et sainement soz son mantel, ausi com l'en trove escrit de saint Fabien (17), qui com il fust clers et renommez ou palais des empereors de Rome, il gardoit et celoit le chevalier-Dieu (18) repost soz son mantel, pour ce que il peust doner confort et secors aux crestiens qui estoient en chartre, et conforter les corages de ceus qui pour la foi soufroient les tormenz.

 

lncidence

(19) En ce tens se demist ausi Gefroiz (20) li evesques de Miauz et entra en l'abaïe de Saint Victor de Paris, pour ce que il peust mieuz doner entente à contemplation. Cil Gefroiz estoit sains hons et religieus. Entre les autres ovres de saintée que il fesoit merveilleusement et vertueusement, fesoit-il abstinence tele que nus hons n'oï ainques parler de sa pareille; car chascun an, en la XLne et en l'avent, il ne beust ja, ne ne gostast de soustenance corporel que III foiz en la semaine.

Et en ce tens menjoit et bevoit petit et tex viandes don nus ne daignast goster pour l'amertume et pour la très grant aspreté que eles sentoient.

Après lui, tint l'eveschié Guillaumes (21), qui devant estoit chantres de Paris, et lors furent III freres de pere et de mere, evesques tot en un meisme tens de III citez.

Estienes (22) de Noion, Pierres (23) de Paris, Guillaumes de Miauz, et furent fil le viel Gautier (24), chambellanc de France et frere au jone Gautier (25) qui estoit ons assez dignes de loenge et assez nobles et renommez ou palais le roi.

 

 

 

 

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Moyen-Age Classique 1137 / 1204 période Aliénor d'Aquitaine<==

 

 


 

1202-1203, Jean sans Terre aide financièrement Hugues Parthenay Larchevêque qui renforce le château et remparts de la ville
En 1202-1203, Jean sans Terre aide financièrement Hugues I Parthenay-Larchevêque qui renforce le château de Parthenay et entoure la ville de remparts plus puissants avec en particulier la Porte Saint Jacques. Il fait aussi construire le château du Coudray-Salbart.

 

 

1. Guillaume le Breton, Gesta Philippi Augusti, § 172.

2. 1214.

3. Jean sans Terre, qui s'était embarqué à Portsmouth, le 2 février 1214, fait connaître dans une lettre datée du 8 mars qu'il était arrivé à la Rochelle le 15 février, « apud Rupellam applicuimus die sabbati proximo post capud jejunii ».

Le mercredi des cendres était cette année le 12 février (cf. Mathieu de Paris, Chronica majora, t. II, p. 572, et Rymer, Fœdera, t. I, p. 118).

4. Voir dans Rymer, t. I, p. 125, les conventions passées entre Jean sans Terre, d'une part, et Raoul d'Issoudun, comte d'Eu, Hugues X le Brun de Lusignan, comte de la Marche, et Geoffroi de Lusignan, d'autre part.

5. Outre Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire, arr. de Baugé, ch.-l. de cant.), Guillaume le Breton indique encore Oudon (Loire-Inférieure, arr. et cant. d'Ancenis) et Ancenis comme villes prises par Jean sans Terre.

 

6. En fuerre, fourrage.

7. Robert III, fils aîné de Robert II, comte de Dreux, succéda à son père qui mourut le 28 décembre 1218, et mourut lui-même le 3 mars 1234 (n. st.).

8. Le royal ms. 16 G VI du Brit. Mus., fol. 372, ajoute après genz : «  orent avecques euls ».

9. Voir sur cette action et sur la prise de Robert de Dreux : Mathieu de Paris, op. cit., t. II, p. 577, et Francisque Michel, Histoire des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre, p. 143-144.

10. Guillaume le Breton, Gesta Philippi Augusti, § 173.

11. Pierre de Dreux dit Mauclerc, fils de Robert II, comte de Dreux, et ainsi frère de Robert III, pris à Nantes, avait épousé Alix, fille aînée de Gui de Thouars et de Constance, duchesse de Bretagne. (Voir, sur Pierre de Dreux, Pocquet du Haut-Jussé : Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un état, t. I, p. 45 à 129, et Jacques Levron, Pierre de Dreux dit Mauclerc, duc de Bretagne, comte de Richemond, chevalier de Braine, dans Positions de thèses de l'École des chartes, 1929, p. 155-172).

12. Aliénor (ou Éléonore), née entre 1182 et 1184, sœur d'Arthur de Bretagne, était fille de Geoffroi II, duc de Bretagne et de Constance de Bretagne. Elle mourut à Bristol, le 10 août 1241 dans le château où Jean sans Terre l'avait fait enfermer.

13. Guillaume le Breton, Gesta Philippi Augusti, § 175.

14. Geoffroi II quitta l'évêché de Senlis en 1213 et mourut à Chaalis en 1214.

15. Guérin, que l'on trouve comme chancelier à partir des derniers mois de 1201, fut évêque de Senlis depuis 1214 jusqu'à sa mort survenue le 18 avril 1227. Voir sur lui Histoire littéraire de la France, t. XVIII, p. 33 à 41, et .L. Perrichet, La grande chancellerie de France des origines à 1328, p. 507.

 

16. « Et aus neccessitez des eglises très diligemment secouroit » (royal ms. 16 G VI, fol. 372, en note).

17. Parmi les manuscrits de Guillaume le Breton, les uns donnent : « de beato Fabiano », d'autres : « de beato Sebastiano ». Cf. éd. Delaborde, t. I, p. 257.

18. « Militem Christi » (Guillaume le Breton).

19. Guillaume le Breton, Gesta Philippi Augusti, § 176.

20. Geoffroi de Tressy qui occupa le siège de Meaux de 1207 à 1213, année où il se retira.

21. Guillaume de Nemours fut évêque de Meaux de 1214 jusqu'à sa mort survenue le 19 août 1221.

22. Étienne de Nemours fut évêque de Noyon depuis 1188 jusqu'au 1er septembre 1221, date de sa mort.

23. Pierre de Nemours, évêque de Paris de 1208 à 1219.

24. Gautier de Villebéon Ier qui avait épousé Aveline, dame de Nemours.

25. Gautier de Villebéon II dit le Jeune, second fils de Gautier de Villebéon Ier et d'Aveline, dame de Nemours, fut comme son père chambellan de France. Voir sur lui Histoire littéraire de la France, t. XVII, p. 214, et sur sa famille le P. Anselme, Hist. généal., t. VI, p. 625 et 627.

 

 

 

 

Ejusdem anni, scilicet ab incarnatione Domini MCCXIII, Quadragesima sequenti, Johannes Rex Angliae, qui cognominatus est Sine-terra, tranfretavit de Angia in Aquitaniam, et applicuit Ripellae in Pictavia cim magno exercitu (Hugoni de Lezin), et non multo post reconciliatus est Comiti Augi (Radulfo Issoldun), Comiti Marchia, Gaufrido de Lesignan, et aliss proceribus Auitanicis, qui prius favebant regi Franciae Philippo magnanimo, et percussit foedis cum eis.

 

Pacta conventa inter Joannem Angliae Regem, Hugonem de Lesignan, Marchia Ccomitem, et Pictavenses alios.

HAEC EST CONCORDIA facta inter dominum Regem Angliae Johannem, et Hugonem  Comitem Marchiae, et Radulfum Comitem Augi et Galfridum de Lysignan ; scilicet,

 

-1 Quod dominus Rex dedit Johannam filiam suam, genitam Ysabella uxore sua, filia Comitis Engolismensis (3), Hugoni de Lysignan, filio H. Comitis Marchiae, in uxorem, et eam tradidit custodiendam in custodia Comitis Marchiae et Hugonis de Lysignan filii sui.

Dedit autem idem dominus Rex eidem Hugoni duo millia libratarum terrae pictaviensium, assignanda ei in Pictavia, Andegavia et Turonia, in maritagium cum praedicta filia sua.

 -2 Quousque autem assignata fuerint ei praedicta duo millia libratarum terrae, habebit idem Hugo interim de balliva domini Regis Xanton cum pertinentiis, et Olerim (Oléron) cum pertinentiis, minus Rex perquisierit terram in praedictis locis, et eis assignaverit in maritagium praedictum, tantum revertetur ad dominum Regem de terra Xanton et Olerim, quantum eis assignaverit modo praedicto.

 -3 Si vero contigerit quod Hugo de Lysignan moriatur antequam praedicta Johanna filia domini Regis haeredem habeat ab eodem Hugone, praedicta filia cum terris praeassignatis reddetur domino Regi vel haeredi suo ; et si praedicta filia moriatur sine haerede, simili modo revertantur preadictae terrae domino Regi vel haeredi suo .

 Et de hoc fecerunt Hugo IX, Comes Marchiae et Gaffridus filius suus dominum Regme securum per Radulfum Comitem Augi et Aimericum vicecomitem Towarcensem, et per alios de suis quos dominus Rex habere voluerit.

 -4 Hugonis vero Bruni, Comitis Marchiae, remanebit totus comitatus Marchiae et haeredibus suis integre cum omnibus pertinentiis sui, et inde homagium fecit domino Regi.

 -5 Dominus autem Rex deddidit Comiti Augi castrum de Hasting et Tikill cum pertinentiis, et totum jus Aliciae uxoris suae, filiae Henrici Comitis Augi ; et pro terra sua Normanniae, quam Rex Francorum ei abstulit, tradet in manus fratum militiae Templi de pecunia sua, ad reddendum praedicto Comiti Augi per terminos, quantum praedicta terra valet per annum, per aestimationem preadicti Comitis Augi, et Cestria (Ranulphi) et ferrariea (Willelmi) Comitum, et vicecomitis Towarcensis (Aimerici), et Hugonis de Gornaco, donec dominus Rex terram ipsius perquiseirit cum auxilio praedictorum Comitum Marchiae et Augi, et illam ei reddiderit.

 -6 Dominus etiam Rex reddidit Galfrido de Lysignam totam terram suam in comitatu Pictaviae ; et omnes milites, tam ex parte domini Regis quam ex parte praedictorum Comitum, recuperabunt omnes terras suas quas amiserunt per guerram, unde seisiti fuerunt tempore quo guerra incepit

 -7 Et si qui dixerit quod seisitus fuis de terra aliqua in initio guerrae, et per probos homines convictus fuerit quod inde seisitus non fuerit, jus inde habebit in curia domini Regis, exceptis illis de quibus convenit inter dominus Regem et Comitem Augi, et excepto Willielmo Maingog de jure quod peti in Vovent, unde Galfridus de Lysignan dabit exccambium ad vaelntiam illius terrae in Zuchi et Gygome, si praedictus Willielmus voluerit ; et dominus rex dabit preadicto Galfrido excambium ab valentiam illius terrae, et, si voluerit, treugae erunt inter ipsum et G. de Lysignam usque ad festum Sancti Michaëlis, anno ejusdem domini Regis XVI,et post illud festum jus sit inter ipsos in curia domini regis pro quantos jus habere debent.

 -8 Domino vero Regi remanebit totus comitatus Engolismensis integre cum castro de Touré (Touvre) ; et pro duodus castris de Butevill (Boutville) et Castro-novo dabit dominus Rex excambium in terra vel pecunia Comiti Marchiae per consilium Comitis Augi (Radulfi) et viceomitis Towarcensis (Aimerici), qui dominum Burdegalensem archiepiscopum ( Guillelmum) ad hoc vocabunt. Et terras quas idem dominus Rex et antecessores sui dederint praedicti Comitibus Marchiae et augi, et G. de Lysignan, idem dominus Rex eis warrantizabit.

 -9 A majorem autem hujus rei securitatem isti subscripti ex parte domini regis juraverunt quod conventionem praedictam fideliter tenebunt et bona fide, et pro posse suo dominum Regem facient tenere sine ipso guerrando, sscilicet Ranulfus Comes cestriae, Willelmus Comes de Ferrariis, Aimericus vicecomes Toarcensis, Savari de Maloleone, Hugo Towarcensis, A de Ruperforti, Hugo de Gourbayn Galfridus de Tannay, Reginaldus de Ponte senior, Kalo de Ruperforti, Aimericus de Ruper –Eschiward, Tjeobaldus Crespin, et Hubertus de Burgo .

 -10 Ex parte vero Comitis isti subscripti juraverunt quod cconventionem istam fideliter tenebunt et bona fide, et ipsos Comites fideliter pros posse eam tenere faceint sine ipsis guerrando, scilicet Aimericus vicecomes Toarcensis, Radulfus Comes Augi, Galfridus de Lysignan, Aimericu de Rupe- Eschiward, Aimericus de Brunus, S. de Sunalis, E. de la Verne, W. de Meyri, H. Miche, Petrus Fernecart, Willielmus de Pychemum, Hugo de Naise, Petrus de Menterol, Americus de Cusac.

 

Recueil des historiens des Gaules et de la France: tome quatorzième De Michel-Jean-Joseph Brial

 

 

 

 

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PHystorique- Les Portes du Temps