les REGALIA des Rois de France

Les regalia du Royaume de France sont un ensemble d'objets symboliques utilisés par la monarchie française. Aujourd’hui, la plupart des regalia médiévales, confiées à l’abbaye de Saint-Denis qui était également la nécropole des rois de France, ont disparu : la Sainte Ampoule a été brisée pendant la Révolution française. La convention nationale en a décidé la destruction par le décret du 16 septembre 1793. Il s’agissait alors de détruire un objet qui incarnait la théorie du droit divin.

Jusqu’au règne de Saint Louis, nos Rois ont constamment gardé ces Ornements dans leurs Palais ; mais ce Prince pieux, par vénération pour Saint Denis et les Saints Martyrs, Protecteurs de la France, les confia au Trésor de cette abbaye, sous la condition de lui être remis, tant à lui qu’a ses Successeurs, toutes les fois qu’ils en feraient la demande.

Ces Ornements consistent en sept différentes parties : la grande Couronne Impériale ; l’Epée ; le Sceptre ; la Main de Justice ; les Eperons ; l’Agrafe servant à retenir le Manteau Royal, et le Livre de Prière. La plupart, et entre autres la Couronne et l’Epée, viennent du Souverain Pontife Léon III.

C’est le présent qu’il fit à Charlemagne le jour qu’il le sacra Empereur d’Occident ; l’Epée s’appelle encore pour cela l’Epée de Saint Pierre ; on l’appelle aussi l’Epée joyeuse, parce qu’elle ne sert que dans les jours de réjouissance.

La poignée, la garde et le haut du fourreau sont d’or massif, enrichi de pierreries, et le fourreau de velours violet garni de perles.

La Couronne, qui est aussi de pur or, chargée de gros rubis, de saphirs et d’émeraudes, un fort grand circuit : comme son poids et sa grandeur ne permettaient pas à nos Rois de la porter, on la soutien sur leur tête pendant la cérémonie du Couronnement ; et ils en font faire ordinairement deux autres, d’or et d’argent doré, qu’ils mettent pendant la Messe et pendant le festin Royal.

Le Sceptre, la Main de Justice et les Eperons, passent encore pour avoir appartenu à Charlemagne.

Le sceptre à six pieds de haut ; Charlemagne y est représenté en relief, assis sur une chaire, garnie de deux lions, de deux aigles, le globe en main, et de la manière qu’on a coutume de le peindre : le tout d’or massif, émaillé et enrichi de perles orientales.

La Main de Justice, appelée en latin Virga vireutis arque aequitaris, est une verge, ou bâton d’or d’une coudée, surmontée d’une main d’ivoire, ayant au quatrième doigt un anneau d’or, ou est enchassé un très-beau saphir : il y a de distance en distance trois cercles à feuillage tout brillants de perles, de grenats et autres pierres précieuses.

Les Eperons sont d’or, émaillés d’azur, semés de fleurs de lis d’or, et ornés de grenats, avec les deux boucles à tête de lion.

L’Agrafe est un losange d’or, d’un prix inestimable pour les pierreries qui la relèvent.

Le Livre contient les prières qui sont propres à la cérémonie du Sacre : il est couvert d’argent doré, et les accompagnements en sont aussi extrêmement riches. Jamais on ne change ces Ornements, au lieu que les autres, savoir, les Bottines ou Sandales, la Tunique, la Dalmatique et le Manteau Royal se renouvellent presque à tous les Sacres, en imitant néanmoins, autant que l’on peut, les anciens.

Car, excepté les cérémonies purement Ecclésiastiques, il n’y en a guere ou les précieuses traces de l’antiquité soient plus respectées qu’en celle-ci : chaque action, chaque démarche a son principe, fondé sur la pratique des premiers temps. Par exemple, l’Archevêque de Reims, assisté des Evêque de Laon et de Beauvais, demande au Roi sa protection pour les Eglises qui lui sont sujettes, et le Roi la lui promet sans se lever de son siège, et la tête couverte : ce qui étant fait, les deux Evêques soulèvent le Roi, le présentent aux Seigneurs assistants et au Peuple, leur demandent s’ils l’acceptent pour Souverain ; après qu’ils en ont reçu  le consentement par un respectueux silence, le roi prête tout le serment du Royaume, assis, la tête couverte, et tenant les mains sur l’Evangile. On voit ici les droits d’une souveraineté héréditaire, que le Prince tient de Dieu seul, et ceux de la liberté publique sort sagement ménagés ; de sortes que, sans blesser la dignité du Prince, les Ordres de l’Etat sont toujours censés maintenus dans la possession ou ils étaient originairement de veiller à la sureté du nouveau règne, et de prendre pour cela de certaines mesures et certaines précautions autorisées par les lois.

La bénédiction de l’Epée nous montre bien encore quels étaient les sentiments de nos pères sur le droit de la guerre, celui de vie et de mort, et généralement sur tout ce qui concerne la puissance du glaive : l’Archevêque la bénit sans la tirer du fourreau, la met au Roi et la lui ôte en même-temps ; puis il la taille nue sur l’Autel, la reprend et la présente à sa Majesté, le roi la baise, la pose sur l’Autel, d’où l’Archevêque le reprend une seconde fois pour la donner au roi, qui la reçoit à genoux, et la remet entre les mains de son Connétable ou celui qui le représente.  Il est clair par ce détail, que tout y marque l’esprit de religion, et qu’on en fait la première règle du pouvoir le plus absolu d’ailleurs, et le plus indépendant qu’il y ait au monde.

 

Sacre des Rois de France -17 juillet 1429 - Charles VII est sacré à Reims  <==.... ....==> Reims: Le calice du sacre des rois de France de Saint Remi