Vida Savary de Mauléon, Grand seigneur et grand troubadour
Une vida (mot occitan signifiant Vie de troubadour ou biographie de troubadour) est un texte en prose anonyme, écrit au XIIIe siècle ou début du XIVe siècle en langue d'oc, racontant la vie d'un troubadour ou d'une trobairitz.
Dans cette vida, Savary fait l’objet d’un portrait stéréotypé de grand baron (avec la liste de ses fiefs) et de parfait chevalier : « rics baros de Peitieu », « Bels cavaliers fo e cortes et enseingnatz e larc sobre totz los larcs », c’est-à-dire large, la largueza étant une des valeurs courtoises cardinales. Tout ceci le place dans une catégorie bien particulière de troubadour. En effet, parmi les nobles auteurs de la lyrique occitane, l’époque fait une distinction de fortune entre les barons et les paubres cavalliers
Au sein de la littérature médiévale de langue d'oc, la vida est un texte en prose racontant la vie d'un troubadour. La majorité de ces œuvres fut rédigée au XIIIe siècle, après l'apogée de la littérature occitane. Nombre d'entre elles ont été copiées dans les manuscrits dits " chansonniers provençaux ".
http://chartes.hypotheses.org
/image%2F1371496%2F20261001%2Fob_162a59_tableau-savary-de-mauleon.jpg)
==> Les Seigneurs de Talmont, Famille de Mauléon
==> Canta Merula, la châtellenie de Chantemerle (commune des Moustiers sous Chantemerle)
==> La commanderie de Saint-Sauveur du Temple de Mauléon
==> 1206. Donation aux moines de Charon, par l'empereur Othon, alors comte de Poitou.
==> L'ABBAYE DE LA GRAINETIERE AU FIL DES CHARTES (13EME SIECLE)
==> Chapelle de Notre Dame du Breuil (commune du Bernard)
==> Détails historiques sur l’Olonnais et le Talmondais au XIIIe siècle - Notre Dame de Bourgenay.
==> 1211 Croisade des Albigeois, Savari de Mauléon à la rescousse du comte de Toulouse Raimond VI
==> En 1214, de Parthenay, les troupes de Jean sans Terre partent à la Conquête de Nantes
==> Chapelle de Notre Dame du Breuil (commune du Bernard)
==> Le 19 avril 1215, Jean sans Terre concède le privilège de la commune donné aux citoyens de Bayonne sur le modèle de La Rochelle en présence de Savari de Mauléon et qui à son tour procédait des Etablissements de Rouen; la ville devait être administrée à l'avenir par un maire et par un corps de cent bourgeois ou "cent pairs"
==> 1216 — Don du marais de Marchausseya par Savary de Mauléon
==> 1218 Charte de Savary de Mauléon, prince et seigneur de Talmont, avant de partir en croisade
==> Nieul-sur-Mer Le Port du Plomb ou Port Savari de Mauléon, relevant de la seigneurie de Laleu
==> 1225 Don par Savary de Mauléon de ses droits sur Achard et Etienne Bérenger.
==> 1226 Don par Savary de Mauléon aux enfants qu'il pourrait avoir d'Amable du Bois.
==> Le 16 mars 1227, le traité de Vendôme formalise la soumission des coalisés.
==> Avril 1227 Mariage de Savary de Mauléon avec Amable du Bois à l'église Saint-Nicolas de La Tranche
==> Nature des idées, des tendances et des passions chevaleresques dans les poésies des troubadours
À la mort de Raoul de Mauléon, fils de Savari de Mauléon et d'Amable du Bois, une importante succession s'ouvrit.
Raoul, considéré juridiquement comme bâtard, ne pouvait, selon la coutume féodale du pays, transmettre directement ses biens à ses parents : ceux-ci devaient revenir au seigneur féodal, en l'occurrence Alfonse de Poitiers, comte de Poitiers et de Toulouse.
Raoul avait fait son testament en mars 1250 (ancien style). Après sa mort, plusieurs prétendants se présentèrent devant la cour du comte pour réclamer son héritage.
Le premier était Aimeri IX, vicomte de Thouars, fils de Gui Ier de Thouars et d'Alice (ou Alix) de Mauléon. Il pouvait faire valoir ses droits par sa mère, issue de la famille de Savari.
Se présentèrent également Aimeri de Rochechouart, époux de Jeanne de Mauléon, ainsi que Geoffroy IV de Tonnay-Charente, qui agissait au nom de ses filles, elles-mêmes issues d'une fille de Savari de Mauléon.
Dans un premier temps, la cour d'Alfonse de Poitiers refusa de reconnaître leurs prétentions. Le caractère bâtard de Raoul permettait en effet au seigneur féodal de recueillir directement sa succession.
Après ces contestations, Aimeri IX de Thouars réussit à obtenir l'intervention favorable du comte.
En juillet 1253, Alfonse de Poitiers lui concéda les fiefs qui avaient appartenu à Raoul de Mauléon. Cette concession n'excluait cependant pas les droits que pouvaient faire valoir les filles de Geoffroy IV de Tonnay-Charente : Aimeri de Thouars devait procéder avec elles au partage de la succession « selon les us et coutumes ».
Alfonse réservait également les droits d'Amable du Bois, veuve de Savari de Mauléon.
Cette concession était accompagnée d'importantes obligations féodales. Aimeri IX s'engageait à verser au comte 10 000 livres et, comme homme lige, à lui livrer, sur réquisition, le château de Talmont ainsi que ses autres châteaux et forteresses. Il promettait également de ne construire aucune nouvelle fortification et de ne renforcer les anciennes qu'avec l'autorisation du comte.
En juin 1254, Aimeri IX confirma les donations faites par ses prédécesseurs à l'abbaye de Chambon.
Quelques mois plus tard, en octobre 1254, intervint le règlement entre Aimeri IX de Thouars et Aimeri de Rochechouart et Jeanne de Mauléon.
Aimeri de Rochechouart et son épouse renoncèrent à leurs prétentions sur la succession de Raoul en échange d'une rente annuelle de 110 livres. Cette somme comprenait 80 livres de rente correspondant à leur part d'héritage, auxquelles Aimeri IX ajoutait 30 livres à titre de don.
Cette rente devait être assise principalement sur le minage de Niort, avec des garanties portant notamment sur les revenus de l'île de Ré et de Talmont. Des dispositions particulières étaient prévues tant qu'Amable du Bois, veuve de Savari de Mauléon, demeurait en vie.
La part attribuée à Jeanne dans la succession était évaluée, selon le calcul retenu dans cette transaction, à 1/21 de l'héritage.
La succession de Raoul était ainsi progressivement réglée entre les différentes branches de la famille.
La concession de 1253, puis les accords de 1254, permirent finalement à Aimeri IX de Thouars d'intégrer à son patrimoine une grande partie des possessions autrefois détenues par Raoul de Mauléon, notamment dans le Talmondais.
Il faut donc distinguer deux étapes : Alfonse de Poitiers attribue juridiquement l'héritage à Aimeri IX en 1253, puis Aimeri règle en 1254 les prétentions concurrentes des autres héritiers ou ayants droit.




