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PHystorique- Les Portes du Temps
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23 octobre 2026

La commanderie et l'hôpital de la Magdeleine à Clisson

Dans un faubourg de la pittoresque ville de Clisson (1), sur une colline faisant face aux majestueuses ruines féodales du château d’Olivier l’illustre connétable, se dresse, garnie de lierre et ombragée de chênes, l’abside romane d’une vieille église abandonnée ; c’était avant la Révolution tout à la fois la chapelle de la commanderie du Temple de Clisson et l’église de la paroisse Sainte-Magdeleine de Clisson.

 

On ignore en quelle année et par qui fut fondé le Temple de Clisson, mais il est certain que cette fondation fut une œuvre du XIIe siècle, puisqu’au commencement du siècle suivant nous voyons ce temple assez solidement établi pour avoir en 1213 son précepteur ou commandeur particulier.

 

Dès 1213, cet ordre d'illustres chevaliers avait ici ses fondations, comme le démontre une pièce extraite de sources authentiques, par M. Perrault-Gruget.

 

Elle est en latin, dans la langue des titres du moyen âge, et jette un jour nouveau sur ces curieuses ruines.

 

Ce document a pour en-tête : « Accord fait devant Etienne, évêque de Nantes, entre Guillaume le Vieux, seigneur de Clisson, et les frères de la milice du Temple. »

 

 

En 1217, cet aveu dit : « Guillaume donna aux Hospitaliers un terrain contigu à son château, en échange d'un autre terrain qu'il leur avait pris. »

 

De ce titre, il ressort clairement, qu'il y avait à Clisson un château avant celui qu'y a fait bâtir Olivier Ier en 1225.

 

 De plus, il démontre que ce bâtisseur, cimentarius, a été aux croisades ; car il est encore mentionné, dans cet important document, qu'Olivier, le fils de Guillaume, ne partit pas seul pour la Terre-Sainte :

« Il emmena avec lui, Robert Bastard I et plusieurs autres seigneurs qui étaient ses suzerains. »

C'était évidemment à la troisième croisade, sous Philippe-Auguste : Olivier dut se trouver au siège de Damiette, avec les comtes de Nevers, de Bar et de la Marche.

Voilà donc un point de controverse historique parfaitement vidé.

 

Ainsi, pendant que Guillaume le Vieux traitait avec les Templiers de Clisson, Olivier, son fils, guerroyait en Terre-Sainte et prenait les idées d'architecture qu'il est, venu implanter sur les rives de la Sèvre.

 

 La reproduction du château de Césarée en Palestine n'a donc rien d'impossible. La date du départ du seigneur de Clisson porte le millésime de 1218.

 

Un grand nombre de bienfaiteurs enrichirent ces chevaliers du Temple et leur donnèrent d'immenses privilèges.

 

D’ailleurs l’architecture de l’église de la Magdeleine dénote une construction du XIIe siècle.

 

 Quant à connaître le nom du fondateur c’est plus difficile : au premier abord on est tenté de croire que le Temple de Clisson, bâti en face du château des sires de Clisson, devait son origine à ces puissants barons, mais on arrive vite à en douter lorsqu’on considère les commandeurs du Temple de Clisson rendant de tout temps leurs aveux aux ducs de Bretagne, puis aux rois de France, en leur cour de Nantes, et non point aux sires de Clisson (2).

 

 De plus nous allons voir qu’au commencement du XIIe siècle les rapports étaient très tendus — et même hostiles du côté des barons — entre les sires de Clisson et les commandeurs du Temple.

 

 

Dès cette époque les Templiers étaient assez puissants pour posséder un « bourg » à Clisson, c’est-à-dire toute une portion de la petite ville à peine naissante, et pour y avoir une église un cimetière et une commanderie.

 

Il est vraisemblable que ce rapide accroissement d’une maison récemment fondée portait ombrage au seigneur de Clisson, car Guillaume sire de Clisson envahit le domaine du Temple et le ravagea en enlevant aux Chevaliers quantité de richesses ; bien plus, il poursuivit, les armes à la main, un homme vassal des Templiers et, bravant le droit d’asile unanimement reconnu à cette époque, il ne craignit pas le tuer dans le cimetière même de la Magdeleine.

 

De tels excès criaient vengeance : les Templiers réclamèrent justice près d’Etienne de la Bruère, évêque de Nantes.

 

Ce prélat prit en mains leur cause et parvint à faire consentir le baron de Clisson à la composition suivante entre lui et les frères de la Milice du Temple : « Fratres Militie Templi. »

 

Voici ce dont il fut convenu : Guillaume sire de Clisson restitue au Précepteur de la maison du Temple de Clisson « Preceptori Domus Templi Clicii » tout ce qu’il lui a injustement enlevé, et, pour le dédommager du tort causé, il lui abandonne les impôts appelés « devoirs de coutumes » qu’il levait jusqu’à ce jour en toutes les terres d’aumônes appartenant aux Templiers dans l’étendue de sa seigneurie.

 

 Il cède aussi au même précepteur les autres droits féodaux nommés « services » que lui devaient les vassaux du Temple, lesquels désormais acquitteront les mêmes services au profit du précepteur.

 

Toutefois le sire de Clisson se réserve un droit de minage dans le bourg du Temple, mais il exempte de cet impôt tous les vassaux de la préceptorerie.

 

Comme compensation du meurtre commis dans le cimetière du Temple, Guillaume de Clisson donne au précepteur « un homme libre et quitte, appelé Thébaud Le Volant, à posséder à perpétuité. »

 

Le même seigneur concède aux Templiers permission d’édifier maisons, fours et moulins dans toutes les terres qu’ils possèdent en sa baronnie, mais il leur défend d’y tenir foires ou marchés.

 

 Enfin, comme témoignage de la sincérité de ses sentiments, Guillaume de Clisson s’oblige envers les Chevaliers du Temple à leur verser la somme de sept mille sols, s’il ne tient pas ses engagements ; il donne pour cautions Guillaume de Clisson le Vieux, Eudon sire de Pontchâteau, Gaudin Guerriff, Maurice de Liré et Regnaud Sauvage.

 

La famille Sauvage avait à cette époque de l’importance dans le pays de Clisson.

 

En 1235 Guillaume Sauvage et Catherine sa femme, du consentement de leurs enfants Regnaud et Sebile, donnèrent à Dieu et aux Frères de la milice du Temple de Clisson « Deo et Fratribus Milicie Templi de Clicio » tout ce qu’ils pouvaient avoir de droits sur les habitants des villages de la Roelère, la Pinelère, la Tarcosère, la Naulère et l'Echacerie; ils y ajoutèrent l’hommage et les 5 sols de rente annuelle que leur devait certain chevalier nommé Guillaume Gautier.

L’acte de cette donation fut scellé du sceau de Maurice doyen de Clisson (3).

 

Tels sont les souvenirs qu’ont laissés à Clisson les Chevaliers du Temple.

 

En même temps qu’eux les Chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem eurent-ils eux-mêmes en cette ville un établissement hospitalier? Il faut bien le croire, puisqu’on 1217 Guillaume sire de Clisson, reconnaissant avoir pris pour faire les murs et les douves de son château certaine aire propriété de l’Hôpital, concède à Dieu et à la Sainte Maison de l’Hôpital « Deo et Sancte Domui Hospitalis » un autre terrain contigu aux dits fossés de son château et libre de toute servitude

 

Dans cet acte, qui prouve la construction du château de Clisson au commencement du XIIIe siècle, il n’est point question des Templiers, mais bien des Hospitaliers; il ne s’agit pas non plus de la commanderie de Saint-Antoine qui ne fut fondée à Clisson qu’en 1433 par le seigneur du lieu, le prince Richard de Bretagne ; Saint-Antoine se trouvait d’ailleurs en la paroisse de Gétigné et nullement contiguë au château de Clisson (4).

 

Précepteur de Nantes

1307, frère Géraud d'Augignac, sergent.

De la déposition d'un sergent du Temple, il ressort que les Templiers avaient une maison à Clisson, ville située dans le diocèse de Nantes, que cette maison était pourvue d'une chapelle, et que son précepteur, vers 1305 et peut-être même dès 1292, fut frère Étienne Henri, sergent. Le même nous apprend encore, que le précepteur du Temple de Mauléon, un chevalier alors, venait à Clisson.

 

L’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, désigné toujours aux XIIe et XIIIe siècles sous le nom de Sainte Maison de l’Hôpital, avait donc dès cette époque quelque terre près de la demeure des sires de Clisson.

 

 On ne sait rien par ailleurs de cette terre parce-que tous les biens des Templiers et des Hospitaliers à Clisson furent réunis pour ne plus former qu’un seul établissement, après la dissolution de l’Ordre du Temple en 1312.

 

Une charte nous prouve que les chevaliers de l’Hôpital entrèrent en possession du Temple de Clisson aussitôt après la ruine des Templiers.

 

 En 1319, en effet, nous voyons Jean de Boncourt, commandeur de l’Hôpital de Nantes, jouissant déjà du Temple de Clisson. Il obligea alors Raoul Langlais, paroissien de Saint-Hilaire du Bois, à renoncer à d’injustes prétentions sur la terre de la Pallaire en Cugand, qu’Olivier Gaudin avait donnée au Temple de Clisson en même temps que sa propre personne.

 

Depuis cette époque et jusqu’à la Révolution, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédèrent le Temple de Clisson, appelé souvent à cause d’eux l’Hôpital de la Magdeleine et parfois même l’Hôpital Saint-Jean de Clisson.

 

Mais cette commanderie fut presque toujours donnée avec quelque autre bénéfice analogue au chevalier qui s’en trouva pourvu.

 

Avignon, le 2 mars 1321.

Sur les instances du duc de Bretagne, Jean XXII charge l’évêque de Nantes de faire continuer l’aumône dite de la Comtesse, distribuée au temple de Clisson  trois fois la semaine, en pain ou en argent, à raison d’une obole par pauvre.

 

 

Au vénérable évêque de Nantes.

L’affection d’une sincère dilection que le bien-aimé fils de l’Église, le noble homme Jean, duc de Bretagne, est reconnu porter envers nous et envers l’Église romaine, mérite que nous accueillions favorablement ses demandes, autant qu’il nous est possible de le faire avec l’aide de Dieu.

 

La requête de ce duc, qui nous a été présentée, exposait notamment que, dans le duché dudit duc, se trouve une certaine maison, communément appelée de Clicio [Clisson], qui appartint autrefois à l’Ordre de la milice du Temple.

 

Dans cette maison, avant la suppression dudit Ordre, depuis un temps dont la mémoire contraire n’existe pas, il était d’usage que, trois fois par semaine, une aumône commune fût distribuée à chaque pauvre qui se présentait à cette maison, pour une valeur d’une obole, soit en argent, soit sous forme de pain.

 

Cette distribution était communément appelée dans ces régions « l’aumône de la comtesse », parce que la renommée publique avait — et a encore — établi qu’une ancienne comtesse de Bretagne avait fondé et établi cette maison, et qu’elle lui avait, pour cette raison, donné de vastes et certaines possessions.

 

Or, cette distribution d’aumônes a maintenant cessé, et elle a déjà cessé depuis plusieurs années, particulièrement depuis l’abolition de l’Ordre susdit, au détriment des pauvres et au péril des âmes tant de ladite fondatrice que du duc lui-même.

 

C’est pourquoi ledit duc nous a humblement supplié de bien vouloir pourvoir à cette situation en prenant le remède approprié.

 

Mais comme nous ne sommes pas suffisamment informés de la réalité de ces faits, nous te mandons par les présentes lettres apostoliques, notre frère, de procéder à une enquête.

 

Si, après avoir recherché avec diligence la vérité au sujet de l’aumône susmentionnée, tu trouves que les choses sont bien telles qu'elles ont été exposées, tu veilleras à faire respecter cette aumône.

 

Et si tu ne trouves pas que les choses soient ainsi, tu amèneras néanmoins les détenteurs de cette maison à observer l’usage qui était habituellement pratiqué.

 

À ceux qui s’y opposeraient…

Donné à Avignon, le sixième jour avant les nones de mars, la cinquième année [du pontificat].

 

Venerabili… episcopo Nannetensi. Sincere dilectionis affectur, quam dilectus filius nobilis vir Johannes, dux Britanie, ad nos et Romanam Ecclesiam habere dignoscitur, promeretur ut petitionibus suis, quantum cum Deo possumus, favorabiliter annuamus.

Petitio siquidem ipsius ducis nobis exhibita continebat quod in ducatu dicti ducis quedam domus, de Clicio vulgariter nuncupata, que fuit quondam ordinis milities Templi, consistit, in qua ante sublationem dicti ordinis a tempore, cujus contrarit memoria non existit, consuevit ter in ebdomada fieri communis erogation cuilibet pauperi ad ipsam domum confluenti ad valorem unius oboli, in pecunia vel in pane, quequidem erogatio vulgariter in illis partibus vocabatur elemosona comitisse pro eo quod fama communis habebat et habet quondam comitissam Britanie eamdem domum instituisse ac etiam fundavisse, et ob hoc eidem domui amplas et certas possessiones dedisse, et quod nunc cessat erogatio antedicta et jam cessavit annis pluralibus retroactis, maxime post abrogationem ordinis antedicti, in perjudicium pauperum et tam fundatricis predicte quam ipsius ducis periculum animarum, ; quare dictus dux nobis humiliter supplicabit ut providere super de oportuno remedio dignaremur.

Quia vero nobis non constitit de premissis fraternatali tue per apostolica scripta mandamus quatinus.

Si inquista de elemosina supradicta diligentius veritate rem inveneris ita esse, illam facias observari, et si non inveneris ita esse indueas domum ipsam tenentes ad abservantiam consuetam. Contadictores… datum Avenione, VI nonas martii, anno quito.

  

L’évêque de Nantes reçut commission, à la même date, de veiller à la répartition des aumônes qu’avait fondées au temple de Nantes la même comtesse de Bretagne.

 

Sans doute qu'après la suppression de cet ordre fameux par Clément V, en 1312, les chevaliers de Malte vinrent ici prendre la place des frères du Temple.

 

 

Les vieillards se rappellent encore avoir assisté à la messe de la commanderie, dans cette chapelle dont vous pouvez voir le toit soigneusement conservé.

 

Aux cintres de ses fenêtres; à son abside en cul-de-four, à l'ogive naissante de sa nef voûtée, on croit reconnaître le XIIe siècle dans sa première moitié.

 

Cette chapelle, est précédée d'un atrium qui fait corps avec elle, et qui en est pourtant essentiellement distinct : car le clocher n'est pas au-dessus de la porte d'entrée de l’atrium, mais bien au-dessus de la première travée de la chapelle.

 

Le bénitier de pierre, où les chevaliers prenaient l'eau sainte pour se signer le front avant d'aller s'agenouiller devant l'autel, est placé à droite en entrant dans l’atrium; donc, dès ce seuil, on était en terre sacrée.

 

Ce lieu était sans doute couvert d'une simple charpente, mais aujourd'hui il n'en reste plus rien ; la voûte ne commence qu'à la chapelle proprement dite.

 

A quoi servait cet atrium? Était-ce là qu'on enterrait les religieux de la commanderie?

 

 Il, serait possible ; car on y voit encore une pierre tombale qui pour toute inscription porte sculptée dans le grès une épée de chevalier, l'insigne de l'ordre.

 

Ou bien était-ce le lieu réservé aux servais d'armes, aux frères d'obédience, qui serraient leurs rangs pour laisser passer les chevaliers, qui avaient seuls le droit de pénétrer sous les voûtes de la chapelle?

 

Les bâtiments d'habitation occupés par l'ordre ont disparu; ils étaient à droite, où vous voyez des maisons d'artisans. Le mur, d'enceinte de leur préau, l'enclos de leur verger y est encore attenant.

 

Après la commanderie, vous voyez dans le fond d'un pli de terrain, au-dessous de ces ruines saintes, une énorme masse grise que les lierres semblent avoir respectée : c'est l'antique fief du Grand-Pin-Sauvage.

 

Allez visiter ces restes conservés; ils ont leur intérêt, ils ont leur curiosité.

 

Cette demeure féodale existait dès 1235; car, dans l'aveu que nous tenons de M. Perrault-Gruget et que nous avons cité plus haut, il est encore dit : « Que Guillaume Sauvage fit des dons considérables aux Templiers; que Catherine, sa femme, que Réginald et Sébile, ses fils, y joignirent leurs bienfaits particuliers. »

 

DONATION faite par Guillaume Sauvage et Catherine sa femme, aux Templiers de la Madeleine de Clisson.

L'original de cette charte, facile à lire et à comprendre, existe encore. Comme elle est courte, inédite et fort curieuse surtout par les noms de lieux qu'elle contient et dont la forme commence à se franciser, à tous ces titres nous en rapportons ici le texte.

 

Que tous ceux qui verront la présente charte sachent que moi, Guillaume Sauvage, avec l'accord de Catherine, mon épouse, ainsi que de Rag[inald] et Sébile, mes enfants, ai donné librement et accordé à Dieu et aux frères de la milice du Temple de Clisson, en pure et perpétuelle aumône, tout le droit et toute la seigneurie que j'avais et que j'exerçais dans la villa appelée la Roelere, dans la villa appelée la Pinelere, dans la villa appelée la Tartosere, dans la villa appelée la Gaulere, et dans la villa appelée Lechacerie, afin qu'ils les possèdent librement, paisiblement et perpétuellement.

 

En outre, j'ai donné et accordé auxdits frères, sous la forme d'hommage susdite, le droit que j'avais sur Guillaume Gautier, chevalier, ainsi que cinq cents sous de service que je percevais chaque année dudit chevalier à la fête de Tous les Saints, afin qu'ils soient désormais annuellement versés auxdits frères.

 

Catherine, mon épouse, après avoir touché les saints Évangiles, a juré que, ni par elle-même ni par l'intermédiaire de qui que ce soit, elle ne s'opposerait jamais à cette aumône, et qu'elle ne réclamerait rien sur ladite aumône, ni en raison de sa dot, ni pour quelque autre motif que ce soit.

 

Elle renonce expressément à la nouvelle constitution et au bénéfice du sénatus-consulte Velléien, ainsi qu'à toute aide ou protection qui pourrait lui revenir, tant selon le droit canonique que selon le droit civil.

 

Pour une plus grande connaissance et confirmation de cette affaire, Maurice, alors doyen de Clisson, à la demande des parties, a apposé son sceau à la présente charte, en témoignage de vérité et pour en assurer la garantie.

Donné l'an du Seigneur 1235.

 

Notum sit omnibus cartulam prœsentem inspecturis, quod ego Willelmus Sauvage, cum assensu Katherinæ, uxoris meæ, et Rag. et Sebile, filiorum meorum, dedi liberaliter et concessi Deo et fratribus miliciae templi de Clicio in puram et perpetuam elemosinam quidquid juris et dominii habebam et percipiebam in villâ quae vocatur la Roelere et in villâ quae vocatur la Pinelere et in villâ quae vocatur la Tartosere et in villâ quae vocatur la Gaulere et in villâ quœ vocatur Lechacerie, libere et pacifice in perpetuô possidendum. Insuper dedi et concessi dictis fratribus, sub praedictâ formâ homagii, quod habebam super Villelmo Gautier, milite, et quingentos solidos de servitio quos a dicto milite, annis singulis, percipiebam in festo omnium sanctorum annuatim dictis fratribus persolvendos. Katherina vero uxor mea, tactis sacrosanctis evangeliis, juravit quod nec per se nec per aliquos contra hujus modi elemosinam ullo tempore veniret nec aliquid ratione dotis vel qualibet aliâ ratione in dictâ elemosina peteret, expresse renuntians novellae constitutioni et beneficio senatus consulti velleiani, et omni auxilio sibi compotenti tam de jure canonico quam civili.

Ad majorem autem hujus rei noticiam, Mauricius, tum temporis decanus de Clicio, ad petitionem partium, praesenti cartulas sigillum suum apposuit in veritatis testimonium et munimem.

Datum anno Domini millesimo ducentesimo trigesimo quinto.

Le sceau qui était suspendu au repli a été arraché et manque aujourd'hui.

 

 

 Il semble même que dès le XIVe siècle le Temple de Clisson fut uni régulièrement à la commanderie de Boisferré, en la paroisse de Gesté, en Anjou (5).

 

Les aveux rendus en 1562 et 1574, reproduisant des actes beaucoup plus anciens, disent formellement « La commanderie du Temple de Clisson, membre de la commanderie du Temple de Boisferré (6). »

 

Lorsque Boisferré fut uni lui-même d’abord à la commanderie de Villedieu-en-Pleine-Perche, en Anjou, puis à celle du Temple de Mauléon, en Poitou, il entraîna à sa suite le Temple de Clisson, d’abord aux mains du commandeur de Villedieu, puis en celles du commandeur de Mauléon ; ce dernier conserva jusqu’en 1789 la commanderie de Clisson.

 

 

 

 

Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dit Chevaliers de Malte en Bretagne / par l'abbé Guillotin de Corson, ..

 

 

La commanderie de Saint-Sauveur du Temple de Mauléon <==

13 octobre 1307 arrestation des templiers, le Grand Maître Jacques de Molay et 4 dignitaires sont emprisonnés à Chinon<==

==> À Clisson, le passage de la colonne de Duquesnoy vers le 11 février 1794 est venu achever le ratissage et les destructions engagés quelques jours plus tôt (notamment les 8 et 9 février) par les troupes de Cordellier et Crouzat.

 

 

 

    

(1) Chef-lieu de canton, arrondissement de Nantes (Loire-Inférieure).

(2) Archiv. de la Loire-Inférieure, B, 181.

(3). Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de la Bigne Villeneuve.

(4) La commanderie des Hospitaliers de Saint-Antoine de Clisson, aux mains en 1564 d’André de Brenas et en 1632 de Pascal Langier, devait au sire de Clisson « une aiguille d’argent à toute mutation de commandeur. » Mais cet établissement n’eut jamais de rapport avec la maison hospitalière du Temple de Clisson.

 (5) Il est fait mention dès 1207 du commandeur de Boisferré, frère Geoffroy « de Lucoferri preceptore, » (Cartulaire de Coudrie, Arch. du Poitou, II, 172).

 — Gesté est une commune du canton de Beaupreau, arrondissement de Cholet (Maine-et-Loire).

(6) Archiv. de la Loire-Inférieure, H, 462.

 

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