15 octobre 1793 L'armée de Luçon traverse Les Herbiers abandonnés par le corps de 3 000 Vendéens commandé par Charles de Royrand, qui s'est replié vers Mallièvre.
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Cet épisode s'inscrit dans la grande offensive convergente des armées républicaines (l'Armée de Mayence et l'Armée des côtes de La Rochelle/Luçon) visant à encercler l'Armée catholique et royale dans le bocage vendéen.
- 13-14 octobre 1793 : La division de Luçon progresse vers le cœur du territoire insurgé après avoir sécurisé les postes du Bas-Poitou.
- 15 octobre 1793 : L'armée de Luçon traverse Les Herbiers abandonnés par le corps de 3 000 Vendéens commandé par Charles de Royrand, qui s'est replié vers Mallièvre.
Le général Bard y maintient une discipline stricte pour éviter tout pillage.
- 16 octobre 1793 : Le général en chef Léchelle confirme dans son rapport la prise et la traversée des Herbiers la veille par les troupes de Luçon.
- 17 octobre 1793 : Deux jours seulement après le passage aux Herbiers, la colonne rejoint le gros des forces républicaines pour livrer la décisive seconde bataille de Cholet.
La colonne de Luçon arrivait bientôt aux Herbiers.
Nous transcrivons quelques passages d’une note de renseignements que nous ayons sous les yeux, et qui nous paraît rendre d’une façon assez saisissante le caractère de ces opérations militaires on pays ennemi.
« Il est à présumer que l’ennemi ne tiendra pas dans la ville des Herbiers, la défense y serait dangereuse.
Il serait également dangereux pour les troupes de la République de s’arrêter et de se débander dans cette ville, parce que si l’ennemi occupait les hauteurs au- delà, il pourrait facilement envelopper nos troupes et les mettre en désordre.
« Pour éviter cet inconvénient, on pourrait faire passer les tirailleurs par la droite et par la gauche, de manière à aller rejoindre la grande route au- delà de la ville avant d’engager l’artillerie dans les rues des Herbiers.
Cependant on observe que la ville n’est pas longue à traverser dans la direction de la grande route par la grande rue.
« Si l’on peut rencontrer aux Herbiers les citoyens X, Y et Z (1), ils pourront servir à donner des renseignements sur la position et les forces de l’ennemi.
On les a toujours connus bons patriotes.
« Observations sur les environs des Herbiers.
Nous avons déjà dit que le poste des Herbiers ne pouvait offrir de résistance, et qu’il serait dangereux d’y rester avec sécurité.
En effet il se trouve près des Herbiers, un peu au- delà sur la droite, un château entouré de fossés remplis d’eau au milieu d’un parc étendu, environné de murs, où l’ennemi pourrait faire résistance.
Ce paredomine un peu les Herbiers.
Ce château se nomme château de Landreau.
L’entrée du parc est vis-à-vis du petit bourg de Notre-Dame-des-Herbiers.
Une autre porte se trouve sur la partie gauche, vers l’extrémité du mur en suivant l’ancien chemin des Herbiers à Mortagne, à l’extrémité d’un petit bois renfermé dans le parc.
De là on découvre la maison, qui ne peut être aperçue de l’autre porte.
On découvre encore la maison en se portant à la droite sur la route de Chambrotaud.
Sur la droite de Notre-Dame-des-Herbiers, et sur une hauteur qui domine le Landreau et les Herbiers, est le château de la Pépinière ou Rochetemer, qui n’a de défense que sa position. Il faudra s’assurer de ces postes pour ne pas laisser l’ennemi sur ses derrières, et, s’il avait fait des dispositions pour la défense, il serait peut-être à propos de s’emparer d’abord de la Pépinière, en se portant sur la droite du côté d’Ardelays. »
La note continue en décrivant la « route des Herbiers à la montagne des Allouettes, puis la grande route laissant « le bourg de Chambreteau sur la droite et celui de la Verrie sur la gauche.
— « Ces communes fournissent beaucoup de monde aux rebelles...
La commune de la Verrie s’est distinguée par le nombre de scélérats qu’elle a fournis à l’armée des rebelles. »
Nous ne retenons du reste de la note que l’observation suivante :
« Il serait possible qu’en sortant des Herbiers l’ennemi gagnât les hauteurs de l’Ormeau des Enfreins sur la route de Chambretaud et sur la droite du Landreau, pour se porter sur Mortagne par la Pierre-Platte ou par Chambreteau, ou bien sur Châtillon par Mallièvre.
Mais il n’est pas à présumer qu’il prenne cette direction parce qu’il serait difficile de conduire de l’artillerie par là, et d’ailleurs la direction de la colonne est indiquée par la montagne des Allouettes. »
Contrairement aux prévisions de l’auteur de cette note, c’est sur Malliévre que se replièrent les royalistes.
L’echelle, dans son rapport du 16 octobre, dit que l’armée de Luçon força un corps de trois mille hommes, qui occupaient une position avantageuse près des Herbiers.
Il faut entendre que ces trois mille hommes battirent en retraite devant l’armée de Luçon.
C’étaient les contingents commandés par Royrand (2) qui se dérobaient ainsi. Ils se réfugièrent du côté de l’est, à Mallièvre, au cœur du pays insurgé, à peu près à égale distance de Mortagne et de Châtillon. (Mauléon)
L’armée de Luçon traversa les Herbiers abandonnés.
Bard avait réitéré à ses soldats les défenses les plus rigoureuses, et ne laissa commettre aucun désordre.
Il acquit aux Herbiers la preuve que les chefs des rebelles, pour faciliter l’émigration, fabriquaient de faux passeports avec le sceau de la République.
Il en avisa le Comité de Salut public (3).
C’est dans ce bourg, d’ailleurs, que, quelques semaines auparavant, d’Elbée, généralissime de la grande armée catholique-royale, avait établi son quartier général et tenu le conseil de guerre où les généraux de l’insurrection se partagèrent les commandements.
A partir de ce moment nous manquons de documents originaux pour suivre les opérations de l’armée de Luçon.
Le journal que nous possédons ne va pas au- delà du 13 octobre, alors que, le 15 et le 17 du même mois, se livrèrent les batailles les plus importantes qui aient eu lieu au sud de la Loire.
La période la plus sombre et la plus violente pour Les Herbiers survient au début de l'année 1794, lorsque le général républicain Turreau lance ses "colonnes infernales " pour appliquer la politique de la terre brûlée.
Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates) <==
Après leur échec devant Nantes, les chefs vendéens se réunissent aux Herbiers le 6 septembre 1793 <==
(1). Vu le caractère confidentiel du document, nous croyons préférable de ne pas reproduire le nom de ces citoyens.
(2). De Royrand, de Bazoges-en-Paillers près Saint-Fulgent, commandant du centre de la Vendée, passa ensuite la Loire, fut blessé une quinzaine de jours plus tard à Entrammes, et mourut le 5 décembre suivant à Baugé. (Généraux et chefs de la Vendée militaire et de la Chouannerie, 1 vol.in-fo, sous la direction d’Alexis des Nouhes, Paris, 1887.)
(3). Archives Hist. de la Guerre. Correspondance générale.