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PHystorique- Les Portes du Temps
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23 septembre 2025

1146 Charte du roi Louis VII et Aliénor d’Aquitaine à l’abbaye de la Trinité de Vendôme concernant le Poitou et la Saintonge.

1146. Paris. Diplôme de Louis VII confirmant, dit consentement de sa femme Eléonore, à la Trinité de Vendôme tous les biens situés dans le Poitou et la Saintonge, donnés à cette abbaye par Geoffroi, comte d'Anjou, et notamment le quart de l'île d'Oléron, l'église Saint-Georges, les églises Notre-Dame et Saint-Nicolas, du château d'Oléron ; il exempte tous les habitants de taille,  queste, gîte, procuration, host et chevauchée, réservant seulement au roi ou au sénéchal, en personne, le droit d'exercer les droits de gîte, procuration, host et chevauchée il spécifie que la justice de ces domaines appartiendra à l'abbaye et que, dans le cas de rébellion, le sénéchal s'associera aux moines pour la répression.

Original; Archives de Loir-et-Cher, série H, abbaye de la Trinité de Vendôme, prieuré de Saint-Georges d'Oléron

 

AU NOM DE LA SAINTE ET INDIVISIBLE TRINITÉ.

LOUIS, PAR LA GRÂCE DE DIEU, ROI DES FRANCS ET DUC DES AQUITAINS.

Nous savons qu’il est du devoir de la générosité royale de veiller pieusement à la tranquillité des églises et de préserver intégralement et inviolablement la liberté qui leur a été accordée par nos prédécesseurs.

Car nous reconnaissons véritablement que le diadème du royaume nous a été conféré par le Roi éternel, si nous aimons et vénérons son épouse, la sainte mère Église, conformément à l’office de la puissance qui nous a été confiée.

Nous faisons donc savoir à tous, présents et à venir, que, cédant favorablement aux requêtes de Robert, vénérable abbé de l’église de Vendôme, et des moines de ce lieu, à la demande de notre cher et fidèle Geoffroy, duc de Normandie et comte d’Anjou, nous concédons, avec l’accord et la volonté de notre reine consort Aliénor, à ladite église de Vendôme, pour qu’elle les possède librement et intégralement à perpétuité, tous les biens qui furent jadis donnés à ce monastère, dans le pays de Poitou et dans le pays de Saintonge, avec une pieuse dévotion, par Geoffroy, comte d’Anjou, et son épouse Agnès, comtesse de Poitou, avec l’assentiment de Guillaume, fils de ladite comtesse et comte de Poitou.

 Ces biens, tels qu’ils ont été donnés par nos prédécesseurs mentionnés et tels que nous les avons clairement vus et fidèlement désignés dans leurs chartes de protection.

Ces biens sont, dans le pays de Poitou :  À la villa de Jaunay, la terre dite Ad petram ; 

Dans la ville même, deux maisons sur le marché ; 

Dans son faubourg, une maison ; 

À Availles, l’église paroissiale de Saint-Martin avec tous ses droits ; 

La moitié des églises d’Olonne, avec la dîme des salines, des vignes et de tout ce qui en provient.

Dans le pays de Saintonge, il s’agit de : 

Le bois de Saint-Anien et le bois de Columbariis, avec toutes leurs utilités, salines, eaux, moulins, pêcheries, et tout ce qui est inclus dans la division que lesdits comte et comtesse y ont faite ;  

La moitié de notre part des seiches dans tout le pays de Saintonge ; 

L’église de Puyravault, avec tout ce qui s’y rattache, et notre part de l’écluse du pont de Saintes.

Dans l’île d’Oléron : L’église de Saint-Georges avec le quart de cette île ; 

L’église de Sainte-Marie, située dans le château, et, dans sa paroisse, l’église de Saint-Nicolas.

En outre, pour garantir une plus grande immunité à cette église, nous établissons, par l’autorité royale, que nul de nos prévôts ou serviteurs, dans tous les biens mentionnés ci-dessus, n’imposera ni taille, ni quête, ni logement, ni service militaire, ni réquisition de chevaux, ni aucune exaction ou violence d’aucune sorte ; seuls nous-mêmes et notre sénéchal pourrons, en cas de présence, bénéficier du logement et du service militaire dans ces lieux.  L’église de Vendôme susmentionnée conservera l’intégralité des services et des justices sur tous les biens précités.

Et si elle trouve certains de ses hommes rebelles ou récalcitrants, notre sénéchal prêtera assistance aux moines de ce lieu.

Afin que cette décision demeure à jamais ferme et inébranlable, nous l’avons fait consigner par écrit, sceller de l’autorité de notre sceau, et marquer du caractère de notre nom ci-dessous.

Fait publiquement à Paris, l’an de l’Incarnation du Seigneur 1146, la dixième année de notre règne, en présence de ceux dont les noms et les signatures suivent, dans notre palais :

 Sceau de Raoul, comte de Vermandois, notre sénéchal. 

Sceau de Guillaume, notre bouteiller. 

Sceau de Matthieu, notre chambrier. 

Sceau de Matthieu, notre connétable. 

Donné par la main de Cadurc, chancelier (monogramme).

 

Moi, Aliénor, reine, j’ai approuvé ceci et j’ai apposé mon sceau avec celui du seigneur roi.

 

 

 

 IN NOMINE SANCTE AC INDIVIDUE TRINITATIS. LUDOVICUS DEI GRATIA REX FRANCORUM ET DUX AQUITANORUM.

Régie liberalitatis interesse dinoscimus ecclesiarum quieti pie providere, et collatam eis ab antecessoribus nostris libertatem integram inviolatamque conservare.

Tunc enim concessum nobis regni diadema ab eterno rege vere cognoscimus si sponsam ejus, sanctam matrem ecclesiam, pro commisse nobis polestatis offitio et diligimus et veneramur.

 Notum proinde facimus universis tam presentibus quam futuris quod, petitionibus Roberti venerabilis Vindocinensis ecclesie abbatis et monacorum loci ejusdem, rogante pro eis dilecto fidelique nostro Gaufrido, duce Normannie et comite Andegavensi, bénigne condescendentes, universa, que quondam eidem monasterio a Gaufrido comite Andegavensi et uxore sua Agnete comitissa Pictavorum, annuente filio ipsius comitisse Guillelmo, comite Pictavensi, in pago Pictavensi et in pago Xanctonico pia devotione collata sunt, nos quoque, cum assensu et voluntate Alienordis regine collateralis nostre, prefate ecclesie Vindocinensi ita libere sic intègre perpetuo possidenda concedimus, sicut a predictis antecessoribus nostris fuere collata, et in ipsorum munitione manifeste vidimus et fideliter designata.

 Sunt autem hec in pago Pictavensi : apud villam Galniacum, terra que dicitur Ad petram; in ipsa civitate, due domus in foro; in suburbio ipsius, mansio una; apud Avaisiam, parrochialis ecclesia sancti Martini cum integritate sua; medietas ecclesiarum Olomne, cum decima salinarum et vinearum et omnium inde exeuntium.

In pago vero Xanctonico sunt ista : boscus Sancti Aniani, et boscus de Columbariis, cum omnibus utilitatibus, salinis, aquis, molendinis, piscationibus, totum et ad integrum quicquid divisione accingitur quam predicti comes et comitissa ibi fecerunt; medietas quoque nostre partis sepiarum per totum Sanctonicum pagum; ecclesia quoque de Poio-Rebelli, cum omnibus ad eam pertinentibus, et nostra pars excluse de ponte Sanctonico.

 In insula Oleronis : ecclesia beati Georgii cum quarta parte ejusdem insule, et ecclesia beate Marie que est in ipso castro, et in ejusdem parrochia, ecclesia sancti Nicholai.

Preterea vero, ad majorem ejusdem ecclesie immunitatem, regia nimirum auctoritate, statuimus ut nullus deinc[eps] prepositorum vel servientum nostrorum in omnibus superius enumeratis, nec talliatam aut questam nec jaccre, vel procurationem, nec exercitum vel e[quitat]um habeat aut requirat, nec omnino aliquam exactionem aut violentiarn vel exigat, vel imponat ; solummodo autem, nos et dapifer noster jacere et procurationem in eis, exercitum et equitatum, si presentes erimus, habebimus.

Prefata vero ccctcsia Vindocinensis in omnibus presignatis intégra servitia et intégras justicias obtinebit, et si forte homines suos in aliquo rebelles aut contradicentes invenerit, dapifer noster monachis prefati loci cumadjutor extiterit.

 Ut hoc igitur ita ratum in perpetuum inconcussumquè permaneat, scripto commendari, sigilli nostri auctoritate muniri, nostrique nominis subterinscripto karactere fecimus consignari.

 Actum publice Parisius, anno ab incarnatione Domini M°.C°. XL°.VI°., regni vero nostri X°; astantibus in palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa.

Signum Radulfi Viromandorum comitis dapiferi nostri.

 Signum Guillelmi buticularii. Signum Mathei camerarii. Signum Mathei constabularii. Data per manum Cadurci (Monogramme) cancellarii.

 Ego Alienordis regina laudavi hoc et sigillum meum cum sigillo domini regis apposui.

 

Les scribes des originaux ont employé des e cédillés partout où aujourd'hui l'on mettrait des ae. Ils ont également mis une cédille à l'e initiât du mot ecclesia chaque fois qu'il l'ont écrit.

 

 

LA FEMME EN POITOU AUX Xe ET XIe SIÈCLES par Jean VERDON <==

Louis VII le Jeune (Louis le Pieux ), roi de France.<==

La vie d’Aliénor d’Aquitaine<==

Sainte Trinité Puyravault, Podium rebelli, prieuré donné à l’abbaye de Vendôme<==

1170 Saint George d’Oléron sous les Plantagenêt aux mains de Raoul de Faye<==

Tours 1186, 1er décembre- Confirmation de l'accord au sujet des dîmes d'Olonne entre les religieux de Talmond et de Vendôme. <==

 

 

Cadurc (parfois orthographié Carduc ou Cadurcus) était un clerc originaire du Berry, en France, qui a servi comme chancelier du roi Louis VII le Jeune (roi de France de 1137 à 1180).

Il a été nommé à ce poste prestigieux vers 1140-1141, peu après l'avènement de Louis VII, en préférence à des candidats proches de Suger, le puissant conseiller du père du roi (Louis VI).

 Le chancelier était alors l'un des officiers les plus influents de la couronne : il gérait les sceaux royaux, supervisait la rédaction des édits, veillait aux nominations ecclésiastiques et assurait même des fonctions de chambellan intime auprès du souverain.

Rôle et importance

Fonctions clés : En tant que chancelier, Cadurc était le "garde des sceaux", responsable de l'authentification des actes royaux et de la diplomatie ecclésiastique. Sa proximité avec le roi reflétait la confiance que Louis VII, jeune et ambitieux au début de son règne, plaçait en lui.

Contexte historique : Louis VII, initialement éduqué pour une carrière ecclésiastique, a régné dans une période de tensions féodales et religieuses.

Cadurc incarnait cette volonté royale d'affirmer l'autorité capétienne face à l'Église et aux vassaux.

 

L'affaire de l'archevêché de Bourges (1141-1142)

Cadurc est surtout connu pour un conflit majeur avec le pape Innocent II. À la mort d'Albéric de Reims (évêque de Bourges en 1141), Louis VII décida de nommer Cadurc à ce siège archiépiscopal prestigieux (primatie d'Aquitaine). Cependant : Le pape soutint un autre candidat, Pierre de La Châtre (archevêque d'Agen).

Le roi, furieux, jura sur des reliques que Pierre n'entrerait jamais à Bourges tant qu'il vivrait.

Innocent II lança un interdit sur les terres royales, interdisant les sacrements dans les résidences du roi.

 

Ce schisme politico-religieux dura deux ans, affaiblissant le royaume et impliquant des figures comme Bernard de Clairvaux (qui critiqua le roi comme "enfant imprudent").

Louis VII finit par céder en 1142, mais l'affaire marqua un rare affrontement direct entre la monarchie et le Saint-Siège. Cadurc ne devint pas archevêque, mais resta chancelier un temps, avant d'être progressivement éclipsé.

CADURC réapparaît comme chancelier à la fin de 1149 et en 1150. Perd alors sa place officielle, mais reste malgré tout familier du roi et son clerc-notaire. Chanoine et archidiacre de Bourges, il est envoyé avec Thibaut, abbé de Saint-Germain-des-Prés, au- devant du pape Alexandre III en 1165. Enfin doyen de Saint-Aignan-d'Orléans, il ne mourut pas avant 1183.

 

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