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PHystorique- Les Portes du Temps
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8 août 2023

1361 la seigneurie de Mauzé passe à la famille Chenin.

1361 la seigneurie de Mauzé passe à la famille Chenin

Seigneurs de Mauzé de la Maison d’Apremont

Agnès de Mauzé et Guillaume 1er d’Apremont       

La succession de Guillaume III étant passée aux deux soeurs de Guillaume III, Agnès et Létice, il s'éleva entre elles des difficultés qui furent terminées par une transaction portant partage, en date du mois de février 1245-1246.

Mauzé resta à Agnès et Marans à Létice.

Cette dernière était femme de Renaud de Pressigny, dont le petit-fils fut décapité en 1353, par ordre du roi Jean II le Bon.

Quant à Agnès, elle se maria successivement avec Guillaume d'Apremont, Pierre de Volvire, sieur de Chaillé, et Brient de Varèze, qui se qualifiait seigneur de Mauzé à cause de sa femme

J'ai dit qu'en 1224, par suite de l'hommage qu'il avait rendu au roi de France, Guillaume d'Apremont reçut de lui la seigneurie de Mauzé.

Dépossédé un instant par la volonté royale, Guillaume de Mauzé rentra néanmoins dans ses droits, soit par suite d'un arrangement, soit plutôt à la mort de son beau-frère, puisque ce n'est que longtemps après, c'est-à-dire vers 1245, que la veuve de Guillaume d'Apremont succéda à titre d'héritière à Guillaume de Mauzé.

Qu'il me soit permis de faire remarquer la double erreur dans laquelle est tombé M. l'abbé Dubois Porrechlie (lisez Porteclie) semblerait, dit-il, avoir succédé à Guillaume d'Apremont, comme si le beau-père avait pu succéder au gendre.

Par suite de l'accord intervenu entre Agnès et Létice, dit-il encore, Mauzé demeura à cette dernière et passa à Reinaud de Pressigny. Ce fut tout le contraire, ainsi que je l'ai fait connaître.

Mauzé devint la propriété d'Agnès, et Arcère lui-même est d'accord sur ce point avec les documents que j'ai rappelés.

 

GUILLAUME II D'APREMONT.

– La mère de ce seigneur existait encore en 1262, époque à laquelle tous deux signaient un accord avec le comte de Poitou au sujet du bois de Mauzé (1).

23 mai 1262. Droit de chasse dans un bois appartenant au comte de Poitou.

 Le droit abandonné par Alphonse, frère de Louis IX, aux seigneurs de Mauzé, prouve que ce prince était moins jaloux de la chasse que la plupart de ses contemporains et même de ses successeurs, entre autres son arrière-neveu Henri IV.

De très-nombreux documents, publiés ou inédits , prouvent du reste que les fiefs et domaines du digne frère du saint roi étaient administrés avec autant de bienveillance que de sollicitude.

Avant d'épouser Brient de Varaize, Agnès, héritière de l'ancienne maison de Mauzé, avait été mariée à Guillaume d'Apremont, sgr dudit lieu, de Poiroux et de Rié en Bas-Poitou, puis à Pierre de Veluire (82).

Son fils unique, Guillaume d'Apremont, était mort avant 1269, laissant aussi, de son mariage avec une fille de Jacquelin de Maillé, un seul fils nommé Raoul (83).

C'est d'après une copie faite par l'historien Jean Besly, sur un manuscrit du Trésor des Chartes, que nous traduisons et imprimons la pièce suivante.

« A tous [ceux qui les présentes lettres verront etc. etc]. Brient de Varaize, chevalier, sgr de Mauzé, Agnès sa femme et Guillaume d'Apremont, chevalier, dernier des fils restant à celle-ci, salut éternel en notre Seigneur.

Sachez que comme nous demandions aux enquêteurs d'illustre homme Alfonse, fils du Roi de France, comte de Poitou et de Toulouse, savoir maître Raoul de Gonnesse, chanoine et official de Chartres, et frère Jean du Chateau, un bois vulgairement appelé les Haies de Mauzé, croyant fermement que le droit de propriété et de possession desdites haies nous devait appartenir; enfin entre les dits enquêteurs, avec le consentement et par le vouloir dudit comte, et nous, spontanément, sans contrainte et volontiers, il a été arrêté ce qui suit.

Nous et nos héritiers ou successeurs aurons en possession et propriété perpétuelle, avec tout droit de juridiction et de seigneurerie, cent arpents dans la portion desdites haies située près de Poliaus, jusqu'à concurrence de ce nombre s'étendant à partir dudit Poliaus, pour en faire notre pleine volonté; et nous avons cédé et abandonné tout à fait et expressément au seigneur comte le reste desdites haies et tout le droit que nous y pouvions prétendre, sauf notre chasse dont nous et nos ancêtres avons coutume de jouir dans les dites Haies de Mauzé, paisiblement et de toute antiquité.

 En témoignage de laquelle chose, nous avons donné audit seigneur comte les présentes lettres, scellées de nos sceaux.

Donné le mardi après l'Ascension du seigneur, l'an 1262. »

 

Universis etc. etc.(84) Brientius de Varesia, miles, dominus Mausiaci, et Agnes uxor ejus et Guillelmus de Aspero monte miles, filius unicus superstes dicte Agnetis, salutem in Domino sempiternam.

Noveritis quod cum nos petiissemus ab inquisitoribus illustris viri Alfonsi, filii Regis Francorum, comitis Pictaviae et Tholosæ, scilicet magistro Radulfo de Gonnessia, canonico et officiali Carnotensi, et fratre Johanne de Castello, quoddam nemus quod vulgariter appellatur Haiae de Mausiaco, credentes firmiter jus proprietatis et possessionis dictarum haiarum ad nos debere pertinere; tandem inter dictos inquisitores, de consentu et voluntate dicti comitis, et nos spontaneos, non coactos et voluntarios, ordinatum extitit in hunc modum quod nos et haeredes seu successores nostri habeamus, in perpetuam possessionem et proprietatem, cum omni jure et dominio, centum arpenta de dictis haiis sitis juxta Poliaus, prout continue usque ad dictum numerum adicto loco de Poliaus se extendent, ad faciendam de ipsis nostram plenariam voluntatem.

Residuum vero dictarum haiarum, et jus si quod in dicto residuo habebamus, dicto domino comiti quitta vimus  penitus et expresse, salva chacia nostra quam nos et antecessores nostri in dictis Haiis de Mausiaco pacifice habere consuevimus ab antiquo. In cujus rei testimonium dedimus dicto domino comiti has praesentes litteras, sigillis nostris propriis sigillatas.

Datum die martis post Ascensionem domini [anno] MCCLXII°.

 

 Elle était morte en 1276, et son fils ratifiait alors pour le salut de son âme, « bone memorie defuncte AGNETIS matris nostrae » la vente d'un fief consentie au prieur et au couvent de Saint-Pierre de Mauzé.

 Né du premier mariage d'Agnès, Guillaume II d'Apremont lui succéda dans la seigneurie de Mauzé, et il en prenait encore le titre au mois d'avril 1281 dans une transaction entre les religieux de l'abbaye de Boisgrolland et lui, au sujet de la haute justice de la terre de Maufaits et de l'hébergement de Bois-Guichet.

Dans cet acte, en effet, il est qualifié de « chevaler, sire de Peirons de Rié, d'Ayzencis et de Mausé (3).

– Cette transaction fut approuvée au mois de mars 1300 par Raoul d'Apremont, cousin germain de Guillaume II.

Issu de l'ancienne et illustre famille poitevine d'Apremont, Guillaume, qui devait service au roi «  par 40 jours en la comté de Poitiers et non hors (4) », et dont les armes étaient de gueules au lion d'or couronné d’azur (5), ne paraît pas avoir eu d'héritier direct, je n'en ai pas du moins retrouvé la trace, et, par suite, je n'ai pu combler la lacune qui existe à partir de la fin du XIIIe siècle jusqu'en 1361, époque à laquelle la seigneurie de Mauzé était passée à la famille Chenin.

Un instant j'avais cru, sur la foi de Vialart (6), que les seigneurs de Granges, sortis de la puissante famille de Surgères, avaient possédé Mauzé après Guillaume d'Apremont ; mais je n'ai pas tardé à reconnaître qu'une confusion avait été commise.

 Suivant Vialart, Thibaut de Granges, troisième du nom, aurait été de 1321 à 1361 seigneur de Mauzé en partie. Mais le document sur lequel s'appuie cet auteur établit seulement qu'il y posséda quelques fiefs.

Le 18 juin 1329, Thibaut et Jean de Granges signaient une transaction portant partage, par laquelle le premier abandonnait à son frère tout ce que son père avait «  en tote la terre de Saint-Georges de Resse, » tandis que Jean donnait à Thibaut « tout quauque il avoit li dit Jehan et avoir povet do patrimoine environ Grange et Pruns et à Lagors et à Mauzé (7) »

 Il me semble que les termes de cet acte n'indiquent nullement un abandon en tout ou en partie de la seigneurie de Mauzé.

Les fiefs de Thibaut de Granges lui venaient vraisemblablement de son bisaïeul Louis de Granges, qui, suivant Vialart, avait épousé, vers 1238, Marthe de Mauzé, fille d'Arthur de Mauzé, issu d'une branche collatérale de la maison de ce nom (8).

Du reste, la guerre régnait alors avec l'Angleterre; en 1346, le comte de Lancastre, après avoir fait une irruption dans l'Agénois, s'était avancé en Saintonge, et ravageait le pays sans trouver d'opposition; Surgères, Benon, Mauzé sans doute aussi, se soumettaient, et le comte de Lancastre, prenant d'assaut Lusignan, s'avançait jusqu'à Poitiers, qu'il livrait au pillage (9).

 

III. MAISON CHENIN

Cette maison a été considérable en Poitou et en Aunis; dans la première province, elle possédait Lussac; dans la second, La Jarrie, l'Ile-Bapaume et Mauzé.

Chenin (Guillaume), Chev. (fils puîné de Guillaume, sgr de Lussac, et de N. de Tonnay-Charente, 5° deg., § I), est peu connu.

Nous pensons à cause de la chronologie, et parce que son nom ne se trouve pas dans l'accord conclu par les sgrs de Lussac Hélie et Gauvain Chenin frères avec l'abbé de Nouaillé en 1297, qu'il n'était pas 3° fils d'Hélie Ier (6° deg., § I), mais plutôt son frère.

D'après une généalogie des Maumont, sgrs de Tonnay- Boutonne en Poitou (Nobiliaire du Limousin, IV, 369), il épousa vers 1280 Agnès DE MAUMONT, fille de Pierre, Chev., et de Marguerite de Gimel.

Elle est dite sa femme dans deux testaments de ses oncles Gérard et Elie de Maumont de 1299 et 1307 ; mais Guillaume mourut vers 1310, car sa veuve se remaria en 1312 à Guillaume Guéraut.

Si ces renseignements sont exacts, il eut pour fils : 1° GUILLAUME, qui suit; 2° peut-être GAUVAIN, qui, d'après M. d'Huart, serait le père des enfants que nous donnons à son frère Guillaume.

 

6. — Guillaume Chenin, Chevalier (fils puîné de Guillaume, sgr de Lussac, et de N. de Tonnay-Charente, 5° deg., § I), est peu connu.

Nous pensons à cause de la chronologie, et parce que son nom ne se trouve pas dans l'accord conclu par les sgrs de Lussac Hélie et Gauvain Chenin frères avec l'abbé de Nouaillé en 1297, qu'il n'était pas 3° fils d'Hélie Ier (6° deg., § I), mais plutôt son frère.

D'après une généalogie des Maumont, sgrs de Tonnay- Boutonne en Poitou (Nobiliaire du Limousin, IV, 369), il épousa vers 1280 Agnès DE MAUMONT, fille de Pierre, Chev., et de Marguerite de Gimel.

Elle est dite sa femme dans deux testaments de ses oncles Gérard et Elie de Maumont de 1299 et 1307 ; mais Guillaume mourut vers 1310, car sa veuve se remaria en 1312 à Guillaume Guéraut.

Si ces renseignements sont exacts, il eut pour fils : 1° GUILLAUME, qui suit; 2° peut-être GAUVAIN, qui, d'après M. d'Huart, serait le père des enfants que nous donnons à son frère Guillaume.

 

7. . — GUILLAUME CHENIN.

Chenin (Guillaume), Chev., sgr Bon de Mauzé, eut sans doute ce fief par sa femme ou par sa mère, mais nous n'avons trouvé aucun renseignement à ce sujet.

M. Faye, qui a donné une notice sur Mauzé (Antiquaires de l'Ouest, 1855), constate seulement que Guillaume possédait ce fief au milieu du XIV° siècle, mais sans savoir à quel titre.

 C'est lui, croyons-nous, qui servait comme écuyer en 1339 dans la compagnie de Gauvain Chenin, Chev., sgr de la Jarrie; mais le 5 oct. 1340 il donnait quittance à Jean Crolebois, receveur du Roi en Poitou, pour ses gages militaires et ceux des gens qui servaient dans sa compagnie, étant sans doute devenu chevalier.

M. d'Huart dit qu'en 1341 il fit aveu, pour des fiefs situés à Gouex (Vien.), à son cousin Gauvain Chenin, sgr de Lussac (8° deg., § I).

Dans la généalogie de Surgères par Vialart (p. 120), il est dit que Jean Chandos, lieutenant pour le roi d'Angleterre en Poitou, donna des lettres de sauvegarde, en date du 3 oct. 1361, à Thibault de Granges, Chev., sgr de Mauzé en partie, parce que Guillaume Chenin molestait les hommes dudit sgr de Granges à Mauzé et ailleurs.

« taillet et molestet de jour en jour et faisoit faire gaiz et reregaiz aux hommes levans et couchans du dit mons Thebaut tant audit lieu qu'ailleurs. »

Ces lettres, fort curieuses, portaient en outre défense à Guillaume Chenin de persévérer, sous peine de cent marcs d'argent à appliquer au roi (10).

 On serait tenté de croire que le seigneur de Mauzé, supportant avec peine la domination anglaise, consacrée l'année précédente (1360) par le traité de Brétigny, s'en vengeait en molestant un voisin attaché plus sincèrement que lui à la cause de l'Angleterre.

Guillaume eut pour enfants : 1° RENAUD ou REGNAUD, qui suit; 2° GAUVAIN, qui a formé la branche de Milescu, § V.

 

8. . — RENAUD CHENIN, Chev., sgr Bon de Mauzé, est mentionné parmi les barons poitevins dans les listes des chevaliers français au XIVe siècle.

Il reçut conjointement avec son beau-frère Jean Isoré une donation de terres faite au nom du Roi, par lettres du duc de Berry du 20 sept. 1312. (Lat. 17129, 536.)

–Dès 1365 ce seigneur avait succédé à Guillaume, ainsi que le constate la baillette d'une maison qu'il consentit le 3 mai de cette année.

Fils de Gauvain Chenin, sieur de la Jarrie (11), c'est probablement comme neveu de Guillaume, décédé sans postérité, que Renaud Chenin, écuyer, hérita de la seigneurie de Mauzé; je n'avance néanmoins cette conjecture que sous toutes réserves; quant à ce que dit M. l'abbé Dubois, qu'il était assurément héritier de Renaud de Pressigny, c'est sans contredit une erreur sur laquelle je n'ai pas besoin d'insister.

Quoi qu'il en soit, à partir de 1365, Renaud Chenin figure dans un grand nombre d'actes que je m'abstiendrai d'énumérer; il n'existait plus en 1384.

De son mariage avec Jeanne d'Angle il eut deux filles, Marguerite et Jeanne Chenin.

Jeanne d'Angle était fille de Guichard d'Angle, qui joua un grand rôle en Aunis dans les guerres du XIVe siècle, et dont le nom est resté, dit M. Beauchet-Filleau, comme le souvenir du guerrier distingué, du diplomate habile et du chevalier sans reproche.

 Renaud Chenin traversa une époque féconde en événements.

La Saintonge était devenue province anglaise en 1360 par le traité de Brétigny; mais Charles V saisit un prétexte, et la guerre fut de nouveau déclarée.

Le connétable du Guesclin et Olivier de Clisson ne tardèrent pas à secouer le joug.

On sait qu'en quittant La Rochelle, du Guesclin vint assiéger Benon on connaît les détails de ce siège, la prise du château, qui amena la soumission de l'Aunis, et le traité signé à Surgères le 28 septembre 1372.

–Mauzé n'eut point à supporter l'effort de l'ennemi; aussi, dans la chronique de Bertrand du Guesclin, le nom de cette place n'est-il cité qu'une fois à propos des opérations du connétable avant la bataille de Chizé.

Un Breton orent prins noz François sans délay

Qui estoit par son nom appellez Fondrigay ;

Anglois avoit esté, quatre ans venist en may

A Bertran fut menez en disant sans esmay

Qu'ils ont surprins un Breton vers MAUZAY (2)

 

Renaud fit sa soumission au duc de Berry, après la prise de Poitiers et avant le 20 septembre 1372, c'est dans le cours de la même année que l'Aunis, démembrée de la Saintonge, forma une province particulière dont La Rochelle fut la capitale.

 

Ce prince lui donna en récompense, par lettres datées de Saint-Jean-d'Angély ce jour-là, une partie des biens confisqués sur son beau-­père en Poitou, Saintonge et Angoumois, lettres qui seront publiées ci-dessous avec la confirmation de Charles V, en septembre 1373.

 

Dès le 4 mars 1376, Renaud Chenin avait rendu hommage, aveu et dénombrement devant les commissaires de Charles V.

Le 19 septembre 1378, Charles V ayant échangé Benon à Tristan Rouault contre les deux tiers du comté de Dreux, l’érigea en comté d'où relevèrent quatre baronnies, celles de Surgères, de Pauléon, de Nuaillé et de Mauzé

Je ne dois pas oublier de noter qu'il fut chambellan de Jean de France, duc de Berry, comte de Poitou, et que, le 21 août 1379, il assista à un j jugement rendu par ce prince, et par lequel le seigneur de Granges, issu d'un puiné de la maison de Surgères, fut maintenu dans la possession des armes de cette maison, droit que lui contestait Jacques de Surgères, sieur de la flocellière (13).

Renaud avec son beau-frère Jean Isoré, Chev., sgr de la Varenne, époux de Jeanne d'Angle, la jeune, eut un procès le 6 août 1380 contre le seigneur de Parthenay, au sujet du fief de Laleu en Aunis. (Lat. 17129, 536.)

Il est qualifié noble et puissant, dans un acte du 5 sept. 1381 concernant le prieuré de Mauzé (Lat. 17147, 557); mais il mourut peu après, car ses filles étaient en 1384 sous la tutelle de son frère Gauvain, qui fit aveu en leur nom au sgr de Benon, et qui est dit sgr de Mauzé à ce titre dans un aveu de 1389.

Renaud épousa vers 1370 Jeanne D'ANGLE, qui se remaria en 1390 à Aimery de Rochechouart, Chev., sgr de Mortemar, fille de Guichard, Chev., sgr de Pleumartin, maréchal d'Aquitaine, et de Jeanne Payen de Montpipeau.

 

Il était aussi seigneur d'Augé du chef de sa femme et vivait encore en 1395. On trouve dans les registres du Parlement un procès entre Gauvain Chenin, chevalier, Héliot Châteignier, Jean et Thibaut Béchillon, et Jean Labbé, d'une part, contre Hugues de Cologne, chevalier, tuteur de son neveu Jac­ques Chenin, seigneur de la Jarrie, d'autre.

 La première mention s'en trouve à la date du 15 mai 1375 (Xia 8, fol. 405 vo]. Le 17 juillet 1375, une transaction intervint entre Gauvain et Hugues (Xic 3l), mais ne mit pas fin à l'affaire.

Le litige portait sur la tu­telle que Chenin disputait à Hugues de Cologne, et sur l'administration du château et de la terre de la Jarrie, qui avait donné lieu entre les parties à des voies de fait.

 Le 5 août 1376, la cour ordonna que rétablissement serait fait en la main du roi des choses enlevées par ledit Gauvain dans la forteresse, au temps que lui et ses gens y pénétrèrent de force, et des fruits et revenus de ladite terre qu'il avait fait lever au préjudice du tuteur. (Mandement au bailli des exemptions de mettre cet arrêt à exécution, Xia 25, fol, 211 ve.)

Enfin les par­ties procédèrent à un accord définitif, le 17 mars 1377 n. s. (X1c 34) Gauvain devint d'ailleurs seigneur de la Jarrie, par droit d'héri­tage, son neveu étant mort sans enfants avant le mois d'août 1413. Un acte du Parlement de cette date nous fournit ce rensei­gnement parmi beaucoup d'autres sur plusieurs membres de la famille Chenin et sur ses alliances (X1a 4789, fol. 511,  513).

 

Du mariage vinrent : 1° MARGUERITE, Dame de Mauzé; 2° JEANNE, nommée dans le testament de sa mère en 1402, qui, d'après une note, épousa Jean d'Estampes. (Douteux.)

J'ai dit que Renaud Chenin laissa pour héritières ses deux filles Marguerite et Jeanne. Elles eurent pour tuteur et curateur Gauvain Chenin, leur oncle, qui rendit en leur nom, en l'année 1384, aveu au comte de Benon du chastel, ville et châtellenie de Mauzé.

Elles étaient encore mineures en 1389 (14).

 

Maison de Rochechouart

 Quelques années plus tard, Marguerite épousa en 1390 Geoffroi, vicomte de Rochechouart, et transporta ainsi dans cette maison la seigneurie de Mauzé.

M. l'abbé Dubois, après avoir rappelé l'hommage de 1384, ajoute «  que, pendant plus d'un siècle, cette terre demeura dans cette famille des Chenin, jusqu'à ce qu'une alliance la fît passer dans la maison de Rochechouart. »

Mais, en écrivant ainsi, il ignorait évidemment que cette alliance fût contractée avant l'année 1401 c'est-à-dire moins de vingt ans après l'aveu rendu au comte de Benon.

Suivant dom Fonteneau, les seigneurs du nom de Chenin portaient d'azur à la croix engreslée dor et je ne puis me dispenser de faire remarquer que c'étaient, ou peu s'en faut, les armes de la maison de Mauzé ce qui semble établir qu'il existait entre les deux familles un lien de parenté qu'à défaut de titres précis il est impossible d'établir d'une manière péremptoire.

 

 

 

§ V. — BRANCHE DE MILESCU,

 8. — Chenin (Gauvain), Chev., sgr de Milescu (en Aunis, près Benon), Mazeuil (en Mirebalais), Augé, etc., frère de Renaud Baron de Mauzé, était fils puîné de Guillaume (7e deg., § IV). On l'a souvent confondu avec ses cousins les 2 Gauvain de la Jarrie et de l'Ile-Ba- paume (§ II, deg. 7; § III, deg. 8).

Gauvain, Chev., sgr de Milescu, Mazeuil, possédait ce dernier fief du chef de sa 1re femme dès 1350 (d'après les notes de M. de Fouchier sur la Bnie de Mirebeau; mais cette date paraît étrange et nous ne savons pas s'il n'y a point là quelque erreur).

Il fut tuteur des filles de son frère Renaud, Bon de Mauzé en 1384, 1389, et en cette qualité est dit dans quelques titres sgr de Mauzé. (Franç. 20228, 160.) Il donna quittance de ses gages militaires pour les guerres contre les Anglais, par acte passé à Poitiers le 26 fév. 1386 (1387 n. s.).

Son sceau porte une croix engreslée (?) et un croissant posé au 1er quartier, comme brisure de cadet. (Sceaux de Clairambault, n° 2430.)

Il assista le 17 janv. 1395 au mariage de Constantin Asse, Ec., sgr d'Augé, fils du 1er lit de sa 2° femme, avec Catherine Chasteigner de St- Georges-de-Rexe (Hist. des Chasteigners), et fut présent le 17 avril 1396 à la tutelle de Geoffroy Chasteigner, fils d'HÉLIE, Chev., sgr de St-Georges. (Franç. 20231.)

 Le 29 août 1404, il fit aveu du fief Chanier à l'abbé de St-Maixent, et en 1418 rendit hommage du fief d'Augé au château de St-Maixent. (Arch. Nat. P. 1144, 42.)

 D'après une note, il testa en 1435, époque où il devait être très âgé. (C'est au point qu'on pourrait croire qu'il y aurait eu 2 Gauvain père et fils, mais jusqu'ici nous n'avons trouvé aucun renseignement qui indique certainement l'existence de ce 2° Gauvain.)

M. de Fouchier le dit marié : 1° dès 1350? (peut-être serait-ce 1370) à Jeanne DES GLIX, De de Mazeuil, fille de Jean, Ec., sgr de Mazeuil en Mirebalais, et du fief Sauzeau, près Moncontour.

Vers 1380, il épousa : 2° Jeanne DE SAINT-GELAIS, veuve de Constantin Asse, Chev., sgr d'Augé, et fille de Charles, Chev., sgr de StGelais, Séligny, et de Jeanne de Viron.

Il a dû avoir du 1er lit : 1° MARIE, qui épousa, le 15 déc. 1407, Aimery de Brisay, Chev., sgr de Brisay et de Brein. Ils firent aveu du fief de Sauzeau au sgr de Moncontour, le 14 juil. 1409 (dans des notes, on a écrit par erreur MACÉ au lieu de MARIE), et l'on voit par un acte de 1454 qu'elle possédait alors le fief de Mazeuil. (Bnie de Mirebeau.) Elle testa en 1461. Du 2° lit vint : 2° RENAUD, qui suit.

9. — Chenin (Renaud), Chev., sgr de Milescu, était fils de Gauvain et de Jeanne de St-Gelais, d'après un procès de 1431 au sujet de la succession de cette dame. (Duchesne, 33, 190.) Il mourut en 1415, suivant une sentence du Parlement en date du 1er juil.

1415, où il est nommé comme ayant part à cause de sa femme dans le fief de la Jarrie et l'héritage de Jacques Chenin, sgr de Lussac. (X1a 60, 301.)

 Il avait épousé vers 1400 Isabeau CHABOT, veuve de Hugues de Coloigne, Chev.

Elle était sans doute fille de Thibaud, Chevalier, seigneur de la Grève et de Grissay, et d'Amicie de Maure, car elle paraît avoir eu en partage le fief de Grissay.

 De ce mariage vint FRANÇOIS, qui suit.

10. — Chenin (François), Ec., sgr de Milescu, Grissay (fief des 2 seigneurs à Fontenay), qui était mineur en 1415, est seul nommé avec sa mère dans les procès en Parlement, ce qui fait croire qu'il était fils unique. Il était encore mineur en 1431, lorsqu'il eut procès contre Constantin Asse, Ec., sgr d'Augé, pour la succession de Jeanne de St-Gelais. (Duchesne, 33, 190.) Il possédait en 1442 le fief de Grissay. (Hist. Fontenay, 25.)

 Nous n'avons pas trouvé le nom de sa femme, mais il eut, croyons-nous, pour enfants : 1° qui suit; 2° MARIE, qui épousa vers 1470 Jean Raymond, Ec., sgr de Ribray (Reg. Malte); 3° RENAUD, qui servit au ban du Poitou en 1467 comme brigandinier, sous les ordres du sgr de Jarnac (F.) ; 4° peut-être JACQUES, Ec., sgr de la Pissonnière (Azay-sur-Thouet), qui fut condamné par la chambre des comptes, le 29 mars 1487, à payer 30 liv. pour divers droits fiscaux.

N'ayant pas satisfait au commandement du receveur de Poitou, il vit son fief saisi le 16 juil 1491. (Arch. D.-S. B.2.)

11. — Chenin (Jean), Ec., sgr de Milescu, Beauregard, la Grenouillère-en-Nalliers (Vend.), servit en archer au ban du Poitou en 1491 (F.) et fit aveu le 29 avril 1493 au sgr de St-Martin-Lars (Vend.). Marié vers 1480 à Françoise BARRABIN, D° de la Grenouillère, il eut pour enfants : 1° ETIENNE, qui suit; 2° FRANÇOISE, D° de la Grenouillère, mariée vers 1520 à Bonaventure des Chaumes, Ec. (Duchesne, 33, 269.)

12. — Chenin (Etienne), Ec., sgr de Milescu, Beauregard, la Grenouillère-en-Nalliers, Vauregnier, etc., fit un partage le 26 août 1514 avec Guy du Verger et Guy Poussard, Ec., sgr du Péré. (F.) Il fit aveu de la Grenouillère au sgr de Mareuil le 11 juin 1521, et la même année vendit le quart de la Fragnée et de la Roche-Baraton près Mauzé, à Marguerite de St-Gelais, veuve de Geoffroy du Puy-du-Fou, Chev., sgr d'Amaillou. Il avait épousé vers 1510 Gillette BARRABIN, dont il eut :

13. — Chenin (René), Ec., sgr de Beauregard, marié vers 1540 à Françoise LE MAYE, dite DE VALLlÈRE, fille de Pierre, Ec., sgr de Vallière, et de Mathurine des Prés, eut un procès vers 1560 contre Nicolas Réorteau. (Fonds Franç. 20230, 263.) Il eut pour fils :

14. — Chenin (Jacques), Ec., sgr de Beauregard.

Il épousa en 1571 Françoise DES FRANCS, qui paraît avoir été fille de Christophe, Ec., sgr de la Jalousière.

Nous ne savons pas s'il a eu postérité.

 

 

 
Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou Brisson-Cyr

 

 

 

==> 1390 la seigneurie de Mauzé passe à la famille Rochechouart

Renaud de Pressigny, seigneur de Marans, seigneur de Laleu et du nouveau port de La Rochelle <==

Tristan Rouault et Péronnelle de Thouars , l’héritière des terres de la vicomté de Thouars, de Talmont et de Tiffauges <==

12 août 1361  Lettres du roi Jean le Bon aux maire, jurés et habitants de Poitiers les informant que, d'après le traité de paix conclu entre le roi d'Angleterre et lui, il était tenu de livrer la cité de Poitiers et tout le pays de Poitou, et les requérant de prêter hommage au roi d'Angleterre. <==

==> Mauzé, Un tremblement de terre de 5,8 a secoué l'Ouest de la France ce vendredi 16 juin 2023 à 18h38.

 Château de Mille Ecus (commune voisine du Gué d’Alleré).  <==

 

 


 

(1)   Duchène, Hist. Généal. Des Chast. Preuves, p.85

(2). Pièces justificatives, n°XIV.

(3). DOM FONTENEAU, t. p. 541. –C'est d'après sa copie que cette pièce a été imprimée à la suite du cartulaire de l'abbaye de Boisgrolland publié par M. Marchegay (p. 68).

(4). DE LA ROQUE, Traité du ban et arrière-ban.

(5). DOM FONTENEAU, t. IIII, p. 459; t LVIII.

(6). Généal. De la maisonde Surgèresp. 112. Dom Fonteneau, t. XXVIII bis, p. 134. – Hist. De la Saintonge, t. III, p. 171.

(7). Hist. Généal de la maison de Surgères, p. 115.

(8). Ibid, p. 106.

(9). SMOLETT, Hist. D’Angleterre, t. VI, p. 207.

(10). Vialart, Hist. Généal. De la maison de Surgères, p.120.-

En 1268, on trouve, à la date du 23 novembre, une sentence arbitrale ou accord fait par l'official de Poitiers entre l'abbé de la Trinité et un Guillaume Chenin, chevalier. (Dom Fonteneau, t. XXXVIII, p. 76; t. LXXXII, p. 5.)

En 1275, le même seigneur est nommé dans le testament de Guillaume Lavergne (Dom Fonteneau, t. XXIII., p. 525). C'était vraisemblablement un des ancêtres de Guillaume Chenin, seigneur de Mauzé.

 Les titres qui le concernent remontent à l'année 1327. Il était mort en 1351.

(11). Dictionn. hist. des familles de l'ancien Poitou, t. p. 65, col. 1er

–Jeanne d'Angle épousa en secondes noces Aimeri de Rochechouart (et non Antoine, comme ledit M. Beauchet-Filleau, loco citato, p. 66, col. 2) et fut mère de Guy de Rochechouart, évêque de Saintes en 1426.

 La mère de Jeanne d'Angle était Jeanne Péan (et non Payen), dame de Monpipeau par donation d'Amaury Péan, chanoine de Chartres, son oncle. (ANSELME, Hist. Généal. t. IT, p. 676.)

(12). Chron. de Bertrand du Guesclin, par CUVELIER, trouvère du XIVe siècle, publiée par CHARRIERE. Variante des vers 22,115 à22, 134.

(13). Arcère, t. I, p. 128; t. II, p. 652, col. 2, in fine.

En rappelant que la terre de Benon avait le titre de comté, M l’abbé Dubois ajoute en note, d’après Massiou (t. II, p. 158), la date 1199, qui parait erronée. A cette date, en effet, se rapporte seulement l’échange de la Rochelle fait par Raoul de Mauléon pour le château de Benon et une rente annuelle de 50 sous poitevins. (Arcère, t.I, p. 192, et t. II, p. 647.)

 (14). Duchène, loco citato, p. 123 ; preuves, p. 50.

 (82) V. Bibliothèque Nationale, Mss. Coll. Duchesne, vol. 32, fol. 236 va.

(83) Archives Nationales, J, 319, fol. 9 vo. Lettre du comte Alphonse à son sénéchal de Poitou.

(84) Bibliothèque Nationale, Mss. Coll. Dupuy, vol. 804, fol. 137.

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