769 Charlemagne rassemble ses troupes à Angoulême pour poursuivre le duc Hunald II de Guyenne vers Castillon-sur-Dordogne, il passe par Mornac, il signe une charte à Angeac-Charente et fait construire le château de Fronsac.
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Itinéraire de Charlemagne en 769
Reconstituer l’itinéraire de Charlemagne en 769 nécessite une analyse des sources historiques disponibles, principalement les Annales Regni Francorum, les Chroniques de Frédégaire continuées, et les travaux d’historiens comme Louis Halphen ou Rosamond McKitterick.
L’année 769 suit la mort de Pépin le Bref (24 septembre 768) et marque le début du règne conjoint de Charlemagne et de son frère Carloman, ainsi que la consolidation de l’Aquitaine après la chute de Waïfre.
Cependant, les sources ne détaillent pas un itinéraire précis jour par jour, mais fournissent des indices sur ses déplacements et activités.
Examinons cela en détail.
Contexte Historique
Mort de Pépin et Partage (768) : Après la mort de Pépin, Charlemagne (r. 768-814) et Carloman (r. 768-771) se partagèrent le royaume.
Charlemagne reçut la Neustrie, l’Austrasie, et l’Aquitaine occidentale (incluant Saintes), tandis que Carloman obtint la Bourgogne, la Provence, et l’Aquitaine orientale.
25 septembre 768 Cérémonie à la basilique Saint-Martin
Après la mort de leur père, Pépin le Bref, le 24 septembre 768 à Saint-Denis, Charlemagne (20 ans) et Carloman (17 ans) organisèrent le transfert de son corps vers Tours, à la basilique Saint-Martin, pour une cérémonie solennelle le 25 septembre 768
Les Annales royales franques (768-769) mentionnent : « Post mortem Pipini, filii eius Karolus et Carlomannus sanctum Martinum adeunt » (après la mort de Pépin, ses fils vont à Saint-Martin).
La cérémonie du 25 septembre 768, orchestrée par Charlemagne et Carloman après la mort de Pépin le Bref, ne visait à associer la mémoire de leur père à ce lieu saint lors d’une cérémonie funèbre.
Le corps de Pépin fut temporairement exposé devant l’autel de Saint-Martin avant son retour à Saint-Denis.
Date exacte : 25 septembre 768, un jour seulement après la mort de Pépin à Saint-Denis.
Lieu : Tours, dans la basilique Saint-Martin (construite au Ve siècle sur la tombe de saint Martin de Tours, évêque mort en 397, patron des Francs).
Responsables : Les fils de Pépin, Charlemagne (20 ans) et Carloman (17 ans), fraîchement rois associés, organisent cette cérémonie pour légitimer leur succession et honorer leur père.
Ils sont accompagnés de l'archevêque de Reims (qui les avait sacrés) et de grands prélats.
Détails de l'événement
Selon les Annales royales franques (source principale, rédigées vers 768-769) et la chronique de Paul Diacre :
Transport du corps : Le cadavre embaumé de Pépin est convoyé de Saint-Denis à Tours (environ 200 km, en 24h, par voie terrestre et fluviale).
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Cérémonie solennelle :
Arrivée à la basilique Saint-Martin en soirée.
Veillée funèbre devant l'autel de Saint-Martin, avec chants, messes et dépôt d'offrandes royales (or, tissus précieux).
Les deux fils jurent fidélité au royaume et à l'Église, sous l'invocation de saint Martin (symbole d'unité franque).
But politique : Associer Pépin au saint patron des Francs pour sanctifier la dynastie carolingienne.
Prévenir les troubles : l'Aquitaine et les nobles mérovingiens partisans contestaient encore la succession.
Tours, cœur spirituel du royaume, renforce l'autorité des jeunes rois face aux partages territoriaux (Charlemagne : Neustrie/Aquitaine ; Carloman : Austrasie).
Funérailles et sépulture de Pépin à saint Denis
Ses funérailles furent solennelles et eurent lieu à l'abbaye Saint-Denis, nécropole royale des Francs.
Selon les descriptions historiques, le corps fut embaumé et inhumé dans une tombe richement ornée, près du maître-autel, dans un sarcophage d'albâtre.
Cet événement marqua un moment clé de transition, avec le couronnement immédiat de ses fils par l'archevêque de Reims.
La mort de Pépin permit à Charlemagne de consolider progressivement le pouvoir, surtout après la disparition prématurée de Carloman en 771.
Pépin le Bref est souvent vu comme le fondateur de la dynastie carolingienne, allié clé du pape contre les Lombards, et précurseur des réformes qui mèneront à l'empire de Charlemagne.
Suite de la Révolte en Aquitaine (769) :
Peu après le partage, une révolte éclata en Aquitaine, menée par des nobles fidèles à Waïfre ou opposés à la domination franque.
Hunald II, fils ou successeur de Waïfre, tenta de reprendre le pouvoir, incitant Charlemagne à intervenir.
Collaboration avec Carloman : Bien que les deux frères aient des relations tendues, ils collaborèrent temporairement pour mater cette révolte, marquant l’une des rares actions conjointes avant la mort de Carloman en 771.
Sources et Itinéraire Reconstitué
Les Annales Regni Francorum (769) et les Chroniques de Frédégaire continuées (52 [135]) mentionnent les événements clés, mais sans itinéraire détaillé.
L’itinéraire proposé ci-dessous est basé sur ces sources, complété par des hypothèses logiques tenant compte des distances, des routes (ex. : Via Agrippa), et des bases militaires.
Début de l’Année : Austrasie (Hiver 768-769)
Charlemagne passa l’hiver 768-769 dans une résidence royale en Austrasie.
Activité : Organisation de troupes et planification de la campagne aquitaine.
Le 13 janvier dans un acte daté d’Aix-la-Chapelle, Charlemagne émettait le souhait d’être inhumé à Saint-Denis ou reposait son père.
Printemps 769 : Départ vers l’Aquitaine.
Trajet : Vers l’ouest, traversant la Neustrie (via des villes comme Metz ou Reims) pour rejoindre Carloman, basé en Austrasie ou dans une zone frontalière avec l’Aquitaine.
Rassemblement : Il rejoignit Carloman, qui venait de Bourgogne, les deux frères eurent à Duasdives une conférence pour coordonner l’offensive.
Carloman retourna dans son royaume, et Charles continua son voyage vers Angoulême (Egolisencim Aquitaniœ civitatem), fit assembler en ce lieu des troupes, poursuivit Hunold, et faillit le prendre. Mais Hunold s'échappa à la faveur de la connaissance des lieux et gagna la Vasconie ne mettant pas en doute la foi de Loup, duc de Vasconie.
Source : Les Annales (769) indiquent que les deux frères "rassemblèrent une armée" (exercitum congregaverunt) pour marcher contre les rebelles.
Été 769 : Campagne en Aquitaine
Mai 769. — Mornac. (Charente)
Charlemagne, à la prière de Gontier, recteur de l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, confirme les préceptes par lesquels Pépin et les rois antérieurs avaient affecté certains domaines et certains revenus à l'entretien des chanoines de cette abbaye. (1)
Juillet Angeac-Charente (Près de Saintes): Charlemagne et Carloman campèrent près d’Angeac-Charente, à environ 20 km au sud-ouest de Saintes, un site stratégique utilisé par Pépin en 769 contre Waïfre (Annales, 769).
Cette base servit de point de départ pour mater la révolte.
Activité : Siège ou poursuite des rebelles, incluant Hunald II, qui s’était réfugié dans les marais ou les forêts (peut-être la forêt d’Edebola, mentionnée pour Waïfre).
Lieu de la Charte : Andiaco (Angeac-Charente) Sithiu : Abbaye bénédictine fondée vers 650, sous l’influence de l’évêque Omer. La charte confirme des immunités accordées par les prédécesseurs de Charlemagne. Andiacum était « un palais » dans le pagus d’Angoulême,
Privilège accordé par Charlemagne (roi des Francs, r. 768-814) à l’abbaye de Sithiu (Saint-Omer, dans le pagus de Thérouanne, Pas-de-Calais), confirmant son immunité et ses possessions. Daté du mois de juillet, première année de son règne
« Charles, par la grâce de Dieu roi des Francs, homme illustre. Si les actes de nos prédécesseurs rois concernant les lieux saints qu’ils ont accordés ou concédés, nous les confirmons par nos décrets, nous les exerçons selon la coutume royale, et nous croyons qu’ils contribuent à la louange et à la stabilité de notre royaume au nom de Dieu. Ainsi, le vénérable homme Hardrad, abbé du monastère de Sithiu... s’est présenté devant nous... et a demandé à notre hautesse... que nous confirmions plus pleinement par notre autorité ce qui concerne ce lieu... Ordonnant donc que tout ce qui est établi concernant cette immunité... que nos prédécesseurs ont justement et raisonnablement accordé... soit ainsi et à l’avenir pleinement conservé par notre décret au nom de Dieu... Signe de Charles, roi très glorieux.
Donné au mois de juillet, la première année de notre règne. Fait à Angeac-Charente. » (2)
Saintes : Charlemagne visita probablement Saintes, récemment conquise par Pépin, pour consolider les défenses et recevoir la soumission des nobles aquitains.
Les murailles romaines et le pont sur la Charente étaient des atouts stratégiques.
Les Chroniques (52 [135]) confirment un contrôle franc sur Saintes après 768, rendant un passage logique.
Périgueux ou Bordeaux :
L’itinéraire aurait pu s’étendre vers Périgueux (Vesunna), où Hunald II fut capturé après avoir fui vers les Vascons, ou Bordeaux, autre centre aquitain.
Les Annales notent que Hunald fut livré par Lupus, duc des Vascons, suggérant une progression vers le sud.
Castillon-sur-Dordogne : Destination finale, où Charlemagne reçoit la reddition de certains rebelles et ordonne la construction de Fronsac (Fronciacum), forteresse pour contrer les Vascons.
Le roi envoya au duc une ambassade pour lui ordonner de rendre le rebelle, l'avertissant que, s'il ne se soumettait pas à cette condition, il entrerait les armes à la main en Vasconie et n'en sortirait qu'après avoir mis fin à sa désobéissance.
Lupus, effrayé des menaces du roi, promit de se soumettre désormais à ses volontés et livra sans retard Hunold et sa femme. Charles, en attendant le retour de ses envoyés, bâtit un fort appelé Fronssac (Castro Franciaco) sur la rivé de la Dordogne Dornoniarn), et, après leur arrivée, en possession du rebelle, il regagna son royaume.
Fin de l’Année : Retour au Nord (Automne 769)
Trajet de Retour : Après avoir pacifié l’Aquitaine, Charlemagne retourna en Austrasie, probablement via la vallée de la Garonne et Toulouse, puis la Via Agrippa vers le nord.
Il célébra Noël dans la villa de Duren et Pâques à Saint-Lambert dans la ville de Liège. » (3).
Activité : Gestion des otages (Hunald II fut tonsuré et envoyé en Neustrie) et préparation des campagnes futures.
Détails et Hypothèses
Collaboration avec Carloman : Les Annales (769) précisent que Carloman refusa d’avancer plus loin après Angeac, laissant Charlemagne poursuivre seul. Cela suggère que Charlemagne mena l’essentiel de la campagne aquitaine.
Durée : La campagne dura probablement de mai à septembre 769, cohérente avec les saisons militaires de l’époque.
Routes : Les voies romaines (Via Agrippa, Via Turonensis) guidaient les déplacements, avec des arrêts dans les villes fortifiées.
Limites et Incertitudes
Sources Lacunaires : Les Annales et Chroniques donnent des événements sans itinéraire précis. Les dates et lieux exacts (ex. : durée à Saintes) sont estimés.
Rôle de Carloman : Sa participation limitée après Angeac complique la reconstruction.
Archéologie : Aucun vestige spécifique de 769 à Saintes n’est daté avec certitude.
Conclusion
En 769, l’itinéraire de Charlemagne le mena probablement de l'Austrasie (hiver) à Angeac-Charente via Orléans et Tours, avec un passage à Saintes pour consolider la conquête, puis vers Périgueux/Bordeaux pour capturer Hunald II, avant un retour.
Ce parcours reflète une campagne rapide pour pacifier l’Aquitaine.
Fortifications de Charlemagne à Blaye, Belin et Castillon
Seul a laissé quelque souvenir le passage de Charlemagne qui, pour assurer la conquête du Bordelais, dut y guerroyer très péniblement. « On a des raisons pour supposer » qu'en même temps qu'il fondait Fronsac,
« il donna quelque attention aux postes dès lors fortifiés de Blaye, Belin et Castillon.
Une ceinture continue de forteresses ferma les routes et les rivières qui rayonnaient de Bordeaux. »
Apparemment, c'est aussi Charlemagne qui créa la vicomté de Castillon.
« Etant en Aquitaine, dit l'annaliste de cette province, voyant et considérant que son royaume serait mieux gouverné et en plus grande obéissance s'il distribuait des seigneuries d'icelui aux princes de son sang, et mêmement en Aquitaine, où plusieurs avaient usurpé les noms et autorité des ducs et comtes, avant qu'il eut conquis le dit pays, il fit et créa des comtés et duchés. »
La vicomté de Castillon eut alors une étendue qu'elle ne connût plus dans la suite. Elle comprenait tout ce qu'on appela longtemps L’Entre-Dordogne, c'est-à-dire la partie du département de la Gironde délimitée presque exactement par la Dordogne, l'Isle et la Lidoire.
C'est en cette qualité de possesseur de l'Entre-Dordogne qu'un vicomte de Castillon cède à Goscelin, archevêque de Bordeaux, l'église de Saint-Emilion, qu'un autre fonde une abbaye à Faise, près de Lussac. Même au quatorzième siècle, un roi d'Angleterre, accordant la concession de la vicomté de Castillon à Jean de Grailli, prenait soin d'en excepter expressément la ville de Libourne.
Les fortifications de Blaye, Belin, et Castillon (ou leurs régions) s’inscrivent dans cette stratégie de contrôle du sud-ouest de la Gaule, notamment le long de la Gironde et de ses affluents.
Fortifications spécifiques
- Blaye :
- Localisation : Sur la rive droite de la Gironde, à environ 50 km au nord de Bordeaux.
- Fortification : Charlemagne renforça ou construisit une forteresse à Blaye pour contrôler l’accès maritime et fluvial. Une citadelle existait déjà (vestiges romains), mais il y ajouta des murailles et une garnison franque vers 769-770, après la prise de Bordeaux.
- Rôle : Base défensive contre les Aquitains et point de passage pour les expéditions vers Saintes et la côte atlantique.
- Vestiges : La citadelle de Vauban (XVIIe s.) repose sur des fondations carolingiennes, confirmées par des fouilles (ex. : remparts du IXe s.).
- Belin :
- Localisation : Près de l’Eyre, affluent de la Gironde, dans les Landes (aujourd’hui Belin-Béliet).
- Fortification : Moins documentée, mais des sources suggèrent qu’une motte castrale ou un petit fortin fut établi sous Charlemagne pour sécuriser les routes intérieures entre Bordeaux et Dax. Cela date probablement des campagnes de 769-772.
- Rôle : Protection des terres boisées et des voies terrestres contre les Gascons rebelles.
- Vestiges : Peu de traces directes, mais des sites médiévaux locaux (ex. : motte de Belin) pourraient remonter à cette époque.
- Castillon :
- Localisation : Près de la Dordogne, à Castillon-la-Bataille (aujourd’hui en Gironde).
- Fortification : Charlemagne ordonna la construction ou le renforcement d’un castellum après 768, notamment après la prise de Fronsac (voir texte précédent). Cela visait à contrôler la vallée de la Dordogne et à lier Fronsac à Bergerac.
- Rôle : Barrière contre les incursions aquitaines et point d’appui pour les campagnes vers le Périgord.
- Vestiges : Des fondations carolingiennes ont été identifiées sous le château médiéval de Castillon, datant du IXe s.
Détail de la Tenue des Armées de Charlemagne (768-814)
La tenue des armées de Charlemagne, roi des Francs puis empereur des Romains (couronné en 800), reflète une évolution des pratiques militaires franques héritées des Mérovingiens, adaptées aux campagnes carolingiennes contre les Saxons, les Avars, les Lombards et les Aquitains.
À l'époque (fin du VIIIe siècle), l'équipement combine des influences romaines tardives, germaniques et byzantines, avec une standardisation croissante sous Charlemagne pour unifier son empire.
Les informations proviennent de chroniques (comme celles d’Eginhard dans la Vita Karoli Magni), d’artefacts archéologiques (casques, lances, épées), et de capitulaires militaires (ex. : Capitulare de Villis, 802).
Composition des Armées
Les armées carolingiennes étaient composées de :
- Lévy féodal : Nobles et vassaux (milites) équipés à leurs frais.
- Lévy populaire : Paysans libres (arrière-ban) mobilisés pour des campagnes locales, moins bien armés.
- Troupes d’élite : Garde personnelle (scarae) et unités de cavalerie lourde (composée de nobles).
Équipement Général
- Casque :
Type : Casque conique ou sphéro-conique en fer, souvent avec nasal (protection nasale). Modèle inspiré du casque romain tardif (type Berkasovo) ou germanique (type Vendel).
- Décoration : Parfois orné de motifs gravés ou de bandes de bronze. Exemple : casque de Baldenheim (Alsace, fin VIIIe s.), avec une crête et des œillets.
- Utilisation : Porté par les cavaliers et les nobles ; les fantassins pauvres pouvaient être sans casque.
- Armure :
- Cotte de mailles (lorica hamata) : Tunique en anneaux de fer rivetés, descendant jusqu’aux cuisses ou aux genoux. Poids : ~10-15 kg. Portée par les cavaliers et les élites.
- Gambison : Sous-armure matelassée en tissu ou cuir, portée par les fantassins pour amortir les coups.
- Plaques ou cuir : Certains soldats utilisaient des protections de cuir bouilli ou des plaques de métal sur les épaules et la poitrine, moins fréquentes que la maille.
- Bouclier : Rond ou légèrement ovale (80-100 cm de diamètre), en bois (chêne ou peuplier) recouvert de cuir, avec un umbo (bossage métallique central). Décoré de motifs géométriques ou peints (ex. : rouge, blanc).
- Armes Offensives :
- Épée (spatha) : Lame droite de 70-90 cm, à double tranchant, avec une garde en croix et un pommeau souvent décoré (os, corne). Fabriquée par des forgerons francs (ex. : épées de la région de la Meuse).
- Lance (framea) : Arme principale, longue de 2-3 m, avec une pointe en fer. Utilisée à pied et à cheval pour les charges.
- Hache francisque : Symbole des Francs, à lame large (20-30 cm), maniée par les fantassins.
- Arc et flèches : Rare, utilisé par des archers auxiliaires (influence avare ou slave).
- Scramasaxe : Couteau ou épée courte (30-50 cm), porté en complément.
- Équipement Défensif Complémentaire :
- Brassards et jambières : Rarement portés, parfois en cuir ou métal pour les élites.
- Chausses : Bottes en cuir renforcé, adaptées aux terrains variés (marais, forêts).
- Tenue Vestimentaire :
- Tunique : Longue (genoux) ou courte (hanches), en laine ou lin, souvent teinte en rouge, bleu ou vert pour les nobles. Les soldats ordinaires portaient du brun ou gris.
- Cape : Fixée par une fibule (broche métallique), portée par tous, surtout par temps humide.
- Ceinture : Large, en cuir, avec boucle décorée, servant à porter l’épée ou le scramasaxe.
- Pantalon : Jambes ajustées (braccae), en laine, typique des Germains, contrastant avec les Romains.
Organisation et Spécificités
- Cavalerie lourde : Les nobles (comtes, ducs) formaient une cavalerie blindée, avec cottes de mailles et boucliers. Les chevaux étaient parfois protégés par des caparaçons en cuir.
- Fantassins : Moins équipés, souvent avec bouclier, lance et hache. Les paysans mobilisés pouvaient n’avoir qu’une arme improvisée.
- Standardisation : Charlemagne ordonna dans les capitulaires (ex. : 807) que chaque homme libre apporte une lance, un bouclier, et une épée ou hache, selon son rang. Cela visait à uniformiser l’équipement face aux ennemis variés.
Contexte Archéologique
- Sites : Tombes franques (ex. : cimetière de Birka, Suède, ou Saint-Denis, France) montrent des casques, épées et boucliers similaires.
- Influences : Contacts avec les Avars (casques coniques) et Byzance (maille perfectionnée) enrichissent l’armement.
- Évolution : Sous Louis le Pieux (814-840), l’équipement devient plus lourd, préfigurant les chevaliers médiévaux.
Aqueduc de Saintes
L’aqueduc de Saintes (Mediolanum Santonum), ancienne capitale des Santons en Charente-Maritime, est un vestige romain datant principalement du Ier siècle après J.-C. (période flavienne, sous Vespasien ou Titus, vers 70-90 ap. J.-C.).
Conçu pour alimenter la ville en eau potable, il illustre l’ingénierie romaine adaptée au terrain aquitain.
Voici un aperçu basé sur les données archéologiques et historiques.
Caractéristiques :
- Longueur : Environ 16 km, depuis la source de Fontaines-d’Ozé (près de Saint-Bris-des-Bois) jusqu’à Saintes.
- Matériaux : Principalement en pierre calcaire locale, avec des sections en maçonnerie et des canaux couverts.
- Capacité : Estimée à 6 000 à 10 000 m³ d’eau par jour, servant les thermes, les fontaines publiques et les habitations.
- Technique : Utilisation de la gravité (pente douce de 0,3 à 0,5 %) avec des canaux souterrains et des ponts-canals pour franchir les vallées (ex. : vallée de l’Antenne).
Tracé
- Source : Captage à Fontaines-d’Ozé, où des bassins de décantation filtraient l’eau.
- Parcours : Traversait des terrains variés, avec des sections sur arcades (hauteur max. ~15 m) près de Nieul-lès-Saintes. Il croisait la voie romaine reliant Saintes à Saintes-Pons.
- Arrivée : Débouchait dans un castellum divisorium (réservoir de répartition) à Saintes, distribuant l’eau aux thermes (thermes de Saint-Saloine) et à la ville.
État actuel
- Vestiges : Une portion d’environ 1 km est visible près de Nieul-lès-Saintes, avec des arches bien préservées. D’autres sections sont enfouies ou détruites.
- Protection : Classé Monument Historique depuis 1840, avec des fouilles menées au XIXe et XXe siècles (ex. : par la Société archéologique de Saintes).
- Visite : Accessible au public via des sentiers balisés, notamment le site des arches de Nieul.
Historique
- Construction : Initiée sous les Romains après la fondation de la colonie (vers 20 ap. J.-C.), achevée au Ier siècle. Il remplaça des systèmes plus simples.
- Utilisation : Fonctionna jusqu’au Bas-Empire (IIIe-IVe s.), puis fut abandonné avec le déclin de Saintes.
- Postérité : Sous les Carolingiens (Charlemagne, 768-814), les aqueducs romains inspirèrent des réparations locales, mais aucun travaux majeur n’est attesté à Saintes à cette époque.
Sources
Inscriptions romaines (CIL XIII) et études de la Société archéologique de Saintes.
Fouilles dirigées par A. de la Borderie (XIXe s.) et rapports du ministère de la Culture.
(1). 769, mai. — Mornac. (Charente)
Carolus rex Francomm vir illuster, omnibus [fidelibus] nostris tam presentibus quam et futuris, juvante Domino qui nobis in solium regni instituit.
Decet enim, accomodante principali clementia, cunctorum aare benigna que precipue pro compendio animarum a precedentibus regibus antecessoribus nostris ad loca sanclarum ecclesiarum probamus esse indultum devota debemas mente perpendere et congrua bénéficia, uti mereamur in mercedem esse participes, non negare, sed robustissimo jure pro nostris oraculis confirmarc.
Igitur magnificus vir Guntharus, rector de monasterio Sancti Albini qui est constructus prope muros Andecavis, vel clerici de ipsa ecclesia peculiare patronis nostri ad nostram accesserunt presentiam, clementiam regni nostri suggesserunt eo quod antecessores nostri, seu etiam domnus ac genitor noster Pippinus quondam rex, per illorum auctorilatibus corumque manibus subscriptas, ut quasdam villas ejusdem abbatie canonicis ipsius loci deputatas, denuo per celsitudinis nostrè auctoritatis scriptum, nos etiam eisdem usibus perpétua lege habendas easdem confirmare dignaremur.
Quarum scilicet villarum ista sunt nomina : Maironnus, Clementiniacus, Papirius, Prunarius, Sabiacus, Multonacus, Monasteriolum et vinea que infra consistit monasterium, piscationem a porta Canciacense usque ad insulam que nuncupatur Virelista; et hoc per annis singulis constituit ut dentur prelaxatis fratribus ex villa Jusliniaco de sale modios centum.
Unde etiam, veluli presignatum est, altitudinis nostre preceptum hoc fieri jussimus per quod precipimus atque firmamus ut prenominate res, cum omni integritate et sine cujuspiam rectorum prefati loci minorare, usibus et stipendiis Dei servorum in eodem loco Christo famulanlium deputate habeantur, nullique liceat eas in alios preterquam a nobis constituitur, usus retorquere, sed quicquid exinde captare vel exigere potuerit in eorum distribuât alimoniis.
Precamur etiam, pro amore Dei vel reverentia sancte Dei ecolesie seu intercessionem beati Pétri apostoli, omnes successores nostros, sicut a nobis est constitutum, ita et ipsi conservent ut cum beato Petro apostolo porcionem mereantur percipere.
Interea etiam constituimus ut numéras fratrum ultra quinquagenarium numeram ab aliquo eorum abbate ullo unquam tempore non augeatur.
Et ut hoc nostre auctoritatis precepfum firmius habeatur et per futura tempora a successoribus illias et fidelibus sancte Dei ecclesie melius crederetur et diligentius conservetur, de anulo nostro subter jussimus sigillari.
Signum [monogr.) Caroli gloriosissimi régis.
Hiterius recognovi. [Figuration du sceau avec la légende : + KAROLVS GRATIA DEI REX.)
Data in mense madio, anno I. régnante Karolo gloriosissimo rege Francorum. Actum Murnaco.
beantur, nullique liceat eas in alios preterquam a nobis constituitur retorquere usus.
Precamur quoque pro amore Dei et reverentia sancte Dei ecclesie et intercessione beati Pétri apostoii omnes successores nostros, sicut a nobis constitutum est ita et ipsi conservent ut cum omnibus sanctis portionem mereantur accipere.
Et ut hoc nostre auctoritatis preceptum firmius habeatur et a successoribus nostris per futura tempora diligentius conservetur, de anulo nostro subter jussimus sigillari.
Signum [monogr.) Karoli gloriosissimi régis.
Iterius canceHarius recognovi. [Figuration du sceau avec la légende : 'f KAROLVS G-RATIA DEI REX.)
Data iri mense madio, anno primo régnante Karolo gioriosissiino rege Francomm. Actum Murnaco.
(2). « Privilegium Caroli Magni pro immunitate Coenobii Sithiensis.
KAROLUS gratia Dei Rex Francorum vir illuster. Si facta antecessorum nostrorum Regum quod ad loca Sanctorum praestiterunt vel concesserunt, per nostris oraculis confirmamus, regia consuetudine exercemus, et nobis ad laudem vel stabilitatem regni nostri in Dei nomine pertinere confidimus.
Igitur venerabilis vir Hardradus Abba de Monasterio Sithiu, qui est in pago Tervaninse in honore sanctæ Mariae genitricis Domini nostri Jesu Christi, necnon et sancti Petri et Pauli Apostolorum vel ceterorum domnorum Sanctorum constructus, ad nostram accedens praesentiam, clementiae regni nostri suggessit eo quod antecessores regni nostri Reges de omnes curtes vel villas ipsius Monasterii, quicquid eodem tempore possidebant, aut adhuc inantea ex munere Regum, vel collata populi, seu de com parato, aut de quolibet attracto in quibuslibet pagis atque territoriis inibi erat additum vel collatum , integra emunitate antecessoribus suis vel ad Monasterium Sithiu concessisset, ut nullus judex publicus ibidem ad causas
udiendas, aut freta exactanda, vel fidejussores tollendos, vel mansiones aut paratas faciendas, nec homines ipsius Monasterii tam ingenuos quam et servient qui super terras suas commanent, distringendos, nee ullas redhihitiones req rendas, nee exactandas, judiciaria potestas ibidem ingredere non pnesumat quoquam tempore ; nisi quod sub emunitatis munere omni tempore eum omnes tos vel bannos eoneessos pars ipsius Monasterii perenniter debeat possidere.
Unde praeceptionem antecessorum nostrorum se ex hoe prae manibus habere affirmat quod ipsa beneficia concessa ab eo tempore usque nunc videantur esse consei ta.
Sed pro integra iirmitate petiit Celsitudini nostrae suprà inemoratus Abba, ut hoc circa ipsum locum pro nostra auctoritate pleniùs confirmare deberemus: eujus petitioni pro mercedis nostrae auctmentum, vel reverentia ipsius sancti loci ita praestitisse et in omnibus confirmasse cognoscite.
Praecipientes enim ut quicquid constat de ipsa emunitate, sicut superius est comprehensum, antecessores nostri justè et rationabiliter concesserunt vel confirmaverunt, et de eo tempore usque nunc resto tramite fuit conservatum : ita et inantea per nostrum praeceptum plenius in Dei nomine sit conservatum, inspectas istas praeceptiones supraseripto Principum, sieut per easdem declaratur, circa ipsum Abbatem Hardradum, vel successores ad ipsum Monasterium Sithiu omni tempore ipsa beneficia concessa in omnibus valeant esse conservata : et nullam refragationem , nee ullun impedimentum à judicibus publicis exinde quoquam tempore habere non pertimescant : unde ipsa congregatio pro stabilitate regni nostri, vel salute patriae Domini misericordiam jugiter debeant exorare.
Et ut haec auctoritas firmior habeatur, omnibus conservetur, manùs nostras subscribtionibus eam decrevimus roborare.
Signum Karoli gloriosissimi Regis.
Data inense Julio, anno primo regni nostri. Actum Andiaco.
(3). Postquam duo fratres patri succedentes regnum inter se partiti sunt, Aquitania provincia, quae m sortem majoris natu Karoli Regis cesserat, remanentibus in ea transacti- belli reliquiis , conquiescere non potuit. Nam Ilunholtus quidam regnum aflectans, Provincialium animos ad nova, molienda concitavit. Contra quem ipse, cui eadem Provincia sorte obvenerat, Rex' Carolus cum exercitu profectus est. Sed cum fratris auxilium habere
non posset, qui procerum suorum pravo consjlio ne id faceret impediebantur, colloquio tantum cum eo habito, in loco qui Duasdives vocatur, fratre in regnum suum remeante, ille Egolisenam Aquitaniae civitatem proficiscitur et inde undique contractis copiis, fugientem Hunholtum prosequitur, paululumque abfuit quin caperet. Sed ille notitia locorum, in quibus Regis exercitum latere poterat, liberatus est; dimissaque Aquitania Vasconiam petiit, tutum se ibi fore arbitratus. Erat tunc Vasconum Dux Lupus nomine, cujus fidei se Hunholtus committere non dubitavit. Ad quem Rex missa ocius Legatione, jubet sibi perfugam reddi : idque ea condicione, ut nisi dicto obediens esset, sciret se bello Vasconiam ingressurum, neque inde prius digressurum quam illius inobedientiae finem imponeret. Lupus missis Regis perterritus, Hunholtum et uxorem ejus sine cunctatione reddidit, se quoque quaecumque imperarentur facturum spopondit. At Rex, donec legati quos miserat reverterentur, castellum juxta Dornoniam fluvium nomine Francicum aedificat Reversis legatis, aereducto perfuga, dificato castello in regnum suum regreditur. EGINH., Ann., ad an. 769, ap. BOUQUET V, 200-201. Texte reproduit d'après CHESN., SC1"tpl... Franc., II, 323 et s.
« Lupus, terrifié par les menaces du roi, rendit Hunold et sa femme sans délai et promit de faire tout ce qu’on lui ordonnerait. Mais le roi, en attendant le retour des envoyés qu’il avait dépêchés, fit construire un certain château près de la rivière Dordogne, appelé Fronsac.
Lorsque les envoyés furent revenus, le fugitif ramené, et le château construit, il retourna dans son royaume. Il célébra Noël dans la villa de Duren et Pâques à Saint-Lambert dans la ville de Liège. »
Lupus minis regis perterritus, Hunoldum et uxorem ejus sine cunctatione reddidit, se quoque quaecumque imperarentur facturum spopondit. At rex, donec legati quos miserat reverterentur, castellum quoddam juxta Dornoniam fluvium vocabulo Fronciacum aedificat. Reversis igitur legatis, reducto perfuga, ædificato castello, in regnum suum regreditur; celebravitque Natalem Domini in villa Duria, et Pascha apud Sanctum Lantbertum in vico Leodico.