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PHystorique- Les Portes du Temps
TRADUCTION
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19 octobre 2025

Entre 860 et 950, l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély est détruite plusieurs fois par les Normands.

Entre 843 et 882, les Vikings multiplient leurs expéditions dans :

  • la vallée de la Charente (attaque de Saintes en 844, 848, 857…)
  • la vallée de la Loire
  • la côte d’Aunis et de Saintonge

 

 

L'abbaye royale de Saint-Jean-d'Angély est une abbaye bénédictine fondée en 817 par Pépin Ier d'Aquitaine, duc d’Aquitaine.

 

Le monastère de Saint-Jean-d’Angély, qui abritait les reliques de saint Jean-Baptiste, était l’un des plus riches sanctuaires régionaux → donc une cible privilégiée.

 

L'incursion de 860

D’après :

  • Annales Bertiniani
  • Chroniques régionales postérieures
  • Tradition monastique de Saint-Jean-d’Angély

 

En 860, une bande nordique remontant la Boutonne ravage :

  • le bourg
  • l’abbaye, qui est brûlée
  • la communauté, dont une partie des moines est tuée

 

On parle dans les textes de “vastatione & occisione monachorum” (« dévastation et mise à mort des moines »).

 

L’attaque est contemporaine des incursions vikings dans la région de Saintes (où l’évêque s’enfuit), Angoulême, Poitiers et même Périgueux.

 

Origines et situation de l’abbaye avant 860

L’abbaye existait depuis au moins le VIIIe siècle, peut-être dès la fin du VIIe.
Elle possédait déjà :

 

  • une église abbatiale (basilicale, en pierre)
  • un reliquaire majeur : la prétendue tête de saint Jean-Baptiste
  • un cloître primitif
  • des bâtiments conventuels en dur partiel (pierre + bois)
  • un domaine monastique important autour de l’Angériacum
  • un mur de clôture (pas défensif, simplement monastique)
 Pas encore le grand monastère roman (XIe–XIIe s.).

Nous sommes dans un complexe carolingien, beaucoup plus modeste.

 

Plan du monastère vers 860 (avant destruction)

Les caractéristiques des abbayes carolingiennes permettent une reconstitution cohérente :

Église abbatiale
  • plan basilical, nef unique ou à 3 nefs
  • chevet simple, peut-être un transept
  • taille moyenne (probable modèle Saint-Philbert ou Charroux ancien)
  • reliquaire majeur exposé à l’intérieur

 

Cloître
  • au sud de l’église
  • galeries en bois ou mixte bois-pierre
  • centre : préau herbu

 

Salle capitulaire
  • à l’est du cloître
  • construction en pierre, petite

 

Bâtiments monastiques
  • dortoir
  • réfectoire
  • cellier
  • ateliers
  • hôtellerie
    La plupart des structures en pierre basse avec élévations en bois.

 

Enceinte monastique
  • simple clôture (palissade + fossé léger)
  • aucune fonction militaire

 

Occupation urbaine

Le monastère est le noyau du futur bourg, mais :

  • pas encore de véritable ville
  • hameau autour de l’abbaye
  • ateliers, moulins, entrepôts sur la Boutonne
  • zone environnante encore largement forestière et marécageuse

 

 Le raid viking de 860 : destruction totale

D'après les sources carolingiennes et tradition angérienne :

  • les Vikings (probablement la bande d’Hasting ou installés à Noirmoutier) remontent la Boutonne
  • ils incendient l’abbaye
  • l’église est brûlée
  • les moines sont massacrés
  • les bâtiments en bois disparaissent complètement
  • les reliques sont emportées ou dispersées
  • le site reste déserté plusieurs années

 

Ce raid est comparable à ceux subis par :

  • Saintes
  • Poitiers (863)
  • Maillezais (IXe s.)

 

 4. Après coup (années 870–900)

L’abbaye reste probablement :

  • en ruine
  • sans communauté stable
  • dépendant d’églises voisines
  • pillée à plusieurs reprises (la région est instable)

 

Ce n’est qu’au Xe siècle que :

  • l’abbaye est réorganisée
  • les reliques reviennent (tradition de la "redécouverte")
  • l’abbaye devient un lieu de pèlerinage important
  • Guillaume Fier-à-Bras la restaure officiellement en 989
  • le monastère roman monumental émerge après 1010

 

Le Château de Saint Jean d’Angély

Un site antique : un pôle gallo-romain réoccupé

Avant d’être un château médiéval, Angeriacum (Angély) est un domaine gallo-romain, probablement :

  • un fundus (domaine agricole),
  • appartenant à un notable,
  • situé sur un axe important entre Saintes (Mediolanum Santonum) et Poitiers (Lemonum).

 

Les toponymes en -acum sont typiques de la période gallo-romaine (IIᵉ–Vᵉ siècle).

 

 Cela signifie que le château médiéval a été construit sur ou près d’une occupation antique.

 

 

La ville n’était pas encore fortifiée

Saint-Jean-d'Angély n’obtient une véritable enceinte urbaine qu’entre les XIᵉ–XIIᵉ siècles, après la reconstruction de l’abbaye et l’essor de la ville monastique.

En 860 :

  • la ville n’était qu’une agglomération autour du monastère,
  • sans muraille urbaine,
  • mais avec l’abbaye comme noyau protégé.

 

 

 

 

Y avait-il un pont sur la Boutonne ? (Pont Saint Jacques)

La ville s’est développée au passage de la Boutonne, donc il devait exister :

  • un gué, très probable ;
  • peut-être un petit pont en bois dès l’époque carolingienne.

Mais pas un pont monumental, et pas nommé Saint-Jacques.

 

 Quand apparaît un pont stable ?

D’après la chronologie urbaine :

  • XIᵉ siècle : reconstruction de l’abbaye → essor du bourg → premiers ponts entretenus
  • XIIᵉ siècle : arrivée des pèlerins → création des structures “Saint-Jacques”
  •  

Un pont en pierre n’apparaît qu’au Moyen Âge central (XIIIᵉ–XIVᵉ siècle selon les villes comparables du Poitou-Saintonge).

 

 

 

Nous étions Vikings... l'histoire des Vikings dans le Poitou <==

 

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