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3 août 2023

1487 Guillaume V Harcourt, comte de Tancarville inhumé à la collégiale Notre-Dame du château de Montreuil-Bellay

1487 Guillaume V Harcourt, comte de Tancarville inhumé à la collégiale Notre-Dame du château de Montreuil-Bellay

La Maison d'Harcourt, originaire de Normandie, est venue en Picardie par l'alliance de Jean V, Comte d'Harcourt et d'Aumale, Vicomte de Chatellerault, Seigneur d'Elbeuf, Capitaine de Granville qui épousa en 1340 Blanche de Ponthieu, Comtesse d'Aumale, Dame de Montgommeri (elle était la fille aînée de Jean de Ponthieu, Comte d'Aumale et de Catherine d'Artois).

Toujours fidèle à la cause de la France durant la guerre de Cent Ans, la Maison d'Harcourt paya durement son dévouement à la Patrie, tant dans ses personnes que dans ses biens.

Je n'entrerai pas ici dans des détails qui sortiraient par trop du cadre de cette étude, d'ailleurs M. Adrien Huguet, dans son ouvrage sur les aspects de la guerre de Cent ans en Picardie Maritime, a longuement relaté les hauts faits d'armes de Jacques II d'Harcourt, Baron de Montgommeri, Seigneur de Noyelles-sur-Mer, Gouverneur de Rue et du Crotoy, qui se battit vaillamment contre les Anglais dans le Ponthieu et le Vimeu durant le premier quart du XVe siècle.

Notre auteur picard ne parle pas, par contre, de Guillaume d'Harcourt, fils de Jacques II et de Margueritte de Melun, Comtesse de Tancarville, son épouse.

Le dictionnaire de Moréri dit que Guillaume d'Harcourt « rendit « de grands services au Roi Charles VII, contre les Anglais, se trouvant aux sièges de « Montereau-sur-Yonne en 1437, à la suite duquel il fut fait chevalier (1),  de Pontoise, de Rouen, de Falaise, de Cherbourg, de Saint-Sauveur-le-Vicomte, et aux autres expéditions militaires de son temps ».

Les biens picards de Guillaume d'Harcourt (biens qui lui venaient de sa bisaïeule Blanche de Ponthieu) devaient être en bien triste état après les ravages commis par la guerre dans le Ponthieu et l'absence des maîtres.

Son père Jacques II avait quitté la région en 1423, lors de la capitulation du Crotoy, pour aller se battre ailleurs pour mourir à Parthenay, et Guillaume lui-même se battant en d'autres régions.

Guillaume de Harcourt, 5e comte de Tancarville, vicomte de Melun, baron de Varenguebec, de Montgomery (2) et baron de Montreuil-Bellay, seigneur du Bec-Crespin, de Dangu,  eut du chef de sa mère, le comté de Tancarville, la vicomté de Melun et la seigneurie de Blandy. (3)

 23 Octobre 1441 Mandement de Guillaume de Harcourt, comte de Tancarville et de Montgommery, vicomte de Melun, souverain maitre des eaues et forêts, aux maitres des eaues et forêts, et au gruyer de Halate, de laisser jouir les maîtres, frères et sœurs de l’hôtel Dieu de Senlis, des privilèges accordés par Charles VII en 1429

 En ce début de 1444, au moment où les Anglais, sentant tout s'effondrer autour d'eux, allaient demander la trêve d'Arras, le calme revenait un peu dans le Ponthieu avec l'annonce des victoires remportées par le Roi de France dans d'autres régions, Guillaume d'Harcourt dût être agréablement surpris lorsque Collard d'Arguel son fidèle receveur à Hiermont et Conteville, lui rendit des comptes, et ces comptes lui faisaient constater que ses biens avaient été administrés fidèlement et ses terres cultivées, autant que faire se pouvait, entre deux combats.

Cette fidélité, rare à l'époque comme en toute époque troublée, Guillaume d'Harcourt voulut la récompenser, et il le fit, par un cadeau que l'on pourrait presque qualifier de royal.

Par une charte donnée à Paris le 18 février 1444, « Guillaume de Harcourt Comte de Tancarville et de Montgomery Vicomte de Melun, Seigneur de Montfort-Belloy, de Noyelle sur la Mer, de Hiermont, Conteville et de Dangie, Connestable et Chambellan Héréditaire de Normandie, Conseiller et Chambellan du Roy. Maistre Grier (4) et son grand Réformateur des Eaux et Forets de tout le Royaume de France consacre cette donation.

Il expose, tout d'abord, la consistance du fef donné, ses origines de propriété et son état actuel :

« Comme un certain fief jadis appartenant à deffunct Enguerand Morel séant au terroir dudit lieu de Hieremont tenus par nous en plain hommage du Roy nostre Seigneur à cause de sa Conté de Ponthieu et baillage de Cressy, lequel fief s'estend tant en plusieurs pièces de terres aux Champs montans ensemble à quarante et huict journaux (5) de terre ou environ, comme une certaine Censive particulière qui se paye en divers termes par an tant en argent comme en chapons guelines et et autres choses et en aucun droit de demy térage qui se prend sur plusieurs pièces de terre d'icelluy fief toutes-fois que elles sont abblayées (6).

Duquel fief apend Justice et seigneurie vicontière fonsière et autres droits, pourfis et revenus à ce appartenans »

« Ait par aucun long temps esté en notre main, Compette et appartient à Nous et à nos prédécesseurs Seigneurs dudit lieu de Hieremont. Et il soit ainsi que à l'occasion des guerres qui ont esté en Cest royaume, par le fait desquelles l'on n'a peu labourer auparavant, comme on souloit, plusieurs des terres dudit fief soient fort diminues et tournées en grand ruyne. »

Puis, c'est la donation proprement dite : « pourquoy considérans les choses dessus dittes et pour nostre pourfit apparant, mesmement pour les bons et agréables services que nous a fait et espérons que nous faira Nostre bien aimé Colard Darguel aprésent nostre receveur desdits lieux de Hieremont et de Conteville Nous avons baillé et baillons par ses présentes audit Colart, pour luy ses hoirs ou ayant cause, héritablement et à toujours, soubs et par les conditions cy après déclarées, tout ledit fief closement et entièrement ainsi qu'il se comporte et estend. »

Mais comme ce fief n'est composé que de terres aux champs, Guillaume d'Harcourt veut encore que son bien aimé Colard puisse se faire bâtir une belle maison en la ville d'Hiermont, aussi ajoute-t-il à ce fief ce qui lui manquait : un Chef-lieu :

 « Avec lequel fief et pour l'augmentation d'icelluy nous avons adjousté et adjoustons audit Colard ung certain lieu manoir et tenement amasé scéant audit lieu de Hieremont qui jadis fut à un nommé Jehan Dococh contenant ensemble deux masures (7) et demie acostant d'un côté à l'hôpital de la ditte ville et au tennement Jehan Blanchard dit Myrot, d'aultre costé et des deux bouts au frocq d'icelle ville, lequel lieu possessait naguère toussainct le Muft qui l'avoit vendu aux enffants de ung nommé Jehan poistou sur lesquels nous l'avons fait relever et reprendre en usant de nostre droit seigneurial par eulx remboursant leurs deniers et frais raisonnables.

— « pour icelluy manoir et tennement édifier et mestre par icelluy Colard, ainsi comme bon luy semblera et en faire le Chief manoir dudit fief, en lieu de ce qu'il n'y avoit masure ne tennement assise au dit lieu de Hieremont là où on peust bonnement édifier aucuns amasement. »

Malgré sa générosité, Guillaume d'Harcourt n'oublie pas que qui dit fief, dit droits féodaux dûs au Seigneur suzerain, aussi fixe-t-il avec précision les devois de son nouveau vassal :

Colard d'Arguel devra payer, au Seigneur d'Hiermont, « la somme de douze livres chacun an ; la 1/2 au terme de Noël et l'autre moitié au jour de la St Jehan Baptiste durant la vie d'icelluy Colard, Michielle sa femme et de Marie palette femme de Vuillome de Vuillencourt nièce dudit Collard, après la vie desquels et du derrain vivant les héritiers ou ayant cause d'icelluy Collard devront payer 14 livres par an moitié à chacun des deux termes de Noël et de la St Jean.

En cas de retard de paiement aux termes fixées l'amende est de 15 sols parisis.

Le droit de relief est fixé à 20 sols, 20 sols aussi de Chambellage et 20 sols d'aide.

Chaque nouveau propriétaire du fief devra en faire hommage au Seigneur d'Hiermont de qui le fief est tenu noblement.

Comme sur tout fief noble, Colard d'Arguel et ses successeurs auront le droit de faire édifier sur le « Chief manoir » « Puich, four et colombier et y avoir tor et ver et aultres choses appartenant a l'usage de fief noble. »

En cas de vente : Hommage devra être rendu à peine de 60 livres parisis d'amende.

Colard et ses successeurs ne pourront tenir de cour de justice, ni avoir aucun sergent ni officier, ils devront se servir uniquement de la justice du Seigneur d'Hiermont et de son personnel.

En aucun cas, par contre, les Seigneurs d'Hiermont ne pourront agraver les charges de ce fief.

Pour clore cet acte Guillaume d'Harcourt ordonne à son Bailly de Noyelles d'envoyer Colard en possession de son nouveau bien et il appose son scel au bas de la charte.

Malheureusement, le beau cachet n'est pas parvenu jusqu'à nous, seule subsiste au bas du parchemin l'entaille dans laquelle passait la lanière qui supportait le sceau.

Cette charte est en nos archives (Archives d'Aigneville ; Fond d'Hiermont titres de propriété). C'est un parchemin long de 414 m/m, haut de 395 m/m (repli déplié), le repli a 5 cms de large.

Le texte comporte 54 lignes. Malheureusement il existe un trou au centre du parchemin et ce trou existait déjà à la fin du XVIIe siècle lorsque fut exécutée la copie qui existe également en nos archives. Les mots manquants que nous avons indiqués par la mention « blanc » sur la copie intégrale ci-après, sont donc ceux qui correspondent à ce trou.

 

COPIE INTEGRALE DE LA CHARTE ORIGINALE :

Guillaume de Harcourt Comte de Tancarville et de montgomery vicomte de Meleun seigneur de monfort belloy de noyelle sur la mer de hiermont conteville et de dangie connestable et chambellan héréditaire de Normandie conseiller et chambellan du Roy maistre grier et son grand réformateur des eaux et forest de tout le Royaume de france.

A TOUS ceux qui ces présentes lettres verront Scavoir faisons comme un certain fief jadis appartenant à deffunct enguerand morel séant au terroir dudit lieu de hieremont tenus par nous en plain hommage du Roy nostre dit seigneur à cause de sa conté de ponthieu et baillage de cressy lequel fief sestend tant en plusieurs pièces de terres aux champs montans ensemble à quarante et huict journaux de terre ou environ comme en certaine censive particulière qui se paye à divers termes par an tant en argent comme en chapons guelines et autres choses et en aucun droit de demy terage qui se prent sur plusieurs pièces de terre d'icellui fief toutes fois que elles sont ablayées Duquel fief apend justice et seigneurie vicontière fonsière et aultres droits pourfis et revenues à ce appartenans ait par aucun long temps esté en nostre Main compette et appartient à nous et à nos prédécesseurs seigneurs dudit lieu de hieremont.

Et il soit ainsi que à l'occasion des guerres qui ont esté en cest royaume par le fait desquelles l'on na peu labourer auparavant comme on soulois plusieurs des terres dudit fief soient fort diminués et tournées en grand ruyne pourquoy nous considérans les choses dessus dittes et pour nostre pourfit apparant mesmement pour les bons et agréables serveces que nous a fait et espérons que nous faira nostre bien amé Colard darguel aprèsent nostre receveur des dits lieux de hieremont et de conteville nous avons baillé et baillons par ces présentes audit Colart pour lui ses hoirs ou aiant cause héritablement et à tous jours soubs et par les conditions cy après déclarées tout ledit fief closement et entièrement ainsi quil se comporte et estend Avec lequel fief et pour laugmentation dicelluy nous avons adjousté et adjoustons audit Colard ung certain lieu manoir et tenement amasé scéant audit lieu de hieremont qui jadis fut à un nommé Jehan dococh contenant ensemble deux masures et demie acostant d'un costé à lospital de laditte ville et au tenement Jehan blanchard dit Myrot d'aultre costé et des deux bouts au frocq d'icelle ville leqquel lieu possessoit nagueres toussainct le Muft qui l'avoit vendu aux enffans de ung nommé Jean poistou sur lesquels nous lavons fait relever et reprendre en usant de nostre droit seignourial par eulx remboursant leurs deniers et frais raisonnables pour ichelluy manoir et tenement édiffier mettre par icelluy Colard ainsy comme bon luy semblera et en faire le chief-manoir dudit fief en lieu de ce quil ny avoit masure ne tenement assise audit lieu de hieremont la ou on peust bonnement édiffier et faire aucuns amasemens Moyennant et par ce que nour tout ledit fief manoir et tenement ensemble ledit Colard ses hoirs et ayant cause seront tenus de rendre et payer à nous et à nos successeurs ou ayant cause seigneurs dudit lieu de hieremont la somme de douze livres (blanc) chacun an la moitié au terme de Noël et lautre moitié au jour de sainct Jehan baptiste durant les vies d'icelluy Collard Michielle sa femme et de Marie palette femme de Vuillome de Vuillencourt nièce dudit Collard. Après les vies desquels et du derrain vivant les héritiers ou ayant cause d'icelluy Collard possessant dudit fief ou celluy deulx ausquels il le vouldra donner vendre ou transporter nous seront tenus rendre et payer chacun an ausdits termes la somme de quatorze livres (blanc) dorénavant et à tous jours, lesquelles choses se payeront à chacun desdits termes sur lamende de quinze sols parisis à appliquer à nous et à nos hoirs et aiant ca en seront tenus de payer pour droit de Relief vingt sols (blanc) Vingt sols de Chambellage et vingt sols d'aides quant le cas escherra sans aultre redebvance de service à Rouchin ne aultre exaction ne accoustumance quelconque, réservé quils en seront tenus de faire hommage à Nous ou à nos successeurs à chaque fois quil escherra audit fief nouvel homme ou tenant par vente transport ou droit de succession, auquel cas de vendition ou transport se il advenoit les ventes et danniers en seront et apartiendront à nous et à nos hoirs telle que la Coustume de (blanc) dira.

Lequel fief et Manoir par nous adjoint ensemble ainsy que dit est icelly Collard sesdits hoirs ou ayant cause ausquels il les voudra donner vendre ou transporter tenront de nous et de nos successeurs ou ayant cause seigneurs dudit lieu de hieremont soubs les conditions et manières dessus dites noblement et en fief et porront sur ledit lieu adjousté comme chief manoir faire et édifier puich four colombier et y avoir (blanc) tor et ver et aultres choses appartenant à usage de fief noble. Meesmment si icelluy Collard desdits hoirs ou ayant cause vendoient ou faisoient vendre (blanc) ledit manoir ou aultres lieux d'icelluy fief les droits de focurage seroient à luy mais ils seroient tenus de demander congié et prendre focur et rendre iceux hommages à nous et à nos officiers dudit lieu de hieremont sur puine d'encourir envers nous en amende de soixante sols parisis et ne fait et oublier que ledit Collard sesdits hoirs ou ayant cause ne peuvent, ne pourront ledit fief ne partie d'icelluy Mestre ne départir en aucune Nobles fief ne tenir plait court ne jurisdiction faire ne créer sergens ne officiers mais se feront toutes prinses et exploits de justice qui seront nécessaires et convenables pour cause dudit fief par nos sergens et officiers, et sil plait à icelluy Collard sesdits hoirs ou ayant cause nommer prendre et choisir aucuns sergens pour faire lesdittes prinses et exploits de justice sur ledit fief Nous voulons et ordonnons quils y soient commis et institués par nos bailly gens et officiers par ce quil sera tenu de payer les sallaires des dits sergens et il aura à son proufit toutes les amendes de sept sols six deniers qui escherront à cause dudit fier avecq la moitié de toutes les amendes de soixante sols qui à telle cause seront et pourront estre deuct et escheuct de tous cas appartenant au dessoubs de justice vicontière et l'autre moitié d'icelles amendes de soixante sols nous appartiendra meesmement seront et appartiendront à icelluy Collard ses dits hoirs ou aiant cause tous droits de reliefs entrées issues ventes aydes amende de cens non payés à jour telle que audit fief appartient et que la coustume du pays le donne sans ce que nous et nos hoirs y puissions ne doyons aucune chose demander mais s'il y avoit aucune confiscations ou forfaitures elles seront et appartiendront en tout à nostre droit duquel fief et manoir y adjoint ainsy que dist est nous voulons ledit Collard estre mis en saisine et possession par nostre bailly de Noyelle pour en Joyr et possesser par Icelluy Collard sesdits hoirs ou ayant cause soubs les conditions dessus déclarées.

 Auquel bailly Nous Mandons et Commettons que ainsy le fuce pour par ledit Collard y entrer présentement et commencera à payer le premier terme de la ditte somme de douze livres au Noel prochainement venant le second au Jour sainct Jehan baptiste ensuivant et ainsy en suivant d'An en An payant chacun an douze douze livres durant les vies de luy saditte femme et niepce et après les dittes vies faillies chacun an laditte somme de quatorze livres aux termes dessus dits par moitiés.

 Lequel bail et transport soubs les conditions et manières dessus dites Nous promettons et serons tenus Nous Nos hoirs successeurs ayant cause tenir entretenir garantir et accomplir à icelluy Collard sesdits hoirs ou ayant cause Contre et Envers tous sans contredit et empeschement y vouldroient mettre et renonchons pour nous nos dits hoirs successeurs ou ayant cause à touttes choses quelconques généralement et espécialement sans rien excepter ne réserver qui aydier et valoir nous pourroient pour aller contre la teneur de ces présentes lettres (blanc) ledit Collard sesdits hoirs successeurs ou ayant cause ou au porteur d'icelles grever ou nuire en aucune manière en tesmoignage tesmoing de ce nous avons fait mestre nostre Seel à ces présentes données à PARIS le dix huictiesme jour de février l'an de grâce Mil quatre cens quarante et quatre.

 

On se souvient que Charles VI, en 1391, avait accordé au sire de Tancarville une somme de deux mille francs d'or, pour les réparations tres grans et notables à faire à son château.

Un acte de Guillaume de Harcourt, sous la date du 13 septembre 1451, nous apprend qu'il reçut à son tour, du successeur de ce prince, une somme de trois cents livres tournois, pour le même objet; « à scavoir, dit l'acte en question, pour convertir et emploier es repparacons de nostre chastel et place de Tancarville (8). »

 

Ce n'était pas trop faire assurément pour un si digne et si féal serviteur et conseiller, dont l'ennemi avait si longtemps occupé le chastel, et qui l'avait si durement grevé.

En effet, les malheurs qui avaient pesé sur la Normandie, par suite de l'occupation anglaise et des guerres, dont elle avait été le théâtre, avaient anéanti une partie des richesses de cette province si grasse et si plantureuse, comme disent nos annalistes.

Un aveu de notre Guillaume de Harcourt, donné en janvier 1453, à raison de l'hommage de son comté, en fait foi.

Il ressort de l'examen de cette pièce, que les revenus du comté de Tancarville avaient diminué dans une progression vraiment extraordinaire. C'est ainsi, par exemple, que la châtellenie de Tancarville, qui produisait, avant les guerres, trois mille sept cents livres, ne se trouvait plus valoir que mille livres.

La baronie de Monville, de cinq cent quatre-vingt-sept livres, était descendue à deux cent cinquante; la baronie d'Auffay, en la vicomté d'Arques, de huit cent quatre-vingt-sept

livres à cent cinquante; celle de Varenguebecq, à laquelle était attaché le titre de connétable héréditaire de Normandie, de cinq cents livres se trouvait réduite à quatre cents; la châtellenie d'Estrépagny, et les terres de Néaufle et d'Arquenchy, de mille huit cent cinquante livres à quatre cents.

Aussi serons-nous moins étonnés de la modicité du prix de vente de deux pièces de terre, touchant, l'une, les motes du Chasteau, l'autre, les boys des Petitz Mons, et toutes deux, de l'autre bout, la rue de Tancarville, que Guillaume de Harcourt, étant à son château de Tancarville, le 27 septembre 1457, cédait à un certain Richard Misere.

Il les lui vendit moyennant cinq sous sept deniers poitevins de rente.

Outre les châtellenies du Bec-Crespin, de Dangu, et la terre de Blangy-en-Auge, qui sont encore mentionnées dans l'aveu dont nous venons de parler il n'y a qu'un instant, le comte de Tancarville possédait les seigneuries d'Amboise et de Montrichard, du chef de sa première femme, Péronnelle d'Amboise.

Ces terres étaient contiguës à celles que Louis XI possédait en Touraine.

Louis XI lorgna les terres du voisin : des lettres du monarque virent bientôt le jour; on y lisait « Considérant que les seigneuries du lieu d'Amboise et du lieu de Montrichart sont belles et grandes seigneuries en chacune desquelles il y a belles et fortes places contiguës et joignans l'une de l'autre, situées et assises en plaisant et fertil pays, ayons, tant pour nostre plaisir, comme pour l'augmentation du domaine de nostre duché de Touraine, auquel avons esté nourriz dès nostre enfance, et y esperons demourer par aucuns jours, prins plaisir, vouloir, et déliberation de acquérir et joindre à nostredit duché de Touraine le chastel, ville, seigneurie et justice dudit lieu. »

Le bon plaisir de Louis XI était un ordre.

Le comte de Tancarville céda, à son voisin du Plessis-lès-Tours, Amboise et Montrichard.

En échange, il reçut la vicomté de Gournay avec ses dépendances, qui lui fut donnée par lettres du 1er novembre 1461, sur le pied de six cents livres tournois de revenu (9).

Lorsqu'il fut question d'enregistrer ces lettres, le Parlement de Paris trouva l'échange défavorable à la couronne; il n'enregistra pas.

 

 

Louis XI écrivit en ces termes au Parlement :

« Vous mandons et commandons, et expressement enjoignons, que nos dittes lettres d'octroy, veriffiez et expediez entierement à nostre susdit cousin, le tout selon leur forme et teneur, sans aucune restriction ou resarvacion quelconque et sans plus y mectre delay : car tel est nostre plaisir.

Le parlement se le tint pour dit.

Louis XI, qui ne partageait pas l'opinion du Parlement de Paris, et qui était enchanté de l'échange qu'il venait de faire, pour témoigner sa satisfaction au comte de Tancarville, lui accorda, à perpétuité, les droits de haute justice et le tiers et danger dans le comté de Tancarville, lesquels n'avaient été possédés qu'à vie par ses ancêtres (11).

Le Parlement, qui ne craignait pas, à ce qu'il paraît, de se commettre avec Louis XI, fit encore quelques difficultés pour l'enregistrement de ces nouvelles lettres.

 

 « Nos amez et féaulx, écrivit de nouveau l'obstiné monarque, nous sommes fort esmerveillez de vos difficultéz et refuz sur ce, et n'en sommes pas contens.

Parquoy, et afin que n'ayez plus cause de mectre laditte matiere en delay ne difficulté et que congnoissiez mieulx que nous l'avons très à cueur en faveur de nostre dit cousin, voulons et vous mandons de rechief, et très expressement enjoignons, sur tant que nous doubtiez desplaire, que nosdittes lettres touchant laditte haulte justice, tiers et dangiers d'icelle conté, vous enteriniez de point en point selon leur forme et teneur, sans y faire reservacion ne restrinction en aucune maniere, ne pour ce tenir plus en delay nostre dit cousin car tel est nostre plaisir.

Donné à Chinon, le dixiesme jour de juing (1462).

 Loys (12).

 

(LE CHATEAU DE MONTREUIL-BELLAY - Marie Augustine Niveleau Grandmaison)

Il fallut obéir.

A l'automne de l'année suivante, Guillaume de Harcourt était à son château de Tancarville.

Il y séjourna du mardi 4 septembre au lundi 23 du même mois. Il paraît que c'était dans cette saison qu'il y venait de préférence, sans doute pour y prendre le plaisir de la chasse et y lancer ses hérons.

 En effet, je l'y retrouve dans les mois de septembre et d'octobre des années 1467, 1468 et 1470 (13).

 Quelquefois il anticipait cette époque; c'est ainsi qu'en 1479, il était au château de Tancarville du 20 mai au 25 juin, et en 1481, dans les mois de juin et de juillet.

 Plus habituellement, lorsque la guerre ne l'appelait pas en l'ost du roi, ou que son service de grand chambellan ne le retenait pas auprès de la personne du monarque, le comte de Tancarville résidait dans son château de Montreuil-Bellay, en Anjou. (14)

 C'est ce que m'indiquent nos registres manuscrits, qui relatent de fréquents envois, principalement de venaison, faits de Tancarville à Montreuil-Bellay, pour la table du comte.

J'en relève quelques-uns :

« 1478. Pour ung cerf prins es bois de Tancarville et porte a Monstreubellay par Colin......

 « pour sa paine et despens de lui et de son cheval lui a este paie ш 1. x s. ts. par marchie fait  par le cappitaine et le verdier.

 Pour boissel et demi de farine qu'il a convenu pour faire les pastés de ladite veneison pour ce au prix de III s. vallent V s. ts; et pour livre et demie de poivre emploie es pastés de ladite veneison  à X s. livre vallent XV, s.; pour XII livres de lart  à XV ds livre vallent XV s. Vallent les dites parties VIIl. VI S. Pour ce, cy.. ……….VI l. VI s.

« A............. charpentier pour II journées qu'il a esté a faire les costeretz (barils) et coffret pour mettre la veneison et pastez d'un cerf qui a esté envoié a mon seigneur à Monstreulbellay en moys d'aoust III LXXVIII au pris de IIIs.  pour jour vallent…….. VI S.

« 1482. A Jean de Brumare pour la façon de cinq costerelz en façon de barilz par lui faiz  neufz et livrez par le commandement de Pierre de la Marcon (15) qui ont servi a porter ung sanglier et autre venoison devers mon seigr à Montreul bellay, au pris de III s. pour la facon de chacun baril, vallent XVIII s. IXx d.

«Audit pour sa paine sallaire et despens de lui et de ses chevaulx destre allé dudit lieu de Tancarville à Monstreulbellay devers mon seig  lui porter des venoison ou moys de septembre CCCC IIIIxx et deux, lesquelles venoisons mon dit seigneur avoit escript au cappitaine et Pierre de la Marcon lui envoier, pour ce. . . . IX liv. ts.

« 1484. Pour vi livres de lart pr faire des pastés a envoier devers mon seigneur à Monstreulbellay au pris de XVIII d' livre pour ce...... IX S.

Pour une livre de poyvre pour faire les d. pastés pour ce………………….XV S.

Pour la façon des dis pastés et pour farine à ce faire, pour ce…………………VI S. »

En 1485, on envoyait encore à Montreuil- Bellay, un sanglier, qui avoit esté prins es boys de Tancarville, en la coste de Sayne (de la Seine).

Précédemment, on y avait fait passer vingt-deux barils de hareng.

Le gibier et le poisson de Tancarville ne prenaient pas toujours le chemin de Montreuil-Bellay Guillaume de Harcourt avait marié sa fille au duc de Lorraine et de Bar, Réné II.

 Ce duc et sa femme ayant accompagné Charles VIII à Rouen, en 1485, on leur envoya de la venaison de Tancarville :

« A Jehan Delamare, portent les comptes, pour sa peine sallaire et despens pour ung voiage fait à Rouen au moys de juing pour porter ung cerf qui prins avoit esté es bois de mon seigr, devers monsieur de Lorraine qui lors estoit à Rouen…………….XV S.

« A Pierres Beton pour sa peine sallaire et despens de lui et de son cheval davoir esté de Tancarville à Rouen devers madame la duchesse de Lorraine porter de la venoison prinze es bois de monseigneur………………..XX S. »

Le même envoyé fut dirigé une seconde fois sur Rouen :

« A Pierres Beton pour ung voiage par lui fait à Rouen le XXe jour de septembre l'an mil IIIIc IIIIxx et cinq (1485) porter de la venoison à madame de Lorraine ………XV S. »

Il paraît que, voulant faire les choses pour le mieux, et craignant que la cuisine du château ne fût point assez relevée, le comte avait donné des ordres pour que les cerfs qu'il envoyait à son gendre et à sa fille fussent apprêtés à Rouen.

 Aussi lisons-nous, immédiatement après les articles que nous venons de rapporter, ce qui suit :

« Paié au lieu de Rouen pour la façon de XV pastés de la dite venoison et y avoir mis toutes  choses nécessaires, pour ce cy………………XII S. »

 

Guillaume de Harcourt, que son grand âge et ses infirmités retenaient dans son château (16), crut devoir profiter de la circonstance qui avait amené son gendre à Rouen, pour le charger de présenter au roi un esturgeon pêché dans les eaux de Tancarville, et qui, en sa qualité de poisson royal, devait, de droit, figurer sur la table du prince :

« A Jehan Dehaumare pour ung voiage par lui fait au lieu de Rouen devers mon seigneur  de Lorraine porter un esturgeon pesché es eaues de la seigneurie de Tancarville, lequel esturgeon fut présenté au Roy qui lors estoit aud. lieu de Rouen.  Pour ce………XV S. »

Un second esturgeon ayant été offert à Charles VIII, on joignit à cet envoi deux cerfs mis en pâtés. Voici ce qu'il en avait coûté pour les accommoder.

Pour ung boissel de sel a saller

le cerf………………..XIII s. IIII d.

 « Pour une livre de poyvre a faire les pastés……………..XS.

« Pour VII livres de lart à XVIII d.

 livre valent……………….. X S.  VI d.

« Pour ung boissel de farine (17) à faire lesd. pastés…………….III S.

«  Somme toute XXX s. X d. Pour les deux cerfs trois livres sept sous huit deniers. »

Dans le même moment où les tables de festin, à Rouen, ployaient sous les pâtés de cerf et le poisson de Tancarville, piteuse chère se faisait dans un coin du château d'où si bonnes choses étaient sorties.

Signature de Guillaume d'Harcourt

Là était à la ration de six deniers par jour, compris son entretien, une pauvre femme, Cardine le Gay, qui, depuis un an passé, languissait dans les prisons du château.

 

 

Elle était accusée d'avoir fait mourir son mari. Le crime n'étant pas bien avéré, elle avait été seulement condamnée à estre batue par trois jours de marchié à Saint Romain de Collebosc, et banye hors de la terre de Tancarville.

Cette dernière partie de la sentence n'avait pas été mise à exécution; on l'avait convertie en un emprisonnement, attendu que la délinquante était enchainte d'enffant, dit la pièce à laquelle j'emprunte ces détails.

Le véritable meurtrier ayant depuis été découvert, il fut exécuté sur la même place où Cardine avait été battue à trois jours différents. Le portier des prisons du château reçut, pour sa peine et sallaire d'avoir gardé nourri et gouverné par l'espasse de X à XIIII moys la malheureuse Cardine, douze livres tournois.

On ne dit point si on avait fait sur elle, pour obtenir l'aveu de son crime, ou sur le véritable meurtrier, l'essai de l'habillement de bois que le charpentier de Tancarville venait de terminer pour la salle de la question du château.

 « A Cardin Salle charpentier, disent les registres, a esté paié la somme de xx sous ts pour sa peine, sallaire et despens davoir fait en la chambre de la question du château une gehyne et abillement de boiz pour les criminelz. »

La maison de Melun avait possédé Tancarville pendant près d'un siècle.

 Celle de Harcourt ne devait pas le conserver si longtemps.

 Elle en était propriétaire depuis soixante-douze années, lorsque Guillaume de Harcourt mourut, en 1487, ne laissant qu'une fille pour héritière.

Guillaume de Harcourt ayant eu en sa possession le château de Tancarville pendant près de quarante ans consécutifs, il n'est pas étonnant que les comptes du château soient assez riches pour l'époque qui le concerne.

 

 

 

 

La collégiale Notre-Dame est l'ancienne chapelle du château construite par Guillaume d'Harcourt, seigneur de Montreuilentre 1472 et 1487.

 

Guillaume d’Harcourt verse d’importantes sommes d’argent pour la construction à Montreuil-Bellay de la collégiale Notre-Dame, de la chapelle de l’hôpital Saint-Jean et de l’église Saint-Pierre.

Il y érige un chapitre de 14 chanoines qu'il complète en 1475 de 2 nouveaux offices d'enfants de choeur (Archives départementales du Maine-et-Loire, G 1350, l. 33-34, 6 août 1475).

Ces édifices furent bénis par l’évêque de Poitiers Pierre V d'Amboise en janvier 1484.

Le 23 avril 1485, Guillaume d’Harcourt précise dans un codicille au testament qu’il souhaite être inhumé dans l’église collégiale Notre-Dame de Montreuil-Bellay, édifice qui doit être « parfait et accompli » en la manière souhaitée initialement s’il décède auparavant  (18).

 

 Elle n'est terminée que dans les années 1490 selon un acte du Parlement de Paris obligeant les exécuteurs testamentaires de Jeanne d'Harcourt à verser les sommes nécessaires à l'achèvement de la construction (Noblet, 2009, p. 27-43)

De chaque côté s’élèvent des pilastres et trois statues ornaient le tympan, mais il n’en restes plus que les consoles armoriées et les dais sculptés.

L’intérieur, de 44 m de long sur 12 m de largeur et 18 de hauteur, est réparti en cinq travée supportant une voûte aux fines nervures prismatiques et aboutissant à un cœur pentagonal qui est éclairé par des fenêtres à baies trilobées.

Aux murs s’appuient quatorze colonnes à dais et niches portant des statues et se développe la litre seigneuriale composée d’une série de blasons, badigeonnés de noir.

 A gauche une chapelle de la vierge en style flamboyant avec porte en anse de panier et fenêtres dont l’une est décorée de feuillages ainsi que de tête d'hommes et d’animaux.

 

 

GUILLAUME D'HARCOURT fut marié deux fois ; il n'eut point d'enfants de sa première femme, Perronnelle d'Amboise, morte le 28 Juillet 1453, fille puînée de Louis, Seigneur d'Amboise, et de Marie de Rieux.

De la seconde, Yolande de Laval, et de Montfor, dame de Camor (19), qu'il avait épousée le 4 Juillet 1454, morte le 8 Novembre 1487, fille de Guy, Comte de Laval, Baron de Vitré, et d'Isabeau de Bretagne, veuve d'Alain de Rohan, Comte de Porhoët,

 

En considération dudit mariage, fait à Montreuil-Bellay, Guillaume d'Harcourt, comte de Tancarville, et de Montgommery, firent une donation de 200 écus d'or à Guillaume Petit de la Royrie, et firent intervenir, comme caution, Quentin de Barbançon, seigneur de Champleroy.

 

 La petite-nièce d’Arthur de Richemont, Jeanne de Laval, devint reine de Sicile en épousant René d’Anjou (20).

Il eut :

MARGUERITE, qui avait épousé René d'Alençon, comte de Saint-Paul, mais qui était prédécédée sans enfants.

Et JEANNE, Comtesse de Tancarville, Baronne de Montgomméry, etc, mariée, par contrat du 20 Juin 1471, à René II, Duc de Lorraine et de Bar, fils de Ferry II, Comte de Vaudemont et de Guise, et d'YOLANDE D'ANJOU, Reine de Naples, de Sicile et de Jérusalem, Duchesse de Lorraine et de Bar.

Belleforest rapporte que ce prince la répudia parce qu'elle était petite, bossue, contrefaite, et telle que les médecins l'avaient jugée inhabile à jamais avoir d'enfants. Elle n'en eut pas en effet.

Elle hérita, à la mort de son père et de sa mère, de tous leurs biens, parmi lesquels se trouvait la terre de Blandy.

 Mais elle n'en jouit pas longtemps ; car elle décéda le 8 novembre 1488, après avoir fait son testament, par lequel elle confirmait les dispositions prises par son père et sa mère (21).

 

Elle mourut la même année, élut sa sépulture dans l'Eglise Collégiale de Notre Dame de Montreuil-Bellay, et institua héritier de tous ses biens FRANÇOIS D'ORLÉANS, Ier du nom, Comte de Dunois et de Longueville, son cousin.

 

 

Il mourut le 27 octobre 1487, ne laissant qu'une fille, née de son second mariage (2), et qui se nomma Jeanne, comtesse de Tancarville.

 

 

Sceau Guillaume Harcourt

Sceau de Guillaume de Harcourt

Ce sceau de Guillaume de Harcourt, comte de Tancarville, vicomte de Melun, append à un acte du 11 juin 1477. Bib. imp. Mss.

 

 

Contre sceel Guillaume Harcourt

Contre-scel de Guillaume de Harcourt.

Nous connaissons trois sceaux de Guillaume de Tancarville ils sont des 3 mai 1453, 10 juillet 1476 et 22 juin 1477 et portent les numéros 8796, 8797, 8800 de la collection de Clairambault.

Celui de 1453 est un « sceau rond de 0,048. Ecu écartelé au 1 et 4, deux fasces; au 2, un semé de fleurs de lis au lambel; au 3, trois bandes à la bordure; sur le tout un écusson chargé de……. à la bordure; penché, timbré d'un heaume cimé d'une touffe, supporté par deux lions, comme légende :

DE HARCORT COTE DE TACARVILE DE MOGOMERI VICOTE DE.…

Celui de 1476 est un « sceau rond de 0,06. Ecu à deux fasces, penché, timbré d'un heaume à lambrequins cimé d'une touffe, supporté par un lion et un griffon tenant chacun une bannière. celle de dextre écartelée au 1 et 4, de trois Bandes à la bordure au 2 et 3, d'un semé de fleurs de lis au lambel. celle de sénestre écartelée : au 1 et 4, d'un écusson en abîme à l'orle d'angemmes ; au 2, de neuf besants, 3, 3, et 3, sous un chef; au 3, de trois fasces à la barre brochant.

S. DE GUILLE COTE DE TANCARVILLE ET DE MOGOMRI…..

 au contre-sceau un écu à l'écusson en abîme, accompagné d'angemmes en orle.

Sans légende ».

Celui de 1477 est semblable à ce dernier, sauf que sur la seconde bannière, l'écusson en abime est accompagné non d'un orle d'angemmes, mais de huit quintefeuilles et que les besants sont au nombre de sept seulement.

Le contresceau porte l'écu à l'écusson en abîme, accompagné de huit quintefeuilles en orle. La légende de ce sceau est : S. DE GUILLE COTE DE TA…… VICOT……...ELLE.

Les sceaux de Clairambault 8798 et 8799 n'appartiennent pas à Guillaume d'Harcourt, mais à Guillaume de Melun, son grand-père maternel.

 

Armoiries : écartelé, aux 1 et 4 D'HARCOURT; au 2 semé DE FRANCE, à un lambel de 3 pendans de gueules, chaque lambel chargé de 3 châteaux d'or, qui est d'ARTOIS ; au 3 bandé d'azur et d'or, à une bordure gueules, qui est PONTHIEU ; et sur le tout : parti, au 1 de gueules, à un écusson d'argent, à une orle de 8 étoiles d'or, qui est TANCARVILLE ; au 2 d'aptr, à 7 besans d'or, 3, 3 et 1, et au chef d'or, qui est DE MELUN.

 

 

Un mémoire du XVIIIe siècle nous donne les détails suivants sur les deux châteaux de Montreuil-Bellay :

« Le vieil château a 3 étages et est double ; ses vues sont sur la ville et la rivière (du Thouet), deux petites tours qui sont aux extrémités forment deux escaliers qui ouvrent l'un et l'autre sur une terrasse.

Sur la gauche, est la chapelle du château déservie par 14 chanoines qui ont succédé à des Bénédictins qui la desser voient anciennement.

Ils ont été fondés en différents temps par la maison d'Harcourt.

Ce bâtiment est remarquable par sa clarté, son étendue et sa fraîcheur ; il est fait par les seigneurs d'Harcourt, qui, depuis près de 300 ans, ne sont plus en possession de la terre de Montreuil-Bellay ; il est bâti dans le goût de la chapelle de Vincennes ; on le croit plus long et plus élevé...

Au-dessus de la chapelle est une belle flèche couverte d'ardoises.

 Il y a dans cette chapelle un buffet d'orgue assez harmonieux ; dans le choeur est un beau lutrin de bronze à quatre pupitres, soutenus par les attributs des quatre évangélistes placés au  dessus, le tout surmonté de la figure de Notre-Seigneur ; ce morceau, qui a été doré, est de plusieurs pièces qui se démontent à vis, peut avoir 8 pieds de hauteur et a été enlevé d'une église luthérienne d'Allemagne par le feu maréchal de la Meilleraye, qui a aussy fait placer le buffet d'orgues dont on a parlé...

A gauche de la chapelle est un petit bosquet avec un jardin fruitier...

 Ce jardin a une gallerie qui règne sur la rivière avec des tours en cul de lampe et crénellées qui font un assez bel effet au dehors par leur propreté et leur élévation ; il y a dessus 4 petits canons de fonte qui y ont esté mis par feu M. le duc de Brissac; cette gallerie a été découverte il y a environ 40 ans ; au- dessus de la porte du jardin est un petit bâtiment avec deux tours en cul de lampe appelé la capitainerie.

« A la droite du vieil château est une grosse tour razée à la hauteur de 20 ou 25 pieds, du temps des seigneurs de Berlay; il y reste un étage voûté avec un espèce de cul-de-basse-fosse ; ce monument est d'une haute antiquité, sa grosseur peut être comparée à celle des tours de  Chambord ; il reste encore une partie du fossé qui l'environnait ; cette tour communique par un pont, que l'on y a ajouté depuis, au chasteau neuf qui est situé à la gauche en entrant sur la terrasse qui forme la cour du château.

 Le château neuf a été bâti aussy par un seigneur d'Harcourt, ses armes, accolées de Montmorenci, sont sur la porte de l'escalier (qui est dans une belle tour de figure octogone.

L'escalier est à noyau fort vaste ; les marches, d'une pierre dure, de neuf pieds de face, sont d'une rare beauté ; il est si doux qu'un cheval peut aisément monter jusqu'au 3e étage qui peut avoir 40 pieds d'élévation ; il sert d'entrée dans ce château qui est composé d'un corps de logis avec trois belles tours, au-dessus desquelles sont des terrasses...

 Les logements sont composés d'une grande salle, une chambre quarrée et voûtée dans une tour avec sa garde robe ménagée dans l'épaisseur du mur.

Au bout de la salle est une chambre, une chapelle où il se trouve une dorure très fraîche, un beau cabinet voûté et plusieurs garde robes avec un escalier de dégagement.

La distribution des deux autres étages est la même. Ce château n'a point été " fini...

La cuisine est un viel bâtiment quarré d'environ 20 pieds avee une cheminée double au milieu ; il y a oultre cela deux autres cheminées à droite et à gauche de la première ; cette cuisine est voûtée;... elle a sur la gauche trois offices aussy voûtés sur lesquels il y a des logements pour les officiers.

La clôture du château est d'un fort bon mur de 20 pieds de hault au dessus des fossez, garni de tours; il ne règne pas régulièrement autour du château, parce qu'il est interrompu par les rencontres des deux châteaux et de la terrasse, qui est bordée d'une balustrade de pierre  presqu'entièrement relevée à neuf depuis un an.

On croit les murs de clôture ainsi que la cuisine du temps des seigneurs de Berlay, qui ont certainement bâti la tour razée.

Il ne paroist rien de construit du temps des seigneurs de Melun, qui ont possédé la terre de Montreuil Bellay dans l'intervalle qui se trouve entre ceux de Berlay et d'Harcourt, ni du temps des ducs de Longueville qui ont succédé aux seigneurs d'Harcourt. »

Chartrier de Thouars. Ms.

 

 

 

Histoire du château et du bourg de Blandy en Brie par A.-H. Taillandier

Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France. Tome 10 par de La Chenaye-Desbois et Badier

Société historique et archéologique du Maine.

Histoire du bourg d'Écouché (département de l'Orne)  par M. Alfred de Caix

Société d'émulation historique et littéraire d'Abbeville

Histoire du château et des sires de Tancarville De Achille Deville

 

 

Histoire du Poitou, jugement de Louis d'Amboise, chevalier seigneur de Thouars <==

 

 


 

(1). Monstrelet, ed. Buchon, t. VI, p. 347.

(2). Voici un résumé historique du comté de Montgommery et de ses seigneurs. Le comte Roger qui vivait au XIe siècle, ayant fait épouser à son fils, Robert de. Bellême, la fille du comte de. Ponthieu, le domaine de Montgommery passa successivement aux membres de cette famille de Ponthieu jusqu'à Blanche, qui épousa Jean V d'Harcourt, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Le puîné issu de cette union, nommé Jacques d'Harcourt, eut en partage la terre de Montgommery ; il fut la souche des d'Harcourt-Montgommery. Il mourut en 1405.

 Son petit-fils, Guillaume d'Harcourt, ne laissa qu'une fille, nommée Jeanne, connue sous la qualification de comtesse d'Harcourt, de Tancarville, etc. ( Voir, à l'Appendice, l'aveu rendu à cette dame par les seigneurs d 'Ecouché, en 1487, n°. 6, A).

Copie collationnée d'un aveu rendu en 1487.

« De haute et puissante dame, ma très honorée cousine, a Madame Jehanne de Harcourt, comtesse de Tancarville et de Montgommery, vicomtesse de Melun, dame de Montreuil-Beslé, de S. Loyer sur la mer et de Gournay, nous, François de Harcourt, chevalier, baron d'Escouché et de Lougey, Bonnestable, Tilly, Cuy, Sevray, etc.,  tenons et avouons à tenir par parage, de madite dame cousine, le noble fief, ville, terre et seigneurie d'Escouché, avec les héritiers et représentant le droict de la dame vicomtesse de Thouars le tout en communauté, sauf le refus, les terre et seigneurie d'Escouché tenues de madite dame, à cause de sa comté de Montgommery; le tout pour un quart de baronnie en parage. »

Cette dame, morte sans enfants, légua, en 1488, les comtés de Montgommery et de Tancarville à François d'Orléans, comte de Longueville, son neveu, dont la mère était propre sœur de Guillaume d'Harcourt, son père.

La terre de Montgommery se perpétua dans la maison de Longueville, jusqu'à Louis d'Orléans, petit-fils de François dont nous venons de parler. Il mit ces domaines en vente, et ils furent achetés par Jacques de Lorges, qui attachait un prix particulier à devenir propriétaire du comté de Montgommery , parce qu'il descendait .d'une branche cadette des anciens seigneurs de ce nom, établie en Angleterre avec la qualification de comtes d'England.

Ce Jacques de Lorges est le père du célèbre Gabriel de Montgommery (Voir Moréri, et le P. Anselme, t. V, p. 139-145). Le fils aîné de Gabriel hérita de la terre de Montgommery, sous le nom de Jacques II ; il ne laissa qu'une fille, qui, s'étant alliée à Jacques de Durfort, comte de Duras, lui apporta ce domaine; mais son oncle, Gabriel II, notre seigneur d'Écouché, le lui acheta en 1610 (Moréri).

(3). Parents : Jacques II Seigneur de Blandy d'HARCOURT, voir Azincourt (français) †1423 (Baron de Montgommery, Seigneur de Noyelles sur Mer et de Wailly, Capitaine de Rue et du Crotoy, Connétable et chambellan de Normandie)

    Marguerite Dame de Blandy de MELUN, comtesse de Tancarville †1440 (Dame de Montreuil-Bellay)

Il ne rentra dans la possession de cette vicomté et de ses dépendances qu'après 1435, époque où les Anglais eurent été définitivement chassés de Melun et de cette partie du royaume, et bien certainement avant 1444; car nous voyons qu'il fit hommage au roi, le 7 juin de cette année, de la vicomté de Melun et du château de Blandy, qu'il possédait en sa qualité d'héritier de défunte Marguerite de Melun, sa mère ( Bib. imp. départ, des Mss, cabinet des Titres, carton de la maison de Melun.)

Quant au comté de Tancarville, il n'en reprit la jouissance qu'en 1449 après l'évacuation de la Normandie par ces mêmes Anglais (Deville, Histoire des sires de Tancarville, p. 203.)

(4). « Maistre Grier » : Grier ou Gruyer : Officier qui a soin des bois. Celui qui juge en première instance des délits commis dans les forêts. Le Maistre Gruyer est donc le chef des Gruyers.

(5). Journaux : mesure de terre en usage en Picardie. Le journal variait de surface selon les contrées, à Hiermont il mesurait 42 ares 91 centiares.

(6). Abblayées semées en blé. (Ablais signifiait : dépouille de blé).

(7). «Deux masures et demie » pour deux mesures et demi : la mesure est la même surface que le journal.

(8). Ms. de la Bibliothéque Royale, Sceaux, vol. 167.

(9). Ordonnances des Rois de France, t. XV, p. 178.

1461 Eschange du vicomté de Gournay et autres seigneuries en Normandie et Beauvoisin avec la chastellenie de Montrichard en Touraine, entre le roy Louis XI et Guillaume d'Harcourt, chevalier, comte de Tancarville et seigneur dud. Montrichard.   fol. 25. - Harl. 1015.

(10). Le tiers et danger était un droit levé par le roi ou par le seigneur, sur la vente d'un bois qui relevait d'eux. Ce droit était considérable. Pour en donner un exemple: s'il y avait une vente de six mille livres, le seigneur prélevait deux mille livres d'abord, pour le tiers, puis six cents livres, soit le dixième, pour le danger. Deux lois de Louis-le-Hutin avaient affranchi de ce droit les bois morts et les plantations dont l'ancienneté était prouvée.

(11). Ordonnances des Rois de France, t. XV, p. 210.

(12). Ordonnances des Rois de France, t. XV, p. 499.

(13). Le 30 septembre de cette dernière année, il y accordait, à un de ses vassaux qui lui avait rendu quelque service, l'autorisation d'élever un colombier sur ses terres, moyennant une redevance annuelle d'un chapeau de roses ou de douze deniers tournois.

Un autre vassal recevait la même faveur, sous la condition d'apporter au château, tous les ans, deux pigeons blancs.

(14). Sur la rivière de Thoué, à quatre lieues, sud, de Saumur. Cette terre était entrée dans la maison des seigneurs de Tancarville par les Melun.

(15). Il était maître des œuvres et de l'artillerie du château.

(16). La même année, 1485, Charles VIII, par le même motif, l'avait dispensé de venir en personne lui faire foi et hommage:

Reçue avons humble supplication de nostre tres cher et amé cousin le conte de Tancarville contenant que à cause de son ancien aage il ne lui seroit possible venir par devers nous nous  faire les foy et hommages quil nous est tenu faire à cause de sa conté de Tancarville, etc. » (Archives de Tancarville.)

 (17). Vers la même époque, le froment, sur la terre de Tancarville, était estimé deux sous et demi le boisseau, l'avoine un sou. On vendait les oies vingt deniers, les chapons un sou et demi, les poules un sou. Le cent d'œufs se payait deux sous et demi.

Ces prix, appliqués à des objets usuels et de première nécessité, comme ici, pourraient au besoin servir d'échelle d'appréciation, mieux que ne ferait, peut-être, l'estimation comparative, pure et simple, des métaux monnayés.

(18) Mesqui (Jean), Le château de Tancarville : histoire et architecture, Paris : Société française d’archéologie, 2007, l’auteur renvoie en note 40 aux Archives Départementales de Seine- Maritime, 1 ER20, f.48 recto, [En ligne] : http://tancarville.free.fr/jeanmesqui.pdf, consulté le 12 janvier 2015

(19). De la Roque, Histoire généalogique de la maison de Harcourt, t. l, p. 673.

(20). Jeanne de Laval était la fille de Guy XIII, comte de Laval et d’Isabelle de Bretagne, fille de Jean V, le frère de Richemont. René d’Anjou avait perdu, en 1453, sa première femme, Isabelle de Lorraine (Anselme, I, 232, IV, 56 ; Lecoy de la Marche, René d’Anjou, I, 198-301)

Arthur de Richemont, seigneur de Parthenay dut retourner en Bretagne, au commencement de 1455, pour régler des affaires de famille qui l’intéressaient non moins que ses neveux. Il se rendit à Vannes, ou furent données de grandes fêtes, pour célébrer le mariage de Guillaume d’Harcourt avec Yolande, fille du comte de Laval, et celui du vicomte de Rohan avec Péronnelle de Maillé (février 1455)

Ces mariages avaient eu lieu à Redon (D. Taillandier, Hist. De Bretagne, II, 53, et Preuves de l’Hist. De Bret., II, col. 1641 ; D. Lobineau, I, 656).

(21). De la Roque, t. IV, p. 1726.

 

 

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