Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PHystorique- Les Portes du Temps
TRADUCTION
Derniers commentaires
14 décembre 2025

4 juillet 1199 Charte d’Aliénor d’Aquitaine donnée à Soulac (Solacum) confirmant les donations faites à l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux.

 

Soulac (Solacum) était probablement un vicus actif à l’époque romaine,

La Lebade / Magna Via de Solaco / Grand Camin Bourdalès

Une antique voie terrestre entre Bordeaux et Soulac

La Lebade (parfois « Lebat », « Levade ») désigne une ancienne grande voie terrestre qui reliait Bordeaux à Soulac en traversant tout le Médoc.
 

Le nom apparaît dans des documents médiévaux sous les formes :

  • Magna via de Solaco
  • Grand camin bourdalès
  • Lebada / Lebade

 

 

C’était un axe majeur de circulation depuis l’Antiquité tardive jusqu’au bas Moyen Âge, utilisé pour :

  • rejoindre Soulac, qui était un point de passage important vers les rivages océaniques,
  • relier les domaines viticoles du haut Médoc,
  • parcourir la zone forestière et dunaire,
  • accéder à l’abbaye puis l’église Notre-Dame de la Fin-des-Terres.

 

Trajet général probable :

Bordeaux → Blanquefort → Ludon → Parempuyre → Macau → Margaux → Pauillac → Saint-Estèphe → Vensac → Soulac

 

Soulac signifie paille, chaumière ou maison couverte de paille.

Soulac voudrait donc dire les chaumières. Cette étymologie, dit l’auteur des Variétés Bordelaises, paraît d’autant plus vraisemblable que, du temps d'Ausone, les maisons de l'extrémité du Médoc n’étaient couvertes que de roseaux.

Vilis arundineis cohibet quem pergula tectis,

 Scirpea Domnotoni tanti est habitatio vati ?

 

Le lieu de Soulac devait être un lieu riche du temps que cette Province était sous la puissance des Romains, puisqu’on y découvrit, il y a environ trente-sept ou trente-huit ans (vers 1741), un trésor entièrement composé de monnaies ou médailles Romaines d’argent,  et en très-grande quantité.

Ce qui prouve encore combien ce lieu était considérable

L'histoire de l'église de Soulac, souvent appelée la vieille église ou église Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres, est profondément liée à la tradition religieuse et à l'histoire maritime de la région du Médoc.

 

Voici un aperçu de son histoire, de sa construction et de son évolution au fil des siècles.

 

Origines et Fondation

Foulques reçut, en 1097, du duc Guillaume, la donation de Notre- Dame de Soulac. Il fut confirmé dans la possession de cette église, contre les religieux de Saint-Sever qui la réclamaient, en vertu d’une donation faite par leur fondateur.

Soulac était, avant l’invasion des Normands, un monastère célèbre, par le grand nombre de reliques qu’il possédait.

Le pape Urbain adressa, 1099, une bulle à cet abbé, qui vivait encore en 1111.

L'église de Soulac est fondée au XIIe siècle, probablement autour de 1100-1150.

 

Elle est dédiée à Notre-Dame et porte le nom de Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres, ce qui fait référence à sa situation géographique à l'extrémité du Médoc, là où la terre rencontre l’océan.

 

 Son rôle initial était d’être un lieu de culte et de pèlerinage, surtout pour les marins qui naviguaient sur l'Atlantique et les pêcheurs de la région.

 

 

L'église de Soulac fait partie du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, un des grands pèlerinages médiévaux menant à Santiago de Compostela en Espagne.

 

 Elle servait de halte pour les pèlerins, notamment ceux venant du nord de la France ou des îles britanniques, avant de prendre la mer ou de rejoindre la route terrestre vers Compostelle.

 

Soulac était donc un point de passage majeur pour les pèlerins, et l'église était un lieu de prière avant de traverser l'océan.

 

L'importance de l'église comme lieu de pèlerinage au Moyen Âge est renforcée par la présence d'une relique de sainte Véronique (la sainte Veronica), qui aurait été conservée dans l'église.

 

La tradition voulait qu'elle ait été apportée à Soulac par des marins venant d’Orient, faisant de l'église un lieu de vénération unique.

 

 

Construction et Architecture

L’église de Soulac est de style roman, avec une architecture caractéristique du XIIe siècle, avec des éléments en pierre et des voûtes en berceau.

 

Elle a été construite à une époque où les influences de l’architecture romane étaient prédominantes dans toute la région.

 

Son architecture, modeste mais robuste, reflète les besoins fonctionnels de la région : un lieu de culte stable, mais aussi un abri contre les tempêtes pour les marins.

 

L'église est orientée dans le sens traditionnel, avec son entrée à l'ouest et son chœur à l'est, afin de suivre la trajectoire du soleil. La structure principale est assez simple, mais elle comporte des éléments artistiques remarquables, notamment des chapiteaux sculptés et des scènes bibliques.

 

 

Rôle de l’Église dans l’Histoire de Soulac et du Médoc

Au XIIIe siècle, l’église était un centre religieux très actif, attirant des pèlerins et servant de point de ralliement pour la population locale.

 

 Elle a également joué un rôle majeur pendant les événements militaires du Moyen Âge, notamment les batailles contre les Normands et plus tard, lors des conflits liés à la guerre de Cent Ans.

 

L’église est également liée à des événements militaires importants du XVe siècle.

 

 

En 982, quand l'abbaye de Saint-Sever (Landes) voulut prendre possession de Soulac en vertu d'une charte que venait de lui octroyer le duc de Gascogne, l'abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux opposa à Saint-Sever une autre charte sans date d'après laquelle le comte Guillaume le Bon, gouverneur de Bordeaux, aurait précédemment donné Soulac à Sainte-Croix.

 

 

La première mention de Soulac dans les textes apparaît dans deux chartes (4) du cartulaire de l’abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux concernant la réédification et la dotation de cette abbaye par Guillaume le Bon, comte de Bordeaux, texte qui paraîtra au chapitre VI.

 

 

Ces deux textes datés, selon les auteurs, de la fin du Xe siècle ou premier tiers du XIe siècle (1) renferment de précieuses indications sur la «villa quae vocatur Solaco cum oratorio sanctae Dei Genetricis Mariae»;

 

 

Celle-ci était accompagnée d’un vaste domaine s’étendant entre l’océan et le fleuve et comprenant des «montagnes» (c’est-à-dire des dunes anciennement boisées), une pinède, des pêcheries, des prés salés, ou marais salants.

 

Une bulle du pape Benoît IX, en 1035, accorde à Soulac l’exemption, et révèle la présence de «monachos in monasterio» (2).

 

 L’existence de ces bâtiments est confirmée peu après, lors de la donation  en 1043, Ama, de Bordeaux et du Périgord, donne la terre de Mélrines au monastère qui a été bâti en l'honneur de Sainte-Marie-de-la-Fin-des-Terres,«monasterio constructo in honore Sancte Marie de Finibus Terre». (alias Solaco).(3)

Cartul. de Sainte-Croix de Bordeaux, Arch. hist. de la Gironde, tome XXVII, p. 109.

 

 

Le terme «ecclesia» ne se trouve pas, dans les actes considérés comme authentiques avant 1079, date à laquelle le pape Grégoire VII s’adresse à l’abbé Arnaud de Saint-Sever afin qu’il permette à l’abbaye de Sainte-Croix de jouir en paix de l'église dont la possession était très disputée entre les deux abbayes.

 

Ce conflit, qui a fait l’objet d’une étude particulière de M me E. Nortier (4), paraît débuter vers la fin du XI e siècle, avec, en autres faits, la confection d’actes faux concernant la possession du prieuré médocain qui furent ajoutés au fameux Beatus de Saint- Sever.

 

En 1103, un jugement fut rendu par les légats du pape en un sens entièrement défavorable à Saint-Sever (5).

 

En 1166, une transaction est signée entre l’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Montaut et l’abbé de Sainte-Croix, Bertrand de Lignan (6), où il fut convenu que tous les revenus de Soulac seraient partagés par moitié, sauf ceux des vignes et des prés, et que l’église de Soulac — conformément à de vieux usages — serait desservie par quatre moines.

 

 

 

Sur un document de l'an 835 où il est fait mention de saint Alain.

Il ne sera peut-être pas sans intérêt de faire connaître aux habitants de nos contrées, qui ont conservé la plus grande vénération pour saint Alain, évêque et confesseur, apôtre du VIe ou VIIe siècle, des documents nouveaux qui projettent une vive lumière sur des questions jusqu’ici controversées entre les savants. Nous analyserons aujourd’hui l’un de ces documents.

 

 

Dans cette église, appelée Notre-Dame-de - la-fin-des-Terres, objet d’un pèlerinage célèbre dès le moyen-âge et de nos jours, il y avait un autel de sainte Véronique : un titre du 3 août 1302 en mentionne l’existence.

 

On y prêtait les serments solennels comme à Bordeaux sur le Fort-Saint-Seurin :

Lous quaus aven jurât sobre l’autar de la santa Veronica, à Solac.

 

On y conservait les reliques de cette sainte du 1er siècle, contemporaine de N.-S. Jésus-Christ; une tradition immémoriale la faisait débarquer à Soulac, avec saints Lazarre et Amator (Amadour, patron de Roquamadour).

 

 A peine les voûtes de cette église émergeaient-elles du sable, que nous avons vu, sur un chapiteau sculpté, un tombeau en relief, semblable à ceux des premiers siècles et au sarcophage de Saint Fort, à Bordeaux. M Rainguet, ancien notaire, eut la bonne fortune de signaler au précédent curé de Soulac, en quête de documents sur cette antique église et sur sainte Véronique, un document inédit des plus curieux: (Manuscrit de la Bibliothèque nationale, fonds Colbert).

 

Il reporte les souvenirs à l’an 853 de notre ère alors queu feust la désolation des Danois ou Normands, dit M. l’abbé Mesuret dont nous analysons ici le travail publié dans l’Aquitaine, 5e année.

 

M. Peigné-Delacourt, qui avait d’abord cité ce manuscrit dans son étude les Normands dans le Noyonnais, croit que ce document a dû être écrit du XIII e au XIV e siècle.

Le savant archiviste de la Gironde, M. Goujet, le croit plus ancien. «Il me semble, dit-il, que c’est une traduction en français poitevin d’une chronique rédigée d’abord en latin.

Le français me paraît être du XII e siècle. »

C’est déjà une antiquité fort respectable, et l’original a dû être contemporain des événements. Cela résulte de la manière dont a été rédigée la chronique, dit M. Sansas.

 

 

 La reproduction textuelle de quelques paragraphes mettront nos lecteurs à même d’en juger.

 

Elle débute ainsi: le fils de Charles-le-Chauve, Louis-le-Bègue, régnait en France.

En ce temps-là, le corps de sainte Foy, vierge, fut enlevé de la ville d’Agen et transporté au monastère de Conques.

 

§ 52. E arserent most li Normans sos Gironda d’iglises et distraisirent. E cil de l’iglise Saint-Romain l’en cuidarent porter et ne pugrent, mas ils les mesrent très par- fond soz terre et le trésor de l’iglise.

 

 

Les Normands incendièrent et détruisirent un grand nombre d'églises près de la rivière de Gironde.

 

 Ceux de l'église Saint- Romain (de Blaye) les voulurent emporter (les reliques ou les corps saints, le corps de saint Romain?) ils ne le purent ; mais ils les ensevelirent très profondément sous terre, avec le trésor de l’église.

On voit à ces inversions et d’après certains mots, arserent, cuidarent, que ce paragraphe en langue poitevine n’est que la traduction littérale d’un texte latin qu’il est facile de reconstruire ainsi en style de l’époque;

Et arserunt multas Normani subter Gironda ecclesias et destruxerunt. At corpus sanctum? ecclesiæ Santi-Romani frustrà curaverunt transvehendi et non potuerunt; verum deposuerunt illud profundissimè subtùs terram et eliam thesaurum ecclesiæ.

 

§ 54. De Saint-André on porta le corps (c’est-à-dire la relique) de sainte Geneviève à Fronsac (château fort), avec le trésor de Guîtres (antique abbaye et église de Ste-Magdeleine et plus tard de N.-D.) et de Saint-Emilion (abbaye) et de l’Entre-deux-mers.

 

 § 55. Et même ceux de Bordeaux s’enfuirent à Fronsac par peur des Normands (ceux, ci s’y établirent pendant de longues années).

 

§ 56. En l’église de Saint-Seurin de Bordeaux tout le trésor et les corps saints furent ensevelis là où le corps saint git (Crypte de Saint-Fort), mais quant au corps de saint Amand (évêque de Bordeaux) et aux cirpa (archives? ou capsa, chasses) que no pogrent remuer, on ne put les déplacer.

 

§ 61. A Solac, josta l’auter sancta Veronica mistrent lo trésor et la sanctuaira de l’iglise.

A Soulac, devant l’autel de sainte Véronique, on cacha le trésor et les saintes reliques de l’église. (Plus tard celles de sainte Véronique se retrouvèrent à Bordeaux).

 

§ 62. A san Nicholas de Graves sevelirent lo lur ou degrez de l’outer, e qui giest li bons hom qui fit l‘iglise de Solac e de Grava et de Cordan, per lo commandament Karle.

À Saint-Nicolas-de- Graves (Médoc) on ensevelit les trésors et reliques sous les marches de l’autel, là où git l’habile homme qui construisit l’église de Soulac celle de Grave et de Cordouan, par l’ordre de (l’empereur) Charles.

 

 

§ 65. Le corps de saint Macaire fut porté à Bordeaux et le trésor de tous les environs furent portés à Monclin (?). (Monclar?-Bazas, selon M. Mesuret ? )

 

§ 66. E li corps saint Alan fu seveliz au miliu de l’iglise de Santa-Basella, ne la pogrent oster et mistrent lo trésor josta ne.

Et le corps de saint Alain fut enseveli au milieu de l’église de Sainte-Bazeille (Lot- et Garonne) ; on ne le put enlever et on plaça le trésor près de la nef.

 

Saint Trojan en Oléron : Quelques Faits d’Histoire locale avec TOTE l’Histoire de France ou GESTA FRANCORUM <==

 

 

 

 

4 juillet 1199 CONFIRMATION par la reine Éléonore d'Angleterre des donations faites à l'abbaye Sainte-Croix.

 

L'itinéraire d'Aliénor d'Aquitaine en 1199 est marqué par des déplacements dans le royaume d'Angleterre, en Aquitaine, et en France, en particulier dans le sud-ouest.

 

L'année 1199 est une année particulièrement importante dans la vie d'Aliénor, car elle se situe à la charnière de la fin du règne de son fils Richard Cœur de Lion, qui meurt en avril 1199, et le début du règne de Jean sans Terre.

 

Voici un aperçu de ses déplacements et de ses activités à cette époque :

 

1. La Mort de Richard Cœur de Lion (avril 1199)

En 1199, Richard Cœur de Lion, le fils aîné d'Aliénor et roi d'Angleterre, meurt des suites d'une blessure reçue lors du siège de Châlus, en Limousin.

Cela marque la fin d'un règne tumultueux pour Richard, et la succession au trône revient à son frère, Jean sans Terre.

 

Après la mort de Richard, Aliénor, qui avait joué un rôle clé dans la politique de son fils, se trouve en situation de transition. Elle reste une figure influente dans l’Empire Plantagenêt, particulièrement en Aquitaine, mais aussi dans le domaine royal d'Angleterre.

 

2. Aliénor et la Succession de Jean sans Terre

Aliénor joue un rôle crucial dans la succession de son fils Richard. Bien que le royaume d'Angleterre soit désormais sous le contrôle de son second fils, Jean sans Terre, Aliénor continue de défendre les intérêts de l'Aquitaine et de ses autres possessions, y compris le comté de Poitou, le duché d'Aquitaine, et le comté de Toulouse.

 

Elle soutient Jean dans ses efforts pour légitimer son pouvoir et défendre l'unité de l'Empire Plantagenêt. En 1199, Aliénor passe probablement du temps à Poitiers, la capitale de l'Aquitaine, pour gérer ses terres et soutenir son fils dans ses nouvelles fonctions de souverain.

 

3. Voyages à Poitiers et Bordeaux

En 1199, il est probable qu'Aliénor réside principalement dans le sud de la France, où elle se rend fréquemment. L'un de ses principaux centres d'activités est la ville de Poitiers, en Aquitaine, qui est le cœur de son duché.

 

Elle séjourne également à Bordeaux, la capitale de l'Aquitaine, qui est un autre centre important pour la politique et les affaires du royaume. Aliénor a aussi des liens étroits avec les monastères et les abbayes de la région, en particulier l'abbaye de Cadoin (près de Bergerac), à laquelle elle accorde des lettres de protection et de soutien en 1199, comme en témoigne une charte en faveur de l'abbaye.

 

4. Voyage à Poitiers et Confirmation des Donations

En juillet 1199, Aliénor est à Poitiers (ou dans la région), car elle y donne plusieurs lettres de confirmation de donations, y compris des privilèges pour des monastères et des églises comme l'abbaye de Cadoin, ainsi que des privilèges fiscaux pour des églises locales.

Cette période marque également une consolidation de son pouvoir local en Aquitaine, tout en soutenant son fils Jean sans Terre dans sa gestion de l'Angleterre.

 Loudun (29 avril), Poitiers (4 mai), Montreuil-Bonnin (5 mai), Niort, Andilly, la Rochelle, Saint-Jean-d'Angély et Saintes (juin), Bordeaux (1er juillet), Soulac (4 juillet)

 

5. Séjour à Soulac (Solacum) et Confirmation des Donations

Soulac est un site important dans le contexte des pèlerinages médiévaux, notamment ceux liés à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Aliénor confirme les privilèges de l'abbaye de Soulac et accorde des terres et des droits à cette institution religieuse.

 

6. Le Retour en Angleterre et en Normandie

Bien que son rôle en Aquitaine soit primordial, Aliénor passe aussi du temps en Normandie et en Angleterre au cours de l'année 1199, après la mort de Richard. Aliénor se trouve ainsi dans les centres du pouvoir anglo-normand, cherchant à maintenir l'unité du royaume sous la souveraineté de son fils Jean.

 

Elle doit jongler entre ses obligations en Aquitaine, où elle reste une figure influente, et la politique plus vaste du royaume d'Angleterre et des Plantagenêts, notamment avec les luttes de pouvoir internes et externes.

 

7. Contexte et Motivations

Le voyage d'Aliénor en 1199, et ses lettres de confirmation de donations et de privilèges, montrent son rôle actif dans la gestion des terres et des pouvoirs qui lui reviennent en Aquitaine et dans l'Empire Plantagenêt. Elle est une mère protectrice de ses fils, un soutien politique pour Jean sans Terre et une figure d'autorité dans la gestion des affaires religieuses et féodales de ses vastes possessions.

 

 

Conclusion

En 1199, l’itinéraire d’Aliénor d'Aquitaine comprend des déplacements principalement dans le sud-ouest de la France, notamment dans les régions de Poitiers, Soulac, et Bordeaux, où elle soutient des institutions religieuses et gère ses terres en tant que duchesse d’Aquitaine. Elle se rend également en Angleterre et en Normandie, où elle assiste son fils Jean sans Terre dans son accession au trône.

 

 

 

La reine Éléonore d'Angleterre confirme les donations faites à l'abbaye Sainte-Croix, notamment par son père Guillaume X, duc d'Aquitaine, et son fils Richard 1er Cœur-de-Lion.

 

Aliénor, par la grâce de Dieu reine d’Angleterre, duchesse de Normandie et d’Aquitaine, comtesse d’Anjou,
aux archevêques, évêques, abbés, comtes, vicomtes, barons, sénéchaux, prévôts, baillis, et à tous ses fidèles de toute l’Aquitaine, présents et à venir, salut.

 

Que tous sachent que, après la mort de notre très cher fils, le roi Richard d’Angleterre, nous sommes venue à Bordeaux ;
et là, nous avons examiné les privilèges par lesquels notre père, Guillaume, duc d’Aquitaine,
et notre dit fils, le roi Richard, avaient accordé privilèges à l’église Sainte-Croix de Bordeaux et aux moines qui y servent Dieu et la Sainte-Croix.

 

Mais nous, désirant que les privilèges de tels hommes demeurent valables, fermes et inviolés à perpétuité,


confirmons, par le présent écrit et par l’autorité de notre sceau,
toutes les possessions et tout ce qui se trouve exprimé dans ces mêmes privilèges.

Nous confirmons notamment aux moines susdits :
le lieu de Sainte-Croix,
le lieu de Saint-Macaire,
l’église Saint-Hilaire d’Ortalans,
l’église Sainte-Marie d’Ortalans,
l’église Sainte-Marie de Soulac,

toutes ces églises avec toutes leurs dépendances :
dans les villages, les vignes, les dîmes, les prés, les pâturages, les pêcheries, les bois,
les chemins et sentiers,
ainsi que toutes coutumes et libertés, hors des murs de la cité comme à l’intérieur ;
et avec la coutume des trois boisseaux de sel, ainsi que La Poujade et La Formentade,

 

que Guillaume, duc d’Aquitaine, notre père, leur avait confirmées.
 

Nous les concédons et confirmons de même à ladite église et aux moines qui y servent Dieu.

C’est pourquoi nous voulons et ordonnons fermement que l’église Sainte-Croix
possède librement, honorablement, intégralement et paisiblement
ces donations qu’elle possède aujourd’hui ou qu’elle acquerra raisonnablement à l’avenir,
comme elle les a possédées le plus librement et honorablement du temps de nos prédécesseurs.

 

Et si quelqu’un porte atteinte aux revenus, libertés ou coutumes des moines susdits,
nous ordonnons et nous prions instamment, au nom du Seigneur,
à ceux d’aujourd’hui comme à ceux de demain,
de faire réparer sans délai les torts qui leur auraient été faits,
ou de leur rendre justice sévèrement.

 

Ont été témoins :
Henri, évêque de Saintes ;
Giffard de Didonne ;
Humbert de Fort ;
Raoul de La Faye ;
Pierre Capicerius ;
Geoffroy de Chauvigny ;
Gautier de Mailly ;
Jean Franc, et plusieurs autres.

 

Donné à Soulac (Solacum), par la main de Roger, notre chapelain et notaire,
l’an de l’Incarnation du Verbe 1199, le quatrième jour de juillet.

 

 

Aliénor d’Aquitaine (1122-1204) était une figure centrale du Moyen Âge, influente en tant que duchesse d’Aquitaine, reine de France (mariée à Louis VII), puis reine d’Angleterre (mariée à Henri II).

Dans le contexte de Soulac, son action s’inscrit dans sa gestion de l’Aquitaine, un territoire qu’elle contrôlait directement et où elle renforçait les liens entre le pouvoir séculier et l’Église.

La mention de Soulac dans la charte met en lumière l’importance de cette localité, probablement en raison de sa position stratégique près de l’estuaire de la Gironde et de son rôle religieux.

La basilique de Soulac, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que site des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, était un lieu de pèlerinage significatif. Les donations confirmées par Aliénor, incluant des terres, des droits sur le sel (ressource précieuse), et des privilèges comme La Poujada et Formenlada, visaient à assurer la prospérité des moines et la pérennité de l’église.

 

Hypothèses sur "La Poujada" :

Toponyme : "La Poujada" pourrait désigner un lieu spécifique, comme une parcelle de terre, un domaine, ou une zone géographique (par exemple, une colline ou un point élevé, car "pujada" en occitan signifie "montée" ou "ascension"). Dans le contexte médiéval, il était courant de mentionner des noms de lieux précis dans les chartes pour identifier les possessions ecclésiastiques.

Droit ou coutume : Il pourrait s’agir d’un droit d’usage ou d’une rente associée à une activité économique locale, comme l’exploitation du sel (mentionné dans la charte avec les "trois muids de sel"). Le sel était une ressource cruciale dans le Médoc, près de l’estuaire de la Gironde, et des droits spécifiques sur des salines ou des zones de production étaient souvent octroyés aux institutions religieuses.

Lien avec Formenlada : Dans la charte, "La Poujada et Formenlada" sont mentionnées ensemble, suggérant qu’il s’agit de deux éléments complémentaires. "Formenlada" pourrait également être un toponyme ou un droit, peut-être lié à des terres agricoles ou à des redevances en nature (comme des céréales, si l’on considère une possible racine liée à "froment"). Leur association indique qu’il s’agissait de biens ou privilèges bien connus à l’époque, confirmés initialement par Guillaume, duc d’Aquitaine, père d’Aliénor.

 

 

Randonnée étonnante pour une femme si âgée, mais encore plus surprenante si l'on note que, le 30 juillet, elle sera à Rouen auprès de Jean, après avoir rencontré Philippe Auguste à Tours entre le 15 et le 20 (Tout le détail de l'itinéraire dans RICHARD, pp. 335-53).

 

Rapidité de déplacement qui prouve la volonté d'aboutir vite chez la noble voyageuse, sa vision claire et prompte des résultats à obtenir, son mépris de toute tergiversation comme de toute fatigue, l'excellence aussi des routes et des relais de ses domaines, permettant, en dépit de l'insécurité féodale, une inspection politique d'une telle ampleur.

 

 

 

Talbot et la guerre de Cent Ans :

On sait qu’il existait à l’extrémité du département de la Gironde et du Médoc (Médogus, medio aquarum) une ville antique nommée Solacum, Soulac, aujourd’hui engloutie dans la mer ou sous les sables, ces terribles fourriers de la mer, qui depuis ont encore recouvert, à partir de 1453, époque où Talbot et son armée débarquèrent dans son port, le nouveau Soulac et sa belle église du XIIe siècle, aujourd’hui dégagée en grande partie et rendue au culte.

Lors de l'épisode de 1453, Talbot et son armée anglaise ont été délogés et forcés de se retirer à la suite de l'offensive française.

 

En effet, Sir John Talbot, un commandant militaire anglais durant la guerre de Cent Ans, débarqua avec son armée dans le port de Soulac.

 

 Cette bataille fait partie de la campagne anglaise en Aquitaine, alors que les Anglais tentaient de maintenir leur contrôle sur cette région, qui était alors en grande partie sous domination française.

 

Soulac était un port stratégique à l'époque, bien qu'il soit aujourd'hui largement submergé par les sables et l'érosion.

 

Le port de Soulac, ou plus précisément le port de Soulac-en-Médoc, a été un lieu important durant cette période, servant de point de débarquement pour les troupes et les approvisionnements.

 

 

La bataille de Soulac est souvent vue comme un épisode de la guerre de Cent Ans, mais elle fait aussi partie du contexte plus large de la reconquête des territoires par les Français après la défaite anglaise à Castillon (1451) et la prise de Bordeaux par les Français en 1453.

 

Cette victoire marqua la fin de la guerre de Cent Ans et le retour définitif de l'Aquitaine sous contrôle français.

Ainsi fut confisqué le château de Villandraut après 1453 à son seigneur, qui avait rallié, avant Castillon, le parti de Talbot.

 

Après la bataille de Soulac, la région subit un désastre dû à l'érosion et aux invasions de sable, et une grande partie de Soulac a été ensevelie.

 

La Submersion et l’Enfouissement par les Sables

L’église de Soulac a connu une érosion importante au fil des siècles, notamment à partir du XVIe siècle.

 

La mer et les vents ont progressivement modifié la côte, et l’église a été ensevelie par le sable. Le site a commencé à disparaître sous les dunes, et l’église a été oubliée pendant plusieurs siècles.

 

En faisant débarquer Talbot à l'anse de l'Anglomar (Gurp, Grayan), qui est à 20 kilomètres au sud de la pointe de Grave, ou avoue sans s'en douter que le rivage de la mer était sur ce point, comme aujourd'hui, en 1452.

 On sait que 128 ans plus tard les habitants de la même côte déclaraient à Montaigne avoir perdu depuis peu de temps quatre lieues de terre par le fait de l'empiétement de la mer. Et celle-ci se trouve toujours sur la même ligne, après comme avant...— Masse, dans ses Mémoires, parle ainsi de l'anse d'Anglemar, en 1690 : « On prétend qu'il y avait autrefois un port, où l'amiral Talbot, ou un autre, descendit avec une puissante armée et qu'ayant brûlé leurs vaisseaux ils reprirent la Guyenne en 1453». (Voyez au Bulletin de 1898, page 302.)— Talbot débarqua simplement sur la rive gauche et inférieure de la Gironde, où le sire de Lesparre l'attendait en allié ou on partisan. Sur quelque point de nos côtes qu'on le prenne, la tradition répétée se présente toujours avec la même valeur négative.

.

1840-1860 : dégagement spectaculaire de l’église ensevelie ; elle émerge littéralement des sables comme une résurrection.

Les autorités ont pris conscience de la valeur historique et religieuse du site. Les travaux de dégagement ont permis de retrouver l’église, qui a été progressivement restaurée.

 

 

Le site actuel de l’église est l'un des exemples les plus frappants de l'impact de l'érosion marine et du sable sur l'histoire de la région. L'église a été remise en service et a retrouvé son rôle de lieu de pèlerinage et de culte.

L'Église Aujourd'hui

Aujourd’hui, l’église Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres à Soulac est un important site touristique et religieux, attirant à la fois des visiteurs intéressés par son histoire et des pèlerins. Elle est aussi un site classé en raison de son patrimoine historique exceptionnel. L'église continue d'accueillir des messes et des pèlerinages, tout en étant un symbole de l’histoire locale de Soulac et du Médoc.

 

La région autour de l'église, notamment le village de Soulac et ses plages, est un endroit populaire pour les touristes, qui viennent découvrir l'histoire de l'église et du pèlerinage, ainsi que profiter des magnifiques paysages côtiers.

 

1998 : inscription UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques.

 

 

La vie d’Aliénor d’Aquitaine<==

 

 

 

 

De confirmatione et donatione supradicta Alienoris regine.

Alienor, Dei gratia, regina Anglie, ducissa Normanie, Aquitanie, comitissa Andegavie, archiepiscopis, episcopis, abbatibus, comitibus, vicecomilibus baronibus, senescallis, prepositis, ballivis, et omnibus fidelibus suis totius Aquitanie, tam presentibus quam futuris, salutem.

Noverit universitas vestra quod post decessum charissimi filii nostri, regis Ricaldi Anglie, venimus apud Burdegalam, ibique inspeximus privilegia quibus pater noster et predictus filius noster, rex Ricaldus, privilegiaverunt ecclesiam Sancte-Crucis Burdegalensis et monachos ibidem Domino et Sancte-Cruci servientes.

 Nos autem privilegia tantorum virorum rata, firma et illibata permanere in perpetuum volentes, omnes possessiones et omnia illa que in eisdem privilegiis continentur expressa, presenti scripti testimonio et sigilli nostri auctoritate, confirmamus.

Nominatim enim confirmarnus predicti monachis locum Sancte-Crucis et locum Sancti-Macharii, et ecclesiam Sancti-Hilarii de Ortolano, et ecclesiam Sancte-Marie de Ortolano, et ecclesiam Sancte-Marie de Solaco; istas ecclesias, cum omnibus appenditiis suis in villis, in vineis, in decimis, in pratis, in pascuis, in piscationibus, in nemoribus, in viis el sernitis, cum omnibus consuetudinibus et liberlatibus, extra muros civitalis et infra, et cum consuetudine trium modiorum salis et cum La Poujada et Formentada, quas Guillelmus, dux Aquitanie, pater nosler, eis confirmavit, nos simililer predicte ecclesie, et monachis ibidem Domino servientibus, concedimus et confirmamus.

Quare volumus et firmiter precipimus quod ecclesia Sancte-Crucis istas donationes, quas in presenti habet vel in futurum rationabiliter acquisitura est, libere, honorifice, integre et quiete possideant (sic), sicut tempore antecessorum nostrorum eas melius et liberius possedit.

Si quis autem antedictis monachis in reditibus eorum, vel libertbus, vel consuetudinibus, injuriam, damnurn, gravamen vel contumeliam fecerit, tam modernis quam posteris mandamus et obsecramus in Domino quatenus, sine dilatione, malefacta eis emendari faciatis, vel districtam justitiam eis exhibeatis.

 His testibus : Henrico, Xantonensi episcopo; Giffaldo de Didona; Himberto de Fort; Rad, de Faya; Petro Capicerio; Galfrido de Calvigniaco; Gualtero de Mailli; Joanne Franco et aliis multis.

Data apud Solacum per manurn Rogerii, capellani et notarii nostri, anno Verbi Incarnali millesimo centesimo nonagesimo nono, quarto die julii.

 

 

 

(1) Les restaurations entreprises par les Mauristes furent l’occasion de la levée d’un plan (Archives nationales, N III, Gironde, 11), publié par Houlet et Sarradet.

 On grava également à cette époque la vue cavalière, publiée dans le Monasticon gallicanum. T. Sauvel, dans Les hauts reliefs romans de La Sauve et de Sainte-Croix de Bordeaux, dans Bulletin monumental, 1953, p. 7-14, en a tiré parti ; elle a été aussi publiée par Houlet et Sarradet, op. cit., p. 20-21.

(2) Les représentations les plus anciennes des ruines de La Sauve-Majeure datent de la décennie 1830-1840, en particulier les gravures et dessins de Dubourdieu, Arago et Lacour, conservés à la Bibliothèque municipale de Bordeaux, fonds Delpit.

 Le beau recueil de gravures de L. Drouyn, Album de la Grande Sauve, Bordeaux, 1851, nous montre que les bâtiments étaient, à quelques détails près, dans le même état apparent que de nos jours. Les dossiers de restauration sont conservés à la Bibliothèque du Patrimoine, Monuments historiques de Gironde, Grande Sauve, ancienne abbaye, dossiers 550, 552, 553.

 (3) Cette étude s’appuie aussi sur le plan plus exact relevé par M. Mastorakis, supérieur à ceux de Postel-Vinay et de Formigé (1882).

(4) La grande arcade de la travée correspondant à la base du clocher a été bouchée par une maçonnerie postérieure.

(5) Acta Sanctorum, Aprilis, 1-1, p. 402-413, et Acta sanctorum ordinis sancli Benedicti, VI, 2, p. 866-892, textes dont l’essentiel pour nous est repris par V. Mortet et P. Deschamps, Recueil de textes..., Paris, 1929, p. 257-260.

Les textes relatifs aux débuts de la construction de La Sauve ont été largement commentés par H. Couzy, Les chapiteaux de La Sauve-Majeure, dans Bulletin monumental, 1976, p. 345-372.

(6) Les donations effectuées au cours du XII e siècle par la famille d’Escoussans, citées par Brutails et H. Couzy, ne nous donnent guère de renseignements sur l’état du chantier à cette époque.

 

 

 

Commentaires
PHystorique- Les Portes du Temps