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PHystorique- Les Portes du Temps
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10 novembre 2025

Trêve de Bordeaux du 7 avril 1243, émanant d’Henri III roi d’Angleterre

Bordeaux, 7 avril 1243

Henri III, roi d’Angleterre, fait connaître les conditions des trêves conclues entre lui et le seigneur Louis, roi de France.

 

Henri, par la grâce de Dieu roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande, duc de Normandie et d’Aquitaine, et comte d’Anjou, à tous ceux qui parviendront aux présentes lettres, salut.

 

Nous faisons savoir que nous, pour nous-même, pour notre frère le comte Richard, pour nos héritiers, nos hommes, nos auxiliaires déclarés, ainsi que pour leurs terres et fiefs, tant par terre que par mer, avons conclu des trêves avec Louis, illustre roi de France, pour lui-même, ses frères, ses héritiers, ses hommes et auxiliaires déclarés, ainsi que pour leurs terres et fiefs, lesquelles trêves dureront de la fête de saint Benoît abbé en mars [21 mars] jusqu’à la fête de la Saint-Michel [29 septembre] qui suivra cinq ans après la Saint-Michel prochaine, et ce pour toute la durée de la journée.

 

Nous désignons parmi les nôtres : 

 

Pierre Ogier (Petrum Ogerium) 

Olivier de Chaleys 

Bérard de Montdidier (Berardum de Muntiidyer).

 

Le roi de France désigne parmi les siens : 

le comte de Toulouse 

le comte de la Marche 

le comte Guillaume d’Auvergne 

Guillaume archevêque [probablement de Bordeaux ou de Bourges] 

Geoffroy de Lusignan 

Renaud de Pons (Raginardus de Pontibus) 

Geoffroy de Taunay Charente 

Geoffroy et Benoît de Maurienne 

Pons de Mirebeau 

Foucaud de Mastas, seigneur de Maurepas (Mornaci) 

Élie de Talmont 

Élie Gumbaud de Cosnac 

Guillaume de la Roche, seigneur de Roucy (Roencii) 

Iter de Barbezieux 

Pierre Raymond 

Pierre Bechet 

Gauvain de Talmont (Talniaco) 

Geoffroy de Rochefort 

Raymond de Montant 

Élie Rudel le jeune 

Boudin de Grignols 

Pierre Ais 

Foucaud d’Archiac 

Aymeric de la Roche-Chouard et son fils Aymeric 

Aymeric de la Roche, seigneur de Blanzac 

Raoul de Beaumont, seigneur de Bouteville (Betteriarum) 

Dreux de Montaigu (Monte-Augyer) 

Guillaume de Saint-Quentin 

Éble de Rochefort 

Charles de Rochefort 

Élie de Lavernia.

 

Et il faut savoir que nous laissons l’île de Ré dans la trêve du côté du roi de France, de la même manière qu’elle l’était dans la trêve précédente la plus récente.

 

Voici la forme de ces trêves :

Si, pendant la trêve, il y a une interception [prise de biens, prisonniers, etc.], la réparation de cette interception se fera ainsi : l’interception sera signalée aux arbitres des trêves désignés de part et d’autre, qui sont :

 

De notre part : 

Baos de Mastas 

le comte de Bigorre 

Geoffroy Rudel de Blaye 

Pierre de Bordeaux.

 

De la part du roi de France :

 le sénéchal de Poitou 

Geoffroy de Rancon 

Renaud de Pons.

 

De telle sorte que, si des deux côtés les trois arbitres ne peuvent ou ne veulent pas se réunir, deux d’entre eux pourront néanmoins procéder comme si les trois étaient présents.

 

 Si l’un d’eux venait à mourir, un autre sera nommé par la partie dont il dépendait.

 

Ainsi, si dans les deux mois suivant la constatation du forfait celui-ci n’a pas été réparé, la partie lésée pourra alors se faire justice elle-même sur l’auteur du forfait jusqu’à réparation complète.

 

Nous pourrons, sans nous parjurer, aider notre homme contre le malfaiteur qui refuserait de réparer ; et le roi de France pourra faire de même dans un cas similaire.

 

 

Le seigneur du malfaiteur ne pourra ni aider le malfaiteur qui refuse de réparer, ni aucun de ceux qui sont sous sa puissance ou sa domination, tant que le forfait n’aura pas été pleinement réparé.

 

Nous pourrons faire de même dans un cas similaire ; ni le seigneur du malfaiteur ni les siens ne pourront aider le malfaiteur, comme il a été dit plus haut.

 

Il a également été convenu que, si pendant la durée des trêves une forteresse, un château ou la personne d’un noble était pris ou enlevé furtivement par le roi de France ou par les siens et détenu dans le pouvoir ou le territoire du roi de France, et que, requis à ce sujet, il ne réparait pas intégralement et sans délai, nous pourrons immédiatement, par nous-même ou par les nôtres, sans nous parjurer, nous faire justice.

 

De même, le seigneur du château, de la forteresse ou du noble capturé pourra, de toutes les manières, sans se parjurer, faire la guerre au ravisseur et au détenteur jusqu’à réparation complète.

 

Ce qui a été dit pour notre part vaut exactement de la même manière, d’un commun accord, pour la partie du roi de France : si c’est de notre part ou des nôtres qu’un château, une forteresse ou un noble a été pris et détenu.

 

De plus, nous et le roi de France susdit, pour nous, nos frères, nos hommes et auxiliaires déclarés, serons pendant toute la durée de ces trêves en possession de ce que nous tenions le jour où ces trêves ont été conclues, sauf ce qui a été dit plus haut concernant l’île de Ré et nos hommes et auxiliaires nommés ci-dessus.

 

Nous avons fait jurer fermement, en notre présence, par nos bien-aimés et fidèles :

 

Raoul fils de Nicolas 

Pierre Chaceporc, notre clerc 

Émeric de Sacy

 

que nous observerions loyalement ces trêves envers ledit roi de France et ses héritiers.

 

De plus, nous voulons et ordonnons que nos héritiers observent ces trêves envers ledit roi de France et ses héritiers, et nous obligeons par les présentes lettres, autant que nous le pouvons, nosdits héritiers à les observer fermement.

 

Témoin moi-même, à Bordeaux, le septième jour d’avril, en la vingt-septième année de notre règne [1243].

 

 

Ces trêves font suite à la guerre de Saintonge (1242) et à la défaite d’Henri III à Taillebourg.

 

Il y a 780 ans, Saint-Louis, roi de France livrait Bataille à Taillebourg et Saintes (juillet 1242)<==

 

 

Elles durent 5 ans et demi (du 21 mars 1243 au 29 septembre 1248).

L’île de Ré reste sous contrôle français comme lors de la trêve précédente (1241-1242).

 

Le système d’arbitrage mixte avec délai de 2 mois et droit de représailles privées encadrées est typique des trêves féodales du XIIIᵉ siècle.

 

La liste des « auxiliaires déclarés » montre les grands seigneurs poitevins, saintongeais et gascons qui soutiennent chaque camp.

 

 

 

Bordeaux. [1243]. 7 avril.

Henricus III rex Angliae notas facit conditiones treugarum inter se et dominum Ludovicium regem Franciae initarum.

 

(J. 655.- Angleterre, lettres sans date, n" 7. Original scellé.)

Henricus, Dei gratia rex Anglie, dominus Hybernie, duxNormannie, Aquitanie, et comes Andegavie, omnibus ad quos presentes littere pervencrint, salutem.

Notum facimus quod nos, pro nobis et comite Ricardo fratre nostro, et heredibus nostris et hominibus et adjutoribus nostris manifestis, et terris et feodis eorumdem, tam per terram quam per mare, cum Ludewico rege Francie illustri, pro ipso et fratribus et heredibus suis et hominibus et adjutoribus suis manifestis, et terris et feodis eorumdem, treugas inivimus a festo Beati Benedicti abbatis in marcio usque ad festum Sancti Michaelis, quod erit ab instanti festo Beati Michaelis in quinque annis per totam diem duraturas. Nos autem inter nostros nominamus Petrum Ogerium, Oliverum de Chaleys et Berardum de Muntiidyer.

–Rex autem Francie nominat inter suos comitem Tholosanum, comitem Marcbie, comitem Guillelmum Alvernie Guillelmum Archiepiscopi, Gaufridum de Lezigniaco, ReginardumdePontibus, Galfridum de Talneo, Galfridum et Benedictum de Mauritannia, Poncium de Mirebel, Fulconem de Mastat dominum Mornaci, Heliam de Talemonte, Heliam Gumbaudi de Cosnac, Guillelmum de Rupe dominum Roencii, Iterum de Berbezy, Petrum Reimimdi, Petrum Bechet, Wawain de Talniaco, Gaufridum de Rupe-forti, Reimundum de Montant, Heliam Ridelli juvenem Boudinum de Gr!gnol[iis], Petrum Ais, Fulconem de Archiac, Haemericum de Rupe Chiwardi et Haemericum filium ejus, Haemericum de Rupe dominum Blanzaci, Radulfum de Bellomonte dominum Betteriarum, Drogonem de Monte-Augyer, Guillelmum de 'Sancto Quintino, Ebulonem de Rupe-fbrti, Karolum de Rupe-forti, Helyam de Lavernia. Et sciendum quod nos dimittimus insulam de Re in treuga ex parte ejusdem regis Francie, eo modo quo erat in alia treuga proximo precedenti. Talis est autem forma treugarum.

Quod, si in treuga fuerit interceptum, de interceptione emendanda sic erit interceptio facta nunciabitur dictatoribus treugarum, hinc inde constitutis, qui sunt, ex parte nostra, Baoz de Mastac, comes Bygorre, Gaufridus Ridelli de BIavya et Petrus de Burdegala.

Ex parte régis Francie senescallus Pictavensis, Gaufridus de Raunconia et Raginardus de Pontibus.

 Tali modo quod, si, exalterutra parte, omnes illi tres non possent vel nonvellent interesse, duo illorum nichilominus possent procedere sicut si tres interessent.

 

-Si vero aliquis istorum moreretur, alius a parte ejus cujus esset dictator poneretur. Ita quod si, infra duos menses postquam forisfactum eis constiterit, non fuerit emendatum, ex tune ille, cui forisfactum fuerit, poterit currere super forisfactorem suum donec plenarie fuerit emendatum; et nos, sine nos mesfacere, poterimus juvare hominem nostrum contra malefactorem qui forisfactum emendare noluerit; et rex Francie poterit similiter facere in casu consimili.

Dominus autem malefactoris non poterit juvare malefactorem qui forisfactum emendare noluerit née aliquis qui sit de posse vel dominio ipsius domini donec forisfactum fuerit plenius emendatum.

Et nos idem poterimus facere in casu consimili; nec dominus malefactoris nec sui poterunt juvare malefactorem, sicut predictum est.

Illud eciam condictum est quod, si aliqua fortericia vel castrum aliquod vel persona alicujus nobilis, durantibus treugis, caperetur vel furtive subtraheretur a rege Francie sive a suis, et duceretur et teneretur.in posse vel territorio regis Francie, et requisitus super hoc integre non emendaret sine mora, statim nos per nos vel nostros, sine nos mescere, poterimus nos juvare.

Nichilominus tamen dominus castri, fortericie, vel nobilis capti, modis omnibus, sine se mesfacere, contra captorem et contra detentorem poterunt guerreare donecplenarie esset emendatum.

–Quod autem dictum est pro parte nostra, si ex parte regis Francie vel suorum, in castro vel fortericia vel nobili capto et detento fuerit interceptum, omnino idem concorditer est concessum pro parte regis Francie, videlicet si ex parte nostra vel nostrorum in castro vel fortericia sive nobili capto et detento fuerit interceptum.

 Insuper nos et predictus rex Francie, pro nobis et fratribus nostris et hominibus nostris et adjutoribus manifestis, toto tempore treugarum istarum erimus in seisina eadem in qua eramus a parte illa die qua treuge iste capte fuerunt a nobis, salve eo quod de insula de Re, et de nostris hominibus et adjutoribus superius nominatis, superius est expressum.

-Nos autem treugas sepedicto regi Francie et heredibus suis a nobis bona fide observandas firmiter jurari fëcimus, nobis presentibus, per dilectos et fideles nostros Radulfum filium Nicholai, Petrum Chaceporc clericum nostrum et Emericum de Sacy.

Preterea volumus et precipimus quod heredes nostri treugas jam dicto regi Francie et heredibus suis observent et ad easdem firmiter observandas ipsos heredes nostros per presentes litteras, quantum possumus, obligamus.

Teste me ipso apud Burdegalam, septimo die aprilis, anno regni nostri vicesimo septimo.

Scellé en cire blanche sur double queue, du second sceau de Henri III, roi d'Angleterre, décrit dans l'Inventaire sous le n" 10012.

 

 

ITINÉRAIRE DU ROI HENRI III EN GASCOGNE (1242-1243, 1253-1254).<==

Moyen-Age Classique 1225 / 1329<==

 

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