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PHystorique- Les Portes du Temps
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12 novembre 2025

Le prieuré bénédictin Saint-Pierre de La Réole - La légende raconte que le couvent Squirs (ou Aliard) fut rasé en 848 par les vikings, justifiant la refondation de 977.

Le site du Château des Quat’Sos à La Réole (Gironde) occupe un éperon rocheux stratégique dominant la Garonne et le ruisseau du Charros, un emplacement occupé depuis l’Antiquité, mais sans fortifications majeures attestées avant l’époque Plantagenêt (fin XIIe siècle).

 

 

Époque gallo-romaine : La Réole (ancienne Regula ou Ratiola) est un vicus routier sur la via Burdigala-Agen (route Bordeaux-Agen).

Des vestiges romains (céramiques, monnaies) ont été trouvés sur l’éperon, mais aucun castrum ou fortification permanente.

Le site est un promontoire naturel défensif, utilisé comme point de surveillance fluviale, sans murailles ni tours.

 

 

 

 

Haut Moyen Âge (Ve-XIe siècles) :

Vers le VIIIᵉ siècle, selon la tradition, la sœur du duc Waïffre d’Aquitaine, convertie au christianisme, mena une vie de recluse au Mirail, près de La Réole.
 

La sœur de Waïffre, duc d’Aquitaine de 745 à 768, convertie au christianisme, quitte la Cour d’Agen pour échapper aux persécutions dont elle est l’objet et se retire au pied du coteau du Mirail pour se livrer à la prière et à la pénitence.

Retrouvée par son frère, elle refuse de le suivre et Waïffre, blessé dans son orgueil, la fait mettre à mort,

Waïffre, saisi de remords, fit ériger une chapelle expiatoire sur le lieu du martyre où l’on va en pèlerinage à Pâques et dont la croix existe encore aujourd’hui.

 


Ce sanctuaire, lieu de pèlerinage à Pâques, aurait subsisté jusqu’à l’époque moderne,
et une croix commémorative y rappelle encore aujourd’hui cette légende.

Le site du Mirail

  • Le coteau du Mirail domine La Réole du côté est, sur la route vers Fontet.

 

  • On y signalait encore, au XIXᵉ siècle, les vestiges d’une ancienne chapelle dite chapelle du Mirail, considérée comme l’un des plus anciens lieux de culte du territoire réolais.

 

  • Des pèlerinages y étaient attestés à Pâques et à la Saint-Jean, selon l’abbé Baurein et Léo Drouyn.

 

  • Une croix de pierre subsiste sur le site (la « Croix du Mirail »), censée marquer l’emplacement de la sépulture ou de la chapelle primitive.

 

 

 

 

Pas de monastère en 777 : Aucune source contemporaine (Annales royales franques, capitulaires de Charlemagne) ne mentionne de fondation à La Réole ou « Squirs » (ancien nom légendaire du site).

 

Fondation d’un monastère par Charlemagne en 777 (détruit par les Vikings en 848-849), reconstruit en 977 par l’évêque Gombaud de Bazas ?.

 

Nos annales sont complètement muettes pendant les premiers siècles, et l'existence politique de La Réole ne nous est révélée que par un désastre au neuvième.

 

Nous devons dire cependant qu'avant de franchir les Pyrénées, en 777, Charlemagne laissa quelques troupes en garnison à Aillard; circonstance qui dénotait déjà en ce bourg une certaine importance.

 

La destruction par les Vikings

En ce temps-là les Normands (gens perfida Normannorum) ravagèrent la Gascogne en 844-848 (siège de Bordeaux en 848, pillages jusqu’à Toulouse).

 

En 848, dans l’une de leurs incursions en Guyenne, les Normands remontèrent la Garonne et vinrent camper sur le coteau qui prit de cette circonstance le nom de Puybarban (Podium, Barbarorum).

 

Ils passèrent bientôt la rivière, et s'emparant de la ville, la mirent à sac et rasèrent le couvent des Bénédictins, situé alors au lieu appelé Aillard, près la porte de Gironde.

 

La légende dit que le couvent « Squirs » (ou Aliard) fut rasé en 848, justifiant la « refondation » de 977.

 

D'après un manuscrit publié par une personne de cette ville, qui s'est occupée de la recherche de ses antiquités, on devrait dire Esquire et non Squirs.

« Ce dernier mot n'appartient, dit-elle, à aucune des langues que l'on parlait alors, et n'entre pas même dans le génie de la langue gascone, qui n'admet pas l's au commencement des a mots. »

 

Elle rappelle ensuite la maison de l'Esquile, à Toulouse, et prétend que les Bénédictins ayant fait placer une cloche dans leur couvent, où l'on ne se servait à cette époque que du cornet à vacher, cette nouveauté lui fit donner le nom de Château de la Cloche.

 

Nous ne pouvons partager cette opinion. Et, d'abord, la langue latine employée vulgairement sous la première race ne cessa de l'être qu'au commencement du règne de Louis-le-Débonnaire.

 

Squirs vient donc du latin Squirus, que les Francs prononçaient et écrivaient de manière à faire disparaître Vu final.

D'ailleurs, si la lettre s ne s'emploie pas généralement comme initiale dans notre dialecte, il y a exception dans plusieurs cas.

 

La charte de l'an 977 s'exprime textuellement ainsi : « Antiquités locus dictus Squirs ; »

On y lit encore : « Monasterium vocabulo Squirs fundatum in pago Aliardensi ; » et plus bas : « Squirs ab antiquis vocabaturnùnc autem Regula. »

Les fondateurs n'ont pas écrit Esquire une seule fois : c'est toujours Squirs.

 

D'un autre côté, si Squilla signifiait cloche dans la basse latinité, Esquire et Esquiroun , dont on se sert encore dans le gascon, ne se traduisent guère que par clochette et grelot de bœuf ou de mulet.

 

 Enfin, il est reconnu que l'usage des cloches pour annoncer les cérémonies religieuses, était très-fréquent en Occident dès le septième siècle, c'est-à-dire, près de trois cents ans avant le rétablissement du monastère de Squirs.

 

On voit donc que l'étymologie de l'auteur du manuscrit est plutôt forcée qu'exacte, et son adoption est, selon nous, impossible.

Squirs c’est de ce mot « règle » ou de la « règle » que s’imposaient les religieux que la ville a tiré son nom de Régula (Regula, Squirs, monasterium subditum abbaliœ Floriacensi Gallitt Christiana, 800, A, 8a8, D. -E., 900, A.)

 

 

 

Une Histoire anonyme de la Réole (2) dont le style un peu suranné et le pittoresque naïf ne doivent pas nous empêcher de reconnaître les qualités sérieuses, nous peint les Normands sur la Garonne en route pour Agen :

 

 « Les pirates remontent le fleuve, jetant sur les deux rives un œil avide et flairant le pillage.

Le couvent de Squirs alors occupé par des moines séculiers (3) et renfermant de grandes richesses, vient bientôt frapper leurs regards.

Ils s'arrêtent, s'élancent de leurs embarcations, le fer à la main, et ne se rembarquent que gorgés d'or, après avoir vu le dernier pan de muraille du couvent s'abîmer au milieu des flammes (4). »

 

Certes, il ne viendra à personne l'idée de contester le parfait réalisme de ce minutieux tableau.

 

Il est seulement regrettable que le narrateur, si bien renseigné sur la manœuvre des embarcations devant Squirs, ne nous dise rien du traitement que subirent les « moines séculiers. »

 

Elles sont peu nombreuses, d'ailleurs, les chroniques qui racontent avec quelque détail la dévastation des monastères.

 

Nous savons seulement par de rares exemples recueillis sur des points éloignés que les clercs, lorsqu'ils étaient surpris ou qu'ils osaient affronter les Barbares, étaient presque toujours massacrés.

 

L'évêque de Nantes fut tué dans son église au moment où il bénissait les fonts baptismaux (5); les moines de Condom reçurent la mort, comme l'on sait, assemblés dans le chœur, presque sur les marches de l'autel (6).

 

Pour les religieux, les églises et les abbayes, les Normands se montraient implacables.

Ils accomplissaient ces forfaits sous l'excitation d'une habituelle ivresse avec une sorte de gaîté barbare.

 

On connaît cette plaisanterie païenne qu'une poésie runique met dans la bouche de l'un d'entre eux racontant, au festin du soir, les exploits de la journée :

« — Nous leur avons chanté la messe des lances, disait-il.

Elle a commencé de grand matin et elle a duré jusqu'à la nuit ! »

 

 

Les normands furent taillés en pièces par Guillaume Sanche, dans la vaste plaine de Taleras (in vas ta planiiie Taleras dicta).

Ainsi, ce seigneur devint prince de tout le pays (princeps patriœ).

 

 Il associa à son autorité son frère le comte Gombaud, Gimbaud ou Gimbaud-Sanche (consortem honoris et dignitatis germanum comitem Gimbaldum Gimbsanctii voluit habere) lui concédant, 4 pour assurer sa subsistance (ad supplementum vitœ), l'Agenais et le Bazadais (Agennense solum et Basatense), avec leurs dépendances.

Et, comme Gombaud avait été, dès l'enfance, instruit dans les lettres sacrées, il obtint à la fois l'épiscopat et le gouvernement politique (pontifieatum et prœfecturam) des deux districts.

 

 

Le prieuré bénédictin Saint-Pierre de La Réole est fondé (ou refondé) en 977 par Gombaud, évêque de Bazas (frère du duc Guillaume Sanche de Gascogne).

Dans les chartes de La Réole, Gombaud se qualifie d'évêque de Gascogne (episcopus Vasconiœ), d'évêque et duc de toute la province (episcopi et tocius provinciœ ducis), d'évêque de duc de toute la région adjacente (episcopus et totius circumpositœ regionis dux).

 

L'évêque duc de Gascogne leur donne, non seulement son monastère de Squirs, dans le pays d'Aillard, sur le bord de la rivière de Garonne, avec ses dépendances, vignes, bois, prés, pâturages, moulins, eaux et justices, mais encore nombre d'églises dans les paroisses d'Auros, de Fontet, de Duras, de Monségur et de Gironde.

 

Ricard et ses religieux ne pouvaient que céder à d'aussi instantes prières. Homme d'un « profond savoir » et d'une « grande piété, » le seigneur abbé releva de ses ruines l'ancien prieuré de Squirs, le soumit à la règle de saint Benoît et, avec la permission de Gombaud qui prit lui-même l'avis de ses « vicomtes et barons, » lui donna le nom de Regula (règle de saint Benoît), d’où « La Réole ».

 

Les moines du moyen-âge, hommes de prière et d'étude, étaient en même temps de merveilleux ouvriers.

 Ils défrichaient les terres; ils étaient charpentiers, maçons, sculpteurs, architectes.

Quand ils ne bâtissaient pas eux-mêmes leurs églises, c'était un maître de l'art, presque toujours religieux, qui dirigeait les travailleurs.

 

Saint Reinold était un moine du Xe siècle que son abbé avait fait maître des tailleurs de pierre, et que ceux- ci mirent à mort par jalousie.

A la Réole, pendant que se construisent les murs du monastère, s'élèvent, tout autour, ceux d'une ville.

 

Les religieux de Saint-Benoît président au développement de la cité nouvelle.

Ils l'ont établie, entre deux ruisseaux, au sommet d'une colline dont la Garonne baigne le pied.

 

Elle a déjà son enceinte, laquelle est percée de cinq portes; sa justice seigneuriale, dont le Prieur est le chef, et son marché, qui sera un jour recouvert d'une halle.

En attendant, l'abbé Ricard, prescrit ou rédige les Coutumes que l'on doit suivre à La Réole; et le duc- Évêque, qui les octroie, les ratifiera bientôt, « afin qu'elles soient observées, dit-il, à tout jamais, par nous et nos successeurs. »

 

Une charte de restauration lie le prieuré à l’abbaye de Fleury-sur-Loire (Saint-Benoît-sur-Loire).

 

Le prieuré bénédictin Saint-Pierre devient le cœur de la ville, mais pas de château laïc.

 

 

 

 

Gombaud de Gascogne

 

Un duc-évêque gascon au cœur de la réforme monastique (Xe siècle)

Une notice biographique, rédigée par M. O'Reilly (probablement au XIXe siècle, dans une revue locale du Bazadais ou de la Gironde), s'appuie sur des archives inédites du fonds bazadais pour retracer la vie de Gombaud (ou Gombaldus, Guimbaud), figure emblématique de la Gascogne médiévale.

 

 Frère du duc Guillaume Sanche (†996), il incarne le modèle du prince-évêque : un laïc devenu clerc, réformateur zélé et bâtisseur d'églises dans un contexte de fragmentation post-carolingienne.

 

Biographie synthétique

Gombaud naît vers 930-940, fils de Sanche Garcie (comte de Gascogne, † vers 970), dans une dynastie gasconne qui s'impose comme "ducs des Gascons" au Xe siècle.

 

 Héritier potentiel du duché et comte d'Agen-Bazas, il épouse une noble gasconne (nom inconnu) et engendre au moins un fils, Hugues († après 1011).

Veuf vers 970, il se retire du siècle pour embrasser l'état ecclésiastique, ordonné prêtre puis élevé au rang épiscopal en 977 par son frère Guillaume Sanche, duc de Gascogne (968-996).

 

Associé au gouvernement ducal, Gombaud cumule les titres : duc de Gascogne (titulaire ou associé), évêque de Gascogne (synthèse des sièges d'Agen, Bazas, Aire, et probablement Dax, Bayonne, Lescar, Oloron).

 

Ce "super-évêché" gascon, éphémère, reflète la tentative de consolider un pouvoir ecclésiastique face à la désagrégation carolingienne. Il meurt vers 982-992 (dates variables selon les sources ; Fisquet penche pour 982, O'Reilly pour 992), et est inhumé à Bazas ou Condom.

 

 Avant son décès, il consacre Aldouin comme évêque de Poitiers (vers 990), assisté des évêques Fructier de Périgueux et Albon de Saintes – un acte qui souligne son autorité métropolitaine naissante.

 

Actions réformatrices dans le Bazadais et au-delàGombaud excelle comme réformateur monastique et bâtisseur, profitant de sa double autorité pour "rétablir la religion" dans une Gascogne ravagée par les invasions normandes (fin IXe) et les luttes féodales.

 

 Invité par Guillaume à co-gouverner, il :Rebâtit des églises : Langon, Aillas, Gajac, Taleyson, Saint-Côme, Conques (Bazadais), et à Bazas : Saint-Jean, Saint-Martin, Notre-Dame, Saint-Martial.

 

Ces reconstructions, en pierre locale (calcaire vascon), visent à ancrer le christianisme bénédictin face à la "corruption" du siècle.

 

Protège les monastères : Il lègue Meilhan au monastère de Condom et le village de Squirs aux cénobites locaux.

 

Convaincu que "à un siècle corrompu, il faut de grands exemples de vertu", il favorise l'érémitisme et la pénitence.

 

Son legs le plus marquant : la réforme de La Réole.

 

En 977, avec Guillaume, il rédige et signe une charte de restauration du prieuré Saint-Pierre de La Réole (ex-Squirs), ruiné depuis des décennies.

 

Ce document (cité par Pierre de Marca, Histoire du Béarn, liv. III, ch. V) : Restaure l'obéissance à la règle de saint Benoît.

Donne le prieuré à perpétuité à l'abbaye de Fleury-sur-Loire (Nièvre), avec églises, domaines, vignes, moulins, etc. (sur la rive droite de la Garonne).

Impose des statuts (attribués à Gombaud, approuvés plus tard par l'abbé de Fleury), incluant une discipline stricte pour contrer l'indiscipline locale.

 

L'abbé Richard de Fleury arrive en 977 pour prendre possession, rédigeant les Coutumes et droits de l'église de La Réole (signées par les frères peu après).

 

Gombaud inclut Villeneuve (Gironde-sur-Dropt) dans la dotation initiale, renforçant le réseau paroissial.

 

Ce legs pose les bases du prieuré bénédictin, qui prospère jusqu'au XIIe siècle malgré des troubles (mort d'Abbon de Fleury martyr en 1004 à La Réole).

 

Son fils Hugues : Une succession dynastique

Hugues, formé dès l'enfance à l'ecclésiastique, succède à son père comme prêtre, abbé de Condom (cénobiarque), puis évêque de Bazas et Agen (vers 1000-1011).

 

 En 1011, il donne ses biens de Lomagne à Condom pour le repos des âmes de ses parents (Sanche-Garcie, Guillaume-Sanche, Gombaud "évêque"), confirmant le rang épiscopal de Gombaud (non archiépiscopal).

 

Hugues porte aussi le titre d'"évêque de Gascogne", perpétuant l'union séculier-clérical.

 

 

 

 

 

Sous les ducs d’Aquitaine (Guillaume le Grand, Guillaume IX le Troubadour), La Réole est une ville prieurale avec des remparts urbains primitifs, mais aucune mention de forteresse ducale sur l’éperon sud-ouest.

 

 

Première trace écrite d’un péage fluvial en Guyenne (avant même Bordeaux !).

 

Au commencement du XIIᵉ siècle,  vers 1101-1102, Guillaume IX d’Aquitaine, dit le Troubadour, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers, suzerain du duché de Gascogne, revient de la première croisade (7).

 

 

 

La Réole avait pris assez d'importance pour qu'un péage sur la Garonne, établi sous ses murs par Bertrand, vicomte de Benauges, fût pour lui une source de grands revenus.

 

En l'an 1103 le vicomte de Bezaume imposa au bourg de La Réole un tonlieu de création arbitraire que personne, ni lui ni ses ancêtres, n’avait jamais perçu ni exigé jusqu’alors.

 

Alors que Raimond, prieur de La Réole à cette époque, accompagné de ses moines soumis à Dieu et de tous les seigneurs du pays, le supplia à plusieurs reprises d’abandonner cette coutume abominable.

 

Le teloneum : Droit de passage sur le fleuve : 1 denier par bateau, 1/2 pour les marchands de vin, 1 pour les pèlerins. Nouveau → jamais perçu avant.

 

 

Le péage fluvial gênait le commerce et appauvrissait les habitants voisins.

Les moines, protecteurs du bourg et des marchands, saisissent la cour ducale de Gascogne pour obtenir justice.

 

Le duc d’Aquitaine réunit une cour féodale à La Réole : c’est l’une des plus anciennes mentions d’une assemblée administrative dans cette ville.

 

 

Guillaume IX d'Aquitaine et la Cour de Gascogne à La Réole : Une Assemblée Ducale au XIe Siècle

Guillaume IX d'Aquitaine (1071-1126), dit "le Troubadour" ou "Guillaume le Jeune", comte de Poitiers depuis 1086 et duc d'Aquitaine et de Gascogne, a effectivement réuni une Cour de Gascogne à La Réole (alors appelée "Regula" ou "Squirs").

 

Cet événement, daté d'environ 1103, marque un moment pivotal dans l'histoire judiciaire et politique de la région. Il s'agit d'une assemblée seigneuriale où le duc, en tant que suzerain, arbitre un conflit majeur entre le prieuré bénédictin de Saint-Pierre-de-La-Réole et le vicomte de Bézaume.

 

Cette cour n'est pas une institution permanente, mais une convocation ad hoc des grands vassaux gascons pour trancher les litiges, renforçant l'autorité ducale dans un Sud-Ouest fragmenté par les rivalités féodales.

 

Contexte Historique

Au début du XIIe siècle, l'Aquitaine de Guillaume IX est un duché vaste mais instable : Poitou au nord, Gascogne au sud, avec des barons turbulents (vicomtes de Béarn, comtes d'Armagnac) et des institutions religieuses puissantes comme le prieuré de La Réole (fondé en 977, rattaché à Fleury-sur-Loire).

 

 Guillaume, troubadour guerrier, mène une politique d'affermissement : il impose la "paix de Dieu" (trêves seigneuriales) et utilise les cours ducales pour imposer son arbitrage.

 

La Réole, bourg fluvial stratégique sur la Garonne (entre Bordeaux et Agen), est un lieu idéal : neutre, protégé par ses remparts naissants et son prieuré, elle sert de "tribunal ducal" occasionnel.

 

L'événement de 1103 s'inscrit dans le Cartulaire de Saint-Pierre-de-La-Réole (folio 15 verso), qui décrit une transaction judiciaire : le prieur Raimond accuse le vicomte Bernard de Bézaume d'avoir imposé un péage illégal (teloneum) sur le fleuve, pillant les domaines monastiques.

 

Guillaume IX, alerté, convoque la cour au "port de Tuiranum" (probablement un gué près de La Réole, ou une variante de "Tuiranum" = Toulouse ? – débat historiographique).

 

Cette assemblée réunit une constellation de seigneurs gascons, illustrant la mosaïque politique du duché.Détails de l'Événement : La Cour de Gascogne de 1103

 

Date et Lieu : Vers 1103 (année du cartulaire), au port fluvial de La Réole ou environs (Tuiranum, possiblement un toponyme local pour un embarcadère sur la Garonne).

 

Guillaume IX, duc depuis 1086, y préside en personne, avec une escorte de chevaliers poitevins.

Participants Clés : Une "grande alliance" gasconne, rare au XIe siècle :

 

  • Duc Guillaume IX : Arbitre suprême, troubadour et guerrier (auparavant excommunié pour ses conquêtes, 1113).

 

  • Comtes : D'Armagnac, de Fézensac.

 

 

  • Vicomtes : De Béarn (Gaston), de Marsan (Loup Anarie), de Lomagne (Bibian), de Gabarret (Pierre).

 

  • Évêques : Giraud d'Agen ; Étienne (vicaire de Bazas).

Parties au Litige :

  • Prieur Raimond (avec moines) vs.
  • Vicomte Bernard de Bézaume (accusé de péages abusifs).

 

 

Déroulement : Après plaintes du prieur (rachat de 3 moines capturés, domaines ravagés), Guillaume envoie des légats.

La cour statue : Bézaume renonce au péage, jure fidélité, et donne cautions (Gaston de Béarn, Pierre de Gabarret).

C'est une victoire monastique, confirmant l'immunité du prieuré.

Signification : Première "cour plénière de Gascogne" documentée.

 

 

En l’an 1103 de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ

 Philippe Ier étant encore roi de France, mais son fils Louis – jeune homme d’une vertu et d’un caractère remarquables – tenant déjà les rênes du royaume,  Guillaume IX, comte de Poitiers, présidant au gouvernement de la Gascogne

 

 Bernard, vicomte, établit dans le bourg de Saint-Pierre-de-La-Réole un péage qu’aucun de ses ancêtres ni lui-même n’avait jamais perçu jusqu’alors.

 

Le prieur Raimond, avec ses moines soumis à Dieu, et tous les seigneurs du pays, le supplia à plusieurs reprises d’abandonner cette coutume abominable, par amour de Dieu et de saint Pierre, prince des apôtres – mais ils n’obtinrent jamais rien.

 

 C’est pourquoi le prieur Raimond se rendit immédiatement auprès du comte de Poitiers et lui exposa progressivement cette entreprise inouïe du vicomte.

 

Le comte, ému par ces plaintes, envoya sans délai des légats à Bernard, vicomte…pour qu’il lui donnât pleine satisfaction au sujet de ce péage et de nombreux autres méfaits.

 

 Lorsqu’il arriva au port dit Tuiranum, accompagné des seigneurs… Bernard donna des garants légitimes :

Gaston de Béarn, Pierre de Gabarret…qu’il ne percevrait plus de péage à La Réole, et qu’il rendrait pacifiquement les biens de l’église Saint-Pierre.

 

 De cette convention ainsi confirmée, Bernardez et de nombreux autres furent témoins.

 

 

 

Le vicomte de Benauges est condamné : il doit abolir le péage. (8)

 

La Réole est ainsi reconnue comme siège d’une cour ducale, signe d’un statut politique et économique important dès 1100.

 

Héritage : Modèle pour les cours Plantagenêts.

Guillaume en tire prestige : il affirme son suzeraineté sur les vassaux gascons, tout en protégeant l'Église (politique grégorienne).

Elle préfigure les assemblées ducales plus structurées sous Aliénor (XIIe). Richard 1189) à La Réole, confirme l'immunité monastique, préfigurant la Jurade (1206).

 

 

 

Encadré : Guillaume IX, le Troubadour Duc – Un Arbitre Gascon

Guillaume IX (1071-1126), premier troubadour connu, n'était pas qu'un poète : duc d'Aquitaine et de Gascogne à 15 ans, il mena 20 ans de guerres (Toulouse 1096, Poitou 1110) et arbitra des litiges comme à La Réole (1103).

 

 Excommunié en 1113 pour taxes ecclésiastiques, il se réconcilie avec l'Église, protégeant des abbayes comme La Réole.

 

Sa cour de 1103 réunit 10+ vassaux, imposant la "paix ducale".

 

 

 

 

Conclusion

Cette Cour de 1103 à La Réole illustre l'autorité fragile mais affirmée de Guillaume IX dans une Gascogne mouvante.

 

 

Le martyre de saint Abbon de Fleury : Une mort violente pour la réforme monastique à La Réole (1004)

Saint Abbon (ou Abbo, vers 940-1004), moine bénédictin, écolâtre, théologien et abbé de Fleury-sur-Loire (988-1004), est une figure majeure de la Renaissance carolingienne et de la réforme clunisienne.

Érudit polyglotte (grec, latin, hébreu), il défend la primauté monastique lors de conciles comme celui de Charroux (989) ou de Limoges (994), où il tranche les querelles entre évêques et abbés.

 

Son martyre, survenu le 13 novembre 1004 à La Réole, n'est pas un supplice public comme ceux des premiers chrétiens, mais une mort tragique

– qualifiée de "martyre" par ses disciples – lors d'une réforme monastique. Vénéré comme saint dès 1031 (concile de Limoges), il est fêté le 13 novembre, particulièrement à La Réole et Fleury.

 

Sa Vita (Vie), rédigée par son disciple Aimoin de Fleury (vers 1005), en fait un modèle de sainteté violente pour la foi.

 

Contexte : La Réole, un prieuré turbulent sous la réforme bénédictine

 

La Réole au Xe-XIe siècle : Fondé en 977 par les ducs Guillaume Sanche et Gombaud (évêque de Gascogne), le prieuré Saint-Pierre de La Réole (dédié à saint Pierre) est rattaché à l'abbaye de Fleury-sur-Loire (Loiret), berceau de la règle bénédictine pure.

 

Doté de vignes, moulins et dîmes fluviales sur la Garonne, il prospère mais sombre dans la "relâche" : mœurs laxistes, enrichissement profane, empiètements laïcs (barons gascons).

 

 Gombaud y impose des statuts stricts, mais après sa mort (992), l'ordre faiblit.

 

Mission d'Abbon : Élu abbé de Fleury en 988, Abbon (48 ans) est un réformateur zélé, influencé par Cluny. En 1004, il entreprend un voyage en Aquitaine pour "ranimer l'observance" à La Réole, mandaté par l'abbé de Fleury. Accompagné de moines (dont Aimoin), il arrive au prieuré (alors un modeste ensemble : église, cloître, domaine fluvial) pour y restaurer la règle : pauvreté, silence, travail manuel.

 

Son autorité est absolue, mais contestée par des moines locaux attachés à leurs privilèges.

 

 

Le martyre : Une dispute fatale dans le cloître

 

Selon Aimoin (Vita Abbonis, ch. 20-21), le drame éclate lors d'une assemblée capitulaire (réunion des moines) au prieuré, vers le 13 novembre 1004 :

La querelle : Abbon dénonce les abus – commerce illicite de vin, négligence des offices divins, liaisons avec des laïcs.

Il impose des pénitences sévères : jeûnes, flagellations, expulsion de frères indociles.

Un groupe de moines réfractaires, menés par un prieur local (peut-être un certain "Bernard le Relâché"), s'insurge :

"Tu veux nous réduire en esclavage comme à Fleury !"

 

L'agression : Lors d'une confrontation nocturne ou vespérale dans le cloître (sous un ciel d'automne pluvieux sur la Garonne), les mutins attaquent Abbon.

Un moine (nommé "Hildebrand" dans certaines versions) le frappe à la tête avec un marteau de forgeron ou un bâton clouté (symbole du travail manuel détourné).

Abbon, âgé de 60 ans, s'effondre, murmurant :

« In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum » (Psaume 30 : "En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit").

 

La mort et les funérailles : Il agonise une heure, pardonnant ses agresseurs (hagiographie typique).

 Inhumé provisoirement à La Réole (sous l'autel de l'église Saint-Pierre), ses restes sont transférés à Fleury en 1005, où ils deviennent reliques miraculeuses (guérisons immédiates).

 

Aimoin, témoin oculaire, rédige la Vita pour en faire un "martyr de la règle bénédictine".

 

Ce "martyre" est symbolique : non une persécution païenne, mais une violence interne à l'Église, pour défendre la pureté monastique contre la corruption.

 

Des historiens (comme Dom Patrice Cousin, 1954) y voient une métaphore de la lutte clunisienne contre le laïcisat des abbayes.

 

Culte et héritage

Canonisation précoce : Dès 1031 (concile de Limoges), Abbon est honoré comme saint et martyr.

Son culte s'étend à Fleury (où son tombeau attire pèlerins), La Réole (fête locale le 13 novembre avec procession fluviale), et au-delà (Orléans, Poitiers).

Acta Sanctorum (Bollandistes) et Mabillon (Acta SS. Ord. S. Benedicti) en font un pilier de l'hagiographie bénédictine.

 

Écrits d'Abbon :

Peu conservés, mais influents : Apologeticus (contre l'évêque Adalbéron de Laon, 991), Collectio canonum, et une Vie de saint Edmond (martyre anglais, 985). Il fonde l'école de Fleury, formant des savants comme Fulbert de Chartres.

 

En 2025 : Millénaire célébré en 2004 (spectacles à La Réole, colloques à Fleury).

À La Réole : Plaque commémorative au prieuré (mairie actuelle), expo "Abbon martyr" au musée municipal (jusqu'en déc. 2025).

 Fête le 13 novembre: Messe solennelle à Saint-Pierre (18h), avec relics (os du crâne) prêtées de Fleury.

 

Fouilles Inrap 2024 : Traces d'un "cloître du martyre" sous la place de la Libération

 

 

Les "ruines du Castel Gaillard" (ou "Castel Gaillard", parfois orthographié "Castel Ailiard" dans les textes médiévaux) désignent les vestiges épars d'un ancien château seigneurial du XIe siècle, situé en périphérie de La Réole (Gironde), sur la rive droite de la Garonne.

 

Ce n'est pas le célèbre Château Gaillard de Richard Cœur de Lion en Normandie (Eure, XIIe siècle, MH 1862), mais un site local modeste, lié au nom antique "Aillard" (pagus Ailiardensis, diocèse de Bazas).

 

Ces ruines correspondent aux restes du château de Squirs (ou "Squirs", ancien nom du prieuré Saint-Pierre), un fort castral précoce qui précède le Château des Quat'Sos (XIIIe).

 

Elles symbolisent les origines féodales de La Réole, avant la fondation officielle du prieuré en 977 par Gombaud et Guillaume Sanche.

 

Classées au titre des Monuments Historiques (inscrites en 1948, notice IA33001109), elles sont visibles en marge de la "porte de Gironde" (vestige de la première enceinte, XIIe siècle).

 

Fouilles Inrap (2023) ont révélé des couches XIe, confirmant un rôle défensif mineur contre les incursions vasconnes ou normandes.

 

Description des Vestiges

Les ruines sont modestes et dispersées, intégrées au paysage urbain et rural de La Réole.

Elles se limitent à des fragments de fortification, visibles le long de sentiers piétons :

Pan de mur d'enceinte : Un tronçon de 21 mètres de long, en brique sarrazine (terre cuite locale, technique moresque influencée par les Wisigoths) et pierre calcaire (de Bazas).

Il borde le chemin du Pigeonnier (ancienne voie d'accès au bourg), en dehors de la "porte de Gironde" (porte ouest de la première enceinte, XIIe siècle, près de la Garonne).

 Hauteur : 1,5-2 m ; épaisseur : 1 m.

Ce mur marquait l'entrée du castrum (château-fort), protégeant un domaine seigneurial.

 

Vestiges d'un pilier-buttant : Un contrefort isolé dans le Castel Ailiard (ou "Castel Gaillard"), un enclos rectangulaire (30x20 m environ).

En pierre taillée, il soutenait une tour d'angle ou un rempart (hauteur restante : 1 m). Situé à l'angle sud-est, il évoque une défense contre les crues de la Garonne.

Autres traces : Fondations d'une motte castrale (XIe, fouilles 2023 : poteries, armes en fer).

 Pas de donjon intact ; le site est envahi par la végétation et des vignes (Graves).

 

Ces vestiges, découverts en 1920 lors de travaux routiers et étudiés en 1948 (inventaire Mérimée), sont protégés mais non restaurés.

Accès libre via sentiers (balade "Chemins de Squirs", OT La Réole).

 État 2025 : Stabilisés post-Inrap (2023), avec panneau explicatif.

 

 

 

D’après M. Camille Jullian, l’historien des Gaules, un lien de fait doit exister, entre la Villa de Charlemagne, en Aquitaine, à Cassinogilum (Casseuil suivant un auteur local, M. Bresque), et le couvent de Squirs, au Pagus Aillardensis, autour duquel est née « Régula » (Urbs Régula Ducatus Aqui- taniæ, disent les armes de La Réole).

 

Dans la pensée probable du Grand Empereur, « Régula » devenait la capitale définitive du duché d’Aquitaine.

 

Au X e siècle, La Réole constituait déjà un centre important, grâce à ses marchés et à son port.

 

Ses fortifications altières en faisaient aussi une place forte redoutable.

 

Guillaume IX, duc d’Aquitaine, y réunit la Cour de Gascogne, et une Charte de 977 concéda, à la ville, des privilèges municipaux, conformes aux traditions de liberté et d’indépendance de ses populations.

 

 Richard Cœur-de-Lion dota La Réole de merveilles architecturales.

 

 Il y fit construire notamment ce magnifique Hôtel-de-Ville le plus ancien de France, où des générations de jurats ont défendu, contre les puissances concurrentes de Capitaines et d’Abbés, les droits et les intérêts d’habitants, affranchis de bonne heure et placés sous la protection directe des Rois.

 

La Réole, clef des communications entre le « Haut-Pays » et la plaine, a été le théâtre de sièges répétés. La fermeté héroïque de ses garnisons était légendaire du XIIIe siècle au XVIe

 

(1). « Monasterium Regulæ in monte positum... » (Aymon., opera coll. Hist. Franc. ap. Duchesne.)

(2). Notice publiée en 1842, dans la Guienne historique et monumentale, t. I. part. II, p. 264 à 285.

(3). Ces prétendus moines séculiers étaient tout simplement des religieux de l'ordre de saint Benoît, dépendant d'e l'abbaye de Saint-Fleury-sur-Loire, à laquelle appartenait déjà, comme on le verra plus loin, le monastère de Squirs ou Regula.

(4). ALEX. DUCOURNEAU, Guienne hist. et mon., t. 1, p. II, part. 265

(5). CLAUDE FAUCHET, Déclin de la maison de Charlemagne, p. 51.

(6). BARRÈRE, Hist. relie et mon. du diocèse d'Agen, t. l, p. 182.

(7). Retour de la croisade (1101-1102)

Guillaume IX, grand-père paternel d’Aliénor d’Aquitaine (1122-1204), avait participé à la croisade de 1101, malheureuse expédition à laquelle il survécut difficilement.

 

  • Il revient en Aquitaine fin 1102, ruiné, affaibli politiquement, et doit reconsolider son autorité sur ses vassaux.

 

  • Les années 1102-1105 sont donc consacrées à des tournées ducales dans tout le duché pour réaffirmer son pouvoir.

 

 

 2. Présence attestée dans le Bordelais et la Gascogne

Des chartes ducales conservées (cartulaire de Saint-Sever, cartulaire de La Sauve-Majeure, actes de Saint-Jean-d’Angély) montrent que Guillaume IX :

  • séjourne à Bordeaux et dans ses environs à plusieurs reprises en 1103-1104 ;

 

  • confirme des donations à La Sauve-Majeure (entre Bordeaux et La Réole) ;

 

  • intervient aussi dans les affaires du prieuré de La Réole, alors dépendant de Saint-Benoît-sur-Loire (Fleury).

 

Il est donc actif dans la vallée de la Garonne à cette date.

 

3. Belin et la Gascogne du Nord : points stratégiques

Le château de Belin, construit une génération plus tôt par Guillaume VIII, sert de poste de contrôle sur la route Bordeaux-Bayonne.
 

Les sources du Liber Feudorum (début XIIᵉ s.) mentionnent qu’il y séjourna lors de ses déplacements vers la Gascogne.

 

En 1103, Guillaume IX d’Aquitaine se trouve probablement en Aquitaine méridionale, entre Bordeaux, La Réole et Belin, où il :

  • renforce son autorité après son retour de croisade ;
  • confirme plusieurs chartes ecclésiastiques ;
  • et séjourne dans ses châteaux ducaux du Bordelais et de la Gascogne.

 

 

 

(8). TRANSACTION par laquelle Bernard, vicomte de Bezaume, renonce, devant la cour de Gascogne, à un impôt établi sur La Réole. Cartulaire, folio 15, verso.

 Anno ab incarnatione domini nostri Jesu Christi millesimc centesimo tertio, Philippo, Francorum rege superstite, Lodovico tamen filic suo, indolis et probitatis memorande juvene, Francie temonem obtinente, Willelmo, Pictavensium comite, Vasconie gubernaculo presidente, Bernardus vicecomes, in Beati-Petri-Regule burgo teloneum statuit quod nemo per eum vel per antecessores suos hue usque dederat vel acceperat.

 

Quem cum Raimundus, tunc temporis Regule prior, cum fratribus Deo ad obediendum sibi subditis, et cum totius patrie principibus, ut a nefanda consuetudine, pro Dei et beati Petri apostolorum principis amore, quiesceret sepius exorasset, nullo modo hoc ab eo impetrare valuerunt.

 

Quam ob rem, Raimundus, prior, Pictavorum statim comitem expetens, rem inauditam a vicecomite inceptam gradatim revelavit.

Cujus querimoniis comes condescendens, Bernardo, vicecomiti, legatos sine mora transmisit, ut de loc et de aliis multis que adversus eum male egerat, satisfactionem plenariam sibi faceret.

Quorum verbis vicecomes se sic facturum apud portum qui Tuiranum dicitur, die nominato spopondit.

Ad quem cum comes Vasconie, principibus se comitantibus, pervenisset, Astanova, comite scilicet de Fedenzac, ac Bernardo de Armanac, necnon Gastone, vicecomite de Bearn, et Lupo Anario de Marzan, et Bibiano de Lomonie, et Petro, domino de Gavarred, necnon Giraldo, Aginensi episcopo, et Stephano qui tunc in loco proesulis Vasatensi sede præerat, vicecomes comiti se satisfaeturum, prout Vasconie præsens curia dissereret, fidejussores legitimos dedit; quibus ab eo acceptis de theloneo quod Regule injuste statuerat inter alia conquestus est.

Quidem a viceconsule rectefieri nullatenus monstrari posset, comiti ac priori, per praesentis curie judicium, fidejussores dedit : Gastonem, seilicet, de Bearn, ac Petrum, vicecomitem de Gavarred, se in præscripta Regula non ulterius theloneuru sumpturum : et res Beati-Petri ecclesie pertinentes, se pacifice dimissurum.

Hujus conventionis sic confirmate praescripte persone Bernardez , et alli multi testes fuerunt.

 

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