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PHystorique- Les Portes du Temps
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30 novembre 2025

Le courage d’Hugues Tizon de La Rochefoucauld, évêque d’Angoulême face à Henri II, roi d’Angleterre

 

Hugues II de La Rochefoucauld, évêque d’Angoulême au XIIe, est connu pour sa piété et son opposition à l’ingérence royale.

 

Hugues II Tizon de La Rochefoucauld (ou Hugo Rupis-fulcaldi) est nommé évêque siècle (11 juin 1149-12 août 1159) sous l'influence d'Aliénor d’Aquitaine.

 

Depuis son jeune âge, il avait observé la chasteté et la pureté, évitant même avec pudeur les paroles qui corrompent les bonnes mœurs.

 Il était humble en tous ses actes, gracieux dans son discours, sans aucune trace de rusticité ; bien qu’il fût encore jeune ou d’apparence modeste, il était pourtant extrêmement éloquent dans ses prédications.

Imbu des arts libéraux, il s’était attaché à maître Gislebert en Gaule et l’avait particulièrement suivi en théologie.

 

Père : Pierre de La Rochefoucauld : Pierre est généralement reconnu comme le père de Hugues II dans les généalogies de la famille de La Rochefoucauld, un fief clé situé sur une colline dominant la vallée de la Tardoire, et vécut probablement à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle (vers 1070-1130).

 

Pierre était un vassal des comtes d’Angoulême (Taillefer) et des ducs d’Aquitaine, renforçant les liens entre la famille et l’Église locale, ce qui facilita la carrière ecclésiastique de Hugues, mais Hugues incarnait l'indépendance de l'Église locale face aux ambitions laïques.

 

Mère : Édoard (ou Édouarde) : Le nom de la mère de Hugues apparaît dans certaines sources comme Édoard ou une variante (peut-être une forme latinisée ou un nom mal transcrit). Elle était probablement issue d’une famille noble aquitaine ou poitevine, bien que son identité exacte reste incertaine.

 

 

 

Sa confrontation avec Henri II Plantagenêt (roi d’Angleterre et d’Aquitaine) illustre les tensions entre l’Église et la couronne sur les droits d’élection ecclésiastique.

 

Épisode clé : L'opposition à l'ingérence royale dans l'élection de l'archevêque de Bordeaux (vers 1158-1160) :

 Le conflit principal opposant Hugues II à Henri II survint lors de l'élection de l'archevêque de Bordeaux après la mort de l'archevêque Geoffroi du Loroux (En mars 1152, il préside le concile de Beaugency qui prononce l'annulation du mariage de Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine, qu'il avait mariés en 1137 à Bordeaux.)

 

Lorsque Geoffroy de Bordeaux décéda, les chanoines de Bordeaux portèrent leur voix pour l’élection d’un nouvel archevêque, choisissant parmi les candidats des diocèses d’Angoulême, d’Agen, de Poitiers, de Saintes et de Périgueux.

 

Alors qu’ils discutaient secrètement de cette élection, Henri, roi d’Angleterre et d’Aquitaine, s’immisça dans leur conseil, les suppliant de choisir un fidèle à la cour Plantagenêt, Jean de Sèvres (autrement appelé Sechius), maître des écoles de Poitiers, comme archevêque ;

Le roi lui-même, présent, voulait assister à l’élection pour qu’aucun des évêques n’ose dire quoi que ce soit contre sa volonté.

Mais, en présence du roi, lesdits pontifes, terrifiés, restèrent dans un silence stupéfait ; seul Hugues II, évêque d’Angoulême, osa protester publiquement :

 

« Seigneur roi, il ne nous est pas permis, à nous à qui l’élection a été justement confiée, de traiter de cette élection en votre présence ; aussi longtemps que vous serez avec nous, nous nous tairons sur les affaires ecclésiastiques et l’ordination qui nous ont été confiées, et celui qui a été initialement proposé par notre voix (ou plutôt la vôtre) ne sera plus promu par nous. »

Cette déclaration, rapportée dans des chroniques ecclésiastiques (comme les Gesta ou des vies d'évêques), humilia Henri II, qui quitta la réunion "rempli d’une grande rancune".

 

L'élection aboutit finalement à un compromis, avec Pierre de La Jaglière comme archevêque, mais l'incident marqua Hugues II comme un défenseur zélé des privilèges canoniques.

 

Autres tensions : Hugues II s'opposa également à des réformes ducales imposant des taxes sur les biens ecclésiastiques ou des garnisons dans les évêchés.

 

 En 1163, lors d'un synode à Tours, il soutint les positions papales contre les ingérences laïques, aligné avec Alexandre III (pape contesté par Henri II).

Ces oppositions mineures contribuèrent à une hostilité latente, sans escalade militaire.

 

 

 

 

 

Quant à l’auguste malade, il reçut le saint viatique et l’extrême-onction et s’endormit dans le Seigneur le douze août 1159, étant à peine âgé de 60 ans.

 

Les pleurs et les lamentations de son clergé, de la noblesse et de tous les fidèles accompagnèrent les obsèques de ce saint prélat.

Il fut inhumé dans la cathédrale près du mur septentrional (1).

Il y a été trouvé lors des dernières réparations.

Son crâne percé par le trépan, témoignait encore des terribles secours que lui prodigua en vain l’art de la médecine » (2)

 

 Mgr Cousseau fit replacer ses restes au même lieu le 13 mai 1862 avec cette inscription :

A

HIC ITERUM  HUGONIS SUNT OSSA SEPULTA TISONIS

QUI FORTIS DENOS HIC SEDIT EPISCOPUS ANNOS

DUM F0VET ILLE GREGEM, CONSTANTI PECTORE REGEM

ARCET SACRA AUSIS VIOLANTEM JURA PROFANIS

OBIIT PRIDIE IDUS OCTOBRIS ANNO AB INCARN. MCLIX (3).

 

Ici sont ensevelis pour la seconde fois les os de l'évêque Hugues Tison, qui occupa vaillamment ce siège durant dix ans. Tout en entourant son troupeau de son constant amour, il sut repousser un Roi dont les sacrilèges tentatives violaient les droits de l’Eglise. Il mourut le 12 août, l’an de l’Incarnation 1159.

 

 

 (1) Historia Pont. et Comit., cap. XXXVIII, ad finem.

 (2) Mgr Cousseau, Discours cité, p. 7.

(3) Le texte de l’Histoire des Evêques produit par Mgr Cousseau lui-même porte Pridiè idus augusti, le 12 août (Voir Discours déjà cité, p. 21). C'est donc par distraction qu’on a gravé sur la pierre idus octobris, distraction qui peut s’expliquer par la suite du texte : Cessavil Episcopatus usque ad idus octobris sequentis.

 

 

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