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PHystorique- Les Portes du Temps
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29 novembre 2025

1080 le prieuré SAINT-FERME DE BAZAS donné à St Florent de Saumur : Guy-Geoffroi comte de Poitou et duc d’Aquitaine, l’évêque de Bazas, les vicomtes de Gensac et Castillon

Dès le milieu du XIᵉ siècle, les Gensac figurent parmi les premiers barons de la Basse-Guyenne, proches des familles vicomtales (Bezeaume → Bégadan / Bézaume).

 

Les Gensac, principes castella tenentes et le castrum de Gensac (milieu xie - milieu xiie siècle)

 

Principes castella tenentes = « princes tenant un château fort », expression rare et flatteuse, indiquant une seigneurie très autonome, intermédiaire entre la haute noblesse vicomtale et les puissants châtelains d’Aquitaine.

Leur territoire se situe entre Bezeaume, La Réole, Duras, Saint-Ferme, dans une zone clef du diocèse de Bazas.

 

Les seigneurs de Gensac sont presque aussi anciennement attestés que les vicomtes de Civrac, mais on suit plus difficilement leur succession.

 

 Entre 1031 et 1060, Raimond de Gensac, premier du nom connu, est en première position après Artaud, probable frère du vicomte de Bezeaume, parmi ceux qui jurent de respecter la fondation de la sauveté établie in territorio Ambegalmensi, c’est-à-dire en Bezeaume, autour de l’église Sancta Maria de Landerore au profit de Saint-Sernin de Toulouse par le vicomte Arnaud-Guilhem.

 

Entre 1079 et 1095, un autre Raimond de Gensac apparaît à plusieurs reprises dans les cartulaires de La Réole, de Saint-Florent de Saumur et de La Sauve Majeure.

 

En 1080, il donne l’abbaye de Saint-Ferme à Saint-Florent de Saumur.

 

Raymond II épouse à la fin du xie siècle Ermengarde, veuve d’Hélie seigneur d’Aubeterre, fille et sœur d’un comte de Périgord, qui porte le titre de domina de Genzac.

L’aîné de leurs deux fils, Guilhem Raimond dit le Vieux, succéda à Raimond dans la première moitié du xiie siècle.

 

 Le rang des Gensac se lit à nouveau dans le mariage de Guilhem-Raimond Ier avec Guiraude, fille d’un vicomte de Navarre et sœur de Pierre Ier, vicomte de Dax.

Un de leurs fils, Raimond-Arnaud, succéda à son oncle Pierre et devint vicomte de Dax.

C’est un second fils, Guilhem-Raimond II dit le jeune, qui assura de son côté la succession de Gensac .

À la mort de Guilhem-Raimond Ier Guiraude se remaria après sa mort à Guillaume-Amanieu, vicomte de Bezeaume.

II. Gensac au temps des Réformes grégoriennes (1079–1095)

Raimond II de Gensac (probablement fils ou parent du premier) apparaît dans :

  • le Cartulaire de La Réole,
  • le Cartulaire de Saint-Florent de Saumur,
  • le Cartulaire de La Sauve-Majeure.
Acte majeur : la donation de l’abbaye de Saint-Ferme (1080)

Il remet l’abbaye, alors décrite comme une « caverne de voleurs », à l’abbé Guillaume de Saint-Florent.
Acte confirmé :

  • par Wido, duc d’Aquitaine (Guy-Geoffroy / Guillaume VIII) dans sa tour de Bordeaux,
  • en présence du vicomte de Dax, du vicomte de Lomagne et de Pierre de Castillon.

 

Importance politique :
Le seigneur de Gensac apparaît alors comme un
acteur central dans la réforme monastique en Bazas, ce qui confirme sa puissance seigneuriale.

 

III. Le prestige matrimonial : entrée dans les réseaux comtaux

Raimond II de Gensac

À la fin du XIᵉ siècle, il épouse :

Ermengarde de Périgord
  • veuve d’Hélie, seigneur d’Aubeterre,
  • fille et sœur des comtes de Périgord,
  • qui porte le titre de domina de Genzac.

 

 Cela indique que la seigneurie de Gensac est suffisamment importante pour être donnée en dot à une princesse de haut lignage comtal.

 

Ils ont deux fils :

  1. Guilhem-Raimond I (le Vieux)
  2. (probablement) Pierre ou Raimond-Arnaud, selon les reconstitutions.

 

IV. La génération prestigieuse du milieu du XIIᵉ siècle

Guilhem-Raimond I de Gensac († vers 1130–1140)

 

Il épouse :

Guiraude,
  • fille d’un vicomte de Navarre,
  • sœur de Pierre Ier, vicomte de Dax.

 

 Cette alliance élève encore le statut de la famille, désormais connectée :

  • aux vicomtes de Navarre,
  • aux vicomtes de Dax,
  • aux comtes de Périgord.
Leurs enfants :
  • Raimond-Arnaud de Gensac,
    → devient
    vicomte de Dax après son oncle Pierre (cas unique d’ascension vicomtale).
  • Guilhem-Raimond II (le Jeune)
    → hérite du castrum de Gensac.
Veuvage de Guiraude

Après la mort de Guilhem-Raimond I, Guiraude épouse :

  • Guillaume-Amanieu, vicomte de Bezeaume.

 Ce mariage montre que les Gensac sont désormais au cœur des échanges matrimoniaux vicomtaux de la région.

 

 

 V. Statut politique (milieu XIᵉ – milieu XIIᵉ)

Les Gensac :

  • possèdent un castrum important, contrôlant les routes entre Bordeaux, Duras et La Réole ;
  • sont alliés aux vicomtes de Navarre, de Dax, de Lomagne, de Bezeaume ;
  • interviennent activement dans l’Église (réforme de Saint-Ferme) ;
  • gravitent dans l’entourage direct des ducs d’Aquitaine.

 

Ils constituent une principauté locale puissante, comparable aux :

  • Castillon,
  • Benauges,
  • Civrac,
  • Coutras,
  • Montpezat.

 

 

 

1080 le prieuré SAINT-FERME DE BAZAS donné à St Florent de Saumur : Guy-Geoffroi comte de Poitou et duc d’Aquitaine, l’évêque de Bazas, les vicomtes de Gensac et Castillon

 

 

 

Milieu de juin 1080. — Don par Raimond, évêque de Bazas, et par Raimond, vicomte de Gensac, pour le salut de leurs âmes et de celles de leurs parents, à l'abbé Guillaume et aux religieux de Saint-Florent, du monastère de Saint-Ferme et de tous ses biens, afin qu'ils corrigent les vices des moines qui y mènent une mauvaise vie et qu'ils en fassent un prieuré ou tout autre établissement qu'ils voudront.

 Gui, comte de Poitou, étant dans sa tour de Bordeaux, confirme cette donation, de laquelle fut notamment témoin Pierre de Castillon.

 

 

 

Voici une explication historique détaillée du document que vous citez — un acte extrêmement intéressant, daté de juin 1080, concernant Saint-Ferme, Saint-Florent de Saumur, l’évêque de Bazas, le vicomte de Gensac, et Gui, comte de Poitou et duc d’Aquitaine.

 

 

Contexte historique (vers 1080)

Le « Sancti Fremerii coenobium » est un monastère ancien, situé à Saint-Ferme (aujourd’hui en Gironde, près de Sauveterre-de-Guyenne), alors dans le diocèse de Bazas.

Avant 1080, Saint-Ferme était un monastère indépendant, assez ancien (probablement haut Moyen Âge), mais tombé en décadence :
les moines y « maie vivent » (mènent une mauvaise vie), selon l’acte.

 

 

Le monastère de Saint-Ferme (Saint-Ferme-de-Bazas) appartient à l’ancien réseau monastique aquitain mais est dans un état de relâchement moral et disciplinaire.
Cette situation est fréquente avant la réforme clunisienne.

La tour du Palais de l’Ombrière, résidence officielle des ducs d’Aquitaine à Bordeaux

C’est le siège du pouvoir ducal à Bordeaux depuis le XIᵉ siècle.

 

Le Palais de l’Ombrière (Palatium Umbrariae) était :

  • la résidence ducale,
  • la cour de justice,
  • et le lieu où étaient scellées les chartes aquitaines.

Dès le XIᵉ siècle, les ducs y résident régulièrement.
 

On sait par plusieurs actes contemporains que :

  • Guy-Geoffroi d’Aquitaine y séjourne,
  • Aliénor d’Aquitaine y tiendra sa cour plus tard,
  • les Plantagenêt utilisent aussi ce palais comme base.

 

 

Description de la tour

Même s’il n’en reste presque rien aujourd’hui, les textes médiévaux permettent d’en dire ceci :

  • C’était une tour résidentielle intégrée au palais de l’Ombrière,
  • probablement de type tour-maison (donjon habitable),
  • utilisée pour les audiences privées,
  • lieu de garde du trésor et des archives.

Elle se situait près de l'actuelle place du Parlement / cours Alsace-Lorraine.

 

 

 

En juin 1080 :

  • Le mouvement réformateur (Cluny, Marmoutier, Saint-Florent de Saumur) étend son contrôle sur les monastères du Sud-Ouest.
  • Saint-Ferme est placé sous l’autorité de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur, à la demande des seigneurs locaux.
  • L’évêque de Bazas, le vicomte de Gensac et plusieurs notables décident de « réformer » le monastère.

 

C’est dans ce contexte qu’intervient l’acte.

 

Analyse diplomatique

L’acte est une donatio cum subjectione :
→ on « donne » le monastère à Saint-Florent pour qu’il soit réformé.
→ Le comte de Poitou, Gui-Geoffroi, intervient comme suzerain et confirme.

 

Les éléments caractéristiques :

  • Invocatio : In nomine Patris…
  • Narrant : description du mauvais état du monastère.
  • Donatio : remise de Saint-Ferme à Saint-Florent.
  • Confirmatio laica par Gui.
  • Testes nommés.
  • Datation : année 1080, règne de Philippe Ier, pontificat de Grégoire VII.

 

Motifs du don
  • Pour la rémission de leurs péchés
  • Pour qu’on réforme la vie monastique (« pio emendatione viciorum monachorum »)
  • Et pour que Saint-Florent puisse en faire :
    • un prieuré,
    • ou tout autre établissement qu’ils voudraient.

C’est donc un cas classique de réforme clunisienne / angevine appliquée en Gascogne par Saint-Florent.

 

 

Qui sont les personnages ?

 

• Gui, comte de Poitou (Gui-Geoffroi, dit “Guy de Poitiers”)

Il s’agit très probablement de :

Guy-Geoffroi / Gui-Guillaume VIII,
comte de Poitou et duc d’Aquitaine (fils de Guillaume VII),
mort en 1086.

Il tenait Bordeaux, d’où sa confirmation « in turre sua Burdegalae ».

Cela place clairement Saint-Ferme dans l’orbite directe du duc d’Aquitaine.

 

 

• Raimond (Raymond), évêque de Bazas

Évêque attesté dans les années 1070–1090. Un partisan des réformes grégoriennes.

 

• Raimond, vicomte de Gensac

Seigneur important du Bazadais et du haut Entre-deux-Mers. Gensac (Gentiacum) est un vicomté puissant associé aux anciens comtes de Bazas.

 

 

• Pierre, vicomte de Castillon (Petrus de Castellione)

Vicomte de Castillon-la-Bataille, grande famille bazadaise.

 

• Gumbertus et Oliverius

Deux moines de Saint-Florent de Saumur, présents comme représentants officiels de l’abbé Guillaume.

 

Cela confirme le cadre territorial : Bazas – Gensac – Castillon – Bordeaux.

Voici une traduction fluide, fidèle mais lisible :

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Raymond, évêque de Bazas, et Raymond, vicomte de Gensac, ont donné à Dieu, à l’abbé Guillaume et à ses moines, pour la rémission de tous leurs péchés et pour le salut des âmes de leurs pères, le monastère de Saint-Ferme, avec tous ses biens, afin que, par une pieuse réforme, ils corrigent les vices des moines qui y mènent une mauvaise vie, et qu’ils en fassent un prieuré ou tout autre établissement qu’ils voudront.

Cette donation fut confirmée par Gui, comte de Poitou, à Bordeaux, dans sa tour.

Il y eut de nombreux témoins et auditeurs de cet acte. Parmi eux :
le même Raymond, évêque de Bazas ;
Raymond, vicomte de Gensac ;
Pierre de Castillon, vicomte ;
le seigneur Gumbert,
et le seigneur Olivier, moines professes du susdit monastère de Saint-Florent.

Mais comme l’énumération d’un si grand nombre de témoins serait fastidieuse, et selon la parole de Notre Seigneur Jésus-Christ : « Par la bouche de deux ou trois témoins toute parole est établie », nous avons omis les autres.

Cet acte fut fait, sans aucun doute, en l’an de l’Incarnation du Seigneur 1080, comme plusieurs l’ont calculé en “compte millésimal”, sous le règne de Philippe, roi des Francs, et sous le pontificat du pape Grégoire, que l’on nomme Hildebrand.

† Signe de Raymond l’évêque.
† Signe de Raymond le vicomte.
† Signe de Guillaume le clerc.

 

Portée historique

Cet acte est un exemple classique de :

réforme monastique dans le Sud-Ouest sous Grégoire VII,
pénétration de Saint-Florent de Saumur dans la région (comme Cluny et Marmoutier),
affirmation de l’autorité des ducs d’Aquitaine en Gascogne,
restructuration disciplinaire des monastères.

Il témoigne aussi du rôle des vicomtes de Gensac et de Castillon dans la politique religieuse locale.

Après 1080

Saint-Florent installe une communauté réformée et fait de Saint-Ferme un prieuré dépendant de Saumur.

Saint-Ferme restera un des prieurés les plus importants de Saint-Florent dans le Sud-Ouest aux XIIᵉ–XIIIᵉ siècles.

 

 

 

DE SAINT-FLORENT, PRÈS SAUMUR l5

Livre Rouge, fol. 43, avec la rubrique CONCORDIA INTER

NOS ET CANONICOS VASATENSES TERMINATA.

VI.

In nomine patris et filii et spiritus sancti, amen.

Raimundus, Vasatensis episcopus, et Raimundus de Gentiaco dederunt Deo et domno abbati Willelmo et monachis ejus, pro remissïone omnium peccatorum suorum et pro salute animarum patrum suorum, scilicet pio emendatione viciorum monachorum in codem loco maie viventium, Sancti Fremerîi coenobium, cum omni facultate rerum suarum, ad ccllam atque ad quicquid voluerit agendum ;

quod donum concessît Wido, cornes Pictavensium, Burdegale, in turre sua.

Ex qua re autem extiterunt visores et auditores multi, ex quibus vero fuit unus ipse Raimundus, Vasatensis episcopus, et Raimundus de Genziaco, et Petrus de Castellione vicecomes,et domnus Gumbertus et domnus Oliverius, monachi professi jam supradicti Sancti FIorentii.

 Sed quia narratio tantorum virorum multum est fastidiosa, sicut dixit dominus noster Ihesus Christus : « in ore duorum vel trium testium satis sufficiendum est starc omne verbum », alios in pretermissione posuimus.

 

Actum fuitautcm procul dubio hoc scriptum anno ab incarnatione Domini MLXXX°, sicut computatum est a multis latine in milium compoto : régnante Phtlippo Francorum rege, tempore Gregorii pape qui Auldebrannus dicitur in vocitatione.

Signum Raimundi episcopi -+-. Signum Raimundi vicecomitis -+-. Signum Willelmi clerici -+-.

Livre Noir, fol. 88 v°, avec la rubrique ITEM DE SANCTO FREMERIO.

VII.

 

 

 

 

 

donatio confirmée à Bordeaux par le comte de Poitou — expose sans équivoque :

1) Le monastère est devenu “une caverne de voleurs”

spelunca latronum domus Dei
Phrase forte, typique du vocabulaire de la réforme grégorienne.

 

Il ne s’agit pas forcément d’un brigandage littéral, mais d’une accusation morale : les moines vivent mal, pillent peut-être les biens de l’abbaye, négligent la règle.

2) L’abbaye Saint-Florent de Saumur accepte à contre-cœur

magnis et importunis precibus, vix ut fieret impetrarunt
Littéralement :
« Ils n’obtinrent cela qu’à grand-peine et après de pressantes supplications. »

Cela signifie :

  • Saint-Ferme était dans un état déplorable.
  • Saint-Florent, pourtant très expansionniste, n’en voulait pas au départ.
3) Liste des témoins prestigieux

Le texte est très précis :

  • Raimond, évêque de Bazas
  • Raimond “junior” de Gensac (le vicomte)
  • Petrus…cellionensium proconsul (Pierre, seigneur de Castillon)
  • Odo de Lomanni (Lomagne)
  • Raimond Arnaraus, vicomte de Dax
  • Deux moines de Saint-Florent : Gumbertus et Oliverius

 

On voit que l’opération a un rayonnement politique régional majeur.

5) Confirmation par l’archevêque d’Auch, à Condom

Le moine Olivier de Saint-Florent se rend :

ad archiepiscopum Ausciensem, apud Comdonense cenobium
à l’abbaye de Condom (alors dans le diocèse d’Agen, dépendant d’Auch).

 

L’archevêque confirme que :

  • les moines de Saint-Florent ont bien pris possession du lieu
  • les anciens moines “vicieux” ont été expulsés par l’évêque de Bazas

 

 

SAINT-FERME DE BAZAS.

30 juin 1080. — Autre donation des mêmes, ajoutant aux termes de la précédente :

1° que l'abbaye ornée par les reliques de saint Ferme, martyr, est devenue une caverne de voleurs;

2° que les abbé et religieux de Saint-Florent ont eu beaucoup de peine à l'accepter;

3° que les vicomtes de Lomagne et de Dax étaient au nombre des témoins, et

4° que l'archevêque d'Auch a confirmé cette donation, étant au monastère de Condom.

In nomine patris et filii et spiritus sancti, amen.

Memoria litteralis multorum annorum curriculis perstat fidelis * fitque certum inditium presentibus ac futuris de rébus incognitis et antiquis; tradendum est igitur tam utili documento memorie qualiter in dictiones Sancti Florcntii devenit quondam locus Sancti Fremerii.

Raimundus siquidem, Vasatensis episcopus, ac Raimundus de Genciaco, in quorum dominîo et potestate predictus inerat locus, videntes quia diutius male a malis habitatoribus tractaretur, fieretque spelunca latronum domus Dei in tantum profecto ut nequaquam posset emendari, sanctitati compassi sunt loci illius, quem ornabat margaretum prcciosissimum, martyr videlicet Christi Fremerius.

Habuerunt ergo secum commune consilium ut darent illum Sancto Florentio et domno abbati Willelmo monachisque ejus, pro redemptione animarum suarum suorumquc parentum, ad cellam, cum omnibus possessionibus prediorum ecclesiarumque ad eundem locum pertinentium :

 quatenus, sub eorum regimine, et monachorum ibidem male viventium vitia emendarentur et Deus ibi a suis fidelibus deinceps bene ac regulariter serviretur; sed hoc pro certo magnis et importunis precibus, vix deniquc ut ficret impetrarunt.

Concessit autem gratanter hoc donum Sancto Florcntio Wido, dux Aquitanorum, in turrî sua Burdigale; interfueruntque donacioni huic testes et auctores quamplurimi, ex quibus, aliis pretermissis, fuerunt :

Raimundus ipse Vasatensis episcopus, et junior de Gentiaco Raimundus, Petrus quoque …cellionensium proconsul, et Odo de Lomanni et Raimondus Arnaraus vicecomes de Ax; et de monachis Sancti Florentii  duo : domnus Gumbertus et domnus Oliverius

Id vero factum est et confirmatum anno ab incarnatione Domini MLXXX°, régnante rege Francorum Philippo; quo etiam tempore Romanae presidebat ecclesie papa Gregorius, qui et Aldebrandus dicebatur.

Ut autem hoc firmius auctorizabiliusque constaret, abiit domnus Oliverius, Sancti Florentii monachus, ad archiepiscopum Hausciensem, apud Comdonensc cenobium (1), ubi tunc ipse venerat ad sancti Pétri festivitatem; retulitque qualiter monachi Sancti Florentii monasterium Sancti Fremerii susceperant ac in eodem Dei servitium jam regulariter faciebant, necnon qualiter Raimundus episcopus viciosos, qui se ibidem emendare nolebant, monachos inde expulerat

 

* Monastère du diocèse d’Agen, province ecclésiastique de Bordeaux, il devient évêché le 13 aout 1317, et fut supprimé en 1790.

 

Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus<==

 Moyen-Age Classique 987 / 1137 <==

 

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