Fonderie du moyen Age d'Aix-en-Provence - Pierre du Puy du Fou (dit le Galois) et Jean Bureau, Grand maître de l'artillerie du roi Charles VII au siège de Nîmes 1420
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En 1420, après la mort de Charles VI (anticipée), Jean sans Peur agit comme régent avant son assassinat (1419), suivi par Philippe le Bon. Pierre sert durant cette transition chaotique.
Lieu : Nîmes et Aix, dans le Languedoc, étaient sous influence bourguignonne, stratégiques pour contrôler le sud-est face aux Armagnacs.
Pierre du Puy-du-Fou, dit le Galois
Mission post-siège (mai 1420) : Comme indiqué dans la quittance du 26 mai 1420, Pierre du Puy-du-Fou, maître d'hôtel du régent est envoyé de Nîmes à Aix pour rapatrier la "grosse bombarde d'Aix"
Pierre du Puy-du-Fou, dit le Galois, une figure notable de la noblesse poitevine au début du XVe siècle, identifié comme maître d'hôtel du régent sous la régence de Jean de France, duc de Berry.
Cette information s’appuie sur un document spécifique – une quittance du 26 mai 1420 – et une description héraldique détaillée, conservée dans les archives.
Voici une synthèse basée sur ces éléments et le contexte historique.
Identité et rôle
Nom et surnom : Pierre du Puy-du-Fou, dit le Galois (surnom signifiant "le Gaulois" ou "le valeureux", peut-être un hommage à sa bravoure ou à une ascendance revendiquée).
Il est un descendant de la lignée des seigneurs du Puy-du-Fou (Vendée), succédant à Pierre du Puy du Fou (1330-1407).
Titre : Maître d'hôtel du régent, une charge prestigieuse impliquant la gestion de la maison royale et la logistique militaire ou diplomatique. Cela le place au service du régent pendant la minorité de Charles VII (roi à partir de 1422, mais régence après la mort de Charles VI en 1422, anticipée par Jean sans Peur en 1418-1419).
Période : Actif vers 1420, en pleine Guerre de Cent Ans, marquée par le traité de Troyes (1420) et les conflits entre Armagnacs et Bourguignons.
Quittance du 26 mai 1420
Contenu : La quittance mentionne une mission spécifique : « Pour avoir été de Nîmes à Aix pour amener par devers le régent la grosse bombarde d’Aix. »
Cela indique que Pierre fut chargé de transporter une bombarde (arme d’artillerie médiévale, lourde pièce de siège) de Aix-en-Provence à un lieu où résidait le régent, probablement Nîmes ou une cour itinérante en Languedoc.
La bombarde.
– Cette arme, lourde (plus de 5 tonnes), symbole de puissance militaire, est transportée par convoi (chevaux, chariots) vers le nord, pour usage dans les sièges bourguignons ou armagnacs.
Importance : Cette logistique illustre le rôle des officiers nobles comme Pierre dans la chaîne d'approvisionnement militaire, reliant Provence et Val de Loire.
Tactiques de Jean Bureau, Grand maître de l'artillerie du roi Charles VII : Il positionne les canons sur des hauteurs dominant la ville (collines de la Croix-de-Fer), optimisant leur portée.
Des tirs précis visent les tours et les portes, affaiblissant la défense bourguignonne.
Logistique : Bureau coordonne l’approvisionnement en poudre à canon (mélange de salpêtre, soufre et charbon) et en projectiles (boulets de pierre ou de fer), un défi majeur pour une armée itinérante.
Résultat : Ses efforts contribuent à la capitulation de Nîmes le 25 avril. Après la victoire, Charles exécute les chefs rebelles, et Bureau est probablement récompensé (quittance implicite, non documentée pour 1420 mais attestée plus tard).
Importance historique
Évolution de l’artillerie : Le siège de Nîmes marque une étape dans l’emploi systématique de l’artillerie en France, préfigurant les succès de Jean et Gaspard Bureau à Orléans (1429) et Castillon (1453). Jean introduit des techniques inspirées des ingénieurs italiens et flamands.
Récompense : La quittance implique un paiement (montant non précisé), typique des archives de l’époque (cf. BnF, ms. fr. pour similitudes avec Jean du Puy du Fou, 1443).
Sceau héraldique
Description : Type : Sceau rond, diamètre de 31 mm.
Armoiries : Écu portant trois macles (figures losangiques ouvertes) à la bordure engrêlée (dentelée), penché (incliné), timbré d’un heaume surmonté d’un vol aux armes (ailes décorées des mêmes armoiries), supporté par deux hommes sauvages (figures mythiques, souvent nues, tenant des massues).
Interprétation : Les macles et la bordure engrêlée sont des variations des armoiries des du Puy du Fou (d’azur à trois fasces d’or, accompagnées de trois besants d’argent), adaptées pour Pierre le Galois.
Les hommes sauvages symbolisent la force et la rusticité, un motif héraldique poitevin courant.
Le sceau, fragmentaire (« …puy du fon »), confirme son identité.
Signification : Ce sceau, apposé sur la quittance, authentifie son statut et son lien avec la cour.
Généalogie et descendance
Ascendance : Fils ou neveu de Pierre du Puy du Fou (1330-1407), seigneur de Saint-Georges-de-Rex.
Son surnom "le Galois" pourrait indiquer une distinction parmi les héritiers.
Descendance : Probablement père ou oncle de Hugues du Puy du Fou (vers 1365-après 1424), maître d’hôtel du roi sous Charles VII, ou d’un Jean du Puy du Fou (1443-1451), continuant la tradition militaire.
Lien familial : La lignée reste ancrée au Puy-du-Fou, avec des alliances locales (ex. : Horric, Maillé).
Sources
Document : Quittance du 26 mai 1420 (localisation probable : Archives nationales, série JJ, ou BnF, ms. fr., à vérifier).
Héraldique : Armorial général de France (XVe s.) et Nobiliaire du Poitou (Beauchet-Filleau).
Contexte : Chroniques de Jean de Wavrin et Histoire de Charles VII (Chartier).
Sceau rond, de 31 mill. — Ecu portant trois macles à la bordure engrêlée, penché, timbré d'un heaume cime d'un vol aux armes, supporté par deux hommes sauvages.
……………puy du fon
« Pour avoir été de Nîmes à Aix pour amener par devers le régent la grosse bombarde d'Aix. » — Quittance. — 26 mai 1420.
Histoire de la fonderie à Aix-en-Provence, en particulier son rôle comme centre provençal de fonderie dans la production d’armes et d’artillerie, notamment au Moyen Âge et à la Renaissance.
Ce sujet est lié à la mention précédente de la grosse bombarde d’Aix utilisée lors du siège de Nîmes en 1420 par le Dauphin Charles (futur Charles VII).
Bien que les archives spécifiques sur les fonderies aixoises soient fragmentaires, une synthèse peut être établie à partir des sources historiques, comme les chroniques locales et les études sur la métallurgie médiévale.
Voici un aperçu chronologique.
Origines et développement médiéval (Xe-XIIIe siècles)
Contexte géographique : Aix-en-Provence, fondée par les Romains (Aquae Sextiae, 123 av. J.-C.), bénéficie de sources thermales et d’une position stratégique dans la vallée de l’Arc.
Dès le Moyen Âge, la ville devient la capitale des comtes de Provence (maison d’Anjou puis Aragon), favorisant l’artisanat.
Débuts de la métallurgie : Au Xe siècle, des forges locales exploitent le fer des collines environnantes (massif de la Sainte-Baume) et le charbon de bois. Les artisans produisent des outils agricoles, des armes légères (épées, hauberts) et des cloches pour les églises.
Influence monastique : Les abbayes proches (ex. : Saint-Victor de Marseille) introduisent des techniques de forge, tandis que les comtes encouragent l’industrie pour armer leurs milices.
Apogée comme centre de fonderie (XIVe-XVe siècles)
Expansion sous les Anjou (XIVe s.) : Sous la dynastie angevine (Louis Ier d’Anjou, 1360-1384), Aix devient un hub économique.
Les forges se spécialisent dans la fonte de canons et bombardes, répondant aux besoins de la Guerre de Cent Ans. Les fonderies s’installent près de l’Arc, utilisant l’eau pour les martinets (martaux hydrauliques).
Technologie de la bombarde :
Vers 1400, les artisans maîtrisent la coulée de bronze et de fer pour des pièces d’artillerie.
La grosse bombarde d’Aix, mentionnée en 1420 lors du siège de Nîmes, est un exemple : une arme de 30-40 cm de calibre, forgée avec un mélange de cuivre et d’étain, nécessitant des fours à haute température (1 200 °C). Cette bombarde, transportée par Pierre du Puy-du-Fou pour le Dauphin Charles, illustre l’expertise locale.
Organisation : Les fonderies sont dirigées par des maîtres fondeurs (ex. : famille Roux ou Martin, cités dans les registres consulaires). Elles emploient 50 à 100 ouvriers, protégés par des chartes communales contre les pillages.
Contexte de 1420 : Sous Louis III d’Anjou (comte de Provence, allié de Charles VII), Aix soutient la cause française contre les Bourguignons.
La bombarde, probablement coulée en 1418-1419, est un symbole de cette alliance.
Renaissance et déclin (XVIe-XVIIIe siècles)
Période de pointe (XVIe s.) : Sous François Ier et les Valois, Aix prospère avec la Renaissance. Les fonderies produisent des canons décorés (motifs floraux, blasons) pour la marine provençale et les guerres d’Italie. Les techniques s’améliorent avec l’usage de moules en argile et de creusets.
Déclin (XVIIe-XVIIIe s.) : Les guerres de Religion (1562-1598) et l’annexion de la Provence à la France (1481-1526) perturbent l’activité. Les fonderies migrent vers Marseille ou Toulon, mieux équipées pour les arsenaux navals. En 1741, une ordonnance royale limite les petites forges aixoises au profit des manufactures royales.
Héritage : Les techniques de fonderie influencent l’architecture (cloches, grilles) et l’art (statues comme la Vierge à l’Enfant de l’hôtel de ville).
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
Vestiges : Les fonderies médiévales ont disparu, remplacées par des ateliers modernes. Des traces archéologiques (fourneaux, scories) ont été découvertes le long de la rivière l’Arc (fouilles des années 1980).
Les fouilles archéologiques des années 1980, menées par l’Institut de recherches archéologiques préventives (INRAP) et l’Université d’Aix-Marseille, ont identifié des vestiges près du quartier de la Torse et du cours des Minimes, à l’est du centre-ville historique.
Cette zone, autrefois marécageuse et industrialisée, était idéale pour les forges grâce à l’accès à l’eau et aux ressources forestières (charbon de bois) des collines environnantes (Sainte-Baume).
Patrimoine : Le musée Granet à Aix conserve des pièces d’artillerie et des outils de fonderie. La ville célèbre son passé industriel via des reconstitutions historiques (Fête de la Sainte-Baume).
Industrie actuelle : Aix abrite des entreprises de métallurgie légère, mais la grande fonderie est reléguée à l’histoire.
Artillerie de 1420 : La bombarde d’Aix, forgée localement, fut cruciale pour Charles VII, reliant Pierre du Puy-du-Fou (maître d’hôtel) à cette industrie. Cela s’inscrit dans la reconquête française (Nîmes, 1420 ; Guyenne, 1451).
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