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PHystorique- Les Portes du Temps
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13 août 2023

Itinéraire du Dauphin Charles VII en 1420- Après un mois de siège, Nîmes se rend le 25 avril 1420, le Dauphin Charles entre victorieux.

En 1420, le Dauphin Charles (le futur Charles VII, âgé de 17 ans), retranché dans le centre de la France après l'assassinat de Jean sans Peur (10 septembre 1419) et l'alliance anglo-bourguignonne, entreprend un voyage stratégique vers le sud pour consolider ses soutiens dans le Languedoc et la Provence.

Ce déplacement, motivé par la nécessité de rallier des ressources financières et militaires face au traité de Troyes (21 mai 1420) qui le déshérite au profit d'Henri V d'Angleterre, s'inscrit dans une phase critique de la Guerre de Cent Ans.

L'itinéraire, itinérant et militaire, passe par des villes loyales aux Armagnacs, avec des haltes pour des sièges et négociations.

Les sources (chroniques comme celles de Perceval de Cagny et les Actes de Charles VII) ne fournissent pas un récit exhaustif jour par jour, mais un cadre chronologique peut être reconstitué à partir des événements clés : le siège de Nîmes (février-avril), le traité de Troyes (mai), et le retour au nord.

Le voyage dure environ six mois, couvrant plus de 800 km, avec une escorte de 6 000 à 8 000 hommes.

 

Chronologie et étapes principales

Voici un itinéraire reconstitué, basé sur les dates attestées et les logiques géographiques (de Bourges vers le sud, puis retour). Les dates précises sont rares avant le siège de Nîmes ; les estimations proviennent des archives royales et des chroniques.

 

Date approximative Lieu Événement clé Distance depuis l'étape précédente
Fin 1419 - Début janvier 1420 Bourges (Berry, centre de son gouvernement) Départ probable de Bourges, sa base depuis 1418. Préparations pour le voyage sud (ralliement du Languedoc).  
4 janvier 1420 Roanne (Loire) Halte lors d'un voyage vers Lyon pour solliciter l'aide des Lyonnais (courrier envoyé le 6 décembre 1419). ~200 km au sud de Bourges.
6 janvier 1420 Le Perreux (près de Roanne, Loire) Fête des Rois avec sa suite, incluant Charles de Bourbon. ~10 km.
7 janvier 1420 Thizy (Rhône) Halte au château de Jeanne de Chameyré ; réception scandaleuse par la chronique. Préparation logistique par Antoine de Varennes. ~40 km au sud.
Janvier-février 1420 Lyon (Rhône) Arrivée pour négociations avec les alliés lyonnais et provençaux (Louis III d'Anjou). Ralliement de troupes. ~50 km.
Février-mars 1420 Avignon ou Montpellier (Gard/Hérault) Descente vers le Languedoc ; possible halte à Avignon (siège papal, soutien diplomatique). Préparatifs pour le siège. ~200 km au sud-est.
Mars-avril 1420 Nîmes (Gard) Siège de Nîmes (25 avril : capitulation). Bombardements avec artillerie (bombarde d'Aix). Exécutions de Bourguignons. ~50 km.
Avril-mai 1420 Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) Retour ou envoi d'artillerie (bombarde forgée à Aix, transportée par Pierre du Puy-du-Fou le 26 mai). Négociations avec Louis III d'Anjou pour fonds provençaux. ~100 km à l'est,
Mai 1420 Retour vers le nord : Montpellier ou Avignon Consolidation du Languedoc (prise d'Alès et Uzès). Le traité de Troyes (21 mai à Troyes) le déshérite ; il l'ignore et se proclame régent. ~100 km au nord.
Juin-décembre 1420 Bourges (Berry) Retour à Bourges fin été ; établissement d'un parlement à Poitiers. Il se déclare gouverneur du Languedoc (jusqu'en 1425). ~400 km au nord.

 Contexte et signification

Objectifs : Ce voyage vise à sécuriser le Midi (Languedoc et Provence), riche en impôts et en alliés (Louis III d'Anjou, comtes de Foix). Il permet à Charles de contourner l'alliance anglo-bourguignonne et de recruter des milices locales. Le siège de Nîmes (mars-avril) est un succès rare, démontrant sa légitimité.

Défis : L'itinéraire est périlleux : embuscades bourguignonnes, ravitaillement précaire, et rumeurs de bâtardise (décret du 17 janvier 1420). Sa suite inclut des fidèles comme Tanguy du Châtel et des conseillers comme Jean Bureau.

Conséquences : Malgré le traité de Troyes (21 mai), Charles consolide son autorité sud de la Loire.

Aixe capitule le 10 février 1420

==> 17 mars 1420 Les états de Languedoc assemblés à Carcassonne sous la présidence du jeune prince Charles

Ce périple préfigure sa reconquête (Orléans 1429, Castillon 1453), avec des liens à des figures comme Pierre du Puy-du-Fou (transport de bombarde, 26 mai).

 

 

 

Sources et remarques

Principales : Chroniques de Perceval de Cagny ; Histoire de Charles VII de Jean Chartier ; archives des Actes de Charles VII (tome II).

Limites : L'itinéraire exact entre Lyon et Nîmes reste hypothétique (pas de journal de route quotidien).

 

 

Après un mois de siège, Nîmes se rend le 25 avril 1420, le Dauphin Charles entre victorieux.

 

La France est divisée après le meurtre de Jean sans Peur (duc de Bourgogne) le 10 septembre 1419 à Montereau, ordonné par le Dauphin Charles.

Les Bourguignons, alliés aux Anglais d'Henri V, contrôlent le nord et l'est du royaume. Charles, retranché à Poitiers et Bourges, cherche à consolider le Midi (Languedoc et Provence) pour sécuriser ses arrières et recruter des troupes.

 

Objectif : Nîmes, bastide fortifiée avec son château des Arènes (amphithéâtre romain transformé en forteresse), est un verrou stratégique sur la route de la Méditerranée.

Tenue par des partisans bourguignons (sous l'influence de Jean de Chalon, prince d'Orange), elle menace les communications entre Provence et Guyenne. Charles y voit une opportunité de démontrer sa légitimité royale.

 

Déroulement du siège

Arrivée du Dauphin (début 1420) : Charles, âgé de 17 ans, descend dans le Bas-Languedoc depuis le Dauphiné, avec une armée de 6 000 à 8 000 hommes (chevaliers, arbalétriers, milices locales).

Accompagné de conseillers comme Jean Bureau (frère de Jacques, futur maître de l'artillerie), il pose le siège en février-mars 1420.

 

Après s'être arrêté cinq jours à Montpellier, Charles parut le 4 avril à la tête de son armée, devant Nîmes.

 

 Jean de Chalon, prince d'Orange, occupait cette place pour le duc de Bourgogne. Jusqu'ici l'héritier légitime n'avait eu qu'à se montrer. Partout son ascendant avait suffi pour déterminer des populations, qu'agitait la guerre civile, à se prononcer en sa faveur.

 

Mais les habitants de Nimes lui fermèrent leurs portes et se mirent en état de résistance.

 

Déjà la soumission des autres parties de la province doublait l'ascendant moral du fils de Charles VI et communiquait à son autorité comme une force acquise et d'impulsion.

 

Il fallut néanmoins recourir à celle des armes.

 

Jean de Torsay commandait à côté du dauphin, comme grand maître des arbalétriers ou de l'infanterie.

 

Les assiégeants installent des batteries d'artillerie autour des remparts.

Tactiques de Jean Bureau, Grand maître de l'artillerie du roi Charles VII :

Pierre du Puy-du-Fou, maître d'hôtel du régent est envoyé de Nîmes à Aix pour rapatrier la "grosse bombarde d'Aix"

Bureau positionne les canons sur des hauteurs dominant la ville (collines de la Croix-de-Fer), optimisant leur portée.

Des tirs précis visent les tours et les portes, affaiblissant la défense bourguignonne.

Logistique : Bureau coordonne l’approvisionnement en poudre à canon (mélange de salpêtre, soufre et charbon) et en projectiles (boulets de pierre ou de fer), un défi majeur pour une armée itinérante.

==> Fonderie du moyen Age d'Aix-en-Provence - Pierre du Puy du Fou (dit le Galois) et Jean Bureau, Grand maître de l'artillerie du roi Charles VII au siège de Nîmes 1420

 Le château des Arènes, défendu par une garnison de 300 Bourguignons, résiste aux premiers assauts.

 

Charles utilise des bombardes (canons primitifs) pour bombarder les murailles, causant des brèches.

Des négociations échouent, menant à des combats urbains.

 

 

La ville, investie avant l'arrivée du prince, se rendit dès le 4, en sa présence.

 

Le château ne tarda pas à subir le même sort.

Après un mois de siège, Nîmes se rend le 25 avril 1420.

Charles entre victorieux, exécute les chefs rebelles (dont le gouverneur bourguignon, pendu aux remparts) et impose des amendes à la ville (10 000 écus).

 Il accorde une amnistie aux habitants repentis, renforçant sa popularité.

 

 

L'antique municipe du Midi se vit retirer (momentanément) le droit de consulat et celui de garde urbaine.

 

 Une partie de ses murailles fut abattue par pans. Elle demeura ainsi mutilée, en guise de châtiment, ou d'expiation perpétuelle. Moyennant ces conditions, le prince amnistia les habitants et reçut la ville sous son obéissance (9).

 

Conséquences : Cette victoire ouvre la voie à la prise d'Alès et Uzès, consolidant le Languedoc.

Elle marque un rare succès français avant le traité de Troyes (21 mai 1420), qui déshérite Charles au profit d'Henri V d'Angleterre.

 

Le régent se présenta ensuite (18 avril) à Villeneuve-d'Avignon, qui lui ouvrit ses portes.

 

Durant les derniers jours de ce mois, Charles demeura aux environs de la ville des papes.

 

Le traité de Troyes est un traité signé le 21 mai 1420 à Troyes entre Henri V d'Angleterre et Charles VI de France, faisant du premier l'héritier légitime du second.

 

Il marque l'apogée de la suprématie anglaise lors de la guerre de Cent Ans, faisant suite à la conquête de la Normandie et à plusieurs victoires anglaises, notamment celle d'Azincourt.

 

Par lettres données à Saint-André-lez-Avignon, Charles confirma les statuts et privilèges de Sommières, place forte et importante, qui tenait le parti bourguignon.

 

Le 22, cédant à la même politique de paix et de conciliation, il rétablit dans leurs offices les consuls de la ville de Nîmes (10).

 

Arrivé sur ces confins du Languedoc, Charles se réunit à sa bonne mère Yolande, qui résidait alors dans son comté de Provence.

 

Il y rencontra également son jeune beau-frère, Louis III, roi de Sicile et duc d'Anjou. Yolande et Louis prirent part aux conseils du régent.

 

Ils l'aidèrent aussi de secours militaires. L'état d'Avignon et son pays du Dauphiné lui fournirent une aide semblable.

 

Muni de ces ressources, Charles arriva le 2 mai devant le Pont-Saint-Esprit, qui, à l'instar de Nîmes, tenta de méconnaître, à force ouverte, son autorité. Ce fut le dernier point qui, sur son passage, lui opposa quelque résistance.

 

Le jeune prince fit assiéger le Pont-Saint-Esprit, comme il avait fait de Nîmes. Une semaine lui suffit pour obtenir la complète soumission des habitants (11).

 

Trois places secondaires La Mothe-sur-le-Rhône, Sommières et Aiguës-Mortes, étaient désormais les seules, qui, de la Garonne aux embouchures du Rhône, tinssent encore levée la bannière bourguignonne (12).

 

Au sud de la Loire, il en était à peu près de même, en exceptant le Màconnais, depuis ce fleuve jusqu'à la Méditerranée.

 

Après avoir obtenu ce grand résultat, le prince Charles retourna sur ses pas par la route d'Auvergne.

 

La cathédrale du Puy jouissait alors, parmi les églises de France, d'une immense renommée. C'était, dans le Midi, comme une Notre-Dame des Victoires.

 

Le jeune prince, après les succès qu'il venait de remporter, arriva au Puy le 14 mai. Le lendemain, il y fit en grande pompe son entrée solennelle. Non content de ces mondaines cérémonies, le régent se fit recevoir chanoine de Notre-Dame du Puy.

 

 Il assista le 15, aux premières vêpres, révêtu de l'aumusse et du surplis.

 

Le jour suivant 16 mai, fête de l'Ascension, Guillaume de Chalençon-Polignac, évêque du Puy, célébra la grand'messe pontificalement. Le chanoine régent y reçut l'eucharistie.

 

 Il créa ensuite chevaliers le comte de Pardiac, fils du connétable d'Armagnac, les barons de Chalençon-d'Apcher, de la Tour-Maubourg, de la Roche, ainsi que les seigneurs de Vergesac et de Rouxel, qui s'étaient distingués dans la précédente campagne (13).

 

Le prince Charles était de retour à Poitiers le 8 juin 1420 (14).

 

Le rôle d'Aix-en-Provence et la bombarde

Lien avec Aix : Pour renforcer son artillerie, Charles ordonne le transport d'une grosse bombarde d'Aix (pièce monumentale, calibre 30-40 cm, forgée à Aix-en-Provence, centre provençal de fonderie). Cette arme, symbole de la technologie militaire émergente, est acheminée de Nîmes à Aix (ou vice versa, selon les sources) pour un usage lors du siège ou une démonstration.

 

Mission de Pierre du Puy-du-Fou : Le 26 mai 1420 (juste après le traité de Troyes), Pierre du Puy-du-Fou, dit le Galois, maître d'hôtel du Dauphin, reçoit une quittance pour avoir convoyé cette bombarde de Nîmes à Aix, "par devers le régent" (le Dauphin agissant comme tel)

 Cela souligne la logistique cruciale : la bombarde, pesant plusieurs tonnes, nécessitait des attelages et une escorte armée pour éviter les embuscades bourguignonnes.

Importance : Aix, capitale comtale de Provence (sous Louis III d'Anjou, allié de Charles), fournissait armes et fonds. Cette bombarde, similaire à celles décrites dans les chroniques (ex. : "Gros Guillaume" à Constantinople), préfigure l'artillerie décisive de Castillon (1453).

 

Héritage

À Nîmes : Le château des Arènes reste un monument emblématique, restauré au XIXe siècle.

Le siège marque l'entrée de Nîmes dans la fidélité à Charles VII.

 

 

 

 

(10) Raoulet, p. 171. Itinéraire. Ordonnances, t. XI, p. 81; t. XVI, p. 180. Ménard, p. 154.

(11) Le séjour le plus habituel de la reine Yolande était au château de Tarascon. La main et l'influence personnelle de cette princesse nous semblent particulièrement visibles, dans ces derniers actes, qui terminèrent la campagne du prince en Languedoc. Auteurs cités. Monstrelet-d'Arcq, t. III, p. 407. Chastelain, p. 50. Ménard, p. 154. Chorier, t. II, p. 414, D. Vaissète, ibid. D. Morice, Histoire de Bretagne, t. I, p. 476. .

(12) Ces trois places furent soumises l'année suivante (Ménard, p. 156).

(13) Les mêmes Gallia Christiana, t. II, 732. Cette ordination de chevaliers par le dauphin est remarquable. Il y a lieu d'observer, en effet, que ce prince n'était encore ni roi ni chevalier.

(14). Itinéraire.

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